‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 55 sur 75 · VI · texte numérisé non relu

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200 CHAPITRE DOUZIÈME, de l'Afrique c ntrale, nous citerons : les draps grossiers, mais teints de coulcurs éclatantes; la soie filée et teinte en rouge, que les nègres mé. argent daus leurs tissus de coton; le papier à écrire; les chapelets, les anneaux, les bracelets et autres bijoux en argent, verre, corail, ambre et même alliage; les ciseaux, les couteaux, la quincaillerie de fer, « par-dessus toutes choses, les armes bianches et à Y°u. Ges objets sont apportés par la voie du désert. Pe l’intér'eur du désert lui-mème, on apporte d'immenses quantités de sel, Les noix de Ko!la, qui sont teliement recherchées ici qu’on les a nommées le café af"icain, viennent de la côte ouest d'Afrique. Les principaux articles qu’on exporte de Tome bouctou pour l'Afrique septentrionale, sont l’or, l’ivoire, les plumes d’autruche, et surtout les esclaves; ce dernier art'cle est même le sen] article de commerce que fournissent le Bornou et le Haoussa. Ces mal. heureux sont généralement des individus enlevés dans les régions montagneuses du sud par des expéditions armées envoyées par les rois de l’intérieur, Comme ces rois sont musulmans orthodoxes et que les tribus qui habitent les montagnes dout nous avons parlé, sont généralement idolâtres, ils regardent ces expéditions de brigandage comme la chose du monde la plus simple et la plus naturelle. A loccasion du mariage d'un scheikh du Bornou avec la fille du sultan de Mandara, les deux princes dirigèrent contre la nation des Musgows, une expé. dition combinée qui, malgré la résistance désespérée de ces derniers, revint avec 3,000 prisonniers de tout âge et de tout sexe.

Les peuples qui habitent l'Afrique centrale cat fait plus de progrès vers la civilisation que les autres nations indigènes, à l'exception de celles qui habitent les bords de la Méditerranée. Ce phénomène n'est pas simplement le résultat de l'établissement de colonies arabes dans l'intérieur; car les États purement nègres de celte région, qui n’ont rien emprunté aux musulmans, sont aussi avancés que les États mahomélans sous le rapport des arts et de l'industrie; toutefois l’absence absolue d'écriture et même de signes idéographiques quelconques, oblige le philosophe à placer les peuples &e l’intérieur du continent africain, au-dessous des nations les moins civilisées de l'Asie.

Un trait déplorable du caractère des Africains, c'est la férocité qu'ils dé. ploient dans leurs guerres continuelles ; des voyageurs ont vu des pays naguère florissants cemyplétement dévistés ct dépcuplés. L’habilude

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pillage est presque le but unique des guerres dont cette région est le théâtre, et les esclaves sont le butin le plus précieux que remportent ks vainqueurs. Cependant le caractère de ces peuples présente aussi un côté plus favorable. L'amitié dévouée, l'hospitalité et l'humanité sont des vertus qu’ils n’ignorent pas, et dont Park, ainsi que d’autres voyageurs récents, nous ont transmis des exemples éclatants, Ces verus se retrouvent même chez les musulmans, nonobstant l'esprit d'inblérance et d'hostilité qui les anime contre tous ceux qui ne professent pas la même croyance. Lorsque le major Denhami, presque nu et dans l'état le plus misérable, se sauvait d’une bataille, un jeune prince afriin quitta ses propres vêtements pour en couvrir notre voyageur. Clapperton et Lander s’accordent à peindre les bergères fellatahs sous les couleurs les plus riantes : ils décrivent leur costume arrangé avec goût, leurs cheveux disposés avec soin et avec élégance, leurs maniéres franches et simples, leur conversation pleine de modestie et de douceur.

L'idolâtrie et l’islamisme se partagent à peu près également les peuples qui habitent l’Afrique centrale. L'influence du mahométisme s’arrète en général au bord du Niger; cependant, sur plusieurs pots, elle a commencé à s'étendre au delà de ce fleuve. Les Fellatahs qui forment le peuple dominant dans le vaste et beau territoire de Haoussa, paruissent être originaires de l'Égypte et de la Barbarie d’où ils sont venus dans l’intérieur, apportant avec eux la religion de Mahomet. Les peuples du Bornou ct ceux des royaumes voisins de Mandara et de Begharmi ont été convertis au mahométisme et sont des musulmans plus fanatiques que les Fellatahs eux-mêmes. Les voyageurs chrétiens étaient à leurs yeux, non-seulement des hommes voués à la damnation, mais encore des êtres qui n'avaient à réclamer aucun des droits de l’humanité, Un article de foi admis sans contestation par tous les musulmans du Takrour, c’est qu'ils ont le droit de réduire à l'esclavage tous les Kerdies où idolûtres qui peuplent les districts montagneux du sud. Sous divers rapports cependant, ils sont peu scrupuleux observateurs des préceptes du Koran : les femmes ne sont pas étroitement renfer-

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mées; ils boivent très-volontiers des liqueurs enivrantes, et se livrent à divers amusements proscrits par les mahométans rigides. Les peu. ples idolà res ne montrent en aucune façon le même esprit d’intolé. rance à l’égard des individus qui professent une autre religion qu’eux. mêmes; mais ils sont superstitieux à l'excès, mettent toute leur confiance dans leurs fétiches ct leurs amulettes, et sacrifient des victimes humaines.

li n'existe à proprement parler dans l'Afrique centrale ni science, ni littérature. Il n’y a qu’un petit nombre de grands fighis ou docteurs qui soient capables de lire le Koran. Les versets du livre sacré, transcrits sur de petits morceaux de papier, forment des amulettes auxquel. les on attribue toutes sortes de propriétés. Les Arabes, qui sont un peu plus instruits, savent merveilleusement exploiter la crédulité des nègres. Les princes du Bornou et du Häoussa se montrent assez disposés à favoriser la culture des arts ct des sciences ; mais les moyens de réaliser ces intentions leur manquent complétement. Le sultan Bello et son ministre avaient chacun une bibliothèque, mais les voyageurs qui les ont vus n’ont pu en obtenir communication. Cependant on rencontre dans les cours des princes, des improvisateurs qui chantent eux-mèmes leurs poésies : les rois ont toujours auprès d’eux des chanteurs et des chanteuses. On remarque parfois dans ces œuvres improvisées une imagination brillante et un vif sentiment poétique. Dans les états indigènes les plus avancés, les habitants montrent un goût assez décidé peur hà sculpture : les portes des maisons, les piliers et d’autres parties de l’édifice sont parfois décorés de bas-relicfs en bois qui représentent les exploits des guerricrs de la nation.

Les amusemeuts auxquels se complaisent les peuples de l'Afrique centrale sont généralement assez grossiers. La lutte et le jeu sont les nlaisirs favoris des Bornouais. Les Intteurs sont des esclaves faits dans le pays des Begharmiens et des Musgows. Les femmes, mème d’un rang élevé, se livrent à un exercice as:cz étrange : il consiste dans une sorte de lutte à reculons; les deux athlètes se donnent de grands coups de... dos, jusqu'à c: que l’une des deux tombe à plat sur le so!. A Kuno, lune des villes les plus florissantes du Haoussa, on rencontre

des boxcurs assez halnles; mais les combats sont tellement acharnés qu'ils se te. inent assez souvent par la mort de l’un des adversaires,

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SECT. %e. — Description topographique de l’ Afrique centrale.

Nous allons maintenant décrire les principaux États entre lesquels se partage cette immoence région : nous commencerons par la partie orientale, c’est-à-dire par les territoires qui entourent immédiatement le lac Tchad et par ceux qui s'étendent à l’est de ce lac. Cette partie comprend le Bornou, le Mandara, le Loggoun, le Begharmi, le Borghou, le Darfour et le Darkoulla.

Le Bornou où Bournou, l'un des plus puissants royaumes de l’Afrique Re scptentrionale, est situé à l’ouest du lac Tchad. FH peut avoir quatrewiugt-dix licues de longueur et autant de largeur. Lorsque le lac, gonflé par les pluies, inonde ses bords, les animaux sauvages, éléphants, lions, panthères et hyènes, qui y ont établi leur demeure, sont obligés de les li bandonner, et d'aller chercher leur proie au milieu des habitations des | hommes. A cette époque désastreuse, ces animaux font de nombreuses $ victimes parmi les voyageurs et les esclaves employés à garder les ar champs. On a même vu les hyènes pénétrer dans les villes murées, et l' SUP altaquer les troupeaux que l’on amène dans leur enceinte pour les sou- DO je draire aux at'aques des animaux féroces. A l'exception de ce district Fa à " particulier, le Bornou, arrosé par les pluies tropicales et souvent même : inondé en partie, se distingue par sa fertilité. La terre, que les esclaves

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femelles chargées des travaux agricoles se contentent de gratter avee leur houe, donne des récoltes très-abondantes. Des cités qui renferment de dix à trente mille habitants, et plusieurs villes murées s’élovent à jeu de distance des bords du lac. Les marchés sont extrêmement fréquentés; celu: d’Angornou, qui sc lient toutes les semaines, réuni quelquefois cent mille individus. Nous avons vu que les arts utiles les plus simples sont fort arriérés chez les Bornouaïis ; cependant les choses absolument nécessaires à la vie purement animale s’y trouvent en abondance. Plusieurs tribus Arabes qui sont venues dans le Bornou où elles conservent toutes leurs habitudes pastorales, élèvent de nombreux trou. peaux de bestiaux. La plus considérable de ces tribus est celle des Schouaas. Dans les villes, les Schouaas font le métier de fripons, de voleurs, de diseurs de bonne aventure, à peu près comme nos bohémiensde l'Europe occidentale; mais ceux qui restent dans la campagne mènent une vie plus simple et plus honnête. Le major Denham nous a tracé le tableau de la fille d’un riche Schouaa : elle était chargée d’anneaux d’argent et d’ornements en ambre et en corail ; ses cheveux ruisselaient de graisse, el autour de “hacun de ses yeux on remarquait une bande noire de koho!, qui avait au moins un pouce de largeur ; elle était assise sur un taureau chargé de tapis et d’étoffes de coton; elle guidait sa monture par Ie cou et la torturait pour lui faire exécuter de lourdes courhettes. Les Bornouais se distinguent par la douceur de leur naturel, par la simplicité de leurs manières, mais aussi par leur laideur. Ils ont les lèvres extrêmement épaisses, le front fuyant, ct présentent tous les traits caractéristiques de la race nègre. Dans leur indolence, ils ne se font aucune idée de la curiosité spéculative ; ils n’ont jamais pu se figurer que les voyageurs européens qui ont visité leur pays, y soient venus dans le simple but de voir une contrée inconnue.

Le gouvernement du Bornou est despoiique; mais il y a quelques années, à l'époque du voyage d'Oudney et de Clapperton, le royaume présentait une situation politique assez singulière. Le scheïkh surnommé El-Kanemi, qui avait par sa valeur affranchi son pays du joug des Fellatahs, possédait toute l'autorité réelle; mais il avait jugé prudent de conférer la dignité ostensible de sultan à un membre de l’ancienne fàmille royale, auquel toutefois il ne laissait aucun pouvoir. Il n'existe certainement pas au monde une cour plus grotesque que celle du sul-

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AFRIQUE CENTRALE. 255 tan de Bornou. La première qualité que l’on exige d’un courtisan, c’est qu'ilaitun ventre énorme ; lorsque celui-ci, en s’empiffrant autant que possible, ne peut parvenir à acquérir un embonpoint suffisant, il le simule en s’attachant un coussin sur le ventre ; puis il revêt par là dessus dix ou douze robes de tissus riches et variés. Ces courtisans se chargent également la tête de turbans vraiment monstrueux, qui ne laissent guère à decouvert qu’une partie du visage et encore d’un seul côté. De nombreuses amulettes, renfermées dans des enveloppes de cuir vert, couvrent leurs vêtements, leurs chevaux et leurs armes. C’est entouré de cette cour étrange, que le sultan reçut les voyageurs anglais qui viennent d’être nommés; pour lui il était placé dans une espèce de cage à barreaux qui était à peine suflisante pour le contenir. Lorsqu'elle smet en campagne, la cavalerie du Bornou est toujours chargée de l'attirail ci-dessus ; aussi on comprend aisément qu'elle soit peu redoutable; quant au sultan, comme il doit être encore plus protubérant et plus lourdement attifé encore que ses courtisans, il se trouve dans l’impossibilité absolue de combattre. Lorsque son armée est défaite ct qu'il ne peut s’échapper par la fuite, il s’assied majestueusement sous un arbre et y aîtend le coup de la mort.

Les villes du Bornou sont considérables, quoiqu'elles ne soient pas de la première grandeur, Nouveau-Bornou, résidence actuelle du sultan, nerenferme pas plus de dix mille âmes, et Aouka, où le scheik tenait sa cour, est encore plus pelite. Angornou est la plus grande ville du royaume : on lui accorde plus de trente mille habitants. Les villes que nous venons de nommer sont toutes situées dans le cœur du Bornou, non loin du bord occidental du lac Tchad. Angala, sur la frontière méridionale qui touche au cœur du Begharmi, et Woudie sur celle du Kanem, sont assez importantes ; c’est dans cette dernière ville que doivent sarrêter les caravanes jusqu’à ce qu’elles aient reçu du sultan la sermission de continuer leur route. Le district de Kane, qui forme la partie septentrionale du royaume, est une contrée moins fertile ; elle participe déjà du caractère du désert qui la borde au nord. Lari, sa capitale, est une ville de 2,000 âmes, composée de groupes de huttes grossières, qui ont la forme de ruches. Les villes les plus étendues du royaume, se trouvaient naguère sur les bords du fleuve Yéou; mais elles ont été complétement détruites, et le pays où elles étaient situées

256 CHAPITRE DOUZIRME.,

a été ontférement ravagé par les désastreuses invasions des Fellatahs Parmi ces villes détruites, nous citerons Birnie ou le Vieux -Bornou, dont la population s’cievait à deux cent mille âmes, et dont les ruines couvrent un espace de 5 à 6 milles carrés, et (ambarou, dont les restes montrent qu’elle renfermait les plus beaux édifices du royaume. On ne rencontre plus dans le terriloire abandonné où florissaient il y a quel. ques années ces grandes villes, que de rares et misérables villages dont les habitants vivent dans Ja crainte perpétuelie des incursions des Touariks du Sahara. Plus à l’ouest, au delà d’une grande ville appelée Kabschary, habite la tribu presque sauvage des Moungas, qui combat. tent avec des flèches empoisonnées et n’aecordent qu'une soumission douteuse au sultan de Bornou.

Le Mandara, situé au sud du Bornou, consiste en une belle vallée, qui renferme huit grandes villes, dont la principale porte le nom de Mora, Tout le pays est dominé pur la grande chaîne des Montagnes de la Lune, dont il a déjà été question. Cctte région montagneuse est ha. bitée par des tribus nombreuses et barbares que }es Mandarans com. prenuent toutes sous la dénomination collcetive de Kerdies ou infideles, Ces peuples sauvages se peignent le corps, se revétent de peaux de hé. tes féroces, et vivent principalement de fruits, de miel, et de poisse; que leur fournissent en abondance les grands lacs de leurs montagnes. Les Musyows, la plus éloignée et la plus redoutable de ces tribus, montent des petits chevaux pleins de feu, se couvrent d’une peaw de ch vre ou de léopard, et portent autour du cou des colliers faits aves les dents des ennemis qu’ils ont tués.

Le Loggour, qui borde le lac Tchad au sud et qui est arrosé par le Schary, est un des États les pins civilisés et les plus industricux de toute l'Afrique. Scs habitants, au milieu des guerres furieuses qui ont désolé les pays voisine, ont su, par une habile neutralité, se maintenir eux-mêmes en paix. Un grand nombre d’entre ceux se livrent à ja {abrication des tissus de coton, occupation qui partout ailleurs est ah ndonnée aux esclaves. Pour les teindre, ils les plongent trois fois dans liudigo, puis ils les étendent sur le tronc d’un gros arbre et les frappent avee des maillets de bois, afin de les lustrer. Les Loggounais se distinguent des nations voisines par un trait particulier : ils ont une œonnaic, qui est en fer, grossièrement fabriquée; mais enfin c’est un

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AFRIQUE CENTRALE, 257 progrès considérable. Les produits agricoles sont variés et abondants. x belles forêts s’étendent le long du fleuve, sur les bord duquel croisent également un grand nombre de plantes aromatiques, mais la mulitude des insectes fait cruellement souffrir les habitants : les mouches, ls hyménoptères à aiguillon, les moustiques, et d'immenses crapauds soirs luttent à qui les tourmentcra le plus, dit un voyageur. Il est impossible de sortir une couple d'heures dans le milieu de la journée sans courir le risque d’une maladie sérieuse. Quelques individus cherchent à se mettre à l'abri de ce fléau en construisant une maison dans une autre maison; d'autres personnes allument un feu de paille humide et s’assoient au milieu de la fumée; mais ce remède parait pire que le mal, Les femmes du Loggoun sont les plus belles, les plus intelligentes, les plus gracicuses de toutes les négresses; mais elles ne se distinguent par aucune des vertus qui forment l’ornement de leur sexe. Leurs mœurs sont très-dépravées, ct le major Denham avait beaucoup

À de peine à défendre ses poches contre la dextérité de leurs mains. Log

goun, Capitale du royaume, est une belle ville, ornée de rues spacieuses, et bâtie dans une charmante position sur les bords du Schary, à environ 48 lieues au-dessus de l'embouchure du fleuve dans le he fchad.

Le Begharmi où Baghermé, est un vaste pays situé au sud-est du lac, Les habitants qui sont une race robuste et belliqjucuse sont presque constamment en guerre avec le Bornou. Les Bornouais se vantent d’avoir soumis la Begharmi; mais les Begharmiens, lorsqu'ils sent les moins forts, se retirent derrière uue grande rivière qui :raverse leur nays ; puis ils revieunent à la charge et reprennent possession du ter rioire qu'ils ont momentanément abandonné. La principale force du segharmi se compose de cavaliers armés de lances et couverts, ainsi que leurs chevaux, de cottes de mailles : nous avons déjà dit que ces widats ne brillaient pas par la bravoure.

Le lac Tchad renferme un assez grand nombre d'îles dont plusieurs sont considérables. Elles sont habitées par des tribus qui se sont rendues redoutables aux pays circonvoisins. Les Biddomahs, qui occupent ls plus orientales de ces îles, ont une flotte d’un millier de cmots, à

l'aide desquels ils font des excursions sur tous les territoires qui hai=

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