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918 CHAPITRE DOUZIUME,
et sans bestiaux, mais qu’en revanche il leur à donné la force ct l'a. dresse nécessaires pour enlever ces bonnes choses à ceux qui les possé. ent. Or , ils remplissent parfaitement ce rôle. I n’y à pas un endroit autour de ce vaste lac qui soit un seul instant à l'abri de leurs attaques, Ils enlèvent une grande quantité d'individus qu’ils réduisent en esclavage, mais du reste ils les traitent avec douceur et donnent même des femmes à leurs esclaves mâles. Il ne paraît pas que les plus puissants souverains du Bornou aient jamais fait le moindre effort pour réprimer ces brigandages » : «Les eaux sont leur domaine, disent-ils; qu’y pouvous-nous faire? Les La Salas, tribu pastorale, habitent plusieurs po. tites îles verdoyantes qui sont situées dans la partie sud du lac et qui sont séparées les unes des autres par des canaux si peu profonds, que ceux qui + connaissent peuvent les traverser à cheval. Ces îles sont couvertes de riches pâturages ct de nombreux troupeaux.
Au end Gi Begharmi ct du Loggoun, existe un distriet montagneux
appel Dar-Koulla, du nom de la rivière de Æoulle qui l’arrose, et dont les À. ‘: sout, dit-on, marécageux et humides. Les habitants de ce ter.
ritoire sont: mélange de Nègres et de Fel'atahs. Ces derniers, qui for. ment ia race dominante, demeurent dans des villages bien fortifiés, Ik se servent de flèches empoisennées, à l’aide desquelles ils ont mis en fuite les armées combinées du Bornou et du Mandara, quoiqu’elles eussent pour auxiliaires un corpsnombreux et bien armé d’Arabes. Le Dar- Koulla est principalement fréquenté par les djelabi où marchands du Ouadaï et du Darfour, qui y viennent pour acheter des esclaves, la plu: légère offense étant punie en vendant le coupable aux marchands étrangers.
L'Etatle plus oriental du Takrour est le Dar-Four. Il est situé à l’ouest du Kordofan, dont il est séparé par une chaîne de montagnes. Il est arrosé par unc rivière nommée Bahr-Attabah, qu’on dit se jeter dans le Nil, mais qui se décharge vraisemblablement dans le Misselad, puisque, suivant Brown, elle coule dans Ja direstion du nord. On trouve dans le Dar-Four, du fer, du cuivre et du sel xemme. Le sol est généralement aride : cependant, à l'époque des pluies tropicales, les lits des torrents se remplissent et le pays inondé se couvre bientôt d'une riante verdure, Les femmes, car c’est à elles que sout dévolus les travaux de l'agricul ture, fout alors es trous en terre, à un déiniauetre caviron de distance
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ATFIQUE CENTRALE. 99 ks uns des autres, y sèment du millet qu’elles recouvrent avec les rieds, et le labour ainsi que les semailles sont terminés. On récolte le millet au bout de deux mois, le blé au bout de trois. Le riz vient en abondance et naturellemeni. Les dattes y abondont, et servent, ainsi que le froment, à la préparation d’une liqueur spiritueuse. Parmi les aimaux domestiques, les chameaux sont très-nomhreux ; il y a des bœufs et des chèvres de bonne race ; mais les chevaux, les ânes et les moutons sont de race inférieure. Au nombre des animaux sauvages du pays. on indique l'éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, le bufle, le sanglier, la girafe, diverses espèces de gazelles, le lion, la panthère, l'hyène et le chacal. Les montagnes et les forêts fournissent du gibier ; les abeilles et le miel abondent.
La population du Dar-Four ne paraît pas dépasser 200,000 âmes. Elie se compose de Nègres et d’Arabes, mais ces derniers, quoique moins nombreux, y forment la race dominante. Les traits des nègres de cette
| contrée diffèrent de ceux ces noirs de la Guinée; cependant, leurs chc-
veux sont ordinairement courts et laineux. Ils sont malpropres, voleurs, dissimulés et peu courageux ; mais ils supportent d’une manière éton-
4 nante la faim, la soif et la fatigue. Les Fouriens usent avec excès de la
rolygamie, et l'union entre les deux sexesest chez eux illimitée. La circoncision et l’excision sont pratiquées dansle Dar-Four. La langue 61e bère paraît être celle du pays; toutefois, on y entend l'arabe. Tras les habitants professent le mahométisme, ils sont même assez intolérants ; néanmoins, ils ne se conforment pas régulièrement à toutes ls pre: criptions de lislamisnie ; ils sont passionnés pour les plaisirs et ne s'abstiennent aucunement des liqueurs fermentées. Le gouvernement est despotique ; ‘e sultan, toutefois, est obligé de flatior son armée, qui se compuse d’environ 2,000 soldats : car, lorsque ceux-ci sont méconlents, ils déposent où étranglent le souverain, et élisent à sa place un autre membre de la famille rovale.
L'Égypte est le pays avec lequel le Dar-Four entretient le plus de rehtions commerciales. Des caravanes nombreuses apportent des taris, des étoffes, de la quincaillerie, et prennent en échange des esclaves, de l'ivoire, des plumes d’autrache, ete. Kobbeh, capitale du Dar-Four, ue renferme que 5 à 6,000 habitants : cependant elle a près d'une lieue de longueur, Mais elle est tres-étroite et se compose simplement de mai-
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sons détachées, dont chacune est entourée d’un enclos en palissades, Le sultan réside à £El-Fascher, village peu éloigné de Kobbeh. Soueins, sur la frontière septentrionale, estune petite ville très-animée à l’époque de l'arrivée des caravanes.
Entre le Dar-Four. à l’est, le Begharmi et le Kanem, à l’ouest, s'étend unc vasie contrée fort peut connue, nommée Mobba par les indigènes, Berghou par les Bournouais, Ouadaï par les Fezzanuis et Dar-Szuleih par les Arabes. On le dit beaucoup plus peuplé que le Dar-Four. La plupart
des ‘abitants sont des nègres mahométans, dont quelques-uns appren- |
uent à lire et à écrire l'arabe. Les enfants des deux sexes sont circoncis: les femmes vont sans voile. Les armes de ces noirs consistent en sabres, lances, boucliers, arcs et flèches : les fusils, qui sont en petit nombre, vienuent du Caire, de même que le plomb ct la poudre. Ouara, la capitale, est représentée comme une ville considérable, trois fois plus grande que celle de Br°..x, en Égypte. A trois journées à l’ouest de cette ville, on trouve ur grand fleuve, que les habitants nomment Engy, mot qui signifie «eau, » dans la langue du pays. Ce fleuve, qui couk dans le direction du nord-ouest, cst le Misselad des géographes. On place encore dans cette région le grand et fameux lac de Fittré; mais il est impossible de fixer sa position.
Revenons maintenant aux pays situés à l’ouest du lac Tchad et de l'empire du Bornou.
Le Haoussa est un vaste territoire qui occupe la région la plus centrale de l’Afrique. I s'étend depuis le cours supérieur du Yéou, à l'est, jusque près des bords du Niger, à l’ouest ; mais ses limites au nord ctau sud sont mal déterminées. Quoiqu'il ne touche pas au Niger lui-même, le Haoussa est bien arrosé par le Quarrama ou Zirmie et d’autres affluents de ce fleuve qui coulent à l'ouest pour s’y décharger. Sa parti la plus orientale est baignée par le cours supérieur du Yéou et sa partie la plus méridionale par le Tchadda qui se jette dans le Niger. Cet immense territoire est principalement occupé par les Fellatahs, peu: ple musulman qui appartient à la race berbère et qui a émigré eu masses considérables à l’intérieur de PAfrique dans le courant du x°« du xre siècles. Il paraît former un plateau plus élevé que le Bornou tt les pays arrosés par le Niger; le climat y est moins ardent, et parlois même les voyageurs ont eu à y soullrir du froid. L'aspect de la contrée
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AFRIQUE CENTRALE, 261 saut pour révéler qu’elle est habitée par une nation supérieure en in= qustrie et en civilisation aux autres peuples africains. Il a déjà été ques tion de l’état de l’agriculture, de l’industrie et du commerce dans le faoussa. Les Fellatahs professent l’islamisme; mais, quoiqu'ils se croient le droit de réduire en esclavage tous les idolâtres des pays voisins, ils ne montrent pas cet esprit d’intolérance qui anime les Maures : aussi ces derniers disent-ils que les Fellatahs ne sont pas de vrais musulmans. Leurs habitudes commerciales et leurs relations continuelles avec les peuples noirs de l’ouest, paraissent être la cause prine cipale de cette tolérance extraordinaire.
Le royaume de Sackatou qui occupe à peu près l'extrémité occidens le du Haoussa, domine aujourd’hui sur tonte cette région. Son terrie toire fertile est couvert d’une nombreuse population, et sa capitale, qui porte le même nom, paraît être la plus grande ville de l'Afrique centale, On lui donne 80,000 habitants. Les maisons sont rapprochées les unes des autres, et disposées de façon à former des rues assez régulives. La ville est entourée d'une muraille haute de 20 à 30 pieds et percée de 20 "portes que l'on ferme toujours au coucher du soleil. Les demeures des principaux habitants se composent de groupes de cabanes et de maisons à toits plats dans le style mauresque, le tout renfermé daus une enceinte formée par un mur élevé. Sackatou posséde deux mosquées ; l'une d'elles, qui n'était pas terminée lorsque Clapperton visita cette ville, avait 800 pieds de longueur, était soutenue par des colonnes de bois revêtues d'argile, et brillait par ses riches ornements. Le palais du roi formait, comme à l'ordinaire, une sorte de ville murée dans l’enceinte de la capitale : une grande cabane peinte et décorée avec soin servait de salle d'audience. Dernièrement , la résidence de la cour ayant été transférée dans la ville voisine de Magaria, Sackatou éprouvera sans doute une décadence plus ou moins considérable.
Les pays de Gouber et de Zamfra ou Zanfara, offrent un aspect moins favorable. lis sont habités par une race belliqueuse qui, à plusieurs reprises, a dominé sur tout le Haoussa, et qui, à cette heure, est en rébellion ouverte contre le royaume de Sackatou. Les guerricrs de cectte nation infestent constamment la route principale qui conduit de Sackatou à Kano; aussi les marchands ne la traversent-ils qu’en caravanes
très-nombreuscs. En 14829, Counia, capitale des Goubérites et ville for. tifiée, repoussa avec perte les forces réunies de tout le Haoussa qui sis levaient à 50 ou 60,000 hommes. Zirmie, capitale du Zanfara, est représentée comme une ville de bandits où tous les esclaves fugitifs trouvent asile et protection.
k'ano, quoique bien déchue de son ancienne grandeur, est encore l: centre du commerce et de la civilisation de l’intérieur de l'Afrique. Ce. pendant les maisons y sont très-clair-semées, ct n’occupent guère qu’un quart de la vaste enceinte qu’enferment les murailles qui ont environ 5 lieues de tour. La partie habitée est divisée en deux par un large marécage qui est à sec durant la majeure partie de l’année : alors il s'y tient un grand marché qui est le plus fréquenté de toute l'Afrique. 11 est placé sous la surveillance d’un scheik, qui a même le pouvoir exorbitant de fixer les prix. Telle est la confiance qui règne dans Les transactions, que l’on prend habituellement livraison des ballots de marchandises sans les ouvrir ; mais si l’on découvre quelque fraude, le ballot est renvoyé, et le dylala ou courtier est obligé d’en rembourser le prix. Le marché est encombré de monde depuis le lever jusqu’au coucher du soleil ; il a lieu tous les jours, sans même en excepter le vendredi qui est le jour de repos chez les peuples mahométans. Il y a un marché spécial pour les esclaves, qui forment 4 principale marchandise dans toute l'A. frique centrale : il se compose de deux longues rangées de hangars, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. La monnaie usitée dans les transactions consiste en coquillages appelés cauris, dont 400 cnviron représentent la valeur d’un franc. On voit que les comptes, pour les transactions un peu fortes, doivent être fort longs. La population de Kano paraît être de 30 à 40 mille âmes.
Le Kachenah ou Cassinah, au nord de Kano, est un royaume considé. rable qui a jadis tenu le Haoussa sous sa domination, et a secoué naguère le joug des Fellatahs de Sackatou. Les murailles de la capitale qui donne son nom au pays, présentent un circuit immense ; mais la partic habitée ne forme pas le dixième de l’espace qu’elles enclosent. Cette ville est encore le siége d’un commerce assez important avec le désert, avec Ten-Boktoue et avec les caravanes qui traversent le désert par la voie de Ghadames et de Touat.
Au sud du Sackatou et de Kano s'étend le pays de Zegzeg, l'un des
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AFRIQUE CENTRALE, 2063 plus beaux de l'Afrique. Il est couvert d'abondantes récoltes et de rivhes nturages ; il produit particulièrement beaucoup de riz. Il est parsemé dcollines et de vallées qui lui donnent l'aspect des plus charmants districts de l'Angleterre. Zarta, la capitale, ou du moins son enceinte, occupe un espace immense ; car celle-ci renferme des bois et des champs de blé, La population de la ville est évaluée à 50,000 âmes. Le pays au sud du Zegzeg, quoique assez montueux, est encore fertile et bien cultivé. On y compte plusieurs villes considérables, Coutoub est un composé de 500 villages ou plutôt groupes de maisons qui couvrent une belle -! ne; il s’y tient un marché très-fréquenté. Plus au midi encore, on
se une contrée montueuse et difficile habitée par les Yam s inpu sauvage qu'on représente comme anthropophage. | longtemps encore, ils massacrèrent et dévorèrent une caravai six siècles auparavant, le géographe arabe Edrisi, les peignait à les mêmes couleurs, Dunrora est située daus un pays fertile quoique semé de rochers. À environ une demi-journée de cette ville, on rencontre Djacoba, ville considérable sur les bords du Schary. Plus à est, sur la même rivière, on nomme une autre grande ville appelée Adamowa. Nos connaissances dans cette direction ne s’étendent pas plus loin,
La partie orientale du Haoussa ne renferme aucune ville de grandeur remarquable. Cependant les voyageurs citent Berschi, probablement la Berissa d’'Édrisi, Gantoungova, située dans un beau territoire, Zangéia, bâtie dans une position pittoresque au milieu de collines rocheuses, et Girkova, sur une rivière de même nom qui se jette dans le Yéou. Katagoun, capitale d’une province qui faisait naguère partie du Bornou, a 6,000 habitants. Dans le même district se trouve Sansan, place très-commerçante , qui est divisée en trois villes distinctes. Au nord s'étend un territoire montagneux, habité par les Badis, peuplade indépendante et idolâtre, qui est constamment en guerre avec ses voisins musulmans.
La contrée que baigne le Niger, dans la partie inférieure de son cours constitue une des régions les plus étendues et les plus importantes de l'Afrique centrale. Comme elle est abondamment arrosée et en beaucoup l'endroits même exposée à des inondations temporaires, elle est excessivement fertile et produit une immense quantité de riz et d’autres espèces de grains ; mais,quand on approche de la mer, le sol devient marécageux et couvert d'épaisses forèts. Gelte coulrée est généralement