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occupée par des peuples nègres, avec toutes les habitudes ct les super. stitions propres à cette race ; mais les Fellathas envahissent peu à pey cette région, et plusieurs de ces États nègres ont été convertis, quoique d'une manière très-superficiclle, à l'islamisme. Les rois y jouissent en général d’un pouvoir absolu. Avoir une multitude de femmes constitue le principal signe de leur dignité; mais ils entravent le commerce par les exactions dont les marchands et les voyageurs sont l’objet. Nous commencerons par le Yaouri notre rapide revue de cette contrée.
Le Yaouri ou Your: consiste en une plaine très-fertile que le Niger inonde en partie, et qui est ainsi très-propre à la production du rz, Elle est généralement cultivée avec soin, quoique principalement par unc race opprimée et presque réduite à l'esclavage, mais remarquable par sa patience, son industrie et son activité au travail, à laquelle on donne le nom de Cumbries ou Cumbriens. La capitale du royaume Yaouri, est une ville très-considérable. Ses murailles, en bois grossièrement renforcées au moyen de barres de fer, ont huit à dix lieues de tour; mais ce vaste espace est rempli de prairies, de champs ensemencés au milieu desquels sont semés des groupes de huttes. La population, nombreuse et brave, a repoussé toutes les tentatives des Fellatahs pour la soumettre. Le roi déploie plus de splendeur que ceux des États voisins : cependant, l’architecture et l’ameublement de son palais n’ont rien de brillant. Au-dessous de Yaouri, la navigation est obstruée par des cataractes formidables; cependant les embarcations d’une certaine grandeur peuvent les franchir dans la saison des pluies.
Le royaume de Boussa, immédiatement au-dessous de celui d’Yaowri, avait été représenté d’abord comme formant le principal des États qui occupent la grande région appelée Borgou ; mais Lancer, dans sa derniere expédition, apprit que ni le Boussa, ni le Ouaoua sur lequel il possède une certaine suzeraineté, n’appartiennent à cette région. Le territoire du Boussa est fertile et bien cultivé : sa capitale qui porte le même nom, est une ville importante. Elle a été pendant quelque temps au pouvoir des Fellatahs, qui plus tard en furent chassés. Le Niger, immédiatement au-dessus et au-dessous de Boussa, présente une magnifique masse d'eau ; mais à son passage à travers celte ville, il est obstrué par des rochers et des bancs au milieu desquels a péri Pintrépide et infortuné Mungo-Park. Un pu au-dessous de Boussa, on rencontre le lac
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AURIQUE CENTRALE, 265 de Comte, qui forme le principal passage pour les caravanes qui se rendent du L'oussa à la côte de l'Atlantique.
Ouaoua, capitale d’un petit royaume vassal du précédent, est située dans un territoire très-fertile, particulièrement renommée par l’excellence des ignames qu’il produit. Cette ville, dont on évalue la population à 18,000 âmes, doit sa prospérité au passage continuel des caravanes qui vont au Haoussa ou en viennent. Les babitants et les marchands font le plus joyeux emploi de leurs richesses, Ils aiment les festins, et l'on consomme à Ouaoua, plus de liqueurs spiritueuses que dans aucune autre ville de l'Afrique. Pendant toute la nuit, on y entend le bruit des danses et des chansons, qu’accompagne le son des castagnettes et de la guitare mauresque.
On donne le nom de Borgou à une région qu’occupe un groupe de petits États indépendants, et qui est située à l’ouest et au nord-ouest du Boussa et du Ouaoua. L'aspect qu’elle présente est tout différent de celui qu'offrent ces derniers territoires. La plus grande partie en est montagneuse, mais parsemée de belles et fertiles vallées. Les districts élevés son! couverts de vastes forêts qui récèlent une foule d’animaux sauvages de tout genre et qu'infestent de nombreuses bandes de voleurs. Le Kiama, la seule partie du Borgou que des voyageurs européens aient visitée, est habité par un peuple fier, courageux, plein de vivacité qui se plaît aux exercices martiaux, et qui se montre aussi chaud dans ses amitiés que dans ses haines. Le roi professe le mahométisme; mais son attachement au paganisme se montre encore dans les nombreux fétiches ou figures bizarres qui sont placés comme des puissances gardiennes et protectrices aux entrées et le long des murs de ses maisons. Les frères Lander eurent, à Kiama, le spectacle d’une grande fête mahométane, suivie d'une course de chevaux. Les animaux étaient pittoresquement caparaçonnés, décorés de colliers de clochettes, de more ceaux de soie, de drap rouge, et d’amulettes. Les femmes, qui ne sont point soumises à la loi de réclusion, comme il est d’usage dans les pays musulmans, assistaient à la fête dans tout l’attirail de leur toilette. Le palais ou plutôt la hutte qui sert de demeure au roi, est ornée de gravures représentant divers personnages éminents de la Grande-Bretagne. Le royaume de Niki cependant est considéré comme le principal État du Borgou : sa capitale est la ville la plus grande, et son territoire est