‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 58 sur 75 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

266 CHAPITR!. DOUZIÈME.

le pays le micux cultivé de toute cette contrée; il jouit en outre d’ung certaine suprématie sur les autres royaumes. Ceux-ci sont comparative. ment pauvres, à l'exception de Loggou qu'enrichit le commerce entre Gondja et l’intérieur. Le Pandi a cessé d’être le vassal du Niki; mais il n’a usé de son indépendance que pour organiser un système de des. truction et de pillage contre les pays qui l’avoisinent.

Les bords du Niger, au-dessous du Boussa, sont occupés par deux grands et florissants royaumes, l’Eyco à l’ouest, et le Nyfé à l’est.

Le royaume d’Eyeo, appelé aussi Hio ou plus proprement Yarriba, est un vaste territoire qui des bords du Niger s’étend jusqu'au Dahomey.1l est en outre remarquable par sa prodigieuse fertilité et par sa nombreuse population. Les champs bien cultivés sont couverts de magnifiques plantations de maïs, de millet, d’ignames et de coton. Une chaîne de hautes montagnes qui ont de © :. 3,000 pieds d’élévation, traverse une partie de cette contrée et lui donnent un aspect pittoresque. On y trouve de belles forêts où des arbres aromatiques exhalent des odeurs délicieuses et où voltigent des myriades de papillons aux couleurs éclatantes et variées. Le climat est si doux que l’on trouve des terrains cul. tivés et même des villes considérables jusque sur les sommets de ces montagnes. Il y a dans le Yarriba un grand nombre de métiers à tisser, et l’on y fabrique une grande quantité d’étoffes de coton. On rencontre aussi sur les routes une multitude de femmes employées à porter d’énormes ballots de marchandises sur leur tête. Le roi y jouit du pouvoir le plus despotique; ses plus grands officiers, en s’approchant de lui, se jettent la face contre terre et se couvrent la tête de sable rt 2 poussière, Les sacrifices humains à la mort du roi et des principa aefs y sont en usage comme dans le Dahomey; mais on immole ur moins grand nombre de victimes. Cet état de choses ne tarsra sans doute pas à ecsser; car les Fellatahs ont déjà passé le Niger et se préparent à envahir le Yarriba. Ils réussiront sans doute, et la conséquence immédiate de cette conquête par un peuple musulman, sera l'abolition des sacrifices humains,

Parmi les villes du Yarriba, c’est £yeo, la capitale, qui occupe le premier rang. Elle est située dans une belle plaine et, comme la plupart des villes africaines, couvre un très-grand espace de terrain : son enceiute a 6 Leues de tour; mais elle renferme des champs cultivés et de

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AFRIQUI CENTRALE, 267 grands espaces vides, de sorte que l’on peut à peine conjecturer le chiffre de sa population. Bohou, l’ancienne capitale, quoique hien déchue depuis que la cour réside à Eyeo, est encore une ville considérable, bâtie dans un pays remarquablement beau et pittoresque. Depuis que les Fellatahs ont commencé à empiéter sur les possessions du Yarriba, ils ont fondé la ville d’Alorte, dont la population grossie par les aclaves fugitifs accourus de toutes parts, est déjà, dit-on, plus importante que celle d'Eyeo. On cite aussi plusieurs autres villes considérables dans le royaume. Djennak est la première sur la frontière méridionale, etKischi sur celle du nord. Tchaki, quoique construite sur le sommet même d’une montagne, est grande et peuplée.

Le Nyffé où Nouffie, sur le bord oriental du Niger, est un très-beau pays qu'habite la nation nègre la plus industrieuse et la plus avancée de toute hrace. Les tissus de coton qui s’y fabriquent, sont très-estimés et supéricurs à tous ceux qui se fonten Afrique; il en est de même des nattes. Mais le royaume de Nyffé a été épouvantablement ravagé par les Fel-

| latahs qui s’en sont presque rendus maîtres. Rabba, la capitale du Nyffé,

pisse pour la plus grande ville des Fellatahs après Sackatou. Le territoire qui l’entoure est extrêmement fertile, couvert de riches récolles, ainsi que de magnifiques paturages qui nourrissent de belles races de bœufs et de chevaux. Koulfu et Koufu, deux villes situées sur la frontière septentrionale du Nyffé et sur la grande route des caravanes du Haoussa, ont réussi, grâce aux fortes murailles qui les protégent, à échapper aux ravages et au joug des Fellatahs, et florissent encore par leur commerce. Néanmoins les habitants se sont convertis à l’islamisme, mais sans adopter l'intolérance fanatique des Maures et l’usage de renfermer ls femmes. Ces dernières, au contraire, sont les agents commerciaux les plus actifs du pays : elles vont de marché en marché, et il y en a souvent parmi elles qui acquièrent une fortune considérable. Lever ou Layaba et Badjiebo, sur les bords du Niger, sont encore deux villes fort commerçantes ; celle-ci a l'avantage de se trouver au-dessous aes basfonds qui obstruent le fleuve et jouit de la faculté de pouvoir en tout. temps communiquer avec la mer. Toutes deux étaient naguère situées sur la rive gauche du Niger ; mais les habitants, afin d'échapper aux ravages des Fellatahs, ont transféré leur demeure sur la rive droite. Ce heau tuuve présente ici un tableau magnifique : il a une largeur qui varie

263 CHAPITEE DOUZIÈME.

de 4 à 10 kilomètres et renferme plusieurs îles fertiles et brillantes de verdure. L'île de Pataschie est près de la frontière du Boussa, et celle de Beli, beaucoup plus bas, avoisine le Nyffé; mais la plus belle de toutes est sans contredit celle de Zagoschie qui touche presque à Rabba.

Cetteîle, située juste au milieu du Niger, a 6 lieues de longueur sur !

unc et demie de largeur. Le sol de l’île, à peine élevé au-dessus du ni. veau des eaux, est un terrain d’alluvion souvent inondé et toujours d'une mollesse extrême. Malgré cela, il est cultivé avec soin et remarquable par sa fertilité. Les habitants se distinguent par leur industrie: leurs cotonnades sont les meilleures de tout le Nyfé; ils possèdent une multitude de canots. Le souverain a 600 barques armées qui

lui ont permis de mettre son île à l'abri de toutes les révolutions qu

ont désolé le continent voisin. Egga, la ville du Nyffé qui est située le plus en aval du Niger, a une longueur d’une lieue et demie sur les bords du fleuve; les habitants, qui sont moitié Fellatahs et moitié Negres, possèdent de nombreuses barques. Egga termine le Nyf'é.

Au-dessous, on ne rencontre guère sur les hords du Niger, que de simples villes généralement indépendantes les unes des autres, et dont chacune est gouvernée par un chef particulier. Les habitants de plusieurs de ces villes sont renommés pour se livrer au brigandage. Cependant Kacounda, qui est formée par un groupe de trois grands vil. lages, sous l’autorité d’un seul chef, est habitée par une tribu pacifique, industrieuse et hospitalière.

A 40 lieues au-dessous de Kacounda, le Niger reçoit le Schary ou Tschadda qui vient de l’est ct qui, à son embouchure, est presque aussi considérable que le fleuve principal. De nombreuses barques descendent et remontent cet affluent. Au confluent de ces deux grands cours d’eau s'élève une ville très-importante par son étendue et son commerce, appelée Cuttoumcouraffe. À trois journées de navigation en remontant le Schary, on rencontre une autre ville considérable, Founda, que l’on regarde comme la plus grande cité commerciale de cette partie de lAfrique. Les hords du Niger, au-dessous de Kacounda, nous présentent encore plusieurs villes qui méritent d'être nommées : ce sont Bocqua, où se tient un marché très-fréquenté par les marchands venus de l’intérieur ainsi que du haut et bas Niger, Atta, Abbazaca et Dasuggou, Cette dernière ville était naguère gouvernée par un chef des-

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AFRIQUE CENTRALE. 269 potique mais éclairé. Ici on commence à découvrir quelque signes de relations commerciales avec l’Eurcpe; les habitants sont généralement vêtus d’étoffes de coton fabriquées à Manchester.

Kirri, ville importante par son marché et par sa population, est située à environ 20 lieucs plus bas que Bocqua; les habitants possèdent de nombreuses barques. C’est ici que commence le delta du Niger et que part la branche qui passe par Benin. Ici encore le pays cesse d'être aussi beau et aussi fertile ; le sol commence à devenir marécageux et à se couvrir d'épaisses forêts. On n’y peut plus récolter de grains, on n'y peut plus élever de troupeaux. La population de cette partie de l’Afrique vit de bananes, d'ignames et de poissons; elle fait un grand commerce d'huile de palme, car l’Élaïs guineensis abonde dans ces terrains marécageux. Eboe, à 30 lieues environ au-dessous de Kirri, est une très. grande ville qui est le centre du commerce de toute la côte; les habitants ont un grand nombre de grandes barques armées qui remontent et descendent le Niger. Ces barques, destinées au commerce, sont ornées de pavillons ct de dessins qui représentent des chaises, des tables, des miroirs, des carafus ct d’autres objets de fabrication européenne ; quelques-unes sont assez fortes pour contenir 70 personnes. La ville présente le spectacle d’une industrie très-active, les maisons sont micux bâties que dans les villes de l’intérieur ; elles sont construites en argile, blanchics à la chaux, décorées de colonnes, et entourées d’une cour bien palissadée où sont plantés des bananiers et des cocotiers. Malgré son activité industrielle, la population de Kirri, corrompue par le long contact des négriers européens, ne saurait être peinte avec des couleurs flitteuses. Les crimes et les actcs de violence sont très communs; la dépravation des mœurs est extrême ; les nuits se passent en débauches et en plaisirs tumultueux. Au-dessous d'Eboe, le territoire appartient à la côte occidentale : nous l'avons déjà décrit précédemment.

Pour compléter notre tableau de l'Afrique centrale, il nous reste à décrire les pays silués sur le Niger supérieur, parmi lesquelles il en est de particulièrement célèbres. Les bords du fleuve au-dessus de Yaouri, sur une étendue de 180 à 200 licues sont presque totalement inconnus ; la mort de Muugo-Park nous a privés des précieuses observalions qu'il avait failes sur toute cette région qu’il avait visitée.

270 CHAPITRE DOUZILME,

Pour arriver à une contrée un peu connue, il faut remonter jusqu’à Cabra, petite ville de 4,200 âmes qui ne se compose que d'une rangée de maisons en terre le long du fleuve, mais qui est importante en ce qu'elle sert de port à Tombouctou, Le nom véritable de celle dernière est Ten. Boktoue, Cette ville, si longtemps mystérieuse, si longtemps l’objet des discussions des géographes et des tentatives infructueuses d’explorateurs intrépides, a été enfin visitée par un voyageur français, Réné Caillié. Elle est située à environ 4 lieues de distance du Niger sur la rive gauche du fleuve, dens une immense plaine de sables blancs ct mouvants où il ne croît que des arbrisseaux rabougris. La ville de Ten- Boktoue peut avoir une circonférence d’une lieue; mais elle n’est enfcrmée par aucune enceinte. Les maisons grandes, peu élevées, n’ont qu’un rez-de-chaussée et sont construites en briques; les rues sont propres et assez larges, En dedans et en dehors de la ville, on remarque beaucoup de huttes en paille, semblables à des ruches, qui servent d'habitation aux pauvres et aux esclaves qui font le commerce pour ie compte de leurs maîtres. Ten-Boktouc renferme sept mosquées, dont deux grandes, surmontées chacune d’un tour en briques. La population permanente de cette ville fameuse n’est estimée par Caillié qu'à 12,000 âmes environ. Si cette évaluation est exacte, on voit qu’il faut prodigieusement rabattre des exagérations des voyageurs maures, ou bien il faut admettre que cette ville a éprouvé une décadence inconcevable. Quoi qu'il en soit, le commerce est encore fort actif à Ten- Boktoue, que l’on doit regarder comme le principal entrepôt de cette partie de l'Afrique. On y dépose tout le sel provenant des mines de Toudeyni. Les Maures y demeurent 6 à 8 mois pour y faire le commerce et attendre un nouveau chargement pour leurs chameaux. Ses principales affaires se fontavec Djenny et par la navigation le long du Niger.

Les habitants de Ten-Boktoue appartiennent à la race nègre; leur teint est d’un beau noir foncé; leur nez est un peu aquilin; ils ont les lèvres minces et de beaux yeux: leurs femmes sont jolies. Toute la population professe le mahométisme; néanmoins les femmes ne sortent pas voilées et jouissent d’unc grande liberté. Caillié loue l’intelligence, l'industrie, la douceur et l'hospitalité de cette race. Le roi est un nègre très-respecté de ses sujets et très-simple dans ses habitudes; il ne perçoit aucun tribut ni sur ses sujets ni sur les étrangers ; mais il est ri-

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AFRIQUE CENTRALE. 271 che et se livre au commerce. Il n'a pas de ministres et juge lui-même avec une équité paternelle les contestations qui s'élèvent parmi ses sujets qui le chérissent. En un mot, C ‘lié le représente comme un véritible roi d’Yvetot africain. Le royaume actuel de Ten-Boktouc ne comprend que le territoire qui entoure immédiatement la ville. Au uv’ siècle, il était le noyau d’un vaste empire duquel dépendaient les États voisins et même le Haoussa tout entier; mais celte période de splendeur paraît n'avoir eu qu’une courte durée. Tributaire du Maroc de 1672 à 1727, et influencé par cette puissance depuis 1727 jusqu'en 1795, Ten-Boktoue a été depuis lors vassal tantôt du Bambarra, tantôt du Haoussa. A l’époque où Caillié le visita, ce petit État était indépendant; toutefois il est obligé de payer annuellement une contribution assez considérable aux hordes pillardes de Touariks, afin qu’elles laissent circuler les caravanes qui se rendent de toutes les parties de l'Afrique à Tun-Boktoue et qui font sa prospérité.

Le lac Dibbie, dont nous avons déjà parlé, se trouve au sud-ouest de Ten-Boktoue. Avant d'arriver au lac, en remontant le Niger, on trawrse le pays des Dirimans, peuple voleur et cruel. Les Dirimans sont une belle race, mais leurs caractères physiques et leurs traits indiquent évidemment un mélange de sang noir et de sang maure ou berbère. Au sud du lac, et sur les deux rives du Niger, s'étend le royaume de Mfassina, habité par une tribu de Foulahs mahométans qui était, ily a quelques années, gouvernée par un frère de Sego Ahmadou, sultan de Djenny. Leur territoire est fertile; mais il abonde surtout en riches pàturages qui nourrissent de belles races de bestiaux.

En continuant à remonter le Niger ou Djoliba, on arrive à Djenny ou Jenné, ville importante qui donne son nom à un royaume dont elle est la capitale. Djenny ne le cède qu’à Ten-Boktoue sous le rapport du commerce ; elle est l’entrepôt de tous les produits du territoire environnant, du Bambarra et des pays situés plus au sud, qui sont destinés pour Ten-Boktouc. Les habitants remplissent l'office des voituriers par eau et se servent à cet effet de larges barques d’une construction trèslégère et dont les diverses pièces ne sont unies qu’au moyen de cordes. La population que Caillié n’évalue qu’à 8 ou 10,000 âmes, se compose de Mandingues, de Foulahs, de Bambarrans et de Maures qu'attire l'activité commerciale de cette place ; mais toutes les grandes opéra-

tions sont entre les mains de 30 à 40 négociants maures. Les mar. chænds de Djenny sont, dit-on, hospitaliers et de manières polices, 4 l’époque où Mungo-Park visita cette partie de l'Afrique, Djenny ct son territoire étaient au pouvoir du sultan du Bambarra ; mais peu de temps après, il en fut séparé par un chef Fellatah, Scgo Ahmadou, qui ren. dit son nouvel État indépendant du Bambarra. Le sultan toutefois ne

réside pas à Djeuny : il a fixé sa demeure dans une ville nouvelle qu'il a À

fait bâtir lui-même sur la rive droite du Niger, et à laquelle il a donné le nom de £l-Hamd-Lillah, qui signifie « louange à Dieu. » L'islamisme

est la religion dominante dans le royaume de Djenny, mais les hab !

tants ne se montrent pas fanatiques. Scgo Ahmadou a établi dans le lieu de sa résidence des écoles gratuites pour les enfants et même pour les adultes.

Le royaume de Bambarra consiste principalement en une belle et vaste plaine que le Niger arrose sur une longueur d'environ 420 lieues, à partir de l'endroit où il devient navigable pour les grandes barques, Lo sol, qui est en grande partie inondé pendant la saison des pluies, est fertile et bien cultivé. Les montagnes au sud renferment une grande quantité d’or, que les habitants recucillent et apportent dens les villes de commerce. Les districts septentrionaux du Bambarra participent au caractère du désert qui les avoisine, et sont abandonnés aux Maures qui les parcourent avec leurs tentes ct leurs troupeux. La capitale du Bambarra, nommée Ségou, est située au centre du royaume. Le Niger la divise en deux parties qui communiquent entre elles au moyen de bacs qui sont sous la surveillance du gouvernement. Elle est entourée d’une haute muraille en terre ; les maisons sont construites en argile, mais proprement blanchies à la chaux; les rues sont commodes, et on trouve des mosquées dans chaque quartier. Les nombreuses barques qui sillonnent le fleuve, le mouvement de la population, et l'état de culture du territoire environnant, offrent une scène que lon ne s'attendrait guère à voir dans le centre de l'Afrique. Mungo-Park évalue à 30,000 le nombre des habitants de Segou. Plus haut sur le Niger, on rencontre Sausanding, importante par son commerce et sa population que Park porte à 40,000 âmes. Nulle part en Afrique ce voyageur n'a vu un marché mieux disposé et mieux approvisionné. Les autres villes les plus considérables du Bambarra sont Bammakou qui est située sur le

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IlLexiste eutre le Bambarra et Galam qui, ainsi que le Bimbouk, appartient à l'Afrique occidentale, plusieurs royaumes moins importants qu'il suffira de nommer, Le Kaarta possède un territoire assez étendu, mais le sol y est sablonneux et peu fertile. La capitale se nomme Kemmou; mais le roi possède les forteresses de Djoko ct Guedingotina, où il se retire lorsqu'il est trop vivement pressé par ses voisins ennemis, le roi de Bambarra ou les Maures du Ladamar. Le Æasson, entre le Kaartnet le pays de Galam, est un petit État remarquable par sa beauté ct sa fortlité; Kouniakary en est la capitale. Le Sutadou, le Konkodou, le Dindikou, L Brouko, 1e Fouludou, sont de petits royaumes qui s'étendent le loug du cours supérieur du Falémé, du Ba-Fing, du Ba-Li, et d’autres riveres, qui, par leur réunion forment le Sénégal. Lirégion qu'ils occupent est élevée, semée de rochers, couverte de bois, et présente des stes pittoresques. On recucille beaucoup d'or en lavant le sable de ces rivières.

Caillié a décrit plusieurs territoires situés à l’est du Fouta-Djalo et au sud du Bambarra. Le Douré abonde en or que les habitants recueillat dans les terrains d’alluvion. Ce précicux métal est porté par eux dans le Mankou, pays plus au sud, remarquable par sa beauté et sa fertilité. Kankou, la capitale de ce dernier, est importante par les marchés is-fréquentés qui s’y tiennent trois fois par semaine, et où l'on voit non-seulement de l'or, des vivres, du miel, des cétonnades africaines, mais encore des armes à feu, des indienues et d’autres produits de l'industrie européenne. A l’est du Kaukan, on trouve le Ouassoulo, Uout le triloire fertile est couvert de nombreux viitages , habités par un pcupl industrieux, doux et hospitatier. Leurs voisins de Sambatikila, se dis-

trguent, au contraire, par leur imdolence ; aussi tirent-ils fort puu de

parti des trésors que la nature a prodigués à leur pays. A Pest de ces dernicrs États s'étend Le T'imé, dont le ierritoire bien arrosé et bien eullivé, abonde en fruits et en végétaux utiles, parmi lesquels on remarque surtout le schi où arbre à beurre et le sterculia accuminata qui donne k fruit appelé novœ de gourvu et noix de kolla.

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SLCT, 4re, — Description des ailes Africaines orientales.

Vis-à-vis la pointe orientale de l'Afrique nous rencontrons d’abord

l'île de Socotora, terre aride, picrreuse, presque entièrement dépourvue d’eau et de végétation. Le vent porte le sable du rivage jusqu'au sommet des montagnes centrales. Cependant, dans les vallées habitées, il croît le meilleur aloës que l'on connaisse, aivsi qu’une grande quantité de dattes. L'ile abonde en chèvres ct en volailles, mais on y trouve très-peu de bœufs. La population se distingue en quatre classes : les Arabes, dominateurs du pays; leurs sujets musulinans ; les Bediogne, anciens habitants isolés dans les montagnes et qui professent la doctrine Ces chrétiens Jacobites; enfin, une tribu sauvage qui, cachée dans les bois, vit sans vêtements et sans maisons. Cette île, qui déjà, dans l'antiquité, servait de station aux négociants, doit devenir un poste important pour la nation qui voudra exploiter l’Arabie et l’Afrique orientale; aussi les Anglais l’ont-ils achetée à l’iman de Mascate.

A 300 lieues marines de Socotora, s’étend une série de petits archipel découverts par les Portugais. On donne le nom d’Amirantes au groupe le plus occidental, composé de 43 petites.îles pou élevées, fournies d’eau douce, abondantes en cocotiers et peuplées de tourterelles.

Un groupe plus oriental, composé de 30 îles ou îlots, a reçu le nom d'îles Seychelles. La plus grande, Mahé, a un port excellent. L’éle:des Pal miers se distingue dans cet archipel par une production particulière: c’est l’espèce de palmier qui donne naissance au fruit nommé noix md dive ou cuco de mer. Ce fruit n’a probablement rien de particulier, si te n’est sa forme qui est un peu celle de l’abricot. Le noyau sen-

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ILES AFRICAINES, 273 blable à celui des cocos, est d’un goût umer et astringent, Comme l'avbro wolt au bord de la mer, les noix qui, en se détachant, tombent dans l'eau, sont entrainées par le courant jusqu'aux Îles Maldives, d'où elles éaient apportées aux Indes. On attribuait à ce fruit des vertus médicinales les plus extraordinaires; il se vendait à un prix très-haut : l'empereur Rodolphe If ne put s'en procurer un au prix de 4,000 florins, Les avants formaient les hypothèses les plus ridicules sur l’origine de cette ooix, etRumphius y vit encore le produit d’un arbre sous-marin, On n'a trouvé que dans cette Île le paimier qui la donne. Les Français et les Au ghis en ayant répandu tout à coup une grande quantité duns les Indes, ee fruit perdit sa mystérieuse renommée. On a pourtant trouvé prafltuble de le cultiver à l’île de France.

Une multitude d’îles peu connues, parmi lesquelles on remarque lus Sept-Frères, Diego Garcia, Adou etCandou, s'étendent à l'est des Seychulles jusqu'aux Maldives. Elles sont toutes inhabitécs Jn voit encore «u sud-ouest des Seychelles un assez grand nombre d’ilots et de récifs qui lient cet archipel à Madagascar et à l'Afrique. L'île Gallega à quelqu s habitants. La Providence, Saint-Laurent el Juan de Nova n'offrent rivu d'intéressant.

Le large canal qui sépare la grande île de Madagascar de la côte oriontale de l'Afrique porte le nom de Canal de Mozambique, La partie nor

à dece canal est seméec d'îles, de bancs et de récifs. On remarquesurtoutlo

groupe des Îles Comoresau nombre de quatre. Celle d’Anjouan ou Joanna, proprement Hinsouan, a sur les autres l'avantage de plusieurs rades ommodes et d’aiguades faciles. Elle est d'un aspect très-pittoresque, et peutavoir maintenant 10 à 12,000 habitants. La baie de Machadou, où abordent ordinairement les vaisseaux européens, se trouve sur la côte dunord. La ville du même aom, située à une demi-lieue du mouilhge, est entourée de murs hauts de 45 pieds et flanqués de tourelles carrées. Sa population dépasse 2,000 âmes. Angaziga ou la Grande Comore, à 25 lieues an nord-ouest de la précédente, est u'es-montueuse. Elle n’a aucune rade, mais plusieurs villages. Aohilla, à 6 licucs à l'ouest d’Anjouan, est entourée de récifs. Mayotte, à 7 lieues au sud-ust d'Anjouan, n’a qu'un mouillage médiocre et ne renferme que 42 à 13,00 habitants. Cette île est aujourd’hui une possession française,

Placées sous un beau ciel, les êles Cumores jouissent d’un climat très-

salubre. Les campagnes élalent partout l'éclat d’une helle végétation, Ja population se compose de nègres mélangés avec des Arabes, qui, M lors de leurs nombreuses émigrations vers le xue siècle, vinrent s'établir dans cesîles, de même que sur les oôtes d'Afrique et à Madagascar. De M grosses lèvres et des pommettes avancées rapprochent les gens de la À basse classe des noirs de Mozambique ; le sultan et les nobles ont conservé la figure belle et spirituelle de icurs ancêtres arabes. L'idiome vul. À gaire est un mélange de l’arabe et de la laiugue du Zanguebar. Les Co. ! morcis sont en général doux, honnêtes, hospitaliers. Les Européens | naufragés y ont toujours éprouvé les traitements les plus généreux. |

Quelques Arabes exercent l’agriculture ; d’autres pratiquent avec hab. leté des arts mecaniques, la tisscranderie, l’orfévrerie, etc. ; d’autres enfin se livrent à la navigation, et entreprenneni des voyages jusqu'à Pombay et Surate. Mais les naturels sont en général lâches et pusilla. nimes. Aussi les Madécasses y font fréquemment des descentes, en. vent les troupeaux et réduisent hommes, femmes et enfants en escinvage. Le Mahométisme est la religion du pays, mais les gens du peuple concilient le culte des fétiches avec la fréquentation de la mosquée.

L'ile de Madagascar, dont le nom indigène est HMadécasse, est, jar son étendue, son climat, sa fertilité, une des régions les plus favorisées de Ja nature ; sa situation ajoute encore à son importance, au point de vue commercial ct politique. Longue de plus de 340 lieues, et large, dun: quelques endroits, de 420, cette île peut avoir 28,000 lieues carrées de surface. Quoique comprise presqu'entièrement dans la zone torride, elle offre, grâce à l'élévation du sol, la plus agréable variété de saisons, et jouit en partie de tous les avantages des climats tempérés. Une doukie chaîne de montagnes, hautes de 2,400 à 3,800 mètres, la parcourt du nord au sud, la sépare en deux parties maritimes à peu pres égales, et duline naissance à une multitude de riviéres poissonneuses, sujettes à des débordements périodiques. Des lacs slagnauts y rendent, sur certaius points, le climat insulubre. |

Cette belle île offre une richesse de productions si grande qu'il faudra bien du temps pour les connaître toutes. Elle est parsemée de cris tal de roche; on en rencontre des blocs de la plus grande beauté, qui ont jusqu’à 20 pieds de circonférence. On y trouve des grenats, de tres belles agates noires, et plusieurs autres pierres précieuses de moyenne

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qualité, Les montagnes renferment de l’étain, du plomb, mais princi-miement du fer, dont les naturels exploitaient autrefois les mines. Il parait aussi qu'il y en a de cuivre, d’or pâle, et d’autres métaux. On rouve dans la partie occidentale des bancs de sel gemme,

Tout le littoral ext riche en bois. Le ravenala croit dans les m:rais et klong des ruisseaux. 1 ressemble au palmier par le ironc, et au banaer par les fouilles, qui fournissent aux Madécasses des nappes, des wrviettes, des plats, des assicttes et des cuillers; en les perçant à leur missance, on en tire une eau bonne à boire; le bois est employé à la coustruction des maisons. On trouve dans les champs et les forêts beauœup d'arbres et d'arbrisscaux, dont les produits sont utiles aux arts et ia vie; tels sont 10 hazame , arbre de la forme d’un peuplier, dont le fuit donne la sine tacamahaca, le tanoma, autre arbre à résine; le sa gutier, qui produit cette substance alimentaire connue sous le nom de mou, et dont les feuilles scrveut à faire des étoffes recherchées ; le badu-

ie noix muscade ; le rharha-horae, deux espèces de cafiers; le ravensara on cannellicr girofle, arbre précieux dont les noix et les feuilles ont un prfum exquis, et dout les habitants tirent une huile essentielle plus stimée que celle du clou de girofle ; le voaé ou voaëne, abrisseau sarmenteux qui donne une gomme élastique; plusicurs variétés du cotoner, notaiimont celle do la plus grande espèce; l'indigotier-malgache, qui croit dans les endroits sablonneux; des mimoses, entre autres le mi-

msa-lebbek, appui bois noir, qui donne une sorte de gomme copal. Parmi les plantes on remarque le gingembre, le poivre, le curcuma ou afran des Indes, du tabac très-estimé, du riz et des ignames de plusieurs wrtes, Le sanga-fanga à beaucoup d'analogie avec les papyrus des andens, Ce pays fournit en outre quelques bois précieux tels que le andal et lébène noir, blanc, vert ct blanc moucheté, La vigne y prosere, et Ja eanne à sucre vient naturellement.

Le règne animal, comme dans toutes les îles, offre moins de variété, L'éléphant et le lion sont inconnus, inais l'antamba paraît être une espee semblable au léopard; le farassa ressemble au chacal; les bœufs de Midagascar sont tous des zébus où bœufs à bosse de graisse ; quelquesus manquent entièrement de cornes, d’autres n’ont que des cornes hihéréntes seulement à la peau, mobiles et pendantes.

nier pyranidal; l'aromatique bachi-bachi ; le malao-manghit, qui produit :

Les autres animaux remarquables sont les ânes sauvages, aux orcilles | énvrmes, les moutons à grosse queue, le tenrec, espèce de hérisson bon 4 à manger, la grosse chauve-souris, dont la chair est fort délicate; ki makis et l'ar ou paresseus. Les forêts récèlent des bandes de poules, de pintades, de faisans, de ramiers, d’oies, de canards, de perroquets, On y trouve quatre espèces de vers à soie qui suspendent leurs cocons aux! arbres. Les eaux de Madagascar fourmillent de poissons, et la plage abonde en différentes sortes de crustacés ct de coquillages. Assis sousl un citronnier au bord de la mer pendant le reflux, Mandelsloh fit un excellent déjeuner en assaisonnant les huîtres qu'il ramassait à ses pieds! avec le jus des citrons qui pendaient sur sa têle. |

Nous allons maintenant passer à la description topographique de cette Île magnifique. Nous parcourrons d’abord les côtes en commencant par la côte orientale; puis nous parlerons des régions situées à Pinté. rieur : enfin, nous terminerons par quelques observations générales sur les mœurs des habitants.

Le pays des Antavarts, s'étend depuis le cap d’Ambre jusqu’à quelques lieues de Foulpointe, et comprend le magnifique port Louquez, les grandes baies de Vohemare et d’Antongil, ainsi que l’êle Sainte-Marie, appelie dans le pays Nossi-Ibrahim. Le port Louquez est excellent et capable de recevoir des flottes entières ; ses environs sont très-salubres. La baie d’Antongil renferme le port Choiseul, où les Français onteu un établnsement ; ils ont encore un fort appelé fort Saint-Louis, dans l'île Sainte Marie. En 4829, ils se sont également établis à Tintingue, sur la côte ct y ont élevé des fortifications. Ce pays est bien cultivé et fertile surtout en riz. Les Artavarts fabriquent de très-belles pagnes renommées dans le commerce, et font de fréquentes excursions dans les îles Comores, pour enlever des esclaves. Un fait singulier, c’est qu'ils conservent des traditions de Noë, d'Abraham, de Moïse ct de David, pratiquent la circon. cision, célébrent le sabbat ct sacrifient des animaux.

Le pays des Bestimessaras où Bétimsaras est le plus fréquenté des Euro péens qui y achètent une grande quantité de riz et de besliaux. Il va deux excellentes rades, Foulpointe ct Tamatave. Foulpointe est une pctieh ville fort commercçante. Tamatave renfermait naguère une population de 20,000 âmes, lorsqu'elle était la résidence du roi des Hovas ; mais #1 4829, ils ont été chassés par les Francais. Elle est importante par sul

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ILES AURICAINES. 979 commerce, par sa rade qui est la plus sûre de toute l’île par ses fortifiqations ct par les facilités qu’elle offre à la défense. Les Bétimsaros, gouvernés par des Malates ou chefs d'extraction blanche qui les tyrannisent, sont les plus beaux homm : de Madagascar, mais dissimulés, ivrognes, lâches et enclins à lar. ne. On les dit néanmoins très-industrieux et susceptibles de civilisation.

Plus loin on rencontre les Bétanimènes. Ils se gouvernent eux-mêmes et jouissent d’une grande tranquillité. C'est la plus belle, la plus fertile etla mieux peuplée parmi les provinces du bord de la mer, et ses hal:itants sont les plus doux et les plus sociables de toute l’île. Le pays doit en partie sa fécondité à la rivière d’Andévourante, dénommée d’après le chef-lieu des Bétanimènes, qui est aussi le plus grand village de Madagascar. Il peut fournir 10,000 hornmes armés,

On représente les Antaæimes, ou peuples du sud, comme pauvres, grossiers ct brigands, sans industrie et sins commerce. Ils négligent même la culture de leur pays, arrosé par les deux plus belles rivières de l'île, le Mangourou et le Mananzari. L'air y est beaucoup plus sain que dans la partie du nord; mais on n’y trouve aucune bonne rade. Les insulaires de cette partie ont le teint très-noir et les cheveux crépus.

Le pays des Antambasses s'étend à l’extrémité sud-est de l'île, depuis la superbe baie de Sainte-Luce jusqu'à l'extrémité de la vallée d’Amboule, l'espace d’environ 95 lieues, et autant du nord au sud. Siangourih en cst la capitale. Les hommes sont grands, robustes, toujours gais, doux ct généreux, mais paresseux à l’excès et dans la plus affreuse misère. Les femmes, en général, n’atteignent pas la taille que la nature semble leur avoir assignée; comme ailleurs, elles sont pour l'ordinaire laides et fort débauchées. L’anse Dauphine est sur la côte; c’est dans cette anse qu'’avait été construit, sous Henri IV, le fort Dauphin, aujourd’hui ruiné.

Les Antanasses au sud, et les Taissambes à l’ouest, réunis autrefois en un seul corps de nation avec les Antam basses, sont encore aujourd’hui gouvernés par des chefs de la mème fannile arabe, qui possédait alors toute la partie méridionale de Madagascar.

Passons aux tribus de l’intérieur. Les Antambanivoule où Ambanivoules, mènent une vie frugale, laborieuse, et sont trè--hospitaliers. Ils vendent à leurs voisins, notamment aux Bétimsaras, qui autrement mourraient de besoin, du riz, de la volaille, du miel et du toc, bois-

280 CHAPITRE FRIIZIEMNE, £gon faite avec le jus fermenté de la banane et de la carne à süicre, … LesAntsinakes demeurent! drpuis lessources du Manangourajusqu'ans confins du pays des Antavarts. Des voyageurs pacifiques ont récemment visité leurs villages bien policés et assez bien bâtis, leurs plantations riz, et leurs montagnes d’où, à ce qu'il paraïf, on tire de l'argent. L'air salubre de ce pays le rendrait éminemment propre à devenir le siége d’une colonie européenne, qui y trouverait des positions de défense très-facile,

Les Bezonzons où Besombsons habitent une vallée ceinte de hautes mon. tagnes qui les séparent à l’est des Bctanimènes, et à l'ouest des Antancayes. Le voyageur est surpris en franchissant ces montagnes, de voir à ses pieds des plaines bien cultivées et bien arrosées, et d’y trouver une réunion d'hommes totalement isolés, vivant en paix, jouissant des dou. ceurs de la vie et empressés de les partager avec lui.

Le pays des Antancayes occupe une plaine longue de 80 lieues, large de 15, bornée à l’est par les montagnes de Béfour, et à l’ouest par le fleuve de Manigourou, qui baigne le pied des montagnes d’Ancove. Cette plaine immense est couverte d’une quantité innombrable de troupeaux. On y récolte une sorte de riz rouge trés-nourrissan!. Les villages assis sur les crêtes des montagnes les plus élevées, sont bien fortifiés et presque imprenables. Les Antancayes se rapprochent entièrement des Malais par les traits de leur figure, la couleur basanée de leur peau, leurs cheveux plats et rudes, leur stature basse , ainsi que par l'habillement, le langage et les mœurs. Comme les Malais, ils font consister la beauté à avoir les dents noires ; ils s’arrachent la barhe, s’allongent les orcilles en les perçant de grands trous, et se frottent le corps avec du suif de bœuf, ce qui les rend très-sales, Ts sont fourbes ct perlides, comme les Malais. Leurs chefs, cruels et despotiques, ont droit de vieet de mort sur leurs sujets, usage inconnu dans le reste de Madagascar, où le criminel doit être jugé dans une assemblie générale,

Le territoire d’Ancove ou le pays des Æcvas comprend tout l'intérieur de l’île entre le 45° et le 49° parallèle environ. Il jouit d’un ciel pur ct sain, mais froid. Il est très-déboisé, et les habitants’ sont obligés de recourir à la paille, à la fiente des animaux et aux herbes dessechées pour se chauffer. Ils ont peu de bœufs, mais une grande quantité de moutons à grosse queue. Le riz le manioc, les patates, 1cs ignames sont les prin-

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dpaux végétaux qu'ils cullivent pour leur subsistance, Les Hovas sont acez grands et bien faits; ils ont les cheveux lisses et longs, le nez equilin et les lèvres petites :leur couleur varie entre le noir foncé et l’olitre tirant sur le brun. D: toutes lesraces qui sont dispersées sur la surfice de Madagascar, celle des Hovas est la seule qui se rapprche de nous par ses connaissances dans les arts. Ils tirent du sein de la terre plusieurs espèces de fer et de plomb: cc dernier métal leur sert pour donner du sernis à leur vaisselle, Ils w'availlerit les métaux aussi bien que les Europécns. Par exemple, ils imitent si bien les piastres, que beaucoup de taitants y ont été trompés, Ils savent faire plusieurs étoffes très-belles + d’une longue durée : ce sont eux qui fournissent ces foiles de calin estimées, qu'on les vend dans Madagascar jusqu'à un esclave la pièce. l’est une étoffe à fond bleu, sur les côtés de laquelle on voit des moraux d’élain très-artistement travaillés ; et dont la continuité se marie ene fait qu'un avec la trame, qui est toujours de soie et de coton. Au mileu de ce Lissu se trouvent plusieurs belles fleurs bossuées avec de l’éhin, qui font un brillant effet. Du reste, ils sont fourbes, traîtres etrusés.

Dans le courant de ce siecle, un jeune chef des Hovas, Radama, a esayé de fonder l’unité de Madagascar, et a entrepris la tâche difficile de heiviliser. En peu d'années, il parvint à soumettre la majeure partie te l'île ; il forma une armée d'environ 50,000 hommes, organisée à leuropéenne et en grande partie armée de fusils, il parvint même à se réer une artillerie. Afin d'initier les habitants de l’île aux sciences et aux arts de la civilisation, il envoya plusieurs jeunes indigènes à Maurie, à Londres et à Paris : it appela des missionnaires anglais qui éta- Mirent une imprimerie, et fonda des écoles d'instruction publique pour ls deux sexes. Eufin, il défendit à ses sujets la traite des esclaves. Mais

œæ prince, plus entreprenant que sage, ne put accomplir <cs projets : mourut en 1828, empoisonné, dit-on, par la reine Ranavola-Manjoka, qui lui succéda. Cette mort fut le signal du soulevement d’une partie des tribus soumises, qui reconquirent leur indépendance, et l'œuvre de h civilisation nouvelle se trouva arrêtée. En 1830, la reine expulsa les missionnaires anglais : toutefois on ne saurait l'en blâmer; ces missounaires étaient des méthodistes fanatiques que leur imprudente intlérance rendait dangereux pour la trauquillité publique.

La population du pays des Hovas est prodigieuse ; les plaines sont sc- Vil j 36

282 CUAPITRE TREIZIEME

nées de villages ct les crêtes des montagnes en sont couvertes, Tananne rive Où Tanane-Arrivou, Ja capitale, n’est qu’un assemblage de petites bourgades. Les cases qui les composent sont disséminées sous les arbres et forment mille paysages variés et délicieux. Il n’y a d’autres édifices publics que ceux qu’on a élevés sous Radama et sa veuve : ce sont le temple de Jankar, le bon génie chez les Madécasses, les palais royaux de Tranouvala, Bevakane et Souane-Ranou, et enfin le Mausolée de Radama. Tous ces édifices sont en pierre et ont été construits par un architecte

français. L'intérieur des palais royaux est décoré à l’européenne. Tana- À narive a des fortifications régulières qui sont munies de canons. La po. !

pulation de cette capitale peut être évaluée à 60,000 âmes. An sud des Hovas habitent les 4ndrantsayes, peuples pasteurs, brutes et lâches qui achètent la paix avec les nations voisines en leur payant

un tribut de troupeaux. Tout porte à croire que les Andrantsayes sont À

les Quimos dont parlent Commerson, Rochon et Raynal, et qu’ils placent ! précisément au même endroit; mais il est complétement faux qu'ils

forment une peuplade de nains.

Nous ferons maintenant le tour de la côte méridionale et occidentale

Après l’Anossi ou contrée des Antanosses terminée par la rivière de Mandrerei, on trouve sur la côte les trois pays des Ampatris, des Mohafalles ct des Caremboules ; tous trois peu cultivés, mais riches en bois et pâturages. Dans l’intérieur des terres habitent les Machicores. La région appelée par les navigateurs, province de la baie de Saint-Augustin, est très peu connue. La côte est basse et sablonneuse. Les habitants sont nommés Buques; leur roi réside à Tulcur. Les Européens naufragés ont éprouvé ici tous les soins d’une humanité généreuse; non-seulement leurs propriétés ont été respectées, mais les indigènes les ont aidés à se bâtir des cabanes et leur ont fourni abondamment des vivres. La baie de Mouroundava reçoit une grande rivière du même nom, qui est encore appelée Ranouminte, Ménabé et Mansiatre. Ce fleuve reçoit plusieurs affluents considérables. Dans les vallées qu’arrosentces rivières, demeurent plusieurs nations peu connues parmi lesquelles les Erindranou sont les plus puissants.

louie la côte depuis Mouroundava au sud, jusqu’au cap d’Ambre au nord, appartient aujourd’hui au royaume des Séclaves, qui, en plusicurs endroits, s'étend dans l’intérieur jusqu’à la chaîne des monta-

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ILES AFRICAINES. 283 gnes centrales. Ce pays, rempli de plaines et de prairies, nourrit une quantité prodigieuse de bestiaux. Les terres, généralement médiocres, surtout le iong de la côte, sont traversées par des routes régulières, où veillent des piquets de soldats. L'autorité y était exercée, en 1791, par une reine qui résidait à Bombetoc, ville très-peuplée quoique bâtie en forme de village. On y remarque encore HMouzangaye, avec 30,000 habitants, parmi lesquels 6,000 Arabes et Indiens. Il y a des mosquées, des maisons d'éducation, des ouvriers en tous genres. Le pays des Séclaves qui avait été soumis par Radama, a secoué le joug aussitôt après la mort de ce prince.

Dans l’extrémité septentrionale de l’île, on indique des volcans en activité. Mais ces cantons n’ont pas encore été examinés en détail.

La population totale de Madagascar s’élève à un million et demi, selon ceux qui l’évaluent au plus bas, et à 4 millions, d’après ceux qui la portent au plus haut. Elle se compose de plusieurs races. Quelques tribus peu nombreuses sont évidemment d’origine arabe. Leur teint olivâtre leur vaut le titre de biancs ou malates. Une autre tribu, que les indigènes désignent sous le nom d’Antu-Mahouri, c'est-à-dire habitants du pays des Maures, paraît appartenir à cette race arabe nègre mélangée qui occupe l1 côte de Zanguebar. C’est ce qu’indiquent leur teint plus rapproché du noir et la nature un peu laiueuse de leurs cheveux courts. Mais toutes les tribus vraiment considérables qui forment la presque totalité des habitants ont, ou le teint hasané et les cheveux plats des Indiens, ou la peau noire et les cheveux crépus des Cafres. Il paraît que des émigrations très-anciennes de la Cafrerie et du Malabar ont peuplé cette île, que sa situation rapproche de l'Afrique, mais que les vents périodiques et une chaîne d'îles lient à l’Asic. Le nom de Malgaches que les anciens habitants se donnent, ceux de Maldives, de Mule-Bar, et autres établissent cette filiation, qui, à l'égard de l’émigration asiatique, est encore démontrée par la composition de la langue générale de Madagascar.

Cette languc présente quelques mots arabes et d’autres qui se rapprochent des idiomes cafres ; mais ses principales racines se trouvent duns le malais, ou dans les dialectes dérivés de cette langue, qui se parlent à Java, à Timor et aux Philippines. Les objets naturelsles plus marquants, les nombres, du moins en grande partie, et les jours de la semaine, se nominent de même dans les deux langues. C’est la même absence de

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