‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 59 sur 75 · CET · texte numérisé non relu

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28% CHAPITRE TREIAIÈME, déclinaisons et d'inflexions, la même macière de lier les mots, la même abondance de voyelles,

Les Madécasses ou Malgaches vivent généralement dans une liberté ter. bulente, Les Séclaves, les Antancayes et les Hovas, gémissent pourtant sous le jong d’un gouvernement tyrannique. Hors de ces états, le Madé. casse ne reconnaît d'autorité suprême que dans les Cabares ou assemblées populaires; c'est 1à que se décident les affaires publiques ct que so jugent les procès. Les discanrs qui y sont prononcés, brillent souvent d’une éloquence naturelle et énergique. Chez plusieurs tribus on reconnaît des classes héréditaires, dont les priviléges ne sont pas bien dé.

terminés, I] y a en outre de nomhreux esclaves, Les déplorables superstitions auxquelles le Madéçasse est livré, sont

mêlées avec quelques notions sur les bons ct les mauvais anges, venues par les Arabes. Les prêtres, appelés Ombias, s'occupent de méde.

cine, de sorcellerie, et possèdent quelques livres en madécasse, écrits en caractéres arabes. La circoncision est en usage daus toute l'ile. Le

jour déterminé pour cette fête, les parents amènent, chargés d’une grande quantité de liqueurs fortes, autant de bœufs qu’ils ont d’enfants à circoncire. On immole les bœufs, puis on place les cornes sur des poteaux. Les danses. les festins et les simulacres de combats, annoncent l'ouverture de la cérémonie. L’empananguin, armé du fatal couteau, demande ses victimes. Alors les jeux cessent, les pères s’empressent de présenter leurs enfants, l’empananguin retranche ce qu’il croit de trop, range les dépouilles sur une planche, et applique des poudres astringentes pour arrêter l’hémorrhagie de la partie blessée. On charge les fusils, en introduisant dans chaque arine, au lieu de balle, le morcean de peau retrauché, et on fait une décharge générale. L'ancienne coutume était que l’'empanauguin avalât les dépouilles. Les festins et les danses recommencent pour ne finir que lorsqu'il n’y a plus de liqueurs fortes. |

Le jugement par le poison, ou Tanguin, est une des superstitions les plus airoces de ce peuple. L'arbre qui fournit le tanguin est très-répaudu à Madagascar, Cest un fruit en forme de noix, qui, pris en une certaine quantité, donne la mort au bout d’une heure, à moins qu’une évacuation violente n’en débarrasse linfortunée victime. Cette terrible épreuve est ordonnée contre ceux que la haine ou la jalousie populaire

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ILES AFRICAINES. 285 accuse d'avoir été la cause de la mort de quelqu'un de leurs compitriotes. C'est une scie de jugement de Dieu, auquel où remet la décision d'un procès crimi::21, La cabare ou l’assemblée du peuple est consultée avant d’en venir à cette extrémité; les parents et les amis du mort, ct ceux de l'accusé surveilleut les cérémonies qui précèdent et qui accompagnent l'opération du tanguin. Si l'accusé survit (ce qui arrive à peu près à un sur cinq), les accusateurs deviennent ses esclaves.

Un usage plus digne de la nature humaine, est Le serment du sang, où l'alliance solennelle contractée entre deux personnes qui s’obligent à se reudre mutuellement toute espèce de services et acquicrent par là tous les droits de la parenté. Pour célébrer cette cérémonie, on assemble les principaux personnages de l'endroit. Les nouviaux amis se font une légère incision au creux de l’estomac, puis on imbibe deux morceaux de gingembre du sang qui en découle, et chacun mange le morceau teint du sang de l’autre. Celui qui est chargé de faire la cértmonie, mêle, dans un vase, de l’eau douce, de l’eau salée, du riz, de l'argent et de la poudre; il trempe deux sagaies dans ce mélange, et, les frappant &vec l'instrument qui a servi à faire la blessure, prononce des imprécations terribles contre celui qui fausserait son serment. Les deux amis boivent un peu du breuvage préparé, en priant toutes les puissances de le faire tourner en poison pour celui qui ne ferait pas le serment de bonne foi.

En naviguant 180 licues à l’est de Madagascar, on arrive aux îles Mascareignes, car c’est ainsi qu’il faut appeler collectivement, d’après celui qui les découvrit, l'île Bourbon ou la Mascareigne proprement dite; l'Ile de France, nommée Cerne par les Portugais et Haurice par les Hollandais et les Anglais, l’île Rodriguez, et l’ilot inhabité de Cargadus qui complète cet archipel.

L'Ile Bourbon, appelée aussi {le de la Réunion, semble composée de deux montagnes volcaniques. Dans la partie méridionale, la plus peute, les feux souterrains exercent encore leurs ravages : celle du nord est bien plus vaste ; les éruptions volcaniques, qui l'ont jadis bouleversé», ne S'y font plus sentir. Ce qu'on nomine la partie du vent s'offre aux regards lorsqu'on approche de Saint-Denis par mer; c’est la plus riante : celle dite sous le vent, passe pour là plus riche, mais elle est un peu sèche; les rivières y sont rares. La première, plus égale,

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286 CHAPITRE TREIZILME,

s’élevant en pente douce, de la mer au faîte de V'île, est tempérée par des brises continuelles et cultivée avec soin.

Le débarcadère de l'île Bourbon, à Saint-Denis, n’est qu’une rade ou. verte, exposée à de terribles ouragans. Le môle que La Bourdoi: is avait fait construire a été emporté par les vagues. Saint-Denis n’est pas, à proprement parler, une ville : c’est un véritable bourg dont les rues, bordées de palissades ou de murs de clôtures, ressemblent à des chemins de campagne. Cependant il est la résidence des autorités et de la Cour d’appel : il possède un collége, un assez beau jardin botanique et une population d’environ 10,600 âmes. Saint Paul rivalise en richesse eten population avec le chef-lieu, à cause «le la supériorité de son mouillage et de sa position dans une plaine.

Le sol de l’île, seuf la partie dite brülée, est généralement excellent, Les cantons situés sous le vent jouissent d’un climat et d’une température très-favorables à la production du caféier : le café de Bourbon, dans l'estime des connaisseurs, vient immédiatement après celui de Moka. La culture du caféier occupe 4,200 hectares, celle de la canne à sucre en occupe 44,500, et celle du giroflier environ 10,000. La récolte des clous de girofle est malheureusement très-variable : très-abondante dans une année, elle est nulle dans une autre. Le produit de Bourbon, en blé, excède les besoins de la consommation locale; mais l’île est obligée de tirer du riz de l'Inde, et des bœufs de Madagascar. La population totale de Bourbon, tant blancs que noirs et mulâtres, aujourd’hui tous libres, s’élève à 110,000 âmes.

L'Ile de France où Maurice, moins étendue et moins fertile que celle de Bourbon, doit à ses ports et à ses rades une plus grande importance commerciale et militaire. Elle était le centre de la navigation française dans les Indes-Orientales. C'était le point d’où s’élançaient ces infatigables corsaires, la terreur des Anglais. Conquise eufin par une armée au glaise formidable, cette île riche et belliqueuse est restée à la Grande. Bretagne. La forme de cette île est irréguliérement ovale : elle à un peu plus de onze lieues dans la plus grande longueur, et un peu plus de huit dans la plus grande largeur. Le sol va toujours en s’élevant depuis la côte. Le milieu de l’île est un plateau boisé de 1,500 pieds de hauteur : au centre de ce plateau s'élève une montagne conique et très-pointue que sa situation a fait nommer piton du milieu, et qui est haute de 4,819

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ILES AFRICAINES. 287 pieds. Parmi les autres montagnes, nous citerons celle de la Rivière noire, qui a 2,644 pieds d’élévation.

Le Port-Nord-Ouest ou Port-Louis (c’est le nom de la ville où l’on débarque) peut contenir 24,000 habitants, dont 8,000 blancs et 146,000 nègres ou mulâtres. Les maisons sont presque toutes construites en bois; œependant, elles ne manquent pas d'élégance. Les édifices publics sont d'une très-bonne architecture. Les principales rues sont plantées de lebbek où bois-noir, assez hel arbre de la famille des mimosées. Port-Louis est la capitale de l’île.

L'île Maurice offre une foule d’endroits pittoresques, dont plusieurs ont été admirablement décrits par la plume du trop célèbre auteur de Paul et Virginie. Toutefois, le sol n’est pas remarquable par sa grande fertilité : certaines parties sont tout à fait stériles. L'île ne produit pas asscz de blé pour sa propre consommation ; et leshabitants sont obligés de recourir à l'Inde et à Madagascar, de même que ceux de l'ile Bourbon. Les principales productions de Maurice sont le café,'le coton, l'indigo et le sucre. On y cultive, sous le nom d'arbre à pain, le jacquier et le rima ; mais le véritable arbre à pain (artocar pus incisa) n’a été introduit que récemment, et n’est pas encore très-multiplié. Le bois d'ébène de Maurice est très-estimé : il s’en exporte une quantité considérable. Il y a dans celte île une grande quantité de singes de la petite espèce, qui font beaucoup de mal aux plantations. Les premiers navigateurs qui visitèrent les îles Mascareignos découvrirent dans l’île Maurice un oiseau appelé Dronte ou Dodo, dont l’espèce est détruite depuis longtemps, et qui a été l’objet d’un grand nombre de discussions scientifiques.

L'île Dieyo-Rodriguez, à 440 lieues environ à l’est de Maurice, fouruit à celle-ci plusieurs milliers de tortues. Elle a un bon port et une popus lation d'à peu près 450 habitants. Diego-Garcia où Chagos, au nord de celle-ci, n’est qu’un îlot peuplé d’enviran 300 colons venus, ainsi que les précédents, de l’Ile de France. En se dirigeant au sud de l’île Rodriguez, on rencontre les deux îles de Saint-Paul et de Saint-Pierre, L'île do Saint-Pierre, appelée aussi Ile d'Amsterdam, est formée d’une montagne conique, dont le sommet paraît la cheminée d’un cratère éteint. Une couche de tourbe de 3 pieds d'épaisseur couvre la lave ancienne, D’épais bosquets rendent l'accès de l’intérieur très-difficile. Saint-Paul, la plus méridionale des deux îles, se présente sous l'aspect d’une mon=

288 CHAPITRE TRIIZIÈME.

tagne circulaire, creusée au milieu en forme de cratère : la mer, après À l'écroulement d'une des parois, a pénétré dans ce bassin, L'étang ou là !

lagune qui en remplit le fond est peuplé d’une immense quantité de

poissons. Dix degrés plus au sud, la terre de Kerguelen, nommée par M Cook {le de la désolation, présente ses stériles rochers environnés de gl. %

çons, et habités par des phoques. Plus à l’ouest, les {les Marion et celles

du Prinve-Edouard, n'offrent également que l’affreuse nudité de rochers À

dépourvus de végétation.

SECT, 2°, — Description des iles africaines occidentales,

La partie de l’océan Atlantique qui baigne la côte occidentale et mt. ridionale de l'Afrique, est presque dépourvue d'îles. Elle éprouve l'effet très-régulier des vents alizés et du courant général qui portent l’airet es caux vers l'occident. Le vent alizé cesse cependant de régner à un ou deux degrés au nord de l'équateur où il est remplacé par des vents d'ouest et du sud-ouest qui retiennent les vaisseaux dans le golfe de Guinée.

La première Île au sud-ouest du cap de Bonne-Espérance est celle de la Circoncision, découverte en 1739 par le capitaine Bouvet, dont elle porte aussi le nom. Elle est située à 540 20 de latitude australe. Sous un climat plus doux, on rencontre les îles Diego-Alvarez et Gouyh, Celle-ci a 4,380 pieds d’élévation; de belles cascades y arrosent un sol de gazon où quelques arbustes croissent parmi des rochers. On connait mieux les îles Tristan d'Acunha, qui sont au nombre de quatre. L'ile principale montre de loin son piton, élevé de 8,326 pieds. revêtu de

verdure jusqu'à la moitié de sa hauteur, et qui est couvert de neige pendaut plusicurs mois de l’année. Des arbustes du genre phyllica ombragent de leur feuillage touffu des soures limpides. La plaine seuic est susceptible de culture. Quelques Angiais s’y sont établis.

Une immense solitude aquatique s’étend de ces îles jusqu'à celle de Sainte-Hélène, Point imperceplible dans l'océan Atlantique, elle 11 que 9 lieues dans sa lus grande circonférence. Des riva, - ‘ca cs lui forment un rempart naturel et presque inexpugnable. Elle est partagée en deux varties inégales par une chaîne de montagnes coupées de vallées prnfendes. Le basalte constitue la base de Pile, et une quun-

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ILES AFRICAINES, 280 ité de laves et de scories dispersées partout en atteste la nature volrapique. La côte présente l'image de la stérilité; mais uno richo verdure nuvre l’intéricur jusqu’au sommet des montagnes dans lesquelles dus gurces limpides jaillissent de tous côtés, La culture de presque tous ls légumes et fruits de l’Europe et l’Asie y réussit : les pâturages nourissent un grand nombre de bestiaux : aussi cette !le est-elle un lieu de riche très-fréquenté par les navires qui ont besoin de $e ravitailler. 1: Anglais y ont récemment découvert une riche mine de houille; ce qui ajoute encore à son importance. James-Town, petite ville d'une renuine de maisons, a le seul port de l’île. De bonnes fortifications en dééndent les approches. Cette petite île est à jamais célèbre pour avoir envi de prison et de tombeau au plus grand guerrier des temps modernes, à l’homuc pr'ouigieux qui avait rempli l'Europe de terreur et k monde entier du bruit de sa gloire. Il est mort dans un ilot afriain, victime du climat dévorant, tout comme avaient péri dans les ls Comores les malheureux qui avaient été déportés comme coumbles de complicité dans l'attentat royaliste de la machine inferme, Pendant vingt ans, les cendres glorieuses du grand empereur ont hi laissées entre les mains de ses bourreaux : un roi qui voulait honoer par Là une des grandeurs de la patrie, a rendu ces restes précieux

aux hommages de la nation française, L'ile de l’Ascension est un rocher aride et volcanique qui est resté

hagtemps inhabité. Cependant les navigateurs y touchaient souvent à ause de sa position avancée dans l’océan Atlantique : ils y déposaient mémepar fois des lettres dans une crevasse de rocher qu’ils avaient nommée « le bureau de poste des marins. » La Compagnie des Indes ientales y a formé un petit établissement.

Maintenant, laissant de côté les îles qui avoisinent les côtes de la Guine et dont nous n’avons pas cru devoir séparer la description de celle & la partie occidentale du continent lui-même, nous allons aborder aux des du Cap-Vert.

Ceci archipel, qui appartient aux Portugais, comprend 10 îles, outre les lots et les rochers. La principale est celle de San-lago. Au premier aspect le offre l'image de l’aridité la plus absolue. Des rochers nus, jetés en ésordre l'un sur l’autre, découpés par des fractures bizarres, s'élèvent du sein da la mer et s’élancent jesque dans les nues, A terre, le déplora-

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