‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 60 sur 75 · RL QE · texte numérisé non relu

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290 CITAPITRE TREIZIÈME.

ble étar aes habitants attriste l’âme; la misère générale résulte à la fois de la mauvaise administration et des sécheresses qui souvent désolent cette île. La principale production est le sel; mais le gouvernement s’en est réservé le monopole. Le long des coteaux et dans les vallées où la rosée et l'humidité de l’air entretiennent lo végétation, les cocotiers, les bananiers, les papayers, lesarangers, les citronniers, offrent leurs fruits salutaires. Les tamariniers et les adansonics y étalent un large ombrage, Les goyaves, les figues, les patates douces, les melons d’eau sont d’une excellente qualité. La vigne, la canne à sucre, le cotonnier et l’indigo-

tier y prospèrent. Le riz et le maïs forment la nourriture ordinaire du 4 peuple ; mais lorsque les pluies périodiques manquent, le pauvre est exposé à périr de faim ; car le sol calciné résiste à la bêche. Le thermo- { mètre n’y descend guère au-dessous de 27 degrés centigrades et monte |

souvent au-dessus de 32. Puerto-Praya, capitale de l’île et résidence des

autorités de l’archipel, est formée de deux rangées d’humbles maisons rustiques, mêlées de quelques cabanes encore plus misérables. Une re. { doute tombée en ruines, défend mal le mocillage. Sa population ne |

dépasse guère un millicr d'âmes. L’évèque de l'archipel réside à Rébeiru. Grande, misérable endroit qui n’a que 200 habitants.

Les autres îles de cet archipel ne sauraient nous arrêter longtemps. L’Ile Mayo est riche en bestiaux et en coton. Celle de Fuego ou Fogo (lu Feu), ainsi nommée à cause de son volcan très-actif, produit de bo; fruits. Brava où Saint-Jean donne du vin et du salpètre. Boa-Vista, avi de riches salines, est encore fertile en coton et en indigo. L'ile de Sal ou du Sel est inhabitée ; mais elle a des salines importantes. San-Nicolw est l’île la plus policée de l'archipel. Son chef-lieu, nommé aussi Suint- Nicolas, renferme 2,600 habitants. On y fabrique des étofles de coton. Santa-Lucia et San-Vincente (Saint-Vincent), toutes deux inhabitées, sont riches en bois et en tortues. Enfin, San-Antonio, remarquabie par ses hautes montagnes, a des vallées bien arrosées où croissent l'indigoticr, le citronnier, l’oranger et le dragonnier. La population totale de l’archi pel du Cap-Vert est estimée à 60,000 âmes environ.

Au nord des îles du Cap Vert, les eaux de l’Océan disparaissent sous une couche épaisse de varechs qui, semblable à une prairie flottant, s'étend jusqu’au 25e parallèle et occupe un espace de 60,000 lieues car rées ; les navires s’en dégagent avec difficulté. On voit d’autres an

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de varechs dans des parages plus au nord-ouest, presque sous le méridien des Açores Cuervu et Flores, entre les 23e et 35e parallèles nord. Les anciens connaissaient ces parages semblables à des prairies : Aristote et seylax en avaient parlé ; mais il paraît que, du temps de Christophe Colom!, ces faits étaient oubliés ; car ses compagnons furent saisis d’effroi en voyant cette multitude de plantes marines. Les Portugais ont donné àcetie mer le nom de mer de Sargasso,

L'archipel des Canaries, qui appartient à l'Espagne, se compose de 20 les ou flots, dont sept seulement sont habitées; nous ne parlerons que de celles-ci, en allant de l’est à l'ouest.

Lancerolo 86 présente à nous la première. Cette île, dépouillée de ses forêts, éprouve, comme le continent voisin, des sécheresses destructives, cependant elle nourrit des chameaux en grand nombre et exporte du blé, de l'orge et des légumes. La vigne y prospère dans les cendres volcaniques, Tiguisé en est le chef-lieu. Cette île possède les deux meilleurs ports de l'archipel. Il régnait dans cette île, que les indigènes appelaient T'iteroygotou, une civilisation plus avancée que dans celles situdes plus à l’ouest. Les habitants demeuraient dans des maisons bâties en picrre de taille, tandis que les Guanches de Ténériffe se logeaient dans des cavernes. On retrouva ici l’usage singulier qui existe encore dans le T'hibet, et qui permet à une femme d’avoir légalement plusieurs maris,

Fortaventure ofMre la continuation du sol de Lancerote. L’eau de citerne fournit presque seule aux besoins des habitants. Betancuria, le cheflicu, conserve le nom du premier conquérant moderne des Canaries.

La Grande-Canarie, douée d’un sol très-fertile, arrosée de ruisseaux limpides et jouissant d’une température modérée, serait l’île la plus importante de l'archipel, si elle avait une meilleure rade. Elle produit du blé, de l'orge, du maïs, du vin, des ohves, du sucre et de la soie. La ville de Las Palmas, avec environ 40,000 habitants, est le chef-lieu de l'ile et le siége de l’évêque ainsi que du tribunal supérieur de l’archipel, Le village de Gualdar se compose de grottes taillées dans le roc par les anciens indigènes,

Ténériffe est la plus grande et la plus peuplée de ces îles. Les montagnes basultiques qui forment sa base s’élèvent à 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer. La partie méridionale renferme le fameux pic de

Teyde où mieux d'Echeyde, c’est-à-dire de l'Enfer, qui a longtmps passé pour la plus haute montagne du globe : cependant il n’a que 3,740 mè. tres d’élévation. Nulle part, d’après le savant Al. de Humboldt, on n’ob. serve une transition aussi rapide de la végétation de la zône tropicale à celle de la zône arctique. Les deux tiers du cône formé par cette mon. tagne sont recouverts d'une riche végétation. On traverse des bosquets de lauriers souvent environnés de nuages. Dès qu’on a dépassé la région des nuages, le sol aride et désert commence à se couvrir de picrresponces et de laves vitreuses : cette région stérile occupe un espace de 10 lieués carrées. Un vaste et profond réservoir contient de l’eau glaciale qui est gelée dès le mois de septembre. Le cratère lance de temps à autre de la fumée, et le sol qui l’environne est en plusieurs endroits assez chaud pour qu’en y marchant on s'expose à avoir sa chaussure calcinée. Ce volcan paraît agir par les flancs plutôt que par le sommet : d'énormes éruptions latérales ont attesté, à la fin du dernier siècle, la violence continuelle du feu souterrain. Plusieurs indices portent à croire qu’il s’amasse dans les cavernes intérieures du volcan de grands dépôts d’eau. Des vapeurs abondantes s’exhalent par divers soupiraux, dont les deux plus remarquables ont reçu le nom de narines, Au pied de ce volcan s'étend une des plus belles contrées du monde. Les coteaux produisent les fruits les plus délicieux et les vins les plus exquis. Le bananier, le papayer et la magnifique poincillade ornent les jardins; la jolie fougère, appelée trichomane des Canaries, tapisse les murs. Les cactus, les cocalies, les euphorbes, rappellent par leurs formes raides et pointues l’aspect végétal du continent africain. L’orseille de Ténérffe est recherchée. Santa-Cruz, chef-lieu de l’île, est en même temps la capitale de l’archipel. Elle est importante par son commerce, son port assez bon et les trois forts qui la défendent. Elle a plus de 8,000 habitants. Laguna n’est pas moins peuplée; mais elle est mal bâtie. La salubrité de son climat est renommée. Orotava possède une population de 11,000 âmes, y compris celle de Puerto de la Paz, qui est son port. Cette ville est bâtie dans une situation délicieuse. Nous avons déjà parlé de son célèbre dragonnier qui est une des merveilles du règne végélal.

La petite île de Gomère cst bien arrosée et très-fertile. Ses montagnes, couvertes de forêts, sont entrecoupées de vallées charmantes où croissent le dattier, le laurier, le citronnier, le figuier, le mèrier, ct où l’on récolte

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ILES AFRICAINES. PA toutes sortes de fruits et de légumes. Saint-Sébastien, son chef-lieu, a un bon port. C’est Là que Christophe-Colomb fit radouber ses vaisseaux, en 1492, avant d'aller découvrir un nouveau monde.

Le sol de l’île de Palma est montueux, coupé de ravins, et aride dans la partie du sud ; il n’est fertile el peuplé que sur les côtes. La récolte en blé ne suffit pas à la consommation des habitants : dans les années de disette, le peuple se nourrit de racines de fougère. Son chef-lieu porte, comme celui de Ténérifle, le aom de Santa-Cruz: il a un bon port.

L’ile de Fer ou Hierro, la plus petite de l'archipel, est célèbre dans la géographie parce que c’est par cet endroit que l’on a longtemps fait passer le premier méridien. Cette île a peu de sources et ne jouit pas d'une grande fertilité. L'arbre saint de l’île de Fer, objet de tant de récits fabuleux, paraît avoir été un laurus indica ; il ne fournissait pas l’île entière d’eau fraiche; mais les vapeurs condensées sur ses fouilles en donnaient une quantité considérable qui, dans les sécheresses, était une véritable ressource. Cet arbre fut détruit, en 1612, par un ouragan terrible.

Les sept îles que nous venons de parcourir présentent une surface totale de 270 lieues et nourrissent une population d'environ 210,000 âmes. Les habitants actuels des Canaries reçoivent des Espagnols le nom d’Isleos, C’est-à-dire les insulaires. Ils se distinguent par leur vivacité, leur esprit, leur goût pour l'instruction et leur amour pour le travail. Un grand nombre d’entre eux émigrent à la côte de Caraccas et aux Philippines, pour y travailler et y faire fortune.

Avant l’arrivée des Européens aux Canaries, cet archipel était occupé par une race aujourd’hui éteinte. Les Guanches, tel était le nom de ce peuple, étaient remarquables par leur taille “lancée, leurs traits différents de ceux de la race nègre, et souvent par une belle chevelure blonde. Les premiers voyageurs ont vanté leurs vertus primitives, comme Tacile avait vanté les mœurs des Germains, comme à la fin du xvine siècle, les philosophes de certaine école vantaient celle des Otaitiens; mais , ainsi que ces derniers, les Guanches étaient assujettis au joug du régime des castes; et cette institution déplorable qui facilite et perpétue les guerres, était sanctionnée par la religion. Les prétres disaient au peuple : «Le grand-esprit, Achamas, a d’abord créé les nobles, les Achimenceys, auxquels il à distribué toutes les chèvres qui

existent sur la terre. I créa ensuite les plébéiens, les Achicaxnas. Cette race plus jeune eut la hardiesse de demander aussi des chèvres ; mais le Grand-Esprit répondit que le peuple était destiné à servir les nobles, et qu’il n’avait besoin d’ancune propriété. » Le faycas ou grand prêtre avait le droit d’anoblir, et une loi portait que tout Achimencey qui sa. vilirait jusqu’à traire une chèvre de ses mains, pcrdrait ses titres de noblesse. L’archipel était divise en plusieurs pelits États, ennemis les uns des autres, qui se faisaient des guerres acharnées. Les Espagnols et les Portugais entretenaient avec zèle ces guerres intestines, afin d'a. cheter les prisonniers; mais, parmi les Guanches vendus, beaucoup pré. féraient la mort à l'esclavage et se tuaient eux et leurs enfants. La po. pulation avait ainsi considérablement diminué par ces causes et par les combats livrés aux Espagnols, lorsque ceux-ci achevérent la con. quête de l'archipel. Ce qui restait de la population indigène périt, en 4494, dans la fameuse peste appelée modorra, que l’on attribua à la multitude de cadavres que les Espagnols avaient laissés exposés à l'air, après la bataille de la Laguna. Au commencement du xviie siècle, on ne trouvait plus que quelques vieillards de cette nation à la Candelaria ct à Guimar : aujourd’hui il n’existe pas un seul individu de race guanche pure.

Les momies guanches que l’on voit dans les cabinets de l’Europe, proviennent de cavernes sépulcrales taillées dans le roc sur la pente orientale du pic de Ténériffe. Elles sont dans un état de dessiccation si extraordinaire, que les corps entiers, munis de leurs téguments, ne pésent que 6 à 7 livres, c’est-à-dire un tiers de moins que le squelette d’un individu de la même taille récemment préparé. Le crâne offre, dans sa conformation, quelques légers rapports avec celui de la race blanche des anciens Égyptiens, et les dents incisives sont émoussécs chez les Guanches comme dans les momies trouvées sur les bords du Nil. Eu ouvrant celles des Guanches, on y trouve des restes de plantes aromatiques. Souvent les cadavres sont ornés de bandelettes auxquelles sont suspendus de petits disques de terre cuite, qui paraissent avoir servi de signes numériques, et qui ressemblent aux quippos des Péruviens, des Mexicains et des Chinois. La :angue des Guanches eût pu répandre quelque lumière sur leur origine ; malheureusement il ne nous en est resté qu'environ 150 mots, dont plusieurs expriment les mêmes

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ILES AFRICAINES. 29% objets. Il existe encore quelques fragments précieux de cette langue dans les noms que portent un grand nombre de hameaux, de collines et de vallons, Depuis le voyage de Hornemann et les recherches de Marsden et Venture sur les Berbers qui occupent une si grande étendue de terrain dans l’Afrique, depuis la mer Rouge jusqu’à l’Atlantique, il a été reconnu que plusieurs mots guanches ont des racines sommunes avec les dialectes chilla et gebali. Cette analogie, si elle ne prouve pas une communauté d'origine, indique du moins des liaisons anciennes entre les Guanches et la race berbère, à laquelle paraissent avoir appartenu les Numides, les Gétules et les Garamantes.

En passant devant le groupe de rochers appelé Iles Salvages, on arrive, par une navigation de 80 lieues marines, à l'île Madère, qui, avec elle de Porto-Santo et quelques {lots déserts, forme un groupe particulier.

Le sol montueux de Madère s'élève de toutes parts vers une chaîne de montagnes dont le sommet le plus élevé, le Pic Ruivo, a5,068 pieds de hauteur. Ce sommet présente un enfoncement qui paraît être la bouche d’un ancien cratère. L’ile est encore sujette à des tremblements de terre assez fréquents. Les côtes, généralement escarpées, sont d’un abord difficile ; les vagues s’y brisent avec violence. Le climat est doux, tempéré et fort agréable; on y jouit d’un printemps presque perpétuel. L'ile est arrosée par une multitude de petites ri. vitres et de sources qui descendent des montagnes et forment souvent des cascades très-pittoresques. On en distribue les eaux sur le sol généralement pierreux des jardins et des vignes, au moyen de digues et de fossés.

L'abondance des bois dont elle était autrefois couverte, lui avait fait donner le nom de Madeira (bois de construction). Pour en faciliter le dé» frichement, on y mit le feu, qui, dit-on, dura sept ans. Aujourd’hui, les jardivs et les vergers sont ornés d’une grande variété d’arbres fruitiers, tant de l’Europe que des tropiques ; mais les forêts, la plupart composées de châtaigniers et de noyers, ne s’étendent que sur les flancs supérieurs des montagnes. On y trouve aussi des cèdres, des cyprès, du bois de fer et plusieurs espèces de lauriers, parmi lesquels on distingue surtout le laurus indica qui donne l’acajou de Madère. Plus haut croissent des pins ; mais les dernières sommités ne présentent plus que des

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296 CUAPITRE TREIZIEME.

arbustes rabougris et quelques broussailles qui suppléent au manque |!

de bois à brûler. Les champs sont ornés de genêts, de cylises, de myrtes, de fisuicrs d'Inde, d’euphorbes, de framboisiers, de rosiers, d jasmius, de limonicrs aquatiques, de phillyres, de dragonniers.

Le sucre de Madère était autrefois très-estimé pour son odeur de violette et son goût aromalique; de nos Jours, on n’y prépare plus

qu une petite quantité de mélasse et de sirop. La culture de la canne M a été entièrement sacrifiée à celle de la vigne, qui forme en effet h | grande richesse de l’île. Les vignobles s'élèvent sur les coteaux méri.

dionaux des montagnes à une très-grande hauteur. Les raisins sont ré. coltés après s’être à moitié séchés sur pied. Le précieux vin de Malvoisie | provient de ceps apportés primitivement de Candic : l’autre sorte, plus abondante, est connue sous le nom de Madère sec. On a commencé à cul. ! tiver l'olivier. Les grains de l’île sontexcellents, mais elle n’en produit À

que pour une consommation de 4 mois. Les oignons, les courges, l'a

rum égyptien, les ignarnes, les châtaignes, forment la principale nour. %

riture des habitants. Le serin gris est indigène de cette île. Les abeilles des vallées donnent un miel délicieux. La mer offre des truites, des albacores, espèce de thon, et d’autres poissons en abondance.

La population de Madère peut s’élever à une centaine de mille àmes, Elle se compose d'un mélange de Portugais, de mulâtres et de nègres. Les individ”s de race portugaise sont basanés, de petite taille, malpropres et mal vêtus. Le peuple y mène une vie assez misérabie. Les femmes, douées de beaucoup d'avantages naturels, sont accablées de travaux et de fatigues. Dans la classe moyenne, les mœurs ne sont pas très-pures. Les gens de qualité promènent leur indolence dans leurs maisons de campagne ou quintas, dont chacune est pourvue d’une chapelle que dessert ordinairement un chapelain particulier. Les seuls véritables riches sont les négociants anglais et les irlandais catholiques établis dans le capitale. Funchaë, capitale de l’île et résidence des autorités, est une ville de 20,000 âmes, très-agréablement située sur la côte méridionale, au pied de hautes montagnes, et défendue par plusieurs forts. Dans léglise des Franciscains, une chapelle a les croisées en argent massif, tand's que les murs d'une autre sont couverts de crânes numains, qui forment également les ornements de l'autel. La rade de Funchal, malheureusement, n’est pas tenable en hiver. Celle de Ma-

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L’Ile de Porto-Santo, au nord-est de Madère, n’est qu’une montagne rapide, bordée d’une lisière de terre basse assez fertile. Elle a environ 2,500 habitants. Le bourg de Porto-Santo, sur la côte méridionale, possède un assez bon mouillage.

Une navigation nord-occidentale de 229 licues nous conduit à l’Archipel des Açores, qui doit son nom à la grande quantité d’autours (en portugais azor) dont ces îles se trouvaient peuplées lors de leur découverte, On les appelle aussi Iles Flamandes, d’après les navigateurs flamands qui s'y rendirent presque en même temps que les Portugais et les peuplèrent en partie. Les Anglais les désignent quelquefois sous le nom de Western Islands (îles occidentales). Cet archipel, qui appartient au Portue gal ainsi que le groupe de Madère, se compose de 9 îles divisées en 3 groupes, celui du sud comprend Sainte-Marie et Saint-Michel ; celui du nord, Flores et Corvo ; celui du milieu, Terceire, Saint-George, Gracieuse, Fayal et Pico.

L’oir yest sain, le climat agréable et plus doux que dans les payssitués sous la même latitude. La chaleur de l'été est tempérée par des brises maritimes ; l'hiver se marque seulement par des temps couverts, des pluies et des vents qui ont quelquefois la violence d’un ouragan. Laneige etla glace ne paraissent que rarement sur les sommets des plus hautes montagnes, et jamais le froid n’est assez sensible pour forcer à chauffer les appartements. Les tremblements de terre sont le seul fléau de ces iles fortunées qui sont évidemment d’origine volcanique. Les côtes sont généralement hautes et escarpées : le sol est peu profond, mais bien arrosé et très-fertile, On y récolte et on exporte du froment, de l'orge, du maïs, du millet, des olives, des oranges, des citrons et une quantité d'excellent vin. Parmi une grande variété d'arbres, on remarque le ba= nanier, mais surtout le citronnier sédrat qui forme le plus bel ornementdes forêts. Les côteaux brilleut d’une verdure perpétuelle. Il y a des bœufs, des cochons, des moutons, des mulets et des ânes. La mer offre une étonnante richesse de poissons délicats, des tortues de la petite espèce, et deux sortes d’huîtres excellentes.

L’heureux climat des Açores favorise tellement l’accroissement de la pupulation, qu’elles fournissent un assez grand nombre d'émigrants,

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On porte la population actuelle de l'archipel à 225,000 âmes environ; les Îles Saint-Michel, Fayal et Gracieuse sont les plus peuplées. Les ha bitants sont tous blancs, à l’exception d’un petit nombre de nègres employés comme domestiques. Ils sont, en général, sobres et laboricux : mais ils manquent de moyens d'instruction.

San-Miguel ou Saint-Michel est la plus proche de l’Europe. De hautes montagnes bordent la côte à l’est et à l'ouest : vers le milteu, les hauteurs abaissées prennent des formes coniques. Toutes portent des traces d’éruptions volcaniques, dont la dernière eut lieu en 4652. Aujourd’hui, les cratères que l’on voit sur la plupart des montagnes, sont transfor. més en lacs. L'Île, en général bien arrosée et ‘rès-fertile, est médiocre. ment cultivée. On tire également peu de parti des productions minérales, telles que soufre, sel ammoniac, fer oxydé rouge, sulfure de fer et alun. Punta-Delgada, le chef-lieu de l’île, est la ville la plus murchande, la plus industrieuse de tout l'archipel. Elle est assez bien bà.. tie, et on y remarque quelques beaux édifie - :. Son port est mauvais, et sa population paraît s'élever à 16,000 âmes. Ribeira-Grande, ville de près de 10,000 habitants, fabrique des toiles grossières.

Sainte-Marie, au sud-ouest, est l’une des plus petites îles de larchipel. Son chef-lieu porte le nom de Villa-de-Santa-Maria. Au nord-est de cette Île, à la distance de deux lieues, se trouvent les Formigas, groupe d'îlots et de rochers inhabités, qui pourraient bien appartenir au sommet d’un volcan sous-marin.

Terceira Où Terceire, à des côtes généralement élevées et en partie inaccessibles. Elle est très-sujette aux tremblements de terre; il s’y est même formé, en 1761, ün voican fort redoutable. Du reste, la terre végétale y est plus profonde que dans les autres Açores, et d’une extrème fertilité, mais le vin y est médiocre. Angra, la capitale de l’île et de l'archipel, a une population d'environ 14,000 âmes. Elle possède une école militaire. Son port est médiocre, mais défendu par des fortifications respectables : il est le lieu de relâche ordinaire des navires portu. gais qui se rendent au Brésil et aux Indes.

L'Ile de Saint-George ou Sai-Jorge, entre Gracieuse et Pico, est haute, sans être montueuse. Dans le sud, il y a des vignobles dont le produit est préféré aux autres vins des Açores, et d'excellents pâturages. En outre, elle possède du bois en abondance etia meilleure eau de l’archipel,

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ILES AFRICAINES, 299 Gracieuse Où Graciosa est au nord-ouest de Terceire, Cette petite Île doit son beau nom à son aspect enchanteur, à la prodigieuse fertilité de A son sol, et à la salubrité toute particulière de son climat. Des rochers hauts et escarpés, bordent presque partout la côte de fayal, Y'ile la plus occidentale da groupe central. Le sol est si fvrtile

Aqu'on y fait souvent double moisson de froment et de maïs. Les citron-

sers et les orangers sont nombreux, mais il y a peu de vignobles et kur produit est médiocre. Les vins connus dans le commerce sous le nom de Fayal, y sont apportés de Pico. Villa da Horta, le chef-lieu de lle, a 10,000 habitants. Cette ville est bâtie en amphithéâtre sur une hie spacieuse qui offre le meillenr mouillage de l'archipel. Autour de h baie, les forêts d’orangers et de citronniers s'étendent à perte de vue klong des coteaux.

Pico, trés-rapprochée de Fayal, est la plus grande des Açores après Saint-Michel. La partie occidentale ne présente qu’un amas de montagnes que surmonte le Pico, ancien volcan haut de 2,412 mètres, qui a donné son nom à l'île. Au haut du sommet, presque toujours enveloppé de nuages ou couvert de neige, existe un cratère qui jette continuellement de la fumée. Les coteaux inférieurs, où les habitants ont recousert les pierres et la lave avec de la terre, en partie achetée à Fayal et péniblement transportée sur ces hauteurs, nous montrent ce que peuvent le travail et la persévérance luitant avec la nature. La partie orientale de l’île est basse, unie et fertile ; mais le vin forme sa principale richesse. Les habilants de Pico sont renommés pour la beauté de leurs formes, la vivacité de leur esprit, leur amour du travail et de la propreté. Ils descendent, en grande partie, comme ceux de Fayal, des colons flamands amenés par Jobst de Hurter, beau-père du célébre géographe Martin Behaim.

L'Ile de Flores, au nord-ouest du Fayal, est exempte de tremblements de terre ; en revanche, elle est exposée à des vents violents, qui souvent détruisent l'espérance des cultivateurs. La vigne n’y est pas cultivée. Une partie des habitants s'occupent à la fabrication des lainages. Corvocst la plus petite et la plus septentrionale des Açores. Plus froide encore que l'ile de Flores, elle abonde en froment, légumes, ignames, lin, bestiaux et bois de cèdre. Les 7 à 800 individus qui forment sa population, vi= vent dans une sorte de communauté de biens. Ils partagent entre eux le

Ro

40n CHAPITRE TRIIZEME

lait de leurs troupeaux, le bois qu’il leur a été permis de couper, ct la

laine de leurs moutons dont ils fabriquent des étoffes grossières,

Nous avons parlé de la nature volcanique de tout l’Archipel des Aço.M res. Non-seulement le caractère géologique de ces îles atteste leur ori. M gine ignée, mais encore les phénomènes actuels prouvent que les feux M qui leur ont donn” naissance coutinuent d’être en pleine activité. Dans ï

l'île Saint-Michel, il existe des eaux thermales dont la température est à

si élevée qu’elle brûle Ja main qu’on y plonge. Ailleurs on trouve ce M que les Portugais appellent des caldeiras, c’est-à-dire des sources bouil. #

lantes qui jaillissent du sol à une certaine hauteur (l'élévation de ces ! jets ne dépasse pas 12 pieds) et dont les vapeurs brülantes forment des ! nuages qui présentent les teintes les plus brillantes. L'eau de ces sources À

fait cuire un œuf en deux minutes. Autour d’elles l'atmosphère est im-

prégné de soufre, et des fissures dans les rochers exhalent des vapeurs

suffocantes. Non loin des caldeiras, on visite le cratère boueux, vaste À

caverne remplie de substances minérales dans un état constant d’enal.

lition, qui produisent un bruit plus puissant que celui des vagues même À

de l'Océan.

Outre les trois volcans actifs que nous avons déjà cités dans les îles de 4

Saint-Michel, de Terccire et de Pico, il en existe encore six dans l’Ar. chipel. Mais cc n’est pas tout : des témoignages irrécusables établissent

l'existence de volcans sous-marins d’une puissance prodigieuse. Sans #

nous arrêter à une tradition obscure, d’après laquelie lle entière de

Corvo, serait sortie de la mer par une éruption volcanique, nous rappel

lcrons que dans le grand tremblement de terre de 1757, qui bouleversa l'île Saint-Gcorge et fit périr 4,500 personnes, on vit 18 îlots sortir de mer à 300 toises du rivage. Pendant un violent tremblement de terre, en 1638, on vit près de l’île Saint-Michel, des flammes et des bouffées de fumée sortir de la mer agitée. Ce violent incendie s’étendait sur un cs. pace de plusieurs arpents. Bientôt on vit des matières terreuses et des blocs de rochers lancés en l'air, retomber dans la mer où ils surnageaient : d’autres rochers noirâtres semblaient sortir de l’eau et s’éle. vaient jusqu’à 60 brasses de haut. Peu à peu ces masses se réunirent en s'étendant sur un espace de 3 lieues de long et une demi-lieue de large. Ces éruptions durèrent trois semaines; puis tous les rochers élevés au-dessus des flots disparurent sans laisser de traces. En 1720, ce

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phinomène se renouvela, Après un violent tremplement de terre,on vtt “élever, entre Saint-Michel et Terccire, une île semblable à une monugne conique qui lançait des feux, des cendres et des pierres ponces : wtorrent de laves enflammées descendit de ses flancs escarpés ; elle fagranditau point d’avoir une lieue marine de circonférence et d’être sible à la distance de 8 à 40 licues ; mais bientôt elle s’affaissa, et, au mois de novembre 1793, elle avait entièrement disparu. Une nouvelle mparition de volcan sous-marin eut encore lieu en 1814, mais cette foisau sud-est de Saint-Michel. Les mêmes circonstances précédèrent et xcompagnèrent la formation de l’île volcanique, qui avait plus d’une eue de circonférence. Une capitaine anglais, présent à sa naissance, hiimposa le nom de Sabrina, et en prit possession comme d’une déouverte anglaise; mais au bout de quelques jours, la mer engloutit cette œuvelle conquête britannique is RS

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AUÉRIQUE.

Considérations générales sur la Géographie de l'Amérique. — Origine des Nations américaines.

L'esprit de système a exagéré tantôt les similitudes et tantôt les diffé

rences qu'on à cru observer entre l'Amérique et l'ancien continent, Les formes extérieures du nouveau continent nous frappent, il est vrai, au premier coup d'œil, par le contraste apparent qu’elles présentent

avec l’ancien, L'immeuse île que forment l'Asie, l'Afrique et l’Europe, f

offre un ovale Jont le grand axe est très-incliné vers l'équateur; le contour en est assez également interrompu de deux côtés par des

golfes ou des méditerranées; les fleuves découlent de toutes parti

dans une proportion à peu près égale. L'Amérique présente, au contraire, une figure allongée, découpée, indéfinissable, mais dont le côté le mieux marqué présente une courbe à plusieurs courbures, dirigie presque dans le sens des deux pôles ; deux grandes péninsules sont liées ensemble par un long 'sthme qui, sc:t par sa forme, soit par la nature des roches qui le composent, ne ressemble en rien à listhme entre l'Afrique et l'Asie; les grauds golfes, les médiierranées d'Amérique ont leur ouverture du côté oriental; le côté opposé offre un rivage uni, et ne présente qu'aux deux extrémités quelques dentelures; enfin, les grands fleuves coulent presqu’exclusivement vers l'océan Atlantique, Ces différences réelles disparaissent cependant, ou perdent du mois leur importance, lorsqu’en contemplant l’ensemble du globe, on s’aper çoit que l'Amérique n’est qu’une continuation de la ceinture de terres élevées qui, sous les noms de plateau de Cafrerie, d'Arabie, de Pers, de Mongolie, forment le dos de l’ancien coutinent, et qui, à peine interrompues au détroit de Behring, forment également les montagni

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AMERIQUE, 309 rocheuses, le plateau du Mexique et la grande chaîne des Andes, Cette œinture de montagnes et de plateaux, semblable à un anneau écroulé etretombé sur sa planète, présente, généralement parlant, uno pente lus rapide et plus courte du côté du bassin du grand Océan (dont la mer des Indes fait partie), que du côté des mers Atlantique et Glaciute, Voilà le grand fait commun à l'un et à l’autre continent, et dans lequel s'absorbent les différences secondaires.

Cette cohérence et cette continuité des deux grandes îles du globe repoussent déjà l’idée d’une origine plus récente de l'Amérique, idée qui est absolument contraire aux lois constantes de l’hydrostatique, L'ex= pression de Nouveau Continent ne doit donc jamais nous rappeler que l'ordre chronologique de nos connaissances.

Le continent américain est compris entre le 74° de latitude boréule et le 54° de latitude australe. Si l’on voulait compter aussi les tles qui dé pendent géographiquement du Nouveau-Monde, on trouverait 79 pour la latitude boréale et 70 pour l’australe. Ainsi l'Amérique comprend toutes les zônes tropicales et tempérées, avec une partie des zônes arctiques des deux côtés de l'équateur. Cependant la ligne que nous avons indiquée pour la partie occidentale, quoiqu’elle offre une longueur de 2,125 lieues, ne peut pas être considérée comme mesurant exactement un continent dont là forme est si irrégulière, et dont la partie méridionale est tellement détachée de la partie septentrionale qu’elle est située presque eniièrement à l’est &e celle-ci.

Les caractères physiques les plus remarquables que le Nouveau- Monde présente à notre élude sont ses montagnes, ses plaines, ses plateaux, ses fleuves et ses lacs,

Le continent américain tout entier est parcouru par des chaînes de montagnes, aussi étonnantes par leur continuité que par leur élévation, Une seule chaîne, la plus longue du globe, et aussi, à une exception près, la plus élevée, traverse toute l'Amérique du nord au sud; mais, la portion la plus merveilleuse de cette chaîne colossalo est celle, qui, sous le nom d’Andes, traverse l'Amérique méridionale parallèlement à l'océan Pacifique dont elle est d’ailleurs peu éloignée,

La chaîne des Andes commence à l'extrémité nord de la Colombie, et jettant quelques branches latérales le long de la côte, vers Coro et Caraccas, elle se dirige au sud en augmentant toujours de dimensions

Origine des Nations

s et tantôt les diffé l'ancien continent, rappent, il est vrai, qu’elles présentent frique et l'Europe, M ; vers l'équateur; deux côtés par des nt de toutes park > présente, au con- >, mais dont le côté courbures, dirigie éninsules sont liées , Soit par la nature n à listhme entre ées d'Amérique ont re un rivage uni, € ntelures; enfin, les l’océan Atlantique, à perdent du moi du globe, on s’aper a ceinture de terres d'Arabie, de Perse, et qui, à peine inent les montagni

jusqu’à ce que, presque sous l'équateur, elle donne naissance aux Passé

pics prodigieux du Pichincha, du Cotopaæi, de l'Antisana, Au Chimborazo, ment Le premier a 4,855 mètres et dépasse par conséquent là hauteur du d'été Mont-Blanc; la hauteur du second est évaluée à 5,753 mètres, celle du mên troisième à 5,833, et celle du quatrième à 6,530. En outre, le Pichincha, fure VPAniisana et le Cotupaxi sont au nombre des volcans les plus redou- @ ouest tables. En traversant le Pérou, la chaîne coutinue de se maintenir à Æ marq une élévation énorme, ct avant de quitter le territoire péruvien, elle mont forme un nœud immense, au milieu duquel s’élèvent les sommets | 5,119 neigeux de l’Illimani et du Sorata qui atteignent, le premier 7,315 et le ‘1% celle second 7,696 mètres. Dans leur parcours à travers le Chili, les Andes proje! continuent à former une immense chaîne escarpée, mais dont la largeur 4 résol est déjà moins considérable. Elle diminue de hauteur à mesure qu'elle 4 L’'A se rapproche de l'extrémité méridionale du continent, et l'aspect triste et À «tte désolé qu’elle présente alors, tient moins à son élévation qu’à la rigueur une u du climat. Les hauteurs qui, dans la Terre de Feu, forment la conti: % denta nuation de cette longue chaîne, ne dépassent pas 3,006 mètres, et même forme les rochers formidables que le Cap Horn oppose aux flots et aux vents % et lin impétueux de l'océan Austral, n'ont pas plus de 500 mètres d’élé- catior vation. s'éten Suivons maintenant cette même chaîne dans l'Amérique septen- à bal trionale. L'isthme de Panama, cette étroite langue de terre qui unit les Mexic deux grandes masses continentales du Nouveau-Monde, est parcouruc nom par une chaine dont la hauteur est si peu considérable, que le projet parail de la couper par un canal, qui joindrait ainsi les deux océans, n’est nulle- après ment irréalisable. Mais bientôt cette chaîne s’élève et se développe D cont de manière à former cet immense plateau de 2,000 mètres de hauteur plus qui couvre ia plus grande partie du Guatemala et du Mexique. Du centre diona de ce plateau élevé, s’élancent les pics neigeux de l’Orizaba (5,295 m.), chaîn du Popocatepetl (5,400 m.) et du Nevado de Toluca (4,623 m.) : les deux où el derniers sont des volcans fameux par leurs explosions cffroyables. Au L'ens delà du Mexique, ce grand plateau se prolonge au nord par les Mon- peu ( tagnes Rocheuses, qui courent parallèlement à l'océan Pacifique, et gén limitent à l’ouest l'immense bassin du Mississipi. Quoique cette chaîne ytre soit rude ct escarpée, elle est bien loin d’égaler en hauteur celle des marc Andes : on n’y trouve en effet aucun sommet qui dépasse 4,000 mètres. plus

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AMÉRIQUE, 305 Passé le cinquante-cinquième parallèle, cette chaîne diminue rapidement de hauteur, quoique une branche, ayant environ 6 à 700 mètres d'élévation, coure le long de la rive occidentale du fleuve Mackensie et méme lo loug des bords de l'océan Arctique. Cependant, nous devons faire remarquer qu'on aperçoit en différents endroits sur la côte nordouest de l'océan Pacifique des montagnes très-élevées dont la plus remarquable, 16 Mont Saint-Elie, se trouve vers le 60° de latitude. Cette montagne, qui est aussi un volcan très-actif, s'élève à une hauteur de 5,119 mètres, Ces montagrcs constituent-elles une chaîne parallèle à eclle des Montagnes Rocheuses, ou ne sont-elles que des ramifications projetées par celle-ci vers l’ouest? C’est un point qui n’est pas encore résolu d'une manière positive.

L'Amérique est encore traversée par une chaîne orientale ; mais cette dernière, ainsi que le fait observer Humboldt, est loin de présenter une uniformité et une continuité comparables à celles de la chaîne occidentale, Dans l'Amérique du Nord, les Apalaches ou les Monts Alleghanys forment uno chaîne continue qui marche parallèlement à l'Atlantique et limite à l’ouest le territoire maritime des États-Unis. Des ramifications détachées et assez irrégulières de ce système de montagnes, sétendent à travers le Canada, le Labrador et le territoire qui avoisine à baie d'Hudson, Les montagnes qui naissent autour du Golfe du Mexique et dont la prolongation sous-marine a donné naissance aux nombreuses Îles qui ont reçu le nom d’Archipel des Indes Occidentales, paraissent n'être que la continuation du système. Cette même chaine, après avoir disparu un instant dans le delta de l'Orénoque, forme de nombreuses ramifications qui s'étendent dans la Guyane, et dont la plus importante est sans doute la Sierra de Parima. Sur la rive méridionale du Maragnon, le Brésil est également parcouru par plusieurs chaînes successives qui se prolongent plus ou moins jusqu’à la Plata, où elles s'abaissent et se perdent dans les vastes plaines des Pampas. L'ensemble du système oriental des montagnes de l'Amérique est trèspeu élevé, quand on le compare au système des Andes : elles ont en général de 700 à 4000 mitres, et atte‘gnent rarement 4,800 mètres ; on y trouve auési peu de monts ignivome:. Toutefois nous ferons remarquer que les Îles des Indes Occidentales résentent quelques pics plus “levés, Ainsi le Potrilla et le Sierru de Cobre, dans l’île de Cuba, ont

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