‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 64 sur 75 · FA ER À · texte numérisé non relu

FA ER À

ariations ; la pluie

l'éclat d’un solcil

1 d'une ondée, par | ce climat des clar- | et agitécs, égalen! |

ne font qu’ajoutr reux que les envin jette la vuc, 0:

des rocs escarpés,

de-lion, une espèce de ciste, une de buis, différentes mousses et plusieurs sortes de graminées ct de légumineuses. Les arbres qui compo-

4 sont les forêts de ces contrées, n’offren: que peu d'espèces. Ce soni le | pin, le mélèze-nain, le peuplier, le saule, et le bouleau-nain. Plus à

Dioucst, ce dernicr est très-multiplié. Cependant autour du lac Winni-

tériles, où le soleil |

glaces et des amis est bien libre dans

isqu’à la fin de scp-|

t des glaçons, qui

6 de poisson ; mi spèces excelentes, & sont peuplés d'oi-

peg fleurissent presque tous les arbres du Canada propre. Les bords de

h rivière Rouge, de l'Assiniboin et du Saskatchewan, paraissent sus-

eeptibles de plusieurs genres de culture. L’orge et le seigle y ont müri; k chanvre y devient très-beau. Quelques essais de colonisation ont été tentés sur les bords de la rivière Rouge; mais le manque de débouchés sopposera longtemps au développement de ces établissements pré-malurés. Il y a sur le globe, et particulièrement dans le Nouveau- Monde , assez de terres incultes, mais auxquelles la nature a prodiué tous ses trésors, à coloniser, avant de jeter de malheureux Européens au milieu d’un pays aussi triste et sous un climat aussi rigoureux.

Ce n’est que momentanément que lappât du gain attire les Européens dans ces tristes solitudes. Le commerce des pelleteries avait enrichi les Canadiens sous !1 domination française. Les Anglus avaisnt formé deux compagnies, celle dite d'Hudson et l’autre dite du Nord- Quest. Ces deux compagnies rivales, après s’être longtemps fait une guerre acharnée, se sont enfin réunies et fondues en une seule.

Toute cette partie de l'Amérique boréals, depuis les Montagnes RocLeuses jusqu’à la baie d'Hudson, avec le Labrador à l’est de cette baie, est rangée au nombre des possessions anglaises, et a reçu, par un home mage peu flatteur pour la mère patrie, le nom de Nouvelle-Bretagne, On a cependant généralement conservé aux pays situés à l’ouest de la

8 Ba

940 CHAPITRE DEUXIÈME, baie, celui de Nouvelle-Galles, et aux pays situés à l'est de cette Lbüie, celui d’East-Maïn (Maine-Oriental).

Les établissements formés par les Anglais à l’ouest de la baie d'Hud. son, n'ont pour but que de protéger les chasseurs Canadiens qui parcourent cette immense région pour se procurer des pelleteries, On leur donne le nom de Fort, quoiqu’ils ne consistent guère en général qu’en une maisou palissadée, Le principal est le fort d’York, bâti dans un endroit extrêmement marécageux, à quelques milles au-dessus de l'embouchure de la rivière Hayes ou Hill dans la baie d'Hudson. (:t établissement forme un grand carré, dont une partie se compose d’habitations, et l’autre de magasins pour les marchandises. Nous mention. nerons encore le Fort 4/bany, à l'embouchure de la rivière de ce nom dans la même baic; le Fort Churchill vers celle du Missinipi, le Fort Chippewyan sur le bord septentrional du lac Athapeskow : les Forts Pésolution et Providence sur les bords sud et nord du lac de l’Eselave ; le Fort Entreprise sur le lac Point, ct le plus septentrional de tous, ke Fort Franklin sur le lac du Grand-Ours.

Trois nations indigènes se partagent ces immenses et tristes solitudes, Les Esquimaux habitent depuis le golfe Welcome jusqu'au fleuve Mae kenzie, et au delà, on les rencontre encore plus sur les bords du d'troit de Bcbring. Ils s'étendent au sud jusqu’au lac de lEsclave. Au nord, ils ne s'arrêtent qu'aux bords de l'océan Arctique. Petits, trapus et faibles, ces hommes polaires ont moins le teint cuivré que d'un jeune rougetre ct sale. Leurs huttes, de forme circulaire, sont cou-

vertes de peaux de daim; on n’y entre qu’en rampantsur le ventre. Leurs $

canots, formés de peaux de veau marin, naviguent avec vitesse. Ces sauvages travaillent patiemment une terre grise et poreuse, et en forment des cruches et des chaudières : les bords de ces vases reçoivent des ornements élégants, Ils conservent leurs provisions de viande dans des outres remplies d'huile de poisson. Ccux qui demeurent vers l'embouchure du Mackenzie, ont la singulière habilude de se raser la tête.

Les Chipiouans, qu’on nomme aussi Chippeways et Chippewians, ont èlé observés par Mackenzie, entre le lac de l'Esclave et celui d’Athapeskow. Ils paraissent s'étendre jusqu'aux Montagnes Rocheuses à l'oucst, et aux sources du Mis:ouri au sud-ouest. Les Indiens-Serpents, les Cattanachowes et d’autres tribus en semblent des démembrements

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AMÉRIQUE. 3i1 Quoiqu'un peu moins cuivrés et moins barbus que les peuples voisins, les Chipiouans n’ont pas le teint mongol ; leurs cheveux lisses, comme chez les autres Américains indigènes, ne sout pas toujours de couleur noire. Ils se font avec des peaux de daim, des vêtements très-chauds et très-solides. Quoique très-pacifiques entre eux, ces Indiens sont continuellement en guerre avec les Esquinaux, et égorgent tous ceux qui tombent entre leurs mains. La contrée qu'ils appellent leur pays n’a que ts-peu de terre végétale; aussi ne produit-elle presque pas d'arbres ni d'herbes. Ce qu’on y trouve en quantité, c’est de la mousse que paissent les daims. Une espèce de lichen qui croit sur les rochers sert d’aliment aux hommes: on le nomme tripe de roche, Le poisson ahonde dans les lacs des Chipiouans, ‘1 des troupeaux de daims couvrent leurs collines. Mais quoiqu'ils soient les plus prévoyants et les plus économcs des sauvages de l'Amérique boréale, ils ont braucoup à souffrir de la disette en certaines années.

Les tribus désignées, par Hearne , sous le nom d’Indiens du Nord, et qui habitent entre la rivière du Cuivre et la baie d'Hudson jusqu’à la rivière Churchill, peuvent être considérées comme une branche des Chipiouans. Les individus qui les composent sont d’une taille moyenne, bien proportionnés ct forts ; maisils n’ont ni cette activité, ni ceite souplesse si naturelles aux Indiens qui occupent les côtes méridionales et occidentales de la baie d'Hudson. La couleur de leur peau approche de celle du cuivre foncé; l‘urs cheveux sont noirs, épais et lisses. Trèsrusés pour altraper quelques petites aumônes , ils sont irès-pacifiques et ne s’enivrent point. La femme n’est chez eux qu’une espèce de bête Ce somme. Une figure large et plate , de petits yeux, des joues creuces, un front bas , un menton allongé, un nez gros et recourbé, un teint basané et une gorge pendante , tels sont les traits qui caractérisent le beau sexe. Ces agréments augmentent beaucoup de prix lorsque celles qui les possèdent sont capables de préparer toutes sortes de peaux , d’en faire des habits, de porter un poids de 100 à 140 livres en été , et d’en trainer un plus lourd en hiver. Comme la femme est ici pour le mari une source de richesse, celui-ci cherche à accroître autant que possible le nombre de ses épouses. Pour cela, il s'efforce de devenir un habile lütteur; car l’homme qui peut en vaincre un autre à la lutte, a le droit de lui enlever sa femme. C’est ainsi que les ciiampions les plus

942 CHAPITRE DEUXIEME, vigoureux jouissent de l’avantage d’avoir cinq ou six Cpouses où plutôt city ou six esclaves,

Lis Aniswnaux, appelés Christinauæ par les anciens Canadiens « Lillistonous par quelques modernes, parcourent tout le pays au sud du lac Athaneskow jusqu'aux lacs du Canada, ct depuis la baie d'Hudson jusqu'au lac de Winnipeg. Is sont d’une stature médiucre, mais bien proportionnés et doués d’une extrême agilité. Des yeux noirs et per. çants animent leur physionomie agréable et ouverte. Ils se peignent le visage de diverses couleurs. Ils portent des habits simples et commodes, coupés et ornés avec goût; mais quelquefois ils courent à la chasse, même dans le plus grand froid, presque entierement nus, Leurs femmes sont fort jolies ; leur taille et la régularité de leurs traits obticndraient des éloges en Europe. Les Kuistenaux sont doux, probes et hospitaliers, lorsque le funeste usage des liqueurs spiritucuses n'a pes changé leur naturel, Ils ne comptent pas la chasteté au nombre des vertus ; is offrent leurs femmes aux étraugers et en changententre cux, à la mauicre de Caton. Le grand nombre de métis qu'on rencontre pari enx atteste les relations habituelles des femmes avec Les chasseurs Canadiens. Les brouillards qui couvrent les marais sont censés être les esprits des défunts.

Les côtes orientales de la baie d'Hudson font partie de la péninsule de Labrador. Cette terre, de forme presque triangulaire, projette une autre de ses faces sur le bras de ner appelé détroit de Davis, et s’appuie par le troisieme côté sur le Canada et le golle Saint-Laurent, C’est un pays aussi glacial que ceux à l’ouest de la baie d'Hudson, Tout ce qu’on counait du Labrador est un amas de moutagues et de rochers , entrecoupé de lacs et de rivières saus nombre. Toutes les eaux abondent en poissons, parmi lesquels on distingue le saumon, la truite, le brochet et l'auguille. Les ours se réunissent en troupes auprès des cataracies pour y prendre le saumon qui remonte en trèsgrand nombre. {1 ÿ en a qui plongent, poursuivent leur proie sous les eaux, ct ne reparaissent qu’à 200 pas de distance. Les castors y sont fort nombreux ainsi que les rennes. L'air est plus doux dans l'intirieur des terres. Les vallées sont couvertes de pins ct de pinastres : il y croit beaucoup de céleri sauvage et des plautes antiscorbutiques. On pourrait cultiver les parties méridionales, mais il scrait dillicile de se

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AMÉRIQUE. 343 défendre des ours et des lo:ps, et le bétail ne pourrait quitter l'étable que trois mois de l'année, La côte orientale offre un escarpement de rochers stériles qui se revêlent en quelques enlroits d'une tourbe noiràtre et de plantes rabougries. Elle est assiegce de brouillards ; néanmoins ceux-ci paraissent durer moins lougtemps qu’à Terre-Neuve. des millicrs d'îles couvrent cette même côte; elles sont peuplées

1 d'oiseaux aquatiques parmi lesquels on remarque le canard qui donne

'édredon. La plus célèbre production du pays est le feldspath de Labra dor, appelé aussi Labradorite, découvert par les frèves Moraves, dans les lacs du canton de Kylgapird , où ses vives couleurs se réfléchissaient au fond de l’eau,

Les Esquimaux ont peuplé toutes les côtes septentrionales et orienles de ectte contrée; ils vivent de pèche. C’est parmi eux que les frères Moraves on! fondélss colonies de Nain , d’Okkik , et de foffenthal.

Lorsqu'ils y abordérent , ces peuples avaient la coutume de taer les

orphelin: et les veuves, pour ne pas les exposer à mourir de fait, Les

missionnaires Moraves, après leur avoir enseigné diverses pratiques utiles pour la pêche, bâlirent un mazasin où chacun put conserver son superflu; ils les eugagèrent à mettre fa dixième partie de cÔLé pour ls veuves et les orphelins. Voilà comineut on convertit véritablement les races sauvages ! Une tribu particulière habite les montagnes méridionales; mais le mnélange avec les Canadiens français en à effacé les traits caractéristiques. Elle à adopté la religion catholique, et se nourrit de reunes et de gibier. On ne doun: aux individus de cette veuplade d'autre nom que celui de #ontagnards. Une autre tribu, appelée les Escopics , habite la partie occidentale.

On rencontre dans la baie d'Hudson, mais surtout dans le long détroit qui y conduit, äe nombreuses îles qui sont tantôt isolées tantôt par groupes. Nous nommerons les îles de Southampton ct Hansfield, dans la partie septentrionale de labaie; lesiles Will, Salisbury, Nottingham, Charles, et celles nommées fles Sauvages, dans le détroit même, l’£le de Marbre, près de la côte occidentale; lile Apomisco, les iles de POurs et rlusieurs autres petites à l’extrémité sud de la baic. Ces îles; de même que les parties voisines du continent, sont habitées par des tribus d'Esquimaux.

La partie septentrionale de la baie d'Hudson a été complétement

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344 CHAPITRE DEUXIÈME, explorée par le capitaine Parry daus sa seconde expédition, Cette haie mérie véritablement le tütre de Mer; car, indépendamment de 4 vaste étendue, elle communique non-seulement avec l'océan AUoutique, mais encore avec l’océan Arctique, par le détroit de la Furie et 41: {1 0, Ici, l'extrémité nord-est du continent américain forme une longue presqu'ile , appelée péninsule Helville, dont la côte orientale est baigne par le canal de Foæ, partie de la baie d'Hudson qui s'éteud au nord de l'ile de Southampton. Cette dernière est séparée du contineut par un canal long, resserré, connu, depuis l’époque de Middleton, sous fe non de détroit Glacial, Le climat est ici excessivement rigoureux, Les mers sont couvertes d’une couche de glace non interrompue, & à u'est pendant environ les trois mois de Pété; mais, dans cette saison, les immenses fragments de glace flottants que roule li mer et qui en. cotmbrent les baies et les détroits y rendent toute navigation extrèmement difficile et dangereuse. Ce furent des amas de glace accumulés dans le détroit de la Furie et de l'Hécla qui déjouérent les nombreux cliorts de Parry pour pénétrer daus l'océan Arctique. On rencontre çà et là quelques familles isolées d'Esquimaux, qui ne manquent ni d'intelligence ni d'industrie, soit pour se procurer leur nourriture, soit pour se garantir contre la rigueur du climat. Leurs habitations d’été sont des tentes construites en peaux de daim, et dont la charpente est formée avec des os de grands cétacés; mais l'hiver ils habi. tent des demeures uniquement construites avec de la neige, Lorsque les premiers froids de l'hiver ont bien durci celte substance, ils la coupent en morceaux larges ct plats, et se servent de ces singulicrs matériaux, pour bâtir une cabane de forme conique qui dure jusqu'à ce que les chaleurs de l'été, en la fondant, forcent la famille à déloger, Chaque cabane est pourvue d’une lampe alimentée avec de l'huile de cétacé: cette lampe sert à la fois pour l'éclairage et le chauffage de l'habitation, ainsi que pour la préparation des aliments. Elle entretient autour d'elle une température de 4 degrés au-dessus de 0; mais vers le banc placé près de la muraille qui sert de siége et de lit aux habitants, la température ne dépasse pas 5 degrés au-dessous de 0: il faut donc pour se préserver du froid, se couvrir d’une grande quantité de peaux.

La côte nord du continent est bordée de plusieurs petites îles qu'il

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est inutile de mentionner : mais nous devons citer la péninsule appelte Boothia, dont les côtes ont été explorées par les capitaines Parry ct Ross, au milicu des plus grands obatuclos, Celle grando terre, qui est unie à l'Amérique pur un isthine de 4 lieues de large, a environ 180 lieues de longueur du sud au nord et à peu près autant dans sa plus grande dimension de Pest à l'ouest, De chaque côté , elle présente deux vastes golfes, appelés Mer orientale et Mer occidentale, La côte sud-est renferme trois bonnes rades, qui ont reçu les noms de Port Félix, Port de la Victoire et Port du Schérif, Cette contrée affreuse est habitée jusqu'au 72° de latitude. Les Esquinmmaux, avec lesquels communiqua le capitaine Ross, n'avaient jamais vu d'Éuropéens.

A la hauteur du 7e parallèle, s'étend une série d’Îles dont la découverte est due à Parry et auxquelles cet iutrépide navigateur a donné le nom d’éles Géorgiennes, L'ile Melville, la plus occidentale, a plus de 40 lieues en tous sens. Cette île est célebre par le séjour de deux ans qu'y à fait le capitaine Parry, qui y brava avec courage Lontes les rigueurs d’un hiver arctique. Le soleil disparut le 4 novembre ct ne reparut que le 3 février suivant, Pendant cette longuo nuit, une surface monotone de neige recouvrait également la terre et la mer glacée : le thermomètre se tenait en moyenne à 51 degrés au-dessous de 0, Malgré le froid extrème, les officiers anglais, lorsqu'ils étaient convenablement vêtus et lorsque Pair était parfaitement calme, pouvaient encore se promener deux ou trois heures par jour, Grâce aux judicicuses précautions qui furent prises, la santé de l'équipage n'eut aucune ment à souffrir; au mois de mai, la neige commença à fondre ; mais ce ne fut qu’au mois d'août que la mer devint libre; enfin l'hiver était déjà de retour à la fin de septembre. A l’est de Melville, on trouve l'ile de Byam-Martin, puis celle de Bathurst, presque aussi considérable que l'ile de Melville, et enfin lile Cornwallis ; mais les côtes méridionales de ce groupe sont seules connues. L'ile de Cornwallis est séparée par le canal de Wellington, d’une vaste côte, qui a recu le nom de Devon Septentrional, et qui s'étend jusqu'à la mer de BaMn. Cette terre se continue-t-elle avec le Groenland , ou bien forme-t-elle une ou plusieurs Îles ? C’est ce qu’on ignore encore. Au sud-ouest de l'île Melville, nous nommerons encore la Terre de Banks, découverte par Parry, mais dont les limites sont encore insonnues. Les hardis explorateurs des terres et

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346 CHAUITRE DEUXIÈME.

des îles que nous venons de citer n’y ont aperçu aucun habitant, Les Le seuls animaux vivants que Parry ait vus à Melville, pendant Phiver, NÉES étaient une couple de loups affamés ; et ce ne fut que vers le milieu de avec ai que les chasseurs rencontrérent quelques ptarmigans et reconnu de ui rent les traces d’un daim. Parmi les rares plantes qui croissent dans ment cotte triste région, on distingue une espèce de saxifrage (saæifraya-flabel. cprot laris) à laquelle les matelots avaient donné le nom de plante-araignés, Ces L à cause de sa forme singulière. Dans En réfléchissant sur la nature de la mer Glaciale, il est dificile de glios croire que les navigaieurs puissent jamais en explorer l'étendue, il «es Ni est certain du moins que les détroits qu’on peut y découvrir encore, ne monv serviraient pas à la navigation ordinaire, puisque même la grande mer lEVC glaciale, qui se prolonge en suivant les côtes de Sibérie, n’oflre pis post ue route habituellement praticable. Partout, les voyageurs ont ren- glaces contre des glaces fixes qui les urrèlaient, ou des glaces, mobiles qui, m'en menaçant de les enfermer, faisaient reculer leur courage. Wood se vit M (°° arrêté au 76° degré par un continent de glate qui réunissait la Nou- COS U velle-Zemlie, le Spitzberg et le Groënland. Souter, au contraire, en posé 1780, continua sa route jusqu’au 82 6 min. daus un canal ouvert ot QE MC du tranquille ; mais les glaces fixes qui en formaient les deux bords, con coudu mençant à se détacher, il craignit de se voir fermer le chemin du le Ge retour et abandonna son entreprise. Si l courageux Baffiu a pu faire M tours le tour de la baie qui porte son nom, si Ross, Parry et d’autres navisn- plaine teurs eutreprenants ont pu renouveler cette course, on à vu plus sou elles

pyran) cu l'ai pour ( Muni, tables

qu'il L

vent cette mer fermée par une masse de glaces fixes, qui avaient 160 lieues de long et qui conteuaient des montagnes de 400 pieds d'élévation. Wafer avoue qu’il a pris des glaces fixes, hautes de 500 pieds, pour des îles véritables. Assez souvent, les glaces flottantes sont chargées de grosses pierres et d’arbres déracinés qui produisent lillusion d’une terre semée de végétaux. Il est fort incertain, si les Hollandais ont découxcrt à l'est du Spitzberg une côte de terre ou seulement de glace; dans un de leurs voyages au nord de ia Nouvelle-Zemilie, ils trouverent un banc de glace bleuâtre , couvert de terre, et sur lequel les oiseaux faisaient leur nid. On a vu deux îles de glace se fixer depuis plus d’un demi-siècle dans la baie de Disco. La même chose est arrivée aux cn virons de l'Islande.

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AdEuiçUE. 347

Les glaces mobiles ne présentent pas moins de dangers. Le choc de ces masses produit un craquement épouvautable qui aunonce au navigateur avec quelle facilité son vaisseau serait brisé, s’il se t'ouvait entre deux de ets Îles flottantes. Souvent les bois quo roule cette mer s'enflammeut par le frottement violent que le mouvement des glaces leur fait prouver : la flame ou la fumée s'élèvent du sein de l’hiver éternel. Ces bois flottants se trouvent très-souvent brûlés aux deux extrémités, Dans l'hiver l'intensité du froid fait continuellement fendre les montagas de glace; où n'entend, à chaque moment, que les explosions de ces Iusses, qui s'ouvrent en crevasses énormes. Au printemps, le movomeont des glaces consiste plus souvent encore dans un simple renversement des masses qui perdent leur équilibre, parce qu’une partie sost dissoute plutôt que l’autre. Les brouillards qui enveloppent les glaces fondantes sont si épais, que d’une cxtrémité d’une frégate on en” Wen aperçoit pas l'autre.

Oscruil-on concevoir lidée d’une partie de traîneau sur cette mer cougulée où sur les terres glacées qui en occupent l’empiacement supposé ? Suns doute quelques précautions pourraient permettre à l’'hom-

couduiruieut? Les terres, probablement rocailleuses et élevées comme

le Groënland, le Spitzberg, la Nouvelle-Sibérie , n'admettent pas une

course au traîneau. Les glaces marines ne présentent pas non plus des

plaines continuelles; renversées et accumulées de mille manières,

les offrent souvent l’aspect de châteaux de cristal en ruine, de S pyramides et d'obélisques brisés, d'arcudes et de voûtes suspendues ui l'air; souvent aussi des creva.ses larges et profondes exigeraient , jour Ôlre frauchies, des moyens dont le voyageur ne pourrait être muui, La nature oppose à notre avide curiosité des obstacles insurmonübles : l'homme ne peut pas même parcourir en entier cette terre qu'il préteud ètre son domuine.

SECT, 3°, — Région du Nord-Est. Groënlan® et Islande. Cette région est uniquement représentée par le Groënland , auquel ;

61 doit joindre l’île d'Islande qui n’en est séparée que par une distance luviron 65 licues,

CR AN NL

On a cru longten: s que le Grofnland faisait partie du continent amé. ricain ; mais les explorations du capitaine Parry ont démontré qu'il en était complétement distinct. Le Groënland forme la plus vaste étendue de terre conuue , n’appartenant à aucun des deux continents. À partir du cap Farcvell, qui représente -:0n extrémité la plus méridionale et qm est situé vers le 60e de latitude, il s'étena au nord sur une longueur re. connue être de 49 degrés, et se prolonge indéfiniment au delà du 80e parallele. Sa largeur, en moyenne, est d'environ 35 desrés de longitude , qui, calculés sur la latitude de 70, représentent 996 lisues

ordinaires. Toutefois, on ignore encore si quelques unes des profondes

entrées qui découpent les côtes du Groënland ne traversent pas cette

terre dans toute sa longueur, et n'en interrompent pas ainsi la continuité, 4

Cette immense région est plus désolée que toutes celles que nou

présente la surface du globe, et produit à peine qu’ique chétive sub:tance pour ses rares habitants. Néanmoins, elle est rangée au nombre , €

des possessions du Danemark. Le gouvernement Danois y à foniés plusieurs petits établissements, qui tous sont situés sur la côte orci-4 dentale que bagnent le détroit de Davis et la mer de Baffin. Les principaux sont, en allant du sud au nord : Julianeshaab, Lichtenau, Friderik.| shaab, Gothaab, Neu-Hernhuts, Sukliertoppen, Holsteinberg, Eyesmind, Godhaven (sur l’île de Disco), Umanak et Upernavick. La population de chacune de ces colonies se compose de quelques centaines d’Esquimaux que dirigent les plus recommandables des chrétiens dissidents, les frères Moraves. Unernavick est situé à 72 1/2 de latitude boréale. Plus au nord encore, le capitaine Ross a découvert une côte à laquelk il a donné le nom de Hautes-Terres arctiques (Artic Highlands). Les habitants, (car on en trouve encore à cette latitude) n'avaient jamais vu d’Europcens : l'aspect des vaisseaux anglais les frappa d’étonnement; ils les priient d’abord pour de grands oiseaux pourvus d’ailes immenses, La partie de la côte orientale du Groënland qui s'étend depuis le 68 parallele jusqu’au cap Farewell est inscrite dans la plupart des carte sous le nom de Vieux Groënland, Longtemps on à supposé que cell côte avait été le siége des anciennes colonies Scandinaves dont parlait Torfœus et les Sagas islandaises : le gouvernement Danois a même cuvoyé plusieurs expéditions pour rechercher ce Groënland perdu. Mi ces recherches ont été nécessairement infructucuses; car cette côûle n4

L'éclat

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AMÉPIQUE, 249

du continent amé. jamais pu recevoir de colonies, et a sans doute toujours été enscvelie démontré qu'il en dans les mêmes glaces qui en défendent aujourd’hui l'accés. Au nord,

lus vaste étendue h côte orientale du Groënland, entre le 68° et le 75° parallèles, a été exntinents. À partir Æ plorée récemment par les capitaines Scoresby et Clavering. La partie la méridionale et qu plus remarquable de cette côte a été nommée côte de Liverpool : elle se r une longueur re. distingue par une chaîne de montagnes hautes de 3 à 4 mille picds, iment au delà du @ extrêmement escarpées, et présentant les formes les plus bizirres. C’est iron 35 deurés de @ que se trouve l'entrée de Scoresby, que plusieurs géographes croient “sentent 226 lisues @ communiquer avec l'entrée de Jacob, située sur la côte ouest. Si cela unes des profondes % était, la partie la plus méridionale du Groënland formerait ainsi une raversent pas cette À île distincte. Plus au nord encore, la côte est profondément découpée ainsi Ja continuité, @ ct présente des montagnes escarpées. La désolation de cette région détes celles que nous @ passe toute description : aussi est-il fort rare d’y rencontrer quelques que chétive sub: @ familles d'Esquimaux. Sur les bords de la baie qu'il baptisa du nom de | rangée au nombre baie de Walter-Scott , le capitaine Clavering rencontra une petite tribu Danois y à fonéf qui n'avait jamais vu d'Européens. és sur la côte orci- À Cette terre n’est véritablement qu’un amas de rochers entreméêlés e Baffin. Les princi-@ d'immenses blocs de glace, l’image réunie du chaos et de l'hiver. Le Lichtenau , Friderit.@ Pic de glace s'élève près de l'embouchure d'une rivière et jette un tel cinberg , Egyesmind ff éclat qu'on l'aperçoit distinctement à plus de 40 licuss. Dos aiguilles k. La population de hardies et une voûte immense donnent à cet édifice de cristal l'aspect centaines d'Esqui-@ le plus magique. Une chaîne continue, que les Islandais appellent Himinhrétiens dissidents, M lad ou Monts du Ciel, parcourt la partie connue du Groënland. Les de latitude boréale. Æ roches sont ordinairement composées de granit. Dans les fentes perpenune côte à laquelle diculaires on trouve du quartz, du tale et des grenats. On à apporté ighlands). Les habi@ à Copenhigue des échantillons d’un très-riche mincrai de cuivre, ainsi avaient jamais vof que de l'asbeste , du cristai de rache et d2 la tourmaline noire. Enfin le ppa d’étonnement; à Groënland nous a fourni le curieux minéral nommé flaate d'alumine. s d’ailes immenses, M Une vaste mine de charbon de terre a été découverte ins l'ile de Disco. s'étend depuis le 6 Trois sources chaudes sont los seuls indices volcaniques observés jusqu'à a plupart des carlë présent. Pendant les courts instants de l'été, Fair, très-pur sur la terre supposé que cell ferme, est, dans les îles, obscurei par des brouillards. Les clirtés va naves dont parlaifS gabondes de l'aurore boréale aloucissent li soimbre horreur des nuits Danois a même c1-h polaires. Ce qu'on appelle « famée de glace » est une vapeur qui sort énland perdu. M sl des crevasses de la giace marine. 5; car cetle cûle ni Dans les parties méridionales, {es montagnes sont couvertes da

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350 CHAFITRE DEUXIEME.

monsse du côté du nord; les parties exposées au sud produisent des herbcs, des groscilles et d’autres baies en abondance, ainsi que quelques petits saules et houleaux. Non loin de Julianeshaab, un bois de bouleaux couvre une vallée; mais les arbres les plus hauts ne dépassent pas #8 pieds. On cultive les choux et les navets près des colonies Danoises. Le règne animal offre ici de gros lièvres, des rennes , des ours blancs, des renards, et une grande espèce de chiens qui hurlent au lieu d’aboyer et que le Groëénlandais attèle à ses traîneaux. Une immense quantité d'oiseaux aquatiques demeure près des rivières qui abondent en saumons. Les cabillaude, turbots et hairengs fourmillent dans la mer, On à iourni des filets aux habitants qui commencent à en sentir l'utilité, Dans le Groënland septentrional, les Danois et les indigènes vont conjointement à la pêche aux baleines. Ceux du sud s’en tiennent à la chasse du chien-marin. La chair de cet animal est leur principale nourriture ; la peau leur fournit des vêtements, et ils s’en servent aussi pour construire leurs bateaux. Les nerfs deviennent du fil, les vessies des bouteilles ; la graisse remplace à la fois le beurre et le suif; le sans fournit du bouillon. Le Groënlandais ne comprend pas comment on peut vivre sans chien-marin.

Les naturels ont la taille courte , les cheveux longs €: noirs, les vux

petits, le visage aplali et la peau d'un jaune brup ; on reconnaii «1 |

eux une branche dés Esquimaux. Cette parenté est surtout prouvée na leur idiome , d’ailleurs remrquable par la richesse deses formes gran: maticales. Les particules et les inflexions y : aus& nombreuses, aussi variées que dans le grec; mais la régle qui preserit d’intercaler

toutes [C3 parties du discours dans le verbe, fait naître des mots d’une |

longueur G“"vsurée. Les femmes Groënlandaises, comme celles des

Caraïbes , ont des mots et inflexions dont il n’est permis qu'à elles de se servir. Les Groënlandais s’appellent quelquefois Zrnouk ou frères; mais leur véritable nom de nation cost Kalalit, et ils désignent ordinairement leur pays sous celui de Kalalit-Nounet.

On reconnait chez eux une foule de traits non équivoques qui démon-

trent leurs liaisons avec les Esquimaux, même les plus éloignés. Les instrument: de pêche des habitan!sdes côtes du nord-ouest sur le détrail de Behring, sont exactement composés comme ceux des Groënlandai: Chez les unset les autres, une vessie de chien-marin, remplie «ar

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etattachéc au javelot dont on frappe la haleine, sert à empêcher que l'animal, unc fois blessé, ne reste longtemps plongé sous l’eau. Les petits bateaux des habitants d'Ounalaschka et du golfe Tchougatchien, des Esquimaux du Labrador et des Groënlandais, ont précisément la même construction. Ils consistent en une carcasse formée de branches légères, et recouverte de tous côtés de peau de chien-marin. Sur une longueur de 12 pieds, ces barques n’ont qu’un pied et demi de large : au milieu de la surface supérieure, est un trou environné d’un cerceau de bois, auquel est attachée une peau qui, au moyen d’une courroie, se resserre comme une bourse. C’est dans ce trou que se place le ra meur, muni d’un seul aviron très-mince, long de 3 à 4 pieds et s’élargissant des deux côtés. En pagayant rapidement à droite et à gauche, lk navigateur, ou, pour mieux dire l’homme-poisson, avance en ligne droite, au sein même de la tempête, sans courir plus de dangers que n'en courent les balänes et les phoques, dont il est devenu le comypagnon et le rival. En 1680 et 1684, des Groënlandais arrivèrent aux îles Orcades, dans les barques dont nous venons de décrire la construction. On les prit pour des Lapons; mais leurs bateaux, conservés au coilége médical d'Edimbourg et dans l’église de Barra, prouvent qu’ils venaient du Groënland.

Le caractère actuel des Groënlandais est un mélangs indéfinissable de qualités bonnes et mauvaises; l'attachement aux usages nationaux lutte contre l'influence d’une civilisation étrangère. Les Groënlandais accusent avec amertume les Danois de leur avoir apporté le fléau de là petite-vérole et celui des liqueurs spiritucases. Aujourd'hui, l’administration danoise suit un plan de colonisation fort sage; mais les anciens défauts et les nouveaux vices des Groënlandais y opposent do crands obstacles. Presque dépourvus de toute idée de lois, ils ne voient dans les puniiions que l'abus de la force. Le malfaiteur leur parait assez puni lorsque, dans une assemblée publique, il a été accrblé de reproches. Les missionnaires avouent que la conversion des Groënlandais avançait lentement et n'influait que peu sur leurs idées morales. Depuis quelques années, les prédications des iudigènes, élevés comme missionnaires, out produit un heureux changement. Les freres Moraves réussissent aussi singulièrement à frapper l’iinagination de ces Pommes simple:, mais doués d'un esprit vif. L'adininistrolion comuier

ciale, en introduisant le uméraire et même le papier-monnaie, leur a donné des notions nouvelles sur la propriéié. Dans la partie méridionale, on leur a enseigné la tonnellerie et la construction des bateaux, Déjà ils oublient le noin de leur antique divinité, Torngarsouk, à laquelle ils n’ont jamais offert de culte, ainsi que la décsse malfaisante et sans nom, qui était censée habiter un palais sous les flots, gardé par des chiens-marins redoutables. Les sorcicrs-prêtres, nommés Anghekok, et les enchanteurs malfaisants, nommés Jliseets, perdent continuellement de leur influence. La population totale du Groënland peut être évaiuée à environ deux cent mille individus, dont six à huit mille sont plus cu moins complétement convertis au christianisme. Tous habitent le long des côtes, attendu que le poisson et le chien-marin constituent la baso ---entielie de leur nourriture.

Los Esquinaux qui habitent les Hautes-Terres aretiques dont nous avons parlé, différent, suivant le capitaine Ross, des autres tribus de la mème race, en ce qu'ils sont dépourvus de barques. Cependant, c’est toujours la mer qui leur fournit leur nourriture; mais ils vont à

: chasse des chiens-marins er courant sur les glaces. En revanche, ils ont des iustruments de fer qu'ils fabriquent eux-memes et qui sont bien supérieurs aux instruments en os dont se servent les autres peuplades, Ils différent encore de celles-ci, en ce qu’ils out un roi auquelils parais-ent être tres-attachés et auquel ils paient un tribut en chiens-marins, huile de baleine et poisson. Les rochers qui bordent ectte côte offront le remarquable phénomène de la ncige rouge qui à donné lieu à beaucoup de discussions parmi ‘es savants de l’Europe. La matière qui coiore ainsi la ncige est une substance géluuineuse qui appartient à unc espèce de conferve appelée Protococcus nivalis.

L'Islande, duns les anciens traités de géographie, est habitueilement décrite à la suite des contrées les plus septentrionales de l'Europe. if en devait être ainsi jusqu'à a découverte de l'Amérique ; mais, depuis, €t dès lors que l'on a constaié la proximité de l'Islande et du Groënland, il n’est pas permis de séparer la descripuon de celte ile de celle de la crande terre que nous venons de parcourir. La figure de cette île est fort irrégulière à cause des nombreuses dentelures que présentent ses côtes sur toute sa moitié occidentale. On lui accorde 420 lieues de 1ongueur sur 50 de largeur et 4,509 de superficie.

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L'Islande, dont le nom signifie terre de glace Où pays des yluces, w'est, à proprement parler, qu’une chaîne de rochers immenses, dont le sommet est toujours couvert de neige, quoique le feu bouillonne dans leurs flancs, Le trapp et le basalte dominent dans la composition de ces montagnes. Ce dernicr y forme d'immenses amas de piliers semblables à ceux de la Chaussée des Géants, en Irlande. On distingue plusieurs sortes de laves : l’une a coulé et coule souvent encore en forme de torrents enflammés vomis par les cratères des volcans; l’autre, d’une structure spongieuse et omme caverneuse, semble avoir bouilli à la place même. Celle-ci renferme, dans ses nombreuses cavités, les stalactites les p'us singulières.

L'ile renferme 27 volcans dont on connaît les éruptions, sans compter ceux qui ont pu s’éteindre avant que l'île fût habitée. Le plus fameux de tous, l'Hécla, est une montagne haute de 1,013 mètres, située dans la partie méridionale de l’île, à environ cinq quarts de lieue de la mer. Quelques-unes de ses éruptions ont duré six années sans discontinuer. Aussi, les tremblements de terre ont fréquemment bouleversé l’Islande, et ont completement changé sa physionomie. Sous leur action, des montagnes se sont brisées, d’autres se sont affaissées, d’autres se sont élevées. On a vu les fleuves abandonner leur lit, de nouveaux lacs se former. Bien plus, des îles nouvelles se sont élevées à peu de distance des côtes ; les unes ont disparu, tandis que d’autres subsistent encore. En Islande, les soupiraux volcaniques ne sont pas en action tons à la fois; on a remarqué qu’ils alternent dans leur activité, comme sils faisaient, relativement les uns eux autres, l'office de soupapes. En outre, lorsqu'il se forme de nouveaux cônes, ce qui arrive fréquement, ils affectent généralement une direction linéaire. En 1783, une ile nouvelle, formée de rochers élevés, apparut au sud-ouest de Reikianess. Sa formation s’'accompagna d’une telle production de pierresponces que l'Océan en fut couvert jusqu’à une distance de plus de 40 lieues, Ces masses de pierres flétlantes étaient t:lles qu'elles gênaient la

marche des navires. Cependant, une année s'étant a peine écoulée que la mer avait repris son ancien domaine ; aujourd'hui il ne reste plus de celte Île qu'un récaf sous-marin, dont la profondeur varie de 9 4 54 mètres, Au mois de juiu 1783, un volcan, le Skapta-Jækuil, situé à 60 eues de Pile nouvelle, se signala par une éruption épouvantable. I

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voit un tel torrent de laves qu’il combla entièrement le lit de la rivière Skapta. Cependant, le lit de cette rivière était creusé entre des rochers fort élevés ; en quelques endroits, il avait de 120 à 180 mètres de profondeur et 60 de largeur. Non-seulement la lave remplit complétement ! cet immense bassin, mais eucore, franchissant ces murailles de rochers, k elle déborda sur le territoire adjacent et combla un lac très-profond. Le terrible volcan resta alors quelques jours en repos; mais bientôt il : lança de nouveaux torrents de laves qui, coulant avec rapidité par-des- \ sus la première, alla remplir le bassin de plusieurs rivières ; celles-ci, à chassées de leur lit, inondèrent le pays voisin et plusieurs villages furent # détruits, Après avoir ainsi coulé pendant plusieurs jours, la lave rencon- ; tra une cataracte et se précipitant en nappe de feu, remplit promptement la cavité que la chute d’eau avait creusée pendant des siècles. Ensuite, la À lave prit une autre direction : elle alla se décharger dans le lit d’un & autre fleuve. le Hyversfliot, et produisit une scène de désolation égale à la première. Après s'être accumulée en masses d’une profondeur extra- Î ordinaire, elle se jeta dans les plaines :ontiguës en formant de larges ! lacs de feu. Quelques-uns de ces lacs avaient de 18 à 24 kilomètres d’étendue sur 30 mètres de profondeur. Cette éruption dura deux années, Suivant un voyageur anglais, qui visita l'Islande onze ans après, en 4794, la lave était encore fumante et ses crevasses étaient remplies d’eau bouillante.

Les sources chaudes sont une autre curiosité de cette île ; mais elles n'ont pas toutes le même degré de chaleur. Celles dont les eaux tièdes sortent aussi paisiblement que les sources ordinaires, s’appellent laugar, c'est-à-dire bains. Les autres, qui lancent à grand bruit des eaux bouillantes, sont nommées chaudières, en irlandais hverer. Les plus remarquables de ces sources sont celles nommées Geyser et Strok, qui se trouveni près de Skalholt, au milieu d’une plaine où l’on compte une quarantaine d'autres sources moins considérables. L'ouverture du Geyser offre un diamètre de 49 pieds, et le bassin dans 1equel l’eau se répand, en a 40. L’archevèque de Troil a su la colonne d’eau s’élever à 88 pieds de hauteur, le docteur Lind à 92, et Henderson, qui visita Vislande en 1815, à 150 pieds. Les estimations d’Olafsen et de Povcisen, qui prétendent avoir vu le Geyser atteindre la hawtewr de 550 pieds.

ont évidemment exagérées. La colonne d’eau, environnée d’'unc “aise

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