‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 67 sur 75 · SE ET TERRE=NEUVE · texte numérisé non relu

SE ET TERRE=NEUVE

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Un autre détroit, ou plutôt le fleuve rapide de Saint-Clair, sert d'écoulement au lac Huron, et forme, en s’élargissant, le petit lac de Saint-Clair. Un canal plus tranquillk nommé proprement le Détroit, unit ce bassin au lac Erié, qui a 90 lieues de 1ongueur sur 20 à 30 de lergeur, mais qui, étant peu profond et bordé de terres d’une élévation inégale, éprouve des coups de vent, redoutables aux navigateurs. Les fréquents brouillards qui enveloppent ce lac sont encore une source de dangers.

L’Erié déchurge ses eaux dans le lac Ontario par le canal du fleuve du Niagara qui a environ 43 lieues de longueur. Ce fleuve est célèbre par sa magnifique cataracte, tant de fois décrite, et dont cependant aucune description ne peut rendre la beauté et la grandeur. Après avoir été, l’espace de 4 kilomètres, agitée comme les flots de la mer par les rapides, l'énorme masse d’eau que déversent les quatre grands lacs et leurs tributaires, arrive à un rocher abrupte du haut duquel elle se précipite en formant une chute d'environ 160 pieds d’élévation. La vitesse de la chute, le bruit et le bouillonnement des eaux, les amas d’écume que produit la cataracte, les immenses nuages de vapeur qui s'élèvent dans les airs, les teintes variées et éclatantes que revêtent ces nuages, les nombreux arcs-en-ciel auxquels ils donnent naissance et qui semblent des ponts jetés sur l’abime, les bords élevés du fleuve, les bois immenses qui les couronnent, tout cet ensemble forme un tableau merveilleux qui n’a point de rival au monde. Le bruit de la cataracte ressemble à celui que produit la décharge de l’artillerie la plus formidable, on l'entend et l’on aperçoit les nuages de vapeur à la distance de 9 à 12 lieues. Le saut, du côté du Canada, est appelé la chute du Croissant ou du Fer à cheval, à cause de sa forme semi-circulaire. Il a 600 pieds de largeur. La chute, du côté des Etats-Unis, n’a que 350 pieds : les deux parties de l'immense cataracte sont séparées par un rocher couronné d'arbres. L'aspect de la cataracte du Niagara offre un conp d’œil peut-être plus magique encore pendant l'hiver, lorsque les eaux, malgré leur effroyable mouvement, ressentent l'influence des gelées. Alors d’énormes colonnes de glace s’élèvent du fond du précipice, tandis que d’autres morceaux de glace pendent d'en haut comme autant de tuyaux d'orgue.

Les eaux du. Niagara s’écoulent ensuite paisiblement vers le tran-

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quille lac Ontario qui a environ 150 lieues de tour. Ce lac est remarquable par sa profondeur; souvent, avec une ligne de 4,100 pieds, on n’en trouve pas le fond. Il est en outre sujet à des orages terribles, et présente alors des vagues aussi grandes que celles de l'Atlantique. Le courant qui porte les eaux vers l’est est très-sensible; on l'estime à 800 mètres par heure. Ses bords, du côté du Canada, sont couverts de majestueuses forêts, et, lorsqu'on les abat, on trouve un sol riche et fécond. L'Ontario se dégorge, par le charmant lac de Mille-Iles (ces îles sont cn réalité au nombre de 692), dans le fleuve Saint-Laurent proprement dit.

Le Saint-Laurent prend, surtout près de Montréal, un aspect extrémement pittoresque. C’est un tableau charmant que celui d’un village qui se développe aux regards à mesure qu’on double une pointe de terre boisée. Les maisons paraissent suspendues sur le fleuve et les clochers étincelants réfléchissent, à travers les arbres, les rayons du soleil. Ce spectacle se répète de licue en licue et quelquefois plus sovvent. Mais au-dessous de Québec, le lit du Saint-Laurent s’élargit telle. ment qu'il représente plutôt un golfe qu’un fleuve. La seule rivière considérable du Canada, après le Saint-Laurent, est l’Ottawa, qui vient du nord et porte au grand fleuve le tribut de ses eaux limpides et ver. dâtres. Elles forment, parmi d’autres cascades pittoresques, celle de la Chaudière. La rivière de Saguenay, qui vient aussi du nord, est l’écoulement du lac Saint-Jean, Une rivière remarquable vient en droite ligne du sud; c’est la Sorelle, débouché du lac Champlain, lac qui forme une communication militaire et commerciale très-importante entre le Canada et les Etats-Unis. Parmi les petites rivières, celle de Montmorency est célèbre par sa belle cascade. Elle passe deux fois entre des portails de rochers taillés à pic et couverts d’arbres. Resserrée dans un lit de 100 pieds de large, elle se précipite à la fin perpendiculairement de la hauteur de 242 pieds, et semble se transformer tout entière en flocons d'argent ou de neige.

De magnifiques canaux ont été exécutés soit par le gouvernement anglais, soit par des sociétés particulières, pour améliorer les grandes voies de communication que présentent les fleuves du Canada. Le canal Welland met en communication le lac Erié et le lac Ontario, en évitant la chute du Niagara. Le canal de la Chine, entre le village de ce nom et

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AMÉRIQUE 363 Montréal, sert à éviter la formidable cascade du Saint-Laurent, appelée Saut de Saint-Louis, Le canal de Granville évite les rapides qui embarrassent le cours inférieur de l’Ottawa, et celui du Rédeau met en communication l’Ottowa et le lac Ontario.

Le Canada ne renferme pas de véritables chaînes de montagnes; toutefois, le sol s’élève par degrés sur les deux rives du Saint-Laurent, Les cataractes marquent le changement de niveau des eaux; mais le partage même de celles-ci entre ce grand fleuve et la mer d'Hudson n’offre qu’une suite de collines et de rochers isolés. Partout le sol est considérablement élevé au-dessus du niveau des lacs. ;

Le climat du Canada est infiuiment plus rigoureux que celui des pays d'Europe situés sous la même latitude, comme la France, Le froid et le chaud y sont extrêmes, puisque le thermomètre centigrade monte à 340 en juillet et en août, et qu’en hiver le mercure y gèle parfois. La neige ensevelit le Bas-Canada pendant six mois, et le Haut-Canada pendant cinq mois de l’année. Elle commence avec le mois de novembre. Souvent, à Québec, au commencement de l'hiver, la neige roule en grandes masses dans l'air et couvre les rues jusqu’au niveau des lucarnes des maisons basses. Enfin, en décembre, les vents neigeux cessent ; un froid uniforme et un air serein leur succèdent. Tout à coup les glaces arrivent dans les fleuves et s'accumulent de manière à remplir tout le bassin. Elles disparaissent de même avec une rapidité extrême vers la fin d'avril ou au commencement de mai. Elles se rompent avec un bruit effrayant et sont entraînées à la mer avec une violence épouvantable. Le printemps se confond avec l'été; sous l'influence des chaleurs subites la végétation se développe à vue d'œil : mais les habitants sont, pendant la saison chaude, tourmentés par une multitude d'insectes incommodes. De tous les mois de l’année, celui de septembre est le plus agréable.

Le sol du Canada est en général, non pas montagneux, mais accidenté et couvert de bois. La culture s’éloigne peu des bords de la grande rivière. Les produits sont: le tabac pour la consommation des colons, les légumes et les grains. La culture du froment a fait des progrès rapides. Les terres deviennent meilleures à mesure qu’on remonte le Saint-Laurent; les environs de Montréal surpassent autant en fertilité œux de Québec que les terres du Haut-Canada surpassent celles de

Montréal. Les prairies, supérieures à celles des contrées américaines plus méridionales, présentent un gazon fin et épais. Mais les Canadiens, principalement ceux d’origine française, sont mauvais cultivateurs, Ces derniers, bien différents des Anglo-Américains, ne se donnent jamais la peine de créer un jardin ou un verger.

Parmi les fruits du Canada, les meilleurs, comme dans toutes les contrées septentrionales, sont 1cs baies, spécialement les fraises et les framboises. Les pommiers et les poiriers viennent assez bien aux environs de Montréal. La vigne donne de petits raisins d’un goût agréable, quoique aigrelet. On cultive beaucoup de melons. Le houblon y à réussi. Le pays produit deux espèces de cerises sauvages dont on ne tire pas grand parti. Le noyer ne s'accommode pas des successions subites de froid et de chaud qui caractérisent le printemps de cette contrée.

La végétation indigène des pays situés au nord du Saint-Laurent présente un mélange singulier des flores de la Laponie et des États-Unis, Le ginseng et le lis du Canada, semblable à celui du Kamtschatka, indiquentencore une liaison entre la flore de l'Amérique et celle de l’Asie, La zizania aquatica, graminée qui tient de la nature du rizet qui est propre à ce climat, croît abondamment dans la vase des rivières. Elle fournitun aliment aux tribus d’Indiens errants, aussi bien qu’aux oiseaux de marécage. Quoique ce pays soit couvert de nombreuses forêts, les arbres n’y acquièrent jamais cette grosseur et cette surabondance de vie qui les distinguent dans les États-Unis. La famille des sapins et des arbres verts est peut-être la plus multipliée : on y distingue le sapin à feuille argentée, le pin de Weymouth, le pin canadien, la sapinette d'Amérique et le cèdre blanc du Canada. Après ceux-là, qui occupent le premier rang, nous nommerons encore l’érable à sucre et l’érable rouge, le bouleau, le tilleul et l’ormeau d'Amérique, le bois de fer et le gainier du Canada. Les nombreuses espèces de chênes nous sont en général inconnues ; celles de l'Europe ne s’y montrent que sous la forme d’arbrisseaux rabougris. On rencontre encore dans les îles du Saint- Laurent le sassafras, le laurier et le mûrier rouge ; maisils sont dans ie même état de langueur. Le frêne commun, l’if et le frêne des monlagnes se rencontrent également dans les contrées septentrionales de l'ancien et du nouveau continent; mais les forêts du Canada possèdent un ornement caractéristique dans les festons légers de la vigne

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sauvage et dans les fleurs odorantes de l'asclépiade de Syrie. Les bois du Canada fournissent principalement des douves et planches de sapin, ainsi qu'un certain nombre de petits mâts. Des potasses et les cendres perlées sont encore un produit des forêts. Les Canadiens font beaucoup de sucre d'érable, et le vendent à moitié prix de celui des colonies.

Les animaux qui habitent les vastes forêts ou qui errent dans les parties incultes de cette contrée, sont le cerf, l'élan d'Amérique, le üaim, diverses espèces d'ours et de renards, la martre, le chat sauvage, le furet, la belette, l’écureuil gris, le lièvre et le lapin. Les parties méridionales recèlent un grand nombre de bisons, de daims de la petite race, de chevreuils et de loups. Les marais et les lacs abondent en loutreset en castors. Peu de fleuves peuvent se comparer au Saint-Laurent par la variété, l’abondance et l'excellence du poisson. Parmi les oiseaux indigènes, les premiers voyageurs distinguèrent déjà le lourd coq d'Inde, qu’on a si souvent considéré, mal à propos, comme originaire du Malabar.

Les bœufs et les moutons que l’on trouve chez les agriculteurs canadiens, sont de petite taille. Dans chaque ferme on élève une grande quantité de cochons.

Les richesses minérales du Canada sont encore loin d’être toutes exploitées. Le minerai de fer s’y présente sous différentes formes et en grande abondance. Des hauts-fourneaux importants ont été établis dans le Bas-Canada, surtout à Saint-Maurice; on y fabrique des machines à vapeur. Le Haut-Canada possède aussi quelques établissements métallurgiques ; nous nommerons celui du bourg de Marmora où l’on travaille le riche fer magnétique que fournissent les mines des environs. Le Canada renferme encore des mines d’antimoine, de sulfure de zinc, de manganèse, de cuivre et de plomb argentifère.

Le Canada est divisé en deux provinces distinctes, appelées le las-Canada et le Haut-Canada. Le Bas-Canada s'étend le long du fleuve Saint- Laurent, depuis l'Océan jusqu’au lac Saint-François, un peu au-dessus de Montréal. [Lest partagé en quatre districts, qui sont eux-mêmes subdivisés en 21 comtés. Les quatre districts portent les noms de Québec, Trois-Rivières, Montréal el Gaspé.

Un superbe bassin, où plusieurs flottes pourraient mouiller en sûreté; un belle et large rivière ; des rivages bordés de rochers escarpés, parse-

és ici de forêts, là surimontés de maisons; les deux prornontoires de la pointe Lewis et du cap Diamant ; la jolie île d'Orléans et la majestueuse cascade de Montmorency, tout concourt à donner à la ville de Québer, capitale du Bas-Canada, un aspect imposant et magnifique. Québec est divisé en deux parties, la ville basse et la ville haute. Celle-ci est bâtie sur le cap Diamant, élevé de 250 pieds, tandis que celle-là s’étend le long du Saint-Laurent, au pied de la montagne. C’est dans la ville haute que se trouvent les principaux édifices de cette capitale, tels que le palais du gouvernement, le palais de justice, etc. Elle renferme aussi les plus belles rues et les plus belles maisons particulières. La ville basse communique avec la ville haute par un étroit passage pratiqué dans une fente du rocher, que l’on nomme rue de la Montagne. Dans l'hiver, lorsque cette montée escarpée est couverte d’une nappe de glace, il faut se servir de crampons de fer pour la gravir. La ville basse offre un aspect triste et monotone; ses rues sont étroites et ses maisons peu élé. gantes; mais elle est le siége de tout le commerce qui se fait dans la capitale du Bas-Canada. Ce commerce est fort considérable, et le mouvement du port fort actif. Tous les vaisseaux qui viennent au Canada, déchargent leurs cargaisons à Québec; ce sont ensuite des paquebots à vapeur qui vont distribuer dans le reste du pays les marchandises importées. Toutes les constructions de Québec sont en pierre, précaution nécessaire contre les incendies qui ravagent si souvent les villes de bnis de l’Amérique du nord. Québec est la résidence d’un évêque catholique, d'un évêque anglican, ce dernier fort largement rétribué. On y remarque trois couvents de femmes; les religieuses de deux de ces couvents se vouent à l'éducation des jeunes personnes et au soin des malades, Les monastères d'hommes ont été supprimés et sont interdits. La population de Québec, qui s'élève à 40,000 âmes environ, se dédommage des froids longs et rigoureux de l'hiver, par les glaisirs de la danse et par les parties de traîneaux. La garnison soutient un mauvais théâtre aliglais.

Comme place de guerre, Québec est extrêmement forte, On ne peut approcher le rocher sur lequel elle est bâtie, que du côté de l'ouest; mais de ce côté on a construit une citadelle et d’autres ouvrages qui en foni presque un autre Gibraltar. L'inconvénient qu'elle présente comme place forte, c'est qu’il faut 10,000 hommes pour garnir tous les postes,

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Trois-Rivières est située à environ sept lieues à l’ouest de Québec. C’est une petite ville bâtie en bois et qui ne renferme guère plus de 3,000 habitants, presque tous Français. Son commerce est peu actif; mais il existe dans ses environs des forges importantes.

Montréal se présente svec éclat sur la côte orientale d’une Île considérable formée par le Saint-Laurent à sa Jonction avec l’Ottawa. Des hauteurs boisées, de numbreux vergers, de jolies maisons de campagne, et tout cela renfermé dans une île fertile, baignée par un fleuve magnifique où peuvent remonter les plus grands vaisseaux, tels sont les charmes de cette ville qui a une population de 35,000 âines, et qui est la cité la plus commerçante de tout le Canada, L'intérieur de Montréal est bien moins pittoresque; les rues sont généralement étroites, les maisons massives et tristes. La nouvelle cathédrale, terminée en 1899, passe pour l’un des plus beaux monuments de l'Amérique; elle peut contenir 10,000 personnes. Les deux séminaires cutholitues, l’église anglicane et l'hôpital général sont des édifices importants, Le port de Montréal présente une scène très-animée. Cette ville est le centre du commerce des fourrures de l'Amérique du Nord, Le village de lu Prairie, sur le bord méridional du fleuve, est entrepôt principal du commerce qui se fait entre le Canada et les États-Unis.

Le district de Gaspé est situé sur la rive droite du Saint-Laurent, près de son embouchure, et confine au Nouveau-BrunsWick, Ce district, ap= pelé aussi Gaspésie, était la patrie d’une tribu indieune remarquable par ses mœurs policées et par le culte qu’elle rendait au soleil, Les Gaspésiens distinguaient les aires de vent, connaissaient quelques étoiles et traçaient des cartes assez justes de leur pays. Une partie de cette tribu adorait la croix avant l’arrivée des missionnaires, ct conservait une tradition curieuse sur un homme véuérable qui, en leur apportant ce signe sacré, les avait délivrés du fléau d'une épidémie, On serait tenté de chercher ici le Vinland des Islandais, et cet apôtre des Gaspésiens pourrait bien être l’évêque du Groënland, qui quatrefois visita le Vinland. La Gaspésie est une contrée très-semblable aux parties les plus montueuses du Canada, bien boisée, bien arrosée, mais assiégée de brumes maritimes qui, seules, en dénaturent lu température, Le cheflieu de ce district porte le nom de New-Carlisle : ce n'est cependant qu'un village de cinquante à svixante hutles,

J68 CHAPITRE ‘TROISHME,

Le Haut-Canada s'étend depuis le lac Saint-François, un peu au-dessus de Montréal jusqu’à la chaîne des grauds lacs. Il comprend aussi les bords septentrionaux de ces mers intérieures, jusqu'à l'extrémité du lac Supérieur. Il est partagé en onze districts, dont nous nous contenterons d'indiquer les noms : Orsenta:, Ottawa, Johnston, Bathurst, Midland, Newcastle, Home, Gore, Niagara, Londun et Occidental,

Kingston et York, aux deux extrémités du burd septentrional du lac Ontario, sont les deux principales villes du Haut-Canada. La seconde, qui est la plus occidentale, porte le titre officiel ae capitale, et, en conséquence, est le siége des autorités de la province ; mais la premiére est de beaucoup la plus importante par son commerce. Elle a un excellent port où les bâtiments qui viennent du lac Ontario déchargent ordinairement leurs marchandises. La population de chacune de ces villes s'élève à 12,000 ou 15,000 habitants. On cite encore dans le Haut-Canada, la ville de Newark ou Niagara, à l'embouchure du fleuve de ce nom, London sur la Tamise, rivière qui se jette dans le lac Suint-Clair, Amhertsburg, sur la rivière de Détroit, et d’autres endroits qui, naguère simples villages, prernent un accroissement rapide.

Nous reiarquerons ici que l'extrémité orientale du Canada forme une presqu'ile séparée du reste de la province par les rivières Severn et Trent, qui sont même liées par une chaîne de petits lacs. Le reste de cette péninsule ou, si l'on veut, de cette île, est baignée par les lacs Huron, Saint-Clair, Erié et Ontario, les fleuves Saint-Clair, Détroit et Niagara. Tout le sol n’est qu’une plaine de terreau végétal ou d’'humus, reposant sur des couches de plâtre. Dans beaucoup d’endroits la richesse du sol est tellement exubérante qu’elle nuit à la culture, de sorte que, de plusieurs récoltes successives, les dernières sont beaucoup plus productives que les premières. On à vu des cullivateurs obtenir de leurs terres vingt et une récolles de suite, sans avoir besoin d'appor. ter au sol aucune espèce d'engrais. Le froment, le trèfle, les poires, les pêches réussissent parfaitement. Le climat, sur les hords du lac Erié, est presque aussi doux qu’à Philadelphie.

La population du Canada s’accroit avec une grande rapidité. On ne peut guère l’évaluer à moins de 4 million, qui se partage à peu près également entre Les deux provinces. Celte population présente des différences extrêmement tranchées selon son origine, c'est-à-dire selon

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