‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 68 sur 75 · ARR · texte numérisé non relu

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Le visage des Français du Canada est long et mince ; ieur teint, brunâtre et hâlé, devient quelquefois, sans doute par l'effet du mélange avec les tribus indigènes, aussi foncé que celui des Indiens. Leurs yeux, petits et noirs, ont beaucoup de vivacité: le nez avance tend à la forme aquiline; les lèvres sont peu épaisses, les joues maigres et les pommettes saillantes. Ils ont conservé, dans leurs manières des traces honorables de leur première origine. Une politesse noble et aisée règne dans leur conversation; ils se présentent avec un air qui les ferait prendre pour les habitants d’une grande ville plutôt que pour ceux d'une contrée deni-sauvage. Ils montrent de la déférence envers leurs supérieurs et jamais de la rudesse envers leurs inférieurs. La plus parjaite harmonie règne entre eux. Souvent les enfants de la troisième

génération demeurent dans la maison paternelle; même leur habitude Vile 47

de partager, autant que possible, les biens-fonds, afin de ne pas se sé. parer, toute nuisible qu’elle est sous le rapport de l’économie publique, ne laisse pas de prouver la bonne intelligence dont les familles sont animées. Ils se marient jeunes, et se voient de bonne heure entourés de nombreux descendants ; aussi, hors des villes, les mœurs sont pures et les ménages heureux. La gaîté française conserve ici son empire, quoique le climat, en rendant nécessaire l’usage des poëles et des four. rures , donne aux Canadiens l'apparence de Russes. Les parents et les amis s’assemblent, tous les jours, autour d’une table chargée de mets solides ; à côté d’un énorme quartier de bœuf ou de mouton, on voit de vastes terrines remplies de soupes ou de lait caillé. Immédiatement après un dîner qu’anime une gaîtè franche et bruyante, les violons se font entendre; tout le monde se livre à la danse , les menuets et les gigues se succèdent sans interruption.

Mais, quoique le cultivateur du Canada jouisse d’un bonheur sans égal, quoiqu'une paix de plus de 60 années ait répandu de l’aisance et quelques germes d'industrie parmi les classes supérieures, Pinstruction

publique a été trop longtemps négligée. Beaucoup de Canadiens éclairés 4 ont attribué cette négligence à un calcul machiavélique du gouverne. |

ment anglais, qui craignait, selon eux, de perpétuer le règue de la langue française et du catholicisme. Depuis quelques années cependant, le gouvernement britannique, contraint par le mécontentement de la population, a douné une assez vive impulsion à l'instruction primaire.

Les habitants du Haut-Canada conservent les mœurs de Angleterre et de l'Irlande, leurs contrées originaires ; car c’est vers les terres fer tiles qui bordent la partie supérieure du Saint-Laurent et des grands lacs, que se porte le flot de l'émigration britannique qui vient, chaque année, accroître de près de 30 à 49 mille âmes le chiffre de la population canadienne.

Le gouvernement du Canada est modelé, jusqu’à un certiin point, sur le type du gouvernement de la mère patrie. Avant 1783, dans cette colonie, l'autorité presque tout entière était entre les mains d’un goue verneur qui était également le commandant en chef des troupes. Pour récompenser les Canadiens de leur fidélité durant la guerre avec les Etats-Unis et pour se les attacher par un lien solide, la mère patrie leur accorda une représentation nationale. La législature des deux Canadss

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est constituée par deux corps distincts. L'un, appelé Conseil législatif, se compose de membres, élus à vie par le gouverneur, et ayant les fonctions de chambre des Lords, quoique assurément il ne possède pas la même indépendance. L'autre corps est la chambre de l’assemblée, qui correspond à la chambre des communes, et dont les membres sont nommés par les francs-tenanciers des villes et districts. Les membres dont elle se compose sont élus pour 4 ans: il y a unc session de trois mois chaque année. Les lois civiles du Bas-Canada sont les coutunes de Paris, antérieures à l’an 1666; dans le Haut-Canada, on suit les lois et les formes anglaises.

Nous ne nous étendrons pas sur les mœurs des tribus indiennes qui habitent dans les limites du Canada. Les Hurons, q'i s'étendent au nord et à l’est du lac qui porte leur nom, oui aussi une ville assez considérable sur le fleuve ou canal de Détroit. Quelques restes des tribus appee les les Six-Nations, et principalement des Æohawks, ont quelques villages sur la rivière d’Ouse qui se jette dans le lac Erié. Les Missisagues, tribu alliée des Algonquins, habitent encore dans ia péninsule du Canada, aux sources de la rivière appelée Crédit. La branche principale des Iroquois occupe les bords de l’Ottawa; c’est un faible reste de cette nation redoutable et généreuse. Non loin de Montréal est le misérable village de Cachenonaga, habité par les Agniers, tribu d'Iroquois qui a embrassé la religion chrétienne. Les Indiennes, par principe de religion et d'humanité, élèvent les enfants bâtards abandonnés par leurs pères Européens.

Les Tummiskamings, qui parlent la langue algonquine ou knistenane, demeurent au nord des sources de l’Ottawa. Les A7gonquins s'étendent vers la rivière Saint-Maurice. On trouve, aux environs de Québec, quelques hameaux de Hurons convertis au christianisme, et qui parlent français. Les Pikouagamis, aux environs du lac Saint-Jean; les Mistissings, Sur le lac du même nom, et 1es Papinachais, au nord de la rivière Saguenay, mènent aujourd’hui une vie paisible, et commencent à se livrer à quelques essais de culture. Ces tribus paraissent de la même origine que les Algonquins et les Knistenaux.

Le Nouveau-Brunswick s’élend, d’un côté, sur le golfe Saint-Laurent; de l’autre, sur la baie de Fundy. Il avoisine les Etats-Unis à l’ouest, et se termine, au sud, à l’isthme qui conduit dans la Nouvelle-Ecosse. Sa

partie occidentale est traversée par l’extrémité de la chaîne des Apalaches; cependant Wars-Hill, la plus haute de ces montagnes, ne s'élève pas à plus de 1,800 pieds. Cette chaîne donne naissance à plusieurs rivières dont la principale est celle de Saint-Jean, qui est navigable pour des bâtiments de 50 tonneaux dans l’espace d'environ 20 lieues. Le flux remonte à près de 25 lieues. Le Nouveau-Brunswick n'est güère qu’une immense forêt : toutefois le sol est fertile, et les céréales ont prospéré partout où les habitants ont fait quelques essais d’agriculture. Le principal commerce du pays consiste en exportations de bois de charpente, de poisson et de pelleteries. Du reste la population, qu'on ne peut pas évaluer à moins de 120,000 âmes, s’accroît avec rapidité, et la culture se développe dans la même progression. Le caribou, l’orignal, le chat-lynx, l’ours et les autres animaux sauvages du Canada et des Etats-Unis, se montrent encore dans ce pays, mais ne se répandent guère dans la Nouvelle- Ecosse. La tribu indigène des Haréchites est réduite à 140 guerriers.

Les villes sont toutes situées aux embouchures des fleuves, et subsis. tent par le commerce dont elles sont le siége. Une seule fait exception; c’est Frederictown, la capitale, qui est bâtie sur la rivière de Saint-Jean, à 27 lieues au-dessus de son embouchure; c'est une petite ville de 2,000 habitants, qui renferme plusieurs églises et un collége. Suint-Jean, à l'embouchure du fleuve de ce nom, est beaucoup plus importante par sa population qui s'élève à 12,000 âmes. Elle fait à elle seule les deux tiers du commerce de toute la province. Saint-André, au fond de la baie de Passamaquoddy, a des pêcheries considérables. On lui accorde 6,000 habitants. La rivière de Miramichi esi remarquable par les magnifiques forêts qui couvrent ses bords, et qui fournissent à un commerce considérable de bois de charpente, qu'on exporte par le port du même nom, ainsi que par ceux de Chatham, Douglas, et Newcastle : mais ces endroits ne sont encore que des villages. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est semblable à celui du Canada.

La Nouvelle-Écosse est une grande péninsule qui forme, pour ainsi dire, un fragment détaché de l'immense territoire des États-Unis. Elle a à peu près 120 lieues de longueur, sur 25 à 40 de largeur ; l'isthme qui la sépare du Nouveau-Brunswick, est large seulement de trois lieues. La Nouvelle-Écosse partage, avec toute cette partie du globe, un climat fort rigoureux en hiver; cependant les ports n’y gelent ja-

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mais. Les seuls brouillards maritimes rendent l’air sombre et malsain, Lorsqu'ils disparaissent, le printemps offre quelques moments agréables ; les chaleurs de l'été égalent au moins celles dont on jouit alors dans nos contrées, et font rapidement mûrir les récoltes ; l’automne est une saison délicieuse. Ce pays, généralement àpre et montueux, renferme des coteaux riants et fertiles, notamment autour de la baie de Fundy et sur le bord des rivières qui s’y déchargent. De vastes terrains, autrefois marécageux, jusqu’à 25 ou 30 lieues dans l’intérieur, y ont été rendus à la culture. Les forêts renferment quelques excellents chênes, très-propres aux coustructions navales; mais elles se composent principalement de pins, de sapins, de bouleaux, qui donnent de la poix, de la térébenthine, du goudron, ou du bois à l'usage des sucreries des Antilles. Les rivières fourmillent principalement de saumons, et le produit des pêcheries de cabillauds, de harengs, de maquereaux, établies dans les différents ports ou sur les côtes, fournit à l’exportation pour l’Europe. Plusieurs baies, havres et criques offrent de grands avantages au commerce ; la plupart des rivières sont navigables, et le flot y remonte bien avant daus les terres. Dans la baie de Fundy, la marée s’élève deux fois par jour à la hauteur prodigieuse de cinquante pieds.

La Nouvelle-Écosse abonde en houille et en fer. On y trouve encore d’autres minerais et même des pierres précieuses. La houille et le fer sont seuls exploités. Cette presqu'île renferme aussi de puissantes couches de plâtre dont il s’exporte des quantités considérables pour les États-Unis.

La population de ce pays est évaluée à 450,000 âmes au moins. Sur ce nombre, on compte à peu près 30,000 individus d’origine française, qui vivent séparés des autres habitants de race anglo-saxonne, et conservent leurs mœurs et leur religion, comme les Canadiens français. Il ya aussi un millier de nègres libres, et environ 4,500 indiens qui, quoique chaque jour plus refoulés par la pnpulation européenne, continuent de mener une vie errante et à vivre de leur chasse. Ils ont cependant été convertis par les missionnaires français à la religion catholique, et se montrent d’ailleurs fort paisibles lorsqu'ils ne sont pas ivres. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, dont l’île du Cap Breton et celle du prince Édouard sont cousidérées comme des dépendances,

se compose d’un gouverneur, d’un conseil légisiatif et d’une assemblée sur le modèle de l’administraticn canadienne.

La Nouvelle-Écosse a déjà quelques villes assez importantes. La plus remarquable est Halifax, située presque au milieu sud-est de la pénin. sule. Son port, qui est défendu par de grands travaux de fortification, est regardé comme l’un des plus beaux et des plus vastes du monde entier, Les avantages de sa position se sont éminemment manifestés, surtout dans les guerres d'Amérique, où ce port, qui commande cn quelque sorte l’Ailantique, servit de rendez-vous général aux flottes en croisière et de refuge aux vaisseaux marchands. On remarque à Halifax le plus vaste arsenal et chantier de construction maritim2 que l'Angleterre possède en Amérique. La ville est assez jolie, quoique généralement bâtie en bois. Elle renferme une population de 12,000 âmes, qui a réuni entre ses mains presque tout le commerce du pays. Le canal d’Halifax joint cette ville au Schubenacady et par conséquent met en communication l'Atlantique et la baie de Fundy. Disonsencore qu'Halifax est la capitale de la Nouvelle-Écosse : en cette qualité, elle est la ré. sidence du gouvernement. La côte sur laquelle est bâtie Halifax, présente encore une série d’excellents ports, dont douze sont capables de recevoir des vaisseaux deligne. Lunenbourg, chef-lieu des établissements allemands, a une population de 5,000 âmes, et fait un commerce assez actif. Liverpool prospère aussi par son cornmerce, mais Shelburne qui, à la fin de la guerre d'Amérique, était la ville la plus considérable de la province, n’est plus qu’un village de 4,200 habitants. Sur la côte nord, on cite Pictou, d’où il s’exporte beaucoup de bois et de houille. L'ancienne capitale française, nommée Annapolis, est bâtie à l’embouchure d’une rivière qui se jette dans la baie de Fundy ; mais depuis qu’Halifax est devenue le siége du gouvernement, elle est fort déchue. Le commerce dont cette grande baie est le théâtre, est actuellement concentré à Yarmouth, petite ville d'environ 5,000 âmes: on en exporte une quantité énorme de plâtre.

Le Cap-Breton est une île considérable qui n’est séparée de la Nouvelle-Écosse que par un canal sinueux, ayant au plus deux kilomètres de largeur, et qui porte le nom de Détroit de Cans, Détroit de Fronsac ou encore Détroit de Saint-George. Elle est presque divisée en deux parlies égales par un bras de mer, appelé le Bras-d'Or. Les Français Considé-

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AMÉRIQUE. , 015 raient cette île comme la clef du Canada ; cependant ses ports ont le désavantage d'être souv' .. fermés par les glaces. L’atmosphère, sujette à de violentes tempêtes, est fréquemment obscurcie par des tourbillons de neige et de grêle, ou par de fortes brumes qui empêchent de distinguer les objets les plus proches et qui déposent partout une couche de verglas. Le poids de la glace, abattue des agrès d’un seul des vaisseaux employés à la prise de l'île, en 1758, a été estimé à 6 ou 8 tonneaux; et cette masse prodigieuse s’y était attachée dans la nuit du 5 mai. La surface de cette Île est montueuse; le sol y est médiocre; la culture, du reste, est restée confinée aux terres qui avoisinent la mer. La population préfère se livrer à l’industrie de la pêche et à la construction des vaisseaux. Le voyageur M’ Gregor en fait un tableau peu flatteur. Elle ne dépasse pas 20,000 individus, ct se compose de Français-Acadiens et de Higlanders écossais. Le Cap-Breton possède d’inépuisables mines de houille que l’on commence à exploiter, Le port de Louisbourg, autrement Port-Anglais, près du Cap-Breton proprement dit, est l’un des plus beaux de toute l'Amérique. Après s'être emparés de l’île, les Anglais firent sauter les fortifications de la place qui avaient coûlé à la France des sommes immenses. On n'y voit plus aujourd’hui que quelques cabanes de pêcheurs. Le chef-lieu actuel de l’île est Sidney, qui n'est qu’un village de cinq à six cents habitants.

L'ile du Prince-Édouard, appelée naguère île Saint-Jean, est parallèle à la côte septentrionale de la Nouvelle-Écosse, dont elle est séparée par un canal qui a de 3 à 5 lieues de largeur. Quoique voisine de l'ile du Cap-Breton, elle est bien supérieure à celle-ci par la fertilité de son sol et son aspect riant. Sous la domination française, elle fut appelée le grenier du Canada. Ce dernier en tirait une grande quantité de grains, de bœufs et de pres. Les rivières et les côtes abondent en poissons. La population de l’ile dépasse 30,000 âmes : elle se compose, pour les deux tiers au moins, d’émigrants venus des montagnes de l'Écosse; les descendants des anciens colons français forment l’autre tiers. Les principales villes de l’île sont Belfast, avec5,000 habitants,Charlotte-Town et George-Town , qui ont chacune 3,000 à 4,000 âmes. Ces trois villes sont importantes par leurs ports et leurs chantiers de construction.

La rocailleuse île d’Anticosti, située à l'embouchure du Saint-Laurent, est couverte de bois, mais dépourvue de ports.

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Le golfe Saint-Laurent est fermé au nord par la fameuse tle de Terre-Neuve, appelée, par les Anglais, Newfoundland, nom qui signifie «terre nouvellement découverte.» Cette île a environ 140 lieues de longueur sur 100 de largeur. Les brouillards perpétuels qui l'enveloppent se forment vraisemblablement par le conflit du froid naturel de ces parages avec la chaleur du courani des Antilles qui s'y engouffre entre les terres et le grand banc avant de s'échapper vers l’est dans l’octan At. lantique du nord, L'Île passe pour être généralement stérile, les bords des rivières exceplés. Les forêts se composent d'arbres rabougris qui fournissent cependant tout le bois nécessaire à la construction des barques et à l'établissement des nombreux échafaudages dressés tout le long de la côte pour la préparation de la morue. Les clairières forment d'assez bons pâturages. Dans l'intérieur s'élève une suite d’éminences considérables et entrecoupées de fondrières ou de marais qui donnent au pays un aspect sauvage. Les forèts servent de retraite à une quantité d’ours, d'élans et de renards ; les rivières et les lacs abondent en castors, loutres, saumons et autres poissons. Mais tous ces avantages ne sont rien comparés avec la richesse qu'offre la mer voisine. Ù

A l’est et au sud de l’île, s’élévent du fond de l'Océan plusieurs bancs de sable, dont le plus grand s'étend près de 10 degrés du sud au nord. La tranquillité, la douce température et la pesanteur moindre de l’eau, y attirent une quantité si énorme de cabillauds, que leur pêche fournit à la consommation de la majeure partie de l’Europe. La saison de la pêche, qui commence avec le mois de mai, ne se termine qu’à la fin de septembre. Les avantages de Terre-Neuve pour la pêche de la morue furent bien vite appréciés. Dès 1517, moins de vingt ans après sa découverte, il s’y réunissait déjà plus de cinquante navires pècheurs appartenant à différentes nations. Les Anglais ne tarderent pas à prendre la part la plus active à ces pêcheries ct fondèrent des colonies sur l’île même. La souveraineté de la Grande-Bretagne sur Terre-Neuve ful reconnue par le traité d’'Utrecht, qui réserva néanmoins aux Francais le droit de pêche sur ses bords. Ce droit leur fut confirmé de nouveau en 1763, et les deux pelites îles de Saint-Pierre et Miquelen leur furent concédées pour y faire sécher leur poisson. Les Américains des États-Unis ont aussi la faculté de pécher, mais à une distance de trois milles de la côte, ainsi que celle de faire sécher leur poisson sur

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AMÉRIQUE. 377 tout point du rivage voisin qui n’est pas occupé par les Anglais,

Parmi les animaux de Terre-Neuve, on distingue une race particulière de chiens, remarquables par leur grande taille, par leur long noil soyeux, et surtout par la plus grande dimension de la peau entre les doigts, qui les rend très-propres à nager. On a prétendu, mais à tort, que cette race descendait d’un dogue anglais et d’une louve indigène; toujours est-il qu’elle n'existait pas lors des premiers établissements.

D’après le recensement de 1835, le population de l'île de Terre-Neuve s'élevait à 85,000 âmes. La plupart des habitants se livrent à l’industrie de la pêche, et se distribuent entre 60 à 70 stations situées le long des côtes orientales et méridionales de l’île. La capitale qui porte le nom de Saint-Jean, n'est elle-même qu’une grande station de pêche. Les maisons, presque toutes construites en bois, forment une seule ct longue rue irrégulière, d’où partent quelques petites ruelles. Les bords dela mer sont garuis de quais, où s'élève une série d’échafaucdagis pour la préparation du poisson. Le port est sûr, mais son entrée est difficile. Il est défendu par plusieurs forts, dont l’un, le fort Townsend, est la résidence du gouverneur de lîle. Le chiffre de la population de Saint-Jean varie beaucoup selon la saison de l’année : on évalue cevendant à 42,000 celui de la population permanente. Plaisance ou Placentia, ancien chef-lieu de l’île, et Harbour-Grace, ont à peu près trois à quatre mille habitants chacune. |

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