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dans leurs réfectoires communs, bien fournis en fruits et pâtisseries; leur principal métier est l’usure. Les Tartares, livrés au petit commerce, sont toujours débiteurs des Indiens, au point de leur reretlre en gage et en usufruit lcurs propres femmes; de ce couunerce descen. dent les Tartares Achrichanski. Les autres villes sur le ‘Yüiga, telles que Krasnoïar et enotaïeusk, offrent peu d'inti1êt.
Franchissons la steppe qui sépare le Volga de l’Ourai. et nous som |
mes dans le pays des Cusaques-Ouraliens, C’est une lougue et étroite bande de terrains sablonneux ct marécageux qui borde le cours du fleuve Oural. Descendu des montagnes dont, par ordre de Catherine,
il porte aujourd’hui le nom, ce fleuve r'oule ses caux médiocremcit
limpides, mais extrêmement poissonneuses, dans un lit sans écuc i, el assez profond vour des barques ; ses solitaires rivages, couverts d'une forêt de roseaux, ne retentissent plus du fracas du commerce, depuis
que la ville t:.fare de Saraïtchik (le Saracanco des voyageurs) a éti È
détruite. La pêche seule y assemble les Cosaques à plusieurs époques fixes. Celle de la pêche sous la glace offre un des spectacles les plus singuliers; un essaim de quelques müliers de pécheurs y arrive en truineaux, chacun muni d’une fourche, de plusieurs perches et d'au tres instruments; ils se rangent sur une ligne immense, et celui qui oserait devancer les autres verrait sur-le-champ ses instruments brists par les gardes. Les pêcheurs frémissent d’impatience, et ce sentiment paraît être par agé par leurs chevaux, dressés à ces courses. Au moment où « l’hetman de la pêche » part dans son traîneau, tous s’envolent ave la rapidité du vent, choisissent une place sur le fleuve glacé, y taillent une ouverture, y enfoncent leurs fourches ; une forêt de perches s’élève sur le fleuve ; les marchands, accourus jusque de l'intérieur de h Russie, achètent le poisson avant même qu'il soit tiré hors de l’eau; bientôt les esturgeons, les husons, les sewruga, palpitent sur la glace, et les courriers de la « grande armée ouralienne » partent comme ui éclair avec les prémices de la pêche pour les déposer aux pieds de h cour de Pétersbourg. La valeur du poisson exporté pour l'intérieur (y compris la colle et le caviar) est estimée à 2 millions de roubls, Eurichis par la vente de leur pêche, de leur bestiaux, de leurs laines, de leurs chevaux, les Cosiques-Ouraliens vivent dans la plus grande aisance ; leurs maisons, du moins celles de la ville principale, nomme
Quralsk, €
sont reçu N l'asiatique à} mmes, € I sant de | Bt Li'Ue, Ce peup des Cosaq me da bas Vi sous leur:
Q put saisir, M côtes à des mer Caspie crérent to:
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Avant d’ Ajetons un cette régio dérables.
Les Lapo Wotiaks, les el quelque gage, mœ@ férences q puous cach
EUROPE :; RUSSIE, 251 s et pâtisseries; Quralsk, offrent de la propreté et de la commodité; les étrangers y au petit com- sont reçus avec Ja pbus grande hospitalité ; eux-mêmes s’habillent à e leur remctire À asiatique, en étoffes de coton et de soie ; la soroka, ou bonn?t de leurs ninerce dlescen. : »mmes, est ornée de perles fines et d'un mouchoir de soie persane. e Vuiga, telles ff :ant de la secte des roskolniki, ils abhorrent le tabac et conservent la Ni Lu, , et nous som % Ce peuple, aujourd’hui paisible, a eu une histoire orageuse. Sortis ugue et étroile DD je Cosaques-Doniens, ils s’établirent en brigands sur tout le cours rde le cours du RE in bas Volga; voyageurs, marchands, ambassadeurs, tout tombait de Catheïinell, D sus leurs coups. Iwan IT envoya une armée contre eux. Ceux qu’on médioeremet ME put saisir, périrent dans d’horribles tourments, suspendus par les it sans évuc À el D tes à des crocs de fer. Chassés du Volga, ils pillèrent les bords de la , couverts d'une D ner Caspienne, et ayant pris Saraïtchik, non-seulement ils y massammerce, depuis M crent tous les vivants, mais ils tirèrent les morts de leurs cercueils oyageurs) à &té DE jour les dépouiller et les outrager. Leur république indépendante, lusieurs époques D tndée sur les bords de l’Oural, se soumit à la protection de la Russie, ectacles les plus 1 conservant ses libertés. Mais la révolte de Pugatschev fut une occaeurs y arrive @ M iontrop séduisante pour leur esprit remuant et leur humeur féroce ; perches et d'a Dis mirent sous les ordres de cet homme cruel, et, vaincus par les se, et celui qu EE ioupes russes, ils furent privés de leurs assemblées nationales ct de struments bris M bur artillerie. Leur population s’élève aujourd’hui à 30,000 individus et ce sentiment Æ js deux sexes.
rses. Au Mmomeit
s s'envolent avec glacé, y taillent SECT. 2°. — Description de la Russie d'Europe orientale.
le perches s’élèv
l'intérieur deh Avant d'entrer dans la description de l'est et du nord de la Russie, ré hors de l'eau; ions un coup d'œil sur l'antique race qui jadis paraît avoir habité
ent sur la glac, site région tout entière, où l’on en trouve encore des restes si consirtent COMME UE érables.
"aux pieds de hi Les Lapons, les Finnois, les Esthoniens, les Permiens ou Biarmiens, les ë pour l'intérieur Wotiaks, les Wogouls, les Ostiaks d’Obi, les Tchouvaches, 1es Tchérémisses, Lions de roubls Œut quelques autres peuplades descendent tous d’une seule souche; lan- , de leurs hi Be, mœurs et physionomie, tout démontre leur parenté : mais des difà la plus grand Efsrnces qu’on ne saurait nier prouvent aussi que l’histoire de cette race ncipale, noué nous cache quelques secrets qu'il nous sera toujours impossible de
deviner. Les Finnois s’étendaient du temps de Tacite et de Strabon jusqu’au milieu de la Pologne, sous les noms identiques de Fenni ct de Zoumi; les traces de leur séjour se manifestent dans la langue lithua. nienne. Les nombreuses tribus des Hongrois parlaient et parlent encore une langue affiliée aux langues finnoises. Divers noms géographiques prouvent aussi la grande extension des peuples finnois ; le mot iouy, qui dénote une rivière, se retrouve jusque parmi les affluents du Don; les monts Ourals portent aussi le nom finnois de poyas, c’est-à-dire les sommets. Il vient même d’être rendu extrêmement probable que la division particulière des régions de l'horizon, en usage parmi les Finlandais, fait partie d’un système astronomique qui a dù se former entre le 40e et le 50° parallèles, et que par conséquent la première civilisaticn des Finnois a commencé sur les bords de la mer Noire ou de
la Caspienne. Mais quoiqu'il soit démontré que des peuples de la rac: |
finnoise s’étendaient sur toute la Russie septentrionale, orientale cl méridionale, à une époque très-ancienne, il n’en suit pas qu'ils occupaient seuls cet espace, ni même qu’ils y dominaient.
La race finno-hunnique est dispersée depuis la Scardinavie jusqu'a nord de l’Asie, et de là jusqu’au Volga et à la Caspienne. Les cheveux
roux ou jaunes-bruns, l'occiput grand, les os des pommettes saillants, les joues enfoncées, la barbe rare, le teint brun-sale, semblent être
les traits caractéristiques de leur physionomie ; mais les Wogoules et quelques Lapons offrent des cheveux noirs et durs, avec le nez enfoncé. Les licvux marécageux, les forêts, ont été de tout temu; leur séjour favori ; la chasse et la pêche, leur occupation principale. Les Russes semblent les avoir toujours compris sous le nom général de Tehoudrs, c’est-à-dire étrangers ; les Scandinaves, sous celui de Finne, qui peut venir de Fiende, ennemi, ou de Fen, marais. Quoique le nom de Feni soit très-ancien, puisqu'il était connu de Tacite, il n’est pas du toui connu parmi eux. Ils se nomment aujourd'hui assez généralement Sami, Souomi, où Souomi-Lainen, c'est-à-dire les gens du pays. Les pre. miers événements de leur histoire sont enveloppés d’une profonde obscurité Excepté les Huns et les Magyars, aucune de ces nations nà joué un rôle sur la terre. Elles n’ont point d’aunales particulières, € l’on ne trouve leur histoire que dans celle de leurs vainqueurs, dé Scandinaves-Goths et des Russes.
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Depuis le rxcet le x° siècle, les monuments russes et scandinaves font mention des Finnois, des Permiens, des Lapons, et de quelques autres peuyles qui n’existent plus ou qu’on ne connaît plus sous le méme nom. Les nations d'origine finnoise, établies sur le Volga et dans la Sibérie, ont été découvertes lors des conquêtes que les Russes ont faites dans ces contrées. Il paraît que les nations finnoises avaient des idées religieuses plus grossières que celles de l’odinisme. Tout objet uaturel devenait idole ou fétiche pour leur crédulité. Joumala était le nom qu’ils donuaient à l’Étre suprême; mais ils n’avaient d’autres lieux consacrés que les forêts et les montagnes. Les Perm.ens seuls avaient un grand temple, ou du moins une enceinte sacrée, ornée d’autels. Les historiens dislande leur donnent le nom de Biarmiens, et les Russes les appellent Permiak”, 1] paraît que, dans le moyen âge, les corsaires scandinaves ont nommé Permie tout le pays entre la mer Blanche et l'Oural, Other, en partant de l’Halogaland, pruvince de la Norwége, découvrit les Permiens sur la Dwina, dans le 1x° siècle. Le temple de Ioumala est l'objet des pirateries des Scandinaves et de leurs descriptions poétiques, probablement très-exagérées. Tous les ans on y faisait des expéditions de l'Halogaland. Plusieurs rois de Norwége vinrent piller la Permie, et sen retournerent chargés d’un riche butin; mais on voit aussi que des navigateurs scandinaves ont parcouru ce pays pour y faire le commerce. Les ruines de plusieurs villes prouvent encore l’état florissant ét la civilisation de ce peuple. Bolgar, ancienne capitale des Bulgares, lait visitée par des caravanes de Persans, d’Arméniens et d’autres peuples asiatiques, ainsi que le prouvent les monnaies et les inscriptions arabes qu’on y a découvertes. Les expéditions des Norwégiens dans la Permie ccssèrent vers 1217; mais déjà avant celte époque la république de Novogorod s'était emparée de ce pays, et y avait envoyé des colonies russes pour maintenir les habitants dans sa dépendance. Eu 1372, l'évêque Étienne y introduisit la religion chrétienne. Maintenant les descendants de cette nation célèbre ne forment qu’une petite peuplade
[qui a perdu en grande partie son caractère national, et même:sa lan-
gue, par son mélange avec les Russes. Les Sirtaines, habitants du gouvernement de Vologda, ne diffèrent en rien des Permiaques, et se donnent, comme ceux-ci, le nom de Komt, On doit comprendre dans ia
nommés Woti par les Novgorodiens. Voilà les trois branches des Fi. nois-Ouraliens,
A l'est, ou plutôt au nord-est des Finnois-Ouraliens, demeurent déjà sur les confins de l'Asie les Wogouls qui, à cause de leur langue remplie de mots hongrois, ont été considérés comme les ancêtres des Magyars, Ils se distinguent par la laideur particulière de leur physionomie, et ne sont probablement qu’une peuplade kalmouque, anciennement sub. juguée par les Hongrois, et à laquelle ceux-ci auront imposé de force leur langue. Les Ostiaks d’Obi sont une semblable peuplade, sans histoire connue, et qui n’a que son idiome pour réclamer un degré de parent: avec les Finnois en général et avec les Hongrois en particulier.
La deuxième branche des peuples finnois est celle des Finnois-Baltique: ou occidentaux. Ses tribus principales, les Quaines, les Ymis, Iémes où Haimes, les Wesses, les Kyriales, les Esthes, les Lives, paraissent avoir ét alors moins civilisés que les Permiens; ils avaient cependant un cuite, des chants nationaux, peut-être une écriture runique, Non-seulement par leurs relations avec les Suédois, les Danois et les Allemands, mais encore par leurs rapports plus anciens avec les Goths, ils ont reçu un ecrtain nombre de mots gothiques, et peut-être même quelques idées mythologiques et quelques usages civils. Malgré toutesles traces de ceite influence étrangère, c’est ici qu’on retrouve le plus de traits caractéritiques de la race finnoise. Les tribus qui composent aujourd’hui celte branche sont les Lives, reste des anciens habitants de la Livonie; les Esthes, dans l’Esthonie; les Ischores, dans l’Ingrie; les Finlandais ou Finnois propres, dans le pays auquel ils donnent leur nom; les Quaines ou Cayaniens, qui ne sont qu’une subdivision septentrionale des Finlandais, répandue aujourd’hui jusque sur les rivages de la Laponie norwtgienne; les Caréliens ou Kyriales, qui s'étendent jusqu'à Olonetz, se liant sans doute anciennement aux Wotiaks et aux Siriaines.
Au nord de toute la race finnoise-baltique, on découvre dans l’extrème nord de l’Europe une peuplade de pygmées, mêlée de quelques famille: d'une taille élevée, mais au sein de laquelle la laideur caractéristique des Wogoules prédomine, et où se conserve aussi un idiome plus rappro. ché du hongrois que la plupart des dialectes finnois-baltiques.
Les Finnois du Volga, ou Finnois-Bulgares, forment le troisième group de cette race. Ce sont les restes des habitants les plus anciennema
connus de opprimés « koumans, ks Bulgar connus, qu Mongols s russes Ont ( Les Finnois Leurs bran et demeure mile de ta Souasches q comme les] torod et dé quoique auj l'autre les £ et de Finnoi autre mélan ent d'Ore noise.
Toutes les n{otal de} \ groupe ))0,000 aux Après avo dicentale, o dément d’O orulation, spaces désd hlcricure et avigation.
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connus des régions qu’arrose le grand fleuve de Russie; ils ont été opprimés de bonne heure par les Huns, les Roxolans, les Hongrois, les joumans, branche des Hongrois, et les Petchenègues ou Patzinakites ; ks Bulgares ct les Chazares ont établi dans ces lieux des empires mal connus, quoique fameux et puissants ; enfin, des essaims de Tartares- Mongols s’y sont fixés, et, sur cet amas confus de nations, les czars russes ont étendu leur domination et leur système de colonisation slave. Les Finnois du Volga paraissent surtout avoir pris un caractère tartare. Leurs branches sont les Tchérémisses, qui se nomment eux-mêmes Mari, demeurent dans le gouvernement de Kazan : leur idiome est trèsmelé de tartare; les Tchouvaches, ou, selon d'anciens voyageurs, les Suasches qui adoraient le dieu scandinave Thor; et les Mordouins qui, comme les précédents, demeurent dans le gouvernement de Nijni-Novogrod et de Kazan, divisés en deux tribus, avec des idiomes distincts, quoique aujourd’hui fortement mèlés, l’une se nommant les Mokschad, autre les Ersad (en russe Erseniè). Les Mechtcheriaques, mélange de Turcs a de Finnois, ont généralement perdu le caractère finnois; les Teptiaires, autre mélange de Finaois et de Tartares ou Turcs, dans le gouverne-
rent d'Orenbourg, peuvent encore être considérés comme une branche inoise.
Toutes les nationsfinnoises actuellement existantes en Russie forment n total de près de 3 millions d'individus, dont 1,800,000 appartiennent ù groupe des Finnois-Baltiques, 250,000 aux Finnois-Ouraliens, et )i0,000 aux Finnois du Volga.
Après avoir jeté ce coup d'œil général sur les nations de la Russie ientale, occupons-snous de le description du pays. Le vaste gouver. nent d’Orenbourg, égale en étendue la monarchie prussienne; mais sa orulation, qui ne dépasse guère un million, y laisse encore de grands spaces déserts. La Bielata, tributaire de la Kama, en arrose la partie ilricure et septentrionale ; elle a peu d’eau en été, et ne sert pas à la avigation, Parmi les fleuves de son bassin, le Sim, coulant également ans un pays calcaire, s’absorbe tout entier dans une caverne pendant été, Le flenve Oural baigne les parties méridionales et extérieures du cuvernement. Les chaînes les plus méridionales du grand massif des onts Ourals, en couvrent la partie nord; elles fournissent du ininerai à grand nombre de forges de fer et d'usines de cuivre. En s'abaissant
peu à peu depuisle sommet appelé Pawdinskoï k'amen, élevé de 6,400 pieds au-dessus du niveau de la Caspieune, l'Oural baschkirien forme à l’ouest du fleuve Oural un long plateau à collines ondulées, sans aucun sommet distinct, et dont les hauteurs descendent d’un côté vers le lit de l'Oural, de l’autre vers la grande vallée du Volga. Ce plateau n'a d'autre nom qu'ObchtchY Siert, qui signifie montagne commune, en opposition aux districts de l’Oural, où les forêts sont réservées pour le besoin des mines.
Chaque bassin, chaque massif mériterait une description spéciale; mais nous devons nous borner aux traits les plus frappants. Dans le bassin du Sok (qui s'étend aussi dans le gouvernement de Simbirsk), on remar. que unc chaîne de collines, nommée Socolo-Gori où Monts Faucons, qui accompagne cette rivière jusqu’au Volga, et d’où jaillissent des sourcci imprégnécs de soufre. A peu de distance de Sergievsk, le long deh petite rivière de Sourgout, Pallas a vu, dans un espace de 30 werstes, plus de 12 grandes sources qui déposent une matière sulfureuse si abondante qu'on y avait autrefois établi des exploitations de soufre. Ces sources ne gèlent jamais. À 5 werstes du village d'Ichtulkina, dansun profond bassin entouré de rochers arides, une source abondante forme ct nourrit le Lac de soufre (Sernuié-Ozero), dont les eaux limpides laissent apercevoir des couches de soufre jaune et olivâtre, tandis que latmo. sphère, à2 werstes de distance, estinfecté d’une puanteur insupportabk, Un ruisseau sort de ce lac : ses eaux sont tellement troubles et blanchâtres que les Tartares le nomment Uiran-Ly, c'est-à-dire lait cail, et les Russes Molochnaïa-Reka ou ruisseau de lait. Près Semenovo, il jaillit une forte source d’asphalte liquide; plus bas, vers Sergievsk, on i ex]iloité un puits d'asphalte, et près de Kostitchi, les falaises du Vols présentent une roche calcaire tellement imprégnée de bitume, qu'on eu fabrique de la cire à cacheter. Les mêmes falaises, à Sernoï-Gorodok, offrent des cristaux de soufre, d’une transparence égale à celle de l'an bre jaune.
Parmi les villes de ce gouvernement, Orenbourg seule est d’une haut importance; c’estun des grands points de contact entre l'Asie et l'Europe Cette ville de 5,000 habitants, situéc sur les bordsdel'Oural, entourée de fortifications qui en font le rempart de l’empire contre les Tartares inde pendants, est le rendez-vous des caravanes russes qui se rendent dat
la Boukha marchant monnaies tirées de 1 soie, des tigres et d 400 cham ils paient à de cavaler vanes de K Les Kirç de sujets) vaux, Mai lités, teint toiles blar blanc pou grains de billements Une aut:
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EUROPE : RUSSIE, 957 hBoukharie, et des caravanes boukhares qui apportent en Russie les marchanilises d'Asie. Les Boukhares apportent de la poudre d’or, des monnaies d’or de Perse, du lapis-lazuli, des rubis et autres pierreries tirées de l'Inde, du coton écru en fil et travaillé, de mauvaises étoffes de soie, des peaux de brebis et d'agneaux à laine frisée, des peaux de tigres et de chats tigrés. Ils se réunissent en grandes caravanes de 300 à 400 chameaux. Obligés de passer sur le territoire des Kirghiz-Cosaques, ils paient à ceux-ci deux ducats par chameau, et en reçoivent une escorte de cavalerie, qui ne les préserve pas toujours d’être pillés. Les caravanes de Khiva apportent également du coton écru.
Les Kirghiz (que les Russes honorent un peu gratuitement du nom de sujets) amènent à Orenbourg environ 60,000 moutons et 10,000 chevaux, mais de peu de valeur. On exporte des draps de différentes qualités, teints en rouge ordinaire et en écarlate, des petits velours, des toiles blanches et des toiles bleues, toutes sortes de plaques en ferblanc pour la parure des femmes, des aiguilles, de la verroterie, des grains de corail et d’autres objets frivoles qui servent à orner les habillements des Kirghiz et les équipements de leurs chevaux.
Une autre branche singulière de commerce, c’est celle des aigles. Ces oiseaux sont fort recherchés par les Kirghiz, qui les dressent pour la chasse du loup, du renard et de la gazelle. D’après certaines marques particulières, et certains mouvements de cet oiseau, les Kirghiz jugent de sa bonté et de ses dispositions à être dressés pour la chasse. Ils ne sont pas tous susceptibles d'instruction; un Kirghiz donne quelquefois un bon cheval en échange de tel de ces aigles, tandis qu’il ne donnerait pas un mouton pour tel autre.
Oufa, chef-lieu du gouvernement est bien moins importante; elle n'a que 3,000 habitants. Mais elle est située sur la rivière de même nom, à peu près au centre de la province.
Les peuples divers qui habitent ce gouvernement, s'élèvent à 1,100,000 individus, dont une moitié est russe, tandis que l’autre suit le culte mahométan et a adopté les mœurs tartares. Cependant, au milieu de l’uniformité qui en résulte, les Baschkirs offrent quelques traits particuliers. Descendants d’un mélange de Hongrois et de Tartres, ils conservent à côté des cérémonies musulmanes quelques res-
les d’un culte naturel ; ils offrent des prémices au soleil, et suspendent Ye 33
auprès de leurs ruches une tête de cheval. Leur fête de la charruc rappelle une cérémonie chinoise. Le mollah, en uuissant un couple d’époux, présente au mari une flèche, avec ces mots : « Sois brave et protège ta femme. » Malheureusement ils ont perdu leu” idiome, et parlent un mauvais dialecte tartare. Les bestiaux, les chevaux, les «bcilles font toutes leurs richesses, Ils vivent dans l’hiver de viandes, de galettes et de micl; le grand outre de koumis, ou lait de jument fermenté, principal ornement de leurs sales huttes, est pour eux une source de joie; au printemps, le suc de bouleau épure et ranime leur corps ; avec le beau temps et la verdure des pâturages, eux et leurs troupeaux reprennent de l'embonpoint; le lait frais devient alors leur nourriture, les jours se passent en jeux et en occupations pastorales, Les ours, grands amateurs de miel, paient souvent de la vie ce goût qui les entraine daus les piéges ingénieux dont le Baschkir environne ses innombrables ruches. Les troupes que cette peuplade fournit aux Russes s’arment d'un arc, d’une lance, d’un casque et d’une cotte de mailles. Les Mechtchériakes, venus, dans le 14° siècle, des environs de l'embouchure de l'Oka, près Nijni Novgorod, vivent en petit nombre parmi les Baschkirs; ils s'halillent en peaux de cheval dont la crinicre, flottant sur leur dos, leur donne un aspect singulier. Les Teptiaires sont un ramas de Tartares , de Finnois-Volgaïques et de Baschkirs, né lors de la destruction du royaume tartare de Kazan, ils font des corvées pour la couronne, mais ne paient aucun tribut.
Nous allons décrire les pays qu'arrose le Volga dans sa courbure la plus orientale, sur les confins de la Russie ouralienne et de la Ru:sie centrale. Le gouvernement de Saratov comprend deux contrées distinctes ; la partie à l’est du Volga est un commencement de la steppe saline et sablonneuse du gouvernement d’Astrakhan que nous avons déjà dépeinte; on v exploite le lac salé d’Elton, qui fournit annuellement plus de 160,000,000 de livres de sel : la partie occidentale ressemlile au
reste de la Russie centrale; elle produit du seigle, du tabac, mais la |
vigne n’y réussit guère. De nombreuses colonies d’Allemands établies le long du Volga ont changé la face jadis déserte de ce pays; la popalation allemande, évaluée à 110,000, conserve généralement la religion évangélique. Saratov, sur le Volga, est importante par son commerce, par le dépôt du sel d’Elton, et par sa population de 35,000 âmes. Su
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EUROPE : RUSSIE. 259 rpta, colonie de frères moraves, offre un aspect riant; tout y est artisan ou boutiquier; on y fabrique du velours de coton, des toiles, des bas, des bonuets, du cuir à anglaise, du tabac renommé; les peuplades kalmoukes s’y fournissent de tous les petits objets domestiques. Elle renferme 3,000 habitants.
Le gouvernement de Simbirsk ressemble au précédent; seulement k ciinmat devient plus froid : la vigne a disparu, l’arbouse ne mürit pas
ujours ; mais les grains, les foins, les pommiers abondent; la tempéralure plus égale favorise la santé de l’homme, et une population plus compacte jouit des avantages d’une civilisation plus avancée. On xporte des grains et de fruits. Les blés, réunis en grandes meules, sont d'ordinaire séchés sur un feu lent. Souvent les vergerssemblent former une forêt autour des villages. Simbirsk avec 43,000 habitants, et Syzran avec 9,000, sont les villes les plus remarquables. C’est à Samara, ville de 6,000 âmes, que les Tartares de Kasimov vendent les peaux d’agneaux recherchées, qu'ils tirent des Kirghiz.
Au confluent du Volga et de la Kama, le gouvernement de Kazan étend ses plaines fertiles en seigle, orge, blé-sarrasin, miliet et chanve, Les forèts à l’ouest et au sud du Volga renferment encore beaucoup de chènes, dont le cœur n’est pas toujours sain; passez le fleuve, et vous vous trouvez environné de pins et de bouleaux. Le lin souffre déjà de la rigueur du climat, et les vergers ne donnent que des pommes et des cerises communes; vous êtes entré dans la Russie septentionale ; mais ce n’est pas l’excès des froids qui vous en fait ressouveur; c'est plulôt leur durée, ainsi que la fraîcheur des printemps et le retour fréquent de la gelée matinale. Kazan, c’est-à-dire le chaudron culartare, Æozan en tchouvache, et Oson en tchérémisse , sont les noms d'une ville des plus importantes de l’Empire russe, et qui en hiver ren- Lirme 50,000 habitants. Son Kremlin tartare, ses 30 églises, ses couvents ses mosquées se présentent d’une manière imposante du haut des tollines sur lesquelles la plus grande partie de la ville est bâtie. Les bts débordes du Volga couvrent au printemps les prairies qui la bor-
Rent de trois côtés ; elle semble alors nager dans une mer. L'intérieur
ullre des maisons de bois, des rues pavées en bois, et tous les défauts edinaires des villes russes ; mais il y règne beaucoup d'industrie ; la hirication des cuirs de Russie, de peaux de bouc maroquinées et de
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savon, enrichit, ainsi que le commerce de Sibérie, la bourgeoisie russe et tartare. Un zèle très-actif anime l’Université, qui a fait entreprendre plusieurs voyages scientifiques dans l'intérieur de la Russie. Dans le couvent de Silandovo, un séminaire forme des missionnaires et des prêtres parmi les enfants tartares, tchérémisses, mordouins et auures, Kazan, séjour animé et brillant pendant l'hiver, rivalise avec Moscou pour le luxe de la table et l'éclat des fêtes. Cette ancienne capitale d’un royaume tartare fut prise par les Russes en 1552. Les autres villes du gouvernernent ont trop peu d'importance pour nous arrêter. Jetons un coup d’œil sur les peuples non-russes dont ces trois gouvernements forment la principale demeure. Les Zchouvaches ont les cheveux noirs, la barbe très-mince et formant une pointe vers le bas du menton, la physionomie tartare avec les pommettes plus saillantes, les yeux enfoncés, l'air stupide ; enfin ils n’ont que peu de mots finnois dans leur idiome, qui diffère également du tartare, et renferme probablement les restes de l’ancienne langue hunnique. Le trait historique le plus important que nous offre cette peuplade, c'est qu’elle nomme sa divinité suprème Tor ou Tora, nom identique avec celui du dieu du tonnerre chezles Scandinaves. Les Tchouvaches adorent aussi le soleil, et lui sacrifiaient jadis un cheval blanc. Ils offrent des sacrifices annuels sur les tombeaux de leurs parents, et y élèvent des colonnes de pierre, Un fagot de quinze branches de rosiers, suspendu dans leurs cabanes ou kil's, est vénéré comme un fétiche et nommé #erik. Ils ont une espèce de prêtres, qu’ils nomment iomma; ce qui rappelle le nom finnois du dieu suprême. Leurs usages civils n’offrent pas des traits particulièrement frappants; les filles se vendent et deviennent esclaves de leurs maris; les propriétaires de champs très-étendus appellent tous les voisins à les aider à la moisson, et les régalent ensuite dans un grand repas. Les veuves et orphelins reçoivent gratuitement cetle assistance fraterneiïle.
Les Tchérémisses ressemblent pour les traits physiques aux Tchouvaches, quoique avec des nuances plus agréables ; ils ont aussi conserv! plus de traces de la langue finnoise. Ils s'appellent eux-mêmes War) les hommes, et donnent aux Tchouvaches le nom de Kurk-Mari, l& hommes du haut pays. Ce sont eux qui ont invité les Russes à la cot
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EUROPE : RUSSIE. 261 tie restés fidèles au culte mahométan, et exercent encore leur privilége d'épouser quatre femmes à la fois. Quelques cérémonies païennes devant le fétiche de famille précèdent encore le mariage, même chez les Tcherémisses chrétiens. Ceux qui restent ouvertement païens adorent la divinité finnoise foume et son épouse Joumonava; ils lui font offrande de pâtes frites à la poêle. Leurs prêtres ou magiciens s’appellent moukchan ; leurs places de culte, ou kérémet, ne sont que des aires de terre nettoyée, quelquefois battue, au sein des forêts, surtout au milieu des pins blancs. Les Tchérémisses ont renoncé à la vie nomade ; devenus d’excellents agriculteurs, ils abondent en grains et en bestiaux. Les hommes ont adopté le costume des paysans russes, mais ils se rasent la tête; les femmes tiennent encore à leur énorme bonnet cylindrique, décoré de pièces de monnaie, de verroteries et de franges. £n été, elles ne portent que des chemises très-courtes par-dessus un caleçon, et les nombreuses breloques qui surchargent ce vêtement léger annoncent de loin leur approche. Les Tchérémisses commencent leur année dans le mois de mars. Ils ne connaissent aujourd’hui aucune espèce d'écriture, et pourtant ils assurent avoir jadis possédé des livres écrits « que personne ne comprenait, et qui ont été dévorés par la grande-vache. »
Nous ne devons pas séparer de ces deux peuplades celle des Mordouins Où Morduans, quoique celle-ci demeure en plus grand nombre dans les gouvernements de Penza et de Nijnigorod que dans les gouvernements du Volga oriental. Elle est d’origine finnoise , mais for:ement mêlée de Russes ; elle se compose de trois tribus, les Mokchanis, les Erzanis et les Karataï, Cette dernière est extrêmement faible ; les deux premières auraient, selon quelques voyageurs, deux di-!ectes assez ditférents, pour avoir de la peine à s'entendre; mais Ælaproth dément cette assertion. Toutefois ce savant réserve le nom de Mordouins à la seule tribu des Erzanis. La véritable différence entre les deux tribus semble se réduire à ceci : les Erzanis, parmi lesquels les cheveux roux et jaunes-roux sont plus fréquents, conservent aussi plus de traits sauvages, et en général plus d'originalité que les Mokchanis, dont un grand nombre est converti à la religion grecque. Les Mordouins, selon Pallas, ne connaissent ni idoles ni culte proprement dit; le schamanisme, dans sa forme la plus simple, est la religion de se peuple de chasseurs et de
pêcheurs ; ils adorent un Être suprême invisible, dont les schamans on ma giciens implorent la faveur ou désarment la colère, Mais Lepelkhin assure lesavoir vus offrir au soleil à et la lune nouvelle des sacrifices de brebis et de volailles, Parmi leurs usages, on remarque celui d'emmener de force la nouvelle mariée dans la chambre nuptiale, où ses conducteurs la remettent à l'époux avec ces mots : « Tiens, loup, voici la brebis, » Voiei ce qui nous a paru le plus important sur les Finnois-Volgiques. Les mœurs des Tartares, ou, pour parler plus exactement avec Klaproth, des Turks de Kazan se rapprochent infiniment plus de la eivilisation européenne. Industrieux, riche, sobre et plein de vertus domesique, ce peuple vaincu est supérieur aux Russes, ses vainqueurs, Üue phiysionc mie noble et fine, des yeux noirs et perçants, une longue barbe, leur do: nent un air imposant, quoiqu'ils soient généralument d'une tulle peu élevée. Leur exactitude aux cérémonies et aux abstinences religieuses n'exclut pas les sentiments d’une toléranee hospitalière envers les chris tiens. Leurs femmes même ne craignent pas de se montrer ; Erdmann a pu retracer comme témoin oculaire le tableau d'une noce tartire, Le costume des hommes réunit le caractère oriental au: 1 rodifications metivées parle climat; dans celui des femmes, le Juxe des perles et des franges se marie à des caprices de mode et de voquetterie, Gependaat les mœurs sont austères : la famille est une smonurehie patriarcale ; l’homme commande en maître, et la loi lui permet la pet gamie ; toute-
fois peu de Tartares épousent plusieurs femmes à le fote. Seulement si
la première épouse a vieilli, une autre plus jeune partage la couche du maître, mais non pas les honneurs domestiques de la mañtresse. Les Tartares parlenttrès-purement leur langue natale, la turque, et savent souvent le russe et le boukharo-persan. Les écolos fréquontées, les mosquées bien tenues, une grande activité dans les fabriques et dans les ateliers domestiques, tout place celte nation turque à un haut rang parmi les peuples de ces régions.
Reprenons notre voyage, et remontons de Kazan, le long de la Kama, versles monts Ourals. Les deux vastes gouvernements de Viaika et de Perm forment la partie septentrionale la plus élevée, la plus froide, mais non pas la plus stérile de notre région Ouraliennoe centrale,
Dans le gouvernement de Viatka, une grande plaine, comoosée de ter. rains argileux, s'incline doucement depuis lenord-est vers Le sud-ouest,
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EUROPE : RUSSIE, 263 en n’offrant d’autres inégalités que celles que produisent les vallées des fleuves et leurs bord; quelquefois escarpés. Les wolok's ou portages entre les sources de la Kama et de la Viatka d’un côté, et celles de la pwina et de la Petchora de l'autre, n’offrent qu’une plaine. Le seigle, l'orge, le lin et le chanvre réussissent parfaitement dans les districts méridionaux ; on y voit encore quelques pommiers ; mais, vers les sources des deux rivières, toutes les cultures se ressentent des obstacles qu'un climat rigoureux leur oppose. Là, dans les mauvaises années, l'écorce du sapin et de l’orme réduite en pâte sert à allonger la provision de farie. On y mêle aussi des glanuds. Une partie de la population de ce gouvernement, qui s'éleve à 1,409,000 individus, émigre temporairement pour servir sur les bateaux du Volga. La capitale, Viatka, ville de 7,000 habitants, exporte des grains et d’autres produits du sol pour Arkhangel par la Dwina, tandis que Sarapol, ville de 4,000 âmes, sur la Kama, envoie ses barques jusqu'à Astrakhan, et commerce de l’autre coté avec les pays samoïèdes sur la Petchora. A Slobodskoï, ville commerçante d'environ 4,000 habitants, on fabrique des ustensiles en fer et en cuivre. Cette province renferme plusieurs ruines d'anciennes villes finnoises ; celle dont les restes se trouvent près de Schestakov a dû être grande; maisles ruires les plus fameuses sont les murailles en briques, dans le district d’Telabouga, que le peuple nomme Tchurtova-Gorodedchte, ou ville du diable.
Les Wotiaks, tribu finnoise peu mélangée, habitent pour la plupart dans le gouvernement de Viatka. Faibles et laids, avec des cheveux roux ou jaunes et la barbe rare, ces Finnois ressemblent tant aux paysans de la Finlande, qu’on paraît fondé à les regarder comme identiques avec les Votes, qui habitaient autrefois pius à l'ouest, sous la domination de là république de Novgorod. Leur idiome ressemble au permiake avec un mélange de tchérémisse, de vogouie, et quelques mots gothiques. Ilsse nomment eux-mème Oudy où Oud-Murt, c'est-à-dire les hommes hospitaliers, et reçoivent des Tartares le nom d’Ari, c’est-à-dire les éloigués, La ville d’Arsk, dans le gouvernement de Kazan, a été la résidence des princes de la nation wotiake, qui était même distinguée en noblesse eten peunle. Outre l'agriculture, le soin des abeilles occupe cette peu= plade paisible ; l’industrie des femmes procure à toute la famille les objets nécessaires en feutre, en drap grossier, en toile d’ortie et de chan-
vre , elles préparent aussi les peaux ; les hommes font des ouvrages au
tour qu'ils savent endurcir par un vernis particulier. Ils ont rarement plus
de deux femmes; ils les achètent; mais l’amant pauvre enlève souvent une fille, la viole en présence de témoins, et l’obtient alors à bon marché, Si le ravisseur est surpris avant la consommation, ilreçoit force coupsde bâton, et la belle devient de nouveau un objet de commerce. Les noms des divinités ne sont point les mêmes que chez les autres Finnois. L'Étre suprême est appelé /n-Mar ; Mouma-Kaltsina, mère de ce dieu, est le principe de la fécondité universelle, et son épouse, Chounda-Mouma, c'est-àdire mère du soleil, est la souche des divinités inférieures, ainsi que des astres. Leurs fêtes, leurs sacrifices, leurs prêtres, ou touna, leurs lieux saints ou kérémet, différent peu de ceux des f'innois-Volgaïques; mais certains traits de leur croyance rappellent les idées des Kalïouks et autres peuples soumis au lamaïsme. Tandis que, selon les Tchouvaches, les damnés errent après lé mort, comme squelettes, dans un désert gla cial dépourvu de vivres, l’imagination des Wotiaks les fait cuire dans des chaudrons pleins de goudron. Ils célébrent aussi des repas funéraires annuels sur les tombeaux de leurs parents. Dans leurs sacrifices, l'estomac, le sang et les entrailles sont brûlés au profit des dicux infernaux, censés se nourrir de la fumée.
Le gouvernement de Permie ou de Perm est à moitié en Asie; la partie européenne embrasse les pys que la Kama baigne dans la partie spé. rieure de son cours ; mais les plaines élevées du gouvernement de Viatka ycontinuent jusque vers Tcherdyn, Solikamsk et Krasno-Oufimsk. C’est sur cette ligne que commencent les promontoires des monts Ourals, pour la plupart en pente douce ou en forme de collines. La première véritable chaine, ou plutôt le gradin occidental du système del’Oural, se compose d’un calcaire éeaille:x. E':ire cette chaîne et celle des sommets granitiques formant la crêse de l’Oural, se t: auvent les montagnes métalliferes, composées de roches amphiboliques, de schistes argileux et de gneiss. C’est là que s'étendent ces riches dépôts de minerai de fer qui fournissent à la Russie plus de fer qu’elle ne saurait en employer. Le cuivre est moins abondant ; pourtant on en retire par an jusquà 2 millions et demi de kilogrammes, Les lavages de poudre d’or ont singulièrement augmenté dans ces dernières années, mais ils appartiennent à la partie asiatique. Le sel est une richesse importante ; on en retire
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EUROPE : RUSSIE, 265 80 à 190 millions de kilogrammes. Les marais salants sont tous dans k voisinage de montagnes calcaires et gypseuses qui renferment de grandes couches de coquillages et des débris fossiles d’éléphants. Plus de 45,000 ouvriers et bateliers s’occupent de l'exportation du sel. Les forêts du gouvernement de Perm, tant en Europe qu’en Asie, couvrent 41 millions de deciatines, tandis que les champs labourés nen occupent qu’un peu plus d’un million; aussi la température déjà froide et humide en raison de la latitude, le devient encore davantage par l’éraisseur des ombrages, l'abondance des sources, et les masses de gla- «set de neiges éternellement accumulées dans les cavernes ou dansles ravins. Les rivieres près de Solikamsk se géient à la fin d'octobre ou au commencement de novembre ; l'emploi du traîneau et du patin y dure six mois pleins. Les coteaux exposés au miui, dans le sud du gouvernement, sont au contraire frappés par les vents brülants des steppes casviennes. La végétation varie considérablement. Dans le haut pays, les boulcaux dominent dans les forêts ; après eux, les pins et les sapins; on rencontre moins fréquemment les mélèses et les cèdres de Sibérie ; dans les plaines et sur les collines, on voit les ormes, les tilleuls, les érables, les sorbiers et les pruniers. Dans le nord du gouvernement, à peine les céréales réussissent-elles ; et comme, outre le pain, il faut de l'eau-de-vie de grain, on y introduit jusqu’à 25,000 hectolitres de cette boisson. En descendant vers le sud, on voit quelques pommiers, quelques cerisiers, et même, du côté asiatique de l’Oural, des melons et des arbouses.
Comme l'industrie de ce gouvernement est concentrée dans les savodes ou villages de mines, dans les forges, dans les usines, les villes ne sont que la demeure de la classe proprement commerçante, et ne renferment ni de grandes populations, ni rien de remarquable.
Les deux anciennes peuplades des Permiakes et des Siriaines ne forment au fond qu’une seule tribu; car les traits, les mœurs, l’idiome se confondent ; seulement les premiers habitent plus à l’est sur la Kama et daus lOural, tandis que les seconds demeurent plus au nord, et sétendent jusque sur les bords de la Vitchegda et da Mezen, dans le gouvernement de Vologda et dans celui d’Arkhangel. Les uns et les actres s’appellent Komi-Murt, «gens de la nation, » ou bien « gens des
Y. ui
“ AN à te 266 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME,
. s 4 L te que peu de celui des Wotiaks, Ils sont en grande partie assimilés aux due ar Russes, et leur idiome est sur le point de se perdre leurs traditions “nl Ie pin 1 ï historiques n'existent guère que dans des souvenirs confus, De nome RU SE Lt breuses ruines et quelques documents prouveni que jadis il a existé {ES ri # jh un royeurne de Permie ou Biarmie, embrassant peut-être tous les pays
sur le mer Blanche, dans l'Oural et le long de l’Obi. Mais on ignore à quelle époque florissait cette monarchie finnoise, ce Tchoudskut-Tzarstwo, se comme les érudits russes le nomment, L'histoire certaine de la Permie
Ft commence avec saint Étienne, qui, en 1375, inventa un alphabet per- ART mien, s'en servit pour écrire plusieurs livres, convertit un grand nomha ne, bre de païens, et établit dans le couvent Oust-WWymsk le premicr siège A ES HN épiscopal de Permie. Cet évêque-missionnaire ne craignit pas de se
DLTAR ïs mettre. ‘“iet ses nouveaux convertis, sous la protection d’un corps Ava M4 d'armée russe qui sut le faire respecter au point que les pricus obstinés Mr PA s'enfuirent avec leurs familles et leurs idoles jusque däns les rochers des ER PCR Wogoules et les marais glacés des Samoïèdes. Saint Étienne mourut en HORS aa 1396; mais l’incuric des moines a laissé disparaître ses ouvrages, et
1h RE jusqu'aux dernières traces de son alphabet, qui ressemblait probaa Î blement à celui de Cyrille. On a trouvé dans les archives de Teherdyn REF METAL d'anciens documents russes, où l’on a reconnu jusqu'à 44 nons de oi PAIE ru princes et princesses de la Grande-Permic; tous sont chrétiens, et la DNS AR dynastie mâle, en s’éteignant, paraît avoir laissé la succession aux RAP * femmes. Tcherdyn était, selon Moderach, identique avec la ville an- ANA cienne de Grand-Perm; mais, d’après d'autres recherches, l’ancien | d Perm était situé sur le confluent de Ja Vitehegda ot du Wym.
SECT. 3°. — Description de la Russie boréale, ow des pays autour de la mer
Blanche.
| Ÿ è rt, 4 En descendant des monts Ourals vers la mer Blanche, nous voyons es Li ‘Te une nature sévère et inhospitaliere prendre un empire si absolu, qu'à NS ER peine l’industrie de l’homme peut-elle, au prix d’une lutte pénible, se
‘14 # LES procurer les moyens d’une existence peu agréable et quelquefois pré ut v L caire. Le principe vivifiant de la chaleur diminue à claque pas, les épis
nourriciers se flétrissænt; la prairie marécageuse ne nourrit que de: joncs et des mousses: dans la plaine stérile les arbre < disparaissent, les
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EUROIE : RUSSIE, neines même devieunent plus petites; tout ressent le voisinage du pôle; tc'est en vain que pendant des jours d’une longueur immense les ayons trop obliques du soleil frappent un sol pénétré d’eaux glaciales. Peut-on penser ici à des divisions administratives, à des arrangements politiques? La nature doit dominer nos descriptions.
Les gouvernements de Vologda, d’Arkhangel et d'Olonetz embrassent
h sphère des régions que nous allons décrire; mais Lous nous guiderons principalement par les mers et les fleuves. Les pays à l'est et an sud de la mer Blanche forment ce que nous avons appelé la région ouralienne maritime; Ceux qui sont à l’ouest entrent pour la plupart dans notre région de la Laponie, Nous classerons et combinerons sous ces deux sections naturelles nos aperçus topographiques.
Le pays à l’est de la mer Blanche est une grande plaine qui s'incline depuis les sources des rivières Petchora, Mezen, Vitchegda, Dwina et Onega vers celte mer, sans autre interruption que celle qu'occasionent les hauteurs de terre peu considérables par lesquelles les cours des rivieres sont déterminés. La partie méridionale de ces bassins offre quelques collines ; la partie septentrionale ne présente qu'une vaste étendue de champs, de marécages, parsemés de quelques rochers. Mais à l'est, cette plaine est terminée par une chaîne de l’Oural, nommée spé= calement le A'amennoï-Poyas. Elle n’atteint que 3,600 pieds d’élévation, n'a que 10 werstes dans sa plus grande largeur; elle s’abaisse et disparaît vers les sources de l'Ousa. |
La Petchora, le Mezen et la Dwina sont les trois grandes rivières des pays à l’est de la mer Blanche, La premiere coule à travers des déserts ks plus solitaires de la Russie même ; rarement un chasseur se risquet-il dans les forêts qui ombragent sa source; rarement une famille samoiede y conduit-elle ses rennes. Le Kamennoï-Poyas suit quelque lmps son rivage oriental ; les falaises calcaires qu'il forme sont hérisses de ravins et de cavernes ; mais depuis se réunion avec l’Ousa, il ne coule qu’à travers des tourbières immenses. Ses flots lipides, gènés par deux promontoires, nourrissent peu de poissons. Le Mezen offre peu de curiosité, La Dwina, c’est-à-dire la Double, sa forme par la réuïon de la Soukhona, débuuchée du lac de Æouban, et de Fioug, pres Vhki-Oust-Loug: mais c'est la réunion avec la Vitchegda, venant de lus, quien fait un graud fleuve. Son lit, navigable et poissonneux,
a jusqu'à 600 pieds de large; les glaces le couvrent depuis le commin. cen.ent de novembre jusque vers la fin d'avril. L'Onegasort de plusieurs lacs voisins, mais indépendants du lac du même nom. Tous ces noms de rivières sont russes. Ceux de la Vaga, affluent occident cie la Dwina, du Vig et du Sig, qui se rendent à la mer Blanche, paraissent être scandinaves.
Le climat de cette région .est d’une rigueur uniforme. Au sud, les forêts humides ; au nord, une mer longtemps glacée ; partou’ .: xpoition boréale, concourent à rendre le froid très-vif et très-dus ::, Dans leslongues journées d’été, lachaleur devient momentanément insuppor. table ; mais il suffit d'un coup de vent du nord pour produire un froid si sensible que l’ouvrier qui, l'instant précédent, était en chemise, se voit obligé d’endosser la pelisse. Les matinées de juin sont rarement exemptes de gelées; elles recommencent en septembre. Passé le 67° parallèke, on trouve toujours de la glace à quelques pieds au-dessous du sol, Cependant, 1cs exemples les plus fameux d’une extrême intensité de froid nous viennent de Vologda et d’Oustioug.
On pourrait diviser toute cctle région en forêts, en tourbières et en rochers, tant le pays cultivé, et même les prairies naturelles, y occupent peu d'‘spuce. Les forêts de la couronne forment dans les trois gouvernements un total de 72 millions de deciatines ; les pins, les sapins, les méléses y dominent; ces derniers fournissent le bois dont les vaisseaux de liguc d’Arkhangel sont construits. On exporte des douves, des planches, du goudron. Le sol, rempli de marais, est peu propre à l’agriculture. Les pommes-de-terre ne forment que de petites racines, Le produit des céréales ne suffit pas à la consommation, et on supplie à la farine par des lichens, par les racines de la calla palustris, et par l'écorce du sapir. Les pâiurages sont abondants. Rien n’est comparable à la bonté et à la délicatesse des veaux d’Arkhangel ; mais ils sont trop gras. Les chevaux sont très-vigoureux, et les bêtes à cornes d’une bonne taille. Les moutons ne valent rien à manger, et leur lainecil mauvaise, quoique les paysans en fassent de ce drap grossier connu en Scandinavie sous le nom de wadmal,
On exporte de Vologda beaucoup de gibier de venaison, des coqs de bruyère, des bartavelles, des gélinotes, et des rischiskes, sorte de moui-
serons. On les mange comme une friandise en guise de salade lors BR
qu'ils sont coubles. 11 dans les eu Les arbus contrées dé wigien, en ls rouges € semblables, navet, le ch Le centre drchangelske giluée sur | quarts de ] bâtie en bo en briques; plus de 2,0( commerce gcois suivi 1584; il n”\ celle place son comm le principal parce qu'4 Sihérie, et étrangers de lin, hui miel, natte de cheval :
russe, Con on est ob poissons, Spitzberg Blanche, VAISSEAUX Russes dar àla mani
puis le commin. À
ort de plusieurs
Tous ces noms Lai cle la Dwina, sent être scan-
me. Au sud, les artou‘ s-dui
XpOsi :, Dans ment insupporduire ur froidsi chemise, se voit rement cxemple 67° parallèk, sous du sol, Ceitensité de froid
tourbières et en relles, y occut dans les trois pins, les sapins, is dont les vaisrte des douves, t peu propre à petites racines, a, et on supplie palustris, et par n’est compara- 1; mais ils sont à cornes d’une et leur laine cit grossier conan
on, des coqs de sorte de mous
e de salade lors
quils sont petits: la bouteille, rendue sur es lieux, revient à deux
rubles. I y a des salines à Sol-Wytchegotskaïa, à Segora, mais surtout dusles environs de Totma, sur les rivières Kouda et Lesenga,
Les arbustes à baies semlilent être destinés à soulager la misère des contrées dépourvues de tout autre arbre fruitier. Le chamæmorus norgigien, en russe moroschka, est un puissant anti-scorbutique ; les aircl- Ls rouges et noires, les cerises sauvages, les groseilles et autres fruits semblables, sont très-communs. On cultive avec succès le raifort, le navet, le chou blanc, l'oignon et l'ail,
Le centre du commerce de ces régions est Arkhar rade Archangelskoï, la Ville du couvent de l'archange saint : ile, située sur les bords de la Dwina, à 90 werstes de la me a cinq quarts de lieue de long sur une demie de larg”. Elle est enticrement bâtie en bois, à l'exception de la cour de commerce, qui cest construite en briques; on y compte 41 églises russes, 1 luthérienne, 1 calviniste, plus de 2,000 maisons et 24,000 habitants. Les Anglais y établirent un commerce avantageux dans le 46e siècle; les Hollandais et les Hambourgois suivirent leurs traces. Enfin, la ville d’Arkhangel fut bâtie en 1584; il n’y avait auparavant qu’un couvent dédié au saint archange: celte place fut longtemps le seul port que la Russie possédât. Mais son commerce souffrit beaucoup, lorsque Pierre ‘r fit de Pétersbourg le principal port de l'Empire : cependant il est encore considérable, parce qu'Arkhangel est l'entrepôt des marchandises qui passent en Sibérie, et de Sibérie en Europe. Les marchandises que les bâtiments étrangers chargent à Arkhangel consistent principalement en graine de lin, huile de poisson, mâts et planch?s de sapin, goudron, suif, cire, miel, nattes, pelleteries, toiles, fer en barres, duvet d’édredon et dents de cheval marin. Cette ville est le siége d’un département de la marine russe, Comme il n’y a dans les environs ni agriculteurs ni bestiaux, on est obligé de faire venir les vivres de loin. Le peuple se nourrit de poissons, qui y sont en abondance. La pêche des vaches marines au Spitzberg et à la Nouvelle-Zemlie, et celle des harengs dans la mer Blanche, occupent tous les ans plusieurs vaisseaux. Quelquefois ces vaisseaux bivernent au Spitzberg. Le hollandais Bacstrom a visité les Russes dans leur quartier d'hiver. C'était une maison en bois, construite à la manière russe; ils se procuraient des vivres par la chasse qu'ils