‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 10 sur 31 · ASIF : CHINE. EX H · texte numérisé non relu

ASIF : CHINE. EX H

l'arbre que les Portugais ont appelé buis de fer : en effet, il ressemble au fer par sa couleur, par sa dureté et par sa pesanteur, qui ne lui permet pas de flotter sur l'eau. Mouang-tcheau, que nous appelons Canton, capitale de la province, est une des plus peuplées ct des plus opulentes iles de la Chine. Elle est située à l'embouchure du Hong-kiang, appelé Tigre par les Européens. Son port est, dans tout l'empire, le seul qui soit fréquenté par ces derniers. Le mur qui renferme la ville a près de deux lieues de tour. La campagne voisine est entrecoupée de collires arides, de vallées verdoyantes, de petites villes, de villages, de hautes tours, de temples et d'habitations de mandarins ; elle est délicdensement arrosée de lacs, de canaux et de petites branches de la rivire Ta, couvertes de bateaux et de jonques. La ville de Canton renferme un grand noinbre d'ares de triomphe, et des temples richement ornés de statues. Les rues sont bien alignées, pavées et ordinairement tes-propres, mais fort étroites : elles sont toutes bordées de boutiques élguntes, et la foule qui s'y presse est telle que l’on a peire à circuler. ILest peu de négociants chinois, pour peu qu'ils soient aisés, qui aient leurs familles dans le licu où ils font leurs affaires; ils les logent dans les faubourgs les plus recuiés de la ville, ou plus loin encore dans la campagne. Sur un espace d'environ 5 milles, le fleuve lui-même ressemble à une ville immense composée de navires de toutes grandeurs rangés en lignes parallèles, entre lesquels il ne reste qu’un étroit passage pour les vaisseaux. Chaque propriétaire de ces embarcations, qu'on porte à 40,000, y habite avec toute sa famille qui ne vient presque ja< mais à terre.

Quant à la population de Canton, le P. Lecomte l’estimait à 4,500,000 ; le P. Duhalde réduit ce nombre à 4,000,000. Ce dernicr chiffre a été adopté par Adolphe Barrot, qui fonde son évaluation sur la consommation quoiidienne du riz qui est, suivant lui, de 1,250,0600 livres. Ces estimations nous paraissent exagérées, et, sans tomber dans l'exagération inverse de Sonnerat et d’autres voyageurs, nous pensons qu'on peut porter à 5 ou 600,000 le nombre des habitants de cette ville. Uacao, établissement portugais, sur une petite langue de terre qui tient àune île, ne conserve que le souvemr de son ancienne importance. Trois ou quatre cents soldats nègres formaient toute la garnison, lors

du voyage de Macartney. Le nombre des habitants s’élève à 12,000 dont it, 30

224 CHAPTIPE VINGTIÈME,

4,009 Portugais seulement. Ce petit coin de terre fut concédé aux Por. ! tugais dans le temps de leur puissance et de leurs grandes entre is, | ils y firent longtemps un commerce ronsidérab.s, non-seulement avec À

la Chine, qu'ils fréquentaient presque seuls, mais encore avec d'autres contrées de l’Asic orientale, et particulièrement avec le Japon et le

Tonquin. 1 * Anglais font aujourd’hui des expéditions de Macao sous |

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là que Le grand poëte a composé son fameux poëme des Lusiades, Ua |

Anglais, habitant de Macao, a su encadrer dans son jardin ect cudroit pilioresque, asile sacré du malheur et du génie.

Les îles des Larrons, voisines de Macao, sont toujours remplies de pi. rales, qui fréquemment enlèvent les petits bâtiments chinois employts aù caboiage entre Macao et Canton. Une petite puissance européenne extermiuerait facilement ces pirates; mais le gouvernement de la Chine fait de vaines tentatives pour s’en délivrer. Ges pirates sont liôs avc: les rebelles et les mécontents de l’intérieur.

La pointe méridionale de la province de Kouang-Toung et du continent TRE ‘4 a , *, . no [RS , | de Chine s'ailenge en forme d'une étroite péninsule vers l’île d'Haynan,

qui appartient à ce gouvernement lorsqu'elle n'est pas en état de rébel lion. Cette île a plus de 4,800 lieues carrées de surface, La partie du nord est un pays plat et uni; au midi s'élèvent de hautes montagnes. L'air y est malsain et l’eau pernicieuse, si lon n'a la précaution de la faire

bouillir. Cependant denombreusesrivieres et des pluies fréquentes dans

certaines saisons rendent les campagnes assez fertiles en sucre, indigo, coton, mais surtout en riz; les habitants en recucillent souvent deux moissons par an, La capitale, Mioun-tcheou, est siluée sur un promontoire, et les vaisseaux viennent mouiller jusque sous ses murs,

Les indigènes, en général très-laids, d’une taille fort petite, ct d’un teint cuivré, portent leurs cheveux passés dans un anneau sur ke

front. Ils vont presque nus; les femmes croient s’embellir par des raics À

bleues qu’elles se font avec de l’indigo, depuis les yeux jusqu'au bas du visage; les uns et les autres portent des boucles d’orcilles d’or ct d'argeni. Leurs armes sont l'arc et la fléche; mais ils se servent avec plus d'uurusse d’une espèce de coutelus. C'est le seul instrument qu'ils cine

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Outre les mines d’or qui sont au centre de l’île, il y en a plusieurs de bols colorés dans la partie du nord ; on les porte à Canton pour peindre hporcelaine. Les meilleurs bois, soit d’odeur, soit pour la sculpture, se tirent des montagnes d’Haïnan. Le plus précieux de ces bois, après le bois d’aigle, est celui que les Européens nomment bois de rose ou de violette, Il ÿ à aussi un bois jaune qui est d’une beauté remarquable, et qui passe our incorruplible. On le façonne en petites colonues qui se vendent à un très-haut prix. On pêche des perles sur les côtes.

La province de Canton est séparée de celle de Kiang-si, par la grande montagne nommée Mi-lin, sur laquelle on a pratiqué un chemin d’un peu plus d’une lieue, bordé de précipices affreux. Un temple y cst consacré à la mémoire du mandarin qui à fait exécuter ce travail. Cest un passage aussi fréquenté que les rues d’une grande ville, Après avoir franchi ces montagnes, l’on découvre de belles vallées et des camnagnes très-bien cultivées. Cependant la province de Kiangsi, toute fertile qu’elle est, ne doùne pas beaucoup plus de riz qu'il n’en faut pour la nourriture de ses habitants très-nombreux; aussi passentils pour étre très-économes, et leur avarice leur attire les railleries de Chinois des autres provinces. Les lacs et les rivières sont remplis de «umons, de truites ct d’esturgeons. Les montagnes sont toutes cou vertes de bois, ou célèbres par leurs simpies et leurs herbes médicinals, leurs mines d’or, d'argent, de plomb, de fer et d’étain. On y fabrique de très-belles étoffes et le vin de riz qu’on y fait passe pour délicieux au goût des Chinois : elle est surtout renommée par cette belle porcelaine qui se fait à King-té-tching. Cette ville ne passe que pour un bourg, et cependant les missionnaires y placent un million d'habitants. La nuit, quand on aperçoit les nuages de fumée et de flammes qui s’échappent de toutes parts, on croirait voir une grande cité dévorée par un incendie, La capitale de la province, Nan-tchang, est une ville de médiocre imporiance.

L'ancienne province de Æou-kouans est située au centre de l'empire, et traversée par le Yang-tsé-kiang. Aujourd’hui elle est partagée en deux provinces, l’une septentrionale, l’autre méridionale. La première

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s'appelle Æou-pe et la seconde Hou-nan. La plus grande partie du terri expose la \ toire de ces deux gouvernements est un pays plat, coupé de lacs parmi À percer : lesquels se trouve le Thoung-king dont nous avons parlé, et arrosé de @ suit retra rivicres, où l'on pêche uue infinité d'excellents poissons, et dont les 5 chino bords sont couver:; d'oiscaux sauvages. Les campagnes y nourrissent était le cer des bestiaux en grind nombre; la terre y produit toutes sortes de # pire. La vi grains ct de fruits, ‘artout des o.anges et des citrons de toutes les es- D Lux Teh pèces. Enfin, on appelle communément cette province le grenier de 1 voit encor l'empire. Il ya des mines de fer, d'étain et d’autres métaux; on tire de & je l'ombt l'or du sable des torrents qui descendent des montagnes. À ic 1000 a

Vou-tchang, capitale du Hou-pé, est presque au centre de toute h Æ vente Chine. On peut comparer l'enceinte de cette capitale à celle de Paris, D Nous a Elle fait un débit prodigieux du papier de bambou qui s'y fabrique. À je Chanst Hang-yang n'est séparée que par le Kiang de Vou-tehang; c’est encore à j; 1 granc une ville considérable et trés-commerçante. On regarde la ville forte D sin et agi de K'in-tcheou comme une des clefs de l’empire. Elle es’ située au nord- À irtile en ouest, au pied des montagnes. porphyre,

Les villes les plus importantes du Hou-nan sont Tchang-cha et Yo- D }Lue don: tcheou, La première, quoique résidence du gouverneur de la province, n'offre rien de remarquable. La seconde fait un commerce considérable, et on lui attribue une population de 200,000 âmes.

Passons maintenant à la province de Ho-nan qu’il ne faut pas con- D Ge palais, fondre avec celle de Hou-nan, car celle-ci est au sud, et celle-là au périale T nord du Hou-pé. La douceur du climat et la fertilité des terres du Ho- D won ait nan font regarder cette province comme une contrée délicieuse; aussi M 11 s'y fait les Chinois l’appellent-ils le jardin de l'empire. Ils prétendent que c’est Æ alle, ce dans cette province que Fo-Hi, le premier fondateur de leur monar. Æ lues de cie, avait établi sa cour. En effet, l’air y est tempéré et fort sain. Les D 42 marbr productions de tout genre y viennent dans la plus grande abondance: Æ Liros, dd froment, riz, pâturages, fruits délicieux de toutes espèces et nombreux Æ opné d'u bestiaux ; voilà les seuls tableaux que présente ce riche pays, qui est presque tcut campagne, excepté vers l’occident, où s'élèvent des mon- Æ 311 Mon sagnes couvertes de forêts. Khaï-Fong, sa capitale, est une grande ville, D sanmoit riche et peuplée, située sur le fleuve Hoang-ho, mais dans un lieu fort braves, e bas, en sorte que les caux du fleuve sont plus hautes que la ville. Cette ME situation, malgré les digues construites pour parer aux inondations,

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«pose la ville à de grands dangers. Eu 1642, l'empereur ayant ordonné de percer une digue pour faire périr un prince chinois rebelle qui s’y était retranché, il y eut 300,000 individus noyés dans cette occasion. Les Chinois croyaient bonnement autrefois que la ville de Æo=nan-fou était le centre de la terre, parce qu’elle était alors au milieu de leur empire. La ville de Ting-foung-hien est célèbre par la tour qu’y éleva le fameux Tchou-kong, et d’où il avait coutume d'observer les astres. On y voit encore un instrument dont on prétend qu’il se servait pour prendre l'ombre du midi, afin de connaître l'élévation du pôle. fl vivait près de 4000 ans avant Jésus-Christ, et les Chinois prétendent qu’il a été l'inventeur de la boussole.

Nous alloi,s examiner la partie nord-ouest de la Chine. La province de Chansi est l’une des plus petites; elle est bornée à l’est par le Tchyli, la grande muraille la sépare au nord de la Mongolie. Le climat en est sain et agréable : le pays, quoique montagneux, est néanmoins assez krtile en millet, en blé, et surtout en raisins. On y trouve encore du porphyre, du marbre et du jaspe de diverses couleurs, et une pierre bleue dont on se sert pour colorer les porcelaines. On y voit de tous côtés des mines de fer très-abondantes, des lacs salés dont on tire du sel, et des eaux minérales.

La capitale, Taï-yuen-fou, était autrefois une tres-belle ville remplie

| de palais, qui étaient habités par les princes du sang de la famille im-

périale Tai-ming-tchao; mais tous ces grands édifices ont dépéri sans qu'on ait pensé à les rebâtir. On y fabrique des tapis façon de Turquie. ILs'y fait aussi un grand commerce des ouvrages en fer qu'on y traaille. Cette ville, qui est ancienne et fort peuplée, a environ trois licues de circuit. On voit sur les montagnes voisines de beaux sépulcres en marbre ou en pierre de taille, des arcs de triomphe, des statues de héros, de lions, de chevaux et d’autres animaux. Tout cela est environné d’une espèce de forêt d’anciens cyprès plantés en échiquier.

La province de Chen-si est à l’ougst du Chan-si et n’est séparée au nord de la Mongolie que par la grande muraille. Son territoirecst montagneux; néanmoins l'air y est tempéré. Ses habitants sont plus robustes, plus braves, et même d’une plus belle taille que les autres Chinois. Les monligues nourrissent beaucoup de bétail, et surtout des mulets; le froment et le millet y croissent si promptement, que, pendant l'hiver, les

laboureurs font brouter l'herbe par les brebis, afin de la faire repous. À ser au printemps avec une nouvelle force.

Si-ngan-fou, capitale de cette province, est, après Péking, une des plus belles et des plus grandes villes qui soient en Chine. Ses murs ont 4 licues de tour. Quelques-unes des portes de cette ville sont magnifiques, et d’une hauteur extraordinaire. On y voit encore un vieux palis où demeuraient les anciens rois de la province. Les principales forces de Mandchoux destinées à la défense du nord de la Chine, sont en garnison dans cette ville, auprès de laquelle on trouva, en 1685, en creusant les fondements d'une maison, une table de marbre avec une inscription en caracteres chinois, avec des mots syriaques, et une croix gravée au haut de cette table. Plusieurs savants se sont appliqués à chercher l'intelligence des mots et des figures gravés sur ce monument. L'écriture contient 62 signes en caractères chinois, distingués en 29 colonnes; clles renferment un discours sur les principaux articles de foi. Il est aussi fait mention de plusieurs points de la discipline ecclésiastique. On y lit les noms des empereurs ou rois qui favorisèrent la prédication du christianisme, introduite l’an 635 de Jésus-Christ, par des missionnaires nestoriens venus de Perse et de Syrie. Ces nestoriens possédaient encore plusicurs églises dans la Chine, du temps de Marc-Paul, vers l'an 1300.

La province de Kan-sou forme l’angle nord-ouest du territoire chinois proprement dit. Elle confine à l’ouest au pays des Kalmouks do Khoukhou-nor. Ses villes principales sont Lan-tcheou, sur le Hoang-ho, qui en est la capitale; K:n-tcheou, près de la grande muraille; Hounglcheng, Ville commerçante; King-yang, Ning-hia ct Ty-houa-cheou, qui renferment de fortes garnisons de soldats mandchoux.

Eu tous dirigeant au sud-ouest, nous entrons dansle Sé-chuen ou Szutchouan. Cette province, quaique montagneuse, ne le cède guère à la plupart des autres de l’empire par la richesse de ses productions. Le grand fleuve Yang-tse-kiang la traverse et répand partout la fertilité. Les habitants récoltent de la soie, du vin, du blé et des fruits en abondance;on y trouve des mines de fer, d’étain, de plomb ct de mercure. Elle est renommée par son ambre, ses cannes à suere et son lapis-lazuli. On recherche ses chevaux, parce qu’ils sont, quoique petits, fort jolis et très-vifs. Tching-tou-fou, capitale de la province, était autrefois une des plus

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ASIE : CINE, 979 Les villes de l'empire; mais avant été ruine en 1646, durant los ares civiles, elle à beaucoup perdu de son ancienne splendeur; cle ie hisse pas néanmoins d'être Wes-peuplée et très-marchande. Lounçsan-fou, par sa position sur les fronticres de la Tartarie, passe pour ie des plus importantes de la province. Elle est défendue par plucurs forts, plus nécessairesautrefois qu'aujourd'hui.

Nous voila arrivés dans une province que lon avoue être très-mal peuplée et mal cultivée; c'est celle de Mouci-tcheou, Elle est remplie de ontagnes inaccessibles qui ont longtemps servi de repaires à des peus jades indépendantes connues sous le nom de Hiaotse. Les empereurs at tenté à différentes fois de peupler cette province; ils y ont envoyé &3 colonies entières; mais il parait que ces moyens jusqu'ici ont été iufisants. Les tributs de la province ue peuvent sutlire à l'entretien à la subsistance des nombreuses garnisons qui y sont établies : la ur est obiigée d'y suppléer aux dépens du Wesor impérial, y à dans ks montagnes des mines d'or, d'argent, d'étain, de cuivre et de merare, Le produit aussi les meilleurs chevaux de toute la Chine. La soie ymanque, mais on y supplée par la fabrication d'étoffes d'une certai::e kbe qui ressemble assez au chanvre, etqui est très-propre à faire des Lihits d'été.

Koci-yang-fou, sa capitale, est une des petites villes de la Chine, ar elle a à peine une licue de cireuit, Ses maisons sont en partie de tre et en partie de briques, À Sc-tchou-fou, les habitants, quoique ks moins grossicrs de la province, vivent dans une profonde ignonnce des sciences chinoises, Is vont picds nus, et marchent sur les rochers avec une vitesse surprenante,

Au sud de cette province sauvage, s'étend celle de Fonwang-si qui ne compte pas normi les mieux peu lées de la Chine. Mais elle produit du 12 en si grande abondance, qu'elle en fournit pendant 6 mois de l'année ta province de Canton, Cependant elle n'est bien cultivée que dans les thines du midi, où l'air est plus doux; vers le nord, elle ne présente qu'ua sol inculte et des montagnes couvertes d'épaisses forèts. I y à dans cette province des mines de loutes sortes de métaux, et surtout l'or et d'argent, mais dont la politique du gouvernement a toujours in krdit l'ouverture aux particuliers, 1 y croît aussi de la cannelle qui a tue odeur aussi forte el'aussi suuve que celle de Ceylan. Cest dans ce

pays qu'on trouve les meilleures pierres que les lettrés emploient à faire leur encre.

Les peuples du Kouang-si passent pour barbares dans l’esprit des Chinois, parce qu’il y a dans leurs mœurs une certaine rudesse bien éloignée de la douceur et des manières cérémonieuses des Chinois, Koueï-lin, la capitale, et les autres villes de cette province, ne méritent sous aucun rapport une mention spéciale.

Dans le coin du sud-ouest se trouve l'Yun-nan, Cette province, une des plusriches de l'empire, avoisine l'empire Birman, le Laos et le Tin. quin. Elle est toute coupée de rivières, eton y jouit d’un air fort tempéré. Les montagnes y ont des mines d’or, d'argent, de cuivre, d'étin, de pierreries, et surtout de rubis ; on y voit de ce marbre peint nan. rellement de diverses couleurs, quireprésente des montagnes, des fleurs, et des arbres ou des ruines. On y trouve des chevaux, petits à la vérité, mais vigoureux, et des cerfs qui ne sont pas plus gros que nos chiens ordinaires. Les habitants, quoique forts et robustes, sont doux et all bles, et ont beaucoup d’aptitude pour les sciences. La nation qui domi. nait autrefois dans cette province se nommait Lo-lo ; elle était gouver. née par divers souverains. Apres de longues guerres pour la soumettre, les Chinois prirent le parti de conférer aux seigneurs Lo-los tous les honneurs des mandarins de la Chine, avec le droit de succession pour leurs descendants, à condition qu’ils reconnaîtraient l'autorité du gouvcr-

neur chinois de la province, qu’ils recevraient de l’empereur l’investiture de leurs terres, et qu'ils ne feraient aucun acte sans son consentement. Les Lo-los ne le cèdent pas, du côté de la taille, aux Chinois, et sont plus endurcis à la fatigue ; ils ont un langage différent, et leur écri. ture, comme leur religion, ressemble à celle des bonzes du Pégu et d’Aa; aussi ces bonzes ont-ils bâti, au nord de l’Yun-nan, de vastes temples qui sont différents de ceux des Chinois. Les seigneurs Lu-los s’attribucnt une autorité ahsolue sur leurs sujets, qui leur sont trèés-soumis.

Nous savons peu de choses sur les villes de l'Yun-nan. On assure que la capitale, Yun-nan-fou, bâtie sur les bords d’un lac profond et large, a été longtemps la résidence d'un prince chinois vassal. On y fabrique des satins et des tapis ; le commerce des métaux doit être considérabk, Tchin-kiang-fou est encore placée sur un lac, dans une situation pittores que. Vouting-fou passe pour un boulevard des frontières de l'empire.

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Pays soumis ou tributaires, — Thibet, — Turkestan chinois, — Dzoungarie et Mongolic, =

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Nous allons dans ce chapitre parcourir les diverses contrées conti nentales soumises à la Chine ou simplement tributaires de l'enpire, c'est-à-dire le Thibet, le Turkestan chinois, la Mongolie dont nous ne séparons pas la Dzoungarie, la Mandchourie et la Corée. Le Boutan ost aussi au nombre des pays tributaires de l'empire chinois ; mais, comme il appartient géographiquement à l'Inde proprement dite, et que nous l'avons décrit avec l'Indostan, nous n’y reviendrons pas ici. Une considération de même nature nous oblige à renvoyer plus loin la description des îles Licou-Khicou qui constituent un royaume tributaire de la Chine. Nous la réunirons à celle du Japon et des îles Kouriles.

SECTION 1"°.— Thibete

Connu de nom depuis le xue siècle, le Thibet resta longtemps inaccessible aux voyageurs européens. Marc-Paul n’y pénétra point ; mais il en donna néanmoins une description très-curieuse. « Le Trbeth ren= fermait 8 royaumes ; une partie avait été dévastée par les armées de | Koublaï-Khan ; les animaux sauvages y fourmillaient, et les voyae 5 0 geurs, pour se garantir de leurs attaques, mettaient le feu «1.1 forêts | de grands roseaux dont le pays était couvert. Dans la partie habitée, il réguait plusieurs usages singuliers. Les indigènes n'rimaient pas à (pouser des filles qui avaient conservé le trésor que dans d’autres p1y8 : les époux recherchent avec avidité ; ils suppliaient avec instance les Mr étrangers d'apprendre à leurs jeunes filles les mystères de l'amour, et ee de leur laisser quelques légers présents comme témoignage de ce com- | merce passager : les filles attachaient à ieur cou ces honteux trophées ; et plus elles en étalaient, plus elles étaient sûres de trouver un iwari,

Le pays produisait de l'or, du musc et du corail. » lle EJ\

Il est inutile de chercher à retrouver, après plusieurs siècles, les vallées c

lieux indiqués par ce grand voyageur. Nous dirons seulement que l'in: ne s’ouv

téressante relation de Mare-Paul a été traitée jusqu'à présent avec un 4 Plusie

dédain injuste ; elle est plus instructive que celle que donna le P. An- % rhibet. 1

drada en 16926 ; et ce ne fut que dans la première moitié du xvire siècle l'autre a

que les Missionnaires de Pékin recucillirent des notions plus certaines, % versant :

Un capucin, Horatio della Pit na, passa mème 18 ans dans la capitale du en coura

Thibet ; mais ses observations furent mal dirigées. Deux courses rapides sants du

des Anglais, envoyés auprès d'un des princes ecclésiastiques d'u Tlubet & Souvre t méridional, quelques lumières tirées des manuscrits en langue tiuibé- ! traire, pi

° taine, trouvés chez les Kalmouks, et quelques relations verbales des que jusql sujcts russes attachés à la religion du Dalaï-Lama; voilà tout ce que nous générale

wo à possédions naguère de renscignements sur un pays aussi singulier, D avons pa aussi intéressant sous le rapport moral que sous le rapport physique. À croire qi

Le Thibet ou, comme l'appelle Klaproth, le Tubet, est une coutrée À Listes co

montagneuse d'un caractère tout particulier. Nous avons déjà décrit Thibet.…

l'immense chaîne de l'Himalayah qui limite l’Indostan au nord. Paral- du Sutlec

lélenient à cette chaîne, mais à une distance variable, court une autre Les lac

chaïuc de montagnes presqu'aussi élevée, et à laquelle les Chinois ont pas rema

donné le nom de Kouen-loun. Vers son extrémité occidentale, le Kouen- ri, ou loun prend celuide fsoung-ling ou de Hontagnes-Bleues. A l'est, cette chaine lacs de pénctre avec ses pics neigeux jusque dans la province de Kan-sou, ets D culièrem lie à la puissante chaîne qui entoure le lac Khoukhou-nor, et qui, selon On re l'hypothese d'Humboldt, donne naissance au Fleuve Jaune. À sa partie du Thibe orientale, le Kouen-loun est séparé de l’Himalayah par un vaste inter- printemp valle où se trouvent quelques vallées fortiles et bien cultivées. À me- À uriations sure que ces deux chaines marchent vers l’oucst, l’espace qui Les sépare gronde fi sc rétrécit graduellement, jusqu’à ce qu'enfin elles se rencontrent ct septeinbr forment un véritable nœud de montagnes en s’unissant à l'Indou Koch À viéres e qui paraît n'être que le pro'ongement occidental du Koucen-loun, selon EE bicr aux les uns, do l'Himalayah, selon les autres. Les Indous regardcut L EE Gt, cons Kouen-loun comme r'étantqu’une branche de l'Himalayah, et le Thibit, EE Gbscureir comme une grande vallée renfermée entire cette dernière chaine et Æ froiq pet l'une de ses branches au nord. Des ramcaux détachés des deux chai- JE fig sec nes pénètrent dans l’intérieur du Thibet. Cette vallée constitue un vaste EE Ge cette z plateau, le plus élevé peut-être qui soit sur le globe. Les principales M des Alpe

rs siéclas, les ment que l'inésent avec un ana le P. Anju xvuie siècle lus certaines.

la capitale du ourses rapides ues su ‘Tiubet langue tiubcs verbales des ut CC que nous aussi singulier, port physique, st une contrée ns déjà décrit u uord. Paralourt une autre les Chinois ont tale, le Koucnst, cetlechaine Kan-sou, et se r, et qui, selon ne. À sa parlic n vaste interltivécs. À Me= e qui les sépare rencontrent ct à l'Indou Koch en-loun, selon s regardent le ah, et le Thibut, nière chaine et s des deux chainstitue un vaste Les principules

ASIE : CMPIRE CHINOIS. 213 vallées de ce système de moniagnes se dirigent de l'ouest vers l'est et ne s'ouvrent en général qu’au sud-est.

Plusieurs des plus grands fleuves de l’Asie ont leurs sources dans le Thibet. L’Indus et le Sanpou où Zzangbo-tchou naissent non loin l’un de l'autre au versant septentrional de cette partie de l'Himalayah dont le versant méridional donne naissance au Gange et à la Djumna. L’Indus, en courant de l'est à l’ouest, réunit les eaux descendues des deux versants du Kouen-loun et de l’Himalayab qui regardent le Thibet, puis il s'ouvre un passage à travers cette dernière chaîne. Le Sanpou, au contraire, prend la direction de l’ouest à l’est; mais son cours n’a été suivi que jusqu'aux environs de H'lassa. Ainsi que nous l'avons dit, on admet généralement que ce fleuve est le même que l’Irraouaddy dont nous avons parlé dans notre description de l’Indo-Chine. Qn a tout lieu de croire que la plupart des grands fleuves qui arrosent la Chine et les vastes contrées de l'Inde transgangétique viennent des montagnes du Thibet. C’est encore au nord de l’Himalayah que se trouve la source du Sutledge, le plus important des affluents de l'mdus.

Les lacs sont nombreux dans le Thibet; mais en général ils ne sont pas remarquables par leur étendue. Le plus vaste de tous, appelé Terkiri, où mieux Tengri-nor, a environ 89 lieucs de circonférence. Les lacs de Manassarowara, de Rawan-Hrad, et de Yamthso ou Palté sont singulicrement pittoresques. Nous en parlerons tout à l'heure.

On remarque une grande uniformité dans latempérature des saisons du Thibet, ainsi que dans leur durée et leur retour périodique. Le printemps, depuis mars jusqu’en mai, s’y fait remarquer par de grandes variations dans l'atmosphère et par de fortes chaleurs; le tonnerre y gronde fréquemment. La saison humide s’étend depuis juin jusqu'en scpteinbre ; ensuite de fortes pluies tombent sans interruption, les rivieres enflent jusqu'aux bords, coulent avec rapidité, et vont contribuer aux inondations du Bengale. Depuis octobre jusqu'en mars, le ciel, constamment serein, voit rarement des brouillards ou des nuages obseurcir son azur. Pendant trois mois de cette saison on éprouve un froid peut-être plus rigoureux qu'en aucune partie de l’Europe, un

froid sec et piquant, qui, sous la latitude de 26 degrés, sur les limites D de cette zone, à laquelle on a donné le nom de torride, le dispute à celui des Alpes sous la latitude de 46 degrés.

Le Thibet propre, selon Turner, n'offre aux regards que des collines basses, hérissées de rochers et sans aucune apparence de végétation, ou des plaines arides d’un aspect uniforme et triste. Le froid oblige les habitants à chercher un abri dans le creux des vallées ou dans les cavernes. La végétation du Thibet est peu connue. L'agriculture y lutte contre des obstacles physiques. Les grains ordinaires sont le froment, les pois et l'orge. Le riz ne croît que dans les cantons les plus méridionaux. Les montagnes sont entourées à leur base par des forêts de bambous, de trembles, de bouleaux, de cyprès et d’ifs ; le frêne est très-grand et très-beau ; Le pin et le sapin petits et rabougris. Sur les sommets neigeux se répand le rheum undulatum, espèce de rhubarbe dont les habitants font usage. On y trouve, tant sauvages que cultivés, les pêchers, les abricotiers, les pommiers, les poiriers, les orangers, les grenadiers. Parmi les autres arbustes, plantes et arbrisseaux, Saunders indique le raisin d'ours, l’airelle à fruit noir, l’airelle canneberge et le datura ou pomme épineuse. Une espèce de laurier produit une racine appelée cannellier bâtard, qui a ie goût et l’odeur de la cannelle. Mare-Paul dé- Signe cette production, répandue dans tout le Thibet, sous le nom de zensero Où gingembre. Le cacalia saracenica sert à la fabrication du chong, liqueur spiritueuse un peu acide.

Le Thibet fourmille d'animaux sauvages. L'animal porte-musc se plais parmi ces Alpes glaciales. L’ours, le cheval sauvage, l'hémione sont encore nommés parmi les animaux de ce pays. Les chevaux domestiques sont petits, mais pleins de feu, vifs et obstinés. Le bétail n'y parvient qu’à une taille médiocre. On y trouve de nombreux troupeaux de moutons, communément d’une espèce petite. Ils ont la tête et les jambes noires, leur laine est fine et douce, et leur chair excellente. Les chèvres sont en grand nombre et renommées par leur beau poil, qui sert à faire des châles, et qui se trouve au-dessous d’un poil plus grossicr. N’omettons point l’yak ou le bœuf grognant, auquel la nature à donné un poil long et épais, et une queue singulièrement flottante et lustrée : c’est, dans tout le Levant, unarticle de luxe. Parmi les oiseaux remarquables du Thibet, nous citerons deux espèces de faisans magnifiques, le faisan à cornes, et le lophophors resplendissant.

Depuis le voyage de Turner, on a des notions plus étendues sur la minéralogie du Thibet. L'or s’y trouve en grande quantité, ainsi que

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Marc-Paul l’avait dit; quelquefois on le rencontre sous la forme de poudre dans le lit des rivières, d’autres fois en grandes masses ou en veines irrégulières. Il y a une mine de plomb à deux journées de Teschou-Lombou : on obtient le métal par la simple fusion. Les mines de cuivre sont exploitées sur une assez grande échelle; le cuivre qu’on en retire est employé à la fabrication d’idoles, de-gongs, et d’autres instruments sacrés. Le Thibet possède aussi des mines de cinabre riches en mercure; mais les indigènes n’en savent pas tirer parti. Le sel gemme est assez commun; mais en général le défaut de combustible fait languir l'exploitation des métaux. Les eaux minérales y abondent. Nous distinguerons comme une production particulière au Thibet, le tinkal ou borax brut. Selon Saunders, le lac d’où l’on tire le tinkal et le sel gemme se trouve à 45 journées au nord de Teschou-Lombou. Entouré de tous côtés par des montagnes rocheuses, il ne reçoit ni ruisseaux ni fontaines, il est alimenté par des sources saumâtres, qui paraissent jaillir du fond du lac même. Le tinkal se dépose dans le lac; ceux qui veulent le recucillir le tirent du fond en grandes masses, qu’ils rompent ensuite pour les rendre plus transportables, et qu’ils exposent à un air sec. Exploitée depuis un temps très-considérable, cette matière ne paraît point diminuer sensiblement ; il est probable qu'il s’en forme continuellement de nouvelle. Au Thibet, on emploie le tinkal pour soudure, et pour aider la fusion de l’or et de l'argent.

Turnerpeintles Thibétains comme un peuple doux et affable; les hommessont vigoureux, leur physionomietientun peu de celle des Mongols; le teint desfemmes est brun, mais orné d’une viverougeur, commeles fruits quireçoivent uneforte impression du soleil. L’air frais d'un pays montagneux entretient leur vigoureuse santé.

Les mariages n’exigent que peu de préliminaires. Si la recherche de ‘amant estapprouvée par les parents de la jeune fille, ceux-ci se rendent avec elle à la maison de leur futur beau-fils. Les amis et les connaissances des deux partis forment leur cortége; trois jours se passent dans les plaisirs de la danse et de la musique; ce temps expiré, le mariage est censé conclu. Les prêtres, exclus de toute espèce de commerce avec les femmes, n’y interviennent point : l’union conjugale est néanmoins indissoluble. Le mari ne peut renvoyer une femme qui lui déplait, ni la femme quitler son mari, sans que le même consentement

qui les a unis n'autorise leur séparation; et dans ce cas, ni l’un ni l'an. tre ne peuvent contracicr de nouveaux liens. Une circonstance parti. culière au Thibet, c’est que la polygamie y est admise dans le sens in. verse des autres contrées de l'Orient : ici ce sont les femmes qui peuvent avoir plusieurs mais. Le privilége du frère aîné est de choisir l'épouse; mais dès lors elle est commune à tons ses frères, quel qu’en

soit le nombre. Ce systmr de polyandrie, peu favorable à la popula-

tion, existait aussi chez les Arabes-Nabathéens.

Rubruquis dit que les Thibétains avaient eu le détestable usage de dévorer les corps de leurs parents qui se mouraient de vieillesse; ils y avaient substitué celui de boire dans le crâne de leurs ancêtres. Les modernes ne parlent pas de ces usages. Selon eux, les restes mortels du Grand-Lama sont conservés dans une grande châsse. Gn brûle le corps des prêtres inféricurs, et on garde les cendres dans de petites images creuses. Les corps de la profane multitude sont jetés aux vaue tours dans de grands enclos fermés de murs.

La laigue thibétaine vulgaire ressemble, par l'abondance des mo. nosyllabes et l'absence des particules et des inflexions, au misérable idiome des Chinois. Comme ceux-ci, les Thibétains ne sauraient parler sans le secours des figures tracées en l’air avec la main, ou dans le sable. Les ouvrages religieux sont écrits dans une langue sacrée qui se rapproche du sanscrit. Rubruquis avait dit, avant Turner, que les Thibétains écrivent comme nous de gauche à droite. Les Thibétains appel. lent uchen les caractères dont on se sert pour les ouvrages imprimés; ceux qu'on emploie pour la correspondance et les usages ordinaires portent le nom de min. Les uns et les autres sont des lettres alphabétiques, mais que les nombreuses abréviations font ressembler à une écriture syllabique, Turner a trouvé le mausolée du Lama rempli de livres sacrés rangés par piles. Un savant hongrois, le Dr Csoma de Koros, qui a résidé dans le pays etaacquis une connaissance parfaite de la lan-

gue thibétaine, a découvert une encyclopédie en 44 volumes, et un |

système de Bouddhisme, comprenant également l’ensemble des arts et des sciences en 108 volumes. Cette dermére collection porte le nom de Gardjour. Les savants russes se sont plaints de l'extrême obscurité des écrits thibétains qu’ils avaient trouvés chez les Kalmouks ; mais peut-être cette obscurité dépendait-elle principalement de la nature de

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ces écrits. Les Thibétains doivent avoir fait quelques progrès dans la science astronomique ; car 1ls connaissent les satellites de Jupiter et même l'anneau de Saturne.

L'industrie de ce peuple s'exerce dans des fabriques de châles ou d’étoffes de laine. Le superbe poil de chèvre avec lequel on fait les châles, est en grande partie transporté brut à Cachemire, Les Chinois tirent du Thibet de la poudre d’or pâle, du corail, des peaux d’agneaux, du muse et des étoffes de laine. Ils vendent aux Thibétains du thé et de la porcehine. Le Thibet envoie au Népaul du sel gemme, du tinkal et de la poue dre d’or; il reçoit en échange de la monnuie d’argent, du riz et de grosses étoffes de coton. Par le Népaul, le Thibet faisait autreiois quelque commerce avec le Bengale, en poudre d'or, en borax et musc; les retours élaient en draperies, épices, toiles, émeraudes, saphirs, lapis-lazuli et

2 jais. La Chine, jalouse et timide, a fermé le pays aux négociants étran-

gers. Comme on re bat point monnaie au Thibet, parce que les principes religieux le défendent, le bas argent Ju Népaul a cours dans tout le pays.

Les maisons qui servent d'habitations aux Thibétains sont grossièerement construites. Elles consistent en picrres brutes entassécs et sans ciment; les toits sont plats et disposés en terrasses. Toutes sont sure montées d’un® espèce de petite bannière en chiffon ou en papier blanc, que l’on cons..ère comme un talisman. Mais les édifices religieux, qui unissent le triple caractère de temples, de monasteres et de palais, sont souvent remarquables par leur grandeur et leur richesse. Le temple de Teschou-Lombou, avec ses murs blancs, ses toits en bois peints, ses noinbreuses tours ou obélisques dorés, offre un aspect presque magique : les appartements, au nombre de 3,000. sont meublés d'une maniere à la fois confortable et élégante. Celui de Poutala, près de H'lassa, a 467 pieds de hauteur, suivantKlaproth, etrenferme10,000 chambresremp'ies d'images en or et en argent ; en outre, son toit estrichement doré. Là, de même qu’à Teschou-Lambou, les appartements du Grand Lama sont situés à l'étage supérieur de l'édifice, c’est-à-dire au septième étage. Les villages ct les monastères sont ordinairement construits sur les flancs des rochers isolés que l’ou observe dans le plateau du Thi-

bet, et à mi-hauteur de ces rochers. La partie supérieure du rocher

abrite le village ou le monastère contre les vents froids, et la partie inférieure laisse un facile écoulement aux neiges fondues. Habituellement

on pratique aussi dans la partie moyenne du rocher des excavations qui servent de greniers et de magasins.

La forme des ponts est variée et romantique. Tantôt ils concistont

en chaînes de fer qui sont sispendues à travers un précipice #t qui sup. |

portent les tabliers; tantôt ce sont des poutres qui souticnne at le plane cher ; d'autres fois is sont construits en picrres à la manière ordinaire,

Le costume national des Thibétains consiste en tissus de sie érus et en peaux de mouton préparées, dont là toison &s! tourn * en dedans, Les moines portent une veste cn drap avec des nauches rouges, un manteau qui ressemble à un plaid écossais, et une paire de larges hot. tes. Les classes supérieures font usage de tissus de soie venus de la Chine, et de fourrures apportées du nord de l'Asie. Une écharpe d' “ie blanche es leur présent invariable dans toutes les cérémories,

La religin dun flai-Lama n'impose pas à ses sectateurs cette absli. nence absolue le toute nourriture animale, qui est une des obligations essenticiles des sopulations soumises au système religieux brahmanique. Une paretile loi scrait d’ailleurs impossible à observer dans un pays peu fertile et où la chair des animaux est l'aliment le plus commun. Cependant les personnages éminents dans l'Église et dans l'État, afin de s’attirer la considération, se soumettent à un régime très-simple et s’abstiennent de liqueurs fortes. Le thé est la boisson universelle: mais les Thibétains ne prennent pas le thé comme nous, sous forme de simple infusion. Ils laissent les feuilles dansl'infusion, puis ils y ajoutent de la farine, du sel et du beurre, de façon à en faire une sorte de bouillie claire peu propre sans doute à flatter le goût d'un Européen.

Mais le trait caractéristique du Thibet, c’est d'être le siége principal d'une religion qui domine sur une grande partie de l'Asie et compte au moins 1450 millions de sectateurs. Le Bouddhisme paraît avoir pris naissance dans l’Inde un millier d'années environ avant notre vre, Parmi les savants qui ont recherché les origines de cette religion, les uns pensent qu’elle a précédé le brahmanisme, les autres croient qu'elle est postérieure à ce dernier système et qu’elle en est la réformation. Pour nous, nous n’hésitons pas à nous ranger à cette dernière opinion. Au point de vue politique et social, le caractère fondamental de cette réformation, c’est que le bouddhisme rejette la distinction des castes et qu’il permet à l’homme de se nourrir de la chair des animaux. Voici

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28 CXCAVALIONS

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ASIE : EMPIRE CHINOIS. 219 comment Balbi résume, d’après Klaproth, les principes fondamentaux de cette religion : « Le bouddhisme suppose, comme le brahmanisme, une série perpétuelle de créations et de destructions du monde. Cette croyance purement métaphysique n’admet pas l'existence d’un Étre

primitive de la destruction du monde périssable. L'existence est regardie nar les Bouddhistes comme le véritable mal, car tout ce qui existe

ÿ est sans réalité et seulement un produit de l'illusion qui trompe les W sens. Pendant que toutes les parties intellectuelles dispersées dans la | matière, depuis la plus haute région lumineuse jusqu'aux régions in-

fernales, se dépouillent de ce qu’elles ont contracté de matériel, se purifient, se perfectionnent et finissent par se réunir, l'esprit universel indestructible, qui conserve tout pendant un temps incalculable, reste dans le repos, jusqu’à ce que les lois du Damata ou destin nécessitent une création nouvelle, de laquelle sont cependant exceptés les êtres qui, en Se dépouillant totalement de la matière, sont devenus Bouddhas etrestent plongés dans le Nirvéna ou l'éternité du néant, état opposé à celui de l'existence dans la matière. Ces êtres séjournent dans la région indestructible située au delà de l’espace lumineux. C’est pour consere ver le souvenir de la vraie doctrine et pour rendre les hommes capables de la suivre, que ces bienheureux descendent de temps en temps sur h terre, se revêtent d’un corps et se montrent aux hommes. Les prin= cipaux d’entre eux ne se montrent qu’une fois : ce sont les Bouddhas proprement dits; les autres, nommés Boddhisattvas, se manifestent plusieurs fois par différentes incarnations jusqu’à ce qu'ils atteignent le rang des premicrs pour ne plus se montrer dans le monde. Ces êtres parfaits exercent un empire absolu sur leur ennemi qui est la matière el sur ses formes séduisantes. Disposant en maître de Maya ou de l’illusion qui trompe Îles sens par ses métamorphoses, ils peuvent la détruire à volonté, ou se servir d’elle pour opérer le salut du genre humain. C’est de cette manière que s'effectuent toutes les incarnations des Bouddhas; leurs âmes descendent sous la forme de rayons lumi-

içux, et prennent un corps sous l’enveloppe de Maya. Ils ne font rien

it, 22

sans un dessein spécial; leurs opérations ne sont jamais violentes, elles ne restreignent nullement le libre arbitre des êtres inférieurs qui sont | enchaînés par la matière, et pour le salut desquels ils sont descendus, | Dans l’âge actuel du monde, quatre Bouddhas ont déjà paru. Le

dernier d’entre cux était Chakia-mouni où Gautama ; un cinquième doit |

encore venir avant la destruction du monde. C’est le Bouddha Maitri où Maitari, La secte de Ceylan et de l'Inde au delà du Gange, l’annonc au contraire pour l'an 4457 de notre ère, époque à laquelle finira la période de 5,000 ans, qui devait suivre la mort de Chakia-mouni, Selon les livres chingalais, il existe une diflérence assez marquée, relative.

ment à la personne du dernier Bouddha, chez les habitants de Ceylan |

et de l’inde transgangétique et les autres sectateurs de la mème croyance. »

Quoiqu'il soit né dans l’Indostan ct qu'il yait été fort répandu, leboud. dhisme n’y compte plus qu’un petit nombre d’adhérents, principalement dansles contrées quiavoisinent la chaîne de PHimalayah. Les brahmanes ont réussi avec l’aide de la caste des guerriers, et au moyen de violentes persécutions à expulser complétement de l'Inde les schismatiques partisans d’un système qui ruinait leur crédit et ieur smfluence. A cette heure cependant le bouddhisme est la religion dominante cans l'île de Ceylan, l'empire Birman, le royaume de Siam, l'empire d’Annam, la Chine proprement dite, la Corée et le Japon. Dans la Chine ct dans la Corée, Bouddha porte le nom de Fo. C’est la religion bouddhique qui a civilisé les vastes contrées occupées par les Mongols, les Kalmouks etles Mandchoux.

La hiérarchie religieuse diffère dans ces divers pays, sans que cette religion cesse d’être une. Au Thibet et dans les contrées voisines habitées par la race mongole, cette hiérarchie offre un phénomène remarquable. Aussitôt qu’un Grand-Lama vient à mourir, les prètres les plus élevés dans la hiérarchie se réunissent en conclave, et alors, guidés par de prétendues indications célestes, ils cherchent et découvrent un enfant dans le corps duquel a passé l’âme du Lama décédé. Cet enfant est aussitôt présenté à l’adoration du clergé et du peuple comme l’incarnation de la divinité, et, dès ce moment, toutes les affaires civiles

et ecclésiastiques s’'administrent en son nom. Dans le Thibet et les pays À

voisins, chaque gran district a son Lama; mais le Dalaï-Lama qui ri-

Dip'inc est

gde à H'las jerains Spir bou. Ce der fut envoyée gyés angle ue intellig Lama, il est appelés Djel le système

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sde à H'lassa, occupe le premier rang dans cette hiérarchie de sougrains spirituels. Après lui, vient le Lama qui réside à Teschou-Lom:

bou. Ce dernier, à l’époque où une ambassade de la Grande-Bretagne hit envoyée au Thibet, était un enfant de 18 mois; cependant les ensoyés anglais furent admis à son audience, et il y joua son rôle avec une intelligence surprenante. Comme toute souverainete appartient au Lama, il est naturel que la noblesse soit formée par le corps des moines appelés Djelums ou Gylongs. Le principe monastique est en vigucur dans k système bouddhique, et il s'accompagne des mêmes usages de rédusion et de célibat que l’on observe dans la religion catholique. Le clibat étant une loi absolue pour le clergé ct les moines, et étant même adopté par les fonctionnaires civils les pius élevés, il s'ensuit qu’il sassocie dans l’esprit de la population à une idée de dignité, tandis qu'on atlache au mariage une idée d’infériorité. Les prêtres habitent dans de vastes édifices qui tiennent à la fois du palais et du couvent. Quant aux moines qui résident dans les villages limitrophes de l'Inde, on les représente comme une classe d'individus heurenx, et de bonne humeur, mais malpropres et crasseux. Ils ne regardent pas les occunations commerciales comme incompatibles avec leur vocation. Dans ks grandes villes et dans les immenses couvents de l'intérieur, la dis-

Dip'ine est très-sévère. Le clergé thibétain est humain et officieux; les

supérieurs ne sont pas insolents à l'égard de leurs inférieurs; ceux-ci sont respect.'eux à l'égard des premiers.

Les cérémonies du culte bouddhique, au Thibet, ainsi que les institutions religieuses, présentent la plus grande analogie avec celles du culte atholique. On y retrouve en effet, dit Abel Rémusat, un pontife suprème à la fois souverain spirituel et temporel, des patriarches chargés du gouvernement des provinces, un conseil de lamas supérieurs qui se réunissent en conclave pour élire un pontife et dont les insignes même ressemblent à ceux de nos cardinaux, des couvents de moines et de religieuses, la confession auriculaire, les prières pour les morts, l'intercession des saints, le jeûne, le baisement des pieds, les litanies, ls chants religieux alternatifs et en chœur, qu’accompagnent des instruments de musique, les processions, le chapelet, l’eau lustrale, etc. Tous ces rapports s'expliquent aisément gand on considère que la hicrarchie religieuse du Thibe‘ date seulement du x siècle, que la

série des Dalaï-Lamas actuels a commencé dans le xv°, et que le chris.

tianisme a été porté dès le vue siècle dans l'Asie centrale par les Nesto. | riens. Nous pensons donc, avec Fischer, que le Lamisme proprement À

dit est une combinaison du bouddhisme primitif avec le christianisme corrompu des Nestoriens. Les Thibétains eux-mêmes ne font remonter leur histoire certaine qu’à l’an 790. Les voyageurs du xur° siècle ne connaissent pas le Dalai-Lama. Rubruquis parle du fanatisme de cer. tains Chrétiens-Nestoriens, auxquels il assigne pour chef spirituel un évêque siégeant dans une ville de la Chine nommée Séghin. IL fait mention d’un autre culte en usage chez les idolâtres qu'il appelle Touïnians, et qu'il désigne en même temps comme Manichéens. Il est vraisemblable que les prêtres propagateurs de l'hérésie nestorienne, et leurs prosélytes, privés, à une si grande distance, de toute communicalion avec les sociétés vraiment chrétiennes, s'éloignèrent peu à peu de ces sociétés, quant à la doctrine, et dès lors s’abandonnèrent aux pratiques superstitieuses du pays qu'ils habitaient, jusqu’à ce qu'ils perdissent les dernières traces du caractère chrétien !

Parmi les preuves de la vénération superstitieuse des sectateurs du Dalaï-Lama, on rapporte que le contenu de sa chaise percée est dé. votement recueilli; les parties solides sont distribuées comme des amuleties qu’on porte au cou; le liquide est pris intérieurement comme une médecine infaillible; ce fait paraît hors de doute. Mais une singulr rité plus curieuse, à notre avis, qu'offre le culte bouddhique, e’eit l'usage où sont les Thibétains, les Mongols et autres peuples, de mettre en mouvement des cylindres sur lesquels sont écrits certaines formules de prières. Cette manière si commode de prier est, suivant eux, exlrémement agréable à la divinité et de la plus grande efficacité.

Le Thibet a encore eu une autre ressemblance avec Rome. Il a été soumis pendant quelque temps à des princes séculiers appelés Tsan-Pa; le Lama résidait à H’lassa avec un pouvoir semblable à celui du prince spirituel du Japon. Les Kalmouks-Eleutes vainquirent le prince séculier, et transférèrent son pouvoir au Lama. Des différends s’éleverent entre les Lamas anciens ou rouges, et le Lama jaune, qui, par l'in fluence de la Chine, obtint la prépondérance. En 1789, le roi du Népaul, tenté par les rapports qui lui avaient été faits relativement aux riches

ses des temples Thibétains et en particulier de celui de Poutala, envahi

k Thibet, e

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> par les Nesto.

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des sectateurs se percée est dé.

omme des amuirement comme fais une singulrjuddhique, e’est uples, de mettre rtaines formules vant eux, exlrcacité.

cc Rome. Il a été appelés Tsan-Pa; , celui du prince le prince sécuends s’éleverent e, qui, par l'in e roi du Népauk sent aux riches Poutala, envahit

pt que le chris.

ASiE : EMPIRE CHINOIS, 253

kThibet, et força le Dalaï-Lama à acheter la paix en l'obligeant à

mer un tribut considérable, L'empereur de la Chine intervint alors

gus prétexte de maintenir l'indépendance du pontife qu'il regardait wmme son chef spirituel. Une armée chinoise forte de 70,000 hommes

atra dans le Thibet, en 1791, et, malgré leur vive résistance, força les

avahisseurs à repasser les montagnes. Mais, ce succès ohtenu, les Thi-

bétains éprouvèrent le sort qui attend si souvent un État faible auquel

une grande puissance accorde sa protection, Le respect que l'empereur dla Chine portait au Dalaï-Lama, ne l'empêcha pas, une fois qu'il fût maitre du Thibet, d'enlever au pontife son pouvoir temporel, et de

riduire son autorité aux choses purement spirituelles. Au reste, la domination chinoise, conformément aux maximes généralement suivies mr le gouvernement, est extrêmement douce; et rien n’a été changé quant au mode d'administration intéricure du pays. Seulement, depuis œtte époque, les étrangers sont exclus avec un soin jaloux de toute wmmunication avec le Thibet comme avec Les autres provinces de l’emjire, et des postes mililaires chinois ont été établis à cet effet sur la frontière méridionale, au grand regret des négociants anglais, des avants et des géograrhes,

La capitale du Thibet est H'lassa où Lassa, Cette ville célèbre, que lon pourrait appeler la Rome de l'Asie centrale, est située sur un allluent du Zzangho-Tehou dans la plus belle partie de cette vaste contrée, au centre d'une grande vallée bordée par des chaînes de montagnes d'une hauteur prodigieuse, Les hivers y sont rudes; mais d’avril à octobre les chaleurs sont assez fortes pour que le riz, la vigne et les fruits des climats tempérés y viennent à maturité. Les maisons de H'lassa sont construites en picrre et ont deux à trois étages de hauteur. Sa population permanente est évaiuée à 80,000 habitants. Les édifices les plus remarquables de la ville sont ses temples. Nous avons déjà décrit celui de Poutala qui s'élève à deux licucs d'H'lassa, et qui passe pour le plus bel édifice de tout le Thibet, Dans la plaine qui entoure la ville, on voit 22 autres temples tous richement ornés, parmi lesquels ceux de Séra et de Bhraeboung rivalisent presque avec celui de Poutala. On prétend que le nombre de prêtres et de muines entretenus dans ces temples aux frais du gouvernement est de 84,000. Le temple de Bhraeboung en compte à lui seul 5,000 ; et il en a eu jusqu'à 40,000. H'lassa est le

siége du Dala*-Lama, le pontife suprême du bouddhisme. ille est anssjh la résidence du Ta-zin ou gouverneur chinois qui est en réalité Le vice

roi du Thibet, depuis que ce pays fait partie de l'empire.

Suivant Klaproth, Jigagounggar est la ville la plus grande et la plusi considérable du Thibet. Ce savant lui accorde 20,000 maisons. Elle estl

située près du Zzangho-tchou à une vingtaine de licues au sud-ouest de H’lassa. Au sud-est de H'lassa, on trouve Bhaldi, sur le bord septen. trional du lac Yamthso, appelé Palté par les géographes européens, C'est une petite ville qui n'offre rien de remarquable, mais le lac Yamthso mérite d'être décrit. Ce lac en effet représente un vaste fossé de 4,600 mètres de large entourant une île pittoresque qui a environ 36 lieues de circonférence. Plusieurs couvents d'hommes et de femmts s'élèvent dans cette île. Tous sont sous la direction d'une incarnation femelle de la divinité, à laquelle les Thibétains donnent le nom de Dordji-pa-mo ou la Sainte mère de la truie. Lorsque cette divinité femelle sort de son île pour se rendre à H'lassa, on l'entoure des plus grands honneurs. On la porte sur un trône recouvert d'une ombrelle ; on brûle de l’encens devant elle, et la foule s'empresse autour d'elle pour recvoir sa bénédiction, qu'elle donne en faisant baiser son sceau.

Jikadzé, à 70 lieues environ au sud-est de H'lassa, non loin de la rive droite du Zzangbo-tchou, est une ville importante. Klaproth lui accorde une population de 23,000 familles, sans compter 5,300 hommes de garnison. C’est près de cette ville que s’élève le magnifique couvent de Teschou-Lombou où Djachi-Lombou, où réside le Bantchin-Lama appelé aussi Bogdo-Lama, autre incarnation de la divinité révérée presque à l'égal du Dalaï-Lama. Ce couvent est habité par 3,500 moines,

W. Moorcroft nous a donné quelques renseignements intéressants

sur la partie occidentale du Thibet. Après avoir franchi l'Himalayah, il se trouva dans une contrée appelée Undès par les habitants, c'est-àdire « la plaine, » Le seul passage au moyen duquel on peut pénétrer de l'Inde dans l'Undès, est excessivement étroit ct périlleux, car il est pratiqué le long des flancs abruptes de ces immenses montagnes qui donnent naissance au Gange. Sur la frontière même est un misérable village de 16 maisons, nommé Niti. Au delà de ce point, du côté du Thibet, la route traverse un pays d’une élévation extrême, ainsi que le démonirent les phénomènes particuliers au’énrouvent les vovageurs.

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ASIE : EMPIRE CHINOIS. 255 respiration est difficile ; on a des étourdissements et des vertiges; en ème temps, le sang s'échappe des lèvres , les parties exposées à l'air wugissent et deviennent douloureuses. Ici tous les sommets des mouugues se couvrent de ncige pendant la nuit; puis cette neige fond pendt le jour et va remplir le lit d'innombrables torrents,

Le premier village que l'on rencontre dans l'Undès est Deba, Fest bâti air plusieurs éminences irrégulières, et abrité par une montagne fort tevée, L'administration parut à Moorcroft partagée entre le Lara et le guverneur chinois; mais l'autorité de ce dernicr était bien supérieure. à 32 licues au nord de Deba, on trouve Gerlope où Gortope, le principal marché du Thibet pour la laine propre à la fabricalion des cles. Gortope est plutôt un camp qu'une ville ; car elle se compose smplement de groupes de tentes noires. Le sommet de chaque tente et orné de pavillons formés avec des morceaux de soie et de laine de dilérentes couleurs. Ce camp est au centre d’une vaste plaine couverte &uombreux troupeaux de moutons, de chevres et de yaks, compregant certainement plus de 40,000 tètes.

Les lacs de Rawan-Hrad et de Manassarowara sont à une quarantaine de lcues au sud-est de Gortope. Le dernier, quoique moins étendu, est de leaucoup le plus célebre des deux ; on y vient en pélerinage de toutes ks parties de l'Indostan. Le petit nombre de pelerins qui parviennent à surmonter les obstacles effrayants d’un pareil voyage regardent tous kurs péchés comme pardonnés et tiennent pour certain qu'ils entrernt tout droit en paradis. Le lac Manassarowara est de forme ovale; la à peu près 6 licues de longucur sur 4 de largeur, et est entouré par des rochers d’une hautcur prodigieuse, qu'habilent une multitude d'aigles aquatiques et d’oies sauvages d'une espèce particulière. I est smé de nombreux couvents que dominent les pics ncigeux des plus hautes montagnes de l'Himalayah. On admettait généralement que ce he donnait naissance à un grand fleuve. D'abord on supposa que le Gange en sortait ; ensuite, on prétendit que c'était l’Indus; on imagina même que le Zzangho-tchou en sortait également dans une direction opposée. Mais Moorcroit n’en a pas vu sortir le moindre courant d’eau. I faut dire cependant que ce voyageur étant tombé malade ne put luiméme en faire complétement le tour. Ce lac, d’ailleurs, est encore re- Marquable en ce qu’il est le lac le plus élevé du globe. En effet, la sur-

face de ses eaux se trouve à la hauteur de 5,165 mètres au-dessus du A niveau de la mer, c’est-à-dire à une élévation supérieure de 355 mètres à celle du Mont-Blanc. Le Rawan-Hrad est, dit-on, quatre fois plus! grand que le Manassarowara ; on suppose qu’il donne naissance au Sut.4 ledge, mais la chose est loin d’être démontrée. Le pays qui s’étend en-À tre ces lacs et Deba, est rempli de sources thermales qui contiennent une grande quantité de substances calcaires. A Tirta-pouri, on voit une! source dont l’eau excessivement chaude jaillit à plusieurs pouces del

hauteur au-dessus du sol, Il paraît que la branche principale de l’Indus naît dans les monta-

gnes qui avoisinent k lac Manassarowara. Après avoir dépassé Gortope,

il court au nord-est l’espace de plus de 100 ticues, jusqu’à ce qu'il ait

atteint la ville de Leh ou Ladak. La contrée de même nom, qui est ll plus occidentale du Thibet, paraît être décidément mongole. Ses habi-{ tants s'élaient maintenus indépendants de la Chine, et avaient coutume}

de faire des incursions dans l’Undès qu'ils ravageaient. Ne pouvantls réduire, le gouvernement chinois imagina un expédient ingénieux. |l donna le pays en fief au Dalaïi-Lama qui est tellement révéré par ls tribus qui l’habitent qu’elles consentirent à cesser leurs incursions et leurs dévastations, à la seule condition que tout le duvet de chèvre que l'Undès expédie au Cachemyr pour la fabrication des châles suivra exclusivement la route de Ladak. Cette ville compte un millier de maisons ayant pour la plupart trois ou quatre étages. C'est une place de commerce importante, attendu qu’eile est traversée par toutes les canvanes qui longent la vallée de l'Indus soit en remontant soit en suivant le cours du fleuve. D'après Humboldt, le nom de Tubet appartient proprement au territoire de Ladak, et de là il a été étendu plus tard à tout le pays compris aujourd'hui sous cette dénomination. Au nord s'élèvent les sommets neigeux du Mouz-Tagh, d’où descend une rivière rapide appelée Schayouk, qui se jette dans l’Indus à Ladak. À 40 lieues plis à l'ouest, à Dras, l'Indus reçoit une autre riviere qui vient du sud-est et que l’on a parfois regardée comme iu branche principale de ce gran fleuve.

Aucun recensement n’indique la population du Thibet. Les Chinoï l'évaluent à 33,000,000 d'habitants. D'après ce que nous avons dit deh uature du pays, il est vraisemblable qu’il ne doit pas nourrir plus de

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ASIE : EMPIRE CHINOIS. 257 8à 6,000,000 d'habitants. À cn juger par la facilité avec laquelle les Eleuthes, puis les Népaliens, ont fait la conquête du Thibet, ilest à présumer qu'il peut à peine metü c sur pied une armée de 50,000 hommes. D'ailleurs, la population doit nécessairement diminuer chaque année dans un pays où règne la polyandrie et où domine le régime monastique,

SECTION Qc. — Turkestan chinoise

La longue et large zône de l'Asie centrale qui s'étend entre la mer Caspienue à l’ouest, la Sibérie au nord, la Perse, le Cachemyr, le Thibet, et la Chine au sud, et la mer du Japon à l’est, a été longtemps comprise dans nos cartes géographiques sous la vague dénomination de Tartarie. On l’étendit même à d’autres parties de l'Asie. Ainsi, on la donna, dans les xine et xive siècles, à tout l'empire des Mongols, sous Gengis-Khan, et à celui des Tatars, sous Tamerlan. Pendant le démeme brement de cette dernière monarchie, un descendant de Gengis-Khaw, appelé Isan-Boga-Khan, fonda un État particulier dans la Pctite-Boukharie, dont Bischbaligh et ensuite Caschgar furent les capitales. Vers le même temps, les quatre tribus conféderces des Kalmouks, que les Européens appellent Æleuthes, reprirent leur ancienne indépendance, et se donnèrent un souverain décoré du titre de contaisch où khan-taidche,

les descendants de Gengis-Khan se retirérent à Karacorum; et ect endroit, capitale de l’Asie entière sous Gengis, ne fut plus que le cheflicu de la horde des K'alkhas. Bientôt, s’élant divisés entre eux, tous les Mongols devinrent peu à peu tributaires des Chinois, et ensuite c'es Mandchoux, nouveaux maîtres de la Chine. La Russie, qui avait détruit ls royaumes tartares d’'Astrakhan, de Kazan et de Sibérie, soumii, aux environs du lac Baïkal, quelques tribus mongoles, Ces diverses rvolutions produisirentdansla géographie la fameuse distinetion entre la Tartarie moscovtte Ou russe, comprenant Astrakhan, Kazin ei la Sibérie; la Tartarie chinoise, composée despays des Mongolset des Mandchoux ; eafin, la Tartarie indépendante, formée des États de la Grand: et de la Petite-Boukharie, &e celui des Kalmouks-Eleuthes, des Kirghiz et des Tnrcomans. Cette triple division, aujourd’hui entièrement rejette, était déjà déran- | gée il y a un deani-siècle. Les Kalmouks qui, en 168}, avaent fuit la ul 83

os CHAPITRE VINGT ET UNIÈME.

conquête de la Petite-Boukharie ct s'étaient rendus redoutables à Ja Chine et à la Russie, éprouveérent, après un demi-siécle de puissance et de gloire. tous lesfléaux de la guerre civile. Les Chinois, employant con. ü'e eux les armes des Mongols, les sounurent, et les tiennent encore sous le joug. La Tartarie chinoise s’étendrait donc aujourd’hui :vr tout

le plateau central de l'Asie ; mais il est plus convenable de bannir ce 4

terme tout à fait incxact. ,

En établissant, dans Ki partie de l’Asie centrale qui fait partie del’empire chinois, trois grandes divisions sous les noms de T'urkestan, de Mongolie et de Mandchourie, nous nous sommes principalement fondé sur la différence des races qui habitent ces contrées. Nos connaissances re-

latives à la topographie de cette grande zône sont trop peu étendues et 4 trop vagues pour qu'il soit possible de procéder ici corame lorsqu'il

s’agit de région bien connues.

Comme nous avons déjà décrit des chaînes de montagnes qui stparent la Tartarie indépendante, le Thibet et la Sibérie, d'avec la région qui nous reste à parcourir, nous n'avons pas à revenir sur ce point.

Les fleuves qui sillonnent la partie occidentale de cette zône jusqu'au 100e desrré de longitude est, se perdent tous dans les lacs dont elle est seméc. Parmi ceslacs, restes évidents d’une ancienne mer intérieure, les plus importants sont, dans la Dzoungarie, le Dzasang, que traverse l'irtych, ics lacs Oubsa, Aral-nour, Khosselback, Ayarnour, qui tous reçoivent des rivières considérables; sur les confins de la Dzoungarie ct de la Tartarie indépendante, Ie Bulkachi-noor dans lequel se jette l'A, Dans le Turkestan chinois, on a surtout à considérer le vaste lac Lop, qu'alimente le fleuve Tarym, formé par les rivieres de Houssour, d’Aksou, de Kachgar, Yarkand, de Khotan et autres. Ce lac est mis en communication avec le lac Besteng par la rivière Khaïdou, Le grand lac Æhoukounoor, appeléenchinois Thsing-Ha*, Mer Bleue, donn:son nomau pays des Mongols du Tangut. Au sud du Tarym, s’éteud un désert que Balbi à proposé d'appeler désert central à cause de sa situation au centre ce l'Asie. La partie moyenne de la zône dont nous parlons est presque entièrement occupée par un immense désert sablonneux nommé désert de Kobi, Gobi où Chamo, qui a une longueur totale d'environ {00 lieucs. Suivant les observations de Bunge, le sol de ee désert est généralement salé, etil présente vers son centre une dépression d'environ 350 mé-

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tres, Cette vaste surface est semée de nombreux lacs ou de marais salés qui se desséchent généralement pendant l'été. Le nom de Han-Haï, Mer Deseéchee, que les Chinois donnent au désert de Kobi, est parfaitement jusüfié par les observations géologiques de Bunge. La contrée au nord du Kobi et voisine de la Sibérie est arrosée par un grand nombre de rivières. La Selenga, l'Orkhon, la Toula, se réunissent sous le nom de la première pour se jeter dans le lac Baïkal. Le Æerloun coule ec dirige au nordest, sous le nom d’Argoun, prend celui d'Amour ou Saghalien après avoir recu la Tchilka, arrosc la Mandechourie en couraut d’abord au sud-est, uis au nord-est, et se jette enfin dans la Manche de Tartarie. Enfin, la mriie orientale comprend les contrées situées entre la chaîne des

de l'ouest à l’est, traverse Ie ie Dalaï ou Kouloun,

Bnonts Ahingkan, à l’ouest, la mer cv Japon et la Manche de la Tarterie

a l'est; son principal fleuve est le Saghalien dont nous venons de décire le cours. ilreçoit ici plusieurs affluents considérables, parmi les-

gauche, et à droite l'Oxsouri et

Dsinghiri, à

quels nous nommerons le le Soungari, .grossi par 1e Nonaï et Ie K he Nous citcrons encore le Charamouren où Liao-ho, qui naît dans les monts Khingkan et se jette dans le golfe de Liao-toung.

Nous savons que cette zûne, quoique située entre le 30e et le 55° pat le faire supposer sa

rallele, est infiniment plus fr htitucde, et d'apres

ide que ne pourri s avons dit plusieurs fois, 1} est facile du ;

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d'expliquer ce phénomenc. La Pcrouse trouve les côtes ys des Mindehoux, 49 degrés, couvertes d'août. Les ambassa

le à deux pouces de profondeur au

sous la latitude de

deurs de Scharockh virenten Kalmoukie la terre ge

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long, et l'été très-court; mais pendant cette dernière saison, leschaleurs 1810s dec N

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La végé!ation du centre de l'Asie nous est pi ièrement in-

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partie les mêmes que celles qui se trouvent dans le nord de l'Allemas gne, mêlées avec un certain nombre d'espèces de la Sibérie. Cette zône renferme certainement de nouvelles espèces, et peut-être une flore

toute particulière ; mais nous ne connaissons encore de plantes indie 4 gènes de celte contrée que cette singulière fougère appelée polypodium À barometz, où agneau de Sibérie, et les divers rheum, plantes qui fournis. À sent la rhubarbe. Celle-ci croît sur les montagnes ; celle-là dans les |

steppes.

Les animaux, libres et errants dans ces déserts, se sont fait connaitre

en se montrant soit en Sibérie, soit dans la Chine. Tous les animaux utiles aux hommes se trouvent ici sauvages. Le cheval sauvage est nommé takie chez les Kalmouks, et tahi chez les Mandchoux. Le koulun ou l’âne sauvage habite les steppes et plaines ouvertes; il ne dépasse

guère la latitude de 48 degrés. On mange sa chair. Une troisième espèce à

de solipède qui tient le milicu entre Fâne et le cheval, le djiggetai ou l'hémione, se rassemble par coupes sur les bords de l'Onon, de l'Argoun et de l'Amour, dans le désert de Kobi, et jusqu'aux confins de la Chine et du Thibet. L'hémione est à peu pres de la taie d’un cheval ordinaire, mais elle s’en distingue en ce qu’elle n’a de crins qu’à lextrémit: de la queuc. Celle-ci cst noire. a près de déwx pieds de longueur ct rc:semble beaucoup à celle de la vache. Le dos est raeæqué par une lis noire longitudinale ; les oreilles sont plus grandes qe celles du cheri et peut-être même que celles du mulet, Cet ani@al est remarquaile par sa légèreté ct son ciégarce, 1 court avee une rapsdsté prodigieus, la tête redressée, et en asnirant fortement Fair. Les troupes se com

sent de 20 à 100 individus ; à la tête de chacune marche un eñel qu remplit le rôle de guide et de sentinelle, Lorsque ce chef est tué, h troupe se disperse. Les Mongo!s, les Tungouses, et les autres peupl's qui vivent pres du désert, chassent ces animaux pour leur chair, doi ils font le plus grand cas. Mais il paraît qu'on n'est pas parvenni l'apprivoiser complétement, Le chamcau à deux bosses erre indéperdant dans les déserts sablonneux de la Mongolie. L’yak, où bœuf grignant sauvage, fréquente les pâturages humides et ouverts ; ses corrss tournées en arrière, son poil soyeux, long d’une palme sous le venir,

et sa queue semblable à c:Ile du cheval, démontrent qw'il n’est nulih

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rkoutzk prouve qu'il se laisse élever et conduire comme notre bœuf : mais le lait de la vache a un goût de suif. Les monts d'où dérive la source de l'Amour marquent les limites méridionales que la nature a tracées aux rennes ; mais5 degrés plus bas, au 45° parallèle, on retrouve encore l'élan. L’argaii ou la brebis sauvage, la chèvre, le chamois, le bouquetin du Caucase, l’antilope goîtrée et le suiga, errent en troupes sur les montagnes les plus escarptes, L'animal porte-muse, amant des astes solitudes, habite la Mongolie, la Daourie et les régions montagucuses qu'arrose l'Amour; au midi, il pénètre dans le Thibet, en chhie, et iusqu'au Tonquin, et vers l’oucst, jusqu'aux montagnes de Cachemire. Parmi les animaux féroccs, on connaît l'ours brun ei noir,

ke renard ordinaire, le korsak et le karagan, le Iynx blanc, nommé irgis

pur les Kalmouks, le karakal ot 1e manul, espèces du même genre que once et lc tigre. L'once est tres-connue ; mais il n’est pas sûr qu’on y Lvu le tisre, L'Asie centrale possède aussi les animaux à fourrure de h Sibérie, l'hermine, la marte, la zibeline, la loutre qui fourmille sur is bords des lacs, sinombreux dans la Dzoungarie; la marmotte, l’écureuil strié, et différentes especes de lievres.

Le Turkestan chinois de nos géographes, appelé aussi Petite-Boukharie,

areçu des Chinois le nom de Thian-chan-nan-lou, c'est-à-dire pays au

sud des montagnes célestes ; la chaîne de ee nom le sépare en ellet de l Dzoungarie. I est aujourd'hui partagé en dix principautés ou dis= iicts, et administré comme une province de l'empire.

Les districts de Kaschgar et d’'Yarkand consistent en une vaste plaine située à l'est des monts Bélour. Cette plaine est la partie la plus belle et la plus fertile de toute la Petite-Boukharie. Elle peut rivaliser avec les olus belles contrées del'Europe méridionale. Elle est arrosée par de nombreux cours d’eau qui descendent des montagnes voisines. Lesterres, cul-

| tivées avec soin, sont couvertes d’abondantes récolles, et produisent des lits excellents. À Kaschgar ainsi qu’à Yarkand, dont la population se compose presque exclusivement de mahométans, la justice est administrée par des magistrats musulmans, conformément aux règles prescrites par le Koran. Les gouverneurs et les officiers militaires chinois appelés Amdans sont chargés de percevoir l'impôt, de maintenir le pays daus la soumission et de le protéger contre touie invasion. La police

chinoise n’est pas moins sévère ici quo dans les autres provinces à

l'égard des étrangers qui voudraient pénétrer dans le pays, La tron. ticre est gardée par une chaîne de postes militaires, où les ballots introduits par les caravanes sont soigneusement examinés, On délivre alors à ia caravane un permis pour se rendre à Kaschgar et à Yarkand,

où se payent les droits de douane qui ne sont pas trop exagérés. Mais 4

aucun étranger ne peut aller plus loin.

Kaschgar est une belle et ancienne ville, florissante par son industrie

et par son commerce, dont la population est évaluée à 44,900 ümes, Elle est défendue par une citadelle qu'occupe une nombreuse garnison chinoise. La rivière de Kaschgar coule au sud de la ville, Dans ses envi. rons existe une mine de plomb dont l'exploitation fournit du travail à une foule d'individus. Yarkand, sur la rivière du mème nom, est beau coup plus grande, plus belle et plus peuplée. Burnes lui accorde 50,000 habitants; mais si nous en croyons les récits de Timkoski, elle en contiendrait trois fois davantage. Quoique détruite par Abou-Beker, petit-fils de Timour, cette ville se releva bientôt desces ruines. En effet, sa situation est si avantageuse qu’elle est devenue là principale place de commerce de l'Asie centrale. Yarkand renferme un grand nombre de caravansérails, pour y logér les étrangers. Elle est traversée dans toute sa longueur par une belle rue toute remplie de boutiques bien

garnies et pour la plupart tenues par des Chinois. On y remarque aussi

un grand nombre de médressés ou colléges. Les environs de la ville sont célebres par la beauté de ler rs jardins et l’execllence de leurs fruits, est aussi dans le territoire de Yarkand que l’on recueille cetto immense quantité de jade où pierre de Yu, si recherchée par les Chinois qui en font des vases et une foule d'objets d’ornements,.

Le district de Khotan, au sud-est des précédents, jouit d'un elimat tempéré et d’un sol fertile où l'on cultive la vigne et le marier, On ramasse aussi des u'antilc; considérables de jade. La ville de Ahotun paraît être assez peuplée. Le district : Æksou, situé près de la frouticre septentrionale du Turkestan, est encore un des plus fertiles de cette con: trée. 4ksou peut être regardée comme la capitale du Thian-chan-nanjou toutentier ; car elle est la résidence du commandant supérieur des rouyes de la province. Suivant Humboldt, cette ville est le siége d'un commerce fort actif, parce qu’elle est traversée par une fouls de caravanes. Parmi les villes principales du Turkestan, on cite encore Pid-

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nés, On délivre ar et à Yarkand, p exagérés, Mais

ar son industrie à 40,900 âmes, ibreuse garnison e, Dans ses envi.

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ASIE : EMPIRE CININOIS. 263

jen, Ouchi, Koutché, Karachan, ct Saïram, qui sont les chefs-lieux d'au tant de districts, La ville de Tourfan, presque au pied de la chaine du Thianchan, est assez pouplée et fait un commerce assez important, Elle est sans daute le Tarsæ (Tarfo) dont parle le roi Haithon, et qu'il désigne cumme étant la capitale du florissant empire des Jogours. Les géographes ne savent où retrouver la ville de Poym, dont Marc-Paul fait mention, Quant à la ville de Lop, où se réunissaient, à l'époque de ce cilè bre voyageur, les caravanes qui se préparaient à franchir le grand désert pour se rendre en Chine, elle paraît n'être plus qu'un pelit village sur les bords du Tarym, un peu au-dessus de son embouchure dans le lac,

Le district le plus oriental de la Petite-Boukharie est celui de Khamil, nommé Hami dans les cartes chinoises. On le représente comme un pays fertile, habité par une population instruite et polie, mais adonnée aux phisirs. La ville de ce nom doit son importance à ce qu'elle est actuel lement le rendez-vous des caravanes qui vont jusque dans la Chine. La religion musulmane, qui domine danslesautres districts du Turkestan, cède iei la place à la religion du Dalaï-Lama, {1 y règne aussi, dit-on, certaines superstitions qui semblent ètre les restes d’un système relie gicux plus ancien. On embaume souvent {es morts et on ne les oenterre que lorsque l’astrologue a déterminé l'instant favorable pour la cérémonie de la sépulture, ce qu'on attend parfois plusieurs annécs. Alors on place dans le tombeau avec le corps des images peintes d'hommes, de femmes, d'animaux, de monnaies ct d'autres objets que l’on pense pouvoir être utiles au défunt dans l’autre monde. En effet, du temps de Marc-Paul, ce peuple était idolâtre. Le voyageur vénitien les dépeint comme de bons et joyeux sauvages, riches des produits de leur sol, et occupés à chanter et à danser. «Lorsqu'un voyageur arrive dans leur pays, et qu'il désire se loger chez l’un d’eux, celui dont il a choisi la maison enjoiut à sa femme, à ses filles et à toutes ses parentes, de satisfaire en tout les désirs de l'étranger. Le mari abandonne sa maison, cherche dans la ville tout ce qui peut contribuer à l'amusement de son hôte, et ne rentre chez lui qu'après le départ de l'étrane ser, Pendant ce temps, le voyageur use de l’hospitalité comme il veut, Mangu-Khun voulut en vain abolir cette coutume singulière, les habi- {ants la regardent comme un précepte de religion, et s’imaginent qu'en l’abandonnant, ils exposeraient leurs champs à être frappés de stérilité.

La population de la Petite-Boukharie doit être encore assez consi. centrale j dérable ; toutefois nous n'essayerons pas d'en préciser Le chiflre, delà de ce TA attendu que nous n'avons aucun renseignement positif sur ce sujet, A Cette g Elle se compose essentiellement de Tartares, c’est-à-dire de Turcs des 1% doux gr cendants des anciens Ogours. On y trouve aussi un assez grand nombre @ pelés Kat A x de Chinois et d'individus appartenant à la race mongole, Leur langue 4 partie de

au'4 est le dialcète ture appelé Djagathaï, Les Turcs professent la religion rcet rer musulmane. Néanmoins ils violent sans scrupule plusicurs des pré @TAltaï au ceptes les plus impérieux du Koran. Ainsi, par exemple, ils sont fort @ tionner

adonnés au vin et aux liqueurs spiritueuses. La loi relative aux orohi- Accus c

à bitions de mariage entre parents n'est pas mieux observée. An rap ff monts igi

L port de Timkovski, le mariage est toléré à tous les degrès de pareuté, f'ques mill

à l'exception seulement de l’union entre les enfants et les ascendants, Ces volca Les femmes sont achetées ; par conséquent les filles jolies sont unc WW Le pay

source de richesses pour leurs parents. Le vêtement des hommes ne dans nos « descend pas au-dessous du gras dela jambe, les manches sont étroites, Énlus cons et ilest serré par une ceinture comme l'habit polonais. Les femmesen KE pellent Ti portent un à peu près semblable. Elles chargent leurs oreilles de longs ÆFcilestes, ? anneaux, et laissent flotter leurs cheveux divisés en longues tresses or- KE part des & nées de rubans. Elles teignent leurs ongles avec le suc Au henné. Les WE toires de deux sexes portent in long pantalon et des bottines en cuir de Russie. 5 furen La coiffure consiste en chapeaux garnis de fourrure ct ornés de plumes, Æbrees de pour les femmes ; en chapeaux de cuir ou de velours pour les hommes, Æ fétaient Le turban est réservé au clergé. Les maisons sont généralement bâties Æ devint ur en picrre, et décorées de meubles pour la plupart fabriqués à la Chine. D gots, allèr Le thé est fort en usage ; on le prend à la maniere du Thibet. d'Astraka

Les individus de race turque qui habitent la Petite-Boukharie & EE détermin sont à plusieurs reprises insurgés contre le gouvernement chinois. Mais les bords ecs insuyrettions ont toujours été réprimées par les soldats mongols ci On net

mandchoux, qui constituent la principale force armée de la Chine, € LE cst appel que la différence d'origine, de langage et de religion rend ennemi Æ esi située naturels des Turcs. dont la p

dence du SECTION 3°, — Mongolie et Dzoumyarée, vince. Un

pays, pro LesKal

La race mongole est répandue sur tout le reste de la surfrce de PASt

ASIE : EMPIRE CHINOIS. 965 centrale jusqu’à la chaîne des monts Khingkan et même un peu au delà de cette chaîne.

Cette grande nation s’est sépare, longtemps avant Gengis-Khan, en deux grandes branches, les Mongots proprement dits et les Æleuthes, ap-

Die ASSEZ CONSie ciser le chilfre, if sur ce sujet, ‘e de Turcs dès z, grand nombre le, Leur langue sent la religion

pelés almouks par les Européens. Ces derniers constituent la principale

partie de la population du territoire situé au nord de la Petite-Boukha-

rcet renfermé par plusieurs chaînes de montagnes, l’Ala-tau à l'est, l'Altaï au nord, le Thianchan au sud et à l’est. Nous devons ici mentionner comme un fait géologique du plus haut intérêt la présence de volcans encore en activité dans la chaîne du Thianchan. Parmi ces

sicurs des prile, ils sont fort

Ave aux orohi-

monts ignivomes, on siguale surtout le Pe-chan où Echik-bach, à quelques milles de Koutché, et le Ho-tcheou, à une lieue et demie de Tourfan. Ces volcans se trouvent éloignés de la mer d’environ 500 lieucs.

Le pays compris dans le bassin que nous venons de décrire porte dans nos cartes la dénomination de Dzoungarie, du nom des D:oungars, la plus considérable des tribus kalhnoukes qui l'habitent, Les Chinois l’appellent Tian-chan-pe-lou, c'est-à-dire province au nord des Montagnes cclestes, Vers la fin du xvir siècle, les Kalmouks avaient soumis la plupart des autres tribus mongoles, et s'étaient même emparés des terribires de Caschgar et de Khoten, dans la Petite-Boukharie. Mais bientôt 5 furent à leur tour atlaqués par ces tribus assistées de toutes les forees de l’empereur de la Chine, sous la protection duquel elles ‘étaient placées. Us ne purent résister à cette coalition, ct leur pays devint une province de l'empire chinois. Une tribu kalmouke, les Tr gots, allèrent chercher un refuge en Russie et s'établirent dans la steppe d'Astrakan. Mais la douceur et la modération du joug chinois les ayant terminées à revenir dans leur pays, en 1770, l'empereur leur assigna les bords du haut Ili pour demeures.

On ne trouve dans la Dzoungarie qu'une seule ville importante. Elle cst appelée Gouldjé ou bien encore Ili, du nom du fleuve sur lequel elle est située. On lui accorde une population d'environ 75,000 individus, | dont la plupart se livrent au commerce et à l'industrie. Elle est la résidence du général chinoisqui est chargé du gouvernement de toute la province. Une partie des habitants de Gouldjé, ainsi que des autres villes du pays, professe la religion musulmane et en est rigide observatrice.

Les Kalmouks, qui, sous la suzeraineté dela Chine, occupent la Dzounul ot

ervée. Ait rap

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surface d2 ASIE

garie ou du moins la plus grande partie de ce territoire, ne différent pas essentiellement des Mongols, dontils sont simplement une branche séparée depuis plusieurs siecles, Ils nousretracent exacte ist le portrait que Procope, Ainmmien, Priscus et Jornandes ont lai:sé des fameux Huns, Ils sont généralement d’une taille médiocre; on en trouve plus de petits que de grands. Abandonnés dès leur enfance à la nature, ils ont tous le corps bien fait, les membres déliés, Les traits c'v-ctéristiques de tous les visages kalmouks sont : des yeux dont l'a obliquement placé descend vers lo nez; des soureils noirs, peu £ ‘nis, ct dont l'arc est fort rabaissé ; des nez camus ct écrasés vers le front; les os de la joue saillants ; la tête etle visage fort ronds, L’habitude de s'enfoncer des bonnets sur la tèle contribue peut-être à détacher leurs oreilles de la tête plus qu'à lordinaire ; mais la grandeur énorme de ces mèmes parties est un trait de leur caractère physique : ils conser. vent les dents belles ct blanches jusqu'à l'extrême vieillesse. Leur peau, naturellement blanche, prend, par l’ardeur du soleil en été, et l’action de la fumée des cabanes en hiver, une teinte jaune brunâtre, qui ccpendant diffère chez les individus et chez les deux sexes, Parmi les fem:acs kalmoukes il yen a beaucoup d'une jolie figure, et dont la blancheur cstrehaussée par de beaux cheveux noirs. L’odorat, l’ouïc et la vue, chez les Kalmouks, surpassent toute idée qu’un Européen pour.

rait s’en foriver. Ils sentent la fumée d'un camp, entendent le trot |

d’un cheval, et distinguent dans leurs plaines immenses le plus mince objet à une distance étonnante.

Les Kalmouks aiment la société et les festins; ils détestent manger seuls ; leur plus grande jouissance est de partager avec leurs amis tout ce qu'ils ont en provisions de bouche, L'habit des hommes ressemble à celui des Polonais, à l'exception des manches, qui sont fort étroites et fermées au poignet. Le peuple s'habille de peaux de mouton et de feutre. En ét, les jeunes filles se découvrent la gorge jusqu'à Ja ccinture, Les hommes se rasent la tête, à l’exception d’une petite tcuffe de cheveux ; 165 femmes, au contraire, sont très-jalouses de cette partie de leurs charmes ; elles portent leurs cheveux épars jusqu’à l’âge de douze ans, époque de leur nubilité ; alors elles les réunissent en tresses qui

entourent leur tête; mariées, elles les laissent pendre en deux tresses sur les épaules.

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Les Ka la liberté garder le qu'un Ka sert, Les elles doiv chevaux ; quents pa mouks à | le sol arit ou en ren favorise |:

Le lait au lait de nier, mi Européen goût acid de crème spiritueus uniquem ne tuent

Is fabr Les femm toutes s0 partie de Mougols, mots et à niques ; 1 ctde a C des pron verbe, €

cicnnes 1] poétique

ASIE : EMPIME CHINOIS, 267 Les habitations des Kalnouks sont des tentes, ou plutôt des demi

cabanes formées d'une claie d'osior circulaire, que recouvre un toit en

», ne différent it une branche Lurit le portrait é des fameux n trouve plus à la nature, ils aits cev-ctérisit l'a obli-

feutre, capable de résister à la pluie et aux nojges. Les Kalmouks préférent à toutes les commodités d’une ville régulière ha liberté de leur vie nomade et leurs cabanes transportables. Chasscr,

garder les troupeaux, construire des tentes, voilà les seuls travaux qu'un Kalmouk croit convenables à la dignité d’un libre enfant du désert, Les femmes ont pour leur part tous les travaux domestiques ;

,peu gnis, «4 M tlles doivent aussi placer el démonter les tentes, sel! imener Îles ers le front;les M chevaux; les moments de loisie sont aussi rar que fré-

L'habitude de quents pour les hommes, Les Chinois cherchent à : Kalà détacher leurs 4 mous à l'agriculture ; ils ÿ réussiront difficilement àpre et

le sol aride bannissent de cos contrées la plupart des cultures rurales, ou en rendent les hénélices trés-précaires, L'abondance des pàturages Avorise la vie nomade et pastorale.

Le lait de jument est préféré, par presque tous les peuples de l'Asie, au lait de vache. Ge lait, dans sa fraicheur, est plus fluide que cc dernier, mais il a un petit goût de lessive qui choque le goût des Européens. Lorsqu'on le faitaigrir dans des vases propres, il prend un goût acide vineux très-agréable ; à peine donne-t-il quelques gouttes de erème. Les Kalmouks font du lait de jument une boisson faiblement spiritueuse, qu’ils appellent koumiss, Leur nourriture consiste presque uniquement en laitage et en viandes grasses, surtout de gibier, car ils ne tuent guère leurs animaux domestiques,

Ils fabriquent eux-mêmes les feutres dont leurs tentes sont revètues. Les femmes préparent les peaux avec infiniment d'adresse, et en font toutes sortes d'ustensiles, Les homimes fabriquent eux-mêmes une partie de leurs armes, Lu langue des Kulmouks, la même que celle des Mongols, diffère totalement de lu langue tatare ou turque, quant aux mots et à la syntaxe. On y reconnaît beaucoup de noms propres hunniques ; la fréquence des monosÿllabes rappelle les langues du Thibet et de la Chine. Privée d'articles, n'admettant presque pas l’utile secours des pronoms et des conjonctions, n'ayant que peu de modificauons du verbe, elle paraît une des plus pauvres, mais aussi une des plus anciennes langues du monde; elle est, dit-on, sonore, harmonieuse et poétique, Les romances plaintives et les chants épiques"de ce peuple

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