WEST MAIN STREET
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Photographic
ont le caractère sombre et gigantesque de la nature du pays; les ro. *
chers, lestorrents e! les météores d’Ossian y figurent à côté deslégendes miraculeuces, aussi bizarres que celles des Indous. On y rencontre
aussi de ces traits d’une vérité sublime qui plaisent à toutes les M nations ; par exemple, la romance d’une tribu fugitive commence par 1 cette image : « Après avoir épuisé toute leur fureur, les eaux du vaste : » lacs’apaisent ; tels sont les troubles de ce mondeet leur tranquille ou- » bli. » Ces nomades possèdent des poëmes de vingt chants ct au delà, conservés par la seule tradition ; leurs bardes ou dchangartdchi les ré. M citent de mémoire au milieu du peuple attentif et ravi de joie. Cutre l l'écriture mongole, qui se compose de 44 lettres qu'on réunit per- 4 pendiculairement, les Kalmouks ont une écriture indienne, nomme
l’onetkak, employée aux formules magiques.
L’orgueilleuse ignorance des Européens regarde les peuples libres de | l'Asie comme des sauvages sans mœurs et sans lois; mais, dans h À réalité, les khanats d'Asie paraissent être semblables à nos empires | féodaux du moyen âge. On distingue trois classes différentes parmi les | Kalmouks : la noblesse, dont les individus s’appellent les Os-Blanc:; |
le peuple, qui est composé d'esclaves qui se nomment les Os-Noirs, ct le clergé, qui descend de ces deux castes, et qui est composé d’hommes libres. Les femmes nobles sont de même appelées Chair-Blancle, et les femmes du peuple Chair-Noire ; la généalogie se désigne seulement par les Os. La puissance du Khan-Tuïdcha, ou prince en chef, consistait seulement dans le nombre et l'importance de ses sujets, ct
non dans l'étendue de son territoire, qui, dans cette vaste contrée, ne À
peut avoir aucune valeur. Les sujets de chaque chef forment un oulouss, qui se trouve divisé en aïmaks, composés depuis 450 jusqu'à 300 familles ; chaque aïmak est commandé par un Swïssan ou noble : lorsqu'il ya un grand khan, les princes selaissent guider par lui seulement dans les affaires qui sont d'une importance générale. Le tribut consiste en une dixième partie du troupeau et des autres propriétés : mais à la première soamation, tous doivent comparaître à cheval devant le prince. «uj renvoie les hommes incapables de supporter les fatigues de la guerre. Leurs armes sont les arcs, les lances, les sabres, et quelquefois les armes à feu. Les gucrriers riches sont revêtus d’une cotte de mailles, formée d’auneaux enchâssés les uns dans les autres,
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ASIE : EMPIRE CHINOIS. ©c9 comme celles qui ont été en usage en Europe jusque dans le xve siècle. La religion des Kalmouks, et de toutes les nations mongoles, mandchouriennes etthibétaines, est celle du Dalaï-Lama. Les Kalinouks sont, plus qu'aucun peuple de la terre, soumis à l'empire des prêtres; ils leur confient la direction de toutes leurs affaires; rien ne se fat sant consulter un jongleur qui, par des sortiléges, prétend interroger les Dieux ; ces Gylongs lèvent un ampletributsur leurs crédules troupeaux; ils vivent dans l'abondance ; le célibat leur est prescrit; mais quand ils voyagent, ils ont le droit de partager le lit de leurs hôtesses, et ils voyagent souvent.
Les Mongols proprement dits se divisent en un grand nombre de tribus qui occujent les vastes pays situés av nord, à l’est et au sud du grand désert de Kobi ou Chamo.
La partie septentrionale de la Mongolie qui, ainsi que nous l'avons vu, est arrosée par plusieurs grandes rivières qui coulent soit au nord, soit à l’est, est principalement habitée par les Khalkhas, Les peuples mongols étant essentiellement nomades, on ne trouve chez eux qu’un très-petit nombre de villes, et encore sont-elles de peu d'importance. Laprincipale ville du pays desKhalkhas est Ourga ou Kouré, sur les bords de la Toula. Elle est la résidence d’un khan qui prétenddescendre du fameux Gengis, et d’un pontife que l’on adore comme une incarnation divine. La population d'Ourga est d'environ 8,000 habitants dont pres des dcux tiers sont des lamas. A quelque distance de cette ville s'élève le Khan-Ola où Mont Royal, qui est chargé de temples et de tombeaux. A 75 licues au nord d’Ourga, on rencontre Maï-ma-tchin dont nous avons parlé en décrivant la ville sibérienne de Kiachta. Maï-ma-tchin est une ville purement chinoise, qui est le siége de toat le commerce qui se fait entre la Chine et la Russie. Vers l'extrémité occidentale du pays des Khalkhas, est la ville d'Ouliasoutaï, où réside le général mandchou commandant en chef de toutes les troupes de ce territoire. Dans l'Ouriangihaï, région montagneuse située au sud des monts Chabinaï- Daban et qui dépend du pays des Khalkhas, vivent les Soyotes, que l'on accuse d'anthropophagie. C'est dans le pays des Khalkhas, sur les bords de l'Orihon et à peu de distance des sources de ce fleuve, que Fischer ct Klaproth placent Karakorum. Cette ville fameuse, qui, à l'époque de sa gloire, lorsqu'elle fut visilée par Rubruquis, n’était pas plus grande
que Saint-Denis, a été cependant la résidence habituelle des premicrs successeurs de Gengis-Khan, et par conséquent, comme le fait observer Baibi, la capitale du plus vaste empire qui ait jamais existé.
La partie de la Mongolie qui est à l’est du grand désert et qui empiète sur le territoire au delà des montsKhingkhan, se divise en un grandnombre dedistricts qui doivent en général leur nom aux tribus qui les occupent. Nous citerons celui des Tourbet; le Kortchin où se trouvent les ruines de deux anciennes villes, Ælmatou et Sibé ; le district des Gorlos, où l’on voit les ruines de Loung-ngan, d’Ao-khoto et de Bar-khoto; des Ouyniout aves les restes de Zao-tcheou: les territoires des Abakha, des Khaotsit, des Aarin, où sont la ville ruinée de Barin-Khote et les tombeaux des empereurs Kitans; le pays des Tchakhar où Mongols de la frontière, ainsi nommés parce qu'ils confinent à la grande muraille; celui des Toumet, où s'élève la ville de Xoukou-Khoto, résidence d’une incarnation divine, et celui des Ourats, qui est traversé par le fleuve Hoang-Ho, et que l’on croît être l'ancien pays de Tenduc mentionné par Marc-Paul. On donne le nom de Charra-Mongolie à la contrée située entre le désertetle Hoang-Ho.
Le département de Tching-te, qui dépend administrativement de Ia province chinoise de Tchy-li, a été formé aux dépens de la Mongolie, c’est-à-dire du pays au delà de la grande muraille. On y remarque le magnifique château appelé en mongol Jé-ho ou Zhé-holl, qui a été décrit par lord Macartney. Ce château, qi sert de résidence d'été à l'empereuret où ce prince vient se liv” ‘au plaisir de la chasse, a été bâti en 1703, sur le plan du palais « ing. Ses immenses ct somplucux jardins sont ornés d’un grand nombre de pavillons et de temples. Parmi ecs derniers, le pluscurieux est le Phou-tho-tsoung-ching-miao que l'empereur Kien-loung # fait construire sur le modèle du faincux temple de Poutala près de H’lassa. On y voit 500 statues dorées rcprisentant des lamas morts en odeur de sainteté et auxquels on a donné les attitudes pénibles qu’ils s'étaient imposées pendant leur vie.
A l’ouest de la province chinoise de Kan-sou s'étend un vaste ierriloire montagneux, au centre duquel est le lac Koukhou-nor. Ces! dans ces montagnes élevéesque se trouvent les sources du Hoang-ho cl du Kin-cha-Kiang. Les habitants de celle contree, que l’on désigne sous le nom de 4ongols du Khoukhou-nor, sont, à proprement paricr,
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ASIE : EMPIME CHINOIS, 971
des Kalmouks. Suivant Klaproth, ils se divisent en 30 bannières.
Les Mongols ont, comme les Kalmouks, le visage plat, les yeux peits et vbliques, de grosses lèvres, un mentor court, et peu de barbe; ks oreilles sont larges et proéminentes ; les cheveux noirs renforcent un teint bruu-rougeûtre ou jaunâtre. Mais plus civilisés par leur ancien séjour en Chine, ils sont plus dociles, plus hospitaliers, plus acifs ct plus voluptueux. Les Russes de Daourice regardent les femmes mongoles comme plus fécondes que les leurs. Ces femmes ont aussi beaucoup d'industrie et de gaieté. Les livres religieux des Mongols sont écrits dans la langue du Tangout ou du Thibet, et il y a dans chaque äinak un maître d'école. Les lamas ou prêtres, et leurs chefs, les khou= bukhtou, jouissent d’une grande considération et dépendent du grand Dalai-Lama.
La polygamic, quoique permise, est peu commune. Ils se marient très-jeunes ct les femmes apportent une dot en troupeaux ou en brebis, I ya un feu commun dans le milieu de la tente, et dans les déserts : on emploie pour chauffage le fumier de vache desséché. Les tentes des nobles sont dans l'intérieur, tendues d’étoffes de soie, et le parquet est ouvert de tapis de Perse. Dans les demeures des grands, on trouve des ses d’étain, d'argent, de porcelaine. Les tentes du peuple sont fcrmées d’une espèce ce feutre. Dans quelques endroits ils érigent de pe tits temples, à l’entour desquels les prètres ont des cabanes de bois.
Leur tête, à la réserve d’une seule boucle de cheveux, est rasée, ct reouverte par un bonnet jaune et plat, au moins chez les Mongols-Charra ; ils portent des pantalons larges, une veste légère avec des manches étroites, et une ceinture qui retient le sabre, le couteau et des objets nécessaires pour fumer. L’habit de dessus est de drap; les mariches sont larges s leurs pieds sont entourés de linge, par-dessus lequel se trouvent passes des boltines de cuir, ordinairement noires ou jaunes. Leur luxe ne s'étend pas jusqu’à l’usage des chemises. Les Mongols se nourrissent de viande, qu’ils mélent quelquefois avec des légumes; l’eau est la boisson ordinaire ; ils se régalent de lait, de beurre et de koumiss; mais ils ont appris à connaître l’eau-de-vic et l’hydromel, et surtout le thé, Leurs troupeaux consistent en chevaux, chameaux, bœufs, brebis et chèvres. Les femmes tannent le cuir, déterrent les racines nourrissantes, préparent les provisions d'hiver qu’elles salent ou qu'elles font sécher,
distillent le koumiss ou l'esprit du lait de jument. Les hommes chassent le gibier et les animaux nombreux qui crrent en grand nombre dans
ces vastes déserts. Quand les Mongols voyagent, ils cuisent des moutons M entiers dans leur peau; ils Ôtent d’ahord la peau tout entière et en A font une espéce de sac, qu'ils remplissent d’eau ; ils y mettent la viande 4
détachée des os, et y jettent successivement quelques pierres rougies la viande est parfaitement cuite et le bouillon excellent. Quand les pâturages commencent à manquer, toutes les tribus lèvent
leurs tentes, ce qui arrive de dix à quinze fois par an. Dans l'été ils se
dirigent au nord, et en hiver au midi. Les troupeaux, les hommes, les femmes, les enfants forment une procession régulière, et sont suivis par les jeunes filles, qui chantent gaiement en cadence. Les amusements de ces tribus errantes et cnjouées sont les courses de chevaux, où les jeunes filles même excellent : enfin, Pare, la lutte, la pantomime, les chansons des jeunes femmes, qui sont généralement accompagnées par la viole et la flûte. Ces chansons roulent sur des aventures amoureuses, et sont remplies d’un merveilleux gigantesque; mais la milodie est dure et désagréable. Le jeu d'échecs est leur jeu favori. Les corps des princes et des principaux prêtres sont brûlés avec beaucoup de solennité, et leurs tombes sont ordinairement entourécs de murailles et de très-hautes perches, d’où floltent des draperics bizarres.
Nous ignorons si les Mongols ont conservé un usage superslitieux, mais touchant, que décrit Marc-Paul. Lorsque deux familles viennent de perdre en même temps deux enfants chéris, de deux sexes différents, elles font entre leurs mânes ce qu’on appelle le mariage des morts ; ces alliances sont célébrécs auprès du tombeau des enfants avec beaucoun de solennité; les parents, des lors, se traitent entre eux comme s'ils étaient unis par les liens du sang.
Les Mongols, quoique moins superstitieux que les Kalmnouks, ont un cuite extérieur plus apparent ; ils élèvent des temples, dont quelque uns sont en pierres. Les livres sont plus communs parmi eux que parmi les Kalmouks; ils ont, outre l’écriture ordinaire, une espèce & tachygraphie, nommée akschar, et venue du Tangout. Leur alphäpet cr dinaire à 98 signes, qui marquent en parlie des syllabes entières. Cet al phabet parait en grande partie emprunté de celui des Oïgours. La larr
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Les 4] Chine, ] reur dat des Kha ils reçoi E sans do contre 1:
mais trè; puis 162 chefs, et ls actio à un voy ves par I nocence
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gue mongole semble être la même que celle des Kalmoüks, que nous avons déjà caractérisée.
Les ans de la Mongolie méridisnale sont entièrement soumis à la Chine, payent un tribut annuel, et se présentent à la cour de l’empereur dans la posture de vassaux très-humbles. Mais quant aux khans des Khalkhas, il paraît qu’on n’exige d’eux aucun tribut ; au contraire, ils reçoivent de l'empereur de forts appointements et de riches présents, A E sans doute comme formant en quelque sorte la garn'son frontière contre la Russie. Pour achever ce tableau de la civilisation imparfaite, mais très-remarquable, des peuples mongoliques, il faut dire que de- LS puis 1620 ils possèdent un code complet de lois, signé de 44 princes et | chefs, et dans lequel la plupart des délits sont punis par des amendes: | ls actions utiles au public sont récompensées. Celui qui refuse du lait PET àun voyageur, est puni de l'amende d’ui mouton. On admet les épreuves par le feu, ct les serments par lesquels un supérieur garantit l’innocence d’un inférieur; institutions connues en Europe dans le moyen
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SECTION 4e. — Mandchourie.
Au delà des monts Khingkhan, leterrain, comme le démontrele cours : à des fleuves, se penche de deux côtés vers la mer d'Okhotsk et vers la e mer Jaune. Les plantes et les arbres des climats tempérés commencent àreparaître; mais à l'est, une haute chaîne de montagnes qui borde ls rivages de la mer de Corée, se prolonge à travers la péninsuie du même nom, et contre-balance, par son élévation et ses vastes forêts, : , ls influences favorables du soleil. Quoique sous les latitudes de la té
France ct de l’Italie, ces montagnes sont sujettes à des hivers très-longs “ et très-rigoureux; cependant les parties centrales qu’arrose l'Amour doivent probablement jouir d’un climat un peu plus doux. Si l’agriculture n’y fleurit pas, la faute en est à la paresse et à l'ignorance des habitants, La partie située sur la mer Jaune ou la province de Liaotoung | paraît jouir d’une température semblable à celle de l'Allemagne et de une h France septentrionale. Au nord, les monts Stanovoï élendent plu- de: sieurs branches vers les bords du fleuve Amour ou Saghalien, ce qui 40800 contribue à abaisser la température. En conséquence ie territoire au nord à
de ce fleuve offre tout à fait l'aspect des régions sibcricnnes, et sur la . e Bile 36 F
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Leur alphabet ïes entières. Cet al es Oigours. La lat
274 CHAPITRE VINGT ET UNIÈME, côte qui longe la Manche de Tartarie, il neige et gèle au milieu de sep. tembre,
Le pays des Mandchoux est divisé en trois provinces ou départements. Le plus méridional est celui de Liao-toung ou Ching-K'ing ; eclui de Ghirin est au nord-est du précédent; enfin celui de Saghalien-oula
embrasse la partie septentrionale de ce vaste territoire. Ce dernier est
le plus considérable des trois.
La province de Liao-Toung est celle qui nous est le mieux connue,
grâce à l’empereur Kien-long qui l’a décrite dans son Eloge de Mouk- | den, production faible et froide sous le rapport poétique, mais très-utile }
aux géographes. « Dans un espace de 10,000 {y, on voit se succéder des hauteurs et des vallées, des terrains arides et arrosés, des fleuves mas jestueux, d’impétueux torrents et des ruisseaux qui serpentent avec grâce, des campagnes riantes et des forêts impénétrables aux rayons du soleil.» Le poëte impérial indique parmi les arbres de ce pays, le sapin, le cyprès, l’acacia, le saule, l’abricotier, le pêcher et le mürier, Le blé rend le centuple de la semence. L’aurone ct l'armoise couvriraient tous les champs, si on ne les reléguait pas dans les déserts. Le ginseng croît sur toutes les montagnes ; son nom signific reive des plantes;
« elle rendrait l’homme immortel, si l’homme pouvait le devenir. » |
Parmi les animaux, Kien-Long nomme le tigre, le léopard, l’'hémionc, l cheval sauvage, la civette, la ziheline. Le faisan brille parmi les innombrables oiscaux qui peuplent les champs, les forêts et les bords des eaux. L’esturgeon, le roi des poissons, la carpe, l’anguille et d’autres poissons excellents, nourrissent des tribus entières. La nacre de perle y est admirable. A ces richesses, il faut ajouter le fer et ke jespe.
L’archipel de Liao-toung ou de Jean Potocki doit être rattaché à la province de Liao-toung comme dépendance géographique. Cet archipel se compose d’une vingtaine d'îles dont la plus grande n’a pas plus de 3à 4 lieues de longueur, et qui sont fréquentées par les navires qui font le cabotage entre la Chine et la Corée.
La Mandchourie ne possède aucune ville comparable aux grandes cités de la Chine. Les principales villes du Liao-toung sont Moukden ti Kaï-tcheou. La première, appelée en chinois, Ching-Yang, se compose de deux enceintes : dans l’intérieure on trouve les palais du vice-roi, là
dliices } de 4 licue oukden des Man:
emples, « jur de }’; iince. Il Æinois.
Le chef:
wrable su kscrimin lle de m de Nonaï, din de pra Vis=ù-yi 10$ cartes il Tarraka sueur sur lpend 4 haie d’Ant de baleine wnsée dé juenous d soin merv quitter, a lle de Sag Janche de à terre fe eau etlu lirent que ire dans 1 IC {crre sa Quant d’ai extrémité ue le dét le facon à
ASIE : EMPIRE CHINOIS. 975 difices publics, les maisons des mandarins ; l’extérieure, qui a près de #4 licues de cire “ftrence, renferme les habitations des marchands. oukden était jadis la résidence des derniers souverains où Chwandi des Mandchoux, avant la conquête de la Chine. On y voit plusieurs
milieu de scpe
es ou départeng-King ; eclui » Saghalien-oula
. Ce dernier est | jur de l’an. La ville de Kaï-tcheou est le marché principal de la pro-
ince. Il entre chaque année dans son port environ 2,000 bâtiments chinois.
Le chef-lieu de la province de Ghirin est Ghirin-oula, ville petite ct inisrable sur le Soungari, Bedouné et Tondou sont des lieux d’exil pour kscriminels chinois. On cite, dans le département de Saghalien-oula, la ile de même nom et celle de Zsitsikar. Celle-ci est située sur la rivière de Nonaï, et celle-là sur le fleuve Amour. Toutes deux sont fortifiées ain de protéger de ce côté l'empire contre la Russie.
Visà-vis l'embouchure du fleuve Amour s’étend l’île appelée dans 108 cartes Saghalien, mais qui porte aussi les noms de Karafto, Tchoka it Tarrakaï, Cetle Île, suivant La Pérouse, a plus de 200 lieues de longucur sur 40 dans sa plus grande largeur. L'extrémité méridionale lpend des Japonais. Leur principal établissement se trouve dans la nie d’Anüva; il est important par ses pêcheries ct par le grand nombre le baleines qui fréquentent ces parages. La partie septentrionale est wnsée dépendre de la Chine ; elle est occupée par les Aïnos, peuplade qmuenous décrirons bientôt. La Pérouse, qui a exploré ces mers avecun sin merveilleux, fut forcé parles vents et par d’autres :‘rconstances à quitter, avant de lavoir examiné jusqu’au bout, le canai qui sépare lle de Saghalien de la Mandchourie et auquel il avait donné le nom de anche de Tartarie, Mais ayant interrogéles indigènes, tant de l’île que de a terre ferme, ceux-là lui assurèrent que leur pays était environné l'eau et lui tracèrent les détroitsqui le séparent du continent ; ceux-ci lui lient que les vaisseaux venant de l'embouchure de l’Amour pour se renire dans la baie de Castries, étaient traînés par-dessus une étroite languc ie terre sablonneuse et couverte d’herbes marines. La Pérouse, remarquant d’ailleurs que la profondeur de l’eau diminuait rapidement vers extrémité du canal et qu’on n'y sentait aucun courant, s’arrêta à l’idéc jue le détroit existe, mais qu’il est obstrué par des sables et des fucus le façon à ne laisser qu’un passage praticable pour de petites barques.
mieux connue, 1 Eloge de Mouk- | , mais très-utile se succéder des des fleuves mas serpentent avec bles aux rayons s de ce pays, le er et le mürier, armoise couvris les déserts. Le reine des plantes; ait le devenir. » | pard, Vhémiont, ille parmi les inorêts et les bords rpe, l'anguille et entières. La nacre jouter le fer et le
rattaché à la proe. Cet archipel se a pas plus de 3à navires qui font le
ais du vice-roi, là
temples, entre autres celui où le prince devait prier tout seul le premier
Le capitaine Broughton, ayant été 8 lieues plus au nord que La Pérouse, arriva à une baie qui n'avait que 2 brasses d’eau et qui lui parut
fermée de tous côtés par des terres basses et sablonneuses. En const. k quence, il pense que la terre de Saghalien est une presqu’ile. Krusens- À tern, qui ne s’est pas approché de ce détroit, mais qui a visité cclui À qui est au nord de l’embouchure de l'Amour, appuie l'opinion de A
Broughton. Les eaux presque douces qu’il trouva dans le golfe formé | par ce fleuve, lui paraissent un argument décisif. 11 admet donc l'existence d’un isthme sablonneux entre la continent et la terre de Saghalien; mais ilcroit que cet attérissement est très-récent et qu'il n'existait | pas à l’époque où furent tracées les cartes chinoises et japonaises qui | représentent cetie dernière terre comme entourée d’eau de toutes parts,
Ces arguments ne sont pas sans réplique et, sans discuter ici celte question, nous croyons qu'il faut attendre denouveaux éclaircissoments et une nouvelle exploration de ces parages, pour pouvoir prononcer entre l'hypothèse de Broughton et les observations de La Pérouse confirmées par les cartes chinoises et japonaises.
La dénomination d’Yupi dénote en général des pêcheurs nomades; tels sont tous les habitants pauvres, bons etsimples de la côte orientule, visitée sur quelques points par l’infortuné La Pérouse, On connaît le nom particulier de la tribu des Ghiliaiky, qui occupent les deux rives du Saghalien ou Amour, à son embouchure. La tribu des Narki ou Atchani commence à quatorze journées de navigation plus haut, Toules deux s’habillent, pendant l'été, en peaux de poissons ; les Natki attellent des chiens à leurs voitures; les Ghiliaikes y emploient, dit-on, des ours apprivoisés.
La côte orientale de la Mandchourie a semblé presque déserlei La Pérouse. Sur les monis sourcilleux le chêne étendait ses rameun, le pin élançait sa pyramide de verdure; plus bas, les saules, les bouleaux, les érables, les azéroliers frémissaient au souffle des vents, là lis, la rose et le muguet parfumaient la prairie; mais aucune trat n'indiquait un commencement de cullure ; rien ne prouvait que de hommes eussent jamais habité ces magnifiques rivages ; un tombeau t quelques ustensiles de pèche semblaient seuls démontrer que tk tribus vagabondes arrivaient quelquefois de l’intérieur pour trouble le repos des poissons qui fourmillent à l'embouchure des riviuit
C'est un tant sus Chine, o horreurs apporte brouillar sion opti teur en a que se d Toute que 47,15 ic sont p descolon:
choux, Les Ma pr Ics R hngue, L sieurs tril milieu de & disting lnom de lans, dont vince de leurs prit par les M
mêlée de Les Mai bis avan Puissance Chine, D’aprè idoles; il Ciel, Cepe du laman
ue La Pérouse, qui lui parut ses, En const. | Lu’ile, Krusens- M qui a visité celui à ie l'opinion de 4 s le golfe formé | et donc l'exis- | terre do Saghaet qu'il n’exisluit À t japonaises qui de toutes parls, discuter ici celte éclaircissoments ouvoir prononcer s de La Péroust
heurs nomadis; : Ja côte orientale, use, On connait le ent les deux rivés ribu des Natki où plus haut, Toules les Natki attellent it, dit-on, des ours
presque déserlei dait ses rameaux, es saules, les bou ouffle des vents, là mais aucune {rat > prouvait que de es ; un tombeuu t lémontrer que dl rieur pour trouble hure des riviurt
C'est un phénomène singulier que de trouver un désert absolu et pourtant susceplible de culture, aux portes de cet antique empire de la Chine, où la surabondance de population amène quelquefois toutes les horreurs de la famine. La mer du Japon, qui baigne ces rivages, y apporte d'immenses prairies flottantes d'herbes marines. Dans les brouillards épais qui assiégent ces contrées, on voit souvent une illusion optique produire l’image de côtes élevées et étendues ; le navigateur en approche; il croit y débarquer, et soudain ce monde fantastique se dissout en vapeurs et s'envole dans les airs.
Toute la Mandchourie ne renferme, selon la géographie chinoise, que 47,124 paysans soumis’ au tribut ; mais il paraît que les indigènes nc sont pas compris dans ce nombre, qui représente probablement celui descolons envoyés de la Chine. Le pays entretient 10,000 soldats mandchoux.
Les Mandchoux appartiennent à la grande race nommée Tungousse par les Russes et les Tatars, mais qui s'appelle Oven dans sa propre lhngue. Les Daouriens sont Mandchoux, mais mêlés de Mongols. Plusieurs tribus, telles que les Dutcheri, sur les bords de l’Amour, vers le nilicu de son cours ; les Solons, sur l’Argoun et autres, ne paraissent & distingucr que par des nuances de civilisation. Les Mandchoux, sous lenom de Nicou-thé, ont soumis, avant le xne siècle, les Leaos ou Khils, dont ils étaient auparavant les vassaux, et qui habitaient la province de Moukden; ils envahirent, en 4415, le nord de la Chine, où lurs princes fondèrent la dynastie dite de Æ'in ou de l’Or. Dépouillés par les Mongols, ils retournèrent dans leurs monts sauvages, d’où ils srlirent de nouveau en 1640, sous le nom de Mandchoux, pour faire la conquête de la Chine entière, qui leur garde encore une obéissance mèlée de haine et interrompue par des révoltes partielles.
Les Mandchoux ont connu l’agriculture, et même ont eu un code de lis avant la conquête qu’ils firent de la Chine. Cette extension de puissance a nui à leur pays; car les meilleures familles ont émigré en Chine,
D’après les relations des Jésuites, les Mandchoux n’ont ni temples ni idoles; ils révèrent un Être suprême qu’ils surnomment l’empereur du Gel. Cependant la religion des Manchoux établis en Chine se rapproche dulamanisme. Des trois grandes nations de l’Asie centrale, les Man-
dchoux peuvent être considérés comme les plus rapprochés de l'état de moitié civilisation, surtout depuis qu'ils ont fait la conquête de la Chine: 1 desen leurs progrès à cet égard doivent encore avoir été plus granüs, puisque le dernier empereur a ordonné que les meilleurs livres chinois fussent traduits dans leur langue. Ces peuples ont des formes plus robustes, mais les traits moins expressifs que les Chinois; les pieds de leursf Entr femmes ne sont pas défigurés comme ceux des Chinoises; leur coiffur@ Je :Core consiste en fleurs naturelles et artificielles, L'habillement, en général, & jaune, est le même que celui des Chinois. de long Les trois langages des Mandchoux, des Mongols et des Tatars ou propret Tartares, différent radicalement l’un de l’autre. Langlès, qui a publi mais à | un dictionnaire mandchou, aflirme que c’est le plus parfait et le plu cette tar savant des idiomes de l'Asie centrale, quoiqu'il n'ait été écrit qu'a Que apr commencement du xvue siècle. A cette époque, le monarque des Mand- Le sel choux chargca des savants de dessiner des lettres d’après celles des l'existen
Mongois. L'alphabhet mandchou présente 1500 groupes de syllabes, qua Langlès a essayé de réduire à 29 lettres, dont la plus grande partica trois formes différentes, suivant qu'elles doivent se trouver au con: mencement, au milieu et à la fin d’un mot.
Ce que cette langue offre de plus étonnant, ce n’est pas la fréquenc: des onomatopées ou mots imitatifs, ni son extrême douceur, qu n’admet jamais que deux consonnes se suivent sans l'interventiu d'une voyelle, ni sa richesse en particules qu’on annexe aux mots et qu en modifient le sens, ni le grand nombre d’inflexions données au verbe comme dans l’hébreu et l’arabe; ces caractires ne doivent uccupl que les philologues ; mais pourrions-nous passer sous silence un qui semble toucher à l’histoire des migrations des peuples? La lansii mandchoue qui règne à l’extrémité orientale de notre occident, renferi beaucoup de racines qui ressemblent à celles des langues européenne: Ce ne sont point des mots relatifs aux arts qui auraient pu être appori par les prisonniers de guerre allemands que les Mongols entraînérc en Asie; ce ne sont pas des mots imitatifs dont la ressemblance & presque toujours fortuite. La ressemblance d’ailleurs ne s'étend qu'a langues gothico-germaniques et latino-grecques, qui, ainsi que n0k lPavons souvent dit, ont elles-mêmes des rapports avec le sanscrit. (: racines, communes à des langues séparées par toute l’étendue d'u:
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SECTION 5°, Royaume de Corée,
Entre lesfîles du Japon ct la Mandchourie s'étend la grande péninsule de {Corée, baignée à l'est par la mer du Japon, et à l'occident par la mer Jaune, autrement nommée golfe de Péking. Ce pays peutavoir230lieues de long ; mais un tiers de cette longueur se trouve hors de la péninsule proprement dite; la largeur est, au nord et au sud, de 90 à 100 lieues; mais à l'endroit où la péninsule prend son véritable commencement, cette largeur n’est que de 48 : 50, La Corée ne le cède guère en étendue à l'Italie, re
et des Tatars ouf glès, qui à publi} parfait et le plus! it été écrit qu'au
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et qui paraît avoir une communication avec celles de la Mandchourie. En pénétrant dans la péninsule, cette chaine longe de fort près la mer ee du Japon ; la pente générale du terrain est vers la mer Jaune. Les côtes et les îles qui les bordent, sont très-rocailleuses et d’un accès difficile. On connaît deux grandes rivières, la Ya-lou et la Tu-men ; la premiere # ‘s'écoule dans la mer occidentale, la seconde dans la mer d'est; toutes deux sont au nord et hors de la presqu'île proprement dite ; elles pren nent leurs sources dans une même montagne, qui est très-haute ; les Chinois l’appellent Chang-Pe-Chan, et les Mandchoux Chen-Alia ou montagne toujours blanche. LA ci à Quoique sous la latitude de l'Italie, la Coréea le climat très-froid, "1 fs dit-on, à cause des montagnes qu’elle renferme ; on assure que dans la partie septentrionale la neige tombe en si grande quantité qu’on est obligé de creuser des chemins par-dessous pour aller d'une maison à l'autre. Cependant le solest très-fertile et très-bien cultivé. On nomme parmi ses minéraux, l'or, l'argent, le plomb, le fer, les topazes et le ss Fol sel gemme. Les animaux les plus communs sont, selon le P Régis, mis les sangliers, les ours, les zibelines (au nord), les martes, les castors : etles cerfs. Les fleuves abondent en poissons, et, selon Hamel, qui ms | prétend avoir séjourné 9 ans dans le pays, on y trouve des cuïmans, esbèce de crocodiles, dont quelques-uns atteignent une longueur de 30 à à .
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40 pieds. Les missionnaires avaient aussi entendu parler de poulets dont la queue était longue, sans doute une espèce de faisans. Il y a des bidets hauts seulement de 3 pieds.
Les montagnes du nord, couvertes de vastes forêts, ne produisent, au reste, que de l’orge et la racine de ginseng, si précieuse aux yeux des Chinois. Les provinces méridionales abondent en riz, millet et panis (espèce de blé duquel on tire une sorte de vin),en chanvre, tabac, citron et soie. Un arbre, semblable au palmier, produit une gomme qui donne au vernis un air de dorure.
Le royaume de Corée est diviséen huit provinces qui renferment, au dire des auteurs chinois, 33 villes du premier ordre, 58 du second et 70 du troisième. King-Ki-tao, capitale de tout le royaume et résidence du souverain, est située presqu'au centre du pays. L'aspect des villes Coréennes est à peu près semblable à celui des villes chinoises : seulement les maisons sont construites en terre, sans art et sans commodité; dans quelques endroits, elles sont élevées sur des pilotis. Les maisons des seigneurs offrent un aspect plus brillant et sont entourées de vastes jardins. La grande-Muraille que les Coréens avaient construite pour se défendre contre les invasions des Mandchoux tombe en ruines.
Lesexpéditions des capitaines Hall ct Maxwell ont fait reconnaître un archipel composé d'environ un millier de petites îles qui s'étendle long dela côte occidentale de la Corée. Jadis on croyait que toute celle masse de terres faisait partie du continent. Au pied de la Corée, on trouve l'île de Quelpaert, célèbre par plusieurs naufrages. Cette île est rcmarquable par ses hautes montagnes, par sa fertilité et sa nombreust population. Elle appartient à la Corée.
Les Coréens sont tout aussi jaloux que les Chinois et les Japonais à l'égard des étrangers. Quoique les expéditions anglaises que nous venons de citer aient élé traitées avec une extrème politesse, l’accis du pays leur a été absolument interdit. Les malheureux navigateurs qu’une tempête jette sans défense sur la côte de la Corée y sont réduits en esclavage, institution que la crainte à dicté à plus d’un peuple barbare,
Les Coréens ont la taille bien prise, la physionomie agréable, et leurs mœurs très-polies. Depuis des siècles, courbés sous un joug étranger,
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is ont pris les vices de la servitude; ils sont fort adonnés aux plaisirs, grands menteurs, très-lches, et si accoutumés à tromper et à voler, que les Chinois mêmes en sont les dupes.
Les maladies qui présentent un caractère épidémique inspirent une telle crainte aux Coréens, qu’ils ont pour coutume de déporter les malades dans les champs, et de les y abandonner sans secours.
Les mariages entre parents sont défendus jusqu’au quatrième degré. On marie des enfants de sept à huit ans, et la nouvelle épouse demeure dans la maison du beau-père. La polygamie est admise, mais le mari ne peut recevoir dans la maison que sa première femme. Le corps des personnages distingués est souvent gardé trois ans dans un cercueil avant d’être enterré. Les tomheaux sont sur des hauteurs, et l’on place à côté les armes, les ustensiles et tout ce dont le défunt se servait.
Les Chinois ont porté en Corée leurs arts, leurs sciences et leur langue. Les lettrés forment un ordre d’état à part, et se distinguent par deux plumes attachées à leurs bonnets. Ils subissent plusieurs examens, comme à la Chine; mais leur savoir se borne à la morale de Confucius. Ils se servent de la langue et des caractères chinois; la languc coréenne vulgaire en esttrès-diflérente, et, comme celle des Mandchoux, elle a son alphabet particulier. Ils écrivent avec des pinceaux faits en poil de loup, et impriment leurs livres au moyen de figures en bois. La langue des Coréens contient quelques mots chinois et mandchoux ; mais la principale masse des mots parait n’appartenir ni à l'une ni à l’autre de ces langues.
La philosophie de Confucius est ici, comme à la Chine, la doctrine dominante parmi les grands et les lettrés. Mais la religion de Fohi ou Bouddha a beaucoup d'adhérents. Les ambassadeurs de Corée ont dit aux missionnaires de Péking que les bonzes, tenus dans un état d’abjection, étaient obligés de construire leurs temples hors l’enceinie des villes. 11 ya des ordres monastiques ou des associations religicuses dont les membres mènent une vie austère, souffrent avec patience des persécutions très-dures, observent une foule de cérémonies. et ne recucilent pour fruit de tant de peines que le mépris universel. Parmi «es moines, il y en a qui, d’après leur règle, doivent porter Ia tête rasée, s'abstenir de viandes, et fuir l'aspect des femmes.
Les Coréens fabriquent avec du coton un papier très-blanc et trèslil, ü6
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fort. Ils font encore des éventails, des papiers peints pour tentures, et 1 des toiles de lin très-fines. On ne connaît pas les autres branches de M leur industrie. Les Chinois achètent ces divers objets en échange de M thés et de soieries. Les Coréens font aussi quelque commerce avec les ‘ Japonais. Ils en reçoivent du poivre, du bois odoriférant, de l’alun, M des cornes de buffle, et leur donnent en échange du plomb, du coton à de la soie brute, des racines de ginseng. Les payements se font en petits À
lingots d'argent; il n’y a de monnaie qu’en cuivre.
Il paraît certain que les Japonais, les Mandchoux et les Chinois ont M tour à tour soumis la Corée ; ces derniers seuls s’y sont maintenus. Les ! rois de Corée, confondus parmi les autres vassaux de l’empire chinois 4
envoient à Péking un tribu annuel et des ambassadeurs que l’on y rc-
uit d’une manière peu distinguée. Cependant, chez lui, ce roi est des- | pote absolu ; une cour nombreuse, un sérail bien fourni, augmenten: | l'éclat de son trône. Tous les habitants sont tenus de travailler pour ke |
souverain pendant trois mois; et aux revenus considérables de ses domaines, ce prince ajoute le produit de la dîme royalelevée ennature sur toutes les productions quelconques. Il paraît, par la relation de Hamel, que les nobles exercent, chacun dans ses terres, un pouvoir féodal très -oppressif, eux seuls osent couvrir leurs habitations de tuiles; le peuple est obligé de demeurer sous des toits de paille ct de ci'aume, Le militaire, extrêmement nombreux, scrait peu redoutable à des Européens : un mauvais mousquet, un arc et un fouct arment les soldats; quant aux bâtiments de guerre, ils sont supérieurs à ceux de la Chine, et paraissent imités des galères portugaises; ils sont munis de canons et de pots à feu. Les forteresses, placées sur de hautes montagnes, ont en partie pour garnison des moines bellir'reux,
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Japon, avec les îles Kouriles et les îles Lieou-Khieou,
Le royaume ou, comme l’on dit quelquefois, l’empire du Japon se compose essentiellement de quatre grandes îles, Yeso, Niphon, Sikokf et Kiou-siou, qu’entourent une foule d’autres îles infiniment moins importantes. L'île de Niphon est de beaucoup la plus considérable des quatre. Les îics que nous venons de nommer sont séparées l’une de l’autre par des canaux étroits, et forment, quand on les considère dans leur ensemble, un territoire fort allongé du nord ausud, ettrès-étroit proportionnellement à sa longueur. L'ile d’Yeso, qui est la plusseptentrionale, est séparée de l’île ou terre de Saghalien par le détroit de La Pérouse; ellc a 110 licues de longueur environ du nord au sud, et près de 100 dans ga plus grande largeur. L'ile de Niphon, séparée de celle d’Yeso par le détroit de Tsoungar ou de Matsmaï ct de l’île de Kiou-siou par un canal + # large seulement d’une demi-licue, a plus de 300 lieues de longueur et 90 dans sa plus grande largeur. L'île de Kiou-siou, la plus méridionale des grandes îles, a 80 lieues de longueur, du nord au sud, sur 50 de l’ouest à l’est. Le détroit de Corée, qui est large d'un peu plus de 30 lieues, la sépare, à l’ouest, de la partie méridionale de la presqu'ile de | ce nom. L'ile de Sikokf à l'est des îles Niphon et Kiou-siou, a 60 licucs SE
de longueur sur 35 de largeur. L'ensemble de ces îles représente à l’est | du continent asiatique une ligne courbe, de telle sorte que la mer du Japon, qui baigne les côtes occidentales des îles japonaises et les côtes orientales de ia Corée et de là Mandchourice a, vers le 38° parallele, 995 lieues environ de largeur. A l’est, le Japon est baigné par les flots a ais du grand Océan ou Océan pacifique. ARE
Le nom de Japon vient du Chinois Jé-pen ou Jépoun, qui signifie can- RE trée du soleil levant. Marc-Paal l’a connu sous le nom corrompu le ; 4
d'ipangu.
Tout ce pays est singulièrement varié et accidenté ; des chaînes de montagnes élevées, dont la direction générale est du nord au sud, traversent l’intérieur de toutes ces îles. Plusieurs de ces montagnes sont des volcans encore en activité. Le Fousi-no-yama, dans l'ile de Niphon, est ie plus terrible de ces volcans, et en même temps, la montagne la plus élevée de l’empire : on lui accorde 1,900 mètres de hauteur. Il reste couvert de neige pendant presque toute l’année. Les volcans appelés Sira-yama et 4sama-yama appartiennent encore à la même île. On nomme aussi plusieurs montsignivomes dans celles d’Yeso et de Kiousiou, ainsi que dans quelques autres petites îles. Au reste la plupart de ces montagnes abondent en arbres toujours verts et en sources limpides, auxquelles les magnifiques vallées et les belles plaines du Japon doivent leur fertilité. Les côtes, parsemées de rocs escarpés, sont battues par les flots d’une mer orageuse ; mais elles sont découpées par unc multitude de baies qui pénètrent souvent au loin dans l’intérieur et qui offrent les plus grandes facilités au commerce du pays.
Les rivières du Japon ne peuvent avoir un long cours. Les plus considérables appartiennent à l’île de Niphon. Le Yodo-gawa, qui passe par Osaka, est traversé par plusieurs ponts en cèdre de 300 à 360 pieds de long. Les géographes citent encore l'Ojin-gawa, le Fousi-gawa, le Tenriou-gawa, le Tone-gawa et l’Ara-garva comme des rivières larges ct rapides. Le plus grand lac du Japon est le Biriwano-Oumi qui donne naïssance à |’ Yodo-gawa.Il à 50 lieues japonaises de long, équivalant chacune à une heure de marche à cheval ; sa largeur n’est que d'un tiers. Trois mille pagodes ont rendu sacrée la plaine délicieuse qui l'environne,
Le climat du Japon est beaucoup moins chaud que celui du Maroc, de Madère et de l'Espagne qui sont sous la même latitude. Dans les îles de Kiou-siou, de Sikokf, et dans la partie méridionale de celle de Niphon, les étés sont extrêmement chauds; mais le thermomètre descend beaucoup en hiver. D’après les observaiions faites par Thunberg, à Nangasaki, dans l’île de Kiou-siou, par 32° 45° latitude, il paraît que la moyenne de la température annuelle est seulement de 16° centigrades. C’est en août qu'ont lieu les plus grandes chaleurs; alors le thermomètre s'élève à 36 ou 37e, et parfois même à 43e, L'hiver com mence au mois de janvier ct finit en février. Durant cette saison, le thermomètre varie entre 21 degrés au-dessus et 2 degrés au-dessous de
z'ro. Pa de glacc qui est réuni plein a exigent et la vient és mais il ayant L portent pératui et de N; tagnes rope, t et le n de latit est lon sous de novemi Les 1 l'exccpi selleme portion pourra grais es murs
; des chaînes de rd au sud, tramontagnes sont l'ile de Niphon, la montagne la s de hauteur. Il £s volcans appela même île. On Yeso et de Kiouste la plupart de en sources limplaines du Japon pés, sont battues 2oupées par une l'intérieur et qui s. Les plus congawa, qui passe à 300 à 360 pieds le Fousi-gawa, lc ivières larges ct Oumi qui donne , équivalant chast que d’un ticrs, qui l’environne, celui du Maroc, titude. Dans les nale de celle de hermomètre dess par Thunberg, de, il paraît que nt de 16° centiaaleurs ; alors le 30. L'hiver com- , celte saison, le és au-dessous de
z'vo. Parfois la neige blanchit le sol, et la surface de l’eau se couvre de glace. La température de Niphon ne nous est pas connue. À Osaka, qui est sitnée à 34° 5’ parallèle, il existe un jardin botanique où l’on a réuni la plupart des végétaux de l'empire, et où l’on voit croître en plein ar le dracena revoluta, le camphrier, et d’autres espèces qui exigent une température élevée. L’arbuste à thé, qui avec le camellia et la lyctum barbarum, forme toutes les haics de l’île de Kiou-siou, vient également sur les flancs des montagnes entre Yedo et Miyako ; mais il paraît que le thé est au nombre de ces plantes qui, tout en ayant besoin pour prospérer, d’une grande chaleur pendant l'été, supportent bien les effets du froid. Il est au reste très-probable que la tempéralure moyenne d’'Yédo est beaucoup plus basse que celle d’Osaka et de Nangasaki. En effet, les arbres que l’on rencontre sur les montagnes de Niphon appartiennent aux espèces propres au nord de l’'Europe, telles que le tilleul, le sapin d'Écosse, le pin ambro et strobus et le mélèze. Au nord de Niphon, à Matsmaï, dans l’île d’Yeso par 4% de latitude, c’est-à-dire à 7 minutes au nord de celle de Rome, l'hiver est long et sévère; le thermomètre tombe à 18 ou 19 degrés au-dessous de zéro, et une épaisse couche de neige couvre la terre depuis novembre jusqu’en avril.
Les lois ont fait aux Japonais un devoir rigoureux de l’agriculture. A l'exception des montagnes les plus impraticables, la terre est universellement mise en culture. Il n’y a point de communaux; si quelque portion de terrain restait inculte, un cultivateur voisin, plus laborieux, pourrait s'en emparer. On manque de prairies ; mais le soin des engrais est poussé très-loin. Sur le flanc escarpé des collines s'élèvent des murs de picrre qui supportent des plateaux de terre semés de riz ou de légumes. Le riz est le grain principal; le sarrasin, le seigle, l'orge et le froment sont rarement cultivés ; les pommes de terre y sont de médiocre qualité, mais on voit prospérer différentes sortes de fèves, de pois, de navets et de choux ; le riz, semé en avril, est récolté en novembre : c’est dans ce dernier mois qu’on sème le froment pour le recueillir en juin, l’orge reste aussi en terre pendant l'hiver. Il y a beaucoup de ressemblance entre les plantes de la Chine et celles du Japon. L’arbuste à thé croît sans culture dans les haies; les plus superbes bambous abondent dans tous les bas-fonds; le gingembre, le poivre noir, le su-
cre, le coton et l’indigo, quoique peut-être originaires des régions plus méridionales de l'Asie, y sont cultivés avec beaucoup de succès ct en grande quaniilé. Dans l’intérieur, les flancs des montagnes moyennes nourrissent le lauricr indien et le camphier, ainsi que le rhus vernix, de l'écorce duquel sort une gomme résine qu’on regarde comme le principe de l'inimitable vernis noir de l'Inde. Outre l’orange douce de la Chine, on en voit une autre espèce sauvage, provenant du cêtrus japonica, qui paraît être particulière à ce pays. La végétation européenne se mêle à celle de l’Asie méridionale : le mélèze, le cyprès et le saule pleueur, qui se montrent dans tous les pays tempérés entre le Japon ct la Méditerranée, voient ici se terminer à lorient la sphère de leur existence. On doit en dire autant de l’espèce de pavot qui fournit l'opium, du lilas blanc et du jalap.
11 manque aux Japonais nos pommiers, mais ils possèdent des poires d'une grosseur considérable, des pamplemousses, des figues de Kaki, ct de grosses oranges. Ils savent confire et accommoder avec des épices Jes bananes, les fruits du jacquier, le bobange, les cocos, les fruits de fragarier, et beaucoup d'autres. Ils tirent de l'huile à manger et à bràler da sésame, de l’orbresin driandrios, des sumacs, de l’if-gingko, Qu chore oriental, du camphrier et du laurier glauque, de lazédarach ct du cocotier, Ils élèvent beaucoup de vers à soic. Le cotonnier leur fournit aussi des toiles légères, et l’ortic, des cordes durables ; ils font du papier et des éventails avec les écorces d’une espèce de mûricr, du licual et du rondicr; des bouteilles avec la calebasse, des peignes en bois de nagi, et toutes sortes de meubles en bois de lindera, bois de dentz ou jora, de sapin, de pin sauvage, de buis, de cyprès, et d'if à grandes feuilles, L’œil est flatté du mélange des cocotiers, des palmierscventails, des cycas et des mimoses arborescentes qui ornent es rivages de la mer. Les haies vives qui séparent les propriétés se composent de sérisse du Japon, d'oranger à trois feuilles, de gardène, de viorne, de thuya, de spricée, de dolic à épis, dont ils font aussi des berceaux ct des allées couvertes. Enfin, la médecine trouve ici plusieurs plantes utiles, telles que le muguet du Japon, l’acore aromatique, la racine de squine, la corète du Japon, le camphre, le moxa, le bois de couleuvre ct la racine de mungo.
L'industrie a banni de tout l'empire deux animaux, les boucs ct les
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moutons; les premiers sont regardés comme nuisibles à la culture, et l'abondance du coton et de la soie supplie au défaut de laine. Les cochons sont aussi poursuivis comme pernicieux à l'agriculture; on en voit seulement quelques-uns dans le voisinage de Nangasaki, qui y ont probablement été introduits par les Chinois. En général, ces îles nourrissent peu de quadrupèdes. Le nombre des chevaux de l'empire parut à Thunberg égaler à peine celui qu’on trouve dans une seule province suédoise. On ne voit également que fort peu de bétail. On emploie, dans les travaux de l’agriculture, une variété de buffles qui a unc bosse sur le dos, et des vaches très-pctites. Mais le caprice d’un souverain a trigé en loi d'État son goût personnel pour les chiens; ils sont nourris aux dépens des villes; on les chérit, on les respecte. La principale nourriture des Japonais consiste en poissons et en végétaux ; les poules et les canards sont élevés principalement à cause de leurs œufs. On tjoute aux légumes ordinaires toutes sortes de plantes marines, de fucus et d’ulves, qu’on apprèle de plusieurs manières. Le gibier n’est pas très-abondant; on a des oies sauvages, des faisans, des perdrix, mais très-peu de quadrupèdes sauvages. L’ours, qu'on rencontre dans le nord, est noir, avec deux taches blanches en forme de croissant sur ls épaules; sa chair, qu’on mange, est comparée au mouton, mais elle Lost plus coriace. Le loup se montre dans les provinces du nord; il s’y trouve aussi des renards : ces derniers sont universcllement détes- Lis, et considérés comme de mauvais csprits revêtus d'un corps d’animal.
Les métaux précieux, l’or et l'argent, abondent dans l'empire. C’est un fait autrefois bien connu des Portugais et ensuite des Hollandais, qui en exportaient des cargaisons considérables. Les deux tiers du proproduit appartiennent à l’empereur, et ie reste au propriétaire du terrain, Les mines les plus riches sont à Sado, dans la plus grande des Îles voisines de Niphon ; on nomme au second rang celles de Suremga. L'argent paraît avoir été autrefois plus abondant, Les Japonais le considérent comme plus rare que l’or quoique, ici comme partout, ce dernier métal soit plus cher. On rapporte que dans la province de Bungo et dans les parties les plus septentrionales, vers Kattami, il y a de très-riches mines d'argent. Mais les deux îles connues sous le nom d'îles d'Or et d'Argent (Ginsima et Kinsima) n'existent peut-être que dans
des fables imaginées par la vanité nationale, Le cuivre, mêlé de beau
coup d'or, forme la principale richesse de nombre de provinces et le 4 plus précieux objet d'exportation. Le plus beau et le plus malléable se M tire de Sarouga, d’Astinge, de Kino, de Kuni. Le dernier est regardé comme le plus malléabie ; celui de Sarouga contient la plus grande ! quantité d’or. On trouve encore un grand nombre de mines de cuivre À dans le Satsuma. Le fer paraît être plus rare dans ce pays que tout autre métal. On en trouve cependant dans les provinces de Mimasalla, |
Bitsiou et Bizen. Les Japonais s’en occupent peu; ils s’en servent cc-
pendant pour manufacturer des armes, des ciseaux, des couteaux, ct à
autres outils nécessaires, tandis qu’ils frappent des monnaies en orct en cuivre.
On donna à Thunberg de l’ambre en présent. 11 y en avait de couleur rembrunie, de jaunâtre et de panaché. On lui dit aussi qu’il avait été trouvé dans ce pays. Le soufre abonde dans le Japon. La picrre pouce indique l’ancienne activité des volcans. Le charbon de terre, à ce qu'on assure, se trouve dans les provinces du nord. Des agates rou-
ges, veinées de blanc, servent pour fabriquer des boutons, des tal- |
tières. D’après Kæmpfer, on trouve de l’étain dans la province de Bingo. Un naphte rougeûtre s'emploie dans les lampes. Thunberg à
vu de l’asbeste, de la terre de porcelaine et du marbre blanc. On a rap- |
porté du Japon du mercure sulfuré, cristallisé en forme primitive ct en petite masse lamelleuse.
Les grandes divisions de l'empire de Japon sont appelées, en langue du pays, lokf; ce sont des principautés dont les chefs sont vassaux de l’empereur ou Æoubo. On en compte 70 environ.
La capitale de l’empire se nomme Yedo. Elle est située dans une baie, sur la côte est de l’île de Niphon, Les maisons n’y ont qu’un ou deux élages, avec des boutiques le long des rues. Le port y est si peu profond, qu’un vaisseau européen est obligé de jeter l’ancre à la distance de 5 lieues. Le palais de l’empereur est entouré de murs de pierre, avec des fosses et des pont-levis ; il forme à lui seul une ville considérable, puisqu'on lui donne 5 lieues d’une heure de circonférence, tandis qu'il faudrait 21 heures de chemin pour faire le tour de la ville entière. C'est à Yedo que résident, la moitié de l’année, tous les princes feudataires de l'empire ; leurs familles y demeurent toujours comme otages de leur
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