RES
en 4697 : c’est là que l’on trouve la fameuse prison connue sous le nom du Trou-noir, où Surajah Doulah, après s'être emparé du fort, fit renfermer la garnison composée de 446 hommes, dont 193 périrent miscrablement, la nuit d’après leur emprisonnement, asphyxiés par défaut d'air respirable. Le collége de fort William fondé par le marquis de Wellesley, est une espèce d'université qui a produit d’'illustres orientalistes. Calcutta possède tous les établissements et toutes les institutions phila'ithropiques, scientifiques et littéraires dont s’enorgucillissent les grands capi‘1les européennes. Nous citerons surtout la Socidi asiatique etle Jardin Botanique. On y publie aussi un grand nombre de journaux : les uns sont rédigés en anglais, 1es autres en bengali : un seul est écrit en persan.
Les forêts et les marais quienvironnent cette capitale en rendent l’air un peu épais, et les routes qui y conduisent, fort mauvaises. Peu d’endroi‘s offrent un aspect aussi brillant que la grande rue de Calucutta vers le soir ; les équipages multipliés se surpassent les uns les autres en richesse et en éclat. La table des grands est pourvue de tous les vins précieux des climats lointains; de nombreux domestiques remplissent leurs hôtels, et préviennent leurs moindres désirs ; leur vie se passe en festins somptueux, en promenades, en courses de chevaux, en parties de chasse.
Calcutta, à l’oucst, touche presque immédiatement à la frontière de la province d’Orissa; mais avant de pénétrer dans l’intérieur, il convient de jeter un coup d’œil sur le district le plus oriental de l’Inde. Ce territoire, appelé Tchittagong, est situé au delà de l'embouchure du Brahmapoutre et s'étend jusqu’à la frontière birmane. Une grande partie de cette région est couverte de montagnes et de forêts où errent des troupeaux d’éléphants sauvages : l’autre est propre à la culture. On estime que le territoire de Tchittagong a environ 1,200,000 habitants. La population agricole, connue sous le nom de Tchoumias, vit paisiblement sous l'autorité d’un rajah qui paie un tribut au gouvernement. L'intérieur est occupé par les Koukis ou Lunctas, qui mènent presqu une vie de sauvages : ils habitent des villages au sommet de haute: collines, surprennent leurs ennemis pendant la nuit, massacrent les hommes, et emmènent en esclavage les femmes et les enfants. Islamabad, la capitale de ce district, est une ancienne ville située sur un fleuve
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En partant de Caleutia et en remontant l’Hougly, on trouve d’abord Serampore, jolie petite ville qui appartient au Danemarck. Elle est surtout remarquable en ce qu’elle est le siége principal des missionnaires baptistes qui ont entrepris de convertir les Indous au christianisme et ont, à cet effet, traduit les livres saints dans toutes les langues de l'Inde. La ville de Chandernagor, qui appartient à la France, est située sur la rive droite de l’Hougly, à 8 lieues au dessus de Calcutta : elle est bien déchue de son ancienne prospérité. Quatre lieues plus haut, on aperçoit la ville d’Hougly qui a été longtemps le port du Bengale et le premier siége des factoreries portugaise, anglaise et hollandaise. Elle a été la métropole commerciale de l'Inde; mais sa prospérité a décliné à mesure que s’est accrue celle de Calcutta.
Mourchidabad qui était, il y a un siècle, la capitale du Bengale, est à 48 lieues environ au dessus de Calcutta et sur le même bras du Gange. Elle est aujourd’hui la résidence d’un Nabab qui resoit du gouvernement anglais une pension considérable. Mourchuidabad, ainsi que la ville voisine de Cossimbazar, sont importantes par leurs manufactures de soieries sans rivales dans l’Inde. Hamilton accorde à la première de ces villes 165,000 habitants, et 25,000 seulement à la seconde.
A l’ouest de la ligne du fleuve se trouvent les districts de Burdwan et de Birbhoum. Le premier est regardé comme le plus fertile de l’Inde. Quoiqu'il n’ait que 30 lieues de long sur 18 de large, il a deux millions d'habitants. Le Rajah paie à la Compagnie, en qualité de Zémindar dû district, une contribution de 10 millions de francs. Le Burdwan est complétement agricole ; la ville la plus importante qu’il renferme est Bürdivan : elle a une population d’environ 50,000 âmes.
La ville de Dacca donne son nom au territoire situé à l'est du Gange, entre ce fleuve et le Megna ou partie inférieure du cours du Brahmapoutre. Elle a été la capitale du Bengale sous le règne de Djehanghir. Elle ést bien déchue depuis cette époque; cependant elle compte encore au moins 450,000 habitants, et fait un commerce considérable. "25 fabriques de mousselines sont les plus renommées de toute l'Inde.
Revenons au Gange : nous trouvons sur la rive droite du fleuve pro-
prement dit, les ruines de Radjemahal si célèbre dans l'Orient par « magnificence, alors qu’elle était la résidence des Soubebs du Bengale sous Aurengzeb. Des salles de marbre et des cours désertes rappelle: là granaeur passée du palais du sultan Shoudjah. Un peu au nord, sur une rivière qui se jette dans le Gange, est la petite ville de Malda, qu doit sa prospérité à ses manufactures de tissus de soie et d’étofle: soie et coton. Non loin de Malda, les restes de la ville de Gour qui fut dans le xue siècle, la capitale des conquérants musulmans, s’étender: le long d’un bras du Gange aujourd’hui desséché et couvrent une surfac: de plusieurs lieues. Les matériaux de ses somptueux édifices ont tt enlevés pour servir à la construction de villes modernes. La plus grant: partie de l'emplacement de Gour est convertie en djungles habitées pa des tigres. Un examen attentif des lieux a fait découvrir les ruine d’une foule de mosquées et de palais. On y remarque surtout un mi naret d’une magnificence rare.
L'aspect du Bengale supérieur présente un tableau bien différent d celui que nous a offert la partie inférieure de cette province. Le cl matest plus froid; la culture du riz fait place à celle du blé et d l'orge. La région nord est montagneuse, et a pour habitants une rac: d’homn.s de petite taille, mais robustes et pleins d'énergie, qui par: fois se montrent des voisins peu agréables pour les habitants de plaines. Cependant le caractère moral de ces montagnards est bien supérieur à celui des Indous en général : leur véracité et leur probit: offrent un contraste frappant avec la mauvaise foi et la basse cupidilé de ces derniers. Ici, le lit du Gange est resserré entre des rochers de granit : à Sicridjolly, ces rochers se rapprochent même tellement qu’on a songé à y élever des fortifications pour défendre le passage. En sortant de cet étroit passage, on entre dans la province de Béhar.
Le territoire üe ce nom est arrosé par le Gange et ses nombreux affluents, parmi lesquels on distingue la Soane et le Gonduck. On y cultive le blé de préférence au riz : mais ses produits 1es plus importants sont l’opium et le salpêtre. Les manufactures de tissus de soie, d’éto:fes de coton et de mousselines y sont en grand nombre, mais elles ne
rivalisent pas avec celles de Dacca et de Mourchidabad. C’est toujours sur la ligne du Gange que sont situées les villes principales.
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et considérable qui commande une vuc admirable sur les bords du Gange. Sa population dépasse vraisemblablement 30,000 âmes. Les Anglais regardent Monghir comme le Birmingham de l'Inde, à cause de ses nombreuses fabriques d’acier, d'armes et de coutellerie. Un peu plus bas est Boglipour, jolie ville manufacturière, dont la population est peu inférieure à celle de Monghir.
Au midi du fleuve et à quelques licues de celui-ci, on trouve Béhar, l'ancienne Cupitale qui a laissé son nom à la province, mais qui est bien déchue : elle n’a plus que 30,000 habitants. C’est Patna, l’une des villes les plus considérables de l'Inde, qui est aujourd’hui la capitale du Béhar. Elle s'étend le long du Gange sur une étendue d’une lieue et demie. On y remarque un grand nombre de temples et de mosquées; mais la seule partie de la ville qui soit véritablement belle, cest le faubourg de Bankipour occupé par les résidents anglais. La prospérité de Patna est fondée sur la fertilité et l'excellente culture de son territoire, ainsi quesur son importance comme marché pour l'opium et le salpètre. Dinapour, dansle voisinage de Patna, estune belle station militaire. Gaya, à 20 lieues plus au midi et sur une rivière tributaire du Gange, cst Pune des villes sacrées des Indous : de nombreux pèlerins y viennent chaque année de toutes les parties de l’Inde. Le Gogra, qui tient le second rang parmi les nombreux affluents du Gange pour le volume de ses eaux, se jette dans ce fleuve, à 16 lieues au-dessus de Patna. Bientôt après, commence la province d’Allahabad.
En remontant le Gange, le premier district qui se présente au voyageur est celui de Bénarès. C’est, dit-on, après le BurAwan, le territoire le plus fertile et le mieux cultivé de l’Inde : aussi possède-t-il. malgré son peu d’étendue, une population de 3 millions d’âmes. Mais son principal ornement est la ville de Bénarès, que les Indous révèrent comme la plus ancienne et la plus sainte de toutes leurs villes sacrées. Cu peut dire qu’elle est le grand sanctuaire de la religion et de la science .brahmaniques. Les Indous croient que le salut de tous ceux qui meurent dans l'enceinte de la ville, est assuré. En conséquence de cette réputation singulière, Bénarès est visitée par des milliers de pèlerins. Aucune Yille de l'Inde ne ;résente un aspect aussi imposant et aussi grandiose, surtout lorsqu'on se place, pour la voir, de l’autre côté dufleuve. Les
maisons, au lieu d’être un simple assemblage de huttes de terre et de LA 8
bamhous. sont pour la plupart bâties en briqnes, et en général élevée: de deux ou trois étages : quelques-unes mème en ont cinq à six. Ella sont toutes terminées en terrasses. Les fenêtres sont très-pctites ; mai c'est afin d’ éviter la grande chaleur. C’est au même motif qu’il fau attribuer l’étroitesse des rues. Bénarès renferme une multitude temples et de mosquées : cependant ces édifices, ainsi qu’on lubservi dans les monuments indous de construction moderne, n offrent qu de très-mediocres dimensions, et sont peu en rapport avec la grandew de la ville. La plus considérable des anciennes pagodes fut rasée pu Aurengzeb qui éleva sur son emplacement une mosquée magnifique. qui est aujourd’hui le plus bel ornement de la vilie. Parmi les temple: indous, on distingue la pagode de Visvicha qui est bâtie en pierre rouges et ornée de belles sculptures, ainsi que de colonnes superbes Ce lieu de dévo‘ion est réputé tellement sacré que les Indous se croient obligés de le visiter au moins une fois dans leur vie. On voit dans cetti pagode un taureau en pierre, et on y entretient toujours un taureai vivant comme dans le temple d’Apis en Égypte. Mais le temple est consacré à Maha-Deva ou à la déesse Chiva, qu’on y adore sous le symbol: d'une pierre noire, symboie commun à beaucoup de peuplesancienset qu paraît avoir rapport à l’originemystérieuse des aérolithes. Un autre monurment curieux de Bénarès est l'observatoire fondé par le rajah Djeïsing Il estde figure sphérique etreprésente l’univers. Dans l’intérieur, on voi lezodiaque et lesautres cercles de la sphère armillaire. La coupole de lol: servatoire tourne sur un pivot, Le système astronomique que l’on y vo tracé est le même que celui de Copernic, système anciennement connt et adopté des Indous. L’affluence des pèlerins entretient toujours li commerce de Bénarès dans un état florissant. On y fabrique de l’indigt et des évoffes de soie, de coton et de laine. Tous les ans, aux mois & févr.er et de mars, il s’y tient une grande foire pour les bijoux et li pierreries. On a longtemps exagéré la population permanente de hi ville; on l’évaluait généralement à 5 ou 600,000 habitants : le dernier recensement a montré qu’elle ne dépassait pas 200,000 âmes. Tchounargour, l’une des meilleures forteresses mdiennes. est à pe: de distance de Bénarès. Les Anglais en ont fait une grande station n:* litaire, On y remarque une mosquée dont le portail offre un des plu baux spécimens de l'architecture musulmane dans l'Inde.
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En quiitant le district de Bénarès, nous entrons dans celui d’Allahabad, ainsi nommé de la ville qui en est la capitale. Cette dernière est située au confluent de la Djumna avec le Gange : elle est vaste, mais elle n'offre rien de particulièrement remarquable, à l'exception du palais fortifié construit par l’empereur Akbar, qui y dépensa, dit-on, plus de douze millions de roupies. Il est d’une étendue merveilleuse, et touche d’un côté au Gange, de l’autre à la Djumna. Les Indous le regardaient comme imprenable ; mais, comme il n’était pas à l'épreuve du canon, les Anglais l'ont fortifié à l’européenne, et en ont fait leur grand dépôt militaire pour leurs provinces de l'Inde supérieure. Les Indous ont une grande vénération pour tous les confluents de fleuves, surtout pour ceux qui ont lieu avec le Gange. Or, comme ici ce dernier s’anit avec le plus considérable de ses tributaires, Allahabaï est aux yeux des Indous l’un deslieux les plus saints de l’Indostan. Les pèlerins y accourent en foule, et quelques-uns vont chercher la mort dans ses eaux sacrées afin d'acquérir la félicité éternelle. On prétend que le procédé de suicide le plus agréable à la divinité, et par conséquent le plus efficace, consistait jadis à se couper soi-même la tête, de façon à la faire tomber da: le fleuve. Pour cela, une hache fort pesante était suspendue à une corde presque comme dans nos guillotines. Le dévôt indou élevait lui-même, à l’aide de cette corde, l'instrument du suppiice, plaçait le cou au-dessous du tranchant de lahache, lâchait la corde et accomplissait ainsi lui-même le sacrifice pieux.
Non loin d’Allahabad, sur la rive droite du Gange, on trouve ifirzapour, l’une des plus importantes cités commerciales de l’intérieur : elle possède de nombreuses manufactures de coton et de soie. Sa population est au moins de 60,000 âmes.
Les autres districts de la province d’Allahabad s’étendent principalement au sud-ouest de la Djumua vers les monts Vindhya et les sources dela Nerbouddah. Ce vaste territoire, montagneux ct souvent aride, est par conséquent hier moins fertile que le pays arrosé par le Gange etla Djumria. Mais il est très-facile à défendre; il renferme une foule dérochers dont le sommet présente un plateau plus ou moins large, etdont les parois sont presque verticales : ce sont autant de fortifications naturelles que l’art peut rendre presque imprenables. La plus grande partie de ce district a reçu le nom de Bundelcund, La ville princi
pale est Callinger, qui est en même temps une forteresse du genre de celles que nous venons de décrire. C’est la rivale de Gwalior. Elle a été longiemps la possession d’un Rajah indépendant qui la conserva en dépit des efforts du Grand-Mogol; mais les Anglais, après avoir été vigoureusement repoussés une première fois, s’en sont emparés en 1810. Cawnpoor, sur le Gange, est devenue une importante station militaire, Nous citerons encore dans le Bundelcund, la ville de Pannah , célèbre par ses mines de diamants : mais le produit de ces mines qui, au temps d’Akbar, s'élevait à 8 lacs de roupies, près de 2 millions de francs, est aujourd’hui bien diminué. Quant à la ville elle-mème, elle est pres que déserte et tombe en ruines.
Le royaume d’Oude ou 4oudh s’étend au nord de la province d’Allahabad. C’est un territoire fertile arrosé par le Gogra, qui descend de lHimalayah et qui est le plus grand des affluents du Gange après h Djumna. Par le traité de 4801, une portion considérable de ce pays: été cédée à l'Angleterre ; le Nabab d’Cude résidée à Lucknow, très-grandr ville située sur la rive droite du Goumty. A l’époque de la puissant des Nababs d’Oude, Lucknow rivalisait en splendeur avez les plus belle: villes de l’Indostan. Soudjah-ul-Dowlah, qui aimait l'architecture, li ornée d’une foule de mosquées et de palais magnifiques dont ies dôme: dorés font le plus bel effet. On porte la population de la ville à 300,001 âmes, mais elle a dû diminuer. Oude, l’ancienne capitale, est en ruines: mais Fayzabad qui lui avait succédé en cette qualité, est encore un ville grande et bien peuplée. Nous dirons, comme un fait rarc ei Orient, que le père du Nabab actuel d’Oude, a publié un magnifiqu: dictionnaire de la langue persane. Cet ouvrage est intitulé Heft Kolzow (les 7 mers) parce qu’il se compose de 7 volumes in-folio.
En remontant le cours parallèle du Gange et de la Djumna, on trouri la province d’Agrah qui occupe l’espace compris entre les deux fleuvé et s'étend un peu à l’ouest. Elle se ressent du voisinage des hautes mor: tagnes de l’Himalayah. Le climat, lorsque les vents du midi ne souffler pas, est tempéré et même froid. Le sol est plus sec que dans les région: de l’inde situées plus au sud ; les fleuves qui l’arrosent sont moins largti
et plus encaissés. La ville la plus importante st la plus considérable es
Agrah, l’une des grandes capitales mogoles. Agrah a été cons ruite par le sultan Akbar, et elle a partagé le sort de sa dynastie. Aujourd’hti
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Ja plus grande partie de cette immense cité est en ruines; mais ces ruines révèlent cependant au voyageur son an, ‘2nne magnificence. Sa po pulation est réduite à 70,000 âmes. Comme à Bénarès, les maisons sont élevées et les rues étroites. Parmi les édifices dont s’enorgueillit Agrak, on distingue la Moti Mesdjid (la perle des mosquées), la Djemaa Mesdjid, le palais d’akbar et surtout le Tadji-Mahal ou le tombeau érigé par Shah Djihan à la mémoire de sa sultane favorite. C’est assurément le plus magnifique monument de ce genre qui existe dans le monde. Il représente un carré de 29,000 mètres dont les murailles sont en marbre blanc : au centre s’élève un dôme également en marbre qui a 21 mètres de diamètre, et aux quatre angles or voit quatre minarets d’unc élégante architecture, revètus de marbre et hauts de 40 mètres. Les marbres des tombeaux ct d’autres parties de l’intérieur du monument sont incrustés de pierres précieuses. Enfin pour ajouter à la splendeur de l'édifice, il est entouré d’un vaste et superbe jardin. Quinze mille ouvriers ont été employés pendant 10 ans à la construction de ce monument qui a coûté 18,750,006 ..ancs. Depuis sa prise par les Anglais en 4803, Agrah est restée en leur possession. Elle est le siége de l’une des grandes cours de justice et de finances,
Secoundra et Mouttra sont deux villes anciennes situécs surla Djumna un peu au-dessus d’Agrah. La première, aujourd’hui ruinée, n’est remarquable que par le tombeau de l’empereur Akbar. C’est un monument superbe, entièrement construit en marbre blanc, qui ne le cède en magnificence qu’au Tadji-Mahal que nous venons de décrire, La seconde est une des cités sacrées des Indous. Suivant Heber, elle a quelque ressemblance avec Bénarès. Mouttra est encore une ville considérable. Les Anglais en oat fait une de leurs stations militaires.
La partie la plus belle et la plus fertile de la province d’Agrah est le Doab, cu le territoire entre les deux fleuves. C’est une des possessions immédiates du gouvernement anglais. On y trouve les ruines de Kanodje,
qui n’est plus qu’un misérable village à l’ouest du Gange. Ses murs de
briques s’étendent sur une longueu” de près de 2 lieues et demme, et attestent l'antique grandeur d’une capitale qui, il y a 8 siècles, surpassait toutes les villes du nord de l’Indostan. On y voit encore un temple indou ctle mausolée de deux saints mahomélans remarquables par
|. LA mme
8 CHAPITRE QUATORZIEM:, {eur magnificence. Furruckabad, chef-lieu d’un petit district de même drap nom, est une ville commerciale ct florissante, siècle
La portion de la province d’Agrah qui est à l'ouest de Ja Djumni, ah AT nf: , ni n d L si alo est divisce en deux parties, l’une septentrionale, l'autre méridionale, gneo
Lil: par le Tchumbul qui ici coule à l’est pour aller se jeter dans la Djumni. ançèt [p! La partie nord est la possession de plusieurs rajahs que la crainte uk à kon
politique maintiennent dans l'alliance de l'Angleterre. [ls appartiennent dés r
| principalement à la belliqueuse tribu des Jautes qui, dans le xvure siècle, splen émigrèrent des bords de l’Indus inférieur, ct, profitant des déchirement fan de l'empire, s’emparèrent de plusieurs des places les plus fortes de « Ce
district. Le plus puissant de ces rajahs réside à Bhurtpore, qui est peut mn de
être la plus formidable des forteresses naturelles de l’Inde. Les Anglais et l’a l'ayantattaquée en 1805, furent repoussés avec des pertes considérables: jolie.
cependant, elle tomba entre len” mains en 1825. Le district au sud di de h
Tchumbul à été annexé aux territoires de Sindhya. I contient aus renfe
h plusieurs forteresses naturelles dont la plus remarquable est Grwalior, lerer | qui est peut-être sans rivale dans le monde. Elle consiste en un pl avec] teau de 3,400 mètres de iong sur moins de 400 de large: de tout& Gins,
parts, le rocher est à pic. On la supposait imprenable ; mais en 1780, le que;
Anglais la prirent par escalade. Depuis, l'Angleterre a cédé cette plate appar
au chef mahratte Sindhya, qui y a établi sa résidence. Gohud est ga étaier
lement une place importante, quoiqu’elle ne soit pas aussi forte. S61 sgmp
rejah est aujourd’hui sous la dépendance de Sindhya. et de | Si nous continuons à nous diriger au nord-ouest, en remontant le: par la % grands fleuves et en nous rapprochant de leurs sourecs, nous arrivons l'Inde
à Delhi, La province de ce nom est moins favorisée par la naturee! vêtu
moins susceptible de culture que celles dont nous avons parlé jusqu Fun d
présent. À l’exception des bords du Cunggar, elle n’est jamais couvert dit n°
par ces inondations qui font la fertilité de l’Inde, et tous les travaut étages
d'irrigation artificielle ont été détruits par les ravages de Nadir-Chal marb:
d’abord, puis des Afghans et des Mahrattes, Le territoire compris ent saspl
les deux fleuves est une possession immédiate de l'Angleterre; auss, sgituat
malgré les vices de l'administration anglaise, sa prospérite commentt ahgla à renaître et sa population s’accroit sensiblement. La capitale, Delhi prosp: est située sur la rive droite de la Djumna, près de la frontière nord de seul À
province. Avant la cou rûte moule, ell était déj, sous le nom d7r- Dar
t district de même
est de Ja Djumni, autre méridionale, er dans la Djurmna, que la crainte ou . Ils appartiennent lans le xvue siècle, nt des déchirements s plus fortes de « tpore, qui est peull'Inde. Les Anglais rtes considérables:
e district au sud du , 11 contient ausi quable est Giwalior, consiste en un plae large: de toutes *, mais en 1780, les e a cédé cette place ice. Gohud est égapas aussi forte. Soi ya.
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rces, nous arrivons ée par la nature €!
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st jamais couvert et tous les travaui ges de Nadir-Chal toire compris entr "Angleterre ; aussi ospérite commence La capitale, Delhi, frontière nord de , sous le nom (77e
draput, une grande métropole indoue. C’est vers le milieu du xvus siècle que Chah-Djihan en fit le siége principal de son gouvernement. Chah-Alem, le dernier empereur de cette puissante dynastie qui ait encore été le souverain effectif d’ur: >ortion du vaste empire de ses ancôtres, y est mort en 1806. Le gouvernement anglais permet encore à son fils Akbar de porter ce grand nom, et lui alloue une grande partie des revenus de la province, ce qui le met en état de vivre avec quelque splendeur. Ces revenus s'élèvent à plus de 3 millions ct demi de francs.
Ce qui reste de Delhi fait encore une assez belle ville. Elle est divisés en deux parties, dont l’une, habitée par les Indous, s'appelle Indouanié, et l’autre, occupée par les musulmans, Mogolanié; celle-ci est la plus jolie. Les rues sont étroites; mais on y remarque un grand nombre de belles maisons construites partie en brique, partie en picrre. Elle renferme queluues manufactures d’étoffes de coton; de plus, elle est le rendez-vous des caravanes qui mettent l'Inde en communication avec le Caboul et Cachemyr. Le palais de Chah-Djihan, avec ses jardins, a 1,600 mètres de circonférence : c’est encore un édifice maguifique; on admire surtout son portail; mais une foule d’autres palais qui appartenaient aux principaux seigneurs et omrahs de l'empire et qui étaient ornés de mosquées dorées, d'élégants pavillons et de tombeaux somptueux, ne présentent à cette heure qu'une vaste scène de ruine et de désolation. La fameuse mosquée appelée Djemaa-Mesdjid érigée par la fille d’Aurengzeb, est regardée comme le plus beau temple de l'Inde consacré au culte musulman. Elle est bâtie en granit rouge revêtu de marbre. Le Kouttoub-Minar, dont la construction est due à Fun des empereurs Patans, a 74 mètres de huuteur. Le savant Heber dit n'avoir vu ni en Europe ni en Asie une tour aussi belle. Elle a cinq étages : les trois étages inférienrs sont en granit rouge, et les autres en marbre blanc. La population de Delhi a dù être énorme à l’époque de sa splendeur. Maintenant clle ne dépasse pas 300,000 âmes. Quoique sa situation s'ameliore chaque année sous l'influence de l'administration ahglarse, il faudra bien des années pour qu'elle recouvre son ancicuns prospérité. On évalue à plus d’un milliard de francs le butin qu'y fit le seul Nadir-Chah cn 1738.
Dans la partie nord de la provinec de Delhi, à l'est, on trouve Parei!ly,
Mirout, Chahdjihanpour et Rampour. Toutes ces villes sont industrieuses; et bien peuplées. Les deux premières sont en outre importantes comm: stations militaires. Les casernes de Mirout sont très-vastes. L'église an glicane que le gouvernement y afait construire est le plus grand de tou: les temples chrétiens élevés dans l’Indostan.
La portion nord-ouest de la même province se compose du distri de Sirhind, qui appartient presque en totalité aux Sikhs. Quoique tra versée par le fleuve sacré du Sireswatti, elle est en général aride et in fertile : en outre, elle montre partout les traces des ravages des Sikh: et des conquérants persans et tartares. La ville de Sirhind, célèbre, sous le sultan Firouz, dans le xiv° siècle, comme une capitale florissante, est entièrement ruinée. A cette heure, Patiala est la ville la plus pro. père de tout ce pays; mais celles de Curnoul et de Panniput ont un: célébrité historique plus grande ; la première a vu, en 1738, la victoir: décisive remportée par Nadir-Chah sur le Grand-Mogol, et la second a vu, en 1761, celle d’Ahmed-Chah qui brisa la puissance des Mahrattes
SECTION 92‘. — Région occidentale,
Les provinces de la frontière occidentale sont loin d'offrir l’aspec magnifique et fertile de celles qui sont arrosées par le Gange et ses af fluents. Elles consistent en une vaste plaine de sable, dont la triste uni formitéest seulement rompue au nord par le Pundjab, ou le territoirt des cinq rivières, qui, après avoir arrosé le pays, se réunissent en u seul bras pour se jeter dans l’Indus.
La plus importante de ces provinces est celle de Lahore. Elle con prend la plus grande partie du Pundjab ainsi qu'un vaste territoir montagneux au nord. Ce dernier n’est nullement stérile, comme « le pourrait croire. Des murs en pierre soutiennent les terres que, san cette précaution, les pluies entraineraient avec elles. Ces terrasst: produisent en abondance toutes les espèces de grains propres au climats tempérés, De vastes forêts de sapins s’élévent sur les sommet des montagn :: Néanmoins, la partie la plus belle et la plus fertile & la province est celle qui est baignée par les cinc rivières. Là les plaine sont couvertes des plus riches productions troricales, et, à l’époque tt sa prospérité, clle était regardée comme l’un des jardins de l'Inde
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Mais les ravages des Persans, des Afghans et la rude domination des Sikbs ont porté à l’agriculture et à l'industrie un coup terrible dont elles n'ont commencé à se relever que depuis quelques années, On trouve sur les bords de l’Indus et surtout à Attock, une grande quantité de sel gemme.
Cette province tout entière est la possession des Sikhs qui, après avoir d’abord été une simple secte religieuse, se sont constitués en un grand corps politique. Indépendamment de la province de Lahore, ils possèdent encore le district nord-ouest de Delhi et la plus grande partie du Moultan. Avant leur dernière lutte contre l'Angleterre, les Sikhs étaient la puissance indigène la plus redoutable de l'Indostan. Les musulmans, qui étaient jadis le peuple dominateur de tout le pays, ont été complétement abattus par les Sikhs, et c'est à peine &i leur culte est toléré :
La ville de Lahore, capitale de la province qui porte son nom, était, sous les premiers princes mogols, l’une des plus belles villes de l'Inde, Akbar, Djihanguir et Firoukshir ont successivement contribué à l’embellir. Le mausolée de Dhekanghir, qui n’est surpassé que par le Tadji- Mahal d’Agri,, est presque intact. Les restes de l’ancien palais impérial donnent encore une idée de la magnificence tout orientale de ce monument. Son toit en terrasse, couvert par un parterre des plus belles fleurs, rappelle lesjardins suspendus de Babylone. Lahore, par sa situation sur les bords fertiles d’une belle riviere, et surla grande route qui conduit de l’Inde : la Perse, ne peut cesser d’être une ville importante par sa population et sa richesse. Le chef suprême des Sikhs, Rundjet-Singh, en la choisissant pour sa résidence, a rapidement augmenté sa prospérité. 1 y a que ques années, les voyageurs les plus exacts portaient sa population à 100, 000 âmes.
A l’estde Lahore, est une ville qui n’est guère moins importante. C’est Amritsir, la cité sacrée des Sikhs et le rendez-vous de leur gurumata ou grand conseil national. Amritsir s'appelait anciennement Task et plus tard Ramdaspour. Son nom actuel qui signifie « bassin de l’immortalité » lui vient d’un étang construit par Gourou-Govind, qui persuada aux Sikhs que tous ceux qui se baigneraient dans ses eaux se raienit murifiés de tous leurs péchés. Cette croyance attire à Amritsir
uu immense concours de pelerins de la secte de Nanck, dont les oflran- LUE 6
des servent à entretenir un vaste temple construit au milieu de l’étang et desservi par G00 prêtres ou'4kalies. Amritsir est une ville ouverte, mais elle renferme l'excellente forteresse de Govind Garrgh, dont Rundjet-Singh a fait un arsenal et où il conserve ses trésors. La viile a plus de 3 lieues de tour; ses maisons sont bâties en brique; mais on n’y voit aucan édifice qui soit remarquable. Sa population n'est pis inférieure à celle de Lahore, Amritsir est le centre d’un commerce considérable par caravanes avec le Cachemyr. La sécurité dont elle jouit l'a fait choisir pour résidence par les principaux banquiers de cette partie de l'Inde.
Au sud du Lahore est le Moultan, Elphinstone n'applique ce nom qu'au Moultan proprement dit, c’est-à-dire au territoire compris entre les deux bras principaux formés par les cinq rivières avant la réunion de çes deux bras en un seul fleuve : il en exclut ainsi le territoire de Bahawalpour situé sur la rive gauche du Gharra, rivière qui forme la limite orientale du Moultan proprement dit, et le district de Leïa qui cstà l'ouest du Moultan, entre le Techenab, l’Acesines des anciens, et l'Indus, Nous suivrons l'opinion générale qui comprend ces deux districts sous la dénomination commune de Moultan. Les deux bras principaux dont nous avons parlé coulent dans un désert ; mais leurs bords jusqu’à une distance considérable, sont très-fertiles, grâce aux inondations et aux travaux d'irrigation exécutés par les habitants. Le blé et le coton sont les produits les plus importants de celte contrée, Toute cette province, qui naguère était tributaire du roi de Caboul, appartient maintenant aux Sikhs. La ville de Moultan, non loin du Tchenab, est une ville grande, bien bâtie, et entourée d’une muraille élevée. Elle renferme un temple trés-ancien et extrèmement vénéré par les Indous qui de toutes les parties de l'Inde y viennent en pélerinage. Enfin, elle possède des manufactures d’étoffes de soic et de tapis : ces derniers imitent les tapis de Perse, mais ils leur sont inférieurs. Moultan a une population d'environ 60,000 individus. Elle est regardée par les plus savants géographes, comme la capitale des anciens Malli dout parlent les historiens d'Alexandre.
La partie du district de Bahawalpour qui avoisine le Gharrah, cst trés-fertile; mais presque tout le reste du pays est un vaste désert,
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venu de 1,500,000 roupies. I entretient une armée de 10,000 hommes et possède une fonderie de canons. La ville de Bahawalpour est à peu près aussi grande que Moultan, mais elle n’est pas aussi peuplée, une grande partie de sa surface étant occupée par des jardins. Les maisons sont généralement construites en briques séchées au soleil, Elle est célèbre par ses manufactures de turbans et de ceintures de soie appelées loundyies.
Le district de Leïaressemble sous tous lesrapports à l'Afghanistan. Les hautes montagnes couvertes de neige de ce pays s’aperçoivent à une grande distance. Les personnages d’un rang élevé affectent la langue et les mœurs des Persans. Dans les parties voisines de l'Indus, les procédés ägricoles rappellent presque ceux de l’Europe, ainsi qu’on le remarque au delà de ce fleuve. Mais tout le territoire éloigné de l’Indus n’est guère qu’un désert. Le Rajah se fait un revenu d'environ 500,000 roupies; sa force armée se compose de deux régiments d'infanterie el de 5,000 cavaliers. Leïa n'étant qu’un misérable village, il réside à Buklur, petite ville assez florissante située près de l’Indus.
Les habitants du Moultan ne sont, à proprement parler, ni Indous pi Afghans. Ce sonit des Jautes, race que nous avons déjà signalée dans la partie occidentale de la province d’Agrah,etdes colons venus du béloutchistan : ces deux peuples sont mahométans. On y voit aussi des Indous, surtout dans la partie orientale du Moultan, mais nulle part ils ne forment la race dominante. Les chameaux sont fort employés dans le Moultan pour parcourir les vastes déserts qui en font partie ou qui l’avoisinent,.
La région que traverse l’Indus, après avoir reçu les eaux des cinq rivières, est presque entièrement déserte, à l'exception des bords im médiats du fleuve. Cependant lorsqu'il se divise en deux branches, dont l’occidentale est la plus considérable, l'aspect du pays change
complétement. Le delta de l'Indus représente, sur une plus petite échelle, celui de l'Égypte. Toute cette contrée, à laquelle il faut ajouter un terriloire assez étendu de chaque côté du fleuve, forme le royaume de Sinde, qui était très-florissant sous la domination du Grand-Mogol. Son sol d’alluvion inondé par l’Indus était alors cultivé avec soin et produisait d’abondantes récoltes en riz, en sucre, en
coton et en indigo, Tata, l'ancienne Pattala Qu temps d'Alerandre, sur
le bras oriental du fleuve, était l’un des plus grands marchés à
l'Orient. Un des principaux articles de son commerce provenait de &
propres manufactures d’étoffes de coton qui occupaient à l’époque t
Nadir, 40,000 tisserands. Au milieu des déchirements, de l'empi
mogol, les chefs d’une tribu barbare et belliqueuse, appelée Talpour
qui habitait les déserts voisins du Béloutchistan, réussirent à s’emp: rer du gouvernement. Le roi de Caboul essaya de les chasser ; mu: trouvant la tâche trop difficile, il se contenta d’exiger un tribut qi toutefois ne lui fut payé que rarement et qui aujourd’hui a cessé con: plétement. Les chefs rapaces qui à cette heure tyrannisent le Sind ne songent qu'à s'enrichir personnellement. L'agriculture, surchargr d'impôts, n’a plus aucun intérêt à cultiver la terre. Le commerce et propriété ne jouissant plus d’aucune espèce de sécurité, les importante: factorcries européenpes qui étaient établies à Tatta, ont disparu. La no vigation de l’Indus, qui jadis étaitimmense, n’occupe plus que quelque: misérables barques. Enfin, pour mettre le comble à la désolation dt pays, les Émirs ont converti en djunglesd’immenses espaces de terres fer. tiles, afin de se procurer le plaisir de la chasse. Qu'on ajoute à cela le: maux causés par leur fanatisme et leurs violentes persécutions contre lt sectateurs du culte indou, et l’on aura le tableau de la misere du pays. Aussi les revenus du gouvernement, qui s’élevaient jadis à 80 lacs de roupies, étaient-ils, en 4827, tombés à 40, suivant Burnes. Cependant on suppose que les émirs ont amassé des trésors énormes, surtout en bijoux et en pierreries. Le voyageur que nous venons de citer dit qu'ik possèdent la plus magnifique collection de fusils et de sabres enrichis de picrres précieuses qu'il v ait dans le monde.
Les deux tiers de Ia ville de Tatta sont en ruines, et sa population ne s'élève pas à 20,000 habitants. Les rues sont étroites et sales; les maisons sont construites en roseaux et en terre. Sur une montagne, à 20 minutes des murs, on trouve un nombre étonnant de tombeaux, dont plusieurs sont magnifiques; mais les mosquées et les pagodes se délabrent chaque jour. La décadence de Tatta est accélérée par ha translation du siége du gouvernement à #aïderahad. Cette dernière est située plus au nord, sur une île formée par l’indus et le Foulali l’une de ses branches. Elle possède quelques manufactures d’armes et quelques lanncries; mais loin de rivaliser avec l'aucienne splen-
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ASIE : INDOSTAN. 45 deur de Tatta : elle est à peine aussi grande et aussi peuplée que celle-ci.
La côte méridionale du delta de l’Indus présente une plage basse, sablonneuse, marécageuse, déserte, et semblable à celle du delta égyptien. Un peu à l’ouest du fleuve on trouve Koratchi, l'unique port de m::iu Sinde. C’est à cette circonstance qu’il doit de conserver encore quelque importance commerciale. On évalue sa population à environ 10,000 habitants, parmi lesquels les Indous se distinguent par leur activité et leur industrie.
Après avoir décrit les provinces sur le Gange et la Djumna, nous avons descendu le cours de l’Indus, en laissant de côté une vaste région qui n’est traversée par aucun des tributaires de ces fleuves. Cette contrée constitue la province d’Adjÿmir qui n’a jamais pu être complétement soumise par aucun des conquérants de l’Indostan. Les belliqueux indigènes de l’Adjmir portent le nom de Radjepoutes : c'est une race qui, soit au physique, soit au moral, présente un contraste complet avec la race indoue. Les Radjepoutes sont grands, vigoureux, athlétiques ; leurs mœurs sont rudes et leur unique métier est la gucrre. Quoique en certains endroits leur territoire ne fût pas éloigné de plus de 40 lieues des grandes capitales mogoles de Delhi et d’Agrah, ils n’ont jamais été rangés même parmi les tributaires réguliers de l'empire. C'était seulement au moyen de pensions que le Grand-Mogol pouvait les déterminer à lui servir d’auxiliaires. Les chefs Radjepoutes, dont l’autorité héréditaire n’a jamais été brisée par l'invasion étrangère, se glorifient d’unelongueligne d’ancêtres, et sont regardés comme de race plus noble que les autres princes indiens. Les chefs Mabrattes eux-mêmes, quoique bien pluspuissants, tenaient à honneur de s’allier avec les chefs Radjepoutes. Cette race n'a pas été dégradée par le despotisme, comme la race indoue. Il y a, chez les Radjepoutes des ‘Rahtores où nobles de différents degrés, qui doivent simplement au
souverain loi et service militaire, et jouissent d’une indépendance analogue à celle que possédaient les seigneurs dans l’Europe féodale. Malgré leurs habitudes de turbulence et de violence, ils se distinguent par des sentiments d'honneur, de fidélité et de générosité tout à fait inconnus aux habitants des plaines. Ils ne maintiennent pas leurs femmes dans cet état d’avilissement qui est trop général dans
46 CHAPITRE QUA'FORZIEME.
l'Inde. Cependant, on leur reproche l’horrible coutume de l'infanticide: :
un &rend uombre de filles sont tuées au moment de leur naissance, ee
| Us redoutent non-seulement la difficulté de les établir d'une manière uen
FE | conforme à leur dignité, mais encore les dépenses qu’entrafnent les tnûr < kr fêtes du mariage. L'appareil qu’ils déploient en effet dans ces circons- onbet | tances est tellement extravagant qu’une année du revenu de État y de Djo peut à peine suflire. La seule partie fertile de l’Adjmir est ceile qui s’é- gehte
| À tend de la province d’Agrah à celle du Guzerate, sur le bord occidental que bi du Tehimboul : elle est traversée par la longue chaîne des monts Ara- sagra voulli, ue chaque côté desquels partent de belles et riches vallées. Pres- edh co
que tout le reste de l’Adjmir consiste en un pays plat &t sablonneux. cipau:
Adjmir, qui donne son nom à toute la province, n’est pas occupée par chef-d
les chefs Radjepoutes, à cause de sa proximité de la frontière de la La!
1 province d'Agrah. Les empereurs mogols y résidaient quelquefois. On Djeynd
| y voit encore un beau palais qui a été construit par Chañ-Djihan. D’ail- pose
L leurs la ville est pauvre et bien déchue. Le fort, bâti à l'extrémité d’une un re\
| ‘ rangée de collines, n’est pas une fortification redoutable : mais il ren- capita ferme un ancien temple que le colonel Tod regarde comme un des plea
monuments les plus parfaits de l'architecture indoue. Depuis 600 ane,
on tr Adjmir est un lieu de pélerinage très-fréquenté par les RUBENS pays. qui y viennent visiter le tombeau d’un de leurs saints, lequel est éga- inféri
lement vénéré par les Indous. Le territoire qui environne la ville est A) plat et sablonneux.
un v
Les principaux chefs Radjepoutss sont ceux de Marwar, de Miwar gemt
DR ct de Djeypourou Djeynagour. Le premier est le plus puissant et on peut les S lc regarder comme indépendant, quoiqu'il reconnaisse la suzeraineté 4 li | de la Grande-Bretagne. Ses domaines s'étendent à l’ouest des monts Les Aravoulli et se transforment insensiblement en désert. Sa capitale dep
Djoudpour renferme plus de 50,000 babitants. On vante la magnificence toire
du palais du Rajah, construit dans l’un des trois forts qui défendent la dés.
ville. gb]
Miwar est une belle et riche vallée qui s'étend à l’est des mêmes dés:
montagnes, Son Ranah, comme on l'appelle, est regardé co:nme le Bah
plus noble de tous les chefs Radjepoutes. Néanmoins, il n’est pas aussi plé
| puissant que le Rajah de Marwar. Comme une grande partie de ses des
possessions sont contiguës au Malwa, le principal siége des Mahrattes,
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l’est des mêmes ardé coinme le il n’est pas aussi de partie de ses e des Mahrattes,
ASIE : INDOSTAN. 47 elles ont été exposées aux dévastations de ces derniers. Odeypour, la capitale, est cependant remarquable par la force naturelle de sa position. Elle est renfermée, ainsi qu'une centaine de villages qui l'entourent, dans unamphitméâtre de collines élevées, à l’intérieur duquelonne peut pénétrer que par un défilé profond et dangereux. Le palais d'Odeypour, construit sur le bord d’un beau lac, est d'une rare magnificence : celui de Djougmundar, qui s'élève sur une île au centre d'un autre lac, présente un aspect presque magique. Tchitore, l'ancienne capitale, quoique bien déchue, offre encore des monuments superbes qui attestent sa grandeur passée. La grande colonne de la victoire, haute de 38 metres, est couverte de sculptures d'un fini précieux qui, représentent les principaux objets de la mythologie brahmanique. On la considère comme le chef-d'œuvre de l’artindou.
La plus occidentale et la plus fertile de ces principautés est celle de Djeynagour où D ypour, ainsi appelée du nom de sa capitale. On sunpose même qu'avec un meilleur gouvernement, elle pourrait donner un rever 190 lacs de roupies, environ 30 millions de francs. La capitale : : 2 belle ville, qui passe pour la plus régulière de l'Inde. Elle a été construite en 47925 par le Rajah Djeïsing. Dans ses environs, ontrouve la ville d'Oumir, qui était, avant Djevpour, la capitale du pays. On y remarque un palais fortifié que le savant Heber ne croit pas inférieur à celui de Windsor.
A mesure que nous nous rapprochons de l'Indus, nous entrons dans un vasie désert de sable qui donne à cette partie de l’Inde un aspect semblable à celui de l’Arabie et de l'Afrique. La contrée qu’occupent les Shekbawatti, tribu sauvage qui se livre au brigandage, commence à 4 lieues environs de Delhi. Elle est entremêlée d’endroiis cultivés, et les sables sont semés de touffes de longues herbes et d’une espèce de plante à laquelle les indigenes donnent le nom üe Phoke, Le territoire voisin est celui de Bikanir : il est semé d'oasis, comme le désert de la Lybie; c’est là seulement qu’on trouve de la verdure. Les sables cependant produisent d'excellents melons d’eau qui servent à désaltérer le voyageur. Les dernières quarante lieues entre Poudjul et Bahawalpour se font dans un pays qui manque d'eau et qui est complétement inhabité. Le solest une argile dure qui résonne sous les pieds des chevaux comme un plancher. Cependant, cette partie de PAdjmir
appartient à deux chefs puissants, les Rajahs de Bikanir ef de Djessel. mire. Bikanir est une ville populeuse : ses murailles et ses tours lui donnent l'apparence d’une cité magnifique au milieu d’ua désert. Les domaines du Rajak de Djesselmire sont peu connus. On sait seulement A1 règue sur une vaste étendue de désert semé de rares oasis; habit“es des Indous natifs qui n’ont jamais été soumis au Grand-Mogs ême à l’époque de la plus grande puissance de l'empire.
La province de Cutch qui s’étenu de l’Indus au golfe de ce nom, forme. pour ainsi dire, lu côte maritime de l’Adjmir. Quelques endroits seule. ment se distinguent par leur fertilité : elle nourrit un grand nombre de chevaux et de bestiaux, etproduitassezide coton pour en exporter. Ellees habitée par une tribu Radjepoute apnelée Djharejahs, qui se livre volon: tiers au brigandage et à la piraterie. Un fait remarquable, c’est que h population de cette province, quoique d®° race indienne pure, s'est convertie au mahométisme sans v être contrainte par la conquête ou ki violence. La pratique de l'infanticide est ici poussée plus loin encore qu: chez les Adjumis. Le gouvernement anglais, en prenant ce pays sou sa protection, a exigé l'abandon de cette horrible coutume; mais il y: lieu de croire que ses efforts n’ont pas encore “té couronnés de suects, Le caef-lieu de la province est Bhoudj ; mais la ville la plus important par son commerce et sa population est Aandavie, port de mer situé sur le golfe de Cutch : Mandavie a plus de 30,000 habitants.
La province de Guzerate se distingue par la variété de son sol «l de ses habitants. Elle a des districts très-fertiles et bien cultivés, des villes florissantes par leur commerce, tandis que d’autres parties de son territoire sont aussi arides que les provinces voisines et sont habitées par des races non moins féroces et non moins adonnées au brigandage. Le golfe de Cambaye qui découpe profondément le Guzerate, offre également carrière au commerce et à la piraterie. Cette situation particulière a réuni dans ceite contrée une variété singulière de castes el de races. Les endroits les plus sauvages de l'intérieur sont occupés pat des tribus connues sous le nom de Bhils, de Callies, de Coulies et de Grassias, qui repoussent toute civilisation et vivent principalement du butin qu’iis enlévent à leurs voisins plus opulents. Les bords infréquentés des golfes de Cutch et de Cambaye cachent les retraites d’un foule de pirates déterminés. Le Guzerate a reçu les restes de la race opprimée
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ASIE : INDOSTAN. 49 et persécutée des Mages, appelés encore Guèbres où Parsis. Cette racc est douce, paisible, industrieuse, et la province leur doit en grande partie ga prosperilé commerciale. Ils conservent encore leur ancienne venération pour le feu, et la manifestent par là résugnance qu'ils éprouvent àPétcindre. Is ont aussi conservé la coutume d'exposer les corps de leurs parents morts dans des tombeaux ouverts pour qu'ils soient dévorés par les oiseaux de proie. Les Parsis se divisent en deux classes, les 1/obids ct les Behdin, ou prètres et laïques. Les mariages entre ces deux classes ne peuvent avoir lieu que sous d’étroites restrictions. Les femmes sont beaucoup plus considérées que chez aucune autre nation de l'Orient; elles se distinguent en outre par la pureté de leurs mœnrs. La secte religieuse des Djaïns est également très-répandue dans le Guzerate.
C’est surtout la grandeur et l'importance de ses villes qui fait la gloire de la province de Guzeriie. Surate, sur la rive gauche du Tapty, était, à l'arrivée des premiers Européens dans l'Inde, la plus grande ville commerciale de là presqu'ile, et aujourd’hui encore elle ne le cède qu'à Calcutta. Sa popaiation est assez généralement évaluée à six cent mille âmes; mais il y a là exagération; vraiscmblahlement elle ne dépasse pas 300,000. Cette ville a beaucoup souffert des troubles qui ont longtemps agité les districts voisins. Les Anglais, en trausférant le siége principal de ieur commerce à Bombay, ont également diminué son importance. Néanmoins, elle possède des fabriques considérables de soieries, de brocards et de belles étoffes de coton, et elle exporte, outre ses propres produits, ceux des autres parties du Guzerate et même des chàles de Cachemyr. En même temps, elle importe, par le Tapty, la Ner:ouddah et le golfe de Cambaye dans les provinces occidentales et centrales de l'Inde, toutes sortes de denrées et de produits étrangers. Surate renferme de belles maisons construites ep pierre, mas elles sont entremêlées de ces misérables cabanes en terre et en roseaux qui sont, dans l'Inde entière, la demeure ordinaire des Indous. On compte à Surate environ 17 à 18,000 Parsis : c’est parmi eux ct parmi les Banians que se trouvent les négociants les plus riches. Les Banians, très-scrupuleux observateurs de tous les préceptes de la religion brahmanique, poussent la piété jusqu’à entretenir un vaste hôpital pour les oiseaux, les singes et autres animaux réputés sacrés.
Ahmedabad, La capitale politique du Guzerate, fait aujourd’hui partie dile ?
du territoire britannique. Quoique bien déchue depuis qu’elle a ces d’être le siège d’un gouvernement indépendant, c’est encore une de: villes les plus florissantes de l’Inde. Elle 1 ’a pas moins de 100,000 hab: tants. Plusieurs de ses mosquées sont vantées pour leur richesse et leur élégance. Cambaye est beaucoup plus déchue qu'Ahmedabad. Les attr. rissr vonts de son port ont porté un coup fatal à son commerce. A cett heu: elle ne possède guère que 30,000 habitants, et ses magnifiqu. édifiscs tombent en ruines.
Barotch, qui sous son ancien nom de Barygaza, était jadis La ville com. merciale la plus importante de cette côte, est aujourd’hui à moitié ruinée et déserte, quoiqu'elle soit située dans une vallée délicieuse. Cepen: dant, elle fabrique et exporte encore quelques étoffes de coton. Barod est une grande ville d'environ 100,000 âmes, qui est actuellement { capitale du plus puissant chef mahratte : ce chef appartient à la célibre famille de Gwickwar. L'ancienne ville sainte de Diwaraka, ne mérit d'être citée qu’à cause des nombreux pèlerins indous qu'elle attire. | en est de même de Puttun-Sumnaut, célèbre par la richesse de son an- £ientemple, au service duquel étaientattachés2 000 brahmanes, 500 dan seuses et 300 musiciens. Ce temple fut détruit, dans le xr° siècle, par Mahmoud ie Gaznévide : ic butin qu'y fit ce conquérant tant en or & en argent qu’en pierres précieuses, est évalué à plus de 250 millions de francs. Nous citerons, uniquement par qu’elle est une possession portugaise, la petite ville de Diu, située sur la petite île de ce nom ver: la pointe méridionale de la presqu'’ile de Guzcrite. Diu n’a plus aucun: importance : son port n'esi fréquenté que par les Persans et les Arabes
SECTION 3. — Inde centrale avec le Dekkan.
Nous allons maintenant parcourir la région élevée du centre de l’Inde qu'habitent ces tribus puissantes et indiscipiinées qui n’ont jamais complétement reconnu la suzeraineté du Grand-Mogol «! conservent encore, en face de la puissance bien autrement redoutable de l’Angieterre, un reste d'indépendance. Cette région constitue h province de Malwa, ou de l’Inde centrale. Elle occupe ce plateau élev: qu’arrose la Nerbouddah dans la plus grande partie de son cours, etqui, se ouvant placé à la base de la péninsuic triangulaire dont 16 «à
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Cümorin est le sommet, sépare l’Indostan proprement dit du Dekkan. Quoique bien plus élevé que le reste de l'Inde, ce plateau dépasse rarement la hauteur de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son climat est doux ; le sol, arrosé par de nombreux cours d’ean, jouit d’unc fertilité remarquable. La chaîne des monts Vindhya, qui s’étend de l’est à l'ouest, établit une séparation entre le Malwa propre et le Nimaour ou vallée de la Nerbouddah. Du côté du Malwa, les pentes de ces montagnes sont douces, tandis qu’elles sont abruptes au midi. La Nerbou. ‘ah prend sasource vers l'extrémité orientale deces montagnes, dans le district de Gundwana, non loin de la source de la Sone, l'un des affiuents du Gange. Elle court ensuite à l’ouest parallélement aux monts Vindhya dont elle reçoit toutes les eaux méridionales. Mais elle ne devient navigable, même pour les barques, qu’à 40 lieues au-dessus de sonembouchure:la partie supérieure de son lit est obstruée par des rochers ct des bas-fonds.
L'histoire du Malwa est pleine d'événements : non-seulement il a résisté à la conquête, mais il a eu lui-même des chefs assez puissants pour se faire conquérants. Les exploits de Sicramaditya, un de ses pre miers rois indous, sont célèbres dans les annales fabuleuses de l'Inde. Après l'invasion musulmane, le Malwa eut des chefs mahométans qui l'élevèrent à un haut degré de pu#ssance : le plus remarquable de tous fat Mohammed Khildji. Quand les Mahrattes, profitant de l’affaiblissement de l'empire mogol, levèrent l’étendard de l'indépendance nationale, ils furent reçus à bras ouverts par les habitants du Malwa, qui étaient toujours restés fortement attachés aux idées et aux institutions indigènes. Dans le cours de ces luttes, deux maisons, celles de Sindhya etd'Holkar acquirent une suprématie complète sur les autres chefs indépendants. Les fondateurs de ces deux maisons sortis des rangs les plus inférieurs, et simples officiers du Peischwa, le chef reconnu du gouvernement mahratte, devinrent bientôt ses maîtres, et l’auraient complétement renversé sans l'intervention de la Grande-Bretagne. Les armes de l’Angietcrre ne tardèrert pas à humilicr ’orgueil de ces chefs, qui furent réduits aux provinces de Malwa et de Candeish et obligés de reconnaître la suzeraineté britannique et de payer tribut. Néanmoins, en 1817, lorsque les bandes de brigands, organisées sous le nom de Pindarris, inquiétèrent le gouvernement anglais, les États Mahrattes se
montrèrent généralement disposés à saisir l'occasion pour relever ! drapeau de l'indépendance. Cependant , parmi les chefs du Malwa, | famille Holkar fut la seule quise déclara ouvertement. Après avi défait les ir:surgés à la bataille de Mehidpour et s'être emparé des principales forteresses du pays, PAnglelerre dicta les conditions de la paix étabiit des garnisons dans le Malwa et prit sous sa protection la capital et l’héritie. de la rmaist®. Quelques mouvements de Sindhya l’ayan rendu suspect, il fut contraint de recevoir une garrison anglaise dans & puissante forteresse dAssirghur. Ses forces militaires consistent aujour d'huien 20,000 fantassins et 10,000 cavahers, et celles d’'Holkar soi réduites à moins de 5,000 hommes,
Le chiffre de la population du Malwa, à l'exception de la partie «{ appartient à Holkar, n’est pasexactement connu. Le territoire d’Holk: contient 764,000 habitants, soit 244 habitants par licue carrée. ! Malwa compic fort peu de musulmans, dans certaines villes, il n’y en pas un vingtiéme. Avant sa conquête par 1 Angleterre, cette provine était la proic d’une multitude &e hrigands de profession, obéissant des princes héréditaires. Indépendamment des Bhïlk, qui habitent s la frontière du Guzerate, celle renferme une nombre: se tribu appel Grassias, réunie autour de plusieurs petits chefs qui, ayant été chas: par des voisins plus puissants, se livrent au brigandage. Le gouvein ment de l’Inde à ménagé un accommodement entre eux etles possesseur des domaines sur lesquels ils élèvent des prétentions. Ils ont reno à ces prétentions et à leur vie turbulente moyennant une pensic. ou indemnité pour Pabandon de leurs droits prétendus.
Les dévastations dont le Malwa a été si longtemps le théâtre, « ancanti pres';ue tout commerce. Une caravane ne pouvait s’aveutur dans le pays, sans une escorte considérable de troupes: et encore cet précaution n’était-elle pas toujours suflisante. Les territoires des dif rents chefs sont en outre tellement enchevètrés qu'il faut à chaque 1 acquitter des droits de péage et de douane. On a réussi cependant surmonter jusqu'à un certain point icates ces difficultés a moyen di hardi systeme d'assurances. Les assureurs entretiennent un corps t
troupes considérable, et en s’entendant sait avec les princes soit avec! officiers chargés de la perception des droits, ils font de très-beaux 1" fits. Les principaux objets d'exportation soul l'opiam cet les étoff:se
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ASIE . INTOSTAN. #3 côton fabriquées à Tehaaderi,et dans d’autres villes du Malwa. Les principales exportations consistent en soieries, toiles peintes, et tissus de laine anglais. Le conmerce et l’industrie de cette province commencent à se relever du coup fatalque leur avait porté une trop longue anarchic.
Parmi les villes du Malwa, celle d’Oudjein est la plus ancienne et la plus importante. Elle est située à 28 lieues environ au nord de la Nerbouddah, sur la Sepra, petite rivière tributaire du Tchomboul. Oudjeïn tient un rang élevé parrii les villes sacrées des Pouranas, et les géograrhes indous y font passer leur premier méridien. Ptolémée et Pauicur du Périple la citent, sous le nom d’Ozene, comme une grande capitale de l'intérieur de l’Inde. La ville moderne est à quelque distance de ancienne. Il y a quelques années, Sindhya ayant choisi Oudjecïin pour sa capitale, son enceinte de près de 2 lieues et demie fut bientôt remplie d’une nombreuse population : mais depuis il a transféré sa résidence à Gwalior. Cependant on lui donne encore 100,000 habitants, parmi lesquels il y a un grand nombre de Mahométans quiont élevé 4Amosquées. Oncite parmi ses principaux édifices plusieurs temples indous, et quelques mausolées. Zndore ou Indour, capitale des Holkars, est une ville toute moderne ; elle a été construite par la princesse Alia Bhye, le plus illustre personnage de cette famille. On exagère sa population en la portant à 90,000 âmes. Dhar, l’ancienne Dharanaggur, parail avoir été jadis une capitale très-florissante. La ville actuelle n'occupe que le quart de la superficie de l’ancienne. Elle est la résidence d’un Rajah indépendant, qui règne sur un district fertile.
Le district de Nimaour se compose de la vallée de la Nerbouddah. Il estriche en pâturages et a pour capitale Mheysir, dans une situation délicieuse sur larive droite du fleuve, Mheysir doit sa prospérité à la princesse Alia Bhye qui en fit sa résidence et l’orna de plusieurs temples magnifiques. Kotah est la capitale du district d’Harrowtie qui confine à PAdjmir. Kotah est une des plus opulentes et des plus belles villes du Malwa. Ulle a été élevée à ce rang par le Rajah Sélim-Singh. Grâce à sa conduite vigoureuse et prudente, ce prince a préservé ses &omaines de toutes les éalamités qui ont désolé l’inde centrale et & fut de sa petite Principanté le plus puissant et le plus florissant des États du Melwa. Il a une armée bien disciplinée forte de 23,000 hommes et ses revenus s’élèvent à environ 12 millions. Près de Kotah, à Barolli et à Djhalrapatun,
le colonel Tod a découvert des temples qui, par l'élégance et la prof sion de leurs sculptures, surpassent tous ecux qu'ila vus dans les auti
parties de l'Inde. Bhopal, située sur un lac et duns le voisinage imraédi, de la frontière du Gundwuna, est la résidence d'un Rajah qui règne 8 un territoire montueux, mais cependant fertile en plu:ieurs cudroits.C prince, après avoir beaucoup souffert de la part de Sindhya, a vus puissance et son territoire augmentés par l'amitié de la Grande-br: tagne, [l a aujourd’hui 6,000 hommes de troupes, 180 canons et jou d’un revenu de près de 2 millions et demi.
On donne le nom de Rath à un district sauvage, montagneux et bois qui confine au Guzerate. Il est occupé par les Bhils et plusieurs petit princes qui se livrent au brigandage et dont chacun a sa petite capitale On n'y rencontre aucune ville de quelque importance. Les districts (| Bagour et äe Kantoul, le long de la frontière de l'Adjinir, offrent le mèr aspect que le district de Rath. Ces trois territoires renferment plusieur belles vallées : ils sont surtout curieux par les nombreux monumen de l'antiquité qu'on y rencontre, Parmi ces monuments on remari surtout les temples creusés dans lé roc, pré” de la ville de Bag, dans! district de Rath. Quelques débris couverts de halliers témoigne seuls de l’ancienne splendeur de Mandou. Cette ville, bâtie par Mob: med Khildji, a été jadis la plus magnifique cité de l'Inde centrale. Ma: elle semble avoir été un district fortifié plutôt qu'une simple vilk elle aen effet 14 lieues de circonférence. Elle occupait la crèle des mon: Vindhya et était enceinte de tous côtés par un profond ravin. En outre un fort mur intérieur acnevait de la rendre inaccessible à une arni indienne. A cette heure, il ne reste rien de cette vaste cité qu’un prt fort habité par quelques religieux mendiants et des ruines de palais: de tombeaux. L'ancienne ville de Woun, dans le Malwa, n’est remar quable que par ses précieux débris d'architecture indoue,
Lorsqu'on passe la Nerbouddah, on entre dans celte vaste régioni l'Inde qui a reçu le nom de Dekkan. Le Dekkan comprend la partie! plus large cu triangle que forme l’Inde méridionale. Sa base est con: tituée par la Nerbouddah et par la ligne qui s'étend de ce fleuve a bouches du Gange. Cette région, à Pexception de la côte maritime doi elle est séparée par les monts Gates, représente un plateau élevé, moi
haut cependant que ceux de Malwa au nordet de Maïssour au sud. Il jou:
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@insi d'un climat assez tempéré et extrêmement favorable au dévelop perrent de la végétation. Le Dekkan est arrosé par deux grands fleuves le Aistna ou Crichna et le Godavery, qui prennent leur source dans les Gates occidentales et traversent la péninsule toat entière pour se décharger dans le golfe du Bengale. La province du Dekkan, séparée de l’Indostan proprement dit par un espace considérable et par de fortes barrières naturelles, n’a jamais été complétement réduite par les conquérants qui ont envahi l'Inde. Alors que l'empire mogol était à l'apogée de sa puissance, Vizapour et Golconde étaient à peine ses tributaires; et dès que ce grand empire se trouva Chbranlé, les Mahrattes s'emparèrent des principaux territoires du Dekkan, et poursuivirent ensuite au nord leur carrière de conquêtes et de dévastations.
Il n'existe peut être pas au monde une région plus forte, au point de vue militaire, que Le Kandeisch, province longue et étroite qui s'étend le long de la rive méridionale de la Nerbouddah. Cette région est partout gemée de ces collines naturellement forlifites dont nous avons déjà parlé, qui défient également les assauts, fa sape et l'artillerie et qu ne peuvent être prises en général que par famine. Le Kandeisch n’est cependant pas, à proprement parier, un pays montagneux ; plusieurs parties de son territoire sont d’une fécondité remarquable. Indépendamment de la Nerbouddah qui forme sa limite au nord, cette province est traversée par le Tapty qui se jette dans le golfe de Cambaye à Surate et ouvre ainsi une excellente voie de navigation pour l'exportation et l'importation.
, Parmiles forteresses du Kandeisch, nous citerons d’abord Assirghur. @est un rocher perpendiculaire qui n’est accessible que d’un seul côté, où ilest fortifié par deux murailles épaisses. Aux environs on ne trouve #ve des ravins profon.ls et des djungles infestés de tigres. Malligawm est située sur la frontière de la province d’Aurungabad. Cette forteresse est bâtie au sommet d'une colline isolée qui s’elève au centre d’une vaste et riche plaine. Mais elle doit sa force moins à sa position naturelle, u'aux nombreux ouvrages qui la défendent. Si l’art a peaucoup fait pour Malligawm, la nature a tout fait pour la magnifique forteresse &ppelée Unkil Tunkie, Un plateau de 1,600 mètres de circonférence surmonte un rocher isolé dont les parois perpendiculaires ont de 45 à 60 aètres de hauteur. Pour pénétrer dans la forteresse, il faut gravir delongs
4 di
escaliers taillés dans le roc vif et munis de nombreuses portes d'u solidité prodigieuse. Ses magasins, ses greniers, ses casemales, su: taillés également dans le roc, et défient un bombardement, Trimb, est une autre forteresse du mème geure, mais sur de plus grandes ( mensions. La colline qui supporte le fort a environ quatre lieues de toi à sa base, elle piateau supérieur un peu plus d'une lieue ei demie, ! y monte par un escalier presque perpendiculaire de 200 marches, el est dangereux de se retourner pour regarder le précipice de 200 metr qu’ona derrière soi, Du sommet de cette colline descend, goutte à goul le ruisseau qui forme la source du Godavery. L'ancienne capitale Kandeisch est Bourhanpour, assez grande ville sur la rive droite { Tapty. Elle est le siége principal d’une secte mahométane dont | partisans portentle nom de Bohrahs, Hs sont très-adonnés au commert On compte à Surate 6,000 individus de cette secte.
Les vastes provinces d’Aurungabad et de Bedjapour, siége primitif de puissance Mahratte, s'étendent au sud du Kandeisch et forment la pa tie occidentale du Dekkan. Leur territoire est inégal, irrégulier dans la région des Gates, montagneux; il est arrosé par le Kistna el Godavery. Le sol est parfois sec et stérile; mais en général il est st: ceptible d’une excellente culture. En effet, il nourrit une populuti de 13 millions d'individus, dont 6 dans l’Aurungabad, et 7 dans Bedjapour. Ces deux provinces renferment plusieurs foricresses n turelles, et jamais elles n’ont subi, du moins pendant longtemps, joug des conquérants de l’Indostan. Même après la réduction des go! vernements indigènes, Adil-Chah fonda, en 1489, le royaume de He!) pour, ou, comme on l’appelait en Europe, de Visapour. Ce royaut devint prépondérant dans le Dekkan jusqu'en 1689, où il fut obli: de céder aux armes d’Aurengzeb. Cependant à peine cette conqu était -elle achevée que l’on vit surgir la puissance mahratte quit tarda pas à chasser de cette partie de l’Inde les faibles successeurs: cet empereur. Le reishwa ou chef de la confédération des Mahratl fixa alors sa résidence à Pounah ; mais depuis les succès obtenus |: les maisons rebelles de Sindhya et d’Holkar, le siége réel de la pui sance Mahratte se trouva transféré dans les provinces plus au no! ‘ Quoiqu’elle ait été la capitale de la puissance mahratte, Pounah ne pas une belle ville. Elle semble avoir été, dans le principe, des!
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ASIE : INDOSTAN., N7 née à représenter un camp plutôt qu'une simple cité, Dans les grandes assemblées de la confédération mahratte, on a vu une population de 500,000 àmes réunie dans son enceinte ou dans ses environs. Sa popu= lation fixe ne dépasse pas 100,000 âmes, Pounah n'est à proprement parler qu'un immeuse village, dont les maisons sont bâties en briques légères. Elles sont couvertes de peintures qui représentent des scènes de la mythologie indoue. Ses marchés sont abondamment pourvus de denrées de toutes sortes, Aujourd'hui, cette ville fait partie des possessions britanniques et dépend de la présidence de Bombay. A environ 20 lieues au sud de Pouuah, on trouve la forteresse naturelle de Satiarah. Elle a longtemps servi de prison d'État aux roiahs héréditaires. Depuis que l'Angleterre a déposé le Peishwa et a rendu un certain degré de puissance à l'ancien chef de la confédération, celui-ci à choisi Saltarah pour sa résidence.
Les restes de l'ancienne capitale de Viziapour ou Visapour attestent que cette ville a été l’une des plus magnifiques de l'Inde. Le fort qui la défend est peut-être le plus vaste qu'il ÿ ait au monde : il a plus de ‘ais lieues de circonférence et renferme dans son enceinte une foule di jur dins, de mosquées et de palais, La grande mosquée d'Adil-Chah quicoûta à ce prince 18 millions de francs et à laquelle 6,500 hommes travaillèrent pendant 37 ans, est encore dans un assez bon état de conservation. La plus grande partie de la ville est inhabitée. Aurungalad ct Dawletabad sont deux anciennes capitales, presque contiguës l’une à l’autre. Celle-ci portait primitivement le nom de Deoghir. Dans Île ave siècle, Mohammed IfLessaya, mais en vain, d'en faire la capitale de son empire. L’assiette de Dawletabad sur le penchant d'une colline esttres-forte; et les travaux nombreux qu'on y : “lvés en font la clef du Dekkan. Aurungabad doit son nom à Aureug:cb qui en avait fait sa résidence favorite. Elle est ornée de nombreux monuments, parmi lesquels l’ancien palais d’Aurengzeb, le Lombeau de la fille de cet empereur et un immense bazar de plus de 3,000 metres de longueur sont les plus remarquables. Ccs doux villes renferment encore une populalion considerable. Actucllement elles font partie des domaines du Nizam, Ahmednaggur, jadis capitale d’une puissante dynas tie, est encore une grande ville importante par ses fortilications. Kile
est comprise dans le territoire britannique.
ul. 8
Les prodigieux monuments d'Ellora ne sont pas loin de Dave. tabad. Ils consistent en une série de temples magnifiques taillés dans une montagne de granit. « Le nombre et la magnificcnce de ces temples souterrains, dit Erskine, l'étendue et l’élévation de quelques-uns, l'infinie diversité des sculptures dans quelques autres, la merveilleuse variété des ornements, le travail exquis des colonnes, la multitude des dessins mythologiques, les dimensions colossales des statues, produisent sur l'esprit du visiteur une impression profonde. » Plusieurs de ces grandes excavations ont reçu des noms particuliers : telles sont les cours d’Indra, de Jaggernaath, de Parasou Rama, et le Doumar Leyna ou palais nuptial : mais la plus merveilleuse de toutes a reçu celui de Æeylas ou paradis. Le Keylas est un édifice conique de 100 pieds de haut et de 500 de circonférence, enièrement taillé dans le roc et recouvert sur toute sa surface de sculptures mythologiques.
L'intérieur du Dekkan, à l’est, comprend les provinces d’Haïderabad, de Nandir, de Bider et la plus grande partie du Bérar, et obéit au gouvernement du Nizam. Le Nizam était jadis vice-roi du Dekkan pour le Grand-Mogol. Mais, comme une foule d’autres chefs, il profita de la décadence de l'empire pour se rendre indépendant. Son alliance avec les Anglais lui a valu une partie des dépouilles de l'empire mahratte et la possession d’un territoire de plus de 12,000 lieues carrées et renfermant une population de 8 millions d’âmes. Quoique jouissant d’une indépendance complète en ce qui concerne l’administration intérieure de son royaume, le Nizam est tout à fait dépendant de l'Angleterre en ce qui touche aux relations extérieures; et afin de-surveiller ses mouvements, cette puissance entretient auprés de lui un corps de troupes auxiliaires. Le territoire dont nous parlons représente un plateau diversifié par des collines inoins élevées que celles du Dekkan occidental : plusicurs endroits sont remarquables par leur fertilité. Mais le gouvernement du Nizam ne songe guère à développer les éléments de prospérité que la nature à prodigués à ce pays : il est certainement l'un des plus inintelligents et des plus oppresseurs parmi les gouvernements indigenes de la péninsule.
Haïderabad est à la fois capitale de la province de e° nom et capitale du royaume du Nizam. C'est une grande ville de près de 3 licues de {our qui renferme une population de 420,000 habitants. A l'exception
| plusieu
plusser
de quelq d'être € jadis ca] diamant bâtie su la regar
d'Haïde alors qu gue, dé
Nandi fortifiée que l'or etdur
Ellitchp mal cul La p limitro qu'on :
lorsque gnante tants, forte.
Gawilg nable, rendr Le la plu arros aussi Gound Mabr tiles « plus : piller
oin de Date.
ues taillés dans nce de ces temquelques-uns, la merveilleuse S, la multitude es statues, prode. » Plusieurs iers : telles sont et le Doumar toutes a reçu tonique de 100 nt taillé dans mythologiques.
d'Haïderabad, obéit au gou- Dckkan pour le il profita de la in alliance avec npire mahratte carrées et renouissant d’une tion intérieure e l'Angleterre Surveiller ses ‘un corps de sente un pla- 1 Dekkan occifertilité, Mais les éléments Certainement i les gouver-
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ASIE : INDOSTAN. 09 de quelques mosquées, elle ne possède point d’édifices qui méritent d'être cités. À deux licues et demie d’Hfaicerabad, se trouve Golconde, jadis capitale d’un royaume célébre en Europe, à eause des mines de diamants qu’il possédait dans le district de Gundwana. Golconde est bâtie sur un rucher élevé, et fortifiée avec un tel soin que les indigènes la regardent comme imprenable. On remarque dans son voisinage
: plusieurs tombeaux magnifiques. #Warangol, à 920 lieues environ
d'Haïderabad, nous offre les ruines de l’ancienne capitale du Telingana, alors que ce nom, qui aujourd’hui s’applique uniquement à une langue, désignait une grande partie de l’Inde centrale et orientale.
Nandir ct Bider, capitales des provinces de ce nom, sont deux villes fortifiées, mais de médiocre étendue. On a remarqué, au sujet de Bider, que l’on parle dans son voisinage les trois langues de l’est, de l’ouest et du midi de l’Inde, le Telinga, le Mahratte, et le Canara. La partie la
: plus septentrionale des domaines du Nizam est cette portion du Bérar dont
Ellitchpour est la capitale. Cette prevince est élevée, rude, et en général mal cultivée quoique ses bœufssoient réputés les meilleurs de l'Indostan.
La partie est du Berar forme, avec la meilleure partie de la province limitrophe du Gundwana, le domaine du Rajah de Negpour, chef de ce qu'on appelle les Mahrattes orientaux. Nagpour n’était qu’un village, lorsque Ragodji Bhounslah, fondateur de la dynastie actuellement régnante, y fixa sa résidence. Aujourd’hui c’est une ville de 80,000 habitants, mais médiocrement bâtie et peu importante comme place forte. La forteresse la plus considérable de la principauté est Gawilghur, dans le Bérar : quoique les Indous la crussent imprenable, il ne fallut, en 1803, que quelques jours aux Anglais pour s’en rendre maîtres.
Le Gundiwana est, à peu d’exceptions près, la contrée la plus âpre et la plus misérable de l’Indostan. C’est une région montagneuse, mal arrosée, couverte de djungles; où la population est très-clairsemée : aussi les empereurs mogols l’avaient-ils presque abandonnée aux Goands. ses sauvages et primitifs habitants. Cependant lorsque les Mahrattes s’établirent à Nagpour, ils s’emparerent de tous les lieux fertiles ou cultivés et les Goands furent repoussés dans les endroits les plus élevés et les plus inaccessibles, d’où ils ne descendent que pour piller Le pays.
La province d’Orissa, à l’est du Gundwana, embrasse toute la côte du Dekkan, depuis le Carnatie jusqu'au Bengale. L'intérieur, qui est traversé par une portion de la grande chaîne des Gates, est une région plus triste encore que le Gundwana. Elle est marécageuse, couverte de djungles et désolée par une maladie dangereuse que les Anglais appellent hill fever (fièvre des montagnes). Les Ourias, tribu grossière et féroce, qui häbitent ces retraites sauvages s'étaient rendus redoutables aux Mahrattes : mais l'influence du gouvernement anglais les a changés en sujets paisibles. Les trois grands fleuves, le Mahanouddy, le Godavery elle Kistna, se jettent dans la mer, le premier à l'extrémité nord, et les deux autres vers l'extrémité sud de cette province.
Les Circars embrassent cette partie de l’Orissa qui est située entre les Gates et la mer. Ce territoire diffère complétement des régions intérieures que nous venons de décrire : il est égal au Carnatic en fertilité, et il lui est bien supérieur en industrie. Les calicots et les toiles peintes sont les principaux produits des manufactures indigènes. Les meilleures étoffes de ce genre viennent de l’ie de Hagour qui est formée par le delta du Godavery. Elle s'exportent en Europeet dans divers pays de l'Orient, surtout en Perse où elles sont fort recherchées. Les Cirears sont au nombre de cinq : Guntour, Condapilly, Ellora, Radjamundry et Cicacole : Mazulipatam est quelquefois considéré comme formant un sixième circar. Le commerce de tout ce pays est presque entièrement concentré à Mazulipatam, le meilleur port de mer de toute la côte depuis le cap Comorin.
Le vaste district de Cuttack lie les Circars au Bengale. Il est en général fertile et possède en outre des manufactures florissantes. Sa population s'élève à 1,200,000 âmes. Cuttack, la capitale, est une ville assez bien bâtie, située sur un large bras du Mahanouddy : elle a enviror 50,000 habi'ants. C’est dans ce district que se trouve la ville sacrée appelée Djaggernauth, Pouri par les Indous, si fameuse par ses temples, par la multitude de pèlerins qui y accourent de toutes parts et par les hideuses scènes de superstition dont elle est le théätre, La pyramide qui couronne l'entrée de la principale pagode a près de 300 pieds de hauteur; elle est toute chargée de sculptures. La plus belle pagode est bâtie sur un grand rocher en pierres granitiques dont quelques-unes ont des dimensions prodigieuses. L'idole, sculptée en bois, a des yeux de
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Dans notre description du Dekkan occidental, nous avons négligé à dessein la côte rnaritime, parce qu’elle offre un aspect tout à fait diffé rent de celui de l’intérieur : c’est là que se trouve Bombay, la capitale des possessions britanniques dans l’ouest de l'Inde, Cette ville est con= struite sur une petite île de même nom unie par une chaussée à l'Île plus grande de Salsette. Tanna, dans cette dernière, a été l'établissement primitif des Portugais, qui, bientôt, attirés à Bombay par l'excellence de son port, lequel est en effet le meilleur de l'Inde occidentale, y bâtireut un petit fort; mais aucuu de leurs établissements sur crtie côte nes’élèva à la splendeur de Goa. En 1661, Bombay fut céd'e à Charles IT, comme partie de la dot de la reine Catherine ; deux ou trois ans après, les Anglais s’y établirent, et, en 1686, ils y transférérent le siége principal de leur commerce dont Surate était alors en possess' on. Depuis celte époque, Bombay a vu sa prospérité s'accroître chaque année; elle est devenue le grand marché de Inde occidentale, et aujourd’hui sa population est d'environ 250,000 âmes. Sur c: nombre, on compte 10,000 Parsis; ce sont les plus riches habitants de la ville et en même temps les plus industrieux. Parmi îes habitants de Bombay, on remarque encore un grand nombre de Juifs, de Musulmans et de Portugais; toutefois les Indous forment à eux seuls les trois quarts de la population totale. La présidence de Bombay est moins vaste que les deux autres présidences. Cependant elle renferme Surate, Barotch, et les plus beaux districts du Guzerate ; sa population actuelle dépasse assurément 2,500,000 âmes. Bombay possède un gouverneur et un conseil subordonnés au gouvernement suprême de l'Inde à Calcutta, Elle a aussi une cour judiciaire, administrée par un juge unique qui porte le titre de Recorder, Comme à Calcutta, il existe à Bombay plusieurs sociétés savantes; la plus importante est la société littéraire dont les travaux ont pour objet l'histoire, les langues et les antiquités de l'Inde. Le port de Bombay a été déclaré franc ; il est aussi l’une des stations des stecamers qui font le service de correspondance entre l'Inde et l'Angleterre à travers l'isthme de Suez. Malgré cela, son commerce direct avec la Grande-
Bretagne n’est pas aussi étendu que celui des deux autres présidences à cela lient à ce que le territoire adjacent ne produit qu'un petit nombre des denrées propres à l'Inde. Les exportations de Bombay consistent principalement en articles divers qu'elle recoit de différentes parties de l'Inde. Elie recort du Concan et du Guzerate des grains et d’autres denrées alimentaires : ce dernier lui envoie aussi d'excellentes étoffes qu' sont réexpédiées var f°ut l'Orient. Elle tire du Bengale une quantité considérable de soie crue, et du Canara du poivre et d’autres épices. Ses relations avec la Chine sont fort étendues, ce pays fournissant un grand nombre d'articles recherchés par les Indous et recevan. eu échange d'énormes quantités d'opium. Enfin, le cabotage de Borabay avec le Cutch, le Sinde et le golfe Persique est également considérable. Les environs de Bombay sont célèbres par les antiques et curieux monuments de l'art indou que l’on y rencontre. Le plus fameux de ces monuments est le temple de l'ile de Æalabouri, appelée aujourd'hui Eléphanta à cause d'une figure d’éléphant en picrre noire qu’on voit au picd d’une montagne. Le temple,est entièrement taillé dans le roc, etson entrée se trouve à 1,260 mètres environ de la hase de la montagne. On y pénètre par trois magnifiques avenues formées par quatre rangées de colonnes massives. L'intérieur du temple a 67 mètres de longueur sur 45 et demi de largeur; mais il n'a guère que 4 metres trois quarts de hauteur. On y remarque lrois têtes colossales que l’on a d’abord supposé être celles de la triniié indoue; à ectte heure on s’accorde à pen- Lhite-sur ser que ce sont seulement trois représentations différentes de Siva. lauesrih q Les excavations de K'ennery, dans l'ile de Salsette. et celles de Carli, petite vill sur la côte opposée du continent, ne sont pas des monuments moins nes Let étonnants. Il semble, suivant Forbes, qu'une cité tout entière, capable 1 de renfermer plusieurs milliers d'habitants, ait été taillée dans les flancs de la montagne de Kennery. On y voit des citernes, des terrasses, des
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cette lisière soit uniforme, elle est découpée par un grand nombre de pelites baies. Une pareille configuration, dans une contrée maritime et :industrieuse, offre des avantages inappréciables : mais, depuis plusieurs ! siècles, Les habitants ne tiraient parti de cette heureuse disposition des lieux que pour se livrer à la course : aussi avait-on donné à cette côte | le nom de côte des pirates. Vers la fin du xvn: siècle, un chef de pirates, nommé Angria, était parvenu à jeter les fondements d’une puissance étendue ct redoutable, qui néanmoins fut renversée, en 1756, par les | armes réunies des Anglais et des Mahrattes. Ce territoire fut d'abord | annexé à celui des Mahrattes de Pounah; mais maintenant, à l’excep-
tiou d’une faible partie, il est soumis au rajah de Colapour, sous le contrôle de la Grande-Bretagne.
Les Portugais s'étant emparé, en 1510, de Goa, à l'extrémité sud du
Conean, y fixérent leur principal établissement. Goa fut longtemps la
capitale européenne de l'Inde. Même dans sa décadence actuelle, elle conserve des traces de son ancienne maguificence. La cathédrale et le
: couvent des Augustins sont supérieurs à tous les édifices que l’archi- | tecture européenne a élevés dans l'Inde. A cette heure, Goa n’a plus . pour ha. ‘tants que quelques moines et un petit nombre d'Indous catho- 1 liques. Le gouverneur des possessions portugaises dans l’Inde et l’Océa-
nie, réside aujourd’hui dans la ville de Pandjim, où Villa Nova de Goa,
{ bâtie sur la petite île de ce nom, à l'embouchure du Mandava : c’est : aussi là que siége la cour suprême de justice. Pandjim est une jolie | pelite ville, avec un bon port et une population d'ure vingtaine de mille