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CHAINES DE MONTAGNES

La disposition des relèvements montagneux du côté du Brevent, d'où la vue de la planche I a été prise , indique en quelque sorte les mouvements qui ont dû se produire dans les couches rompues. Elles ont été soulevées de manière à présenter des escarpements abruptes vers le massif éniptif , et des pentes adoucies vers l'extérieur.

Les chaînes de montagnes affectent presqne constamment des dispositions analogues; les dépôts sédimentaires soulevés parallèlement à l'axe éniptif et culminant tendent à y former des arêtes parallèles à cet axe , et , par conséquent , des lignes de montagnes de second et troisième ordre , produites par les relèvements imbriqués des terrains.

Les eaux sont encore venues accuser davantage ces dispositions, en creusant leurs vallées entre deux formations différentes. H est rare, en effet, que les vallées profondes n'aient pas pour origine principale la configuration déterminée par les soulèvements, ori^ne attestée par les mouvements et allures de la stratification , par les cassures , les failles et tous les témoignages de perturbation qu'elles présentent si souvent.

Ainsi, dans les vallées du Jura, le sol présente des ondulations que suit le ploiement des couches soulevées, de telle sorte que les vallées aussi bien que les montagnes qui les encaissent

peuvent être appelées vallées ou montagnes de plissement. Les vallées ouvertes perpendiculairement à la direction des couches

Bont généralement des vallées de fracture, sur les escarpements desquelles on voit la tranche des couches brisées et ployées (fig. 7). Parmi les vallées qui suivent la direction des couches, celles qui sont dues à des ploiements ne présentent guère que les assises supérieures du terrain, mais quelquefois le terrain ainsi ployé s'est rompu et a donné naissance à des vallées de fracture suivant la direction des couches , sortes de cratères longitudinaux , dus au soulèvement et à la rupture d*un certain nombre d'assises.

. La figure 7 indique le mode de formation de ces vallées longitudinales par le plissement ou la rupture des couches, dispositions fréquentes dans les montagnes du Jura , où les habitants distinguent les vallées de fracture transversales et perpendiculaires à la direction des couches sous le nom spécial de cluses.

Le Rhin, d'abord encaissé d'un côté par les Vosges, et, de l'autre, par les montagnes de la Forêt Noire, coule ensuite dans une vallée large et profonde ouverte dans les grès secondaires, sur les bords de laquelle les roches qui en forment le fond , se relèvent par des cassures ou failles jusqu'à des niveaux supérieurs. Cette vallée est également une vallée de fracture.

Dans les contrées accidentées, la plupart des vallées présentent les caractères des vallées de fracture, caractères qui résultent des formes escarpées de leur encaissement, et surtout des dispositions anomales de la stratification. Il n'est pas de disposition de ploiement ou de rupture des couches dont on n'y rencontre des exemples, et lorsque les roches éruptives sont visibles, leur position vient presque toujours démontrer que leur sortie doit avoir déterminé les traits les plus caractérisés du mouvement.

Par les nombreux exemples que l'on peut étudier dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, le Jura, etc., on voit que les roches sédimentaires jouent un rôle important dans les chaînes ou groupes de montagne. Elles y apparaissent soulevées et disloquées par les roches éruptives , qui se sont fait jour elles-

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