CHAINES DE MONTAGNES
mêmes jusqu'à la surface et constituent des centres ou axes de soulèvement plus ou moins apparents.
Lorsque les montagnes présentent ainsi, dans leur composition, les roches soulevantes et les roches soulevées, on peut en conclure que Tépoque géognostique à laquelle elles ont été formées est postérieure au dépôt de toutes les formations sédimentaires relevées sous des inclinaisons incompatibles avec leur mode de formation.
Si en même temps, on trouve au pied de ces montagnes des dépôts horizontaux et qui ne présentent aucune trace de bouleversement, on pourra préciser encore mieux Tépoque du soulèvement ; il aura nécessairement eu lieu entre le dépôt des roches accidentées et celui des roches sédimentaires horizontales. Telle est l'idée théorique que M. Elie de Beaumont a appliquée de manière à. fixer l'époque géognostique du soulèvement de toutes les grandes chaînes du globe.
Les moTitagnes ne présentent pas toujours cette composition mixte, et les «roches ignées constituent souvent de grandes masses isolées qui doivent leur origine à des éruptions. Ainsi, la grande chaîne des Andes Cordillères est surmontée, de distance en distance, par de grandes masses coniques dont l'origine est évidemment ignée.
Le Chimborazo et le Carguaraizo , représentés ( planche II ) d'après les dessins de M. de Humboldt, sont des exemples de ces masses montagneuses, surajoutées par les phénomènes volcaniques des anciens temps géologiques, aux montagnes déjà formées par les soulèvements.
Ces montagnes , purement éruptives , sont caractérisées par leur composition, leur isolement et leurs formes régulières. Elles rappellent souvent les formes coniques des volcans modernes, et beaucoup d'entre elles servent encore aujourd'hui de l)ouches aux actions volcaniques qui s'y sont frayé un passage.
Enfin, des actions volcaniques anciennes, identiques à celles qui agissent aujourd'hui, ont aussi créé de véritables montagnes. On ne peut en citer d'exemple plus frappant que celui de la
chaîne des Puys en Auvergne. Cette chaîne comprend plus de cinquante cônes volcaniques alignés suivant une même direction, dont un grand nombre présente des cratères , et qui ont déversé autour d'eux des courants de laves (planche IV). Ces cônes à cratères composés de déjections volcaniques identiques à celles des volcans actuels, ces courants de laves qui sortent des cratères en partie égueulés et qui descendent dans les vallées en conservant l'empreinte du mouvement, sont les exemples les plus expressifs des actions éruptives exercées pendant les périodes antérieures aux temps historiques et même au creusement d'une partie des vallées actuelles.
En résumé , les roches éruptives apparaissent comme constituant des masses spéciales, souvent culminantes, et comme résultant d'une force expansive qui a soulevé les chaînes de montagne et tracé la géographie de notre globe.
C'est la même force qui, déplaçant les mers à plusieurs reprises , a déterminé la génération des puissants dépôts sédimentaires qui couvrent aujourd'hui l'écorce terrestre ; c'est elle encore qui, déversant les roches ignées à la surface, par une série d'actions intermittentes, a bouleversé la position normale de ces dépôts, et en a modifié les caractères minéralogiques en produisant les roches métamorphiques. Enfin, c'est elle qui, pendant toute la série des périodes géologiques, a fracturé le sol et rempli les cassures par des émanations analogues à celles des solfatares , formant ainsi des filons remplis de minéraux spéciaux parmi lesquelles les minerais jouent un rôle important.
Origine des roches éruptives. — Cherchons maintenant quelle est cette force qui a réagi sur la surface du globe pendant toute la série des temps géologiques, et qui a déterminé les traits si variés de sa composition et de sa configuration.
Les actions volcaniques se manifestent dans toutes les parties du globe. On leur reconnaîtra un caractère de généralité complet si l'on rapporte à la même origine les volcans éteints, les roches éruptives des anciennes périodes géologiques,