‹ Géologie appliquéeChapitre 29 sur 100 · LASSIFIGATION DES TERRAINS DE TRANSITION · texte numérisé non relu

LASSIFIGATION DES TERRAINS DE TRANSITION

et les plus variés. Ainsi , indépendamment des gites métallifères dont nous ferons une étude spéciale, que de minéraux s'y rencontrent en géodes, en nodules, en petites veines adventives! Dans les roches elles-mêmes, que de variations minéralogiques qui donnent aux courses géologiques, faites sur le terrain de transition , un intérêt que les terrains postérieurs sont loin de présenter!

Beaucoup de géologues attachent peu d'importance aux terrains de transition, parce qu'ils contiennent peu de fossiles, et fournissent, par conséquent, peu d'éléments aux considérations zoologiques. C'est seulement dans les dépôts supérieurs que les trilobites , les encrines , les productus , spirifères et autres débris organiques sont assez nombreux pour attirer leur attention. Pour celui qui étudie de préférence la géologie minérale , les roches de transition si étendues , puisqu'elles couvrent im quart ou un cinquième des surfaces continentales, sont au contraire d'autant plus intéressantes qu'elles sont plus métamorphiques, plus cristallines et plus intimement liées aux roches granitiques dont les réactions les ont pénétrées de minéraux variés et leur ont donné des caractères si mobiles de composition et de structure.

L'intérêt que présentent beaucoup de chaînes de montagnes soulevées à travers les terrains secondaires, telles que les Alpes, résulte en grande partie des roches schisteuses qui avoisinent leurs axes et leurs centres de soulèvement granitiques, roches qui se confondent sur beaucoup de points avec les véritables roches de transition. Ainsi, le massif du mont Blanc, formé de granités , de protogines et de schistes cristallins , et soulevé à travers une épaisseur considérable de terrains jurassiques, semble avoir exercé autour de lui une action métamorphique tellement énergique, qu'on ne peut préciser où se terminent les schistes cristallins de transition qui ont accompagné l'axe granitique, et où commencent les dépôts que l'on doit attribuer à la période jurassique. Ce problème lithologique, qui se présente sur tout le périmètre des grandes Alpes et

lOS TERRAINS DE TRANSITION.

dont la solution ne pourra jamais être tracée, suffit pour donner à l'étude de ces montagnes un intérêt qui y ramène sans cesse les observateurs.

Indépendamment de cette étude des formations, que de questions lithologiques se présentent à chaque pas et devant chaque roche de ce grand massif cristallin ! Où placer la ligne séparative des granités d'origine ignée , avec les stéaschistes et les micaschistes qui les enveloppent? Les stéaschistes et les quartz épidotiftres sont-ils des dépôts de sédiment, profondément modifiés par le contact du massif éruptif, ou ne font-ils pas euxmêmes partie des roches ignées? Les granités et les quartz du Talèfre qui contiennent du molybdène sulfuré, ne sont-ils pas des roches véritablement éruptives , aussi bien que les roches cristallines des Aiguilles rouges surchargées d'oxydes de fer et de titane ?

Que de questions de cette nature , depuis les protogines du mont Blanc et les granités des aiguilles voisines, jusqu'aux poudingues de Valorsine , dont les couches inclinées et verticales , examinées par M. de Saussure, lui donnèrent la première pensée de la formation des Alpes par voie de soulèvement !

Cependant l'étude des terrains de transition n'est pas exclusivement minéralogique , et celle que l'on peut faire sur la stratification et sur l'allure des couches, conduisent aussi à reconnaître la succession géognostique des dépôts.

Parmi les caractères géognostiques que présentent ces dépôts, un des plus remarquables est la concentration successive des bassins.

Ainsi , les terrains semi-cristallins de la période inférieure forment autour du globe une enveloppe presque générale, qui n'est interrompue que par les roches éruptives, et sur cette enveloppe continue, les terrains à fossiles de la période silurienne ont formé des bassins vastes, mais circonscrits.

Sur les terrains schisteux déposés pendant ces deux premières périodes, les dépôts arénacés et souvent anthraxifères

Page 1