‹ Géologie appliquéeChapitre 43 sur 100 · BECHE1C8E DE LA HOUILLE · texte numérisé non relu

BECHE1C8E DE LA HOUILLE

lions , Ton ne peut obtenir aucun indice sur la position probable de la bouille , cette position ne pourra être déterminée que par l'exploration de toute Tépaisseur du terrain , et cette épaisseur devra être forée jusqu'aux conglomérats inférieurs ou jusqu'au terrain de transition. Les bassins sté* rilefl sont des exceptions ; les parties privées de houille n'y •ont que des lacunes ; et l'insuccès sur un point ne doit pas empêcher les recherches sur un autre. Il y a peu à insister sur ce premier cas ; les détails donnés précédemment sur les accid^its des couches montrent quels sont les faits à consulter.

La recherche du terrain houiller lui-même sous un ou plu* sieurs morts-terrains superposés peut être entreprise dans des circonstances très- diverses : quelques exemples les feront ap^ préder.

Certains bassiins ne sont connus que par des séries d'affleurements, interrompus par des terrains plus récents qui recouvrent la plus grande partie de la surface houillère. L'analogie de composition des lambeaux découverts , l'harmonie de direction et de pendage des couches, enfin l'exemple de quelques exploitations qui poursuivent déjà les couches sous les terrains superposés , ont conduit à reconnaître et à admettre , dans la plupart de ces cas, la continuité souterraine entre ces divers lambeaux et leur réunion en un ou plusieurs bassins. Tel est le bassin de Sadne-et-Loire, dont les cinq sixièmes sont recouverts par des dépôts arénacés , rouges , de l'époque du trias ; le bassin de Brassac, dont l'extrémité nord est seule à découvert . au confluent de l'Allier et de l' Alagnon , et qui se perd au sud , sous les terrains tertiaires , de telle sorte que ses limites méridionales sont inconnues ; tels sont les bassins d'Aubin et de la Grand'-Combe, en partie recouverts par les dépôts jurassiques. Tel est enfin le grand bassin du Nord, affleurant à Aix-la Chapelle , Liège et Charleroy ; presque toujours recouvert, àMons, par le terrain crétacé, et enfoui, à son entrée en France, sous les terrains tertiaires et crétacés, à une

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profondeur toujours croissante , à mesure qu'on 8*ayance vers Touest.

L'expérience a démontr^que , dans tous ces exemples, les recherches devaient être guidées par le grand principe de la direction, non plus seulement des couches houillères connues, mais du terrain de transition qui les encaisse ; qu'un puits de recherche doit s'écarter le moins possible de l'axe général du bassin , afin d'éviter de tomber sur quelque saillie du terrain de transition; enfin, que les recherches doivent être faites de proche en proche , parce que le bassin peut s'infléchir pour prendre une autre direction , ou même se rétrécir et s'interrompre.

Guidé par le principe de direction des couches houillères et des couches de transition , comme on Ta été pour le bassin houiller du Nord, découvert aux environs de Mons et successivement reconnu sous les territoires de Valenciennes, Douai, Courrières et Béthune , on peut marcher dans les explorations du terrain houiller, sinon avec certitude, du moins avec tontes les garanties que peut fournir la géologie ; mais , dès que l'on voudra chercher a priori le terrain houiller sous les immenses surfaces tertiaires et secondaires qui le recouvrent peut-être, cette science ne pourra plus fournir que des indications trèsindirectes.

Supposons qu'on se propose de chercher le terrain houiller sous le territoire de Paris . La direction du bassin houiller du nord et ses limites connues , au nord et au sud , démontrant que ce bassin ne peut exister sous Paris. Les bassins houillers connus vers l'est ou le sud, ne fournissent aucun indice sur la possibilité de trouver des terrains similaires en ce point. D'un autre côté, Paris est au centre d'un bassin tertiaire , il faudra donc traverser les dépôts de cette époque; or, comme ce bassin est lui-même contenu dans une dépression de la craie qui affleure tout autour et dont la continuité souterraine est démontrée par le forage de Grenelle, il faudra traverser encore ce terrain dont l'épaisseur est d'environ 500 mètres. Le terrain juras-

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tiique, qui enclave le terrain crétacé, présente les mêmes chances de continuité, et son épaisseur probable sera au moins celle de la craie : voilà donc le fonçage nécessaire déjà porté au delà de 1000 mètres. Or, arrivé à ce point, on peut encore être séparé du terrain houiller par les dépôts arenacés du terrain des grès rouges.- Admettons Tabsence possible de ces dépôts, quelles peuvent être les chances de succès ?

Si l'on compare les surfaces de transition connues à celle des terrains houillers qui les recouvrent, on reconnaît que ces derniers ne sont pas dans la proportion d'un quarantième. Les superficies souterraines et inconnues de ces deux terrains doivent-elles présenter une autre proportion ? Aucune considération n'autorise à le penser. Prenons la chance la plus favorable; elle nous sera fournie par la superficie de TAngleterre , où la proportion des surfaces houillères est d'environ un vingtième ; cette chance est elle suffisante pour qu'on s'expose à traverser 1000 ou 1200 mètres de terrains stériles? La réponse n'est pas douteuse.

Telles sont les considérations qui peuvent servir de solution à des questions de recherche : calculer la série des terrains à traverser d'après la position géologique du point proposé, les épaisseurs probables de ces terrains, puis enfin, les chances de trouver le terrain houiller d'après les conditiens des surfaces connues.

Quant à rechercher la houille ou l'anthracite dans le terrain de transition, les chances de réussite sont tellement inférieures à celles qu'offre le terrain houiller qu'on ne peut baser aucun travail sur cette hypothèse. Les travaux n'y peuvent être tentés que sur des indices directs fournis soit par des affieurenients, soit par une complète identité des roches avec celles qui accompagnent des gisements connus.

1 iO TERRAINS SECONDAIRES.

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