TERRAIN VOLCANIQUE. Î
ia force expansive qui aurait suffi à rexbaussement de la continuation de la zone continentale. Llslande , la plus grande accumulation connue de matières volcaniques , doit également représenter en force dépensée de quoi compenser une grande partie de la dépression comprise entre les pointements nordoaest de l'Europe et le Groenland.
Quant à la loi de parallélisme des terrains volcaniques aux lignes de côtes des continents , citons la rangée volcanique de Java, de Sumatra et des îles Adaman, qui forme une ligne parallèle à la rangée des montagnes primitives et secondaires de Bornéo, de la côte nord de Sumatra, de la péiynsule Malaga et de l'empire des Birmans ; citons également le district volcanique linéaire de l'Italie, qui semble sortir de dessous l'escarp^ent parallèle des Apennins. La position des basaltes des Hâ>rides et du nord de l'Irlande en regard des escarpements occidentaux de l'Ecosse ; la situation des régions volcaniques ^ l'Ionie et de la Mysie sur le front du grand promontoire ^ l'Asie Mineure , sont des exemples confirmateurs que l'on P<^rait encore multiplier. Les groupes volcaniques des Aço- ^9 de Madère, des Canaries, du cap Vert, les îles de l'As- ^sion, de Sainte-Hélène, de Tristan d'Acunha, de Manon, de Bourbon et de France , forment une ceinture très-incomplète , ^' est vrai , autour de l'Afrique , mais que, vu son éloignement Qtt côtes, l'on peut considérer comme complétée par des ^nasses sous-marines.
Les principales émissions volcaniques ont ainsi des relations incontestables de gisement et de parallélisme avec les chaînes de montagnes qui sillonnent la croûte du globe.
Ne semble-t-il pas anomal , lorsqu'il vient d'être démontré que les phénomènes volcaniques ont été en raison inverse des grands soulèvements , de voir beaucoup de sommités formées par des trachytes ? C'est que , dans, ce cas , on ne considère que l'élévation en masse , l'élévation que l'on peut appeler continentale : lorsque au contraire on vient à étudier le détail des soulèvements, la seconde loi qui a présidé à la posi-
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tion des masses volcaniques intervient, et le soulè" trës-prononcé d'une chaîne étant un motif de dislocatioi indice de l'action expansive » il y a présomption de roche C'est ainsi que les roches ignées postérieures ou contemp du soulèvement d'une chaîne ont pénétré dans les rod loquées et sont sorties sur des points alignés et pan cette dislocation , et par conséquent parallèles à la di générale des couches soulevées. C'est ainsi que les terra; caniques des Andes Cordillères suivent la crête linéaire minante de la chaîne, et que les volcans de la France c forment des séries linéaires subordonnées aux arêtes i gueuses et aux fractures qui avaient d'abord accidenté granitique et schisteux.
Formatloii lavlqae. — Cette formation comprend à les volcans actifs et les volcans éteints , c'est-à-dire des à cratères qui ont déversé autour d'eux une quantité p moins grande de laves et de matières scoriacées ou pi lentes.
En France, la formation lavique est représentée par d cans situés dans les provinces de l'Auvergne, du Velay Vivarais, et principalement par environ cinquante cônes niques, alignés sur le plateau granitique qui domine la i Clermont du côté de l'ouest. Ces cônes sont tous compc scories et de pozzolanes ; ils se sont évidemment form une longue fissure dirigt^edu nord au sud. Beaucoup ont des courants de laves. La hauteur de ces cônes, qui préî pour la plupart un cratère, quelquefois plusieurs , varie à deux et trois cents mètres. (Il ne faut pas confondre ai quatre dômes préexistants , qui appartiennent à la foi trachy tique et dont le Puy-de-Dôme fait partie. ) La que constituent ces montagnes volcaniques est désigna le nom de chaîne des Puys ou des Monts-Dômes ; elle t kilomètres de longueur.
Tous les cônes d'éruption de cette chaîne représent phénomènes analogues , ils ne difièrent que par leur \
FORMATION LAVIUIE. f85
est proportionnel à la durée et à T intensité des émissions scories et de pozzolanes , et par les détails de leur forme , résultent de la position et de la forme des orifices d*érup- 1. Une partie des cônes à cratères qui ont fourni des laves été oblitérés par la sortie de cette lave, ainsi que l'indique planche VI, qui représente quelques-uns des cônes de la tie méridionale de cette chaîne.
jes laves de la chaîne des Puys sont feldspathiques ou pyéniques ; elles se distinguent facilement par leur texture olaire et poreuse, grenue et cristalline, des laves feldspatbi- 8 et pyroxéniques des formations basaltique ou trachytique se présentent comme elles sous forme de coulées. Les laves oxéniques contiennent en quelques points seulement du :dot. Le caractère le plus saillant de ces laves est Tirréirité de leur surface , hérissée d'aspérités formées par entassements de blocs anguleux. Ces aspérités , accolées s le plus grand désordre , présentent un aspect analogue îlui des grands cours d'eau , lorsque les masses amoncede glaces qu'elles charrient sont arrêtées danâ leur course ; i , la plupart de ces laves forment-elles des déserts difficiparcourir et connus sous le nom de Scheires. On attribue ces rites à des explosions gazeuses, résultant de ce que la lave it sortie du cratère chargée de beaucoup plus de gaz que n'en rraient contenir les cellules qu'elle présente actuellement ; gaz se seraient dégagés avec violence pendant le trajet de ive , et en auraient bouleversé , par leurs explosions , la ace déjà durcie.
A conservation parfaite des volcans de la chaîne des Fuys , icilité avec laquelle on suit tous les accidents de leurs érups, la superposition fréquente de leurs laves aux coulées baques, et les distinctions minéralogiques qui résultent de la ure et delà composition de ces laves, suffisent pour établir fois leur postériorité à la formation basaltique et leur âge -récent. Cette conservation a quelquefois porté à considérer ^que de leur activité conmie trop rapprochée de nous. La
position de œs volcans est telle, en effet, qu'ils ont pu échapper à l'action érosive des eaux; mais, lorsque leurs laves sont descendues dans des vallées et sont venues y subir l'action érosive des cours d'eau , les traces des érosions produites ont suffi pour reporter la date des éruptions bien au delà des temps historiques. Ainsi, lorsque la lave deCôme barra l'ancien lit de la Sioule, les eaux durent s'accumuler au niveau de h lave ; mais une colline argileuse, cédant à la pression, fut creusée à une profondeur de près de cent mètres. De même, la lave de Vichatel barra le lit de la Mone, en s' appliquant contre uie colline tertiaire qui fut entamée et creusée à une grande profondeur. Il n'est guère possible d'établir des calculs approxima* tifs pour déterminer quel temps il a bllu à ces cours d'eau pour creuser leurs nouveaux lits , mais il suffit d'étudier lei lieux pour se convaincre qu'il fallut un plus long laps de tempi que celui dont l'histoire nous a conservé le souvenir. D'un côté, ces barrages ont résisté à l'érosion lorsque les laves oni coulé sur des roches solides, et cette considération établit grande distinction d'âge avec les éruptions basaltiq[ues qui ont lieu, non loin de là, dans le bas Vivarais, dans des circonstan analogues ; car depuis l'émission de ces basaltes, les plus ré^ cents de la France centrale, des barrages plus solides que ceux qui ont donné naissance aux lacs d' Aidât et de Chambon ont été rompus et profondément entamés.
Sur les bords du Rhin , la province de l'Eiffel présente à la fois des volcans laviques et des volcans basaltiques, et la distinction entre les uns et les autres est souvent très-difficile à établir. L'ensemble de la contrée volcanique, limitée par le Rhin , la Moselle , les Ardennes et les plaines de Cologne , présente d'abord un aspect en harmonie avec les phénomènes laviques les plus ordinaires ; des montagnes coniques , composées de déjections et surmontées de cratères , ont déversé autour d'elles des coulées de laves cellulaires. Mais des accidents particuliers du sol varient cet aspect : ce sont des dépressions circulaires, de vastes enfoncements cratérifonnes,