FORMATION BASALTIQUE. Î
c{â ne se présentent plus sur des éminences coniques , mais qm sont creasés au niveau même des plaines et des plateaux ^ B^iite argileux , grauwacke ou calcaire , qui constituent le >ol de la contrée. Quelques-unes de ces dépressions cratérifornies ont près de 4 kilom. de diamètre. Les eaux s'y sont natuf^eiDent rassemblées , et il en est résulté des lacs circulaires , désignés dans le pays sous le nom de Maars. La surface de ces d^ressions est généralement couverte de scories libres et de fi^agments calcinés, plus ou moins altérés de roches dans lesquelles elles sont creusées (le plus souvent la grauwacke), de ^rte qu'elles semblent représenter des cratères formés par ^€8 éruptions gazeuses très-violentes, et constituer ce que Ton * appelé des cratères d'explosions.
Steininger, géologue de Trêves , divise les cratères de l'Eiffel ^ trois classes : la première renferme ceux qui n'ont pas rejeté de produits volcaniques, et semblent ainsi formés par simple explosion ; les principaux sont : le lac de Laacher , celui d'Ulmen, trois lacs à Daun, deux à Gillenfeld, un à Bettenf^d, un à Dockweiler, un à Walsdorf , un à Marsburch. La •econde classe comprend les cratères qui ont rejeté des fragiBents scorifiés, incohérents ou cimentés : ce sont trois cratères de Gillenfeld , deux de Bettenfeld , un de Gérolstein , un de Steffler, deux à Boos, un à Rolandseck. La troisième classe Renferme les volcans qui ont produit des courants de laves- •^^i bien que des déjections incohérentes , tels que ceux de «wtrich, celui de Bettenfeld (le Mosenberg) , ceux d'Itterdsorf ^td'Ettingen. La totalité des cratères de rEiffél s'élève à près 4e trente.
^•raiatioii basaltique. — Le basalte, lave pyroxénique, S^éralement noire et compacte, est la roche dominante et *^V€nt même la seule roche de cette formation. Les dolérites , '^vackes, les scories, pozzolanes et cendres pyroxéniques, les ^ï^hes ou tufs et les pépérinos basaltiques modifient assez sou- ^^t, il est vrai, l'aspect uniforme et les phénomènes peu va- "^ ^\ résulteraient de la présence exclusive du basalte, quel-
S38 TERRAINS ÊRUPTIFS.
que diverses que puissent être les formes qu'il afiiecte ; mais le développement de ces autres roches est loin d'être constant. La dolérite et la vacke n'apparaissent qu'assez rarement et seulement en certains points des contrées basaltiques ; les déjections ne prennent de l'importance que dans la partie récente de la période , soit que leurs éruptions n'aient été trës-abondantes que vers cette époque , soit que les plus anciennes aient été détruites; enfin, les roches d'agrégation, quoique très* développées dans certains districts, sont encore moins con* stantes que les déjections.
Le basalte qui forme ainsi le trait caractéristique de la for* mation , y constitue , avec la dolérite . ce qu'on peut appeler les roches-laves. Ces laves se présentent sous des formes très^ variées : en masses isolées, coniques, qui semblent résulter tantôt de l'accumulation d*un fluide pâteux , au-dessus de son orifice d'éruption, tantôt de la dislocation d'une nappe plus on moins étendue ; en nappes ou coulées d'épaisseur variable, dont l'étendue et la continuité sont très-remarquables et qui couvrent le plus souvent de vastes plateaux ; en filons ou dykes , dont la puissance varie depuis 10, 20 mètres et plus , jusqu'à des veines de quelques décimètres.
Ces trois formes d'émission (masses accumulées sur place, coulées ou nappes, et filons ou dykes) n'appartiennent pas seule* ment aux basaltes, ce sont celles de toute matière fluide, poussée de bas en haut, traversant la croûte solide du globe, et venant s'épancher à sa surface ; c'est l'abondance des matières gazeip ses et par suite des déjections dans les éruptions laviques , qoii en assujettissant les laves modernes à un mode d'épanchement particulier, aempêché ces formes de s'y dessiner nettement. Les formes des basaltes se retrouvent d'ailleurs dans tous les autres terrains ignés ; mais des caractères spéciaux les rendent ici plus faciles à saisir que dans toute autre formation, et permettent de mieux apprécier les détails géogéniques des éruptions.
C'est d'abord la structure si souvent pseudo- régulière des basaltes, et en second lieu, l'écartemcnt et l'isolement des points