‹ Géologie appliquéeChapitre 74 sur 100 · S4 GIT£S MÉTALLIFÈRES · texte numérisé non relu

S4 GIT£S MÉTALLIFÈRES

stratification et croisent les premières , en* formant des léeetoi plus ou moins étendus (fig. 37).

Ces gttes en veines réticulées existent surtout dans les parties argileuses et trës-fissurées du terrain ; la figure cirdessi» est un exemple de leur apparence ordinaire sur les berges an ruisseaux qui se trouvent au nord-est de Tenfes.

L'influence des terrains encaissants sur la forme des filons est surtout appréciable lorsque Ton considère leur position relativement au plan de la stratification. Lorsque les filons sont concordants, c'est-à-dire lorsque le terrain a été en quelque sorte clivé suivant les plans des couches , les filons partagent toutes les conditions de courbure de ces plans. C'est ainsi que, dans le Taunus et le Westerwald , les filons suivent fréquemment les plans de la stratification ; aussi n'en voit-on nulle put qui soient si souvent et si fortement curvilignes.

On s'est longtemps servi , pour décrire les conditions diverses de rallure des filons , d'une comparaison qui est assez juste. Que Ton coupe une feuille de papier suivant une ligne ondulée, et que Ton rapproche ensuite les deux sections en les déplaçant Tune par rapport à l'autre, on déterminera ce qu'on appelle une faille. Quelques points des sections ondulées le toucheront, mais il restera au-dessus et au-dessous de ces points de contact des vides qui représenteront la coupe du filon. Or, cette coupe sera très-variable, suivant la nature des ondulations de la section. Si ces ondulations ont été faites profondément et également, la coupe présentera une série de vides amygdalins , puissants et séparés par des étranglements complets; si les ondulations sont profondes et inégales, l'allare sera continue, mais très-variable en puissance; enfin, si les ondulations sont peu profondes , on obtiendra des coupas de filons assez régulières et d'autant plus continues que les ondulations seront plus inégales.

Certains filons plombières , qui ne sont qu'une série interrompue d'amas amygdalins, comme ceux de la Sierra-de-Gador en Espagne, peuvent servir d'exemple à la première hypo-

FORMES ET ALLURES DES FILONS. fStt

. Les filon» puissants de Clausthal au Harz, et de la nase rhénane se rapporteraient plutôt à la seconde ; enfin , les ondulations sont peu profondes, nous pourrions leur nparer les filons d*Andreasberg, de Freiberg, et les filons icordants d'Holzappel et Obemhof. Dans chacune de ces pothëses, c'est évidemment la nature des roches fracturées L est l'élément principal des conditions de l'allure des filons. Que l'on étudie successivement les cartes des filons données après : 1® la carte des filons argentifères des environs d'Anîasberg (planche XIII); 2® celle des filons de Consolidated nés, en Cornwall (planche XII); 3° celle des filons de usthal et Zellerfeld au Harz ( planche XV I) ; 4^ celle des OQs de Freiberg en Saxe (planche XV) , et l'on aura.ime ée des diverses conditions d'allure que peuvent suivre les

On voit qu'un filon peut se courber et se ramifier comme à kdreasberg ; qu'il peut se composer de lignes droites heur- ^, qui, après une allure régulière, se ramifient à Tinfini, r^me aux environs de Clausthal ; tandis que les environs de '^iberg fournissent l'exemple des plus belles lignes de dévepement.

^uant aux variations de détail, nous pouvons en prendre Iques exemples dans les filons d' Andreasberg , où les eou- ^ du terrain schisteux encaissant, présentent des variations fibreuses, soit par l'interposition de bancs de kieselschiefer «chistes siliceux, soit par celle des diorites, soit enfin par Ve de gros filons fragmentaires et stériles , qui sont concornts et désignéssous le nom de ruscheîs. Le kieselschiefer est une roche dure et résistante, qui fait ès-souvent dévier un filon et Toblige à le traverser obliqueent. Cette déviation a pour résultat de rejeter le filon dans I autre plan. D* autres fois ce sont des couches très-fendillées ns lesquelles le filon se divise, se ramifie, et quelquefois •me se perd.

Les ruscheîs ont presque toujours exercé une influence de

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cette dernière nature sur l'allure des filona , qni tendent à s'y perdre , quoique leur direction soit presque peq)eiidi' culaire et leur inclinaison inverse. Ainsi , le Félicitas, venant

heurter la ruscbel-silberburger, est le pltis Bosvent complétement entraîné par elle, et s'y perd en s'y ramifiant ; d'astm fois, cet entraînement n'est que momentané , et le filon Kparait de l'autre côté, mais toujours après avoir éprooré on iqet prononcé, ainsi qu'il résulte delà coupe horizontale â-d» eus (fig. 38).

Ce rejet tendrait à faire supposer que le filon métaUiAnal i plus ancien , û l'oa ne voyait en quelque aorts k mécanisme de la Mnn&X

exprime par on i ment momentané. j

Kn beaucoup de panb. j le passage d'un filon i'va 1 roche dans une autre déte> ( mine des ramifications qui, après s'être éloignées du fii« i principal, finissent par s'y souder de nouveau (fig. 39). j

Comme les filons résultent de phénomènes postérieurs au terrains encaissapt.s, ils sont généralement indépendants deU stratification de ces terrains , et la coupent sous des angles plo» ou moins prononcés ; mais il arrive quelquefois que leur direfr tien coïncide av.?c celle de la stratification ou s'en rapprodK beaucoup, et leur allure en est généralement modifiée. Cette direction partage, dann ce cas, les inflexions auxquelles sont

rement sujettes les couches , et il en résulte une allure i dont les filons du Scbwabengrube , dans le Stahlberg eXIVj.peuventdonnerune idée. Nous avons déjàaignalé 18 concordants comme très-fréquents dans les provinces nus et duWesterwald, où, indépendamment des ondude leur allure . ils présentent de grandes variations de

ù les accidents inhérents à la constitution de ces filon», li peuvent le plus embarrasser sont les inflexions brusli les rejettent dans un autre plan , d'autant que ces parlécbîes sont très-souvent étranglées. Les mines d'Obeml'Holzappel, ouvertes sur des filons concordants et de O-.SO à l-,50 de puissance , présentent des exemples fréquents de ces inflexions contemporaines qui sont désignées sous la dénomination de ÂaTifs.

La figure 40 l'A \Vl \ VV\V\'''3t\V^ \ W \^l\\\lt' représente la

" 1 \ \ ^ ■ A ' \ »a\\ ffjL. ''""^ '^^ mines

d'Holzappel.

Le filon est reis un plan parallèle , distant de huit à dix mètres du r ; la trace de son inflexion était si faible , qu'une gaavait traversée sans qu'on l'eût aperçue, et que le a pu être retrouvé que par le foncement d'un puits in-

^ue les filons traversent des alternances de couches dis-

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semblables , la puissance et même la direction peuvent varier en passant d^une roche à Tautre.

Le filon d'Halzbriick, près de Freiberg, est un des exemples classiques de cette influence. L'axe de ce filon . au lieu de présenter une coupe en ligne continue , offre une ligne en zigzag, ou même une série de lignes parallèles qui se trouvent dans des plans différents. En parcourant ainsi des couches qmdilferent d'élasticité et de ténacité, les filons peuvent non-seulement éprouver des variations d'allure, mais aussi de puissance; principe important, puisqu'il nous explique d'avance pourquoi des filons riches et puissants dans une roche sont étranglés , divisés et stériles dans une autre. Les filons plombifères qui traversent les calcaires du Derbyshire et du Cumberland sont des exemples bien connus do ces variations.

Dans quelques circonstances, des fentes ont éU prodûtes par le bombement du sol ; de telle aorte que les terrains préexistants, forcés de recouvrir un espace plus considérable, se sont fracturés lorsque la limite de leur élasticité a été dépanée* Les fentes ainsi produites sont plus larges à leur partie supérieure que dans toute autre, et leur coupe présente la forme d'un coin ; d'où leur est venu le nom Ae filons cuniiformet. Il est probable qu'une assez grande quantité des filons, qui m* sont pas des filons-failles, ont une origine analogue ; mais cette forme ne peut devenir appréciable qu'en descendant à de giandes profondeurs.

Un fait essentiel à mentionner, c'est que, s'il est beaucoup de cas où des filons se sont appauvris, et ont diminue de puissance en profondeur, il n'en est pas un seul où l'on ait pu constater une limite inférieure. Ainsi donc, malgré les irrégu-' larités des filons, toutes les fois qu'on aura constaté la direction et l'inclinaison de l'un d'eux, un travail fait pour aller le recouper en profondeur sera toujours certain, et ne sera exposé qu'aux chances ordinaires des variations de puissance ou de richesse, sans que la suppression en profondeur soit jamais à craindre.

Rien n'est plus variable que les dimensions des filons métallifères. Le filon argentifère de la Veta-Madre près Guanaxuato, flta Mexique, est le plus puissant des filons exploités. Sa puissance varie de 30 à 45 mètres ; il a été suivi sur une longueur de plus de 12000 mètres; et les travaux dépassent 400 mètres de profondeur. D'autres filons ont à peine quelques décimètres : tels sont les filons stannifères du Limousin , qui varient entre 0",01 et 0",03. S'il est permis d'indiquer une moyenne dans des circonstances aussi variables, on peut dire que la puissance la plus ordinaire des filons est comprise entre un et deux mètres et qu'ils peuvent être suivis sur une longueur de 500 à 1000 mètres.

Parmi les filons célèbres par leur puissance, on peut citer le filon de La Croix , près de Sainte-Marie-aux-Mines , dans les Vosges ; sa puissance est de 20 à 25 mètres, et, dans certains renflements, elle atteint celle de la Veta-Madre. Mais le minerai est loin d'y être en rapport avec la puissance, et les exploitations, ouvertes de temps immémorial, ont été abandonnées par suite des frais nécessités par Tépuisement des eaux. Ce filon peut être suivi sur une longueur de 3000 mètres.

A Freiberg , une exploitation de quatre siècles a ouvert un filon sur une longueur de 3600 mètres et une profondeur de 580 ; le plus puissant de ce riche district est l'Halsbriick- Spath, qui a de deux à trois mètres de puissance et environ 6000 mètres d'afileurement. Les filons d'Andreasberg au Harz ont été suivis jusqu'à 700 et 800 mètres de profondeur sans offrir de variation notable dans leurs conditions d'allure ou de composition.

Le filon Mordlauer , en Franconie , est considéré comme le plus puissant de l'Allemagne ; il a de 10 à 12 mètres d'épaisseur sur un développement de 18000 mètres en direction. Enfin, parmi les filons très- puissants , cm en cite un à Schemnitz , en Hongrie, qui n'a pas moins de 40 mètres. Ces exemples du grand développement que peuvent atteindre les filons sont, d'ailleurs, tout à fait exceptionnels, et les filons de peu d'épais- I. • 19

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