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FILONS ET AMAS ÉRUPTIFS

fnent Toxyde d'étain et le wolfram, semblent suivre les conours du contact du greisen et des porphyres qui l'enclavent.

Sept de ces zones sont assez épaisses pour avoir déterminé 'exploitation de l'oxyde d*étain, et Tidée qu'inspire tout d'a- )ord leur disposition générale en zones concentriques, coorlonnées à la. forme extérieure de la masse éruptive, c'est que es minerais sont contemporains du greisen. Le phénomène Tune apparente stratification ne serait dès lors autre chose ju'une sorte de liquation , une disposition rubanée que M: de Fîumboldt a signalée depuis longtemps dans les granités dont es éléments sont très-gros et très-cristallins : et certes , on ne regarderait pas cette origine comme douteuse, si l'on pouvait jémontrer que l'oxyde d'étain peut être assimilé, dans certains cas, aux éléments ordinaires des roches éruptives, telles que le [juartz, le feldspath ou le mica. Cette espèce de liquation, opérée entre les éléments d'une roche très-cristalline, ne serait plus qu un fait ajouté à celui de la contemporanéité du minerai contenu dans la roche éruptive, et ce fait aurait des analogues assez nombreux.

La masse de greisen a été , postérieurement à sa consolida-* tion , fracturée par des cassures aujourd'hui remplies de débris, de telle sorte que les zones métallifères ont éprouvé des rejets ainsi qu'il est indiqué par la fig. 1 de la planche VII qui repré^ sente le fond d'une galerie. Ces filons-fentes sont stériles, mais ils ont longtemps conduit à de fausses interprétations du gîte les mineurs qui ont voulu assimiler les zones stannifères à des Ûlons.

Les conditions de l'origine de ces gîtes ne sont plus dou^ teuses , si l'on vient à étudier le gîte d'Altenberg.

La roche métallifère d'Altenberg est une roche compacte, grisâtre ou d*im vert sombre , qui contient souvent du quartz visible , et peut être considérée comme un porphyre quartzi- (bre , ou plutôt comme un mélange intime de quartz et feldspath, avec mica ou chlorite. La composition de cette roche, sotis le rapport de la proportion des éléments , est très-variable ^

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et, comme ces éléments ny sont pas distincts, les variations ne se manifestent que par des modifications de couleur; en certains points , c'est un greisen qui ne diffère de celui de Zinnwald que par le mélange intime et la finesse des éléments constituants qui sont comme fondus ensemble.

On trouve accidentellement dans cette mine de petits filons cristallins formés de feldspath ou de topaze pycnite avec miga; le mica cristallisé est alors ce (ju'il est à Zinnwald : il y a identité complète dans les caractères chimiques et minéralogiques. Or, les passages insensibles qui réunissent la roche principale à ces filons cristallins ne permettent pas de douter que les éléments qui se montrent ainsi cristallisés ne soient ceux qui existent également dans la pâte de cette roche. Enfin, quant à la position géognostique , cette masse porphyrique de 3 à 400 mètres de diamètre est limitée par les véritables porphyres quartziferes et au sud par des granités, mais elle n'est réellement en relation qu'avec les porphyres.

Toute la masse de ce homstein porphyrique est pénétrée d'oxyde d'étain. La présence du minerai ne se révèle d'ailleurs que par des taches brunes qui sont apparentes dans les parties les plus quartzeuses. Il n'y a point de cristaux, c'est une sorte d'imbibition de toute la masse. Les parties les plus quartzeuses sont ordinairement lesplus stannifères, mais ces parties quartzeuses n'ont elles-mêmes aucune étendue, ni aucune régularité do distribution. Tout ce qu'on a prétendu voir à cet égard n'était que local ; il n'y a là ni filons en serpenteaux, ni veines entrecroisées, et l'exploitation marche tout à fait au hasard, laissant le plus pauvre ou le stérile en piliers, et enlevant le plus riche par des chambres irrégulières , très-irrégulièrement distribuées.

L'incertitude du produit d'un abattage est tel, qu'il est impossible de juger le titre du minerai par l'apparence de la roche ; aussi a-t-on établi à chaque étage de l'exploitation un petit lavage d'essai qui permet de constater à chaque pas d'une excavation ce que peut être le produit , et de reconnaître s'il

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faut continuer ou abandonner. Dans quelques fissures postérieures, on trouve des cristaux mais point d'oxyde d'étain ; on n'y rencontre que des pyrites de fer et du fer oligiste titanifère.

En résumé, l'imbibition de l'oxyde d'étain dans la roche est telle , que ce minerai en est évidemment contemporain , et , en quelque sorte, partie constituante. Il n'y a pas plus de raison pour supposer son advention postérieure , que pour supposer relie du mica ou de tout autre élément constituant. Or, l'origine éniptive de la roche n'est pas douteuse ; c'est une variété de porphyre , en relation intime avec les porphyres ordinaires de la contrée , auxquelles cette variété est soudée et réunie par des passages minéralogiques. On chercherait en vain un indice d'isolement réel de ce porphyre métallifère, relativement au porphyre quartzifère. Qu'ils ne forment pas une seule et même masse , qu'il y ait là deux éruptions distinctes , on peut l'admettre ; mais ces deux masses , ces deux éruptions appartiennent à la même période.

Si l'on compare actuellement le gîte de Zinnwald à celui d'Altenberg, on trouvera les plus grandes analogies dans la forme de ces deux masses arrondies , dans leur position englobée dans les porphyres quartzifères , et dans les passages qui réunissent les roches qui contiennent le minerai au porphyre qui n'en contient pas. Les divergences sont : la composition de la roche plus exclusivement quartzeuse à Zinnwald, ses caractères plus cristallins, enfin laliquation et la concentration de l'étain suivant des zones concentriques. Que Ton suppose la masse d'Altenberg livrée par des circonstances que nous ne connaissons pas à cette puissance de cristallisation qui isole les diverses parties constituantes d'une roche et teifd même à les disposer en zones successives , ce gîte deviendra alors ce qu'est celui de Zinnwald , et il n'y aura plus d'autre différence qu'une plus grande proportion de feldspath à Altenberg.

La concordance des caractères minéralogiques de l'oxyde d'étain avec ceux des autres éléments du greisen , vient encore

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confirmer l'idontiti» d'origine quç nous leur attribuons. Plus la roche est cristalline, et plus To^^yde d'étain tend à s'isoler mi zones cristallines distinctes > dans les variétés compactes, il se fond dans la masse. I^e minerai partage ainsi toutes les ooih ditions de texture et de structure des Foehe^ qfii le contiennent; il est lui-même élément constituant.

fiâtes irréfcullers iMétaBi«rplilq«efl. — Le principe de Tori-

gine souterraine des gîtes métallifères étant démontré , on peut s'expliquer Texistence d'une multitude de gîtes indéfinissables dans leurs formes. Ces gîtes , que nous désignons sous la dénomination de gUes irrcguUers métamorphiques , consistent le plus souvent en portions de couches appartenant à certains dépôts métamorphiques , et que nous trouvons imprégnés de minerais de la manière la plus irréguliëre.

C'est ainsi que les gîtes cinabrifbres dldria en Istrie, de Ripa en Italie, appartiennent à des phénomènes d'imprégnation qui ne peuvent être soumis à aucune autre règle géologique que l'état métamorphi(iue des roches imprégnées.

Beaucoup de gîtes de galène et de blende paraissent dus a des phénomènes analogues ; mais, sans nous appesantir sur les caractères de ces gîtes qui échappent en quelque sorte à la description, nous expliquerons leur génération par un seul exemple.

Nous trouvons dans la Sierra de Los Santos le gîte del'Inglesita, près du village d'El Iloyo, sur la pente du Cerro-de- Gata.

Ce gîte se présente sous la forme d'une arête dont la sailliei escarpée et presque verticale d'un côté , se rac^^orde de l'autre avec l'inclinaison du versant , par des pentes assez doaces pour qu'on puisse les gravir. C'est un affleurement puissant qui, après avoir suivi une direction linéaire d'environ 200 mètres, se bifurque en deux branches distinctes. Ces deux branches s'écartent, et vont se perdre vers les parties supérieures du versant, ainsi qu'il est indiqué par la vue (planche XXIII).

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Lorsqu'on aborde cet affleurement pour en étudier la composition , on reconnaît que les roches constituantes des pentes douces ne sont autres que les schistes de la montagne, redres* ses, endurcis et dans un état métamorphique très-prononcé. Les faces verticales sont composées de roches quartzeuses d'apparence variable, qui se lient, par des passages gra* duels, aux schistes endurcis dont elles contiennent de nombreux fragments. Au-dessous de Tescarpement vertical, les schistes sont beaucoup moins altérés, et, par conséquent, moins durs que de Tautre côté ; ils succèdent sans aucun passage aux quartzites. Ce fait, d'un passage insensible des schistes aux roches quartzeuses, concordant avec une pente ménagée, tandis que la transition brusque concorde avec l'existence d'un escarpement vertical, démontre que la saillie est due à une action de dénudation exercée sur toute la surface du versant. Cette action a laissé des témoins , dont les saillies sont pro* portionnées à la dureté des roches , laquelle est elle-même en rapport avec leur état métamorphique.

Les roches quartzeuses qui constituent cet affleurement dont la puissance, dans la partie centrale, atteint 8 à 10 mètres, ont avec les substances métallifères des rapports très-nets et très-apparents ; elles sont , en beaucoup de points , imprégnées de peroxyde rouge de fer et contiennent même de petites concentrations à sections rectangulaires d'hématite rouge fibreuse. Ainsi, le peroxyde de fer présente ici des caractères qu'on n'est habitué à accorder qu'aux pâtes fluides éruptives, et cette hématite quartzeuze porphyrique , empâtant des fragments des couches traversées , est en quelque sorte une roche nouvelle a ajouter à la série des roches ferrifères.

L'abondance du peroxyde de fer n'est pas moins grande dans les roches traversées. Certaines parties des schistes en sont tellement pénétrées , qu'elles pourraient être considérées comme un véritable minerai ; ces oxydes , qui se trouvent ordinairement au contact des roches quartzeuses, ont rappelé aux exploitants anglais les caractères du gossan de Comwall, ce qui

a fait donner au gîte le nom de Tlnglesita. En examinant la série de ces faits , on ne peut douter que ces pâtes quartzeusee et ces oxydes de fer qui traversent les roches schisteuses ne résultent d'intrusions spéciales qui auront lieu après un étoilement du sol. Or, les oxydes de fer sont liés eux-mêmes à d'autres minerais, et justifient ainsi la dénomination de gossan qui leur a été appliquée.

Sur plusieurs points des affleurements, on remarque des teintes vertes cuprifères , dues à des hydrosilicates et carbonates de cuivre , qui se trouvent en noyaux géodiques et veinules dans les parties verticales des roches quartzeoses en contact avec les schistes gossan. Ces minerais forment souvent un enduit sur les clivages des plans de contact et pénètrent les pâtes elles-mêmes qui , contenant , en même temps , beaucoup de fragments schisteux , prennent l'apparence d'une brèche métallifère. Une descenderie d'une vingtaine de mètres, placée suivant ce plan de contact , a démontré que ces indices étaient plus continus en profondeur qu'ils ne paraissent l'être suivant la direction du gîte.

En résumant les caractères de ce gîte problématique, on voit que l'existence des minerais de fer et de cuivre est solidaire de l'état métamorphique des roches schisteuses. Or, combien d'exemples ne pourrions-nous pas citer de ces imprégnations capricieuses et irrégulières. Autour du plateau central de la France , les couches relevées du lias présentent des gîtes nombreux de cette espèce qui ont été décrits par M. Dufrénoy; enfin dans tous les districts métallifères on retrouve des faits semblables qui prouvent cette solidarité constante entre les intrusions métallifères et les altérations métamorphiques.

Les gîtes métallifères , considérés dans leur ensemble , étant un des effets du refroidissement du globe terrestre , il est naturel d'en retrouver les traces contemporaines dans certains dépôts sédimentaires. Déjà les minerais de fer nous ont fourni l'exemple de dépôts métallifères stratifiés , dus à des actions métamorphiques contemporaines des dépôts dans lesquels ils

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sont enclavés , et nous trouvons , dans quelques fonnatinns , les minerais de cuivre dans une position analogue. Ainsi , la couche du Kupfer-Schiefer , dans le paya de Mansfeld , nous offre la preuve d'un métamorphisme contemporain , c'est-à-dire de l'intervention de phénomènes souterrains et igriés dans ceux de la sédimentation.

Cette couche métallifère, exploitée sur un grand nombre de points, ne fournit en général que des minerais trës-pauvres; mais elle est remarquable par la constance de son développement dans toute la formation de la thuringe : elle est quelquefois traversée par des filons et des failles qui la découpent et la rejettent [fig. 49) , mais qui n'ont sur elle aucune influence

d'enrichissement ; de telle sorte que les minerais qu'elle contient ne peuvent être attribués qu'à des phénomènes métamorphiques, contemporains des actions sédimentaires qui Tont produite.

La couche métallifère du zechstein n'est point d'ailleurs un fait qui soit resté sans analogues. On exploite aujourd'hui , en Bolivie, à Coro-Coro dans la province de La Paz |à l'ouest du lac Titicaca ) des couches de grès bigarrés absolument identiques à celles de l'est de la France, mais qui sont pénétrées de cuivre natif et oxydulé en petites veines stratifiées ou croisant les lignes de stratification. Ces minéraux cuprifères ont donné, en se décomposant, une teinte verte à douze ou quatorze assises de 60 à 80 centimètres de puissance. Comme nos grès

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bigarrés de Test, le grès de cette localité présente quelques impressions végétales. On y a trouvé des masses de cuivre natif, stratifiées , à surfaces inégales et ramifiées , pesant plu* sieurs quintaux.

On voit , par cet examen rapide des diverses conditions de gisement des minerais, que la théorie des gites métallifères est fréquemment destinée à servir de guide pour les travaux de recherches ou d'exploitation. Les filons réguliers ou flotU' fentes , les filons de contact , les gîtes irréguliers en veines , amas ou stocwerh, les filons ou amas érvptifs^ les gites irriguliers métamorphtqves , tous sont des manifestations différentes des mêmes phénomènes ; les différences qu'ils présentent ne résultent que des circonstances variables dans lesquelles ces phénomènes générateurs se sont manifestés.

Il résulte en outre de ces études que si la théorie des gîtes métallifères, appuyée sur des faits nombreux, identiques dans toutes les parties du globe , peut être aujourd'hui considérée comme établie, les conditions pratiques, c'est-à-dire celles qui règlent l'allure et la richesse des mines, sont purement locales. Il n'y a donc point de formules générales pour déterminer ces conditions d'allure et de richesse ; c'est uniquement par l'expérience, c'est-à-dire par l'étude directe d'un grand nombre de gîtes et par la connaissance des études déjà faites de tous les autres, qu'un ingénieur peut arriver à des principes rationnels d'exploitation. C'est seulement alors, qu'amené sur un gîte nouveau , il peut apprécier les analogies , en faire , pour ainsi dire, le diagnostic, et déterminer la marche qui lui est enseignée par l'expérience des gîtes placés dans des conditionsanalogues.

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