‹ Géologie appliquéeChapitre 80 sur 100 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'étude générale des gîtes métallifères nous a déjà donné une idée de leurs conditions de développement dans certaines contrées. Mais ces contrées classiques, qui nous ont servi de base pour l'étude des phénomènes, ne sont pas les seuls éléments de la production ; et , pour faire apprécier d'une manière exacte les richesses métallifères du globe, il est nécessaire d'étudier successivement les principaux districts métallifères de chaque pays. Cette description, que les principes établis nous permettront de faire rapidement , aura en outre l'avantage de montrer comment s'appliquent, dans chacun de ces districts, les règles de forme, de composition et de gisement posées dans le chapitre précédent. Elle donnera une idée des forces de production de chaque pays, du développement qu'elles peuvent acquérir encore, et des modifications possibles dans l'équilibre commercial qui en résulte aujourd'hui.

DliitrlelB métalllféreii fie l*AMgleterre« — Depuis le xin** siècle , l'Angleterre s'est placée et maintenue en tête de la production européenne. Elle doit ce rang à la possession des deux riches districts métallifères situés principalement dans le Cornwall et dans le Cumberland , et à la puissance d'exploitation qu'y ont développée le bas prix du combustible et l'esprit industriel de la nation. Le pays de Galles est aujourd'hui un centre où se traitent non-seulement la plus grande partie des minerais extraits dans les îles Britanniques , mais encore de ceux qui sont importés de Cuba, du Chili et de la Bolivie.

Le Cornwall fournit seul tout l'étain et les sept huitièmes du cuivre produit par l'Angleterre. La surface ondulée et aride de

348 DESGHIPTrON DES DISTRICTS MÉTALLIFÈRES.

cette contrée ne présente presque exclusivement que des roches schisteuses de transition , accidentées à la fois par des granités et pur des porphyres : la chaîne Ochrinienne , qui en forme l'axe , est une série de collines granitiques arrondies dont la hauteur ne dépasse pas 3 à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces sommités granitiques sont enveloppées par des schistes argileux passant aux schistes talqueux et amphiboliques appelés killas , dont les couches se relèvent autour des masses qui les ont traversées. Ce sont les seules roches visibles dans les vallées et sur les plateaux , sauf les interruptions que leur font subir des dykes d*un porphyre appelé elvan. La réunion de ces trois roches , granité , elvan et killas , constitue le sol métallifère. Les filons qui contiennent l'étain et le cuivre, et forment le véritable caractère de la richesse du pays , ne dépassent pas Truro ; le nord-est du comté , ainsi que la partie avoisinante du Devonshire où se montrent des grauwackes et des calcaires esquilleux postérieurs au killas , ne présentent plus que de rares filons de composition différente , tels que les filons d'antimoine de Huel-Boys et les filons de plomb de Pentiglaze.

L'oxyde d'étain et la pyrite cuivreuse , qui sont ainsi les deux minerais caractéristiques du Comwall, se trouvent principalement en filons, disposés de telle sorte, qu'on peut regarder l'oxyde d'étain comme antérieur à la pyrite , mais avec une liaison indiquée par l'existence de certains filons à la fois stannifères et cuprifères. Il est ainsi démontré que la génération de ces gites n'a pas été instantanée, mais qu'on doit la considérer comme un phénomène lent et continu qui , entre les deux p('^ riodes, a présenté des alternances des deux minerais.

A une époque postérieure, d'autres fentes furent encore produites, mais elles sont remplies de matières stériles auxquelles s'adjoignent quelquefois des minerais plombifères et blendeux trop pauvres pour qu'on en ait pu tirer parti. Ces filons sont les croiseurs (cross course) , ainsi que l'indique la carte des filons planche XII.

Les dykes du porphyre quartziftre appelé ekan sont à la fois nombreux et puissants ; ils paraissent antérieurs au terrain houiller et appartiennent à Tépoque la plus récente des terrains de transition. D'après les recherches de M. de La Bê* che , les dykes d'elvan , un seul excepté , sont antérieurs aux filons métallifères ; mais , outre cette exception , il existe des exemples nombreux de pénétration des principes métallifères, de Tétain surtout, dans l'elvan. Des circonstances d'enrichissement des filons par le contact de Telvan autorisent à conclure que ce porphyre est réellement la roche métallifère de la contrée, roche dont la sortie a précédé les émanations métallifères , et contribué peut-être à provoquer la formation des fentes à filons; de telle sorte que les éruptions de l'elvan, la formation des filons et leur remplissage successif par des gangues d'abord stannifères, puis cuprifères, et enfin plombifères, constituent une série de faits qui peuvent être considérés comme ayant commencé à l'époque de la formation supérieure de transition. Ces faits présentent une série géognostique d'actions dont les termes distincts alternent entre eux , ainsi qu'il arrive pour les produits des actions sédiinentaires.

La description intéressante de MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont vient à l'appui de cette hypothèse. En effet , il en résulte que la direction générale de la grande majorité des filons d'elvan et des filons métallifères est parallèle à la série des protubérances granitiques qui forment l'axe du Cornwall , de telle sorte que les filons sont évidemment liés aux phénomènes qui ont déterminé le soulèvement de la contrée.

La production de l'étain en Cornwall représente, à peu de chose près , toute la production européenne : elle a atteint le chiffre de 45 000 quintaux métriques , tandis que celle de la Saxe ne dépasse plus 3500 quintaux , et que celle de quelques mines existant en Suède et en Autriche s'élève à peine à 1000 ou 1500 quintaux.

Les filons stannifères du Cornwall sont principalement composés de quartz ; ce quartz est mélangé tantôt de chlorite, tan-

350 DESCRIPTION DES DlbTRICTS MÉTALLIFÈRES.

tôt de tourmaline et même de mica : l'uniformité de ces gangues est accidentellement interrompue par l'hydroxyde de fer, quelquefois par du spath-fluor. Dans les gangues ainsi caractérisés, se trouve disséminé en particules, en petits cristaux, en nœuds , veines et druses cristallines , le peroxyde d'étain , but principal des recherches et des travaux souterrains. Comme minerais annexes , on y trouve d'abord la pyrite cuivreuse qui, dans certains cas assez rares, devient dominante à tel point qu'une mine d'étain devient accidentellement une mine de cuivre ; on y trouve en second lieu le mispickel , le fer arséniaté, l'uranite, le wolfram.

La richesse du filon, ou en d'autres termes la teneur des gangues , est très-variable ; on peut évaluer à 2 pour 100 au plus la teneur moyenne des massifs abattus , et à ce taux l'exploitation est encore avantageuse, même dans les roches dures, parce que les frais de préparation mécanique et de traitement métallurgique sont faibles pour ce minerai, qui est à l'état d'oxyde et dont la densité est considérable ; aussi les filons sont-ils presque toujours productifs pour peu qu'ils soient stannifères.

Il résulte des observations faites sur les influences qui paraissent avoir contribué à féconder les filons que les filons d'étain sont concentrés vers la limite de contact des granités et du killas, mais que leur siège principal est le granité. Ainsi les filons d'étain ont leur siège principal dans les environs de Saint- Just, vers l'extrémité S. 0. du district, partie où dominent les granités. Il est cependant à remarquer que quelques filons stannifères , qui sont en totalité ou en partie dans le killas , y sont plus riches que tous les autres ; d'où l'on pourrait peut-être conclure que les Cassures de dette première époque ont porté principalement sur la région granitique , mais que le killas avait alors , comme cela se trouve confirmé par les filons cuprifères postérieurs , une plus grande aptitude à dondenser ou à retenir les émanations métallifères.

L'allure des filons d'étain est très-variable et telle qu'on doit

supposer celle de fentes produites dans des roches hétérogènes. Il y a des filons qui ont été suivis sur plus de 2000 mètres et dont la puissance moyenne est entre 0*",60 et 1"»,20 : ils présentent fréquemment dies étranglements complets ou des renflements à 3 et 4 mètres. Généralement, un renflement correspond à une accumulation de minerai , et c'est pour cela qu'un filon s'enrichit d'autant plus , dans le cas d'intersection par un autre filon , que l'angle de croisement est plus aigu ; au contraire , si un filon vient à se bifurquer et à l'étrangler, il y a appauvrissement. Cette bifurcation se manifeste surtout dans un changement de terrain : ainsi , dans certains cas >. des filons qui courent dans le granité, se bifurquent et s'éteignent dans le killas ; d'autres fois c'est l'inverse qui a lieu.

L'oxyde d'étain constitue en Comwall quelques stocwerks qui existent surtout dans le granité et rarement dans le porphyre elvan. Parmi ceux que renferme le granité, celui de Saint- Austle est surtout remarquable parce que son exploitation à ciel ouvert permet d'en étudier les diverses parties. Le granité encaissant est devenu friable par la décomposition du feldspath en kaolin ; il est traversé par un grand nombre de veines composées de quartz tenant de la tourmaline et de l'oxyde d'étain. Ces veines ont 12 à 15 centimètres de puissance ; les principales sont verticales et dirigées E. O ; d'autres , inclinant vers le sud , coupent les premières et se soudent avec elles en donnant naissance à des druses. La disposition du gîte concorde avec l'idée d'une origine postérieure au granité encaissant qui aurait été successivement soumis à des mouvements qui l'ont fracturé, et à des émanations qui en ont^ en quelque sorte , métamorphisé la masse.

Toutes les roches du district , préexistantes comme le granité aux émanations métallifères , peuvent donc présenter comme lui quelques cas d'un métamorphisme analogue. C'est ce qui arrive pour le killas avec des circonstances spéciales résultant de la structure schisteuse de cette roche. Ce genre de gîtes est connu dans le Comwall sous la dénomination de tin-

Jloors ; il consiste en veines et petits amas d* oxyde d'étain avec les gangues ordinaires de quartz et de tourmaline. Ces gîtes sont disposés principalement dans le sens de la stratification et presque toujours placés vers le contact du granité avec le killas ; les plans de ce contact semblent avoir servi de cheminées aux émanations métallifères qui se sont infilUées dans les plans de séparation des couches schisteuses. Cette disposition , qui a souvent été présentée comme une preuve de la contemporanéité du killas et de Toxyde d*étain, ne nous semble qu'une manière dêtre spéciale du gîte en stocwerks; elle s explique, par la structure même du killas, dont les couches, ayant été soumises à une grande pression de la part des émanations métallifères qui tendaient i sortir vers la surface, ont dû se séparer, se disjoindre, et par conséquent se métamorphiser dans le sens de la stratification.

Il nous reste à citer encore , dans le Comwall , les alluvions stannifères , résultats évidents de l'action des eaux sur les g^tes préexistants. Ces alluvions sont anciennes et recouvertes, suivant les localités, de 5, 10 et jusqu'à 20 mètres d'autres alluvions ; on y trouve des fragments de granité , d'elvan et de killas ; la présence de l'étain y est annoncée par des galets composés de quartz et de tourmaline , gangues ordinaires des minerais en place. L'étain y est tantôt en grains très-fins, mtlo à des sables rassemblés à la partie inférieure du dépôt , tantôt disséminés en galets assez gros. Les pyrites et le mispickel ont disparu ; aussi les exploitations de ces alluvions, ainsi placées dans les mêmes conditions que celles de Banca, foumisent-elles de lélain très-pur et très-recherché. Ces gîtes, désignés sous le nom de stream torks, sont à la proximité de Saint-Just et de Saint-Austle , centres principaux des gîtes en place. Les stream vorks fournissent seuls l'oxyde d'étain fibreux et concrétionné , dit étain de bois ; mais cette variété a été trouvée en place dans de petits filons.

Les gîtes de minerais de cuivre consistent, dans le Coniwall , en filons puissants concentrés principalement vers Test

du district, aux environs de Redruth. La roche constituante de cette partie du district est, ainsi qu'il a été dit, le killas. La direction générale des filons métallifères coïncide à peu près avec la direction générale des côtes et de Taxe de la chaîne Ochrinienne , tandis que des filons croiseurs coupent presque à angle droit les filons de cette époque.

La composition des filons cuprifères est simple , la gangue est exclusivement le quartz : l'hématite bnme , les roches altérées des épontes et l'argile se joignent accidentellement au quartz , etfont varier l'aspect et la dureté des masses. Dans les filons à gangue saine et dure, le minerai principal est la pyrite cuivreuse à laquelle se réunissent le sulfure de cuivre, l'oxydule, le cuivre natif; les minerais annexes sont la pyrite de fer, le mispickel , l'oxyde d'étain et la blende. Dans les gangues pour- ' ries, dont l'altération se manifeste surtout par la prédominance de l'hydroxyde de fer, les sulfures disparaissent, et l'on trouve le cuivre à l'état de bioxyde, de carbonate, d'arséniate, etc. Toutes ces matières imprègnent le quartz, et, lorsqu'il existe des fragments du toit ou du mur, ils sont liés entre eux et empâtés par ce même quartz métallifère.

L'argile ne se trouve qu'en salbandes ; elle est ordinairement stérile. D'après l'allure de ces salbandes qui, dans beaucoup de filons, n'existent que d'un seul côté et passent quelquefois de l'autre côté en coupant le filon , on est conduit à supposer que cette argile est généralement postérieure au filon lui-même, qui a été en quelque sorte rouvert après im premier remplissage, et rempli de nouveau.

L'hydroxyde de fer domine surtout dans la partie supérieure des filons; il en forme l'affleurement, et indique en quelque sorte, par les caractères de sa composition, si le filon est riche ou pauvre et si l'on doit y entreprendre des travaux. En effet, cette gangue ferrugineuse, appelée gossan , paraît résulter de la décomposition des pyrites ; elle est plus facile à explorer par sa position superficielle , sa nature fendillée et quelquefois même pourrie , que les autres parties du filon , et peut fournir,

354 DESCRIPTION D£S DISTRICTS KËTALUFÈEKS.

par sa teneur en composés métallifères , des indices précieux sur la composition intérieure. Ces parties sont soigneusement recherchées lorsqu'elles contiennent des minerais décomposés et par conséquent plus faciles à traiter que les sulfures.

Les filons de cuivre sont remarquables par leur étendue; le principal à! United^Mines a été, dit-on, reconnu sur une longueur de 9000 mètres. Ces filons sillonnent les environs de Redruth , concentrés principalement sur une largeur d'environ 12 kilomètres et une longueur égale : la planche XII donnera une idée de leur allure et de la manière dont ils sont accidentés parles croiseurs. Cette carte, faite d'après les notes de M. Daubrée, représente les principaux filons du district d' United et de Consolidated^Mines : elle fait bien comprendre ce que Ton doit entendre par les directions générales, qui ne sont pas tellement rigoureuses qu'il n'en puisse résulter des croisements. La puissance moyenne des filons de cuivre est entre 1 et 2 mètres; cette puissance , comme celle des filons d'étain , est sujette â des renflements et à des étranglements nombreux ; leur allure est compliquée par de fréquentes divisions et bifurcations.

La richesse des filons n'est pas uniforme, même dans le sens de l'inclinaison , et l'on admet que la teneur s'accroît jusqu'à une certaine profondeur, à partir de laquelle il y a décroissance. Ainsi, dans les filons d'United-Mines, la richesse commence i 100 mètres environ , et paraît avoir suivi cette loi d'accroissement jusqu'à 4 et 500 mètres de profondeur; à Saint-Austle, les filons , riches à la surface , se sont au contraire appauvris à 200 mètres.

Enfin, des circonstances remarquables d'enrichissement semblent liées tantôt à des croisements , tantôt à la nature des roches encaissantes. Ainsi, le grand croiseur N. S., indiqué dans les environs de Gwennap (planche XII) , a été regardé comme ayant enrichi tous les filons croisés et a été surnommé le père des filons ; de telle sorte que l'enrichissement semble concorder dans les filons de cuivre comme dans ceux d'étain , non-seule* ment avec les croisements de filons contemporains et de mefD«

nature, mais encore avec les croisements de filons postérieurs, stériles ou plombifères.

Ce qu'on a appelé Tinfluence de la roche encaissante se ma* nifesfe par certaines relations entre les caractères du killas et les variations de richesse des filons. Les exploitants de Comwall trouvent que les filons sont plus riches dans le killas de couleur blanchâtre que dans le killas rouge ou de couleur foncée. Ces variations du killas sont plutôt le résultat que la cause de l'enrichissement , mais elles n'en sont pas moins utiles par les indications locales qu'elles fournissent.

L'observation dont on peut tirer le meilleur parti est celle de la concentration des filons métallifères dans la région de contact du killas et du granité et surtout dans les parties sillonnées par des dykes d'elvan. Les filons traversent tantôt ces trois roches sans autre changement que quelques modifications d'allure ou de puissance , tantôt ils se bifurquent ou s'arrêtent subitement à l'une d'elles ; d'autres fois ils ne sont riches que dans une seule de ces roches sans que le killas , le granité ou Tclvan paraissent exercer d'influence réelle et constante sur leur existence ou sur leur degré de richesse. Les influences qui ont été remarquées dans plusieurs cas sont des faits purement locaux qui ont été contredits par d'autres ; en sorte qu'un filon peut être riche et développé dans l'une des trois roches, comme il peut y être pauvre ou s'y perdre. Les faits dynamiques qui ont produit les cassures sont les seuls qui paraissent avoir déterminé la concentration des substances métallifères.

Les minerais de cuivre du Cornwall sont vendus en nature et fondus dans le pays de Galles. La teneur des minerais extraits peut être évaluée de 2 1/2 à 3 1/2 pour 100; le triage ou la préparation mécanique les concentre à 7 et 9 pour 100. La quantité de minerai extraite peut être évaluée à 400 000 tonnes , concentrées par les préparations mécaniques à 150 000 et contenant 8 1/2 pour 100 ; elles sont expédiées à Swansea au prix moyen de 150 à 200 fr. la tonne.

Une partie notable de la production en cuivre de l'Angle-

35b DESCRIPTION DES DISTRICTS KÊTALUFÊRES.

terre résulte de l'importcttion des minerais étrangers. La Bolivie, l'île de Cuba et les mines de Coquimbo au Chili , fournissent des minerais pour enyiron 125 000 quintaux métriques de cuivre.

Les mines de plomb d'Angleterre sont principalement concentrées dans le Cumberland, le Derbyshire, le Devonshire et le Comwall. Dans le Devonshire et le Comwall , ces mines consistent en filons qui traversent le schiste argileux ( killas) et la grauwacke ; ces filons se retrouvent dans les gneiss , le roicaschiste et la grauwacke de l'Ecosse et du pays de Galles, avec les caractères ordinaires. Mais, dans le Cumberland et le Derbyshire, la formation métallifère est enclavée dans les calcaires carbonifères de la partie inférieure du terrain houiller et les gisements y offrent des particularités remarquables.

Le calcaire carbonifère se compose d'alternances de couches calcaires avec des grès et des schistes analogues aux schistes houillers. Ces alternances sont fortement accidentées et souvent modifiées par les trapps appelés winstone et toadstone, lesquris se sont intercalés, dans le sens de la stratification , jusqu'à trois fois dans le Derbyshire, et sur des longueurs considérables. Dans les parties métallifères de ce terrain , les mineurs distinguent trois modes de gisement : les rake-teins ou filons proprement dits ; les pipe-veins et les flaUveins qui désignent, les premiers des amas allongés , et les seconds de véritables lits intercalés dans les couches. Les filons constituent la plus grande partie des gîtes ; ils sont constamment composés de chaux carbonatée lamelleuse , de chaux fluatée , de bar)'te sulfatée et de quartz ; les minerais contenus dans ces gangues sont la galène cubique ou grenue et la blende. La forme accidentée de ces filons leur a depuis longtemps donné de U célébrité; en traversant les couches hétérogènes de la formation carbonifère et des trapps, ils éprouvent de nombreuses variations d'allure qui paraissent résulter du glissement des couches. Si, par exemple, le filon est vertical, les diverses parties contenues dans les couches traversées , au lieu de se

suivre et d'avoir le même axe , sont dans des plans différents ît leur relation est souvent indiquée par des veines horizonaies. II en résulte une structure en zigzag qui avait d'abord >aru une exception aux lois qui régissent la forme des filons , nais qui n*est en réalité qu'un accident. Ces filons sont en ^éral beaucoup plus étroits en traversant les schistes et les près que dans les calcaires où ils sont , au contraire , puissants ît continus ; il y a même des cas assez nombreux où Tétran- ^lement du filon est complet lorsqu'il traverse les grès ou les oches trappéennes. Enfin on a surtout observé que, dans les t)ches schisteuses , les filons étaient souvent remplis par des irgiles et très-peu métallifères, tandis que les calcaires étaient e siège véritable des minerais et des gangues cristallines. Il y i donc eu, dans ces couches calcaires, une double influence lui y a favorisé l'extension des fractures et la concentration les substances métallifères. Peut-être le second fait n'est-il lue la conséquence du premier.

Il résulte de ces deux conditions que les couches calcaires kpparaissent, dans le Cumberland, comme le siège véritable les minerais , à l'exclusion des autres roches. Les couches sulërieures ont été reconnues , en outre , comme plus riches que es couches inférieures ; il en est résulté : 1® une limite supéieure de la richesse, limite indiquée par la dernière couche irénacée de la formation houillère dite millstone-grit ; 2® une innite inférieure , indiquée par l'appauvrissement des gîtes , [ui ne sont exploités dans la plupart des mines que jusqu'à & sixième assise calcaire de la formation , à une profondeur noyenne de 280 à 300 mètres. Entre ces deux limites il xiste donc une zone horizontale métallifère d'une épaisseur noyenne de 200 mètres. Dans certaines mines, les filons ont té poursuivis beaucoup plus bas, de manière à démontrer [a'ils satisfont, malgré cette concentration apparente, à la loi le continuité en profondeur , loi qui est une des consé- [iiences les plus essentielles de l'origine des filons. Les gîtes orizontaax .ne constituent également aucune exception et

doivent être considérés comme les épancheroents ou ramifications des filons entre les plans de stratification des couches traversées.

Les caractères de structure des g^tes du Derbyshire sont les mêmes que dans le Cumberland ; seulement, les intercalations horizontales des trapps y sont beaucoup plus fréquentes et la plupart des filons sont limités subitement et complètement par ces roches. M. Farey a fait une statistique d'après laquelle, le nombre des mines exploitées étant de 280 , il y en a seulement 19 dans lesquelles le filon se continue dans le toadstone; en changeant, il est vrai , d'allure et de structure, mais avecles mêmes caractères de composition. MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, qui ont visité plusieurs de ces mines, paraissent disposés à conclure que, dans les autres cas où Tinterruption est admise, elle n'est qu'apparente et résulte du rejet et de la division du filon. Les exploitants ne peuvent avoir aucun motif pour rechercher la suite du filon ainsi appauvri dans une roche résistante et la suppression a été admise comme générale. Cette suppression pourrait d'ailleurs s'expliquer en supposant que les trapps ont été eux-mêmes injectés entre les plans de stratification des couches postérieurement à la formation des filons. Quoi qu'il en soit, les gîtes plombifères du Cumberland et du Derbyshire , bien qu'ils aient été déjà l'objet d'observations nombreuses et intéressantes, peuvent être cités parmi ceux quiprésententencoreleplusdesujetsd'études.

La production du plomb est évaluée en Angleterre à plus de 600 000 quintaux métriques provenant de 900 000 quintaux do minerai lavé et préparé.

L'Angleterre produit en outre environ 100 000 quintaux métriques de zinc, qui résultent en partie du traitement de quelques minerais calaminaires qui existent dans le Derbvshire, mais surtout du traitement de la blende. La blende se trouve en assez grande abondance dans la plupart des gîtes de galène, et cette partie de la production anglaise est , sans aucxm doute, destinée à s'accroître rapidement.

DISTRICTS MÉTALLIFÈRES DE L'EMPIRE BUSSE. 359 Bistriets métallifères de l*einpire russe.

Les exploitations métallifères de la Russie sont rassemblées dans les monts Ourals, les monts Altaï et la Daourie, qui constituent les trois arrondissements de mines de la Sibérie ,

désignés sous les dénominations d'Ekatherinbourg, deKolyvan et de Nertchinsk.

La chaîne de l'Oural, qui forme la limite de l'Europe et de l'Asie, est le plus productif de ces districts; on y exploite l'or, le platine et de riches minerais de cuivre et de fer. Ces gîtes sont principalement situés sur le versant d'Asie, suivant une ligne qui commence à Ekatherinbourg et se continue jusqu'à 4 à 500 kilom. vers le nord. Les monts Altaï, qui séparent la Sibérie de la Tartarie, renferment les célèbres mines d'or et d'argent aurifère de Kolivan et de Zmeof ; ces mines parais* sent, dans l'Altaï comme dans l'Oural , appartenir aux schistes de transition. La Daourie, contrée montueuse qui sépare le lac Baikal de l'Océan oriental , renferme surtout d'abondantes mines de galène argentifère contenues dans des calcaires métamorphiques .

Le lavage des sables aurifères prend chaque année de nouveaux développements en Russie, la production était en 1841 :

Mines de TOaral 4 750 kilogrammes.

Mines de la Sibérie orientale. ... 6 400

Depuis cette époque, la production a toujours augmenté, et elle atteint aujourd'hui le chiffre de 20000 kilogrammes.

Presque tous les sables aurifères contiennent un peu de platine, mais ce métal est principalement concentré dans les sables de Nijni-Taguilsk , qui fournissent 1900 kilogrammes sur environ 2000 qui sont produits par l'ensemble des lavages.

Le lavage des sables aurifères fournit presque tout l'or produit par la Russie. Dans l'Oural, la région des sables aurifères

s'étend du S. O. au N. E. sur une longueur de 50 kilom. environ, entre les rivières Atlian, Miass et Ouï. Les couches de ce sable sont assez ordinairement recouvertes par des couches stériles de quelques mètres d'épaisseur, formées surtout d'argile et d'alluvions tourbeuses. Quant à leur composition , elle consiste en conglomérats composés de roches anciennes , telles que granités , syénites , gneiss , quartz et schistes , réunis par une argile ocreuse et un sable quartzeux. Les gros fragments sont triés et rejetés, et toute la masse argileuse est en* suite passée sur des cribles formés de barres dont l'écartement est de deux centimètres au plus : ce qui ne passe pas à travers le crible est encore rejeté. L'or se trouve disséminé en particules, en paillettes et filaments, en pépites arrondies et aplaties dans le sable argileux le plus fin , qui sert ainsi de ciment aux roches de transport, et qui, étant concentré par le lavage, reste composé de quartz cristallin, de jaspe, de fer oligiste et de fer magnétique.

Ces sables aurifères ne sont pas continus ; ils sont divisés par les saillies des roches encaissantes , en lambeaux allongés qui ont depuis 50 jusqu'à 500 mètres de longueur, et lorsque, par exception , ils atteignent plusieurs kilomètres de longueur continue , ainsi que cela arrive dans les lits des ruisseaux de Miasta et de Tach-Koutargan, la teneur aurifère n'est pas homogène et les parties riches y forment des îlots isolés. La largeur est ordinairement comprise entre 10 et 60 mètres, de telle sorte qu'il y a généralement proportion entre les deux dimensions. Enfin, l'épaisseur varie de 0^,70 à 2 mètres.

Les sables aurifères occupent rarement toute la largeur des vallées ; ils n'existent que dans la partie la plus basse et s'amincissent à mesure qu'ils s'en éloignent.

La composition de ces sables démontre qu'ils doivent leurs principes métallifères à la destruction des gîtes en place. On trouve en effet dans la chaîne plusieurs de ces gîtes dont les sables contiennent non-seulement les minerais , mais aussi les gangues. Aussi, bien avant que l'or et le platine, concentrés

par les opérations de lavage, puissent être très-apparents, on reconnaît le fer oxydulé, la pyrite de fer, le fer chromaté, le rutile, Tanatase, la pyrite cuivreuse et quelquefois même le cinabre et la galène. Outre les gangues de quartz cristallin, on trouve également de la dolomie, du spath magnésifèrei de l'amphibole, de l'épidote, du grenat, du corindon, annexes constants de Tor dans les gîtes en place.

Ce sont donc les eaux diluviennes qui, par leur action érosive , ont désagrégé , roulé et broyé ces gangues , en ont isolé Tor, et ont rendu exploitables , sous cette nouvelle forme d*alluvions, des gîtes qui seraient restés sans valeur sous leur forme première.

Un seul des gîtes en place est exploité , c'est le filon de Berezow. L'or y est engagé dans un quartz chargé d'oxydes de fer et de pyrites ; souvent le groupement de ces trois substances est tel , qu'on est conduit à penser que l'or, d'abord engagé dans les pyrites, n'a été isolé que par leur décomposition. On retire de cette mine environ 80 kilogrammes d'or par année.

Les ingénieurs russes ont fait des observations intéressantes sur le gisement des sables aurifères. Us ont remarqué qu'ils reposaient rarement sur le granité ou sur la syénite , mais plus ordinairement sur les roches schisteuses , dans le voisinage des serpentines et des roches amphiboliques. Cette loi les a conduits à considérer l'or comme ayant son gisement principal dans le quartz ferrugineux des couches schisteuses métamorphiques, en relation de contact ou de. voisinage avec les serpentines et les diorites. Quant à leur distribution géographique, les sables aurifères existent principalement sur les derniers versants, en forme de plateaux qui longent et terminent la chaîne ; ils apparaissent donc , sous le double rapport de leur distribution et des matières constituantes , comme résultat d'un phénomène diluvien général qui a affecté l'ensemble de la contrée.

C'est en 1814 que furent découverts les sables aurifères de

3G2 DESCRIPTION DES DISTRICTS lÉTALLIFËRES.

rOural , et ce fat en 1823 que l'exploitation prit quelque activité. Depuis cette époque jusqu'en 1836, on a lavé dans les divers arrondissements de l'Oural :

Ekaterinbourg ,

Goroblogodat,

Bogoslovsk ,

Zlataoust ,

Mines de partionliers ,

Bablea lavés.

1 825 000 tonneftnz.

Or ebteao.

5 872 kilog

ce qui met la loi ou teneur des sables lavés, par chaque tonne à :

0i',0327 Ekaterinbourg. 0^,0630 BogosloTak.

0 ,0235 Goroblogodat. 0 ,0407 Zlataon&t.

et pour les mines des particuliers à 0",033 d'or par tonne de sable lavé.

Dans l'Altaï, les exploitations datent seulement de 1830. Jusqu'en 18^35 , on avait lavé 282 000 tonnes de sables qui avaient produit 676 kilog. d'or, ce qui met la teneur à 0,0245 d'or par tonne.

Ces proportions ne s'appliquent qu'aux sables déjà criblés et préparés qui ont été transportés aux ateliers de lavage , et non à l'ensemble des roches abattues. La teneur véritable nous est donnée par le mouvement des ateliers de Miassk qui opèrent sur des sables argileux dont toute la masse est à peu près soumise au lavage. Depuis 1823, la teneur ordinaire a été de 8 grammes par tonne , le minimum de la moyenne aj^ant été en 1833 de 4 grammes. En résumé , les sables apportés contiennent depuis 17 grammes jusqu'au-dessous de 2 grammes par tonne ; mais on considère cette dernière proportion comme ne donnant lieu à aucun bénéfice. Les ateliers de Miassk opèrent annuellement sur environ 210 000 tonnes, et en retironî au minimum 850 kilogrammes d'or.

Les monts Ourals renferment les principales mines de cui\Te de la Russie , dont les plus productives sont celles de Tourinsk

et de Nijni-Tanguilsk. L'abondance , dans ces gîtes , des carboaates, des oxydes de cuivre et du cuivre natif, donne à leurs produits une pureté remarquable : on a trouvé, par exemple, à Nijni-Tanguilsk un bloc de malachite pesant plus de 40 tonneaux. Comme gisement, il est à remarquer que les minerais de cuivre sont souvent au contact du calcaire et des Irapps (mine de Bogoslovsk); ils appartiennent probablement à la classe des gîtes irréguliers et de contact.

Les mines d'argent et de plomb de l'Altaï paraissent , ainsi que les mines de cuivre, appartenir à la classe des gîtes de contact. Les principales , celles de Kolyvan , sont représentées par les ingénieurs russes comme des amas stratifiés , placés entre les couches métamorphiques et des porphyres qui les pé» nètrent. Les minerais des parties supérieures des gîtes sont des terres ocreuses, argentifères et aurifères, mélangées de carbonate de plomb. A mesure qu'on descend en profondeur, ces substances sont remplacées par des sulfures : il en est de même des gîtes de cuivre , riches en carbonates , oxydes et cuivre natif vers les affleurements , et exclusivement composés de cuivre py ri teux ou panaché dans leurs parties inférieures. Il paraît même que , comme ces gîtes s'appauvrissent très-souvent, les travaux ne sont poussés qu'à des profondeurs peu considérables ; de sorte qu'on les a souvent regardés comme limités dans tous les sens et formant de véritables amas.

Ainsi , le gîte de Zyrianofsk , le plus productif de l'arrondissement , nous est représenté comme enclavé dans les schistes talco-chloriteux : sa longueur en direction est de 160 mètres; sa puissance varie de 3 à 14 ; on l'a exploré jusqu'à 55 mètres. A sa base , ce gîte se divise en deux branches, et la roche qui les sépare est tellement cristalline, qu'elle a l'apparence du porphyre. La masse du filon est composée de quartz servant de gangue, dans la partie supérieure, à des minerais ocreux, et, dans la partie inférieure, à des minerais sulfurés; en certains points, l'abondance de ces minerais est telle qu'ils éliminent complètement la gangue quartzeuse. La

364 DESCRIPTION DES DISTRICTS MtTALUFËRES.

galène argentifère , les pyrites de cuivre et de fer, le cuivre gris argentifère, la blende , sont les minerais sulfurés ; le carbonate de plomb , les carbonates de cuivre , Thydroxyde de fer constituent les minerais ocreux. Les minerais pénètrent quelquefois les schistes du toit et du mur ; ils sont alors exploités. Le niveau moyen de la transformation des minerais est à environ 30 mètres des affleurements. Cette mine produit annuellement 6 à 7000 tonnes de minerais , qui rendent 8000 quintaux métriques de plomb, 5000 de cuivre, et 700 kilogrammes d'argent.

Dans un grand nombre de ces mines de Kol3ryan , tous les minerais sont mélangés , et le mélange est quelquefois si intime, que le triage en est impossible. Cependant les gîtes de cuivre ont , dans le district , une tendance à s'isoler des gîtes d'argent.

Les mines de plomb argentifère de l'arrondissement de Nerlchinsk traversent des alternances de calcaires , de schistes et de grauwackes, et, comme en Angleterre, la distribution des minerais est tellement irrégulière, que beaucoup de gîtes sont considérés comme épuisés. Ces mines ne produisent que 3 à 4000 kilogrammes d'argent; le complément du chii&e total de 16000 kilogrammes est fourni par les mines de l'Altaï.

Bistriets métallifères de la Franee.

Si l'on applique à la constitution géologique de la France les principes généraux que nous avons énoncés sur la distribution des gîtes métallifères, on voit tout d'abord que ces gîtes ne peuvent être rationnellement cherchés que dans cinq districts composés de roches de transition et accidentés par les roches ignées des diverses périodes géognostiques. Ces cinq districts sont : 1** ]a pointe de Bretagne , limitée par une ligne qui part du Cotentin , passe près d'Alençon , d'Angers , et se termine vers Parthenay ; 2" le massif des Vosges , s'élevant comme une île au milieu des terrains sédimentaires; S*' le massif qui constitue

le vaste plateau de la Frarvce centrale , et comprend l'Auvergne, le Limousin, le Forez, le Vélay, le Vivarais, la Lozère et les Cévennes ; 4® la chaîne des Pyrénées; 5® les Alpes. C'est en effet seulement dans ces «entrées, qui constituent les régions élevées de la France, et vers les contacts des roches granitiques et porphyriques , soit avec les roches schisteuses anciennes , soit avec les terrains secondaires métamorphiques et accidentés, que se trouvent les gîtes connus jusqu'à présent.

L'importance de ces gîtes ne répond pas à l'étendue des cinq districts ; ce n'est pas qu'ils soient rares ou peu puissants , mais leur richesse est assez généralement au-dessous de celle des gîtes de même nature exploités dans les pays voisins. Néanmoins le développement de notre industrie a compensé en quelques points cette infériorité générale , et plusieurs mines ont pu résister aux concurrences extérieures. Nous entrerons donc dans quelques détails , non-seulement sur les gîtes actuellement exploitt^s . mais aussi sur ceux qui nous semblent offrir quelques chances de reprise pour l'avenir.

Le massif de la Bretagne présente les plus grandes analogies de configuration et de composition avec le Cornwall. C'est une contrée monlueuse, quoique généralement peu élevée au-dessus du niveau de la mer, composée de schistes de transition dont beaucoup se rapprochent du killas, accidentée par des granités , par des porphyres analogues à l'elvan et par des roches serpentineuses identiques à celles du cap Lisard. Malgré ces analogies de composition, les gîtes métallifiîres n'ont pas la même importance en Bretagne qu'en Cornwall ; les filons d'étain y sont à peine représentés, ceux de cuivre n'existent plus, et l'on n'y trouve que des gîtes de galène argentifère et de blende qui peuvent être assimilés aux filons qui existent en Cornwall à l'est deTruro.

1/ oxyde d'étain a principalement été signalé sur deux points. Le premier est la côte de Pyriac, à 4 kilomètres N. O. de l'embouchure de la Loire ; le killas y est en contact avec le granité.

et Iç point de réunion des deux terrains est formé d'alternances de roches schisteuses et granitoïdes que M. Dufrénoy dénomme formation de granité et gneiss. C'est cette formation qui contient Toxyde d'étain , soit en petits rognons disséminés , soit en petits filons à gangues de quartz : ce qui explique Texistence des sables stannifères que Ton trouve au nord de Pyriac, vers l'embouchure de la Vilaine, tandis qu au sud, où la côte est exclusivement granitique, il n'en existe pas. Des recherches ont eu lieu sur cette côte en 1818, mais elles n'ont pas conduit à un gîte régulier et exploitable , quoiqu'elles aient produit environ 10 quintaux d'étain. Néanmoins, M. Dufrénoy a justement remarqué que les recherches, dirigées trop du côté du granité et pas assez vers le killas , n'auraient pas dû être bornées à l'exploration des côtes.

Le moulin de la Villeder, près le roc Saint- André, dans le Morbihan , est le second point sur lequel se montre un filon de quartz stannifère ; il est encaissé dans le granité. Sa direction N. 34° O. concorde assez bien avec la direction générale des filons du Cornwall. Le quartz prend une teinte verdâtre dans les parties stannifères; il contient du fer arsenical, de la topaze et de l'émeraude. Ces deux gîtes, exploitables ou non , établissent d'une manière complète l'analogie géognostique des deux contrées, d'autant plus qu'il existe sur beaucoup de points des alluvions stannifèrcs. Dans la Bretagne, plus qu'en Cornwall, la généralité de la végétation est un obstacle constant aux explorations et aux recherches de mines.

La seconde époque métallifère du Cornwall , celle des filons cuprifères, ne parfdt pas, jusqu'à présent, reproduite en Bretagne ; mais la troisième est représentée sur une échelle assez large, par des filons puissants , dont le minerai principal est la galène plus ou moins argentifère , et dont les minerais annexes sont : le plomb carbonate et phosphaté, des terres ocreuses argentifères et la blende. Les plus riches de ces filons sont situés près de Morlaix, à Poullaouen et à Huelgoat où l'on a fait exécuter des travaux considérables. Le filon de Poul-

laouen 22*, dirigé du N. 0. au S. 22° E., coupe les couches de grauwacke en plongeant de 45^ vers le N. E. ; sa direction a été suivie par les travaux souterrains sur une longueur de 1500 mètres, et son inclinaison jusqu à une profondeur verticale de 250 mètres. Ce filon est très -ramifié, et on a exploré jusqu'à cinq de ses branches dont la puissance est de 3 à 5 mètres; la somme des écartements du terrain est donc de 15 à 20 mètres. Les roches encaissantes sont en très-grande proportion dans le filon , qui , en certains points , a l'apparence d'un filon en stocwerk. On a reconnu près de là quelques filons de composition analogue, et, dans les schistes, argileux d'Huelgoat , on exploite un filon puissant qui a été reconnu sur 1000 mètres de direction et 270 mètres de profondeur. Ce filon plonge de 70* vers le N. E. et donne aujourd'hui des produits supérieurs à ceux de PouUaouen , car on y trouve non-seulement la galène argentifère, mais encore des terres rouges et ocreuses contenant 7^ d'argent à l'état natif et à l'état de chlorure. Le produit annuel de ces mines est de 3000 quintaux métriques de plomb et 1400 kil. d'argent.

A Pontpéan , près Rennes, un filon contenant de la galène argentifère mélangée de blende a été exploité jusqu'à la profondeur de 130 mètres, sur environ 300 mètres de direction. Ce filon, incliné à 80», est dirigé N. S. Verâ la fin du XVIII* siècle, il produisait, année commune, 7000 quintaux métriques de galène argentifère; la blende, en quantité supérieure à la galène, servait à remblayer les galeries; l'exploitation a été abandonnée à cause des difficultés que présentait l'épuisement des eaux.

Il existe encore des filons de galène argentifère à Châtelaudren, près de Saint -Brieuc; ils ont été abandonnés depuis 1790 par suite d'un appauvrissement en profondeur. Quant aux autres gîtes plombifères connus sur plusieurs points de cette vaste superficie de transition , il ne paraît pas qu'aucun d'eux ait assez d'importance pour donner lieu à quelque chance de reprise..

368 DESCRimON DES DISTRICTS MÉTALLIFÈRES.

Les principaux gîtes métallifères connus et non exploités dans ce premier district sont :

Matiche. Mine de mercure an Menildot , commune de la Cbapelle-en-Soger ; elle m été exploitée à trois reprîtes dans le siècle dernier, et a donné des produits notables de 1730 à 1742. Mines de galène arg^tifère, blende et calamine, sur plusieurs points de la Pointe du Cotentin , notamment à PierreTille , exploitées de 1788 à 1790.

Loirt'Inférieun. Mine d'étain à Pyriac , snr le bord de la mer. Becherchet de 1819 à 1827.

UU-tt- Vilaine. Filon de galène argentifère et blende, oité à Pontpéan. Abandon de la concession en 1796.

Câlti-du-Nord, Filons de galène argentifère à CMtelaadren. Abandon de li conced>ion en 1790.

Vendée. Mine d'antimoine à la Ramée , oommone de Bonpère. La renondstion du concessionnaire est de 1818.

Deux-Sèrret. Mines de galène argentifère à Melle et anz environs ; il y existe d'immenses travaux dont la date n'est pas connue.

Le massif des Vosges est de tous les districts métallifëres de France celui qui pourrait présenter le plus de chances à des travaux de reprise. Les gites de plomb argentifère, à la fois nombreux et puissants , y forment le trait principal de la richesse métallique. Ces gîtes, ouverts de temps immémorial, fournissaient encore des produits considérables dans le courant du siècle dernier; ils sont aujourd'hui presque tous abandonnés par suite de Tenvahisseraent des eaux, et Ton ne pourrait y rentrer avec profit qu après des dépenses assez considérables. Lorsque la facilité des premières exploitations donnait lieu a de grands bénéfices , une partie de ces bénéfices , placée chaque année en travaux de prévoyance, eût assuré l'avenir de ces mines ; mais aujourd'hui presque toutes les exploitations de France n'existent plus que pour accuser les fautes du passé. Que Ton suppose ce district des Vosges entre les mains des populations du Harz ou de la Saxe, et sans aucun doute il eût été maintenu en exploitation, car les gites métallifères de l'Allemagne n'ont actuellement de valeur que par Taménagement intelligent qui les soutient depuis des siècles.

Les environs de Sainte-Marie-aux-AIines renferment un grand

nombre de filons de galène argentifère , dont le principal est celui de Lacroix , célèbre par sa puissance , qui est de 20 mètres, et par des exploitations de plusieurs siècles poussées sur une étendue de plus de 4 kilomètres. Ce filon de Lacroix-aux-Mines traverse la montagne de Saint-Jean à 16 kilomètres de Sainte- Marie; il court N. S, inclinant un peu à Test, à peu près parallèlement à la jonction du gneiss et de la montagne de syénite qui le sépare des filons de Sainte-Marie. La masse du filon est principalement formée de débris de toute espèce et le minerai y affecte des allures très-variables ; tantôt disséminé en veines de 0",10 à 0",20 et jusqu à 1 mètre de puissance, qui soudent ces débris entre eux , les traversent et forment ainsi une sorte de stocwerk ; d'autres fois , rassemblé en nœuds et en amas. Ce minerai consiste en galène argentifère et en plusieurs minerais annexes , tels que le phosphate de plomb , Tar* gent rouge , l'argent natif : la galène contient en moyenne j^ d'argent. Les travaux réguliers, suivis par une galerie jusqu à la limite de Fécoulement naturel des eaux , n*ont été poussés qu'à une faible profondeur au-dessous des vallons voisins. Ce filon a eu des périodes extrêmement productives ; on a trouvé beaucoup d'argent natif dans sa partie supérieure ; on en cite des morceaux de 30 kilogrammes et au delà. En 1756 il fournissait encore 12 000 quintaux métriques de plomb et 1460 kilogrammes d'argent.

Près de Sainte -Marie, les filons de galène argentifère sont nombreux, mais moins puissants ; ils traversent les gneiss, et leur direction E. O. incline un peu au nord. Deux d'entre eux ont été exploités sur une grande longueur ; ce sont ceux de Sarlatte et de l'Espérance. Le filon de Surlatte a présenté une bifurcation remarquable en deux branches qui , après avoir longtemps couru parallèlement, ont fini par se rejoindre. La galène y est moins riche qu'à Lacroix, les schlicks ne contiennent guère que j^ d'argent.

Sur la croupe méridionale des Vosges, Giromagny est un autre centre de filons métallifères qui ont été l'objet d'exploi-

370 DESCRIITION DES DISTRICTS MÉTàLUFÈRES.

talions actives, puis abandonnées, et sont actnellement reprises. Ces fiions traversent, suivant la direction N. S. , des schistes argileux et des porphyres.

A Saint-Jean-d^Auxel, il existe an {iûsceau de trois filons, courant Tun sur midi , le second vers onze heures , le troisième vers dix , dont la gangue est de quartz et de chaux carbonatée tenant de la galène argentifère disséminée. Les travaux ont été très -considérables en ce point, et étages sur une hauteur de 800 mètres ; ils étaient encore ouverts en 1779.

Les filons continuent à se montrer tant que les syéoites et les porphyres sont visibles. A PIancher-4es-M ines , à Presse, à Ternuay, dans la Haute-Saône, on connaît dix filons à gangues de quartz , de chaux carbonatée , et de chaux floatée , contenant, outre la galène argentifère, du cuivre gris et des pyrites. Ces minerais sont disséminés dans les gangues par bouillons et colonnes, disait Gensanne, qui les a exploités le dernier.

L'ensemble du massif des Vosges présente donc deux systèmes de filons : Tun, dirigé N. S. , comprend les principaux filons de galène argentifère ; l'autre , dirigé à peu près £. 0. , comprend, outre des filons de galène, un grand nombre de filons à gangues de. quartz, chaux carbonatée et spath fluor, caractérisés , comme minerais , par le cuivre gris , la galène argentifère, Targent sulfuré, le cobalt arsenical, Tarsenic natif et des pyrites quelquefois aurifères. Ces filons , dont le cuivre gris forme le trait principal, sont liés aux mêmei roches que les premiers; il est à remarquer cependant que, dans le groupe central où les granités et les syénites dominent, les filons se rattachent plus ordinairement au premier système, tandis que, vers la lisière des montagnes, là où les porphyrei et les diorites se montrent prédominants, les filons cuprifères dominent ceux de galène. C'est ce qui a lieu pour les filons métallifères de Giromagny.

La liaison fréquente de ces deux systèmes de filons parait se rattacher à une sorte de contemporanéité des différentes ëici*

DISTRICTS MÉTALLIFÈRES D£ Lh FRANCE. 37i

nations métallifères. Ainsi , de même qu*à la limite de deux formations géognostiques différentes , on remarque très -souvent des alternances entre les couches caractéristiques de ces deux formations ; de même, on voit une sorte d'alternance et d'oscillation entre les filons de cuivre gris argentifère des Vosges et les filons de galène. Il existe donc des filons mixtes, contenant à la fois des proportions de cuivre gris et de galène telles qu'on ne saurait dire auquel des deux systèmes ils doi« vent être assimilés de préférence. Les mêmes rapprochements existent entre les roches cristallines liées à l'existence des filons métallifères ; de sorte que les relations qui unissent entre eux les filons cuprifères et plombifères se retrouvent entre les syé** nites porphyroïdes ou granitoïdes de Sainte-Marie, et les por« phyres feldsp^thiques ou amphiboliques de Plancher-les-Mines» Giromagny, Tenmay, etc.

Le cuivre gris argentifère constitue, dans le district de Sainte^Marie^ux-Mines , le filon de Phaunoux , qui a été trèssuivi en même temps que les filons de galène de Surlatte et de l'Espérance; le cuivre gris y était accompagné de cobalt arsenical et d'arsenic natif testacé dont on tirait également parti. Ce filon de Phaunoux fait, ainsi que les filons de Surlatte et de l'Espérance, partie de ceux qui suivent la direction E. O.'

A Giromagny, les filons de Selschaft, Saint-Martin, Sainte- Barbe et Saint-Urbain présentaient de la mine à bocard composée de cuivre gris argentifère, sulfure d'argent et galène ; à Saint-Daniel, situé au revers de la montagne d'AuxelIe, du côté qui regarde Giromagny, les scblicks qui provenaient de ces rainerais, ridaient au traitement, en 1780, 18 livres de cuivre» 3 et 4 once^ d'argent et une petite quantité de plomb. Les montagnes qui séparent Plancher-les-Mines de Giromagny sont entrelacées d'un nombre considérable de filons qui les traversent en tout sens et qui tous contiennent du cuivre ^ du plomb et de l'argent.

I^ massif des Vosges renferme encore un asse^ grand nombre de mines de fer dont le gisement se rapporte à la classe

312 DËSCRIRTION DES DISTRICTS MÉTALLlFfillISS.

des gîtes particuliers. Le principal de ces gîtee est contenu dans la montagne de Framont, vers le contact d'une masse porphyrique centrale avec les couches de schistes et de calcaire que cette masse a fortement relevées. Dans cette position, le peroxyde rouge de fer, mélangé de fer oligiste cristallin, forme un véritable filon de contact de 5 à 10 mètres de puissance, et dont la direction contourne le porphyre. En étudiant les profondes excavations qui ont été faites dans ce gîte , on ne peut s'empêcher de le considérer comme une véritable cheminée remplie par des émanations métallifères qui ont pénétré les rodies en contact et qui y ont intercalé des minerais par des phénomènes analogues à ceux que nous avons signalés à l'île d'Elbe. Pour compléter l'analogie , les calcaires traversés par le minerai sont transformés en marbres cristallins, et passent même aux dolomies grenues et cristallines.

Sur beaucoup d'autres points que ceux que nous avons mentionnés, le massif des Vosges contient encore des gîtes métallifères ; ceux qui pourraient être repris avec quelques chances de réussite, sont :

Motelle. Mine de plomb de Saint-ÀTold. Commanee de Saînt-Àvold, de Hargnrtenaux-Mines et Falck. (I^es travaaz coDsidérables auxquels ces minet ont anciennement donné Heu ont été reprii quelque temps avant la rérolution, et abandonnés faute de bénéfices. Ijm anciens traTaux sont à seo et parfaitement conservés.)

Mines de cuivre. Commune de Longeville. (On ignore l'époque de l'abandoo. On y a fait il y a quelques années des recherches qui n*ont pas eu de suite.]

Mine de cuivre. Commune de Falck. Abandonnée depuis longtemps.}

Bas 'Rhin. Mine de cuivre et d'argent de la G ontte-du -Moulin. Commune d'Urbeis. (Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de cuivre du château du Cbarop-Brècheté. Même oommone. (Abandonnée de tcnrps immémorial. Travaux fort étendus.)

Mine de cuivre et plomb des Coites. Même commune. (Abandonnée de tempi immémorial. Travaux qui paraissent avoir en peu d'extension.)

Mine de plomb de la Goutte- Henri. Même commune. (Abandonnée de temp* immémorial. Reprise en 1780. Abandonnée deux ans après, faute de capitaax. Travaux peu étendus.)

Mine d'argent d'Aptaingoutte. Même commune. (Abandonnée depuis trèi* longtemps. Filon puissant mais très-pauvre.)

Miue de cuivre, plomb et argent de Saint-Nicolas. Même commune. (Abandon très-ancien. Reprise en 1780. Abandonnée deux ans après.)

Mine de plomb de la Chapelle. Mdme commune. (Abandon très-ancien. Reprise en 1780. Abandonnée deux ans après )

Mine d*antimoine. Commune de Charpe. (Reprise et abandonnée plusieurs fois jusqu'en 1805.)

Mine de plomb et argent. Commune de Delalaje.

Mine de plomb du chemin de Charpe. (Abandonnée , il y a environ trente ans, faute de capitaux.)

Mine de plomb et argent. Commune de Triembach. (Abandonnée de temps immémorial.)

Bfine de manganèse. Même commune. (Abandonnée depuis environ Tingt ans. Elle était exploitée par des paysans.)

Mine de cuiTre et argent. Commune de Borsch. (Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de plomb et argent. Commune d'Orschwiller. (L'époque de Tabandon est inconnu?. Travaux peu étendus.)

Mine de plomb et argent de Jœgerthal. Commune de Niederbrpnn. (Ouverte et abandonnée à plusieurs reprises jusqu'en 1824.)

Vosgêi. Mines de cuivre. Commune de Bn&sang. (Une partie de ces mines est Tierge, l'autre a été très -anciennement exploitée. On voit encore les vestiges d'une ancienne galerie d'écoulement.)

Mine de cuivre et argent. Commune de Tillot. (Exploitation longue et considérable qui a fini en 1761, faute de moyens d'épuisement. Susceptible d'être reprise, suivant les avis donnés en 1785 par plusieurs ingénieurs.)

Mine de plomb, cuivre et argent. Commune de Rememont. (Exploitée fort an* ciennement pour le compte des ducs de Lorraine. On y a fait, en 1755, quelques recherches qui n'ont pas en de suite.)

Mine de cuivre et argent. Commune de Lubine. ( Les haldes annoncent une exploitation notable. L'abandon a eu lieu dans le milieu du siècle dernier.)

Mine de enivre et argent. Commune de Presse. (Abandonnée en 1734 à cause de l'abondance des eaux.)

Mine de plomb et cuivre. Commune de Presse. (Abandonnée de temps immé* morial.)

Mine de cuivre. Commune de Saint-Maurice. (Abandonnée en 1761, on en ignore la cause.)

Mine de plomb, zinc, cuivre et argent. Commune de Lusse. ( Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de plomb, cuivre et argent. Commune de Gemaingouttes. (Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de cuivre et argent. Commune de Wildorsbach. (Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de cuivre du haut Perheux. Même commune. (Abandonnée de temps immémorial.)

Mine de manganèse. Même commune. (Reprise il y a environ deux ans et abandonnée peu de temps après à cause de l'affluence des eaux.)

Haut-Rhin, Mines de enivre, plomb et argent de Giromflgny, du Puits et d'Auxelle. Communes de Gironiagny, du Puits et d'Auxelle. (Elles offrent 43 filons. L'exploitation a eu trois époques très-florissantes, savoir : au xiY* siècle , au XTi* et au commencement du xviix'. L'abandon a en lieu en 1791 ; la concession vient d'être reprise de nouveau.)

374 DESCRIPTION DES DISTRICTS MÊTALUrfiRES.

Mines de cuivre, plomb et argent do la vallée de Saint- Amarln. Communes deSninuAmarin, Orbe et Mosch. (Abandonnées en lt60. Anciennement productives. Ln plupart des travaux, étant en roche très>dare, sont conacrvée.)

Mine de plomb, cuivre et argent de Silberthal. Commune de Steinbtdi. (Abandonnée ver.s 1750.)

Mines de cuivre et argent de la rallée de Sultzmàtt. Commune é*0ten1>ad). (Depuis très-longtemps abandonnée!. Reprises en 1750 , et aban^onnte peu de temps après, faute de capitaux.)

Mine de cuivre et argent. Commune de Munster. (Abandonnée an oommence* ment du xtiii* siècle)

Haute^SaôM, Mines de plomb , cuivre et argent. Commune de Plancher-Ies- Mines. Elles se composent de 7 filons qui ont été exploitéa longtemps avee bénéfice. (L'abandon a eu lieu en 1760.)

Mine de cuivre. Commune de Château-Lambert. (Abandonnée en 1758 , par suite de travaux mal conçus. Elle avait été aneiennement productive.)

Mine de plomb du Baudy. Commune de Château-Lambert. ( L'époque de Tabandon est inconnue. On a voulu la reprendre, il y a une soixantaine d'années, au moyen d'une galerie d'écoulement qui n'a point été achevée , mais qui a été poussée trèi-avant.)

Mine de plomb. Commune de Faucogney. (Ouverte en 1755 et abandeanfe quelques années après.)

Mine de plomb. Commune de Saint-Bresson. (L'époque de l'abandon est io* connue. Elle a été momentanément repriseil y a environ 70 ans.)

Mine de cuivre, plomb et argent. Communes de Tannay et de Vannes. (L'époque de l'abandon est inconnue. Elle a été momentanément reprise il y a environ 70 ans.)

Mine de manganèM de Chauv i lierai n. Commune de Fanoogoey. (Abandonoêe il y a environ 20 ans.)

Le plateau de la France centrale, massif de terrain schisteux et granitique qui domine le centre de la France et comprend les montagnes du Forez , de l'Auvergne, des Cévennes et de la Lozère, renferme un très-grand nombre de filons de galène argentifère. Beaucoup de ces filons ont été exploités et deux centres d'extraction subsistent encore : l'un à Pont-Gibaud , dans le département du Puy-de-Dôme ; Fautre à Vialas et Villefort, dans le Garf.

Les principaux filons exploités autour de PontrGibaud sont contenus dans un terrain de stéachistes et de micaschistes ; leur puissance moyenne est d'un mètre ; M. Fournet , qui a longtemps dirigé les travaux dont ils sont l'objet , a fait ressortir dans plusieurs mémoires leur direction N. S., remarquable en ce qu'elle concorde avec la direction de tous les accidents da

soi dans la contrée. Ainsi le soulèvement granitique qui domine Clermont suit une direction N. S., direction à laquelle sont également assujetties les éruptions trachytiques qui forment le Cantal , les monts Dores et les monts Domitiques, les éruptions des volcans laviques qui forment la chaîne des Puys, enfin, tous les filons métallifères de la contrée.

La série de ces filons, qui comprend aussi plusieurs époques, commence aux exploitations d'antimoine d'Engle, se continue par des filons cuprifères parallèles signalés par M. Foumet au pied de la montagne de Bauson, par les filons de galène argentifère qui ont été exploités à Roure, Rosier, Mioche, Blotl'Eglise, et par ceux de Pranal, Barbecot, de Combrès, etc., qui suivent également la même direction N. S. Cette coïncidence de direction dans tous les accidents du sol qui ont été produits à des époques diverses, soit par soulèvement, soit par émission de roches ignées, soit par cassures et émanations métallifères, est un des faits les plus remarquables de la géologie de cette contrée.

Les filons de l'Auvergne présentent encore une association remarquable avec des porphyres identiques aux porphyres métallifères de tant d'autres régions. Ces porphyres se retrouvent constamment le long de la zone métallifère; ils traversent les granités et les schistes sous forme de dykes qui marchent avec les filons. Un des filons de Pranal a pour épontes, d'un côté le micaschiste, de l'autre le porphyre; fait qui indique l'antériorité de ces porphyres, qui sont , en effet , croisés plusieurs fois par les filons avec lesquels ils marchent.

Les filons de cette contrée ont pour gangue principale des débris du toit et du mur, des matières argileuses et le sulfate de baryte ; la galène y est à petites facettes, et contient de -^^ à -JL. d'argent. On y rencontre quelques substances subordonnées, telles que le plomb carbonate et phosphaté, la blende, la boumonite.

Beaucoup d'autres filons de galène argentifère existent en Auvergne, et les montagnes d'Ambert, qui dominent à l'ouest

la petite vall<^ de la Dore , en renferment qui ont donné lieu à des travaux d'exploitation. A Saint- Amand-Roche-Savine» a Giroux prës Olliergue , les filons présentent une composition analogue à celle des filons de Pont-Gibaud ; la galène y est qd peu moins riche, mais elle est assez abondante, et les gangues sont d*un abatage facile. Plus au sud, dans les montagnes qui dominent Jumeaux et dont le suc d'EIsteil forme la cime principale, se trouvent un grand nombre de filons à gangue uniquement quartzeuse, souvent améthysée, contenant la galène i facettes très-fines qui contient jusqu'à -j^ d'argent. Mais cette galène est extrêmement disséminée , et la dureté du quartz co rend l'exploitation coûteuse.

Les mines de Vialas et de Villefort contiennent une douzaine de filons dont les directions différentes annoncent plusieurs époques de formation. Ces filons sont réunis en faisceau au contact du gneiss et du granité ; l'ensemble du terrain métallifère fait partie du manteau de gneiss et micaschiste qui entoure les sommités granitiques du mont Lozère. Les gangues des filons sont le quartz, la chaux carbonatée et la baryte sulfatée: la galène argentifère y est disséminée en rognons, mélangée de pyrite cuivreuse et de blende. La fonderie de Villefort ne fournit guère aujourd'hui que 500 kil. d'argent et 1000 quintaux de plomb ou litharge.

Dans l'ensemble de cette contrée, la classe des filons anlimonifères paraît très-distincte par son âge et sa composition. Elle est représentée par des filons à gangues quartzeuses, dont la puissance dépasse rarement un mètre, et dans lesquels le sulfure d'antimoine se montre seul comme minerai. Ces filons s'isolent en outre par des directions et des inclinaisons spéciales. Leur composition est simple; le minerai y est accumulé en veines, nodules cristallins, druses, etc., plutôt que disséminé ; les minerais associés , qui sont principalement des oxydes d'antimoine , paraissent y résulter d'épigénies postérieures à leur formation.

Les filons des Cévennes se trouvent presque toujours dans le

DISTRICTS MfiTALLIFfiRES DE LA FRANCE. 377

terrain de gneiss et de schistes qui recouvre les masses granitiques formant les points culminants de la contrée. C'est vers ses contacts avec les roches ignées que le terrain schisteux devient métallifère ; ce fait déjà signalé pour le groupe des filons de galène de Vialas et Villefort , existe également pour les filons antimonifères qui se montrent à Malbosc et Bordezac (Ardëche). Ces filons sont composés de quartz; quelquefois ils contiennent de la chaux carbonatée, rarement du sulfate de baryte ; leurs salbandes sont argileuses. Ils se dirigent à peu près E. O., inclinant de 25^ à l'est. L'antimoine sulfuré s'y montre en veines compactes ou filets suivis , ayant moyennement 0",10 d'épaisseur : cette épaisseur est variable dans le même filon, et elle atteint, dans un des trois qui sont exploités, jusqu'à 0",30. On y trouve aussi l'antimoine oxydé par taches fibreuses, rayonnées.

Depuis quelques années, plusieurs filons de l' Aveyron ont été l'objet de travaux de reprise ; M. Fournet a fait une étude spéciale de cette formation, et a distingué : 1® les filons anciens, qui paraissent liés aux porphyres, et sont caractérisés par des galènes à fines facettes , très-argentifères, et par des quartz saccharoïdes ; les autres gangues ou minerais , tels que la baryte sulfatée, la chaux carbonatée, le fer spathique, le cuivre pyriteux et la boumonite, étant de simples accidents; 2^ des filons plus modernes qui se rapportent aux serpentines de Najac et de Milhau, et sont caractérisés soit par des quartz hyalins un peu gras, des carbonates de fer et de chaux, des galènes moins riches que les précédentes, du cuivre pyriteux et de la boumonite, soit par des quartz compactes associés à la baryte sulfatée.

Deux espèces de filons tendent encore à s'isoler sur quelques points du plateau central : ce sont d'abord quelques petits filons d'étain existant à Vaulry, près Limoges , et à Ségur, dans la Corrèze ; en second lieu , des filons blendeux , dont le gisement le plus important est celui de Clairac , dans le département du Gard. On y a reconnu les affleurements de

37S DESCRIPTION ftES DISTBICTS HÉtALLIPfilKS.

trois filons parallèles courant à peu près N. S. et traversant verticalement, sur une longueur de plus de 1000 mètres, les couches du lias métamorphisé jusqu'à une distance de 40 à 50 mètres du toit et du mur.

Les gîtes de contact ont eu, sur quelques points, une importance plus grande que celle des filons. Ces gttes de contact ont pour siège principal les arkoses et les couches marneuses qui appartiennent au lias. Les mines de Chessy, aujourd'hui épuisées, étaient ouvertes sur un pte placé au contact du granité et de grès inférieurs du lias : ce plan de contact contenait des amas de pyrite cuivreuse, de cuivre carbonate et oxydé, dont l'exploitation a été des plus avantageuses. Les amas de manganèse oxydé de Romanèche sont dans une position géognostique analogue, et les petits amas de galène, calamine ou blende, qui existent dans les calcaires magnésiens du lias aux environs de Figeac , YiUefranche , Lardin , appartiennent aussi à cette classe de gîtes. Enfin, le chrome oxydé, disséminé dans les arkoses des Ecoucbets, en ofTre encore un exemple intéressant.

Les mines connues pour avoir été exploitées dans cette ré* gion , et dont la reprise serait possible, sont :

Côtt-d'Or. Mine de plomb argentifère. Comronne d'Alîgny. (Exploitée trèsanciennement ; a été Tobjet de quelques tentatives en 1732 et en 1734. On j Tovait encore, en 1774, une galerie très-étendue.)

Sièrn. Mines de plomb argentifère. Commune de Chitry-les-Mines. (Ca mines ont donné lieu à l'une des plus considérable! exploitations de Franc*. Découvertes en 1493 , leur extraction a été abandonnée Ters le miliea do XTii' siècle. Leur existence et leur grande importance sont attestées par aii édits, enregistn^s , pour la plupart « au parlement de Paris , dont le premier ài'.i de 1493, et le dernier de 1599.

Mine de plomb. Commune de Saint-Reverien. (On ignore si oe gîte a éi^ exploité anciennement. Quelques recherches ont été faites il y a quelques sonées.)

Mine de plomb et argent. Commune de Saint- Didier. (Abaodonnle depo» fort longtemps. Elle a été exploitée dans le même tempe que lea mines et Chitry.)

Inàices de mine de plomb argentifère. Commune de Frauchy. ( D^oToti Ttrs 1775. On y a fait, en 17tt5, quelques traTaaz qui donnaieal àm eip(* rances.)

StirftlfitS ttSTALUfËMS M LA yftANCfi. m

Mine de |>1omt) d« GMiÉ. C<Miiiit]ii6« de Glnt et Sa!flt-t*rix. (I>ëe<mTerte en 1782. On y a fait alors de« tràritit.)

Mine de plomb dd Crienf. Coinmané d^Aiiniy. (Époque d^ ràbandon îqéotiftue.}

Mine de onÎTre ec plomb. Commune de Montoeau. (Abandonnée dépalê trèsloDgtempti loB èïistènee ett prïnoipalement alteetée par des sooriift trèt^rlehes en enivre et en plomb.)

SaâM'êt'Èjoin, MiM d« t>l6mb. CotnAnne d^Oy^.' (Plnslenrs filons tnt lesquels il a été fait qttelqtiéf rdoheréhM t>en sniries il y a un oertain nombre d'annéee.)

Mine de plomb. Commiiiie dé GtiMi^Ofl. (Ofl y s fWit qitelqQéi niebètobei il 7 a environ 45 ans.)

MInei de plomb. Comtttine de Sttint-Cbfistopbe.

Miné de plomb. Commune c(e S^nt-Prix. (Déeonterté èfi 1782. On y a entrepris quelques travaux de recherches abandonnés peu de temps aptes.)

Mines de éhrOme oxydé vefi des Écônohets. Commnne de Saint-Ple^ire-de- Yarennes. (A été Tobjét de quelques travaux d'extraetion qui ont duré pendant plusieurs anxiées et qui ont fini en 1818.)

jm«f. Mines d*antimoinè. Commune de Breinay. (Exploitées et âbandonliéei dans le cours du siècle dernier.)

Mine d'antimoine. Commune du Jardinet. (Exploitées et abandonnées datas le cours du siècle dernier.)

Mine d'antimoine. Commnne de la Petlte-Marehe. (Depuis longtemps aban* donnée. On croit que l'abandoti ne tient point à ion épuisement.)

Mine de plomb. Commune de Nizerolle.

Pu^-dê-Dômt, Mine de plomb argentifère. Sanrière près d'Issoire. (Epoque de Vabandon inconnue. On y fait des recherches.)

Mine de plomb de Saint-Amand-Roche-Savine près d*Ambert et de la Brugère près d'Esteil.

Mine de 1er. A Compains. (Abandonnée il y a environ un siècle faute de bois.)

Mines de plomb. Youx et Masboutin, près de Montaigu. (Exploitées vers 1730, reprises vers 1775, et abandonnées, faute de capltanz , quelques années après.)

Jihânt» Mines de plomb de Boussière et de Yaletier. Communes de Tarare •t de Joux. (Travaillées et suecessivement abandonnées en 1748, en 1813 et •n 1819.)

Mine de plomb. Commune de Bressieu. (Abandonnée en 177 6 à cause delà n/nlié des produits.)

Mine de plomb. Commune de Propières. (Exploitée anciennement} reprise il y a un oertain nombre d'années et abandonnée peu de temps après.)

Mine de plomb. Commune de Chasselay. (Abandonnée en 1780.)

Mines de plomb du Fenoyl , de la Fouillousse , de Chambost, de la Tour, de Saînte-Paule, d'Ëtra. Communes des Halles, de Juliennes , de Chambost, de la Tour-Salvagny, de Sainte-Paule, d'Étra.

Mine de plomb de la Maison-Blanche. Commune de Yangneray. (Quelques reeberches furent faites il y a 12 ans.)

Mine de plomb de Chaponost. Commune de Chaponoatf (Quelques leeheiehes furent faites il y 12 a ans.)

Mine de plomb de Dizinieo. Commane de Longes. (L'existence d'un puitt atteste qu'on y a fait anciennement des reoherehes.)

Mine de cuivre sulfuré. Commnne de ChaTayzolea. (La oompagnie des iniiie<i de Chessy et Saint-Bel y a fait anciennement des recherches qui ont été abandonnées en 1784.)

Vienne. Mine de plomb. Près de Sanxais. (L'époqna de l'abandon est ineoo* nue. (On n'a fait qu'effleurer la tdte des filons.)

Mine de plomb. Près le Vigean. (On ignore l'époqne ds l'abandon. La tradition porte que les recettes n'ont pas oouTert les dépenses.)

Haute-Vûnne, Mine de plomb an peu argentifère. Commane de Glanges, d« Saint-Genêt et de Vie. ( Exploitée avec des chances dÎTerses depuis 1724 jusqu'à la révolution.)

Mines d'antimoine. Commnnes de Coossao-Bonneral et de Glandon , arrondissement de Saint- Yrieix. (Abandonnées en 1812 , après aroir été irrégulièrement exploitées pendant 50 ans.)

Mine d'étaîn. A Vaalry. Exploitée par les anciens. L'administration y a fsii exécuter des recherches à plusieurs reprises, depuis 1819.)

Corrèze. Mine de cuiyre carbonate vert et bien , mélangé de salfar« de eunt et de cuivre ronge. Montagne des Forges. Commane de Lonignac. (Qndqoes recherches ont été faites en 1823 et abandonnées à cause de l'irrégularité ds gîte.)

Indice de mine d'étaîn. A Sëgur. (Trouvé il y a 50 ans.)

Mine de plomb à Meroœur. ( D'anciens renseignements parlent de cette mîi» comme renfermant plusieurs filons. Dans le cours de la révolution elle a été l'objet d'une demande en concession qui n'a pas eu de suite.)

Mine de plomb. Commune de Monstier-Ventadour. (Paraît avoir été abandonnée un p«îu avant 1765, à cause de la mauvaise exploitation et de la modicité du produit.)

Gard. Sables et terres aurifères. Aux environs de Saint- Ambroix et de MaU bosc, dans le lit de la Cèze et de la Gagnère, dans celui de plusieurs rnisseaax affluents , ainsi que dans une partie des terrains cultivés qui forment les basMSs de ces deux rivières. (La cueillette de la poudre d'or, anciennement très-prodaetive, n'est plus pratiquée que par quelques paysans.)

Mines d'antimoine. Près de Sessous. (Des travaux ont été ouverts il y a quelques années et abandonnés faute de produits suffisants.)

Mine d'antimoine de Coignas et Latrau. Commune de Portes. ( Abandonnée en 1824 après plusieurs années d'exploitation. Minerai peu abondant et de médiocre qualité.)

Mine de plomb et argent. Commune de Laval. (Il existe nn immense tas â« déblais sur le terrain. )

Lozère. Mines de plomb et argent de Saint-Sauveur. Commnnes de Meynies et Gatuzières (Lozère), et Saint-Sauveur (Gard). (Exploitées très-anciennemeot; reprises en 1755 sur un grand pied ; abandonnées en 1789. Renonciation s Is concession le 13 mai 1822. Ces mines sont décrites dans le tome VUI des Jnmaia de» Mines, pages 474 et suivantes. Elles se composent d'an grand nombre de fîloai en général bien réglés.)

Mine d'antimoine de Téraillon. Commnne de Saint - Martîn*do-LoQbsox. (Abandonnée depuis peu de temps à cause de la pauvreté du gtto.)

Mine de plomb. Gommtme de Saint-Michel-de-Dèze. (On ignore Tépoque et la cause de l'abandon.)

Mine de plomb. Commune deCassagnas. (L'époque de l'abandon est inconnue. Un booard et des restes de bâtiments indiquent une exploitation d'une certaine importance.)

Dordognt. Mine de plomb. Commune de Nontron. (Des tentatiTes d'exploitation faites à différentes époques, et dont la dernière a eu lieu en 1823, n*ont eu aucune suite.)

Mine de plomb. Commune de Saint-Martin. (Dans une tentative faite en 1824, on a dépensé environ 4000 francs. La recette a été d'environ 700 francs.)

Indices de mine d'antimoine. Commune du Gmnd-Jumilhac.

Mine de manganèse. Commune de Milbao de Nontron. (Fouilles à ciel ouvert abandonnées depuis quelques années.)

Indices de mine de manganèse. Commune d*Ëyzerat. (On n'y a encore fait aucun travail.)

Indices de mine de manganèse de Yalajoux. Commune de Montîgnac. (Ce gtte, découvert il y a plusieurs années , n'a pas encore été exploré.)

La chaîne des Pyrénées n'offre que de faibles ressources en filons métallifères, mais il y existe un grand nombre de gîtes de fer oxydé ou de fer spathique qui alimentent les forges catalanes.

Le plus important de ces gîtes est celui de Rancié , près Vicdessos, qui entretient à lui seul environ 50 foyers catalans, et qui est exploité depuis plus de 600 ans. Le terrain encaissant est composé de calcaire blanc saccharoïde , de calcaires gris plus ou moins cristallins, et d'argile schisteuse. L'ensemble de ces couches, longtemps regardé comme appartenant au terrain de transition, a été placé par M. Dufrénoy dans la partie inférieure de la formation jurassique ; il s'y trouve en eifet sur quelques points des bélemnites» des térébratules et des entroques, qui caractérisent les marnes supérieures du lias.

Les couches de la montagne de Rancié sont verticales , et l'une d'elles est tellement pénétrée d'hématite brune accompagnée d'hématite rouge, de fer spathique et quelquefois d'oxyde de manganèse , que le minerai de fer peut y être considéré comme la roche dominante. En effet, non-seulement le calcaire est imprégné d'oxyde de fer de manière à être souvent tout à fait masqué, mais un grand nombre de veines sont rem-

38i DESCRIPTION DES DISTRICTS HfiT^LUFÈRES.

plies d'oxyde pur ; on y tromve, comme dans les filons , des druses cristallines , des cavités tapissées de couches concentriques d'hématites brune et rouge. Cette couche a été reconnue depuis la cime de la montagne jusqu'à sa base , sur une hauteur de 600 mètres ; on n'en connaît pas la limite inférieure. La puissance moyenne est de 20 mètres, elle va jusqu'à 40 dans les renflements, et est quelquefois étranglée à 4 mètres. Ce beau gîte métallifère doit être regardé comme on stocwerk, plutôt que comme une couche isolée; sa disposition parallèle k la stratification du terrain Ta fait longtemps considérer comme de formation contemporaine, mais les observations de M. Dofrénoy ne permettent plus de douter qu'il ne soit postérieur au terrain encaissant. Sa formation se trouve ainsi liée aux épanchements granitiques qui ont contribué au relief du sol , et qui , en beaucoup de points , ont transformé les couches calcaires en marbres et en dolomies.

La masse du Canigou présente la génération des gîtes dt fa apathique sur une échelle encore plus grande. Une roche granitique a percé au milieu des terrains stratifiés, et la zone ellipsoïde, d'environ 16 kilom. de diamètre, suivant laquelle a liea le contact des deux espèces de roches, renferme des gîtes nombreux de fer carbonate spathique et de fer oxydé. Telle est la loi de groupement des mines de Batère, de Rocas-Negros, de la Droguère, d'Olette, de Fillols, de Vellestavia, Saint-Ma^ tin, etc., qui forment des amas, veines ou filons, tous coqj^ donnés d'après ce principe.

Les gîtes des Pyrénées autres que les gîtes de fer sont restée jusqu'à présent sans importance, mais l'utilisation de la blende paraît devoir ranimer l'exploitation sur quelques points et sur^ tout dans l' Arriége. Il existe des filons de blende et galtee notamment autour du mont Crabère, auH environs de Sintin, de Castillon et d'Aulus. Parmi les anciennes mines, on cite eih core les mines de cuivre de Baigorry, dans le département do Basses-Pyrénées, et celles de plomb argentifère d'Aulus, dans la vallée d'Erce , département de T Ariége^ qui ont été abao-

données après avoir été ouvertes à plusieurs reprises. Les principaux gîtes connus pour être dans le même cas sont , indépendamment d'un grand nombre de gîtes de fer oxydé ou spathique :

Audi, Mines de cuivre de la Canale , de Peoh-Egate , de Sainte-Marie , ete. t>>mmune de Maisons. (Abandonnées vers 1750 après un assoz grand développement de travaux souterrains.)

Mine de cuivre. Communes de Lanet et de Bouysse. (Travaux de reconnaissance a plusieurs époques ; les derniers datent de 40 ans.)

Mine de cuivre antimonial et argentifère de Feugerolle. (Commune deQuiatiUan. (Anciennement exploitée, reprise en 1782. Abandonnée en 179.3.)

Mine de plomb argentifère de Rocas-Negros. Commune des Bains de Rennee. (L'époque et la cause de l'abandon sont inconnues.)

Mine de plomb. Commune de Mont-Gaillard. ( L'époque et la cause de l'abandon sont inconnues.)

Mine d'antimoine. Commune de Quintillan. (Abandonnée en 1805 par iuite de la rareté du minerai.)

Mine d'antimoine de las Gorbos. Commune de Maisons. ( Exploitation bospendae depuis 1823.)

Mine de manganèse de Villerambert. Commune do Cannes. (Abandonnée vers 1803 fauta de débit.)

OérauU, Mine de cuivre. Commune de Yieussan. (Abandonnée il y a deux siècles ; reprise en 1789 et abandonnée presque aussitôt sans motifs connus.)

Indices de mine de plomb argentifère. Riols ^ près de Saint 'Pons. (Ils cousiataot en on beau filon découvert il y a peu d'années, sur lequel il n'a été fait aucun travail, et que les rapports signalent comme devant être productif.)

Mine de cuivre. Commune de Boussagues. (L'époque de l'abandon est inoonniM. On y a fait des travaux souterrains considérables.)

Mine de plomb de la montagne de Caroux. A Colombières. (La cause et l'époque de l'abandon sont inconnues.)

Mine de plomb argentifère de la Maloie et du Pradel. Communes de Mourcairol et de ViUamagne. (La cause et l'époque de l'abandon sont inconnues. L'étendue des anciens travaux atteste une gran4e et longue exploitation. Quelques travaux de reconnaissance ouverts il y a 30 ans n'ont point eu de eiiite.)

Àfiégê, Mine de plomb argentifère. Commune d'Anlus, canton d'Oust. ( Plusieurs gîtes voisins les uns des autres ont été superficieUement exploités dans des temps très-reculés. Il y a eu une reprise mal administrée et mal conduite êous le rapport de l'art il y a environ un demi-sièole. Il parait qu'on a méconnu le principal qûi^erfd , qui es( uq carbonate de plomb argentifère , tantôt solide et tantôt terreux. Des rapports circonstanciés annoncent que ces mines peuvent donner lieu à une exploitation.)

SabJat et terns aurifères. Environs de Pamieri, principalement dans le lit dai ruisseaux de Benagues-Ferriès, Gros-Milly, Trebans, Pailhès, etc., etc., et dans un grand nonabre de terrains cultivés qui font partie des bassins ds ces ruii* ■MMia.

38 i DESCRIPTION DES DISTRICTS MfiTALUFÈRES.

Bassina et lits des ruisseaux de la Bëouse et de Taliol , entre Foix et Stiut- Girons.

Bassins et lits des ruisseaux de Nert et du Salât, dans les enrirons de Sunt- Girons.

(Avant la découverte de l'Amérique, la cueillette de U pondre d'or dans l'Ariége donnait lieu à une industrie importante et qui datait de temps immémorial. Les orpailleurs étaient tenus de livrer l*or à un prix déterminé à la Monnaie de Toulouse , mais il y avait souvent contrebande. Depuis 1500, oette industrie a successivement diminué. Vers la fin du xn* siècle , la quantité d'or portée annuellement à la Monnaie de Toulouse ne s'est plus élevée au-dessus de deux cents marcs. De 1750 à 1762 , le bureau de Famiers n'a reçu en tout que quatre-vingts marcs. Aujourd'hui, la cueillette n'occupe plus que quelques paysans. Elle a été autrefois l'objet d'un grand nombre d'arrêts, d'édits et de règlements. Les principaux sont ceux des 14 mai 1472, 18 octobre 1481 et 9 novembre 1571. L'or est à un très-baut titre. Ces gîtes sont décrits par Béaumar, Mimoirti ds l'Académie royaU des tdencu , année 1718; par Gnettard, t^iai, année 1761 ; et par Dietricb, Description du fftiu de lammoû de France, t. I.)

Haute-Garonne. Mine de plomb et argent. Sur la montagne d'Uls, commuae de Melles. (Abandonnée en 1824, les produits ne couvrant pas la dépense.)

Tarn. Mine de plomb. Brassac. (Découverte en 1790 ; a été pen de temps apièi l'objet de quelques travaux qui ont produit 5 à 6000 kilogrammes d'alqnifoox et qui n'ont pas eu de suite. Elle est décrite, Journal de* Minée , t. XXVUI.)

Mine de cuivre de Rosières. Canneaux. (Abandonnée de tempe immémorial); a été l'objet de travaux considérables dont une partie est encore acoessible. Elle est décrite. Journal dee Minée, t. XXYIII.)

Les seuls gites aciuelleinent eiqploités dans les Alpes franraises sont les amas de fer spathique , gîtes de contact qui se trouvent entre la vallée de la Romanche et celle de l'Arc. Les mines les plus productives de ce groupe sont celles des environs d'Allevard.

La vallée de l'Oisans renferme des filons qui ont été exploités à plusieurs reprises. Le petit filon de la Gardette, composé de quartz contenant de la pyrite de fer et de Tor natif, est remarquable par sa régularité : sa puissance n'est que de 0",30 et cependant il a été suivi sur plus de 300 mètres.

Le gîte le plus intéressant de ce district , celui qui a donné lieu aux travaux les plus développés est celui d* Ailemont, situé dans la montagne des Chalanches , à 2 myriamètres est de Grenoble. Cette montagne est composée de schistes tal(][ueux et amphiboliques, enclavant des couches calcaires, et burmontant des granités qui en forment la base. Des galeries

farent ouvertes à 2100 mètres de hauteur dans un filon trësirrégulier traversant une roche quartzeuse micacée qui fait partie du terrain schisteux et dont les couches inclinent au S. O. Ces gîtes sont irréguliers comme Tallure du terrain, et la marche de leurs accidents porte à croire qu'ils ont été produits par les causes qui ont accidenté les Alpes françaises, c'est-à-dire postérieurement aux terrains secondaires dont les assises ont été si violemment disloquées et si profondément altérées.

La gangue de ces gîtes est argileuse et variée par cette multitude de substances qui caractérisent les montagnes de l'Oisans et dont Ton retrouve des échantillons dans les collections minéralogiques. Ce sont : la chaux carbonatée dont on a compté treize variétés , la chaux carbonatée manganésiftre , la chaux sulfatée, la baryte sulfatée, le quartz hyalin, enfumé ou laiteux, le jaspe, plusieurs variétés de grenat, le feldspath, Taxinite, Tépidote, Tactinote, Tasbeste, le talc, la chlorite. Tous ces minéraux servent de gangues à l'argent natif, à l'argent sulfuré accompagné d'un grand nombre de substances métallifères, telles que la galène argentifère , le nickel arsenical , l'arsenic , l'antimoine natif, le cuivre sulfuré, le cuivre carbonate, le cuivre gris, l'oxyde de manganèse, enfin le mercure sulfuré et natif.

Les autres gîtes sur lesquels on peut appeler l'attention

sont :

Hautti-Alpet. Mine de plomb. A Lapierre. (Abandonnée depuis 80 ans comine trop pauvre.)

Mine de plomb. A TArgentière. (Abandonnée depuis 40 ans environ comme trop pauvre.)

Mine de cuivre. Aux Acies. (Abandonnée depuis 40 ans comme trop pan- Tre. )

jits-Unis d'Amérique.)

Mine de plomb argentifère. A Cogolin. (Seulement explorée; abandonnée 4ib

lU plusieurs années à raison du peu d'abondanc« du minerai.)

puis plnsieuri

Indices do ininos de plomb et zîno snlfuréa tenant ouirre et argent. À Lagarde-Frai net. (N'ont jamais été exploité! ni explorés.)

Indices de mines de plomb argentifère. A Montali, près Grimaad. (ITont jamais été exploités ni explorés.)

Indices do mine de plomb argentifère. A la Gambade. (N*ont jamais été exploités ni explorés.)

Indices de mine de plomb. Près de Grassiu. (Ont été l'objet de quelques trarau de reconnaissance.)

Autres indices analogaes dans un rayon d'un à deux myriamètres autour de Saint-Tropez , notamment près du bois Noir. (Ceux-ci ont été reconnus psr quelques fouilles.)

Mine de plomb argentifère avec cuivre et fer. Au lien dit les Ameniers. (Explorée en 1823, abandonnée depuis lors.)

Ifine de plomb. Commune du Canet du Luc. (LVpoqne de l'abandon est iaconnue. )

Indice démines de cuivre pjriteux. Au Luc. (On ne croit pas que ce gisemeot ait encore été attaqué.)

Indices de cuivre carbonate. Entre Uiëres, Sollies et Toulon. ( Point encore explorés. Minerai disséminé dans des grès bigarrés.)

Indices de mine de graphite (plombagine). A une demi-lieue du plan deit Tour.) Il ne parait pas qu'il y ait des recherches faites sur ces indices.)

Indices de graphite. A Ramatuelle, au sud de Gassin.

Batiet-Alpes, Mine de plomb. Commune de Saint-Geniez-de-Dromont. (Koa exploitée depuis 17 B8.)

Mine de plomb argentifère. Commune de Curban, au pied de la montagne kajarde. (On y a fait des tentatives d'exploitation en 1718 , en 1770 , en 1783, et définitivement eu 1785. Elle a été abandonnée vers 1790, probablement à cftOM de Tappauvrissement du gite.)

Mine de plomb argentifère. Commune de Piéga , hameau de Nairac. (Oa y s fait des tentatives d'exploitation en 1718, en 1770, en 1783 , et déânitivemeot en 1785. Elle a été abandonnée vers 1790, probablement à cause de l'appss- Trisseraent du gîte.)

Mine de plomb de la Malune. Entre les vallées de Verdon et de Barcelonnette. (Découverte on 1762, exploitée en 1766, reprise vers 1786, et abandonnée pes de temps après à raison du peu d'abondance des produits.)

Indices de plomb. Près de Colmars, partie supérieure de la vallée du Verdoo. (Il y a eu des travaux de recherche qui ont fourni de beaux échantillons ie minerai.)

hère. Mine d'argent des Chalanches, près d'Allemont, commune d'AUemoot (Découverte et exploitée en 1768, abandonnée depuis 1815 par suite de la mort du concessionnaire et de ses mauvaises affaires dans d'autres entreprises. Malgré de grandes et fâcheuses vicissitudes administratives et Pexigulté de la mise àt fonds, l'exploitation, qui a duré quarante-six ans, a produit 42 525 marcs â's^ gent. La recette totale a été ]ie 2 206 367 francs. La dépense toule a été de 2 415 317 francs. Déficit, 115 650 francs. Ce déficit provient des vingttrois dernières années, la dépense annuelle [^31 000 francs terme moyen] afsat été constamment trop faible pour donner un développement snfBtant aux tit*

itkx sonterrains. Tons les rapports s'accordent sur les avantages de la reprise

) cette raine, pourvu qu'on y applique des capitaux suffisants.)

Mines de plomb. Vizille et Vaulnaveys. (Abandonnées depuis quinze à vingt

is comme trop pauvres.)

Mines de plomb. Secbilienne et Saint-Bartbélemy. (L'époque de l'abandon est

connue. On présume qu'elles sont pauvres.)

Mines de plomb argentifère. Huez et lieux environnants. (Abandonnées à une

oque inconnue et très- ancien ne, probablement à cause de leur pauvreté.)

Mine d'or de la Gardette. Commune de Villard-Eymond , près du bourg

Oisans. ( Kecberches suivies de quelques tentatives d'exploitation , au com-

enceroent de 1700, en 1733, en 1765 et en 1770. Exploiution faible de 1781

L7Ô7, pendant laquelle on a dépensé 27 371 francs. La recette en or et en cris-

Dx de rocbe a été de tiOOO francs. Cette mine a été reprise en 1837, elle est

crite dans le Journal dès iftnex, t. XX, p. 103.)

DIstrletB métallifères de rAllemai^e

septentrionale.

L'Allemagne est la terre classique de l'exploitation des ines. Sa vaste superficie peut être subdivisée en plusieurs mes , dont les caractères sont tout à fait distincts sous le pport des minerais et des industries qu ils alimentent. Dans toute cette région, le terrain de transition est le terrain étallifère par excellence; la forme de filons est la plus habielle pour les gîtes ; et si Ton vient à comparer la manière Hre de ces filons, ce qu'on appelle leur allure, ainsi que la .turc des minerais qui s'y trouvent disséminés dans les dirs districts , on reconnaît entre ces districts des difTérences (tables. Ces différences conduisent à diviser les régions méllifëres en trois zones distinctes.

L'Elbe , le Veser et le Rhin servent de limites à ces trois nés.

Entre l'Elbe et le Veser, les régions du Harz, de l'Erzgerge et du Thuringerwald, renferment des filons classiques par ir régularité ; et bien que des gîtes irréguliers se mêlent aux ^ns, cette forme est tellement dominante qu'il en résulte un ractère spécial. Les minerais ordinaires consistent en sulfures iatants et cristallins, tels que la galène , l'argent rouge , la rite cuivreuse ; en métaux natifs ou alliés, tels que l'arsenic.

le cobalt ou le nickel arsenical. Les minerais de fer sont également en filons et se présentent surtout à l'état d*oxydes cristallins , tels que le fer oligiste et les hématites fibreuses.

Entre le Veser et le Rhin, ces caractères se trouvent modifiés, sous le double rapport de la forme et de la composition des gîtes. Les filons sont généralement concordants avec la stratification du terrain , et irréguliers dans leur allure, au point que les filons curvilignes sont les plus fréquents, et qu'il n'est pas rare d'en trouver qui sont contournés en S. Parmi les minerais, la blende est la caractéristique la plus générale ; elle domine partout la galène, à laquelle elle se mélange constanament. Enfin , dans cette zone, le fer spathique manganésifière domine tous les autres minerais de fer.

Sur la rive gauche du Rhin , se trouve une troisième zone métallifère , caractérisée d'abord par la forme tout à fut irrëgulière des gîtes , qui sont même en amas plutôt qu'en filons, et, en second lieu, par leur nature qui consiste en hydioxydet de fer , lithoïdes et caverneux et en calamines plus ou moins mélangées de ces hydroxydes.

Ces différences caractéristiques des gîtes métallifères sont en quelque sorte écrites dans les industries des trois zones. Entre l'Elbe et le Veser, sont les principales usines de plomb, argent, cuivre, cobalt, et les forges qui produisent les fers de qualité. La zone intermédiaire, entre le Veser et le Rhin, est spécialement représentée par la production des fontes cristallines, pour la fabrication des aciers allemands. Enfin, la zone belge rhénane est en possession de la production des fontes communes, des fers à rails et du zinc.

La zone intermédiaire , qui se trouvait plus limitée que le> autres dans ses produits , est entrée dans une période nouvelle, depuis que le traitement de la blende s'exécute aussi facilement que celui de la calamine. La présence de la blende, qui entravait les exploitations , est ainsi devenue un puissant auxiliaire, et le développement des travaux en a reçu une impulsion remarquable.

Jetons un coup d'œil rapide sur les richesses métallifères de ces trois zones , en commençant par la plus orientale , dont les deux principaux éléments sont contenus dans les provinces de TErzgebirge et du Harz.

U Erzgebirge est la chaîne de montagnes qui sépare la Saxe de la Bohême ; sa forme linéaire est très-prononcée et sa direction O. 35" N. très-nette, quoique la crête de séparation soit peu élevée. Les points culminants sont formés par les dômes porphyriques et par quelques dykes basaltiques de 1200 à 1500 mètres d'élévation absolue, dont les masses, généralement arrondies , dépassent de 100 à 300 mètres au plus la ligne d'intersection des deux versants. La longueur de cette chaîne est de 150 kilomètres.

Le versant de la Saxe est peu incliné ; il présente la forme d*un vaste plateau qui, depuis les environs de Freiberg, s'élève graduellement jusqu'à la ligne de faîte. Les vallées y sont larges et peu accidentées, les cours d'eau y coulent doucement et par de longs trajets vers les plaines de l'Elbe. Ce versant est exclusivement composé de gneiss et de quelques alternances schisteuses développées surtout vers la partie occidentale de la chaîne.

Le versant de Bohême offre des caractères tout à fait différents. Les pentes y sont généralement rapides , et le terrain profondément sillonné s'abaisse sur une distance de quelques kilomètres jusqu'au niveau des plaines. Cette différence de constitution est mise en évidence par la disposition des cours d'eau principaux qui, au lieu d'être, comme vers le nord, dirigés perpendiculairement à l'axe de la chaîne, lui sont parallèles et se rendent directement à l'Elbe par les vallées profondes de l'Éger et de la Bila. Les ravins multipliés qui amènent dans ces vallées les eaux de l'Erzgebirge , leurs flancs dénudés par les eaux, présentent d'ailleurs plus d'intérêt aux géologues. Les terrains y changent en peu de temps : aux porphyres , granités et gneiss de l'axe culminant succèdent rapidement les affleurements des dépôts secondaires et tertiaires qui les

390 OESGBIPTION DES DISTRICTS HÊTALUFÈEES.

recouvrent ; et la grande formation basaltique de la Bohême , qui s'annonçait sur la crête par des buttes détachées, se développe par des plateaux , par des dykes qui couronnent les collines , et donne encore un nouveau caractère au sol par la variété des minéraux accidentels.

Du haut des protubérances de porphyre ou de gneiss qni dominent la rencontre des deux versants , le Kahlerberg ou le Keilberg , par exemple , on peut apprécier ce contraste de leur constitution physique et géologique. Les formes des montagnes , la couleur des roches et jusqu'à la végétation , tout contribue à faire ressortir la différence de ces deux versants, que l'on voit finir, en quelque sorte, Tun vers Freiberg et Chemnitz perdus dans l'horizon , l'autre vers Tœplitz et Carlsbad qae l'on domine par des descentes rapides.

Du sommet de ces observatoires clair-semés sur le faîte de TErzgebirge , aucun obstacle n'arrête les regards , et Ton penl voir encore une multitude de cités fondées par l'industrie des mines , et dont les noms rappellent presque tous les gîtes célèbres dans l'histoire de la science : Freiberg, où naquirent It minéralogie et la géologie , est le centre des filons les plus classiques ; Altenberg , Zinnwald , petites villes modestes dans leurs constructions, mais célèbres par leurs gisements d'étain; versl'O., Ehrenfriedersdorf, Geyer, Marienberg, Annaberg, Johangeorgenstadt, dont les minéraux variés enrichissent les collections ; Schneeberg, la ville du cobalt et du nickel ; et, sur l'autre versant, Joachimstall , le joyau des mines de la Bohême, Bleystadt, Schlackenwald , etc.

Les gneiss , qui constituent presque entièrement le versant saxon , sont peu variés dans leurs caractères ; ces caractères sont d'ailleurs ceux qu'on peut choisir comme types minéralogiques de cette roche. Dans tout le district de Freiberg, cette vaste nappe ondulée de gneiss présente un aspect identique, à peine modifié par quelques bancs de quartzites qui affleurent surtout vers le S. O. et le S. E. Si quelque protubérance frappe les yeux , on peut immédiatement la supposer due à des

porphyres qui forment le trait principal de la chaîne culminante, et dont les masses détachées sillonnent toute F étendue du versant.

Cette vaste nappe de gneiss , dont Freiberg occupe le centre, ne forme en réalité que le premier terme excessivement développé du terrain de transition de Saxe. Vers TO. et vers le N. , se trouvent des zones de micaschistes et de schistes argileux qui complètent la série des roches de ce terrain avant qu'il disparaisse sous les dépôts secondaires.

Nous avons décrit précédemment les filons des environs de Freiberg représentés sur la carte ( planche XV ) , et ceux de Joachimstall représentés sur la carte (planche XIV) ; ces deux champs de fracture renferment les filons les plus célèbres de la contrée, mais ils ne sont pas les seuls.

La partie occidentale de l'Erzgebirge contient une série de gîtes que Ton a souvent appelée une seconde formation métallifère , à cause des différences notables que ces gîtes présentent dans leur composition. Des minerais plus argentifères, le cobalt , le nickel , Turane , caractérisent les filons les plus récents de cette seconde formation , qui présente d'ailleurs des gîtes d'âge très-variable; les uns étant encore liés aux porphyres quartzifères, et les plus modernes aux basaltes. Les gîtes de Schneeberg , Marienberg , Annaberg , Johangeorgenstadt sont presque aussi célèbres que ceux dont nous avons précédemment donné la description , si ce n'est dans les archives de l'exploitation , du moins dans l'histoire géologique des mines et dans les travaux minéral ogiques.

Outre les filons , il existe dans l'Erzgebirge un assez grand nombre de gîtes irréguliers qui sont principalement caractérisés par l'oxyde d'étain.

On trouve en Saxe de l'oxyde d'étain dans quatre classes de gîtes : 1** en stocwerks , composés de veines et de petits amas dans certaines masses de granités et de porphyres (ce sont les gîtes que nous avons appelés gîtes éruptifs ) ; 2** disséminé dans les couches du terrain schisteux avec les substances

S92 nSSCEIPTION DES DISTRICTS MËTALLIFÈEES.

annexes qui lui servent de gangues, telles que le quartz, la tourmaline, la topaze, la chlorite, etc. ; ce sont des gîtes irréguliers métamorphiques; 3® formant de véritables filons-fentes, remplis postérieurement à la formation du terrain qui les encaisse ; 4® en alluvions stannifères dans les vallées où laction des eaux diluviennes a détruit des gisements préexistants sous les formes déjà citées , et accumulé des masses plus ou moins considérables de débris.

Le stocwerk de Zinnwald, dont une galerie est représentée planche YII , fig. 1 , se compose d'une masse hémisphérique de greisen à gros grains. Cette masse est divisée en zones qui suivent la courbe convexe de sa surface extérieure , et sept de ces zones, de 0^,30 de puissance, sont en partie composées d'étain oxydé. Ces zones de greisen, qui semblent résulter d'une espèce de liquation par refroidissement, sont coupées par de petits filons verticaux , de chaque côté desquels les zones stannifères éprouvent des rejets assez considérables , ainsi que rindique la figure ; c^s filons verticaux sont stériles. Ce gîte est évidemment contemporain du greisen dont il fait partie. La masse du greisen stannifère est comprise dans un terrain de porphyre auquel s'arrêtent les zones de minerais.

Le gîte d'Altenberg présente un caractère différent. C'est une masse de porphyre grisâtre, quartzifère, d'environ 400 mètres de longueur sur une largeur de 200 à 300 mètres. Cette roche est stannifère dans toute sa masse , et plus elle est quartzeuse, plus elle est riche en étain. Dans une partie de son périmètre le porphyre passe soit au granité , soit à la syénite ; mais alors il s'appauvrit, et c'est seulement lorsque la roche reprend sa première nature de porphyre gris quartzifère que le minerai reparaît. Cette roche d'Altenberg peut être considérée comme le greisen de Zinnwald , à l'état compacte , et mélangé de feldspath.

Chacun de ces amas ou stocwerks, ou, en d'autres termes, chacune de ces masses stannifères éruptives est différemment caractérisée par la forme et la disposition des veines stannifëres.

A Geyer, par exemple , les veines suivent deè dessins tout à fait irréguliers, mais dont les allures se rapprochent le plus souvent de la verticale; elles se soudent et se ramifient, sans que Ton ait pu constater aucune disposition spéciale, si ce n'est une certaine tendance au parallélisme avec les strates des micaschistes qui s'appuient sur la roche stannifère.

Il est difficile de voir dans ces divers exemples autre chose que des gîtes contemporains d'une roche ignée dont la nature varie et dans laquelle la présence du minerai d'étain est liée à certains caractères minéralogiques qui, eux-mêmes, ne sont pas constants d'un gîte à l'autre. Cette contemporanéité range l'oxyde d'étain parmi les principes constituants des roches éruptives.

Les autres manières d'être des gîtes stannifères, en Saxe, ne présentent rien de particulier : ce sont, comme dans les autres districts et notamment le Comwall , les gîtes métallifères les plus anciens ; les gangues y sont caractérisées d'une manière assez remarquable par le quartz , la chlorite , la tourmaline et la topaze.

En résumé, le porphyre quartzifère de TErzgebirge est la roche métallifère par excellence ; les gîtes d'étain , qui peuvent être considérés comme liés aux phénomènes directs de Téruption des masses principales, sont par conséquent les plus anciens de la série. Les galènes argentifères et les pyrites pauvres argentifères , qui forment le trait caractéristique des filons de Freiberg, minerais liés, à Marienberg, aux minerais d'étain, formeraient une seconde période bien distincte de la période des minerais éruptifs ; enfin , les minerais de cobalt , urane , bismuth et argent , contemporains des basaltes , seraient l'expression la plus récente des actions qui ont produit les minerais. La formation métallifère se serait ainsi prolongée depuis le commencement de l'époque crétacée jusque vers la fin de l'époque tertiaire.

Les chiffres de la production saxonne sont, année moyenne : 66000 marcs d'argent; 8000 quintaux métriques de plomb;

2200 d'étain. A cette production se joint une quantité considérable de produits accessoires , tels que 6000 quintaux de smalt de cobalt , du speiss de nickel , de Toxyde d'arsenic , etc. La production de l'argent est devenue la principale industrie de Freiberg et Tusine d'amalgamation d'Halsbruck entre pour moitié dans la production totale. On y traite des pyrites argentifères qui fournissent , en moyenne , 7 loths au quintal de Saxe.

Le Harz a été très-bien défini : un îlot protubérant formé par les terrains de transition et surgissant au-dessus des plaines secondaires de l'Allemagne septentrionale. Cet îlot elliptique a 10 myriamètres de longueur, depuis Grund jusqu'à Mansfeld, sur 3 de largeur moyenne; il est orienté du S. S. E. au N. N. O. Ses contours sont assez nettement dessinés par le relief du terrain de transition et par les affleurements des couches relevées du Rothliegende , du Zechstein, du grès bigarré, du Muschelkalk, du Keuper, du Lias et de la craie , qui sont appliquées sur les derniers versants , et forment sur son périmètre des lisières ou zones d'affleurements étroites et concentriques.

Vu de quelques kilomètres, et lorsqu'on se place sur les dernières ondulations formées par ces lisières d'affleurement, le Harz apparaît comme une gibbosité surbaissée, dont les pentes s'élèvent doucement et assez régulièrement jusqu'au Brocken, qui est le point culminant ; mais cette apparence de régularité cesse lorsqu'on pénètre dans l'intérieur, et l'on ne voit plus qu'un groupe de montagnes arrondies , tantôt entassées , tantôt séparées par des vallées larges et ouvertes. L'étude des roches constituantes devient dès lors indispensable pour apprécier l'ensemble et les détails de la structure du pays.

Le cône culminant du Brocken (1132 mètres d'élévation'), qui forme le trait le plus prononcé de la structure du Harz, est composé de granité; plusieurs montagnes, également élevées et de même composition , se rattachent au Brocken , et constituent une masse saillante et cristalline autour de laquelle

se contournent et se relèvent les dépôts stratifiés du terrain de transition.

A l'E. de cette masse, qui occupe environ 150 kilomètres carrés , les granités en forment une seconde beaucoup moindre en superficie comme en élévation ; ce sont les montagnes de Rostrapp. Ces granités sont généralement trèscristallins, et peuvent être assimilés aux types de la pointe du Cotentin.

Les terrains de transition du Harz se partagent en deux formations puissantes : celle des tfionschiefer ou schistes argileux , et celle des grauwackes. Ces deux formations, qui paraissent concorder dans la plupart des circonstances , semblent cependant former deux termes assez distincte.

Le développement des thonschiefer commence par des roches siliceuses, kieselschiefer, et se termine en se chargeant de quelques alternances calcaires. Il en est de même des grauwackes, qui commencent par les quartzfeb ou quartzites et se terminent par des calcaires.

En parcourant l'intérieur du Harz , on reconnaît que la disposition des roches stratifiées est constamment subordonnée aux masses granitiques, ainsi désignées comme centres principaux d'éruption et de soulèvement ; mais on reconnaît aussi que la structure du groupe offrirait plus d'unité et de simplicité si les formes n'eussent été compliquées par d'autres causes. Ces causes sont manifestes par la présence fréquente des roches amphiboliques éruptives , désignées sous les dénominations de grunsteins , amphibolites , dzorties, pyroxengeisieirif etc.

Ces amphiholites, d'un vert sombre, souvent cristallines et affectant les structures radiées et globulaires si fréquentes dans ces roches, se rencontrent dans toutes les parties du groupe; les accumulations principales suivent une ligne transversale depuis les environs de Lerbach jusqu'au delà d' Altenau , ligne interrompue par le cap granitique de Ziegenrucke, mais qui reparaît au delà de ce cap, vers Goslar et Harzburg. On retrouve

396 DESCRIPTION DES DISTRICTS MfiTALLIFÊRES.

les mêmes roches amphiboliques autour des granités de TE., à Andreasberg, à Wieda, etc.

Les roches amphiboliques du Harz justifient , par les variations de leurs caractères, la multiplicité des dénominations qui leur ont été données. L'adjonction du feldspath qui les fait bien réellement passer aux diorites, et la substitution de rh3rpersthëne à Tamphibole, sont les principaux éléments de ces transformations. Ces diverses roches, en se soudant aux roches stratifiées suivant le plan desquelles elles se sont souvent insérées, en ont altéré la nature minéralogique et la texture, de manière à déterminer des roches mixtes ou métamorphiques qui ont souvent reçu des dénominations spéciales. Telles sont les blaitersteim et les mandelsteins qui reproduisent les caractères de nos spillites et de nos amygdaloïdes.

Les roches amphiboliques sont les roches métallifères da Harz. Nous avons déjà signalé leurs relations directes et intimes avec les minerais de fer. Ces relations , quoique moins directes, sont cependant analogues entre les diorites des environs d*Andreasberg et les filons métallifères qui sillonnent ce champ de fracture situé dans les schistes argileux. (Voir la planche XIII et la description des filons d'Andreasberg.)

Dans les environs deClausthal et de Zellerfeld, les filons sillonnent la zone des grauwackes ; nous avons précédemment indiqué les caractères généraux de ces filons, qui forment la richesse principale du Harz , et dont le vaste réseau est représenté par la carte (planche XVI).

La composition générale des filons de Clausthal est assez homogène, et se réunit aux caractères de forme et d'allure pour indiquer que tous ces filons, s'ils ne sont pas strictement de la même époque de formation, se rapportent du moins à la même période géologique, et ont été formés par les mêmes influences.

Cette composition générale peut être définie comme un remplissage brêchiforme de roches du toit et du mur, soudées et traversées par des substances nouvelles qui tendent toujours à déterminer dans l'ensemble la disposition caractéristique des

filons , par bandes symétriques parallèles au toit et au mur. Cette disposition symétrique devient même complète lorsque^ accidentellement et dans les parties peu puissantes, les substances nouvelles remplissent seules la fracture.

Ces substances sont, parmi les gangues : le spath calcaire pur ou ferrugineux (braunspath), le fer spathique, le quartz, la baryte sulfatée ; et , parmi les substances métallifères : la galène argentifère qui forme le trait le plus essentiel, la pyrite cuivreuse et la blende.

On peut considérer comme filon principal , le filon intermédiaire qui commence à Wildeman , passe sous Zellerfeld et se termine environ à 2000 mètres à TE. de Clausthal , à la rencontre d'un autre filon , le RosenbusthergaTig ; ce second filon se prolonge à l'O. de Clausthal, par une partie renflée et trèsdi visée, dite Rosenlwfer Zvg , qui est un des points les plus riches de la contrée. Plus au S. , le Silbernaaler commence aux environs de Grund , et se perd dans le même groupe de fissures infléchies à l'approche de la ligne des amphibolites et des gîtes de fer.

Au N. du filon principal , se trouve d'abord un système de fissures très-rapprochées qui peut être considéré comme appartenant à un même filon composé du Hutschenihaler , du Spieffelihaler et du. Herzberger Zug, Le filon de Bockwieser, qui se termine à Schulenberg , est un second système remarquable par sa puissance; enfin , plus au N. , celui de Lauthenthal et Hannenkleer termine le groupe des cassures métallifères qui embrassent ainsi un champ de 9000 mètres de TE. à l'O. , et de 7000 mètres du N. au S.

En résumé , ces six filons principaux courent , suivant une direction générale de TE. à l'O. (direction moyenne de 8 heures), en coupant le terrain de grauwacke et de thonschiefer dont les couches fortement inclinées sont dirigées comme les masses amphiboliques du N.-45o.-E. au S.-45^-0. Ce qui est à remarquer, c'est que ces filons puissants s'arrêtent à une linnite tracée par les roches amphiboliques qui courent de Ler-

398 DESCRIPTION DES DISTRICTS MfiTALLIFËRES.

bach à Altenau , et dont la ligne n'a jamais été coupée par eux ; c'est en quelque sorte une barrière devant laquelle ils s'infléchissent et s'arrêtent.

Ainsi considérée dans son ensemble, la disposition des filons du district de Clausthal devient très^imple, puisqu'elle se réduit à six fractures ou plutôt à six artères principales auxquelles se rapportent tous les filons de la contrée. Ces six artères ont elles-mêmes dans leur ensemble des rapports évidents de parallélisme; de telle sorte que le champ des fractures métallifères peut être considéré comme sillonné par des fentes à peu près contemporaines qui ne se croisent pas entre elles , ne se rejettent dans aucun cas, mais présentent des exemples nombreux de soudures. Quelques failles, postérieures aux filons métallifères, leur font quelquefois éprouver des rejets; mais ces failles sont toujours stériles.

La puissance des filons est très-variable. Lorsqu'ils sont simples, ils ont ordinairement dé 3 à 4 mètres, et il n'est pas rare de les voir se renfler jusqu'à 8 et 10 ; lorsqu'ils se ramifient , la puissance des branches se réduit souvent à 2 mètres , quelquefois à un seul , mais la somme de ces branches constitue presque toujours un écartement plus considérable que celui des parties plus simples (Burgstadter, Rosenhofer). Dans les filons simples et puissants , la partie métallifère n'occupe ordinairement qu'une portion des filons, les salbandes prenant une épaisseur considérable.

La plupart des gîtes métallifères du Harz appartiennent à une seule et même période , contemporaine des éruptions amphiboliques et dioritiques ; cette période ne devant pas être considérée comme im phénomène instantané, mais bien comme une époque de longue durée pendant laquelle ont eu lieu des éruptions analogues dans leurs produits, leurs formes et leurs influences. Il y a, en outre, des distinctions essentielles à établir entre les divers degrés de cette liaison géognostique qui suboi^ donne les minerais aune classe de roches éruptives. Ainsi, on peut distinguer :

J" Les minerais de fer oxydés , formant des gîtes irrèguliers de contact , immédiatement subordonnés aux roches amphiboliques. (Gîtes de contact de Lerbach à Altenau.)

2® Les minerais d'argent, argent anlimonial , argent sulfuré, argent rouge, etc., accompagnés de galène argentifère et d'une grande quantité d'arsenic natif, ayant pour gangues le spath calcaire et le quartz avec géodes tapissées de silicates et de substances zéolithiques. Ces minerais et ces gangues remplissent \es filons du territoire d'Andreasberg; ils sont postérieurs aux principales masses dioritiques et antérieurs à quelques autres.

3® Les galènes plus ou moins argentifères , et les blendes accompagnées de pyrites martiales et cuivreuses , avec gangues de spath calcaire, spath ferrifère, quartz et baryte sulfatée. Ce sont les principaux filons du pays ; ils sont concentrés dans le district de Clausthal et postérieurs aux principales masses amphiboliques de Lerbach et d' Altenau.

4** Les filons cuivreux , où là pyrite cuivreuse est presque isolée des autres minerais ; les gangues sont quartzeuses , et Ton y trouve dû spath fluor en plus grande quantité que dans les autres. Ces filons cuivreux sont ceux de Lauterberg.

5" Enfin il y a encore au Harz quelques exemples de filons peu puissants, caractérisés principalement par la présence du sulfure d'antimoine. Les filons de Stollberg, remarquables par le spath fluor qui domine souvent les autres gangues , appar • tiennent à cette cinquième catégorie, et leur position vers le contact du terrain schisteux traversé par des masses porphyriques éruptives , les assimile , sous le rapport des conditions de gisement, aux filons d'Andreasberg. Près de Wemigerode, les fiions sont cobaltifères. Le plomb sélénié de Tilkerode se trouvait dans un gîte placé immédiatement entre une roche éruptive (Hypersthène et Labrador) et le terrain schisteux; outre ce plomb sélénié , on y a trouvé de l'or natif et du palladium en paillettes , la gangue était formée de spath calcaire et d'oxyde de fer.

400 DESCRIPTION DES DISTRICTS MfiTALUFÈRES.

Tels sont les gîtes principaux qui alimentent la production de ce district.

Les travaux souterrains du Harz se sont considérablement accrus en étendue et en profondeur depuis la description classique qui en a été publiée en 1815. La profondeur moyenne des puits de Clausthal dépasse aujourd'hui 500 mètres ; le Samson, qui a dépassé 800 mètres , est actuellement le puits d'exploitation le plus profond. La grande galerie d'écoulement qui débouche à Grund sera bientôt remplacée par une autre de 16 000 mètres; enfin toutes les mines de Clausthal sont actuellement reliées par des galeries et des canaux souterrains , et forment le plus bel ensemble de travaux qui ait jamais été exécuté.

Le travail du Harz peut être évalué d'après les chiffres suivants : la production annuelle en minerais triés (non compris les minerais de fer), est d'environ 1 000 000 de quintaux métriques qui proviennent d'une extraction de minerais bruts d'environ 4 000 000 de quintaux. Il résulte des travaux de triage et de traitement mécanique, environ 180 000 quintaux métriques de minerais en morceaux, provenant principalement du Rammelsberg, et 113 000 quintaux de schlicks» qui fournissent ensemble 31 000 quintaux de plomb et litharge, 3000 quintaux de cuivre, 70 de zinc, 50000 marcs d'argent et 11 marcs d'or.

La production de la fonte est de 500 000 quintaux métriques, celle du fer de 180000.

Un des traits les plus intéressants de la richesse métallifère de l'Allemagne est la petite couche schisteuse métallifère, connue sous la dénomination de kupferschiefer et dont nous avons précédemment indiqué les conditions de gisement.

Les travaux d'exploitation ont surtout été développés aux environs d'Eisleben , Gerlstadt et Sangerhausen ; on y extrait toute l'épaisseur de la couche dans laquelle se trouve disséminé en veinules et en particules , un cuivre gris un peu argentifère. Par quintal de kupferschiefer on obtient en moyenne 2 kilog. de cuivre. On extrait également l'argent. Les produits, qui se sont élevés, en 1806, jusqu'à 8000 quintaux métri-

DISTRICTS MÉTALLIFÈRES DE L*ALLEMA(;NE. 40i

ques de cuivre et 3000 kilogr. d'argent, ne sont guère aujourd'hui que de 4000 quintaux de cuivre et 1700 kilogr. d'argent.

Cette couche métallifère est parfaitement stratifiée et présente un exemple remarquable des sédiments dont le dépd| et le métamorphisme sont contemporains. La seule hypothèif^ probable , et par laquelle on puisse rattacher cette couche à la généralité des gîtes métallifères , est d'admettre que les émanations ont été produites dans les eaux qui déposaient les principes terreux; il est à remarquer que presque tous les calcaires qui accompagnent le kupferschiefèr sont à l'état do* lomitique.

La Silésie est un district métallifère d'une grande importance. Les minerais s'y trouvent non -seulement dans les montagnes du Riesenbirge , de TEulengebirge et des Sudètes qui en forment les hautes régions , mais aussi dans la partie basse , aux environs de Tamowitz , point sur lequel une couche calcaire se montre très-souvent métallifère et contient des amas nombreux de plomb sulfuré, de fer oxydé et de calamine. Les mines de plomb les plus suivies dans cette couche s'étendent de Georgenberg à Benthen : les mines de fer s'étendent surtout au N. E. de Tamowitz; les mines de zinc sont réparties au S. E. de Tamowitz et près de Scharley sur une longueur de 11 kilom. et une largeur de 7.

La mine de plomb de Tamowitz produit 25 000 quintaux métriques de minerai qui donnent à la fonte 19 000 quintaux de plomb et 1500 marcs d'argent. Les mines de zinc produi* sent en moyenne 600 000 quintaux métriques de minerais qui fournissent 150 000 quintaux de métal ; c'est le principal élément de cette fabrication en Europe.

Provinees Bhënanes*

Le massif du terrain de transition , qui est traversé par le Rhin à la hauteur de Cologne, Bonn et Coblentz, et comprend les provinces du Weslerwald, du Taunus , de YBifel eida

Hundsruck, présente quelques exemples de gîtes assez remarquables.

Cette contrée n'offre pas» comme les précédentes, une forme déterminée , coordonnée à un point culminant ou à une crête de partage; c'est une surface inégale et ondulée, dont l'accidentation générale ne présente aucun trait d'ensemble. Les roches schisteuses en composent toute la surface , avec prédominance des schistes argileux à l'ouest , et des grauwackes à l'est; les roches ignées , en masses clair-semées , ne constituent aucun de ces centres de soulèvement qui déterminent à la fois un caractère physique , et les traits de direction générale , d*incli* naison et de succession des dépôts sédimentaires qui les enveloppent.

Les gîtes métallifères paraissent en quelque sorte partager cette absence d'unité et de centralisation des conditions physiques et géognostiques de la contrée. Ils se trouvent , comme par l'effet du hasard, dans telle montagne, dans tel vallon , sans qu'on puisse rattacher leur présence , soit aux masses éruptives, qui n'affleurent pas, soit à la forme physique , qui n'a aucun trait prononcé. Aussi trouve-t-on ces g^tes clair* semés se rapportant bien plus souvent aux types irrégulierâ qu'aux filons.

Le pays de Siegen , compris entre le Rhin et Cassel , est Is partie de ce terrain de transition la plus riche en ^tes métallifères. Les minerais de fer, consistant en peroxydes et surtout en fer apathique manganésifère , y constituent le trait principal de la richesse minérale. Ces minerais ont donné naissance à la fabrication directe des aciers dits aciers naturels ; des gîtes d'oxydes de manganèse, nécessaires à cette fabrication, sont presque toujours liés aux gîtes ferrifères. Il existe, en outre, dans ce massif, une quantité très-considérable de filons contenant des minerais sulfurés, blende, galène argentifère, pyrite cuivreuse, etc. On peut classer tous ces gttes métallifères en trois catégories très-distinctes :

V Les filons de fer spathique , filons puiasauts ^ dont le gîte

da Stahlberg (planche XIV) est l'exemple le plus développé. Ces < gîtes aifeotent souvent des formes et allures plus rapprochées de celles de filons réguliers ; ainsi , à Arnzau , près Linz , il existe un véritable filon de fer spathique dont la puissance varie de 2 à 12 mètres; il a été suivi en direction sur une longueur de plus de 200 mètres. Les environs d*Ucherath con tiennent des filons de la même nature.

2® Les filons de blende et galène, qui sont les plus nombreux» ¥aï première ligne se trouvent ceux qui forment un fai^sceau si remarquable dans les environs d'Holzappel et d'Obemhoff > ot s'étendent jusque vers Saint-^oar , de l'autre côté du Rhin. Beaucoup de ces filons , dont le WesterWald est sillonné , se lient aux fers spathiques ; tels sont ceux du Schwabengrube dans le Stahlberg ; celui d' Arnzau , exploité pour les galènes qui accompagnent le fer spathique ; ceux de la Louise, près Ucherath; ceux de TAntonius, etc., aux en* virons de Siegburg. Ces filons sont très-remarquables par leur situation presque toujours concordante avec la stratification du terrain , et les allures souvent curvilignes qui en résultent.

3® Les filons cuprifères , à gangues de quartz, constituent la troisième catégorie. Le plus célèbre de tous est celui de Rheinbreitbach , qui fournit de beaux échantillons de cuivre oxydulé capillaire et de cuivre phosphaté. Le minerai normal est un cuivre panaché mélangé de pyrite et de sulfure; dans quelques autres filons c'est la pyrite cuivreuse qui domine, mais tous ont le quartz pour gangue presque exclusive.

Ces divers filons sont tous concentrés dans les terrains de grauwackes et de schistes argileux; mais, au contact de ces terrains avec les schistes et calcaires anthraxifères , il existe des gîtes de nature toute différente ; ce sont les hydroxydes de fer et las calamines. Ces gîles traversent les provinces rhénanes des environs de Liège à Stolberg, et jusque vers Brilon, sur la rive droite du Rhin, se maintenant toujours dans la même zone géologique é

404 OBSCRIPTION DES DISTRICTS MÊTALUFÈRES.

Le principal gîte calaminaire se trouve à Moresnet, entre Herbesthal et Aix-la-Chapelle ; on le désigne sous le nom de la Vieille-Montagne. Ce gîte se présente sous la forme d'une vaste excavation ellipsoïdale, creusée dans un amas allongé, situé au contact des schistes anthraxifères et des calcaires carbonifères. Dans cet amas de 400 mètres sur 150 à 200 de largeur, la calamine chargée d'oxyde de fer forme des masses irréguliëres, noyées dans des argiles délayables, jaunes, rouges, noires, rubanées, bariolées, sans stratification réelle. Le minerai proprement dit est jaune, compacte et criblé de géodes cristallines dans lesquelles se reconnaissent les prismes de la calamine et les rhomboèdres de la smithsonite.

Vers leurs contacts avec les roches stériles , les masses cala^ minaires affectent une structure bréchiforme très-prononcée. Elles contiennent des fragments anguleux de schiste , d'argile endurcie, appartenant évidemment aux roches encaissantes, et dont la présence jusque dans les masses centrales démontre que ce gîte est d'origine postérieure. Mais quels peuvent être les détails de cette origine? quel en est même le principe? ce sont des questions auxquelles il est presque impossible de répondre si, après avoir étudié legîte de Moresnet, on n'examine aussi les autres, afin de considérer le phénomène des gîtes calaminaires, non-seulement dans ses détails, mais encore dans son ensemble.

Le gîte de la Vieille -Montagne n'est pas isolé ; dans des positions identiques , c'est-à-dire vers le contact des schistes et des calcaires carbonifères , tantôt dans un des deux terrains , tantôt dans l'autre , quelquefois dans les deux à la fois, on trouve de nombreux indices et quelquefois d'autres gîtes calaminaires , toujours disposés entre les plans de stratifiéetion . Ainsi , on rencontre ces calamines à Herrenberg , près Stolberg, où il a existé des exploitations assez importantes, et vers l'ouest, dans la vallée de la Meuse, à Engis, à Huy, a Verviers , à Corphalie ; tous ces gîtes affectent en réalité une disposition linéaire suivant la direction des couches schisteuses et leurs affleurements.

M. Davreux a bien défini le gîte de la Vieille-Montagne en le représentant, non pas comme on amas unique, mais comme résultant de l'accumulation sur un seul point d'un grand nombre de petits amas disposés irrégulièrement, et enveloppés soit dans les calcaires dolomitiques, soit dans des argiles bolaires dont la variété noire rappelle beaucoup les caractères de l'ampelite alumineux. Ces amas ont souvent la forme de veines et de filons irréguliers ; nulle part ils n'ont l'apparence de couches.

La puissance et la richesse de ces gîtes est extrêmement variable. Tantôt ils se réduisent à des veines ou lits irréguliers interposés entre les couches, veines toujours apparentes par leurs couleurs ocreuses ; tantôt ces veines prennent de l'importance, se renflent et conduisent à de véritables amas, comme celui d'Engis qui a 10 mètres d'épaisseur, ou comme celui de la Vieille-Montagne qui en a 100. A Engis, ces gîtes traversent la stratification de plusieurs couches calcaires qui paraissent contenir ainsi des amas dans des fractures.

La teneur en zinc est également très-variable. Le minerai de la Vieille-Montagne , exploité à ciel ouvert , presque sans distinction , sort par un simple triage au titre de 35 pour 100. A Engis , le minerai trié et lavé pour le débarrasser de l'argile contient 25 pour 100. En beaucoup de points, il ne contient plus que quelques centièmes ; les oxydes de fer venant , en quelque sorte, éliminer le silicate et le carbonate de zinc. Sur beaucoup de points , et notamment à Engis , Stolberg, Corphalie, la calamine contient souvent des sulfures, tels que la blende, la galène et la pyrite de fer.

Les gîtes calaminaires sont donc essentiellement irréguliers dans leurs formes et dans leur composition ; mais ils sont constamment dans la même position géologique. Ces plans de gisement des amas métalliières ne paraissent d'ailleurs justifiés par la présence d'aucune roche ignée postérieure aux roches stratifiées encaissantes ; aussi les ingénieurs du pays les ontils souvent regardés comme de simples dépôts ou remblais ,

406 DESCRIPTION DES DlSTBICtS MtitALLIFÈRES.

intercalés dans des vides ou poohes qui existaient dans le terrain, opinion qui semble souvent confirmée par Tapparence bréchiforme des amas. Si l'on vient cependant à discuter cette origine des gîtes par l'étude des roches qui les constituent et des roches qui les encaissent, on pourra rassembler un grand nombre de faits qui les distinguent des véritables minerais stratifiés , tels , par exemple, que les minerais de fer d'alluvion.

n résulte d'un premier examen que ces minerais calaminaires sont postérieurs aux roches encaissantes , puisqu'ils en contiennent des fragments anguleux , véritables débris du toit et du mur. II n'y a aucune trace de stratification horizontale comme dans les minerais alluviens ; les minerais sont cristallins, on y trouve des géodes , des druses comme dans les filons, et des zones ondulées parallèles aux contours des masses. Enfin, les sulfures, tels que la galène, la blende, la pyrite martiale ou cuivreuse, sont des minerais que nous sommes habitués à attribuer aux phénomènes métamorphiques.

Les contours des grands amas calaminaires ne sont pas net^ temenl définis comme ceux de cavités remplies par une aotion sédimentaire. Il y a le plus souvent pénétration , imbibition du minerai dans le terrain encaissant; de telle sorte que les limites se pressentent par le mélange des éléments du toit et du mur. Cette pénétration s'oppose à toute assimilation avec les cavités remblayées , si fréquentes dans le terrain jurassique ; pour en apprécier l'origine, étudions les conditions dans lesquelles se présentent les roches encaissantes.

Ces roches sont toujours les schistes anthraxiftres ou les calcaires rarboniferos ; or, dans les deux cas, elles ©firent des circonstances remarquables d'altérations métamorphiques, altérations qui sont ordinairement propres aux plans de contact de ces roches avec les roches ignées. Les calcaires sont massifs , cristallins et dolomitîques ; les schistes sont pénétrés de pyrites, et, en beaucoup de points, convertis en schistes

alunif^res ; souvent même on voit les roches encaissantes s'al-

térer et se modifier vers les contacts, au point qu'il y a son-

PHOYINCES HHeNANES. 407

vent des passages entre elles et les minerais. Ainsi, au milieu du gtte de Moresnet, les calcaires qui, d* abord , sont devenus durs et dolomitiques vers le contact, s'avancent dans la masse calaminaire , et là se colorent , sont friables , et contiennent une quantité notable de calamine, souvent jusqu'à 5 et 10 pour 100.

Si l'on considère la position fortement accidentée et toujours très-inclinée des couches du terrain anthraxifère , on concevra que le terrain , placé dans une position aussi anormale, a dû subir des ruptures en beaucoup de points , et que les plans de contact de deux roches aussi hétérogènes que les schistes et les calcaires devaient servir de clivages naturels. Or, le terrain disloqué se trouvant au-dessus du foyer souterrain , ces plans de rupture ont servi d'évents naturels , et il s'y est établi des solfatares métallifères dont les gîtes calaminaires, les schistes pyriteux alunifères et les dolomies sont aujourd'hm les diverses expressions.

Les calcaires ont été le siège principal de ces sublimations ; outre les calamines , ils contiennent , sur beaucoup de points du pays de Namur et de Liège , des gîtes de galène et de cuivre carbonate, accompagnés de gangues caractéristiques, telles que le spath fluor et la baryte sulfatée. Au contact de tous ces minerais , le calcaire se transforme constamment en dolomie ; et comme aujourd'hui les idées théoriques sont assez positivement fixées sur l'origine des galènes, pyrites de cuivre, etc. , . , la concordance des caractères que prennent les roches encaissantes au contact des galènes ou des calamines devient encore une preuve de l'identité d'origine qui réunit tous les minerais de la contrée.

La majeure partie des minerais de fer exploités dans la vallée de la Meuse appartient à des gîtes irréguliers, dont beaucoup sont intimement liés aux gîtes de calamine. Ces minerais de fer, liés aux gîtes calaminaires, se trouvent surtout vers la rive gauche ; dans le canton de Héron , le fer hydroxydé constitue sept à huit filons verticaux, dont l'ensemble

a plus de 1000 mètres de longueur et dont la puissance varie de 0"\30 à 2, 3 et jusqu'à 10 mètres. Ces filons, comme les calamines , traversent le calcaire et ses dolomies ; ils contiennent de la galène et du plomb carbonate qui ont donné lieu autrefois à des exploitations assez actives; on y trouve de plus de la calamine et de la blende.

La galène, le plomb carbonate, la calamine se retrouvent encore dans les minerais de Rocheux et des environs de Theux ; à Landenne , on a exploité un filon rempli de calamine et de galène. Enfin , on trouve dans le pays de Liège, de la galène, de la calamine, et surtout des oxydes de fer, presque partout où il existe des dolomies , et suivant toute la ligne qui sépare les ampelites alumineux du calcaire anthraxifère.

La disposition de ces terrains du pays de Liège et les conditions de distribution géographique des minerais qui s'y trouvent, sont très-bien exprimées par cette note de MM. Lamine et Davreux : ** Si Ton part des environs d' Ampsin qui se truu- M vent au sud-est du terrain houiller, en se dirigeant au nord- M ouest , sur Yillers , de manière à couper les affleurements « successifs des terrains fortement inclinés , on rencontre : "1** une bande de calcaire de 50 à 60 mètres désigné sous le

- nom de petit calcaire concomitant , contenant des parties de « dolomie et coquiller à sa limite nord-ouest ; 2® une bande de

- 120 à 140 mètres de schistes et de psammites micacés; « 3** trois petites couches de minerai de fer oligiste, terreux,

- granuliforme, désigné sous les noms de grosse mine (O'",40d'é- " paisseur) , belle mine (O^.SS) et petite mine (O^.SO) ; ces trois

- petites couches forment , avec les schistes qui les accompa- •• gnent , un ensemble de 40 mètres de puissance ; 4** un psam- " mite très-quartzeux de 10 mètres, propre à faire des paves; " 5** une bande de psammites et de schistes micacés de 40 à « 50 mètres, contenant une petite couche de calcaires à entro-

- ques ; 6" une large bande de 250 à 300 mètres composée de "dolomies et de calcaires anthraxifères : ce sont ces roches qui

M sont désignées par les ouvriers du pays par la dénomination » de gi^ands rochers des alunières ; V la zone métallifère carac- <i térisée par les minerais de fer, zinc et plomb ; 8® Tampelite •• alumineux ; 9° le terrain houiller, proprement |dit. Tout ce I» système, de roches incline au sud-est* *•

Ainsi, la position géognostique des minerais est fixe ; et quoique ces minerais soient postérieurs au terrain , quoiqu'ils appartiennent à la classe des gîtes irréguliers, les phénomènes générateurs, en agissant suivant un clivage bien déterminé du terrain , leur ont fixé une place où Ton peut les rechercher à priori et avec autant de certitude que peut en fournir l'étude géologique des terrains.

Si Ton compare les gîtes du pays de Liège à ceux dont les descriptions précèdent , on trouvera entre eux des différences prononcées , et par Tirrégularité indéfinissable des formes de ces gîtes et par leur position géognostique constante. On sera frappé de voir ces minerais dépendre en quelque sorte du terrain encaissant par leurs habitudes de gisement.

PIstrIets Biétiilllfères de TAntrlehe, dn Piémont*

de ritAlle.

La partie méridionale de l'Allemagne renferme plusieurs districts métallifères d'une grande importance.

C'est principalement dans le Tyrol, la Bohême et la Hon* grie que se trouvent les mines de l'Autriche ; ce pays peut être considéré comme celui de tous les Etats européens qui produit la plus grande quantité d or et d'argent , les mines de la Russie étant presque toutes situées en Asie. L'étude de cette production présente donc quelque intérêt non-seulement à cause du gisement, mais encore sous le point de vue de l'exploitation.

A Bockstein , dans le Salzbourg , à Zell en Tyrol , on exploite des filons à gangue de quartz, avec schiste argileux provenant des débris du toit et du mur, qui contiennent de la

4i0 DESCRIPTION MS MSTRICTS ■tTALUFËMBS.

pjnrite aurifère , du mîspickel argentiftre , du euÎTre gris argentifère et de l'argent sulfuré. On est arrivé à retirer avee avan« tage l*or de minerais qui n'en contiennent que de 0,000016 à 0,000006, et même encore au-dessous. Ainsi à Zell, de 60 000 quintaux de minerai, on retire année commune 35 marcs d*or, c'est-à-dire que la teneur moyenne n'est que de 0,000004, L'argent contenu dans cee minerais est de six à sept fois b teneur de l'or, c'est-à-dire dans la proportion de 0,000025.

Cette loi ou teneur des minerais aurifères et argentifères du Tyrol doit être remarquée • elle fera apprécier, lorsque nous citerons les circonstances de gisement et de richesse des minerais des Amériques , tout ce que l'art de l'exploitant a dû faire dans ce pays pour rendre possible l'extraction de quantités si minimes.

L'Autriche possède une partie des mines de la Bohème, situées sur le versant méridional de l'Erzgebirge. Ces mines, outre les métaux ordinaires , livrent au commerce une quantité considérable de smalt de cobalt (2000 quintaux) et d'arsenic blanc. Cette partie de la Bohême alimente aussi cinquante hauts fourneaux, mais le siège principal de la production du fer est la Moravie , la Styrie et la Carinthie ; celte dernière province produit, en outre, une quantité considérable de plomb extrait de gîtes irréguliers qui existent dans la montagne de Bleyberg. L'importance de ces divers districts de mines peut être appréciée par les chiffres de leurs produits annuels :

Bohême. .

Moravie.

Styrie. .

CarÎDthie.

Salzbourg Tyrol. .

P«r, qnint. Caivro, qnint. Or, marei. Arf^Bt. ««rM. Pl«mb, qaHrt.

9 000 > 120 soc

Le mercure produit par l'Autriche est entièrement dû au gîte de cinabre d'Idria en Carniole.

Dans la Hongrie comme dans le Tyrol, le gisement des mi-

DISTRICTS MtTALLirtRES DB L'AOTHICRB , ETC. 4M

nêmis d'argent paratt se confondre aveo celui des minerais d*or; Schemnitz et Kremnitz sont le centre du district de la Basse- Hongrie , le plus riche de tous ; la Haute-Hongrie forme un second district, comprenant les établissements de Schmolnitz et Arandjydka ; le troisième est la contrée de Kapnick et de Nagy-Bania, sur la frontière de Transylvanie ; le Bannat, voisin de la Turquie, forme le quatrième : tous fournissent des minerais cuivreux argentifères.

Le gisement de ces minerais est en filons puissants mais peu continus, assez généralement parallèles entre eux, coupant le terrain encaissant sous des angles de 40 à 45 degrés , et s'intercalant quelquefois entre les plans de la stratification des couches. Le terrain encaissant se compose de porphyres souvent amphiboliques , liés à des syénites qui passent au granité, Les gneiss, micaschistes et calcaires semblent subordonnés aux roches ignées, tant celles-ci acquièrent de puissance.

Les filons de Schemnitz ont rarement au-dessous de 6 à 8 mètres, et atteignent, en quelques points, jusqu'à 40 mètres de puissance. Les gangues sont : des quartz drusiques, cariés , ferrugineux ; de la chaux carbonatée ferrifère ; du suU fiate de baryte ; quelquefois de la chaux fluatée.

Les minerais disséminés dans ces gangues sont : de Vargent sulfuré mélangé d'argent natif et d*une quantité variable d*or ; du cuivre gris , du carbonate de manganèse , de la galène argentifère, de la blende, des pyrites de cuivre et de fer. Toutes ces substances se trouvent isolées ou mélangées en toutes proportions , de manière à fournir des minerais dont la richesse varie depuis 60 pour 100 d'argent jusqu au titre le plus pauvre. L'or accompagne presque toujours l'argent dans une proportion variable.

Les filons de Kremnitz peuvent être assimilés aux précé-^ dents ; on a seulement signalé , dans les gangues , une prédonninance plus notable du quartz, et, dans les minerais, une plus grande proportion d*or ainsi que la présence de l'antimoine sul-

4iS DESCRIPTION DES DISTRICTS MtTàLLIFtRES.

furé. Les filons de Kapnide renferment plus de chanx flnatée que ceux des autres localités ; ils contiennent en outre beaucoup d'arsenic sulfuré jaune et rouge.

Les principales exploitations sont groupées autour de la ville de Schemnitz, et sont desservies par des madiines à colonne d'eau d'une puissance et d'une exécution remarquables. Dans ces usines, qui sont exploitées par le gouvernement autrichien, on a commencé , il y a plus de cinquante ans . le travail souterrain le plus gigantesque : c'est une galerie d'écoulement « dite de Joseph II , qui a son embouchure aux bords de la Gran, et se dirige par les mines de Hodritz vers celles de Schemnitz ; sa longueur sera de 16000 mètres. La production des quatre districts métallifères de la Hongrie et de la Transylvanie est actuellement :

Or. 5 000 maros. Argent. 75 000 marcs.

Cnivrt. 50 000 quintaux. Plomb. 20 000 quintaux.

Mercure. 150 » Fer. 250 000 »

Antimoine. 6 000 » Cobalt. 5 000 »

Les Alpes ne renferment pas des gîtes métallifères proportionnés à l'importance de leur accidentation. Diverses exploitations ont été ouvertes dans le Valais, dans les Grisons, etc., sans mériter d'être classées dans la production, et ce n'est guère que dans les Alpes piémontaises que nous pouvons trouver quelques gîtes qui méritent notre attention. Ces gîtes sont généralement liés à la sortie des roches serpentineuses ; les minerais de fer y sont en première ligne. A Traverselle dans la province d*Ivrée, à Cogne dans la province d'Aoste, des masses de fer oxydulé fournissent environ 100000 quintaux minerai par année.

Divers filons des Alpes piémontaises , les uns contenant de la galène argentifère , les autres exploités pour la pyrite auri* fête y nous offrent quelque intérêt par leur proximité , et parce que Pesey, où se trouvent les mines principales, fut, sous VEmpire, le berceau de notre école des mines.

Les seules mines d'argent et de plomb en exploitation dans

les Etats sardes sont celles de Pesey et Macot, dans la Tarentaise, celle de Saint-Jean de Maurienne et de Tende. La mine de Pesey, découverte en 1714, fut d'abord exploitée pour le compte d'une compagnie anglaise à laquelle succéda une compagnie de nationaux, puis le gouvernement français; elle appartient aujourd'hui à l'État, qui y occupe 260 ouvriers. La mine de Macot n'a été découverte qu'en 1807 ; elle a toujours été exploitée au profit de l'Etat ; elle occupe 230 ouvriers. Enfin la mine de Saint-Jean de Maurienne, qui n'est exploitée que depuis une vingtaine d'années environ , et qui n'a jamais employé plus de 20 à 30 ouvriers, est aujourd'hui presque entièrement épuisée. Les produits réunis de ces mines ont donné dans l'espace d'un siècle les résultats suivants :

PLOMB. A&OENT. VALEUR.

Exploitation

. Par la compagnie anglaise.. . de 1746 à 1760 Par la compagnie nationale. . de 1760 à 1792 Par le goavernement français de 1792 à 1814 Par le gouvernement sarde. . de 1814 à 1824

» de 1824 à 1834

— de 1834 à 1842

Totaux. . . .

Les minerais de Pesey, de Macot et de Sain tr Jean de Maurienne se transportent en totalité à la fonderie royale d'Albertville. On en retire , année moyenne , 600 kilogr. d'argent , 250 quintaux de litharge, et 2500 quintaux de plomb. La valeur totale de ces produits est d'environ 300 000 fr.

Les filons de pyrites aurifères actuellement exploités dans les vallées d'Anzasca, de Toppa et d'Antrona, dans la province de Pallanza, sont concédés à vingt-cinq entreprises différentes ; 400 ouvriers y sont employés pour abattre le minerai, l'extraire de la mine , le trier, le transporter aux moulins d'amalgation et le triturer. Les plus importantes de ces vingt-cinq concessions sont celles de Peschiera, employant 115 ouvriers, et de Minerone di Sotto , qui en occupe 65 ; toutes deux sont dans la vallée d'Anzasca.

Quint, met.

Kilogr.

Francs.

414 DKSQRlPTiON DES DISTRICTS MSTÀLLlFfiRM.

Le produit annuel des yingt-cinq exploitations peut s'estilher comme il suit :

Or. YalMT.

Vallée d'ÀQiâMA. ... 163 867 gruftatt* 408 400 franoi.

— de Toppa 19 424 — 60 000

— d'Antrona. ... 20666 — 63760

On exploite encore, pour le compte du gouvernement, on autre filon auriière à Alagna, dans la vallée de Sesia, province de Novarra. Cette exploitation n'occupe qu'une dizaine d'ouvriers, et son produit peut être d'une valeur de 6 à 7000 fr

Du Piémont nous sommes naturellement conduits en Toscane, dont nous avons déjà décrit les mines principales : monle Catini et Campiglia pour les mines de cuivre; l'île d'Elbe pour les mines de fer.

La chaîne métallifère de la Toscane contient un grand nombre de gîtes liés aux roches serpentineuses qui occupent une place importante daiis Taccidentation du sol. Ces divers gîtes appartiennent à quatre catégories distinctes, qui sont :

1^ Des gîtes de contact , consistant en amas et filons irréguliers , placés suivant les plans de contact des serpentines et des gabbros altérés ; ces gîtes pénètrent même dans les masses serpentineuses , et y constituent des veines qui peuvent être considérées comme les fissures de retrait de ces masses. Dans toutes les parties de la chaîne , des émanations exclusivement cuprifères ont ainsi succédé à la sortie des serpentines, et, sur quelques points, les minerais sont même directement contenus dans les roches éruptives.

2'' Des dykes éruptifs composés d'amphiboles, d'hématites et d'yénites qui ont soulevé et fracturé le sol du Campigliese. Ces dykes sont métallifères ; ils contiennent du cuivre pyriteux , du fer sulfuré , de la galène et de la blende , disséminés de telle sorte que les gangues et les minerais sont évidemment contemporains. Ces dykes s'isolent des éruptions serpentineuses par des directions spéciales.

3** Des amas et dykes éruptifs composés presque exclusive-

DUTRIGTS MtTALLIPtRES DE L'ITALIE, ETC. 415

ment de fer à tous les degrés d'oxydation. Les minerais de fer de Tîle d*Elbe forment le type de cette classe de gîtes , égale* ment représentée dans l'intérieur de la chaîne ; leur sortie a déterminé des soulèvements qui sont parallèles à ceux du Campigliese.

4® Des couches quartzeuses contenues dans la formation crétacée inférieure du Massetano et des environs de Montieri. Ces couches sont imprégnées de veinules et de particules métallifères suivant une zone dirigée de Montieri à l'Accesa; leur développement concorde toujours avec un métamorphisme trèsprononeé de toutes les couches de terrain, et parmi les effets de oe métamorphisme on remarque surtout l'intrusion du quartz et la transformation des schistes en alunites. Les minerais dis* séminés dans ces couches quartzeuses comprennent tous ceux de la série des gttes précédents : le cuivre pyriteux, le cuivre gris, la blende, la galène, des sulfures multiples argentifères, ea&a le fer oxydé et pyriteux. Les phénomènes prolongés qui seuls ont pu donner naissance à cette zone métallifère com* premient donc, suivant toute probabilité, la plus grande partie de la durée de l'action génératrice.

Ces quatre types , auxquels nous rapportons ainsi tous les gStes métallifères de la Toscane, sont, en réalité, liés entre eux par des gîtes de passage. Néanmoins, il est à remarquer, qu'à part le type des gîtes placés au contact des serpentines , gttee qui constituent un phénomène général dans la chaîne, les autres types se sont développés dans trois districts séparés ou ils dominent, et qu'ils caractérisent d'une manière différente.

8aèd« et No^wége*

Le vaste massif Scandinave qui constitue la Suède et la Nor* wége esti en grande partie, composé de terrains schisteux et de calcaires de transition accidentés par des granités, des porphyres et des roches ampbiboliques. Les gîtes métallifères y sont très^multipliés et ils auraient plus d'importance encore si

416 BBSGRIPTION DES DISTRICTS MÉTALUFÊRES.

les exploitations n'étaient entravées par la difficulté des transports.

Les roches amphiboliques paraissent avoir été, en Scandinavie comme en Toscane, le principal véhicule des émanations métallifères ; elles y servent souvent de gangues aux minerais de cuivre et de fer. Ainsi la production du cuivre est due en grande partie au célèbre gîte de Falhun en Dalécarlie ; c'est un amas vertical et allongé de fer sulfuré , se ramifiant dans des roches amphiboliques qui raccompagnent, et qui loi servent même de gangue ainsi que le quartz. La zone extérieure de cet amas , découvert sur une distance de 400 mètres , est mélangée de pyrite cuivreuse, but de Texploitation établie aujourd'hui à une profondeur de 350 mètres : ce minerai ne contient en moyenne que 2 1 à3 pour 100 de cuivre. Il existe en Norwége d'autres gîtes analogues à celui de Falhun, mais leur position est généralement d'un abord difficile. Une compagnie anglaise en a longtemps exploité un près du cap Nord, malgré l'intensité du froid.

Cette partie de l'Europe est une des plus riches en minerai de fer, dont l'état minéralogique est presque toujours Toxydole. M. Elie de Beaumont a fait remarquer que tous ces gîtes étaient disposés suivant une zone qui traverse la contrée, depuis le lac Onega jusqu'à l'angle S. O. de la Norwége. Suivant cette longueur, les gîtes de fer oxydulé sont souvent accompagnés de porphyres amphiboliques qui, dans beaucoup de cas, leur servent de gangues. Dans la montagne de Taberg, une masse de fer oxydulé est enclavée dans l'amphibole , mélange avec elle , et ce mélange paraît avoir constitué , comme en Toscane , une véritable roche éruptive. L'amphibole est encore l'annexe caractéristique des minerais de cobalt de Tunaberg et des pyrites magnétiques qui les accompagnent*

Les mines de plomb et d'argent représentent une génération métallifère très-distincte et leur gisement doit être rapporté aux filons ; telles sont les mines de Sahla et celles de Kongsberg » mentioimées dans le chapitre précédent:

M. Daubrée, auquel nous devons une description intéressante des gîtes de la Suède et de la Norwëge, en résume ainsi la classification.

Les gîtes, exploités dans les deux royaumes, peuvent être partagés en cinq catégories :

1* Les dépôts ferrifères , qui aujourd'hui encore continuent à 86 former dans le sein des marais et des lacs (myrmalm, sec' tnalm] ;

2* Les filons proprement dits [gaenge] ; 3^ Les amas de contact situés vers la jonction des terrains de transition et des roches ignées ;

4® Les amas incorporés dans les roches ignées telles que les amphibolites ;

5® Les amas enclavés et intimement soudés dans le gneiss. Parmi ces différentes formes, c'est la dernière qui est, sans ODmparaison , la plus fréquente ; plus des trois quarts des ridiesses métallifères de la Suède consistent en amas enclavés dans le gneiss , et nulle part sans doute en Europe les dépôts de cette sorte ne sont aussi nombreux et aussi développés. Les principaux districts des mines sont, en Suède : P La Laponie de Torneo et celle de Luleo. Parmi les nombreux amas de minerai de fer que renferment ces provinces , ceux de Gellivara, de Eierunavara et de Luossavara dépassent, par leurs dimensions gigantesques, tous les autres dépôts du même genre exploités en Europe. Il y a aussi dans les mêmes districts un assez grand nombre de gîtes de cuivre; plusieurs d'entre eux, près du Sulitelma, renferment de la galène argentifère.

2° Il existe dans l'Herjedal des mines de cuivre et de fer, qui se relient au groupe de celles qui sont exploitées principalement pour le cuivre en Norwége , dans le massif du Dower, aux environs de Roraas, et jusque dans la contrée de Trondhjem.

3** Au sud des mines de cobalt de Loos , à Helsingland en Dalécarlie , et surtout dans les environs de Fahlun , de Grandjarde, de Garpenberg et de Norberg, on trouve une agglomé-

4i8 DESCRIPTION DES DISTRICTS MCTALUFERBS.

ration d*un grand nombre de gîtes de fer et de cuivre , dans lesquels il existe du plomb argentifère. Ce groupe, qui s'étend jusque sur une partie de la Westmanie , et qui comprend les filons de plomb et d'argent de Sabla, est, avec celui de la Laponie, le plus riche de la Suède.

4® Les gîtes de la Wermlandie , particulièrement concentrés aux environs de Philippstadt, et ceux de la Néricie, sont presque exclusivement exploités pour le fer, excepté les mines de Vena, aujourd'hui les plus importantes du royaume pour l'extraction du cobalt. Au sud-ouest de celles^i, en Dahisland, se trouvent quelques mines de f t et de plomb argentifère.

5® L'Uplande et la partie adjacente de la Sndermanie renferment des mines de fer importantes dont les principales sont celles de Dannemora.

6® Les environs de Tunaberg présentent, dans un cercle restreint, une association remarquable de minerais de fer, de cuivre , de cobalt , de plomb et d'argent.

7^ Enfin, au sud du groupe précédent, il n'y a guère à citer que les mines de fer du Taberg en Smolande , et celles d'or d'Eidsfoss, depuis longtemps abandonnées. Le nûnerai de fer, qui se précipite journellement encore dans le sein d'un grand nombre de lacs , est particulièrement abondant en Smolande.

En Norwége, les principaux groupes métallifères sont :

l^Les mines de cuivre de KaaQord et de Raipas, en Finmark, non loin du 70 degré de latitude, les plus septentrionales da monde, et qui, depuis quelques années, sont très-productives.

2* La province méridionale du Trondhjem renferme différents gîtes de cuivre et de fer ; les amas de Roraas sont aujourd'hui, avec les filons du Finmark, les mines de cuivre les plus acti^'ement exploitées en Norwége. Le fer chromé est exploité dans la contrée de Roraas, particulièrement à Tonset.

3° Il a existé, dans la Haute^Tellemarken, des mines nombreuses de cuivre et de fer, qui ont été principalement travail^ lées dans le xvn* et lexvm* siède.

DISTRICTS MtTALUFËKES DE SUÈDE £T MOAW&GE. 419

4® Les gîtes de fer, si répandus en Suède, ne sont vraiment abondants en Norwége qu'aux environs d' Arendal , dans une zone étroite qui longe la mer.

6** C'est dans la province de Buskerud, non loin de Christia* nia, que se trouvent les célèbres mines d'argent de Kongsbergi et celles de cobalt de Modum.

Les petits gîtes exploités pour le plomb, Targent, le cuivre et le fer, dans le terrain de transition de Christiana et près de Skeen, n'ont que peu d'importance. Un assez grand nombre de mines, aujourd'hui abandonnées , sont disséminées dans le sol de la Norwége méridionale.

Les observations de MM. Daubrée et Durocher, sur ces diverses mines du massif Scandinave, permettent de suivre tous les détails de leur gisement et de reconnaître que dans un grand nombre de cas les roches granitiques sont intimement liées avec les minerais.

Mstriets ■tétalllféres de VMmpm^nc.

L'EIspagne a occupé un rang des plus Importants dans la production des métaux; depuis vingt ans elle s'efforce de reconquérir ce rang et de tirer parti des ressources que la nature semble avoir prodiguées à plusieurs de ses provinces. M. Leplay a tracé , il y a quinze ans , un tableau intéressant de la plus grande partie des ces ressources, qui, suivant ses prévisions, se sont développées depuis par des entreprises nombreuses, et ont am^é des découvertes nouvelles. Dans les districts d'Adra, AJmeria, etc., la production s'est élevée à 600 000 quintaux métriques de plomb ; la Sierra d' Almagrera produit aujourd'hui pour 8 millions d'argent, et la découverte du filon d'Hiendelencina, dans la Sierra de Guadalajara, donne des espérances d'une richesse analogue.

Dans le district du nord de l'Andalousie et de l'Estranmdure, les filons de Guadalcanal, de Rio-Tinlo, de Linarès, de la Sierra de IiOft-Santoa, etc., sont explorés par des travaux dont l'en*

4i0 DESCRIPTION DES DISTRICTS MËTALUFËRES.

semble pourra bientôt arriver à oiie production notable. Aimaden, dont le nom seul rappelle un des plus beaux foyers de la richesse minérale du globe, est aujourd'hui étudié de manière à promettre pour l'avenir des développements nouveaux. Les calamines de Riopar alimentent actuellement une belle usine ; enfin, les éléments de la fabrication du fer, qui abondent en Espagne, commencent à être mis en valeur d'une manière plus générale que par le passé.

La production de tous ces métaux, bien qu'elle atteigne aujourd'hui une valeur annuelle de 35 à 40 millions, est encore loin de se trouver en rapport avec la richesse minérale de l'Espagne. Est-il besoin de signaler les causes qui l'entravent? Le manque de routes, auxquelles ne supplée aucune voie navigable de quelque importance, est la plus grande plaie du pays. Les agitations politiques ont aussi retardé le succès de nombreuses entreprises ; mais, en dehors de ces agitations qui , au premier abord, semblent seules constituer l'histoire de l'Espagne, est une nation intelligente et laborieuse, qui surmontera toutes les entraves, et qui trouvera dans les mines des éléments précieux pour le développement de son industrie.

Le terrain de transition est, en Espagne, le terrain métallifère par excellence ; tous les gîtes précédemment indiqués en font partie. Les minerais de chaque district ont cependant des caractères spéciaux qui semblent en rapport avec des variations dans les roches éruptives. Ainsi , des roches serpeniineuses paraissent avoir imprimé aux gîtes plombifères de la Sierra di Gador des caractères de composition, et surtout des caractères de formes tout à fait particuliers ; tandis que les gîtes qui se rattachent aux porphyres amphiboliques et feldspathiques ont pour cachet spécial : la forme de filons, la richesse en argent des galènes, et la dissémination fréquente de l'argent à l'état de sulfure ou de chlorure.

Le district de la Sierra-Morena, comprenant le nord de l'Andalousie , une partie des provinces de l'Estramadure et de la Manche^ constitue la plus vaste surface de ces terrains de transi*

DISTRICTS MÉTALLIFÈRES DE L'ESPAGNE. 42i

lion, celui où les phénomènes métalUfbres paraissent à la fois les plus étendus et les plus variés. On y retrouve tous les éléments de composition du Harz , de l'Erzgebirge, des Vosges , de la Forêt-Noire , du Cornwall et de tant d'autres districts métallifères; les formes offrent elles-mêmes des analogies remarquables. Les dômes arrondis et culminants, centres d'éruption et de soulèvement» où Ton est certain de rencontrer les porphyres, rappellent en plus d'une localité les ballons dès Vosges et de certaines parties des provinces rhénanes ; tandis que les crêtes découpées et peu élevées de la Sierra proprement dite, composées de porphyres, de quartzites et de schistes qui dominent les plateaux granitiques moins accidentés, offrent une analogie frappante avec l'Ërzgebirge.

Ces caractères sont encore confirmés par l'existence de mines, plus nombreuses, il est vrai, que productives , et dont l'importance n'est, en beaucoup de points, attestée que par la tradition des exploitations passées dont on voit encore les haldes et les déblais. Toutefois, et indépendamment des travaux existants et qui donnent actuellement de grandes espérances , Almaden est là pour attester la fécondité de la période métallifère.

Nous avons décrit précédemment les caractères du gîte d'Almaden qui se rapporte aux filons de contact. La production de ce gîte , qui tient depuis longtemps le monopole de la production , s'est élevée à 20000 quintaux métriques de mercure.

Dans ce même district se trouvent les filons argentifères de Guadalcanal, ceux deLos-Santos, les filons cuprifères de Rio- Tinto, enfin ceux de Linarès. Un gîte important de calamine, exploité dans la Sierra d'Alcaraz, complète en quelque sorte la variété des minerais de ce vaste district.

Voici quels sont actuellement les éléments principaux de la production des métaux en Espagne :

Argent (Sierra d'Almagrera) 170,000 mares.

Mercure (Almaden) 20 300 quintaux.

Plomb (A dra, Linarès, Lorca, eto.) 600 000 —

Fer et fonte moulée (Marbella, Asturies, Guipnscoa, Galice

Pedroeo, etc.) • . 60 000 —

422 DESCRIPTfOff DES DISTRICTS MfiTALLtFftlIES.

DUtrIels ■tétalllfères de l*AHiérlq««

mérldlomale.

L* Amérique méridionale, cette contrée à laquelle les pliénomënes volcaniques ont imprimé une si grande unité de constitution , nous présente les gîtes métallifères , et surtout ceux des minerais d'or et d'argent , sui* une échelle des plus vastes. Dans la chaîne des Cordillères , cette récente formation de minerais domine toutes les autres formations métallifëres , de même que les traohytes et les volcans. modernes ont dominé tous les caractères de constitution physique et géognostiqoe imprimés à la contrée pendant les périodes précédentes.

Le développement des minerais argentifères a masqué d'autant plus complètement les autres formations de minerais, que la plupart des gîtes métallifères dont les conditions seraient analogues à celles de l'Europe sont rendus absolument inexploitables par le prix élevé de la main-d'œuvre , les difficultés des transports et l'absence de combustible. On ne peut guère exploiter en Amérique que les métaux précieux, faciles à traiter par l'amalgamation , dont la réduction exige peu de combustible , dont le transport soit peu coûteux comparativement à leur valeur, ou dont le prestige ait facilité l'exploitation en appelant les capitaux par l'espoir d'un bénéfice immédiat. On a donc laissé de côté les oxydes d'étain, les pyrites cuivreuses, les galènes , les cuivres gris . dont les gîtes sont aussi bien représentés dans les Cordillères que dans la plupart des districts métallifères de l'Europe, et l'on s'est occupé exclusivement de l'or, du platine, et des nombreux minerais d'argent qui constituent des gîtes si puissants et si multipliés.

Les mines des Andes Cordillères produisent beaucoup moins par la richesse des minerais que par l'abondance et la puissance des gîtes , et les facilités qu'on trouve dans l'extraction et l'abatage. Sous le rapport de la richesse , il n'y a aucune différence réelle entre les minerais du Nouveau-Monde et ceux de l'Europe; mais,, par leur grand développement, les forma-

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