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ACTION DES EAUX DE LA MER

violents. Mais, lorsque le vent souffle du large, les eaux, amoncelées en vagues, battent le rivage et ne se retirent que pour revenir un instant après frapper la côte d'un choc énergique. Sur les côtes élevées, l'action la plus sensible de ces chocs est Térosion et la destruction des roches; mais, sur les côtes découvertes, les sables et galets, sans cesse poussés vers la terre, s'amoncellent et forment des levées ou cordons liltoraux.

Ces cordons littoraux qui atteignent des hauteurs de 5 à 8 më* très, et quelquefois des largeurs de plus d'un kilomètre, finissent par fermer les baies , comme celles de Memel et de Stettin , et souvent réunissent au continent les îles qui en étaient détachées comme celles du Monte Argentario sur la côte de Toscane , du Sépé près de Toulon , d'Alexandrie sur la côte d'Egypte, etc.

Les estuaires des fleuves sont soumis aux mêmes influences de remblais ; mais , comme les eaux des fleuves qui y coulent tendent à repousser ces remblais, il s'établit un équilibre entre les deux actions , et il s*y forme des cordons littoraux submergés que l'on appelle des barres.

Les barres sont un obstacle grave pour la navigation. Dans Testuaire de la Seine, la barre est à Quillebœuf, et, pour la franchir, les navires doivent attendre que la marée soit haute. Pn sait combien de navires se sont perdus sur cette barre, et il a fallu des travaux considérables d'endiguement pour obliger le fleuve à se maintenir un lit praticable et régulier. Tous les estuaires présentent des diflicultés analogues.

Dans les grandes baies qui sont fermées par des cordons littoraux et qui reçoivent des eaux fluviales , il se forme , sur le point le plus faible du cordon , une rupture et une barre. Ainsi, l'entrée de la baie de Stettin est à Sunemund où la barre ne laisse pas plus de quelques mètres de tirant d'eau. De même, dans le cordon qui ferme la baie de Memel , il y a rupture et barre près de cette ville.

Lorsque les cordons littoraux se forment sur des côtes pe\^ profondes, ils laissent derrière eux des marais ou lagunes qui constituent quelquefois des contrées fort étendues. Les lagunes

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de Venise, les marais Pontins, les maremmes de la Toscane, les étangs de Mauguio. près de l'embouchare du Rhône » en sont des exemples. En Hollande, on épuise les eaux de ces lagunes et l'on obtient des terres cultivables dont le niveau est quelquefois inférieur de 8 mètres à celui de la mer, et qui sont garanties contre son envahissement par les cordons littoraux et souvent par des digues artificielles. Ces contrées sont ce que Ton appelle des Polders. Plus d'une fois , à la suite de violents ouragans , la mer a rompu les obstacles qu elle avait elle-même formés, forcé les digues et envahi les conquêtes que Ton avait faites sur elle. La mer de Harlem, que Ton dessèche aujourd'hui , était autrefois une plaine habitée , et beaucoup de parties du Zuyderzée sont dans le même cas.

Cette action de la mer, si sensible sur les points oii on Tobserve en détail, est presque nulle relativement à la carte d'ensemble des continents ; c'est un mouvement qui tend à régulariser l'allure générale des lignes de côte, et à en combler les anfractuosités.

S'il ne nous est pas possible de suivre avec le même détail ce qui peut se passer sur les fonds des mers, nous connaissons assez bien la configuration et la composition de ces fonds pour conclure : que l'action de la mer a toujours été une action de nivellement et que ses fonds , s'ils étaient mis à découvert , présenteraient un aspect de plaines plus horizontales que toutes les plaines émergées. Les rochers et les écueils y formeraient, au-dessus des dépôts stratifiés , des saillies comparables à celles des îles que nous voyons surgir au-dessus du niveau horizontal de la mer.

Si l'on étudie les cartes marines qui indiquent les profondeurs des mers, on reconnaît en effet que le fond présente des inclinaisons généralement si faibles, que les dépôts, stratifiés par l'action simultanée des eaux courantes et des eaux marines, sont .de la classe de ceux que l'on peut appeler horizontaux. Ainsi, dans la Manche , les pentes du fond ne sont que dix ou vingt fois plus grandes que celles qui résultent des dénivellations

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