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DISTRICTS MÉTALLIFÈRES DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. 42S

les essais chimiques en révèlent à peine les traces. M. Bousfiingault rapporte que Ton trouve accidentellement , en brisant les pyrites , des groupes de cristaux d'or qui pèsent plusieurs onces /mais que ce métal y est inégalement disséminé, très-peu abondant et que le travail n'est productif qu'en raison de l'abondance des pyrites et de leur extraction facile. Sa proportion dans la pyrite pure paraît comprise entre —^ et •^^. Le terrain des pyrites aurifères appartient à la formation de porphyres et diorites métallifères des mines de la province d' Antioquia; c*est de la destruction de gîtes analogues que résultent les alluvions aurifères connues en un grand nombre de points. Ces alluvions, situées vers la base des Cordillères, sont souvent très-difficiles à exploiter par suite du manque d'eau et n'entrent réellement pas dans la production en proportion de leur importance.

Brésil* Provlnee de Hinas-Geraes.

Les mines du Brésil sont concentrées principalement dans la province de Minas, dont la constitution géologique présente des particularités remarquables. Cette contrée très-montagneuse est principalement composée de terrains de transition , ou du moins présumés tels , dont les couches sont généralement accidentées, mais beaucoup moins inclinées que dans les chaînes de montagnes dont les axes sont formés par des roches cristallines. Le» roches éruptives n'y apparaissent qu'en dykes ou en monticules isolés; elles semblent avoir pénétré le terrain, en avoir métamorphisé l'ensemble et l'avoir accidenté en détail, plutôt que l'avoir soulevé en masse par une de ces grandes révolutions qui impriment aux contrées cette unité de constitution physique qu'on remarque dans les Cordillères et dans toutes les grandes chaînes. Cette partie du Brésil a été labourée par des soulèvements plus anciens que celui des Andes, et son épaisseur semble avoir été soumise à une action générale et prolongée de la part des roches éruptives qui en ont modifié toutes les roches

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constituantes. Les pointa culminants du centre a'élèyent à 1600 mètres environ, et sont encore formés de roches 8trati« fiées ; c*est seulement dans les vallées et dans les nombreuses déchirures que présente cette contrée fortement ondulée , quon voit la succession des couches et les roches ignées qui les pénètrent. La présence souterraine de ces roches se fhit surtout remarquer par le faciès métamorphique des terrains stratifiés, et par leur propriété presque universellement métallifère, sans que les gîtes qui s'y trouvent affectent les formes définies de filons ou de stocwerks.

Les terrains qui constituent la contrée sont, à partir de la base : le gneiss, qui forme la partie inférieure des vallées les plus profondes, et les quartz stratifiés, parmi lesquels le quartx chloriteux (itacolumite) atteint des puissances énormes. Cet roches quartzeuses , très-fréquentes au Brésil , déterminent en quelque sorte, par leur développement inusité, un des traits distinctifs de la composition du pays ; elles paraissent appartenir à des grès métamorphiques et forment diverses séries d'alternances avec des micaschistes, des stéachistes blanchâtres ou rougeâtres et des schistes argileux. Dans les régions supérieures, ces roches quartzeuses se pénètrent, en beaucoup de points, de fer olygiste, et constituent les roches que Ton a appelées itabirite et yacotinga , suivant qu'elles sont grenues on compactes; enfin, la série se termine par de véritables grès a éléments fragmentaires, qui forment les points culminants delà province de Minas.

Ce terrain est, ainsi que nous l'avons dit, ordinairement accidenté dans sa stratification, mais pas à un tel point que, dans la plupart des vallées, on ne voie, de chaque côté, la série des alternances à des niveaux à peu près correspondants. Accidentellement, les roches ignées, représentées par des granités à grains fins et des porphyres amphiboliques, apparaissent en dykes, et sont accompagnées de quartz en filons.

Le caractère le plus saillant et le plus intéressant de l'ensemble des roches stratifiées , c'est que toutes sont métalli-

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fères. Il semble que la masse entière ait été soumise à une action de pénétration générale ; ces principes métallifères deviennent quelquefois tellement dominants qu'ils ont masqué , en quelque sorte, le caractère premier des roches; le quartz a surtout une grande aptitude à se pénétrer des éléments métalliques.

Le minerai le plus ordinaire est le fer à l'état de fer olygiste, et quelquefois à Tétat de pyrite aurifère; viennent ensuite Toxyde ou le carbonate de manganèse^ l'or natif et ses an* nexes.

La généralité de dispersion de Vor est telle que, dans certains pays de mines, une roche stratifiée quelconque, broyée et lavée, fournit de Tor. Enfin Tor est concentré en plusieurs points de ces mêmes roches, surtout lorsqu'elles sont chargées de fer olygiste et de manganèse; il y forme des gîtes de contact qui ont pu être exploités directement par travaux souterrains.

A Gongo^cco , à Villarica, à Moroveilio , à Taquary, on exploite ainsi, pour l'or qu'elle contient, la roche dite Focoiinga, jaspe rougeâtre, schisteux , dont les feuillets sont enduits de fer olygiste. On exploite également le grès manganéfiifère et, sur quelques points , à Taquary , par exemple , des schistes blancs talqueux et des schistes argileux ardoisiers en contact avec l'yacotinga; ces grès et schistes contiennent l'or intercalé en feuillets dans les plans de stratification , ou , dans certaines fissures, en rameaux cristallins. Le carbonate de manganèse est du reste le meilleur guide pour cette recherche directe de l'or. Rien n'est plus variable que la proportion d'or que contiennent ces roches ; souvent une journée seule compense des travaux restés stériles pendant des semaines. En 1837, la compagnie impériale de Gongo-Socco , qui est la principale , a extrait 18 000 tonnes de minerai » qui ont produit 700 kilogr. d'or ; ce qui ne fait que ^êW P^^' '^ teneur moyenne du gîte , c'est-à-dire environ 100 grammes d'or par mètre cube de minerai. Six autres compagnies ont produit ,

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dans des conditions analogues, 950 kilogfr. d*or dans la même année ; ce qui porte à cinq millions la valeur totale produite par le district de Grongo-Socco dans la période la plus active de ses exploitations.

Les autres exploitations du Brésil sont établies sur les sables des rivières, ou sur des alluvions anciennes, enrichies par l'action érosive des eaux sur des gîtes analogues à ceux de Grongo- Socco. Toutes ces alluvions contiennent des quartz ferrifëres et des grès métamorphiques. Les mêmes sables renferment, à la fois, Tor, le palladium, le platine, Tosmium, l'iridium et le diamant , à Rio-6uarahi , Rio-Abaete , Tejuco , Corrego-das- Lagens. M. Pissis a observé que toutes les rivières dont les alluvions sont aurifères et gemmifères, dans le sud de la province de Saint-Paul , ne le sont qu'après avoir quitté une formation d'argile schisteuse et de calcaires supérieurs aux grès, et après avoir traversé les grès qui se rapportent à Titacolumite.

Dans plusieurs cas, on a trouvé le diamant directement engagé dans un quartz blanc , grenu, qui lui servait de gangue, notamment dans les grès de Serra-Grammangoa. Quant aux autres gemmes , telles que les topazes si communes au Brésil, l'euclase et le béril , elles se trouvent à la fois roulées et directement engagées dans des bancs d'itacolumite fortement chargés de talc, de chiorite et d'oxyde de manganèse. Ces gemmes sont logées dans des druses talqueuses, en cristaux, confusément mélangés de cristaux de quartz blanc ou améthysé. C'est surtout entre Yillarica et la chfdne de Dios te Livre que se trouvent les gemmes.

Ainsi , les terrains quartzeux , à la fois gemmifères et métallifères, présentent tous les caractères du métamorphisme le plus complet. Les porphyres amphiboliques traversent ces terrains sous forme de filons, de dykes amoncelés, souvent rapprochés et formant des séries de collines. Le terrain si profondément modifié est-il bien le terrain de transition? H y a lieu d'en douter, du moins pour toute la masse, car les parties supérieures (argile schisteuse, calcaire, grès et quartz métamor^

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