BRÉSIL. PROVINCE DE MINAS-GERAES
phiques) sont en stratification très-discordante sur les parties inférieures (quartz, schistes argileux ou talqueux et gneiss). En plusieurs points du Brésil , des granités stannifères , des gîtes de galène et de plomb chromaté, paraissent avoir précédé la grande formation métallifère caractérisée par Tor et les gemmes.
Résumant les caractères de cette formation métallifère, nous trouvons que les métaux, Tor comme le platine, ne s*y trouvent qu'à l'état natif; et, comme la plus grande partie des exploitations ont été établies sur les alluvions qui les contiennent, ces deux métaux ont été regardés comme de formation très-récente, et plus récente qu'aucune autre. Il n'en doit pourtant pas être jugé ainsi : les alluvions aurifères et platinifères ne nous représentent jamais que la destruction des gîtes en place, et, sous ce rapport, elles doivent être assimilées aux alluvions stannifères, avec cette seule différence que, l'or et le platine étant beaucoup plus disséminés dans leurs gangues que l'oxyde d'étain, ils sont bien rarement exploitables en place , et toujours difficiles à découvrir; tandis qu'ayant bien mieux résisté, en vertu de leur malléabilité , à l'action de trituration des eaux , ils se retrouvent généralement dans les alluvions, à des distances bien plus considérables de leur point de départ.
L'or est presque toujours intimement lié à des minerais de fer. Au Brésil il est l'annexe fréquent du fer olygiste, du silicate et du carbonate de manganèse, dans les roches composées de quartz et de fer olygiste pailleteux. Dans les Cordillères, il est plus spécialement uni à des pyrites , ou à des hydroxydes qui paraissent provenir de leur décomposition. Après les oxydes et les pyrites de fer, c'est le quartz qui est la gangue la plus ordinaire de l'or, même en dehors du Brésil ; beaucoup de filons de quartz drusique, purs et cristallins, sont aurifères : il est à remarquer qu'au Brésil le développement de l'or semble presque toujours en raison directe de celui des roches squartzeuses.
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AMdes Cerillléves.
Les minerais d*ai|[ent, proprement dits, coostitaent , dans U chaîne des Andes, une époque très-distincte de la série métallifère ; ce eût est mis en évidence par la liaison constante de ces minerais avec des porphyres feldspathiques et amphiboliques désignés par M. de Humboldt sons la dénomination de porphyres métallifères, tant cette liabon loi a para intime. Ce n'est pas que les minerais se trouvent dans les porphyres euxmêmes, mais ils ne se montrent dans les schistes et dans les calcaires que lorsque ces roches sont accompagnées des porphyres qui les ont à la fois accidentées et modifiées. Toutes les descriptions des gîtes de minerais d'argent aurifère de l'Amérique méridionale sont remarquables par leur identité, et Tod peut, en faisant abstraction de quelques caract^^s de détail, décrire collectivement ces gîtes de la manière suivante :
GUemeni : en filons puissants et continus qui traversent indistinctement des schistes argileux et des grauwackes (filon:) de Zacatecas et de Guanaxuato, filons de Potosi) ; des calcaires compactes (filons du district de Pasco , de Catoroe) ; des calcaires avec lydienne (filon de la Veta-Negra. de Somhreretej; des porph}Tes feldspathiques et amphiboliques (filons de Pachuca et du Xacal, partie supérieure de la Yetamadre de Guanaxuato) ; des porphyres liés aux trachytes et aux obsidiennes (filons de la Biscaina, Real-del-Monte). Ces filons sont ordinairement très'inclinés à Thorizon ; et comme les alternances des couches de schistes, de calcaires et des masses porphyriques sont souvent très-accidentées, les filons se trouvent quelquefois parallèles à la stratification du terrain.
Gangues, Ce sont le quartz, la chaux carbonatée , les roches du toit et du mur, auxquelles on peut ajouter les pyrites qui jouent, ainsi que Toxyde de fer, le rôle de gangues plutôt que de minerais. D* après cette énumération , les minerais d'argent aurifère sembleraient subordonnés à d'autres minerais, et c'est en efifet ce qui arrive. Ainsi, presque tous les filons ouverts i
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une profondeur considérable abondent en fer sulfuré mélangé de galène et de blende ; l'argent natif, Targent sulfuré et Tar* gent rouge , ne sont que subordonnés , et n*ont d'importance que par leur valeur intrinsèque. Dans les exploitations peu pro* fondes, la masse du filon est quartzeuse, les pyrites ont disparu et sont remplacées soit par des amas et des veines d'hydroxyde de fer terreux, soit par une espèce de conglomérat formé de quartz argileux et d'hydroxydes de fer. C'est dans ces terres ferrugineuses, connues sous les dénominations de pticos et de eolorculoa, que se trouvent les minerais argentifères et auri* fères. Ces pacos paraissent souvent résulter de la décomposition des pyrites; ce sont de véritables filons pourris dans lesquels la décomposition a détruit la structure cristalline et géodique qui caractérise ordinairement les gîtes de cette nature.
Minerais. Ne considérant ici comme minerais que les minerais caractéristiques de Tépoque géognostique et de Texploitation, on distingue l'argent natif, l'argent aurifère, l'argent sulfuré, l'argent rouge. Les substances métallifères associées et accidentelles sont : la galène, la blende, quelquefois le sulfure jaune d'arsenic, le cuivre sulfuré et le cuivre gris. Rien n'est plus variable que la proportion du minerai ou richesse du filon ; ainsi l'on a trouvé des masses d'ai^nt natif qui pesaient jusqu'à dOO kilog. et il y a du minerai qui contient 40 et 60 pour 100 : mais ces faits sont exceptionnels , et les mines de l'Amérique ne sont productives qu'en raison de leur nombre et de la masse de minerais extraite. La richesse moyenne de ces minerais n'est que de 0,0018 à 0,0026. L'argent obtenu par l'amalgamation contient presque toujours un peu d'or; la proportion à Goaoaxuato est de ^.
CaWHUèMs te Chiu. — Dans les Cordillères du Chili , oii commencé la série des gîtes métallifères , la distinction des minerais de cuivre, d*or et d'argent a été très-bien établie par le» observations de M. Domeyko.
Les affleurements des divers terrains suivent, dans les Cordillères, la direotim générale de l'axe de la chaîne, et la dispo-
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sition des mines est soumise à la même loi. Ainsi, les cotes do Chili sont composées de roches granitoîdes ; cette bande de roches anciennes est celle qui renferme les filons aorifëres caractérisés, comme au BrésU, par le quartz et le fer. Cette formation est aussi celle qui contient les mines de cuivre ; elle est dominée par des porphyres amphiboliques et des eurites qui forment, en quelque sorte , le second gradin de la chaîne. A l'ouest, ces porphyres sont en contact avec une formation calcaire puissante et développée, qui n'est autre que le terrain crétacé. Les couches de ce terrain ont d'abord une inclinaison générale vers l'est ; elles ont été ainsi soulevées par les porphyres et suivent comme eux la direction générale de la chaîne. Ces couches se raccordent ensuite, par des lignes horizontales, à un pendage opposé vers l'ouest, pendage causé par la réapparition des porphyres et des eurites qui forment une nouvelle bande saillante suivant la direction générale de la chaîne.
Les deux plans de contact des calcaires crétacés avec les porphyres qui les enclavent et les relèvent ainsi à Test et i l'ouest, sont des plans métallifères. Le premier, qui se maintient à 40 ou 50 kilomètres de la mer, en suivant parallèlement la côte, a été reconnu sur plus de 400 kilomètres par M. Domeyko ; il est marqué par les mines d'argent d' Arqueros , de Tunas, d'Aniarga et. toutes celles du pays de Copiapo. Cette ligne de mines présente l'argent à l'état natif, amalgamé, oui l'état de chlorure; elle est séparée des mines d'or et des mines de cuivre du terrain granitique, par toute l'épaisseur de la formation porphyrique, qui est stérile. Le plan de contact des calcaires avec la bande orientale des porphyres est marqué par de nombreux gîtes de galène, de cuivre gris argentifères, de sulfures et arséniures multiples argentifères. Enfin, derrière cette seconde ligne de porphyres reparaissent encore les roches granitiques, avec filons de quartz ferrifères et aurifères, roches qui ne sont plus recouvertes que par la grande formation des trachy tes et des volcans modernes, dont les masses colossales, posées sur un plateau dont le niveau dépasse quelquefois
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2000 mètres, s'élèvent à des hauteurs de 3000, 4000 mètres et au delà.
Ainsi donc, tous les terrains qui constituent la chaîne peuvent être considérés comme stériles lorsqu'ils sont isolés , et c'est seulement suivant certains plans de contact que se montrent les gîtes métallifères; sous ce rapport, les règles observées dans les districts métallifères de l'Europe, sont pleinement confirmées dans le nouveau monde. Dans cette partie des Andes Cordillères, les minerais d'argent, la galène et le cuivre gris argentifère sont postérieurs à la craie ; les filons de quartz aurifère avec oxydes de fer et de manganèse , qui se trouvent dans le terrain schisteux, sont antérieurs.
La nature des gangues concourt également à faire distinguer les diverses classes de gîtes métallifères au Chili. Le quartz et l'amphibole sont les gangues ordinaires des minerais de cuivre ; le quartz ferrifère est la gangue de Tor ', le sulfate de baryte, la chaux carbonatée spathique- et la baryte carbonatée sont les gangues habituelles des minerais d'argent.
Les minerais du Chili consistent en argent amalgamé ( Arqueros), chlorures d'argent et argent natif (Chanareillo , Agua amarga), bromure d'argent, arséniures, mispickel argentifère et sulfures multiples divers. Ces minerais , disséminés le long des Andes depuis Copiapo jusqu'à 80 kilomètres au delà de San-Yago, ont présenté, d'après M. Domeyko, quelques particularités dans leur groupement. Les plus riches sont au nord, les plus pauvres sont au sud ; les plus chlorurés au nord , les plus sulfurés au sud. La loi du minerai monte à mesure qu'on avance vers le nord et la quantité paraît en diminuer ; tandis que, la loi diminuant vers le sud, on trouve de l'argent disséminé dans des masses considérables.
Les chlorures d'argent, qui sont les minerais les plus productifs du Chili, se présentent ordinairement sous forme de terres grises ou ocreuses , appelées pacos et colorados. Ces terres n'offrent à l'extérieur aucune apparence métallifère. Ëti certains points, à Chanareillo par exemple, le chlorure s'isole
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en veinules oompactes oustalactifonnes; il se prés^oite même, vers les affleurements, en masses considérables mélangées d'argent natif.
La loi de ces minerais est trës-variable ; on en exploite qni ne contiennent que j^ d 'argent ; la majeure partie contient j^ ; les minerais sont réputés très-riches à la teneur de ^. Les chlorures, les amalgames et les minerais qui contiennent l'argent natif peuvent être traités à la loi la plus basse. Un fait trba-remarquable, c'est que les filons de galène et de blende, qui sont innombrables au Chili, et qui smit si aptes à contenir l'argent dans les autres contrées , sont au contraire très-pauvres dans celle-ci. Ce fait semblerait indiquer que ces filons plombifëres appartienn^it à une époque d'émanation plus ancienne, ce qui est d'ailleurs conforme aux données fournies par les autres districts.
C«v«llléMs de la B^UvIe, ém Wéwmm^ de la C:#iaayMe , etc. <-— Les Andes de la Bolivie , du Pérou , de la Colombie et du Mexique renferment également des séries de g^tes métallifères parallèles à la chaîne. En suivant cette immense ligne , on trouve , dans les granités , les porphyres métallifères et les terrains de transition , des dispositions analogues à celles que nous avons mentionnées dans les Andes du Chili ; ils sont surmontés de même par une série de cônes volcaniques. Des terrains sédimentaires, surtout des grès et des calcaires secondaires, se montrent sur certains points, comme s* est déjà montré le terrain crétacé ; mais les gîtes métallifères sont principalement concentrés dans le terrain de transition accidenté par les porph}Tes.
Telle est la constitution de la riche montagne de Potosi dans la Bolivie, dont les gîtes argentifères ont fourni, depuis leur découverte, une valeur de plus de six milliards. Les gîtes de Potosi , les plus riches après ceux du Mexique , ont présenté un fait fréquemment observé dans les filons argentifères : la loi du minerai , qui dans les affleurements était extrêmement riche , et s'élevait en certains points à 0,03, et en moyenne