MINERAIS DES PËRIODES VOLCANIQUES
sent dans les cratères et les fissures des volcans, est un bit important à constater, parce qu'il explique les relations de gisement que nous admettons entre les gîtes métallifères et les roches éruptives des autres périodes.
M. Élie de Beaumont a fait ressortir, dans un tmvail spécial, les analogies qui existent entre les émanations volcaniques actuelles et celles qui ont dû amener les minerais dans les filons. Il a expliqué comment on pouvait appliquer la dénomination de volcanique à des phénomènes très-différents, de telle sorte qu'on arrivait à distinguer les substances volcaniques à la manière de laves , et les substances volcaniques à la manière du soufre, du chlorhydrate d'ammoniaque, des chlorures de fer, de cuivre, etc. Les minerais des filons et leurs gangues en rubaneroents cristallins, mélangés de débris écroulés des épontes , ont tout à fait le caractère de produits volcaniques émanés à la manière du soufre; ce sont des incrustations faites par des vapeurs et des sources minérales , incrustations cristallines, successivement déposées sur les parois des cassures du sol , empâtant les débris des épontes et quelquefois même des fragments arénacés tombés de la surface.
Cette origine admise, les gîtes métallifères doivent présenter, dans les circonstances de leur forme et de leur gisement , des caractères particuliers qui ont échappé aux géologues de l'école de Vemer à l'époque où on les considérait comme des précipitations chimiques de la surface. Les minerais doivent en effet se lier par de nombreuses relations de gisement avec les roches éruptives , qui sont le résultat principal de la réaction intérieure du globe sur la surface, et qui, lorsqu'elles sont visibles , déterminent en quelque sorte le dessin et l'allure de toutes les lignes géologiques du sol.
En résumé, l'intérieur du globe a été une source d'émanations nnétallifères pendant toutes les périodes géologiques. Leur quantité est faible pendant la période granitique ; elle n'est encore appréciée dans la période volcanique que par des exemples . locaux et circonscrits , mais elle joue un rôle considé- I. u
450 RBLATIONS DBS GITBS MfiTlLLlFÈlBS.
rable dans les contrées perforées par les émptions porpbjrriques.
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Les minerais de fer, les plus répandus de tous, sont assurément les plus propres à faire apprécier les relations des minerais avec les roches éruptives .
Le fer oxydulé et le fer olygiste se rencontrent dans les roches volcaniques, les porphyres et les roches trappéennes de toutes les contrées. On les trouve en cristaux, ou concrétions cristallines , dans les cratères des volcans actuels et dans les fissures des laves ; ils existent en amas cristallins , dans les amphibolites de la Suède et dans les serpentines des Alpes ; dans l'île d'Elbe, ils constituent de véritables masses éruptives sortant du sol avec tous les phénomènes des roches ignées, dont ils reproduisent les formes et les actions métamorphiques.
Les porphyres ont souvent des relations très-directes avec les minerais de fer; ainsi , les minerais de Framont, dans les Vosges, forment des amas dans les roches métamorphiques immédiatement en contact avec les porphyres. Une exploitation très-avancée permet de saisir les formes de ces amas, qui paraissent avoir rempli des cheminées juxtaposées à la masse éruptive ; en examinant leur allure, qui s'enfonce sous une inclinaison rapide dans les profondeurs du globe, et leurs parois tapissées de minéraux cristallins pénétrant les roches du toit et du mur, on se représente à la fois la formation de ces crevasses et les phénomènes de leur remplissage. L'imagination chercherait en vain des formes plus expressives et plus en rapport avec l'origine qu'on leur attribue. L'oxyde de fer traverse les roches, les empâte, se concrétionne dans les vides, et ses géodes cristallines reproduisent les belles dispositions et les couleurs brillantes des fers olygistes du Vésuve et des volcans de l'Auvergne. Au contact du minerai, tout devient métamorphique ; les roches
LIAISON DES MINERAIS DE FER. ^5f
quartzeuses passent à des jaspes ferrugineux, les calcaires à la dolomie ferrifère, et souvent ces divers éléments forment des brèches dans lesquelles le minerai de fer joue le rôle de ciment.
Ce sont les observations de cette nature , répétées sur un grand nombre de gîtes, qui ont fait donner, depuis le commen» cément des études géologiques , la dénomination de minerais de montagne à tous les minerais de fer qui ne sont pas stratifiés en couches et compris dans les phénomènes sédimentaires. On a reconnu que tous ces minerais, composés de fer oxydulé, fer olygiste, fer spathique , hématites fibreuses et concrétionnées, gisaient dans les contrées accidentées , et semblaient se rattacher aux phénomènes d'éruption et de soulèvement. M. Dufrénoy, après une étude approfondie des minerais de fer de la chaîne des Pyrénées, concluait que la formation des fers spa-* thiques et des hématites était postérieure au terrain de craie i qu'elle paraissait avoir eu lieu à l'époque oii la chidne des P}nrénées s'est élevée, et être la conséquence du soulèvement de cette chaîne. La conclusion de son travail pourrait être ainsi formulée : le soulèvement de la chaîne a produit dans les roches une grande quantité de fractures et de vides qui ont été en grande partie remplis par des minerais de fer; ces minerais y ont été apportés par des émanations de l'intérieur ou par des sources minérales.
Cette conclusion, appliquée aux hématites brunes et aux fers apathiques des Pyrénées, les assimile à des filons ; et en effet» ce qui établit surtout la liaison entre les gîtes de fer et les filons^ ce sont les fers spathiques qui servent très-souvent de gangues à la galène, à la blende, au cuivre gris, à la pyrite cuivreuse, au cobalt arsenical, etc., et qui, fréquemment aussi, constituent des masses isolées qui semblent former le passage géologique des dykes éruptifs aux filons proprement dits.
Le beau gîte de fer carbonate spathique du Stahlberg , dans le pays de Siegen, est très-développé en puissance et très-peu en direction ; il constitue une de ces masses problématiques que les AUemands appellent amas-debout ; il fait en réalité partie d'un
482 RELATIONS DES GiTBS MÉTALLIFÈaES.
véritable système de filons qui sillonnent la montagne de Mûsen. Dans ce même pays, il existe une mnltitode d'antres filons, principalement remplis par le fer carbonate, et contenant d'autres minerais tels que la galène, le cuivre gris et le cobalt arsenical. Presque toutes les contrées métallifères, et notamment l'Algérie, présentent des filons analogues, qui établissent une liaison incontestable entre les minerais de fer en filons et ceux qui constituent des gîtes irréguliers subordonnés aux rodies éruptives.
Lorsque les gîtes de fer sont immédiatement subordonnés aux roches éruptives, ils sont en grande partie formés d'oxydes anhydres ; tels sont ceux de Rio et du Monte-Calamita dans l'île d'Elbe , où l'on peut réunir les faits les plus nombreux et les plus probants à l'appui de l'origine souterraine des oxydes de fer cristallins. Nous trouverons cette origine encore trèsnettement exprimée , en examinant les circonstances du gisement des fers olygistes et des hématites subordonnés aux roches trappéennes.
Les grunsteins du Harz déterminent une partie du relief de la contrée, et leurs masses éruptives forment les crêtes de qaelques-unes des vallées principales, telles que celles de Lehrbadi et d'Altenau.
Au contact des grunsteins se trouvent les roches métamorphiques que l'on appelle blattersieins ou mandehteins , espèce de trapps schistoïdes que l'on hésite à attribuer soit aux grunsteins , soit aux roches schisteuses relevées et altérées à leur contact. C'est ordinairement dans cette zone des blattersteins que se trouvent les minerais de fer, consistant en hématites rouges et fer olygiste pailleteux ou mamelonné, qui constituent des amas lenticulaires ou de véritables couches onduleuses insérées dans les contacts des roches soulevantes et soulevées. Ces gîtes d'hématite rouge forment des chapelets dans plusieurs plans, et suivent les ondulations des grunsteins dans toute Tétendue de leur développement; de telle sorte que la position des usines à fer du Harz, telles que celles d'Altenau, de Steiii-