CONGLOMÉRAT
Le cong^loraérat est relativement très compact et très dur, et avant la désagrégation sous l'influence de l'atmosphère et des eaux, le ciment a presque la môme solidité que le reste de la pierre. Aussi dans les grandes fentes qui coupent cette formation , il y a souvent la même régularité que dans une roche homogène ; les galets , tranchés dans le plan général de la rupture , restent partagés entre les deux murailles.
La petite digue de Rozel est bâtie avec cette pierre, ainsi que les talus qui soutiennent les terres le long de la iKiie de Sainte-Catherine. La grande digue de cette même baie, ou de la pointe de Verclut, est aussi construite en blocs de conglomérat. Cette belle jetée a 800 mètres de longueur, sur 13 mètres de hauteur et li de largeur. Il faut évaluer à plus de 350 mille tonnes le poids des matériaux employés à sa construction. Chaque assise a près d'un mètre d'épaisseur. La dernière seule, avec le mur de soutènement qui longe la partie nord de la digue, a été empruntée au granité. Cette assise qui couronne tout le tour de la digue est formée de larges et épais blocs d'un granité porphyroïde en partie étranger à Jersey. On y remarque en effet ce qu'on ne trouve pas dans nos granités, une multitude de cristaux rectangulaires dont quelques-uns dépassent la longueur du doigt. Leur couleur blanche , conservée depuis trente ans, contraste aussi avec celle des cristaux feldspathiques des granités de l'ile. Ces derniers brunissent ou même rougissent quand ils sont exposés à l'ac-
tien de l'atmosphère. De plus clans les blocs de la digue on distingue des lamelles de mica argenté tout à fait inconnu à Jersey (1).
Un bloc isolé de conglomérat, pesant environ quinze mille kilogrammes, se trouve dans la grève de Grouville, au tiers du chemin entre la digue de la Uocque et la tour Seymour. Il parait ne reposer que sur la tangue, mais l'extrémité de sa base atteint sans doute le granité qui affleure tout autour, à quelques mètres de distance. La présence de ce bloc de poudingue en cet endroit s'explique aisément quand on sait que les chalands ont dû en transporter dans les différentes parties de l'Ile. En effet, beaucoup de grottes et de rochers artificiels dans les jardins, et même des tombeaux, sont construits avec cette roche. Un accident l'aura fait abandonner à cette place, qui ne lui est certainement pas naturelle; car il n'aurait pas résisté, sous sa forme actuelle, au milieu de cette plage granitique.
Dans le petit chemin tournant qui monte de l'ancien cimetière de People's Park au cimetière paroissial
(1) Je m'étais [ilusienrs fois informé de la provenance de ces granités. Les uns les faisaient venir d'Aurigny, les autres de Guernesey. J'eus l'occasion de visiter ces deux Iles, et je ne trouvai rien de semblable dans leurs différentes carrières ; mais en examinant la grande digue de Braye Ilarbour, à Aurigny, je vis qu'elle contenait aussi de ces roches dont l'origine m'était inconnue. Un cantonnier, à qui je demandai des renseignements, me fit connaître l'ingénieur des travaux du |X)rt, et j'appris enfin que ces roches venaient de l'ouest de l'Angleterre.
CONCLOMiirtVT. " '
actuel, on découvre, à cent cinquante pas de l'entrée de ce dernier, quelque apparence d'un conglomérat à petits éléments. Je n'ai rien vu de semblable dans les autres tranchées du même massif, où les schistes affleurent seuls avec les spilites.
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§iv.