‹ Géologie de JerseyChapitre 22 sur 38 · ACTION MÉCANIQUE DE LA UER · texte numérisé non relu

ACTION MÉCANIQUE DE LA UER

ment plus friables que les granités, plus sensibles à l'action de l'atmosphère ou plus facilement xiceathered pour me servir d'une expression énergique que j'envie à la langue anglaise), se défendent parfois aussi bien que les granités, quand leurs masses sont comparables. Dans la grève de Pontac, par exemple, au sud du Martello, un grand nombre de veines courent de l'est à l'ouest. Sur deux points elles sont assez éloignées les unes des autres. Aussi dans l'intervalle se sont conservés deux rochers granitiques assez massifs, taillés à pic au nord et au sud par la disparition des veines. Entre les deux rochers au contraire, et au delà, le rapprochement des veines a divisé le granité en tranches étroites, et les deux roches ont été également entamées. Ailleurs c'est le granité qui disparaît le premier. Entre Saint-Aubin et la pointe de Noirmont, telle veine de diabase s'est partagée en deux, renfermant entre ses branches, de deux mètres environ d'épaisseur, une tranché de granité d'un mètre. Eh bien, c'est cette dernière que son isolement a perdue : elle s'est creusée plus profondément que la diabase. J'ai dit qu'au Crabbé encore, où le granité est très fissuré, les veines de porphyrite laissent plutôt des dykes que des tranchées. Cette particularité est l'exception. Mais il n'en résulte pas moins qu'il faut attribuer en partie à l'isolement des veines intrusives la prise que la mer exerce sur elles. De fait elles ne sont jamais bien soudées à la roche enveloppante. Quand elles ont pé-

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nétré dans les fissures, ou bien leur température n'était pas très élevée, ou bien la faiblesse de leur masse les défendantmal du refroidissement, elles ontété promptement solidifiées , sans faire corps avec le rocher qu'elles n'ont pu ni dissoudre ni fondre. La mer entre donc aisément dans l'espace mal fermé qui sépare les deux roches. De plus la forme môme de la veine la dispose à une division naturelle en prismes. La vague ébranle ces blocs, les déplace et les roule, et, continuant son œuvre durant des siècles, elle se déblaie un chenal à travers les granités. Cet effet de l'isolement sera nécessairement le même pour toute roche fracturée par les mouvements de l'écorce terrestre.

Les lames exercent une pression moyenne de 3,000 kilogrammes par mètre carré, et l'on en cite qui auraient produit une pression dix fois plus forte durant certaines tempêtes. Il n'est donc pas étonnant qu'elles ébranlent et déplacent peu à peu les énormes blocs de nos jetées. Elles leur communiquent au moins des vibrations qui, souvent réitérées, finissent par préparer la voie aux infiltrations et par suite à la ruine, si les pièces ne sont pas très solidement liées les unes aux autres.

Et pourtant ce n'est qu'aux endroits accores que la lame se trouve seule dans les assauts qu'elle livre. Quand elle passe sur une plage rocheuse, elle entraîne avec elle non seulement le sable et les graviers, mais aussi les gros galets qu'elle lance contre les roches de

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