BAIES
L'origine des grandes baies de Jersey est des plus faciles à découvrir : il suffit de voir quelles sont les roches qui en forment le contour. Trois terrains principaux se partagent l'ile : les granités , les porphyres pétrosiliceux et les schistes. Ces derniers sont et plus tendres et plus fissiles. Exposés à l'air ils se délitent promptement; et les couches, souvent même les htmelles qui les constituent, provenant tant du plan de sédimentation que des fissures par pression latérale, ne peuvent comme les massifs granitiques, résister à l'action des vagues. Or c'est dans cette roche que sont creusées les deux principales baies de Jersey ; celle de Siint-Ouen dont le contour depuis l'Étacq jusqu'à Corbière ne mesure pats moins de 9 kilomètres, et celle de Saint-Aubin, moins large 'mais plus profonde et d'un circuit aussi long que la précédente.
La pointe de l'Étacq et laRocco, quoique schisteuses, se sont maintenues; mais le schiste y avait été singulièrement modifié et durci par le contact immédiat des granités. Quant aux roches de la grève, elles étaient à
une trop grande profondeur pour être sérieusement attaquées lors du creusement de la côte.
Le ccYitre de la baie de Saint- Aubin, comme celui de la baie de Saint-Ouen, offrait à la mer une proie facile. Les environs de la petite ville, au contraire, étaient un peu durcis par les granités et surtout ils étaient défendus parNoirmont contre les vents d'ouest ; c'est ce qui nous vaut d'avoir conservé le fortin et les quelques roches qui l'entourent. La pointe de Cheapside. de son côté, a été moins protégée par Elizabeth Castle, un peu trop éloigné, que par la dureté et la compacité de ses spilites. L'anse où est bâtie Saint-Hélier devait être également remplie par les schistes. Ceux qui affleurent , depuis la vieille route de Saint-Jean jusqu'à la vallée des Vaux, c'est-à-dire sur toute la lisière nord de la Ville, rejoignaient la bande comprise entre Victoria Collège et Impérial Hôtel.
L'analogie entre la baie de Saint-Ouen et celle de Saint- Aubin, me porte à croire que dans cette dernière il ne faudrait creuser qu'à une faible profondeur pour retrouver sous le sable un plateau schisteux ; car la destruction dans les deux baies a dû se propager au même niveau. Je ne citerai J)as à l'appui de cette manière de voir les quelques petits rochers qui, avec les Black Rocks, forment comme le prolongement de la pointe de Cheapside vers Saint-Aubin, puisque ce sont des spilites d'une assez grande résistance ; mais il y a encore, en face de Millbrook et presque au milieu de la grève,