ASPECT DE L ILE. U
de Saint-Ouen atteint une certaine longueur tout en coulant perpendiculairement à la côte, mais au nord, la vallée du Lecq ne peut s'étendre un peu qu'en demeurant parallèle au rivage.
L'Ile est percée d'un si grand nombre de chemins que la carte routière parait un réseau inextricable. Heureusement des grandes routes, pourvues d'un trottoir qui les fait reconnaître, partent de Saint-Hélier dans la direction de chaque paroisse. Toutes sont parfaitement entretenues, et c'est à se demander ce que l'on ferait de plus pour les allées d'un jardin. Les vallées et souvent même les petits chemins des plateaux sont bien ombragés, et, grâce à Dieu ! le seront encore longtemps. Cependant la culture toujours croissante des pommes de terre amène le déboisement de quelques coteaux (1). Si les arbres venaient à disparaître, Jersey perdrait une bonne partie des charmes qui lui atlirçnt chaque année de si nombreux visiteurs, mais son climat n'en serait pas modifié; car vu la faible étendue de l'Ile , il dépend nécessairement de la mer qui l'entoure. Quand les chaleurs atteignent en France 36 degrés centigrades, elles ne dépassent pas 28 degrés à Jersey. Les rhododendrons , les camélias , les hortensias , les fuchsias et même les géraniums arborescents, grandissant en pleine terre , montrent que les gelées sont peu redoutables. Du reste, comme les arbres à feuilles persistan-
(1) L'exportation annuelle des pommes de terre s'évalue à 10 ou 12 millions de francs.
tes , le laurier , le fusain , le houx et le chêne vert sont très répandus, le passage entre l'été et l'hiver est moins sensible que sur les côtes de France. La quantité de pluie parait atteindre un mètre par an.