ERE SECONDAIRE ET TERTIAIRE
retrouvé plongé sous les eaux. Dans cette dernière hypothèse, l'érosion par une mer qui aurait dispersé au loin les produits végétaux, expliquerait encore la stérilité des dépôts.
Enfin le régime continental n'était pas absolument établi dans nos régions, au moins dès le commencement de la période où se place la formation de notre conglomérat, puisque la mer anthracifère a pénétré dans le Cotentin où elle a déposé les calcaires de Régneville et sans doute aussi ceux de Rabais et de la Meaufre, près Saint-Lô (1).
Maintenant, quoi qu'il en soit du mode de formation, la conservation du conglomérat est évidemment due à sa position abritée contre les vents du sud-ouest.
5" PRÉPARATION DE l'ÉTAT PRÉSENT DE JERSEY.
Les seules roches qui se soient fait jour à Jersey depuis la formation du poudingue , sont les veines de porphyrite micacée et quelques filons dioritiques. Or ce passage de la porphyrite micacée à travers le conglomérat prouve, d'après MM, de Lapparent etMichel- Lévy, que ce dépôt ne saurait être postérieur à la base du permien. L'Ile tout entière, si on en excepte quelques filons dioritiques , remonte donc au delà de l'ère secondaire (2).
(1) De Lapparent, op. cit., p. 847.
(2) Jersey ne possède ni le marbre ni le calcaire oeposés sur les con>
La vie existait déjà depuis bien longtemps , dans la mer et sur la terre , lorsque Jersey se complétait par ces deux remarquables formations des porphyres pétrosiliceux et du conglomérat, mais elle ne pouvait se montrer dans les roches éruptives, ni se développer dans le chaos des blocs, des galets et des graviers entassés sur le côté de l'Ile.
Je ne sais si la mer s'éloigna jamais beaucoup des côtes de Jersey, mais il est sûr qu'elle les battit assez de temps pour y produire 'les larges et profondes échancrures décrites plus haut , et préparer ainsi des ports aux navires et des abris aux demeures des futurs habitants.
D'après M. Hébert, la succession des terrains jurassiques du bassin de Paris est due à une série de grandes oscillations auxquelles a participé tout le sol de la France , même les régions montagneuses de TArdenne, des Vosges, du plateau central, de la Bretagne et de la Vendée. Ces mêmes oscillations , mais moins amples, se sont renouvelées durant l'ère tertiaire (1).
linenls voisins durant la période dévonienne et durant lère secondaire et tertiaire; il a recours à la France pour se procurer la chaux. Mais, après tout, il ne la recherche que pour bâtir. Car, sans parler des 300,000 kilogrammes de chaux que la pluie chargée d'embruns déverse chaque année sur son sol, le sable et la tangue de ses baies et le varech de ses rochers lui fournissent assez de débris de coquillages pour les besoins ordinaires de l'agriculture. Le guano, employé aujourd'hui si largement pour la culture intensive de la pomme de terre, est une autre source de sels calcaires.
(1) Comptes rendus, t. XLIII et XXXII.