‹ Géologie de JerseyChapitre 33 sur 38 · ÈRE QUATERNAIRE OC ACTUELXE · texte numérisé non relu

ÈRE QUATERNAIRE OC ACTUELXE

Dans bien des endi-oits des racines traînantes avaient maintenu enlacée cette terre végétale et elles converi: eaient vers un point où l'on reconnaissait une souche (\e taillis et non de haute futaie. Je n'ai rencontré qu'un tronc de chêne de 1™,50 de long sur 30 centimètres de diamètre. Il était couché perpendiculairement à la côte, mais je n'ai pu savoir de quel côté avaient été ses racines. Peut-être d'ailleurs n'était-ce qu'une bmnche. Ine grosse souche, de même nature, dépassait la terre de iO centimètres et avait au moins 1™,50 de diamètre. Elle a conservé ses fibres devenues noires et restées très résistantes. Les racines qui pénètrent dans le sol sont moins dures, mais elles ont gardé leur texture ligneuse. Les traditions parlent de nombreux troncs de chêne découverts dans toute la baie après les grands mouvements de la mer.

Pour les petites tiges qui, avec les racines, constituaient l'ensemble des restes visibles alors de cette forêt, elles étaient presque complètement pourries; cependant l'écorce et l'épiderme étaient encore assez bien conser^•és. J'ai remarqué, dans la terre végétale, des radicelles et des tigelles rameuses appartenant sans doute à la bruyère ; mais l'aune, essence qui aime le bord des eaux, était dominante sur ce point.

ite an plus tard, après de nouvelles tempêtes, le même point de la grève présentait un tout autre aspect. La partie basse couverte de tigelles l'année précédente, était alors remplie de sable amoncelé, et il n'y avait

plus trace d'humus ni de végétation. Au pied du cordon de galets au contraire, à 100 mètres au nord de la tour Les Laveurs, une énorme souche de chêne, de la grosseur de celle qui a été décrite , mais creuse au milieu, sortait déterre de 10 à 20 centimètres. Au même endroit s'étalaient aussi un grand nombre de couches d'aune.

En longeant le cordon de galets vers le sud, jusqu'en face des Barracks de Saint-Pierre, on retrouve partout une terre plus ou moins tourbeuse, rappelant un ancien fond tantôt de prairies, tantôt de bois taillis. La position que ces restes occupent, près du rivage , donne l'idée d'une plaine couverte de semblables racines, audessous des deux ou trois mètres de sable formant les terrains actuellement émergés au fond de la baie. Le fait de la terre végétale ensevelie sous les miellés est d'ailleurs bien constaté (1). Un ancien pécheur affirme avoir trouvé autrefois de cette terre mêlée de bois, jusqu'au delà des rochers de la grève ; et un autre a vu des racines dégarnies sur le haut même de l'un de ces rochers.

11 y a vingt et quelques années, les habitants de l'Etacq utilisaient encore, sous le nom de bi('te (blète), cessouches ramollies retirées de la grève; quinze jours d'exposition à l'air sec suffisaient pour rendre propre à la combustion cette tourbe de bois. Mais depuis la

(1) Bulletin S.J. A., p. 390.

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