‹ Géologie de JerseyChapitre 34 sur 38 · FORÊT DE LA BRKQUETTE · texte numérisé non relu

FORÊT DE LA BRKQUETTE

construction du t<ilus, pour n'en pas dégarnir le pied ni faciliter raiTouillement de lacùte par la mer, défense a été faite de continuer cette extraction.

L'hunms qu'on retrouve dans la grève d'Azette sur une marne semblable à celle de l'Étacq, montre que la baie de Saint-Ouen n'a pas été le seul côté envahi par la mer. Je tiens aussi d'un habitant de Jersey, qu'en 1825 il a vu plusieurs chênes entre l'Hermitage et le port de Saint-Hélier. On vient de retirer des vases de ce même port un gros tronc, de chêne, je crois, mais il était sans racines, et bien qu'il semble tout à fait brut, on peut conserver quelque doute sur sa provenance. Enfin immédiatement au-dessous du remblai qui longe la muraille du martello à Pontac, non seulement de la terre végétale, mais de la vraie tourbe était très visible le 1'* janvier 1884. l^e même jour un vieillard de soixante-douze ans est descendu dans la grève pour me montrer aussi deux souches d'arbres enplace. Il a été tout confus de ne pas les retrouver, après les avoir vues tant de fois. 11 a fallu le consoler en disant que le sable les avait sans doute recouvertes. Je me souviens, ajouta-t-il, qu'un de mes voisins, qui aurait maintenant quatre-vingt-quatorze ai)6, disait avoir vu autrefois cette même terre s'étendre jusqu'aux grands rochers, c'est-à-dire à 300 ou iOO pas de la côte. Il ne lui semble pas d'ailleurs que depuis sa jeunesse le niveau de la mer ait varié. On trouve parmi les gaiets de cette plage, ainsi que dans la baie de

Sainl-Ouen, des mottes de tourbe roulées, d'une assez grande consistance.

Ce dont nous sommes témoins à Jersey, se reproduit à Guernesey et sur les rivages de Bretagne et de Normandie. Il est donc évident que par le passé, la mer s'est retirée assez loin, pour permettre à des forêts de se développer sur de vastes plages, aujourd'hui submergées. Plusieurs siècles ont été nécessaires au semis et à la croissance de ces forêts ; mais ce n'est pas la seule indication d'une longue période où le sol a dû être plus élevé. L'épaisseur des couches d'argile formées en place, sur les rochers granitiques de la grève, a exigé aussi un temps considérable. On peut en juger par ce qui s'en est conservé sur un rocher de la Pointe des Pas, ou sur les deux pics qui font face au Hocq de Pontac, ou mieux encore à l'Ilot de la Motte. Ici l'argile compacte atteint au moins 3 mètres d'épaisseur. Celle du sol de Saint-Hélier, quoique très épaisse, est moins significative ; car elle est due en grande partie au ruissellement des collines environnantes (1).

Retour de la mer.

Après ce long retrait des eaux, il se produisit un mouvement en sens contraire, et non seulement la mer recouvrit les plaines qu'elle baigne aujourd'hui » mais dans certaines régions, elle aurait même atteint

(1) C'est à cette époque d'élévation du sol qu'on peut rap|»orler le monument mégalithique de la Première -Tour. Les roches qui le composent proviennent , ainsi que l'a fait observer M. le Cornu , des en-

SUBIIERSIOX DES COTES. 145

un niveau plus élevé. L'époque précise de cette submersion n'est pas connue ; on sait toutefois qu'elle n'est pas antérieure au troisième siècle. En effet MM. Gosselet et Rigaux ont signalé sur le rivage flamand des dépôts marins recouvrant des débris de l'époque romaine, entre autres des monnaies, dont les dernières appartiennent au règne de Posthume (261-267). De son côté , M. de Mercey a trouvé dans la vallée de la Somme, à Ailly, à Breilly, etc., une couche à coquilles marines et débris de poteries romaines, dépassant de 20 mètres le niveau moyen des marées actuelles (1).

Plus près de nous , dans le lit de la Sélune , sur le trajet du chemin de fer d'Avranches à Pontorson, des objets romains ont été découverts au-dessous d'alluvions marines. Rien donc ne s'y opposant , il est naturel

virons d'Elizabeth CasUe. Ce sont des granités roses avec quelques hlocà de spilites. Ces derniers ont été extraits de la partie de la grère comprise entre le château et Cheapside; car l'un d'eux porte des traces de son contact arec le granité. Deux petites pierres seulement appartiennent au granité jxîrphyroïde de Noirmont , et un bloc de diabase à cristaux, faisant partie du cromlech, est sorti de la veine qui coupe le rocher de lUemiitage. Les mêmes parages ont fourni un petit morceau de diorite. Plusieurs roches de l'allée couverte, comme l'ont remarqué 34il. Osborne, C. Powell et E. Duprey, secrétaires de la Société Jersiaise d'archéologie , ont été prises dans une grève à galets , ce qui ne prouve nullement, c'est la réflexion des mêmes auteurs, que la mer couvrit la baie au temps des druides. Rien n'empêche, en effet, que les constructeurs n'aient extrait les matériaux de terrains depuis longtemps découverts. Que la mer s'éloigne aujourd'hui, et bientôt il n'en sera que plus facile de recueillir autour d'Elizabeth- Castle, des blocs roulés et polis semblables à ceux que nous voyons dans ce monument si heureusement conservé par M. Gervaise LeGros et si bieo décrit par M. Edwin K. Cable.

(1) Bulletin de la S. G. F., 3« série , t. V.

CtOLOCIE DE JERSEY. 10

de rapporter à cef affaissement du sol, la destruction de la forêt de Scissy ou Chausey et l'envahissement du pied du Mont-Dol. Sur ce dernier point, la mer a monté de 5"\50 au-dessus du niveau de nos hautes marées. Elle a recouvert des éboulements dans lesquels onatrouvé, avec des silex taillés, d'abondants débris de la faune dite quaternaire. Bien qu'il n'y ait aucune nécessité d'attribuer à ces restes une très grande ancienneté, on peut, si on le veut, supposer qu'ils étaient abandonnés depuis longtemps dans quelque grotte du flanc du monticule , lorsque la mer vint en attaquer la base (1).

Si l'on avait reconnu sur les côtes des lies de la Manche des traces, également récentes, d'un niveau plus élevé de la mer, il faudrait les rapporter A ce ^ même envahissement des eaux. Non seulement, comme il a été dit plus haut, il ne s'est pas produit avant la fin du troisième siècle, mais M. Gosselet a même quelqueindice pour le retarder au moins jusqu'au commencement du cinquième (2). Du reste , puisque d'après les plus anciennes traditions écrites du Mont-Saint-Micliel , il s'est fait peu à peu, paulatim, il a pu se continuer durant le sixième et même le septième. Quoi qu'il en soit, au neuvième siècle , la mer se serait déjà retirée en grande partie, et depuis le dixième le mouvement de retour aurait recommencé et peut-être se con-

(1) Gisement du Mont-Dol, par l'abbé Hamard.

(2) Revue scie ntifiqtie, 27 juillet 1878.

tinue-t-il encore (î). Je ne dis rien delà fameuse marée de 709 qui, au dire de quelques-uns, a causé tout le mal : elle n'a jamais eu de réalité que dans Timagination de son inventeur (2).

On a, sur ces données, admis pour les côtes septentrionales de la France une double oscillation en sens contraire, dans les dix premiers siècles de l'ère chrétienne. D'abord la mer aurait suivi une marche ascendante jusque vers le septième siècle (3; ; puis, après uu mouvement rétrograde jusqu'au dixième, elle aurait de nouveau repris sa marche envahissante. Mais aujourd'hui même elle n'aurait pas encore entièrement reconquis les limites de son premier envahissement.

Je dirai pourquoi je ne puis admettre pour Jersey ce double mouvement , au moins avec l'amplitude qu'on lui attiibue, et comment je suis au contraire amené à croire que, depuis l'occupation romaine, les côtes ont toujours obéi au même mouvement de subsidence jusqu'au quinzième siècle. Je reconnais cependant volontiers que certains documents historiques, concernant

(1) Bulletin de la S. G. F. supra.

(2) Cf. Gisement du MontDol.

(3) H. Tabbé Hamard insinue dans le supplément au Gisement du JUont-Dolque le premier retour de la mer doit, suivant toute apparence, élre Oxé avant la fia du sixième siècle, et il le ferait même volontiers remonter tout à fait au début de l'ère chrétienne. Mais l'ensemble des traditions et des histoires locales recueillies par M. Quenault, ne semble pas laisser de doute sur l'existence au cinquième siècle de U forêt de Scissy entre Cbausey et le Mont-Saint-Micbel.

la submersion des rivages de l'ile, pourraient à la rigueur, si on ne considérait que leur date, se concilier avec cette double oscillation. Le désaccord, d'ailleurs, s'il ne s'agit que des dates, ne pourrait porter que sur des faits antérieurs au dixième siècle, puisque depuis cette dernière époque le sol est, de l'avis de tous, dans une période d'affaissement.

Voici, ce me semble, quelle a été la suite des événements. Dès les premiers siècles de notre ère, la mer a commencé à envahir les côtes, mais jusqu'au milieu du sixième siècle , c'est-à-dire au temps de saint Lô, évêque de Goutances, les courants n'ayant pas encore affouillé l'isthme de la Chaussée des Bœufs, le passage est demeuré pratiquable entre la Normandie et la presqu'île de Jersey. Il est dit, en effet, qu'à cette époque les habitants de Jersey devaient préparer une planche pour le passage de l'archidiacre, quand il venait exercer dans leur lie les fonctions de son ministère (1).

Le sol continuant à s'abaisser, toute communication, même à mer basse, eût été , dans l'hypothèse de la double oscillation, interrompue, durant deux ou trois cents ans; mais entre le neuvième siècle et la fin du

(1) Dans un des bras de la Rance, au-dessous de la Tourniole en Pleudilien , deux ]>assages , couverts de plusieurs mètres d'eau à mer haute, porlenlie nom (ia planches: c'est la Petite et la Grande Planche. Quand la mer se relire, on les traverse sur quelques pierres espacées dans le ruisseau; mais il n'est pas douteux qu'on les a franchis autrefois sur une planche. Si un haut j^ersonnage eût dû s'en servir à épo- (jue déterminée, les riverains auraient eu sans doute l'obligation de la tenir en l)on état, ou même de la renouveler tous les ans.

douzième , sans peut-être que la planche de la Chaussée redevint suffisante pour le passage de Jersey à Saint-Germain, les Écréhous, du moins, auraient été très habitables, et se seraient trouvés en relation assez facile avec la côte normande, puisque ce fut en 1203 seulement que le seigneur de Pratel y fit bâtir une église, attendu que les habitants ne pouvaient plus venir entendre la messe à Port-Bail en Cotent in.

Ce passage des Écréhous à la terre ferme demeuré toujours libre, selon moi, jusqu'à la fin du douzième siècle, mais nécessairement assez longtemps interrompu dans Thj'pothèse que je rejette, ne prouve pas que des Écréhous à Jersey la communication restât également ouverte. Entre les deux lies la profondeur n'est jamais inférieure à 20 mètres, tandis qu'entre les Écréhous et Port-Bail, c'est à peine si le fond ne découvre pas. J'en excepte deux chenaux évidemment creusés par les courants actuels et où toutefois la profondeur ne dépasse pas 9 mètres.

L'Ile de Césembre n'était pas non plus entièrement séparée de Saint-Malo au treizième siècle , et elle ne parait même l'avoir été définitivement que dans la première moitié du quinzième, puisque les Prairies de Césembre, dont le domaine public et le chapitre seigneurial se disputaient la possession, ont été afifermées jusqu'en 1437.

Les autres faits relatifs à Jersey et reposant sur des affirmations précises sont l'existence d'un port à l'Étacq en 127i, la destruction de la forêt de la Brequette

loO GÉOLOGIE DE JERSEY.

en 1356 et l'envahissement des Quenvais par le sable en 14-95.

Un port à l'Étacq vers la fin du treizième siècle n'a rien que de naturel dans toute hypothèse ; mais comment concilier son existence avec la forêt de la Brequette? D'abord s'il était dans la petite anse où il se trouve aujourd'hui , on peut remarquer qu'il communiquait avec le large par un long chenal nommé la Bouque. Les rochers qui bordaient ce passage pouvaient être couverts d'argile, et assez élevés au-dessus du niveau du port, non seulement pour conserver leur végétation, mais encore pour protéger contre les marées quelques parties plus basses de la plaine. Nous pouvons nous faire une idée de l'état de la forêt et de la mer à cette époque , en voyant ce qui se passe maintenant autour de la Mare de Saint-Ouen, aussi bien que dans la baie de Grouville, ou mieux encore dans la plaine de Samarès.

Cette dernière plaine est en effet, dans son ensemble, au-dessous du niveau des grandes marées. Un long cordon littoral , formé par la mer et fortifié , dans ces derniers temps, d'un talus en pierre, défend les champs, les arbres et même bien des maisons. Or nous avons d'excellentes raisons de penser qu'il y a cinq cents ans, la partie nord de la baie de Saint-Ouen était dans des conditions à peu près semblables. Et en effet, puisque des arbres ont existé sur toute cette plaine , l'eau s'était évidemment retirée jusqu'au delà des rochers. Mais

sur une pla^e qu'elle ne couvre pas tout entière, la mer se crée toujours à elle-même une barrière par l'accuniulation du sable et des cailloux que, deux fois par jour, elle pousse devant elle. Nous le constatons sur tout le contour de l'ile, depuis Gorey jusqu'à Saint-Aubin, et dans toutes les anses ou baies un peu relevées au-dessus du niveau de la mer. Ajoutons que la direction des vents sur cette plage de Saint-Ouen, ouverte à l'ouest, n'a pu que favoriser le développement de cette barrière. L'appui du reste ne lui manquait pas au bord du vaste plateau schisteux de l'Étacq , et le banc du Rigdon, situé un mille plus au large, et couvert aujourd'hui de deux mètres seulement à mer basse, aura, avec le sillon qui le réunit à la côte, défendu les terres émergées, s'il n'a pas lui-même constitué la base du cordon protecteur (1).

C'est la rupture de ce cordon, durant une tempête , (|ui aura déterminé l'envahissement de la baie. « En l'année 1356, dans la paroisse de Saint-Ouen , la mer engloutit un assez riche canton de terrain. Les registres de l'Échiquier font mention d'un peuple qui habitait cette portion de terre. La forêt de la Brequette fut renversée et engloutie par l'atfreux ouragan d'alors. En ladite année 1356, John Maturins était gardien

(1) En face de Jersey sur la côte fraq^aisc, an nord da cap de Carleret, les dunes peuvent atteindre une quarantaine de mètres d'élévation. Elles constituent un cordon dont un simple ruisseau empêche le progrès vers l'intérieur des terres. Or derrière ce cordon s'abrite , contre les vents d'ouest, un vallon fertile et boisé.

de l'ile ». Un manuscrit du British Muséum, de 1685, résume ainsi les anciennes traditions sur ce sujet. « 11 est reconnu, et les écrits du temps nous le disent, que dans la paroisse de Saint-Ouen,lameraenvahi, ces trois cent cinquante dernières années, la plus riche partie du sol de cette paroisse. C'était un vallon partant de l'Étacq et allant jusqu'au delà de la Mare de Saint-Ouen, et s'étendant du pied des Monts jusque bien avant dans la mer, et aujourd'hui môme on trouve encore, à mer basse , des troncs de chêne enfouis dans le sable , et parmi les rochers des ruines de constructions (1) ».

On peut remarquer que cet espace correspond précisément au plateau des rochers qui s'étendent dans la grève actuelle et aux terres , maintenant couvertes de sable, que ce plateau protégeait contre les vents du large. Ce vallon devait être en effet très fertile , car son exposition était des plus avantageuses. A l'abri du souffle de la bise au nord et à l'est, il reçoit k l'ouest et au sud les chauds rayons du soleil. L'humidité entretenue par les ruisseaux découlant des vallées ne pouvait d'ailleurs y faire défaut.

Formation des dunes.

La mer couvrit donc la plaine , au moins en grande partie, durant les vives eaux. Ne pouvant par les courants de flux et de reflux qu'agrandir la brèche déjà

(1) Bulletin S. J. A. 1883, p. 383 et 388.

FORMATION DES DUXES. 153

ouveiie, elle fit continuellement de nouveaux progrès, poussa devant elle les débris de son ancien rivage, et les dispersa sur le fond de la baie.

Le vent d'ouest continuant au jusant l'œuvre de la marée, les sables s'accumulèrent ici ou là en tas isolés ; mais ils finirent par constituer dans leur ensemble, jusqu'au pied des collines, cette vaste terrasse, épaisse de deux ou trois mètres, le long de laquelle se dessine le rivage actuel. Ce terrain bas et sableux, ces miellés qu'on essaie de rendre à la culture , mais qui ne fournissent en général qu'un bien maigre pâturage, sont assez planes vers le nord , mais accidentées et mamelonnées au sud où elles commencent les dunes des Ûuenvais. Les buttes sont ordinairement plus élevées le long du rivage, et elles forment à la plaine un abri atteignant parfois 6 à 7 mèti*es de hauteur.

Aux environs de l'Étacq , et en face de la Mare qui occupe à peu près le milieu de ces sables, on a bâti un talus en pierre pour se défendre contre de nouveaux envahissements de la mer. Par contre, au sud, en face de la Rocco, des éboulis de cette terrasse sont emportés à chaque tempête (1).

(l) La terrasse avec le bourrelet qui la couvre le long de la grève forme une petite falaise assez à pic, dont les lames sapent la base. Malgré cela le bourrelet ne disparait pas; car, toujours relevé par le vent, il recule avec le rivage. Le pied de la falaise est du reste moins meuble que le sable ordinaire, grâce à sa transformation en alios. Le peu de végétation qui revêt la terrasse se décompose lors<ju'eIle est recouverte par un nouvel apport du vent. Les infiltrations de la pluie, des embruns

« Depuis quelque temps, dit M. Le Cornu, la mer a enlevé du côté sud de la baie , deux tours et le terrain sur lequel elles étaient construites. » Il s'agit de la tour du Sud et de celle de la Pierre-Buttée, toutes deux voisines de la cliarrière de la Rocco. Ce qui reste de leurs débris est presque totalement enseveli dans le sable. Le troisième martello, situé à quelques pas au sud du magasin à poudre, ne tardera pas à suivre les deux premiers, puisque ses fondements, du côté de la mer, et un pan de sa muraille sont déjà arrachés.

Cependant un siècle après le désastre de la forêt de la Brequette, la mer n'avait pas encore complètement détruit son ancien cordon littoral, puisqu'en« H95 un grand banc de sable fut jeté par une tempête, au plein de la mer, qui monta et ensevelit cette longue étendue déterre àfouest de ladite Isle, laquelle ressemble à un désert ». {Loc. cit.) D'après ce document le grand envahissement des Quenvais n'eut lieu qu'à la fin du quinzième siècle, lorsqu'une masse plus considérable de sable fut amenée sur la côte.

Quand donc la plupart des prairies du fond de la baie

ou même des lames entraînent ces débris orf^aiiiqu.s ilans la couche inférieure, où ils servent avec l'élément ferreux siiri>\yili', à agglulincr et à cimenter les graviers et le sable. Il en résullc une sorte de grès généralement brun, mais foncé parfois jusiiuau noir, rt assez (■oii>i>laiil pour former le long de la falaise comme une traiu lie ^t^alili^■H'. (CI te même formation, non plus par superposition du sable aux matières organiques, mais par él)oulemcnt des terres végétales mêlées aux graviers de la plage, se retrouve à Petit-Port, entre la Pulente et Corliière, à Belcroùte Bay sous Noirmont et au milieu de Bonne-Nuit.

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