ASPECT LOCAL
La région comprise dans la carte de Cranbrook forme la partie centrale de la chaîne des Purcells de la Colombie britannique méridionale.
Des plus hauts sommets de la partie orientale de cette chaîne, ce qui frappe le plus le regard, c'est la concordance des crêtes montagneuses, donnant l'impression d'un haut plateau profondément déchiqueté,
avec de nombreux pics qui s'élancent à une grande hauteur et de larges vallées en forme de bassin. Un examen plus attentif des détails fait voir que cette surface reconstruite dans l'imagination semble des: endre
en pente douce vers la tranchée des montagnes Rocheuses, à l'est, et
qu'elle a été modifiée par l'action d'une érosion glaciaire récente. On y a pu reconnaître trois types de topographie. Dans les environs du versant de la chaîne, la région est montagneuse et bouleversée (planche V), plusieurs pics s'élançant à plus de 9.000 pieds de Fauteur. À l'est, dans
le voisinage de la vallée de la Kootenay, les montagnes offrent un 1spect moins sévère, avec leurs sommets arrondis et boisés (planche TT), pour s'évanouir toutes ensemble à l'endroit où commencent les prairies (planche IT) de la vallée de la Kootenay. Aux environs de la rivière St- Mary, cette vallée a une largeur de 16 milles. Au dernier plan (planche IV), le système des montagnes Rocheuses s'élève comme une muraille gigantesque à une hauteur de 900 pieds au-dessus de la vallée qui, ici, est à peu près à 3.000 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Dans là partie centrale et alpestre, où affleurent les roches non résistantes de la formation Kitchener, les pentes couvertes de débris sont douces et plus égales que dans la partie où sont à nu les quartzites argileuses grossières de la formation Aldridge, avec leurs couches alternantes de gabbro. Cette différence dans la forme de l'affleurement offre une aide excellente sur le terrain pour distinguer de loin les formations. La forme d'affleurement que prend la formation d'Aldridge se voit très bien dans les montagnes au nord du lac St-Mary, qui se trouve dans l'axe du pli anticlinal où les strates sont presque horizontales. Là, le partage des eaux, ou arêtes de l'intercirque, prend un aspect accidenté en dents de scie et est presque vertical. Les pics les plus élevés ont leurs sommets crénelés et sont sujets à une érosion rapide due à l'action de la glace et de la neige. Les cirques du fond de vallée ou bassin
ont très nombreux, partout à travers cette région montagneuse et sont quelque peu modifiés par les pentes des talus, qui parfois, empiètent sur les petits marais si caractéristiques de ces amphithéâtres glaciaires (planche XVI). Un petit glacier se rencontre, dans les limites de la région de Cranbrook, sur un rocher escarpé au-dessus du lac Hall (planche VI).
À l'est et au sud-est de cette région montagneuse se trouve la barrière de montagnes peu élevées (planches VIT et VIII), caractérisés par une série de sommets arrondis s'élevant de 7.000 à 7.500 pieds audessus du niveau de la mer, donnant lieu ça ct là à de petits cirques qui, dans cette région, sont peu nombreux et peu remarquables. Sur la chaïne au sud du ruisseau Perry se trouve encore une partie d'un ancien haut plateau assez bien conservé (planche IX).
Le drainage tout entier de la région de Cranbrook est effectué par
la rivière Kootenay, qui prend sa source dans le nord, en partie dans le système des montagnes Rocheuses et en partie dans celui des monts Purcell. Cette rivière coule vers le sud, traverse la ligne internationale à Gateway, entre dans les États-Unis, où elle se contourne en demicercle pour revenir dans la Colombie britannique et se jeter dans Île lie Kootenay, à Kootenay Landing.
La tranchée des montagnes Rocheuses, (planche IV) cette grande ct remarquable dépression longitudinale dont la partie sud se trouve entre le système des montagnes Rocheuses et la chaîne des monts Purcell, à l'ouest, s'étend depuis le Montana jusqu'à la ligne de frontière inter nationele, entre à Alaska et le Yukon. Aux environs de la région de Cranbrook, la surface de cette dépression inter-montane forme une cplendide lisière de terrain de 16 milles de large, contenant de nombreuses vastes prairies, des lacs et les méandres de la rivière Kootenay. S'élevant abruptement du fond de la vallée, la chaîne des monts Rocheux forme le flanc oriental de cette vallée. Formant contraste avec l'aspect abrupt de cette bordure orientale, le flanc occidental est caractérisé par des contreforts arrondis et boisés auquel succèdent ensuite les monts hérissés de la chaîne des Purcells (planches IT et XXIT).
Les cinq principaux tributaires de la rivière Kootenay, qui font le drainage de la chaîne des Purcells dans cette région de Cranbrook, sont la rivière St-Mary, le Gold Creek et les rivières Yahk, Moyie et Gold. La plupart des cours d'eau tributaires de la rivière Kootenay ont leur source dans les nombreux bassins rocheux ou cirques glaciaires de cette région montagneuse.
La rivière St-Mary (planche X et XI), qui fait le drainage de la partie septentrionale de cette région, prend sa source à divers endroits sur le sommet de la chaîne de montagnes, et se dirige vers l'est pour se jeter dans la rivière Kootenay, à Fort Steel. Dans la partie supérieure de leurs cours, les tributaires de la rivière St-Mary sillonnent une surface rocheuse étendue, dans des vallées affectant la forme de bassins (planche XXIX et XXX); cependant, à des distances variables de la rivière St-Mary (deux ou trois milles), ils s'engouffrent dans des cañons étroits et se nrécipitent dans des chutes de 50 à 75 pieds de hauteur. Des vallées inclinées (planches X et XXVII) caractérisent les creeks Whitefish, Hells Roaring et Perry, qui vont se jeter au nord, dans la rivière St-Mary, ainsi que les creeks Pyramid, Alki, Matthew et Mark, qui viennent atteindre à la rivière St-Mary en coulant du nord au sud. Sur le ruisseau Mark se rencontre une chute dans la position normale, à environ quatre milles du confluent de ce iuisseau avec la rivière St- Mary: une autre chute se trouve à environ 200 yards de ce confluent.
Le cours principal de la rivière St-Mary (planche X) forme une série de méandres au fond d'une large vallée dont les murs abrupts s'élè-
vent À 4.000 ou 5.000 pieds de hauteur. Au-dessus de cette élévation, les pentes se font plus louces et indiquent qu'on a atteint la surface du plateau. L'enchevêtrement de contreforts, si remarquable dans les vallées des régions qui n'ont pas été sujettes à l'érosion glaciaire, fait ici totalement défaut. Les contreforts ont leur fronts taillés en facette de telle façon que, vues du haut de la vallée, les coupes transversales prennent l'aspect de bassins. Dans la partie occidentale de cette vallée principale, la rivière coule vers l'est par une série de canaux À travers un fond plat qui, à la période des inondations du printemps, se COUVTE totalement d'eau. Non loin du lac St-Mary (planche XD), le fond de la vallée est marécageux et contient plusieurs lacs en forme de joug. À l'endroit où la rivière se jette dans le lac, il s'est formé un delta et il est très probable que la déposition de sédiments par la rivière a considérablement diminué la superficie du lac, qui n'a actuellement que deux milles de long sur un mille de large. Aux environs du lac St-Mary (planche XD), les murs de la vallée s'élèvent d'une façon très abrupte de chaque côté; ils sont formés de quartzite d'Aldridge avec intercalations de couches de gabbro plongeant vers l'ouest de la vallée. À cet endroit, la vallée est relativement étroite. Il est probable que la sortie de ce lac s'est opérée sur une couche de diorite. Il ne se trouve aucune terrasse apparaissant progressivement, et la rivière St-Mary traverse dans son cours capricieux un bassin qu'elle a taillé dans les gra icrs et les sables stratifiés (planche XII). Les terrasses sont plus prononcées ”. Maryville au confluent des rivières St-Mary et Kootenay. Les caps à pic qui se trouvent le long de la rivière St-Mary sont inégaux en hauteur, à cause des irrégularités de la surface de la prairie à l'endroit du point de jonction de cette dernière avec la vallée. Ces caps sont parfois ornés de ‘‘hoodoos.”
Deux cours d'eau additionnels drainent la lisière de prairie dans cette partie de la région de Cranbrook, le Cherry Creek, qui coule vers l'est et va se réunir à la rivière Kootenay, et le creek Luke, qui va se jeter dans la rivière St-Mary, au sud. Ce dernier se trouve entièrement dans les limites de la lisière de la prairie et, à environ 1 mille 4 de son embouchure, il disparaît dans une couche de graviers et de sable pour réapparaître près de son confluent avec k rivière St-Mary, dans laquelle il se jette, après une série de cascades dans une orge étroite taillée dans les graviers.
Cette discordance de niveaux entre les “cux cours d'eau es! évidemment due à la différence de leur puissance érosive. Cette disparition des cours d'eau dans les graviers est chose commune chez les tributaires de la rivière Kootenay, par le fait qu'une grande étendue de graviers doit être franchie pour atteindre la rivière principale. La rivière Kootenay a aussi attaqué la couche stratifée qui forme le fond de la tranchée des montagnes Rocheuses.
La rivière Moyie prend sa source au centre de la chaîne des monts Purcell, non loin des sources du creek Perry et des tributaires orientaux de la rivière Goat; elle coule d'abord dans la direction de l'est, puis elle prend une direction sud-ouest, drainant une grande étendue de la partie sud-ouest de la région qui fait l'objet de cette étude. Sur un parcours de 12 milles, elle coule vers l'est, dans une vallée en forme d'U, large et bien établie: elle fait ensuite un bond d'une hauteur de 75 pieds, puis elle entre dans une gorge étroite coupée dans les graviers et une couche rocheuse à environ 200 pieds au-dessous de la surface ordinaire du fond de la vallée: elle tourne ensuite abruptement, presc ie à angle droit avec sa direction première, et se met à couler à travers une vallée étroite en forme de V dans laquelle les graviers font défaut. Les côtés de cette vallée récente sont roides et très escarpés. La rivière suit cette gorge sur un parcour de 3 milles, de là elle entre dans une vallée large et bien ttablie et finalement elle va se jeter dans le lac Moyie supérieur.
Le cours préglaciaire de cette rivière est bien défini; il consiste en une vallée en forme de V, large et contenant une grande épaisseur de graviers et de sable glaciaire. Il s'est fait là, autrefois, une remarquable exploitation de placer. Il est probable que l'ancien lit a été endigué nr” l'accumulation des matériaux apportés par les glaciers se dépi. dans les directions de Palmer Bar et de Cranbrook; il en est rés :: que la rivière Moyie à dû se chercher un autre cours, dans les régie s peu élevées situées entre le ruisseau Nigger et Swansea.
Les lacs Movie (planche XIII) ont dans l'ensemble 7 milles de long et occupent des dépressions et des expansions de la vallée de la rivière Moyie. Il n'y existait autrefois qu'un seul lac, mais il fut par la suite divisé près du milieu par les dépôts en évantails qu'y ont apportés les deux ruisseaux qui s'y jettent, l'un à l'est et l'autre à l'ouest, savoir, le Moyie et le Lamb. Une succession de terrasses, dont la plus haute est de 270 pieds au-dessus du niveau du lac, caractérise les rivages du lac Moyie inférieur. Après sa -:rtie des las Moyie, la rivière Moyie coule dans une vallée en forme d'U, dans la direction du sud-ouest, et traverse la frontière internationale à Kingsgate, C.B. Elle continue son cours dans la direction du sud et s’unit à la rivière Kootenay à un endroit à 8 milles à l'est de Bonners Ferry, Idaho.
La partie sud-ouest de la région comprise dans la carte est drainée pour une part par la rivière Goat, qui entre dans la vallée de la rivière Kootenay au delta du confluent de cette rivière avec le lac du même nom. La rivière Goat a quatre sources principales sur le principal versant de la chaîne tout près des sources des rivières St-Mary et Moyie. Elle coule dans la direction du sud et à Kitchener, sur la ligne du Canadian Pacific, elle se courbe vers l'ouest et finalement atteint la vallée “: lac Kcotenay ar delta, près de Creston. Il se trouve un cañon #21: :'
des chutes à environ 6 milles à l'est de Creston. à cet endroit où la vallée de Goat River s'unit à celle de la rivière Kootenay. La rivière Goat occupe conséquemment une vallée inclinée.
La rivière Yahk possède trois sources dans les montagnes at sud de la ligne du Canadian Pacific, les rivières principales commencent dans une région relativement élevée que domine le mont Yahk do:t l'altitude est d'environ 700 pieds. Cette montagne laisse voir l'effet de l'érosion glaciaire alpestre par de nombreux petits cirques disposés autour de son sommet. Le tributaire est de la rivière Yahk a sa source dans un lac situé sur un partage des eaux peu élevé, à la tête de la branche sud du Gold Creek; il coule dans la direction de l'ouest sur une distance de 4 milles, puis, formant un angle brusque de 90 degrés, se précipite dans un cañon étroit portant, dans la région, le nom de ‘Smuggler's Canyon" (Cañon du contrebandier). Ce cañon a 4 milles de long et est taillé dans les quartzites presque horizontales de la formation Creston. Ce tributaire a son confluent avec la rivière Yahk à un mille au nord de la frontière internationale. La rivière principale se dirige vers le sud, dans Idaho. Le tributaire occidental de la rivière Yahk a sa source dans un partage des eaux peu élevé, à la tête du Rippie Creek, un des tributaires de la rivière Moyie; il suit la direction du sud-est et traverse la frontière internationale à 6 milles environ à l'ouest du cours principal de la rivière Yahk.
Le Gold Creek a sa source à environ 10 milles au sud de Cranbrook; il coule dans la direction du sud-est à travers une vallée large et allongée, et va s'unir à la rivière Kootenay à 5 milles au nord de la frontière internationale, à Gateway. Il est alimenté par trois principaux tributaires venant de l'ouest, qui ont leur source à la crête de la chaîne des monts McGillivray. Des trous à vent, qui pénètrent à travers la partie la plus orientale de la chaîne des monts Purcell dans la vallée de la rivière Kootenay, représentant, à l'est, la projection de chacune des vallées de ses tributaires. Ces trous à vents forment des vallées larges, régulières, qui ne contiennent des cours d’eau que sur leur versants orientaux; ces cours d'eau se déversent dans la rivière Kootenay et représentent tout probablement les lits abandonnés des anciens tributaires du Gold Creek. Un pays ouvert, avec d'abondantes prairies qui constituent une belle étendue de terre à pâturage, caractérise la vallée principale du Gold Creek. Les collines de chaque côté de la vallée sont arrondies et fortement boisées.