‹ Géologie de la région de Field, Colombie-Britannique et Alberta [microforme]Chapitre 16 sur 111 · CHANGEMENT DE DRA INAGE · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE DRA INAGE

Bien que le drainage de cette partie des montagnes Rocheuses se fasse maintenant vers l'ouest, l'auteur est cependant convaincu que le drainage a commencé par la fonte des glaciers de vallée, et qu'à l'époque pré-glaciaire, le drainage se faisait vers le sud-est par la vallée Beaverfoot. Ilest probable qu'avant que la glace eut rempli les vallées, la partie est de la chaîne Beaverfoot était drainée Par une vallée de direction sud-est, et la partie supérieure et principale du cours d’eau est aujourd'hui re- Présentée par la partie supérieure du ruisseau Glenogle. Cet ancien cours d'eau coulait vers le sud-est, et à la courbe Leanchoil il s’unissait à la rivière pré-glaciaire Kicking Horse et coulait

? Nom proposé par R. A. Daly pour cette “Longue dépression étroite entre des montagnes occupée par deux ou plusieurs cours d’eau (formant des lacs ou non) drainant alternativement la dépression dans des directions op- "Nomenclature des Cordillères du Nord de l'Amérique entre le 47e et le 53e parallèle de latitude.” Journ. géog., Juin 1906, p. 596.

LR

dans ja vallée Beaverfoot-Kootenay. Un cours d’eau drainant le versant ouest de la chaîne Beaverfoot occupait très vraisemblablement une vallée, à partir d'un point entre Glenogle et Golden. Il est probable que la tête de cette vallée était séparée Par un point de division relativement bas de la vallée plus large sur le versant est de la chaîne Beaverfoot. 11 est impossible de dire exactement comment la ‘vallée transversale" s'est creusée À travers ‘1 chaîne Beaverfoot, mais il semble y avoir preuve suffisante pour indiquer qu'avec le changement de climat et l'accumulation de la glace dans la vallée à l'est de la chaîne Beaverfoot il ÿ eut un débordement de la glace par la dépression dans la vallée Columbia. Le sommet en forme de selle était probablement assez approfondi par le débordement de la glace pour Permettre un débouché vers l'ouest pour l'eau après que le drainage eut été arrêté au sud-est, Nous étudierons plus à fond à une autre page les causes qui sont supposées avoir causé l'obstacle au drainage vers le sud-est par la vallée Beaverfoot.

Aussitôt que le glace fut fondue sur ce sommet en forme de selle de la passe en travers de la chaîne Beaverfoot et que l'eau eut rempli les dépressions À l'est, un cours d'eau sur les fonds de vallée nivelés ou un lac temporaire formé au pied du glaciers a atteint le sommet de cette passe en travers de la chaîne, et alors commença en débordement de l'eau dansla rivière Columbia. Le volume d'eau était suffisant Pour creuser les roches de la chaîne Beaverfoot et pour former un canyon qui existe encore et qui est connu sous le nom de canyon inférieur de la rivière Kicking Horse.

La présente Preuve semble permettre les conclusions cidessus. La partie la plus haute de cette vallée transversale à travers la chaîne Beaverfoot est arrondie et usée par la glace, et conserve ces caractères jusqu’à la ligne de contour de 4,000 pieds, tandis que la partie inférieure est usée par l'eau et d'origine post-glaciaire. De plus les terrasses bien marquées dans les vallées Beaverfoot et Kicking Horse en amont de Palliser, sont suffisamment hautes pour indiquer le débordement à travers cette auge dans la vallée Columbi.. ou tranchée des montagnes Roc heuses. Dans la vallée Beaverfoot il y a une terrasse À 4,400 pieds et

dans la vallée Kicking Horse les terrasses montent jusqu'au moins 4,650 pieds. L'élévation actuelle du sommet de la vallée Beaverfoct est un peu au-dessus de 4,000 pieds.

Pour ce qui regarde l'origine de la Kicking Horse et des autres vallées en forme de V, Dawson, déclare qu'elles ne sont pas dues à l'action érosive de la glace mais à celle des cours d'eau. Nous avons trouvé des stries glaciaires et des surfaces polies près du fond de la vallée Kicking Horse au pied du mont Stephen. Bien que les vallées existaient bien avant l'époque glaciaire, cependant, plusieurs d'entre elles ont été approfondies par l'action érosive de la glace et lui doivent leurs contours arrondis et leurs fonds larges actuels. C'est ainsi que se sont formés les bassins nivelés tels que ceux que l'on voit sur le fond de la vallée Kicking Horse.

Le drainage vers l'ouest, surtout celui transversal, à probablement commencé avec le soulèvement primaire du système de montagnes, qui eut lieu vers la fin de l'époque Mézozoïque, quand le système avait le contour d'une série de chaînes basses. Âcette époque, Dawson croit que l'élévation générale de ja majeure partie des Cordillères était 3,000 à 4,000 pieds plus basse qu'elle ne l'est maintenant. Le drainage dans les montagnes Rocheuses à cette époque a dû se produire en conséquence. La déformation post-laramienne a donné le jour au grand système de vallée, et Dawson a signalé comme exemple, la vallée Columbia-Kootenay qui fut érodée à l'époque éocène. Un soulèvement postérieur durant le Pliocène a occasionné une recrudescence dans l'action érosive des cours d'eau.

RIVIÈRE OTTERTAIL.

La ri ière Ottertail coule dans une vallée qui a environ 15 milles de ,ong et qui suit la structure des schistes argileux, des ardoises, et des argillites tendres qu'elle coupe. Sous ce rapport la vallée est semblable à celle de la rivière Beaverfoot. La rivière prend sa source dans une prairie large et presque plate qui forme une partie de la passe Ottertail. La source de la rivière Vermilion occupe la passe et la dépression qui continue vers le sud-est, et cette rivière après avoir coulé dans une direction sud-est sur une distance d'environ 20 milles, tourne à

angle droit vers le sud-ouest, passe À travers une gorge entre les chaînes Verinilion et Mitchell, et va se jeter dans la rivière Kootenay à 15 milles au sud-est de sa source, dans l'auge Beaverfoot-Kootenay.

La passe Ottertail, avec son élevation de 6900 pieds au-dessus, du niveau de la mer est une bonne preuve qu'elle a été creusée par l'action érosive d'un glacier de vallée. Elle à des versants arrondis de chaque côté et le fond n'est pas seulement large, mais il est aussi couvert de détritis sur une longueur d'environ 1 mille, et parsemée de plusieurs petits lacs formés dans des “bassins de drift glaciaire.”1 On peut noter ici que plusieurs lacs semblables plus grands sont disséminés sur le sommet dans l'auge Bcaverfoot-Kootenay, et qu'il y en a aussi deux dans la passe Kicking Horse.

A partie de la passe, la rivière Ottertail tombe environ de 1,500 pieds dans les trois Premiers milles. A cet endroit elle est jointe par un cours d'eau beaucoup plus gros venant du ncrd, le ruisseau Misko. La carte montre que la vallée de ce tributaire à une direction nord-ouest. Elle a donc une direction presque contraire à celle du courant et elle fait un angle aigu avec la vallée du tronc principal. Nous verrons plus loin que les vallées du ruisseau Moose, de la rivière Ice, et un grand nombre de vallées plus petites de chaque côté de cette partie de l'auge Beaverfoot-Kootenay drainée par la rivière Beaverfoot présente aussi cet aspect barbelé avec la vallée principale, ou environ 6 milles de la passe, il y a une autre branche, le ruisseau Goodsir, qui se jette dans la rivière en venant du sud. Ce ruisseau, qui a trois milles di longueur, prend sa source aux trois petits glaciers sur les versants nords des monts Goodsir et Sharp. Le cours d'eau principal émerge de l'extrémité couverte de graviers du plus grand de ces glaciers d'un chenal sousglaciaire, non à l'état de petit ruisseau insignifiant, mais comme un gros torrent puissant qui rugit en Sautant par-dessus les blocs morainiques. La planche IV A, représente le cours d'eau émergeant d'une dépression en forme de cône. Nous parlerons plus longuement de ces glaciers dans un autre chapitre, mais il

1 Davis W. M., “Classification des bassins lacustres. Boston Soc. Hist. Nat., Vol. 21, janvier 1882, p. 315.

convient de noter, en passant, que cette langue de glace, sur une largeur d'un mille et sur une longueur d'un demi-mille, est couverte de matériaux morainiques qui ont une épaisseur variant d'une fraction de pied à plus de 3 pieds. Sur le front où les débris de roche sont épais et la glace mince, il y a une végétation rabougrie, En un endroit, une petite gorge, coupée dans la glace par un courant super-glaciaire, montre la glace bleue verdâtre contenant plusieurs petits blocaux à la base, une couche d'environ 3 pieds de graviers et de matériaux boueux à la surface, où croissent des épinettes rabougries ayant un à deux pieds de hauteur, ainsi que certaines fleurs alpines. Cette végétation super-glaciaire est commune dans les régions arctiques, inais elle est relativement rare au sud du 51° parallèle de latitude.

Cette petite langue de glace a offert plusieurs caractères intérrssants relativement à l'érosion des cours d'eau. Plusieurs cos d'eau coupent la surface de cette large langue de glace en forme d'éventail: quelques-uns ont un volume d'eau considérable vers le milieu du jour, d'autres suivent la pente de la glace, et d'autres enfin suivent des fractures qui laissent passer les Cours d'eau dans une dire‘ différente. Quelques-uns de ces cours d'eau super-gla ia r.# sont si importants qu'ils ont creusé dans la glace des vallées en forme de V qui ont jusqu'à 30 et 40 pieds de profondeur et jusqu'à 100 pieds de largcur au sommet de la gorge. Les cours d'eau les plus considérables forment des méandres dans la glace claire et vert bleuâtre. Les côtés concaves de la vallée sont escarpés tandis que les côtés convexes sont à pente douce, comme dans le cas des méandres de rivière. Dans certains cas les méandres sont coupés en travers et le cours d’eau se creuse un nouveau méandre. En comparant les caractères d'érosion de ces cours d’eau slaciaires avec ceux d'une rivière normale, le lecteur remarquera de suite qu'il y a une grande différence entre des méandres d'un cours d'eau normal et ceux des cours d eau super-glaciaires que nous venons de décrire. Dans le premier cas les méandres sont des signes distincts de vieillesse, tandis qu'ici le cours d'eau montre tous les signes de jeunesse, avec une chute de 100 pieds du lit du chenal sur une distance d’un quart de mille,

L'auteur offre l'explication suivante pour la formation des P

méandres dans ces cours d'eau super-glacisires avec une pente si forte. On peut dire avec beaucoup de: sureté qu'aucun cours d'eau coulant à la surface d'un glacier ne suit une ligne droite à moins qu'il ne suive une fissure dans la glace, S'il Y a une grande quantité de sable et de graviers dans la glace, ils sont entrainés par le cours d'eau quand celle-ci fond et ils viennent faire mitraille dans les irrégularités des côtés du chenal.

Leur force est suffisante Pour creuser la glace contre laquelle ils viennent battre, et ils ne sortent de ce ‘havre’ que pour répéter leur effet sur le côté opposé de cette rainure dans laquelle coule le petit ruisseau et à l'origine un filet d'eau. Sous l'effet continu de ce procédé, l'extérieur de la courbe est rapidement usé en arrière et les méandres deviennent plus prononcés. La glace s’use très rapidement grâce à l'effet érosif continuel de Ja charge de détritus que le cours d'eau charrie. L'élargissement de la tranchée ne se produit pas seulement par la fonte de la glace sur ses versants, mais aussi par l'affouillement rapide sur la partie concave des courbes, qui produit l'enlèvement d'un gros bloc de glace. Le chenal du cours d'eau Peut s'obstruer Par un gros morceau de glace, ou par un gros bloc erratique qui a été abandonné par la glace en fondant. Dans ce cas l’eau coule sur une nouvelle surface de glace et se forme bientôt un nouveau chenal. Les courbes dans les méandres sont généralement simples et non en volutes. De plus si la gorge d'un lobe se rétrécit, une légère obstruction dans le Cours d'eau principal oblige au de passer par-dessus cette gorge et il en résultera la formation d’une nouvelle tranchée. Tous ces changements s'opèrent très rapidement, car non seulement la saison annuelle est très courte, mais la phase active journalière d'un cours d'eau est peu efficace après le milieu de l'après-midi.

Les branches de la tête du ruisseau Goodsir sont fortement chargées de matériaux boueux venant des glaciers. Le cours

plateau d'inondation qui s’est formé par un procédé de nivelage.

La carte montre que cette vallée nord-sud est la continuation de celle du ruisseau McArthur, sur le côté nord de la rivière Ottertail. Ces vallées, avec celle du ruisseau Moose au sud, et celle du ruisseau Cataract au nord, forment une dépression

d'érosion discontinue sur toute la longueur de la région. La partie nord de cette dépression suit une faille nord-sud.

Le ruisseau McArthur a environ 7 millles de long, et il se bifurque vers sa partie supérieure. Une des branches commence à passe McArthur, où elle est intermittente dans sa partie supérieure, et reçoit la plus grande partie de son eau de chenaux souterrains venant du lac McArthur (élévation 7,359 pieds). Ce lac occupe un bassin rocheux dont la lèvre est à plus de 50 pieds au-dessus de la surface actuelle de l'eau. À l'extrémité est du lac (planche IV B) il y a le mont Biddle avec un glacier du même nom dans un cirque bien formé et qui descend jusqu'au lac. L'autre branche du ruisseau McArthur commence entre le mont Odaray et a une direction nord-ouest sud-est, Nous mentionnons ici cette vallée parce que vers sa tête les débris en talus du mont Duchesnay entravent rapidement le cours d’eau et le poussent plus loin, sur le versant de la chaîne située au nord de la passe Odaray. En aval de la jonction de ces deux branches, le ruisseau McArthur présente unétat d'adolescence. La pente est uniforme, il n'y a aucune chute, et le cours d'eau coule paresseusement sur son plateau d'inondation nivelé. Sur le dernier mille de son cours le ruisseau tourne vers le sud-est pour se jeter dans la rivière Ottertail. On peut aussi voir cette déflection du cours près de son embouchure au ruisseau Miske, et elle se produit aussitôt que la vallée tributaire entre dans le flanc de la vallée principale.

En aval de l'embouchure du ruisseau McArthur la vallée de la rivière Ottertail a une forme nette en V, et le cours d'eau est au commencement de son cycle. Le diagramme (figure 1) montre cette forme en V de la vallée au pied du mont Owen qui à un contour à peu près triangulaire sur la carte.

Trois petites branches, les ruisseaux Silver Slope, Haskins et Québec, se jettent dans la rivière Ottertail par le côté sud. Tous ces cours d'eau prennent leur source au glacier Henbury et à de petits glaciers de rocher dans la chaîne Ottertail.

Sur le côté nord de la vallée, il faut surtout mentionner le ruisseau Float. Il coule entre le Mont Owen et le Mont Duchesnay et il a seulement 3 milles 3 de longueur. La figure 2 donne un profil de ce cours d'eau. L'embouchure de la vallée du ruis-

seau Float est suspendue à 809 pieds au-dessus du lit de la rivière Ottertail. De plus le profil et la carte montrent que la tête de cette vallée est creusée à angle droit sur celle de la fourche nord-ouest du ruisseau McArthur. Elle est aussi suspendue à 1,000 pieds au-dessus du chenal de ce dernier, Le ruisseau Float est un cours d'eau latéral dont la vallée s'est formée par érosion . dans le flanc de la vallée du ruisseau McArthur.

Fig. 1. Section en travers de la vallée Ottertail.

En aval de l'embouchure du ruisseau Float, la rivière Ottertail s'est creusé une gorge en forme de V dans des graviers glaciaires récents, et cette gorge a 300 pieds de profondeur vers l'embouchure de la vallée. À son embouchure vient se jeter le ruisseau Haygarth, la dernière branche latérale du côté nord.

Aussitôt que le chenal de la rivière Ottertail a atteint le

Fig. 2. Profil du ruisseau Float

Pre

plateau d'inondation de la rivière Kicking Horse elle tourne vers le sud; et au lieu de se jeter dans le rivière principale de suite,

sous l’action de la désintégration, et elles forment des pentes arrondies et douces telles que celles qu'on Peut voir sur le versant sud du mont Owen. Nous avons mentionné que la partie inférieure de Ja vallée est nettement en forme de V. Entre le sommet de la vallée récente en forme de V et la base de l'escarpement (planche V A), la pente moyenne est douce, et même en certains endroits il ÿ a une dépression à la base des rochers. Ce caractère se Continue vers le sud-est Sur une distance de plus de 20 milles. Le profil de la figure 1 montre la relation entre cette pente douce avec la pente plus escarpée; la première a quelquefois deux milles de largeur. Ces faits semblent faire Croire que quand la glace remplit Ja vallée, ses versants étaient arrondis par la glace, et comme la glace a marché depuis les roches plus massives dans les Montagnes Ottertail vers les roches très tendres en bas, ces dernières se sont usées plus rapidement près de la base du haut SCarpment qu'au centre de la vallée. Après que la glace se fut retirée de la vallée, le Cours d’eau s'est creusé son chenal en forme de V sur le fond de la vallée large qui avait été arrondie par l’action de la glace.

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