MIOCÈNE MOYEN
calcaires très minces qui sont d’ailleurs fragmentés le plus souvent par suite des mouvements de la masse marneuse.
La quatrième assise est essentiellement arénacée et formée par une alternance de graviers et de sables argilo-calcaires, auxquels se mêlent, vers le haut, quelques bancs de poudingues. Son épaisseur moyenne est d’au moins 250 mètres.
Dans la première assise, les fossiles, extrêmement rares, ne sont guère représentés que par des bryozoaires. Dans la seconde, au contraire, ils abondent, et avec les mélobésies, on trouve: bryozoaires, coraux, foraminifères, mollusques, échinides surtout, et, parmi ceux-ci, principalement les genres Clypeaster , Echinolampas , Schizaster, etc. Dans la troisième assise, les fossiles manquent ou sont indéterminables. Enfin, la base de la quatrième, ou plutôt sa zone de contact avec la marne sous-jacente, est l’horizon de YOstrea crassissima qui parfois y pullule. Cependant, cette huître se montre déjà dans la deuxième assise, c’est-à-dire dans le calcaire à mélobésies où j’ai constaté sa présence.
Telle est, en résumé, la composition de cet important étage. Les lambeaux que j’en ai spécialement étudiés, et dont je vais donner une description détaillée, sont tous situés sur ma zone limite, c’est-à-dire sur le versant nord de l’Atlas,, à l’exception de deux ou trois que je signalerai à l’Ouest, près de Zurich et du Camp-des-Guêtres, et qui sont depuis longtemps connus. Mais il n’y a pas trace de l’étage dans le Sahel proprement dit, ou du moins, s’il y existe, il est recouvert et caché partout par des sédiments plus récents.
Le premier gisement, en partant de l’Est, est au Fondouk, où on peut l’étudier au village même, de l'Est au Sud. Là,
TERRAINS TERTIAIRES
l’étage est représenté seulement par ses deux assises supérieures, c’est-à-dire la marne et les sédiments arénacés qui la recouvrent. La marne n’affleure que sur un point où on l’exploite pour alimenter une briqueterie. Elle contient quelques rares fossiles, parmi lesquels il n’y a de déterminable que le Pleuronectia cristata (ancien Pecten cristatus), qui n’est meme pas caractéristique, puisqu’on le trouve depuis le Cartennien jusqu’au Pliocène inclusivement. Les sables renferment ÏOstrea crassissima et des débris d’échinides, notamment de elypeastres. Le tout repose sur le Crétacé (Gault). J’ignore l’épaisseur de la marne ; mais les sables n’ont, tout au plus, qu’une vingtaine de mètres de puissance. (Voy. pl. I, fig . 3.)
En avançant vers l’Ouest, les deux assises supérieures disparaissent et font place à la deuxième, c’est-à-dire au calcaire à mélobésies qui subsiste seul. C’est ainsi qu’on le trouve, entre Rivet et l’Arba, au sommet des premiers mamelons. À Haouch-Muchelman, il forme la crête de la montagne, offre une épaisseur de 40 à oO mètres et repose directement sur les grès micacés que j’ai rapportés à l’Eocène supérieur (Flyscli). Ce calcaire est blanc, criblé de Lithothamnium etcontient quelques spécimens ÏOstrea crassissima (forme courte). (Voy. pl. III, fig. T.)
Un troisième lambeau, beaucoup plus important, se montre au sud de Rovigo, dans les gorges mêmes de l Harrach. Là, on trouve superposées, et reposant sur les poudingues ferrugineux du Miocène inférieur (Cartennien), les trois assises supérieures de l’étage, savoir le calcaire à mélobésies, la marne et les sables supérieurs. Ceux-ci sont argilo-calcaires et ont la plus grande ressemblance avec les molasses pliocènes que je décrirai bientôt ; ils renferment, en outre, de nombreux