OSTREA
H orne six
Reuss
Bab-el-Oued
Exemplaire bien conservé.
Rare. Signalé dans le Miocène de Vienne, etc.
Pecten
marginaius
Reuss
Route de Chéraga
Assez commun dans plusieurs gisements.
Limopsis
Chéraga (Dépôt de mendicité)
Transformé en limonite.
Verticordia
id.
Transformé en limonite.
Cette espèce ne paraît pas être la V. anetina de Brocchi.
Gastéropodes
Terebra
Dépôt de mendicité
Transformé en limonite, Caractères spécifiques manquent.
Mitra
id.
id.
Trochus
id.
id.
Solarium
id.
id.
TERRAINS TERTIAIRES
La comparaison do cotte faune avec celles de certaines autres formations, dont la position stratigraphique est bien établie, ne laisse aucun doute sur l’horizon géologique auquel doit être rapportée la marne bleue du Sahel. Ces formations sont celles que M. Pomel a étudiées principalement dans le département d’Oran, et dont il a composé son terrain sahélien, qu’il fait synchronique des terrains tortonicn et plaisantien d’Italie. Mais M. 1 h^mel a compris naguère, sous cette dénomination de Sahélien, des formations reconnues aujourd’hui pour appartenir à d’autres étages ; il me faut donc entrer ici dans quelques détails, pour fixer les idées, sur le point qui m’intéresse.
Dans l’ouvrage déjà cité, Le Sahara, page 44, M. Pomel s’exprime ainsi :
« J’ai donné le nom de Sahélien (de sahel, littoral) au troi- » sième terrain que je place dans la série miocène et qui répond » au terrain tortonien des géologues italiens, en y réunissant » le terrain plaisantien; j’ai déjà dit que ce terrain n’entrait » pas dans la constitution de l’Atlas algérien et restait confiné )> à ses pieds, c’est là son caractère le plus essentiel. 11 se » compose d’un assemblage de couches marneuses et marno- » sableuses, passant dans le haut à des molasses et à des cal- » caires compactes et ayant assez souvent pour substratum des » grès grossiers. Les environs d’Alger peuvent donner une idée » de sa composition , les premières assises se redevant sur la » Bouzaréa sont des grès très grossiers, peu épais, contenant » des clypéastres ; au dessus vient un puissant dépôt de mar- » nés délitescentes qui, vers Douéra, deviennent sableuses et » sont riches en coquilles fossiles ; le tout est couronné par
MIOCÈNE SUPÉRIEUR
» des molasses renfermant à la base la Terebratula amjmlla en » assez grande abondance; c’est cette partie que les Italiens » nomment le terrain plaisantien. Ostrea cochlear, Ceratotro- » chas 1 2-costatas, des Flabellum, spatangues, etc., de nom- » breux foraminifères surtout du groupe des globigérines, » indiquent une mer profonde et tranquille et cependant la » formation est médiocrement puissante. »
On voit qu’a l’époque où il écrivait ces lignes, M. Pomel comprenait dans son Sahélien trois assises particulièrement développées aux environs d’Alger , et consistant, dans leur ordre de superposition, en grès, marne et molasses. Or, les grès sont précisément ceux que j’ai décrits plus haut et rattachés au Miocène inférieur, sous le nom d’étage cartennien ; les molasses supérieures, ainsi que je l’établirai un peu plus loin, sont pliocènes.
Il reste donc l’assise intermédiaire, la marne, qui est bien réellement sahélienne, mais avec les caractères paléontologiques que je lui ai reconnus et qui sont tout différents de ceux sur lesquels s’appuyait M. Pomel. En effet, les fossiles qu’il la supposait contenir, vers Douéra, ne lui appartiennent pas. J’ai constaté qu’ils sont, non seulement à Douéra, mais sur une foule d’autres points, dans des couches marno-sableuses, ayant assez l’aspect extérieur de la marne sur laquelle elles reposent, mais dépendant sans aucun doute du terrain pliocène superposé, dont elles sont le début.
Les vrais fossiles de la marne du Sahel, ceux dont j’ai donné la liste, se. retrouvent, avec beaucoup d’autres mieux conservés, dans des marnes gréseuses, aux environs d’Orléansville
TE R RAI NS TERTIAI R ES
et de Du perré, dans les tripolis marneux blancs d’Oran, célèbres par la faune ichthyologique qu’ils renferment, etc. Toutes ces formations ayant une même faune, à peu près identique à celle du Tortouien, sont donc absolument synchroniques entre (‘lies, constituent le vrai Sahélien et doivent être rapportées au Miocène supérieur.
Il est à peine besoin d’ajouter que, lorsque M. Pomel, dans sa magistrale description g kdogique de l’Afrique septentrionale, a été amené à parler incidemment du Sahélien d’Alger, il ne possédait pas les documents dont il a pu disposer depuis. Il avait réuni des couches dont, il faut bien le dire, l’allure et la composition lithologique pouvaient tromper un œil même aussi exercé que le sien. Mais, grâce aux découvertes récentes, auxquelles il a pris d’ailleurs une part active, il a pu reconnaître les imperfections de son premier classement.
Cependant, il résulte de ce qui précède que, dans le Sahel, entre les étages cartennien et sahélien, il existe une assez grande lacune, provenant de l’absence de tout dépôt qui puisse être synchronisé, soit avec le Calcaire de Beauce, soit avec les Sables de l’Orléanais, les Faluns de Touraine et les Faluns de Salles. En d’autres termes, l’assise culminante du Miocène inférieur et le Miocène moyen tout entier y font défaut. Mais il est bien entendu que je ne parle toujours que du Sahel proprement dit, car on a vu plus haut qu’en dehors du Sahel, le Miocène moyen est largement représenté par une formation très puissante et très étendue.