‹ Géologie du Sahel d'AlgerChapitre 16 sur 21 · QUARTZ GRAS · texte numérisé non relu

QUARTZ GRAS

les, il s’est formé clc très beaux sphérolites et eristalli tes d’un oxyde de 1er, que sa poussière rouge me fait supposer être de l’hématite. Quelques-uns de ces sphérolites offrent le phénomène de la croix noire. J’ai constaté, en outre, que ces produits sont de signe positif.

Enfin, comme particularité intéressante, mais qui semble tout à fait accidentelle, je dois signaler la présence, dans le grand dyke granulitique de l’Agha, d’énormes blocs irréguliers de quartz hyalin rose et d’autres de quartz enfumé. Ces blocs sont sillonnés de fissures extrêmement étroites et dont les parois se touchent. Lorsqu’on écarte ces parois, on les voit recouvertes de longs cristaux pyramidés, très aplatis, à peine saillants, couchés en long, et alignés dans le même sens.

Ces quartz sont certainement de formation très postérieure car ils empâtent la granulite et le pseudo-gneiss.

Quartz gras

Au milieu des schistes de l’étage X, non transformés par la granulite, plus rarement dans les micaschistes de l’étage on trouve de très nombreuses enclaves de quartz blanc laiteux gras. Ces enclaves, qui affectent toutes les formes les plus irrégulières, paraissent absolument isolées ; on peut les extraire sans en laisser la moindre trace apparente, et défait, on les arrache par centaines lorsqu’on procède au défoncement du sol schisteux pour le mettre en culture.

Quelle que soit leur forme, sphéroïdale, lenticulaire, filonienne, ramifiée, toutes ces enclaves quartzeuses sont caracté-

HOCHES ERUPTIVES

risées par ce fait, d’autant plus apparent qu’elles sont plus volumineuses, qu’elles semblent s’être logées de vive force dans le schiste encaissant. En effet, à leur périphérie, et sur des épaisseurs très notables, le schiste est comprimé, écrasé, trituré même, et il ne reprend qu’un peu plus loin sa stratification régulière. En d’autres termes, les choses se passent comme si le quartz, né sur place, s’était développé en écartant le schiste, ou bien comme si le schiste, sous l’influence des fortes pressions qu’il a dû subir ultérieurement, s’était écrasé sur le quartz.

L’action exercée par le quartz a été exclusivement mécanique ; on n’observe dans le schiste aucune modification pouvant être assimilée à du métamorphisme.

Le quartz dont je parle possède l’éclat gras au plus haut degré. 11 est, en outre, très pur ; tout au plus, au pourtour de sa masse, englobe-t-il quelques débris de schiste ; mais il en englobe, et je tiens d’autant plus à faire ressortir ce fait, qu’il témoigne en faveur de la postériorité du quartz gras, lequel me semble, comme le cipolin (voy. page 36), être venu après coup se concentrer au milieu du schiste déjà consolidé.

Diorite à wernérite

Au sud du village de l’Arba, à environ trois kilomètres et dans le lit même de l’oued Djemma, l’un des affluents de l’oued Harrach, j’ai trouvé une roche éruptive, essentiellement filonienne, affectant la direction verticale et coupant transversalement les couches du terrain cénomanien, très inclinées vers le Nord.

DIORITE A WERNÉRITE

Ce filon, autour duquel sourdent des eaux minérales salines et ferrugineuses, ne tarde pas à se perdre dans la roche qui le contient ; mais on est averti qu’il doit réapparaître plus haut, dans la montagne, par un assez grand nombre de ses débris qui se montrent de loin en loin sur le flanc droit du ravin où coule l’oued Djemma. En effet, à une altitude d’environ 300 mètres, on le retrouve, mais à l’état fragmenté et en relations avec du calcaire dolomitique cristallin, dont je parlerai tout à l’heure. Ses fragments, non roulés, sont englobés par ce calcaire magnésien saccharoïde. Plus haut , je n’ai rien trouvé que la continuation, sur plus de cent mètres, des couches cénomaniennes. Ce dernier pointement de la roche éruptive représenterait donc l’extrémité du filon qui aurait ainsi pénétré dans le Cénomanien, mais ne l’aurait pas totalement traversé.

Etant donnés la nature et le faciès, décrits plus haut, du terrain cénomanien, on voit facilement la modification qu’il a subie au contact de la roche éruptive. Cette modification s’est traduite par la production d’une matière compacte siliceuse, grisâtre, très dure et très tenace, une sorte de jaspe, dans lequel, même avec l’aide du microscope, on devine plutôt qu’on ne distingue les éléments composants, qui ne sont autres que les débris presque informes des deux roches adjacentes, cimentés par de la silice.

La roche éruptive pure a l’aspect d’une diorite très feldspathique où l’élément blanc prédomine de beaucoup sur l’élénîent vert clair qui lui est associé. Cependant, elle n’a pas les caractères d’une roche bien homogène et, en la voyant en place, on est tenté de la prendre pour le résultat probable d’une action métamorphique qui se serait exercée sur une matière préexis-

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tante, mais dont les restes non transformés font d’ailleurs absolument défaut.

En examinant cette roche au microscope, j’ai été assez surpris de lu trouver essentiellement et exclusivement constituée par de la wernérite et de l’amphibole, auxquelles est associée une assez grande quantité d’épidote. L’amphibole, d’un vert clair, se présente sous forme de cristaux aciculaires, groupés par faisceaux radiés ; cet état, joint à l’angle d’extinction qui est voisin de 20 degrés, indique qu’on est en présence d’une actinote, c’est-à-dire d’une de ces amphiboles, dont la production est généralement le résultat d’une action secondaire. La wernérite, disposée par plages granitoïdes, empâte les cristaux d’amphibole ; elle serait donc de consolidation postérieure. En outre, elle se présente dans un état d’altération qu’on ne lui connaît généralement pas dans les roches où elle entre comme minéral essentiel. (Voyez pi. V, fi g. 2.)

11 y avait lieu de se demander si la roche que je décris est réellement le produit de la transformation d’une roche amphibolique, ou bien si j’ai par hasard mis la main sur une roche normale à base de wernérite. Dans le doute j’ai fait appel à la haute compétence de M. A. Lacroix. Si les renseignements qu'il a bien voulu me donner sur les autres roches à wernérite connues ne m’ont pas permis de trancher la question, ils l’ont du moins éclairée de façon à ce que mon étude sur la roche de l’oued Djemma puisse utilement prendre place dans l’histoire des roches à wernérite.

Celles-ci, on le sait, ne sont pas très communes. La wernérite a été signalée, comme minéral essentiel, dans certaines roches amphiboliques ou pyroxéniques, de la série des gneiss et des

DIORITE A WERNERITE

micaschistes, rencontrées notamment en Suède (Brunsberg, Gottenvik), en Allemagne, dans l’Afrique australe (Hereroland), aux environs de Saint-Nazaire, et respectivement décrite par MM. Tœrnebohm, Bccke, Wulf et A. Lacroix. Mais la wernérite n’a pas été, que je sache du moins, rencontrée comme élément primordial, dans une roche éruptive quelconque, car les diorites à wernérite de Bamle (Norwège), étudiées par MM. Michel Lévy, Brôgger, Sjôgren, etc., sont incontestablement des gabbros modifiés, dans lesquels la wernérite s’est toujours substituée par épigénie à un feldspath triclinique. Il en serait absolument de même pour la wernérite que l’on a trouvée dans certaines ophites des Pyrénées, dont parle Rosenbuch. Dans ces différentes roches de Norwège et des Pyrénées, on a, par suite de la présence du feldspath qui n’a pas été totalement transformé, la preuve certaine que la wernérite résulte bien de son épigénie ; mais, dans la rocbe de l’oued Djemma, cette preuve manque, parce qu’on n’y observe aucune trace de feldspath.

On en est donc réduit à admettre : 1° ou bien que la roche d’Algérie est le résultat de la transformation d’une autre roche (diorite, diabase, etc.), dont les éléments auraient été totalement épigénisés, savoir: le bisilicate ferrugineux par l’actinote, et le feldspath par la wernérite ; 2° ou bien que ladite roche est normalement constituée,, et pour ce cas on invoquerait ces deux faits qu’il n’y a pas trace de feldspath et que, contrairement à ce que l’on sait de la wernérite non primordiale, cette espèce est assez profondément altérée.

Quelle que soit l’hypothèse à laquelle on s’arrête, ce qu’il convient de retenir, c’est qu’il existe dans le Cénomanien une roche éruptive filonienne, composée de wernérite et d’amphi-

ROCHES ÉRUPTIVES

bole et à laquelle on peut provisoirement donner le nom de diorite à wernérite, sans rien préjuger de l’origine de ses éléments essentiels.

Calcaire à tourmalines

En parlant de ma roche à wernérite, j’ai dit que son filon n’avait traversé qu’une partie du cénomanien et se terminait par conséquent dans ce terrain ; que son extrémité était remarquable par son état fragmenté et que ses morceaux étaient logés, pour la plupart, dans un calcaire magnésien, très différent à tous les points de vue des marnes argileuses noires crétacées qui l’entourent. C’est de ce calcaire qu’il est présentement question.

Tantôt saccharoïde, tantôt spathique, tantôt comme ponceux et offrant alors la consistance d’un tuf grossier, ce calcaire sort des couches cénomaniennes, à la manière d’un produit éruptif. À la partie supérieure du ravin où il est le plus développé , il apparaît comme une corniche disposée à peu près horizontalement sur la tranche des couches très inclinées du Cénomanien. Il fait légèrement saillie parce qu’il se désagrège moins facilement que la roche qui l’encaisse.

Bien qu’on ne puisse guère le désigner que sous le nom de calcaire, ce produit est en réalité assez complexe. D’abord, à l’œil nu, on distingue dans sa masse un certain nombre de minéraux intéressants: ce sont des cristaux de pyrite, partiellement transformés en fer oxydé hydraté, des cristaux de quartz remarquables en ce qu’ils sont très allongés, parfaitement

CALCAIRE A TOURMALINES

hexagonaux, dont les deux extrémités libres ne sont pas achevées, et dont le centre est creusé longitudinalement d’un bouta l’autre; ce sont, en un mot, comme des cristaux qui se seraient formés de dehors en dedans et dont la formation se serait arrêtée avant le remplissage du tube hexagonal et la production des pyramides terminales. Tous ceux que j’ai examinés se ressemblent ; pas un ne fait exception à la règle. J’ajoute qu’ils affectionnent de préférence les parties compactes des filons.

Dans les parties spathiques, au contraire, le calcaire renferme une multitude de belles petites tourmalines transparentes, colorées en vert clair, et rappelant les émeraudes pâles. A première vue, ces tourmalines semblent consister en grains cristallins irréguliers ; mais, lorsqu’on les observe avec soin, elles apparaissent, pour la plupart, chargées de petites facettes brillantes, au milieu desquelles la forme trigonale habituelle de l’espèce se détache presque toujours.

En traitant à froid, par l’acide azotique, quelques fragments de calcaire, j’ai pu isoler facilement les minéraux qui précèdent; mais j’ai trouvé plus encore : lorsque j’ai observé les produits non attaqués, j’ai reconnu, parmi eux, des grains cristallins d’anhydrite et une assez grande abondance de très petites paillettes de talc.

Il est assez difficile de préciser exactement l’âge de ce calcaire. Il est évident que, puisqu’il est filonien et qu’il a pénétré dans le Cénomanien, il est de formation postérieure à celle de cet étage crétacé ; mais c’est tout ce que l’on en peut dire, même par rapport à la roche à wernérite, bien qu’il en

ROCHES ÉRUPTIVES

englobe dos morceaux, car on pont toujours soutenir qu’il a été pénétré par la roche aussi bien que le crétacé encaissant.

Je dois ajouter, pour compléter cette étude, que des tour-, malines que je n’ai pas vues, mais (pie je suppose analogues à celles dont je viens de parler, ont été rencontrées dans une masse de gypse éruptif, aujourd’hui exploité, aux environs du village de Rovigo. Trouvées parNicaise, etsignalées par Ville, elles font l’objet d’une mention spéciale, dans la Minéralogie de M. Des Cloiseaux. Celles que j’ai recueillies en place n’ont encore été, que je sache, décrites par personne. Avant de trouver leur gisement, j’étais depuis longtemps prévenu de leur existence par des échantillons que m’avait donnés mon savant et excellent ami, M. Ch. Lallemant, pharmacien à l’Arba, pour qui l’histoire naturelle de cette région et de beaucoup d’autres n’a plus de secrets.

Dacite

Au sud de Rovigo, dans le lit de l’oued Tiamimime et environ à 1500 mètres de l’embouchure de cet affluent de l’Harrach, se dresse, sous la forme d’un énorme roc très escarpé, l’extrémité d’un dyke éruptif, au travers duquel le torrent s’est livré passage. Vers l’aval, une bonne partie du dyke s’est séparée et a disparu, laissant ainsi à vif la roche pure. Celle-ci se présente en prismes qui occupent au centre la position horizontale et qui forment éventail, à droite et à gauche de l’oued. Elle est compacte et noirâtre ; mais à une faible distance du dyke prin-

DACITE

cipal elle est grenue, bréchoïde, blanche et disposée en grandes dalles verticales.

Je montrerai plus loin que ces deux parties, distinctes par la couleur et la structure, le sont aussi par la composition.

11 est probable que l’arrivée au jour de cette roche a contribué aux dislocations qui, dans la région environnante, ont fortement affecté les terrains miocènes, car elle a tous les caractères d’une roche tertiaire ; mais je ne l’ai trouvée en relations qu’avec le Crétacé cénomanien, dans lequel elle est encaissée et qu’elle semble n’avoir modifié que sur une faible épaisseur. Cette modification s’est traduite simplement par la transformation en calcaire blanchâtre et un peu friable du calcaire cénomanien qui, en cet endroit, est très compacte et gris foncé. Dans la zone sédimentaire modifiée je n’ai rien trouvé qui puisse être attribué à des émanations de la matière éruptive. J’ai également examiné avec soin les poudingues et les calcaires du Miocène inférieur et moyen, qui sont très développés aux environs, pour m’assurer s’ils étaient en rapports quelconques avec la roche éruptive ; mais celle-ci ne s’est montrée nulle part au milieu de ces sédiments, ni en cailloux, roulés, ni en filons. De sorte que, en réalité, à propos de son âge, on ne peut jusqu’à présent rien affirmer de précis, sinon qu’elle est postérieure au Cénomanien.

Mon examen microscopique de la roche a porté d’abord sur la partie la plus pure, c’est-à-dire sur des fragments recueillis au centre même du dyke principal. J’ai ainsi constaté que j’avais affaire à une très belle dacite, composée des minéraux suivants :

ROCHES ÉRUPTIVES

Quartz bipyramidé, sanidine, labrador, mica noir.

Microlitcs d(; labrador, de biotite et de fer oxydulé.

Opale gélatinoïde, eblorite, ealcite.

Le quartz bipyramidé est très abondant ; ses grands cristaux, parfois de la grosseur d’un pois, présentent (à l’œil nu des contours arrondis, un éclat gras particulier et une couleur verte assez prononcée qui est due sans doute à la eblorite qui les pénètre. Au microscope, ils apparaissent tous également arrondis et se monlrent criblés de fentes tantôt irrégulières, tantôt faisant entre elles des angles de 120 degrés, et, dans les deux cas, remplies de matières étrangères (eblorite, calcite, etc.). On y remarque, en outre, un grand nombre de très belles inclusions vitreuses, incolores, avec ou sans bulles. Je n’y ai pas constaté d’inclusions à bulle mobile.

La sanidine est aussi très riche en inclusions vitreuses, reproduisant, pour la plupart, les formes des cristaux. Ceux-ci sont tantôt simples, tantôt maclés suivant la loi de Carlsbad.

Le labrador est abondant, maclé suivant la loi de l’albite et contient également beaucoup d’inclusions vitreuses, ainsi que des inclusions d’apatite, d’actinote, etc. Ses cristaux se font remarquer parla netteté parfaite de leurs formes.

Le mica noir est à un axe, ou du moins à deux axes très rapprochés ; il enveloppe les feldspatlis, dont il moule les contours.

L’opale gélatinoïde se montre en plages nombreuses, bien caractérisées par leur aspect réticulé ; elle contient un assez grand nombre de cristaux de zéolite, que leur extrême petitesse rend indéterminables.

DACITE

L’examen de la partie bréchoïde blanchâtre et en dalles verticales, qui se montre à la périphérie du dyke principal, m’a donné une composition un peu différente, savoir :

Quartz bipyramidé, mica noir, labrador, zircon.

Matière amorphe vitreuse fl ui date , rares microlites de labrador, un peu de mica noir.

Mes préparations ne contiennent pas de sanidine ; si ce minéral existe dans la roche, il y est donc très rare. Le zircon est rare également. Le quartz bipyramidé abonde et offre les caractères signalés plus haut ; de même pour le mica noir et le labrador. La matière vitreuse fluidale apparaît chargée de chlorite.

Comme particularité intéressante, j’ai constaté, dans la roche, la présence d’enclaves offrant des types variés de dacite. En général, ces enclaves sont moins chargées de quartz que la dacite fondamentale. Quelques-unes sont, en outre, presque entièrement dépourvues de matière amorphe et n’offrent que des cristaux de labrador, de mica noir et de quartz, associés sans interposition aucune de matière vitreuse.

Enfin l’opale gélatinoïde et les gros cristaux verts de quartz, signalés dans la roche pure, font ici défaut. Cette différence, très sensible dans la composition de la dacite, suivant qu’on l’observe dans les parties centrales ou dans les parties périphériques du dyke, montre que la roche en se consolidant a subi des influences de milieu diverses, et ce qui rend le fait digne d’intérêt, c’est que ces influences se sont exercées à des distances relativement très rapprochées.

ROCHES ÉRUPTIVES

Labradorite

Considérée au point de vue de l’étendue de ses affleurements, la roche éruptive que je vais décrire est de beaucoup la plus importante de toutes celles que j’ai étudiées précédemment. Clle paraît être la plus récente, non seulement par suite de la nature et de la fraîcheur de ses éléments, mais aussi parce qu’elle a franchement traversé le Pliocène en le modifiant.

Elle affleure suivant deux longues bandes, presque droites, faisant entre elles un angle d’environ 20 degrés, dont la bissectrice, à partir du sommet, est sensiblement dirigée : Ouest 10° Sud, Est 10°Nord. Partant d’un point situé à environ 15 kilomètres au sud-ouest de Cherchell, l’une de ces bandes passe à Zurich et va se terminer dans le flanc sud de Chenoua, près de l’oued Nador. L’autre traverse, au lieu dit: Camp-des-Guêtres ou auberge Gaspard, la route de Bourkika à Hammam- Righa, va se terminer à l’entrée même des gorges de l’oued Harrach, sur la rive gauche, après avoir passé par Ameurel-Aïn et El-Affroun. L’affleurement d’El-Affroun est séparé exceptionnellement de celui de l’Arrach par un intervalle de 40 kilomètres.

Sur la Carte géologique provisoire des provinces d’Alger et d’Oran qu’ont publiée MM. Pomel et Pouyanne, et où les deux bandes éruptives en question sont figurées, on voit qu’elles ne sont pas absolument continues, mais plutôt constituées par des tronçons plus ou moins allongés qui, suivant les points où on les considère, émergent des terrains crétacé ou tertiaire. (Voy. ma carte géologique.)

LABRADORITE

Partout, les altérations subies par les sédiments encaissants au contact de la roche éruptive n’ont qu’une médiocre importance et se réduisent à de simples modifications de structure et de couleur. Je n’ai constaté nulle part de métamorphisme plus intense. Les calcaires marneux crétacés et les marnes ou molasses tertiaires sont devenus également ou friables ou plus compactes ; mais, examinés au microscope, on voit qu’ils ont conservé les restes organiques fossiles qu’ils recèlent et notamment les foraminifères et les mélobésies, dont ils sont souvent remplis. La zone de contact modifiée où il a émigré un peu de matière éruptive est toujours très étroite, et le phénomène s’est réduit à un simple mélange.

Les préparations que j’ai tirées des nombreux échantillons recueillis dans les diverses localités où se montre la roche éruptive, m’ont fourni la preuve que, d’un bout à l’autre des deux bandes d’affleurement, on avait affaire à la même matière ; mais, si la composition fondamentale de la roche ne change pas, elle présente certaines variations d’ordre secondaire attribuables aux influences locales au milieu desquelles la roche s’est consolidée, et qu’il est intéressant de signaler.

D’une manière générale on peut dire que la roche est une labradorite du type vitreux, autrement dit un tachylite labradorique, car elle est essentiellement composée de labrador, de pyroxène, de fer oxydulé et de matière vitreuse très abondante.

Pour bien faire saisir les variations locales dont je viens de parler, je vais donner la description détaillée de la roche prise dans ceux de ses gisements où elle présente les différences les plus sensibles.

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