REGIME DES EAUX
J’ajoute que les eaux qui ont circulé ou séjourné un certain temps dans la marne sont fortement calcarifères et sélénitouses, par conséquent de mauvaise qualité.
Les grès miocènes cartenniens ne jouent qu’un rôle insignifiant dans la répartition des eaux absorbées. Ces grès, en effet, presque entièrement recouverts par la marne, n’offrent, on le sait, qu’une très petite surface d’affleurement, c’est-à-dire d’absorption.
Les micaschistes ne constituent pas non plus un réservoir sérieux. Leurs surfaces inclinées et luisantes ne sont pas faites pour retenir les eaux ; encore la partie absorbée passe-t-elle au travers des feuillets schisteux, comme au travers d’un filtre, pour descendre rapidement à des profondeurs considérables. Plusieurs forages, pratiqués dans les schistes ou les pseudo-gneiss, et poussés à environ 80 mètres (El-Biar, Télemly), ont rencontré, non pas une nappe aquifère, mais bien plutôt une certaine humidité qui, suintant goutte à goutte des parois des puits, entretient au fond un volume moyen de un ou deux mètres cubes d’eau.
Cependant, sur les points où les schistes ont été plus tourmentés, où des mouvements locaux les ont plissés, tordus, écrasés même, il semble que les eaux effectuent leur descente dans la masse schisteuse avec moins de rapidité et s’y accumulent à des profondeurs beaucoup plus faibles. Dans une foule de ravins, des puits de quinze à vingt mètres donnent assez d’eau pendant toute l’année pour subvenir aux besoins des ménages.
Quoi qu’il en soit, on voit que ce ne sont pas là de véritables sources, et, heureusement, il y a mieux.
APPENDICE
Les couches pliocènes et quaternaires, qui sont de consistance essentiellement sableuse, absorbent et emmagasinent la majeure partie des eaux de pluie qu’elles reçoivent l’hiver. Elles retiennent ces eaux d’autant plus facilement qu’en raison même de leur nature sablonneuse, les phénomènes de capillarité s’y exercent avec une intensité plus grande. En outre, leur déclivité est relativement faible. Enfin, elles reposent partout sur la marne miocène imperméable.
Dès lors, que ces formations existent entières ou par lambeaux isolés, qu’elles soient situées sur la crête, sur les flancs ou aux pieds du massif sahélien, elles constituent partout des réservoirs où l’abondance des eaux est subordonnée : 1° à la quantité de pluie tombée ; 2° à l’inclinaison des couches aquifères ; 3° à l’étendue de ces couches ; 4° à la topographie de la surface marneuse sous-jacente.
Lorsque ces différentes conditions se trouvent avantageusement remplies, le succès d’une captation ne dépend plus que du choix de l’emplacement où devront être exécutés les travaux de recherches.
Quelques régions, malheureusement trop rares et trop restreintes, doivent à leur situation exceptionnelle de pouvoir être irriguées. On les utilise pour les cultures maraîchères. Mais on peut dire, d’une manière générale, que les eaux sont trop peu abondantes dans le Sahel, pour pouvoir servir à autre chose qu’à l’alimentation et aux besoins de propreté.
Comme le massif schisteux azoïque n’occupe qu’une faible partie du Sahel, il s’ensuit que la presque totalité des eaux consommées est fournie par les sédiments les plus récents, surtout par le Pliocène supérieur et la dune quaternaire.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
Il a été écrit beaucoup de choses sur la géologie de l’Algérie, et les ouvrages, mémoires ou simples relations de voyages que l’on doit à MM. de Verneuil, Ville, Fournel, Ravergi et Renou, Rozet, Puilou et Bobley, Pomel, Pouyanne, etc., etc., sont bien connus. Mais, dans ces diverses publications, ainsi que je l’ai fait remarquer au commencement de ce travail, on ne trouve rien que de très général et de très vague concernant spécialement le Sahel d’Alger.
Les seuls travaux où il soit un peu sérieusement question de ce petit coin du territoire algérien sont :
1° — Le Sahara ; observations de géologie et de géographie physique et biologique , avec des aperçus sur l'Atlas et le Soudan , et discussion de l’hypothèse de la mer saharienne à l’époque préhistorique, par A. Pomel (Alger, publication de la Société de climatologie, 1872). J’ai déjà parlé plusieurs fois de ce travail et j’en ai cité et critiqué les passages relatifs à la composition du Miocène supérieur (Sahélien) et du terrain quaternaire. Je n’y ai pas fait allusion à propos du terrain pliocène, parce que la description qu’en donne M. Pomel est beaucoup moins précise et se rapporte d’ailleurs, d’une manière générale, à la composition de ce terrain, partout où il se montre en Algérie. Il semble toutefois que la dune quaternaire avec ses gastéropodes