CAR A C T È R E S G É N É R A U X
ou récentes ; j’ai taillé, pour les observer par transparence au microscope, do nombreuses lamelles minces, dans les parties qui semblaient pouvoir le mieux donner quelque utile indication, et je n’y ai jamais rien trouvé qui ressemblât à une forme organique.
Ce terrain affleure principalement aux environs immédiats d’Alger, où il forme un énorme massif, recouvert, au Nord et à l’Est, par la mer ; au Sud, parles terrains tertiaires ; à l’Ouest, par des dunes quaternaires et actuelles. Au milieu de ces dunes et sur la côte, il montre encore quelques petits pointements isolés qui permettent d’en suivre la continuation jusqu’à Sidi-Ferruch. De l’autre côté de la Mitidja, au barrage même de l’oued El-Hamiz, il affleure également ; la route du Fondouk au barrage le coupe sur une longueur d’environ 700 mètres. Là, il est recouvert, d’un côté par le terrain crétacé, de l’autre par le terrain éocène nummulitique. (Voir pl. I, fig. 3.)
A première vue, ce terrain parait constitué d’une façon assez simple ; il semble qu’on ait devant soi une grande masse de schistes homogènes, profondément tourmentés, et au milieu desquels quelques roches de nature très différente, telles que pegmatites et cipolins, se laissent distinguer facilement. Cependant, lorsqu’on y regarde de près, cette composition apparaît beaucoup plus complexe, et malgré les cassures, failles, plissements de toute sorte, et les altérations superficielles, on finit par y démêler, dans un ordre régulier de superposition, toute une série de roches bien distinctes.
Ces roches, ainsi que je l’exposerai tout à l’heure, appartiennent à deux étages différents séparés par une discordance que l’on conclut plutôt qu’on ne la constate. Mais les roches
TERRAINS AZOIQUES
appartenant à l’une des deux séries n’offrent jamais entre (‘lies de discordance réelle. Souvent, il est vrai, on est tenté d’interprélcr comme discordance certains changements subits de direction ou d’inclinaison ; mais ce ne sont là que des apparences, car j’ai constaté, chaque fois, que le phénomène était dû à des compressions, qui ont d’ailleurs indifféremment affecté, soit une seule roche, soit plusieurs roches à la fois. L’effet de ces compressions a meme été si intime que certains schistes sont absolument tordus et comme enroulés sur eux-mêmes. On le voit facilement lorsqu’on en détache des morceaux; le schiste, sous le choc du marteau, se divise en baguettes plus ou moins cylindriques et allongées. Au microscope, dans les lamelles taillées perpendiculairement à la stratification, le phénomène est encore plus apparent.
Caractères particuliers
Étage £2. — À la base du terrain, on est en présence de micaschistes francs, de ceux pour lesquels on a créé l’étage ou la division Ç2 (légende de la Carte géologique détaillée de la France).
Ces micaschistes sont constitués de la façon la plus normale ; aucun de leurs éléments ne s’y montre à l’état détritique. Deux types principaux se laissent facilement distinguer, autour desquels se groupent quelques variétés qui ne diffèrent entre elles que par les proportions respectives et les dimensions de leurs éléments essentiels, et aussi par les minéraux accessoires qu’elles renferment.
ETAGE
Les points où ces roches affleurent ne sont pas très nombreux ; en revanche, les affleurements occupent d’assez vastes surfaces.
Les micaschistes du premier type se montrent principalement autour de la Bouzaréa et sur la côte, vers la batterie des Consuls. On les retrouve également à l’ouest de la forêt de Baïnem et en quelques points intermédiaires. Ils sont alternativement, tantôt gris et solides, tantôt jaunâtres, très micacés et friables. Leur richesse en feldspath est remarquable et en fait parfois de vrais micaschistes gneissiques.
Les préparations tirées de fragments que j’ai recueillis à la Bouzaréa, près de l’Hospice, et sur la nouvelle route de ce village à El-Biar, m’ont permis d’y reconnaître les espèces minérales suivantes :
Zircon, fer oxydulé, apatite, tourmaline, oligoclase, orthose, mica noir, mica blanc, quartz bipyramidé, quartz concrétionné.
Parmi ces espèces, les plus rares sont la tourmaline et le mica blanc. Les autres, surtout les feldspaths, le mica noir et le quartz, abondent. Le quartz concrétionné y forme de grandes plages qui moulent tous les autres éléments.
Cette constitution, bien normale, reste constante jusqu’à une certaine hauteur ; mais il arrive un moment où elle change et ce changement est assez important pour que je m’arrête à le bien définir et préciser.
L’état détritique dont j’ai parlé et qui, jusqu’à présent, a fait défaut, contribuant ainsi à caractériser par son absence la place chronologique que j’ai donnée à mes micaschistes, cet état détritique apparaît dans les parties supérieures et
TK RH A IX. S AZOIQUKS
s(‘in I) l(‘ débuter dans d(»s schistes amphiholiques que l’on trouve interstratifiés an milieu des couches micaschisteuses. Au-dessus des schistes amphiholiques, les micaschistes sont encore, il est vrai, normaux ; mais ils ne tardent pas à passer à d’autres schistes chez lesquels le caractère détritique devient constant et se montre alors jusqu’au bout de la série des roches azoïques.
A la Bouzaréa, et à l’endroit meme où j’ai pris mes échantillons de micaschiste, on voit un de ces bancs de schiste amphibolique composé là de bandes normales alternant avec des bandes altérées et extrêmement friables. Dans les bandes normales, j’ai observé la composition suivante :
Sphène, amphibole, oligoclase, orthose, quartz.
Le sphène est très abondant. L’amphibole, d’un vert clair, se montre en prismes très allongés; son angle d’extinction, voisin de 20°, la désigne comme étant de l’actinote. Le quartz, peu développé, se présente sous forme de petites plages moulées sur les autres minéraux ; mais il existe aussi du quartz de corrosion dans les feldspaths. L’oligoclase est particulièrement corrodé, brisé, détritique. L’orthose, au contraire, englobe non seulement le sphène, mais encore l’oligoclase et l’amphibole.
Dans les bandes altérées de la même roche, j’ai trouvé une composition semblable, avec cette différence toutefois que les feldspaths y sont fortement kaolinisés et que les éléments y sont disposés soiis forme de lits ayant tout à fait l’apparence arkosique. Cette apparence se retrouve d’ailleurs dans des roches analogues, situées à des niveaux plus élevés.
Les micaschistes du second type sont postérieurs aux pré-
ÉTAGE Ç2 1 3
cédents, mais ils n’affleurent qu’à l’ouest d’Alger, sur la côte, où ils forment falaise, depuis la porte Bab-el-Oued jusque vers la batterie des Consuls, où on les voit reposer directement sur d’autres, très analogues à ceux déjà décrits et remarquables seulement par l’abondance de grenats altérés qu’ils renferment.
Ces micaschistes supérieurs se laissent facilement distinguer par leur richesse en chlorite et par leur couleur verte, qui débute brusquement et qui finit de même. Ils offrent, au plus haut degré, ces phénomènes de torsion et d’écrasement que j’ai signalés plus haut. Au milieu et dans le sens de leurs strates, on voit de nombreuses enclaves de quartz, plus ou moins lenticulaires, et parfois intimement associées avec de la calcite magnésienne spathique.
Dans l’examen microscopique de ces micaschistes, fait sur des préparations variées, j’ai reconnu les espèces minérales suivantes, qui en représentent la composition moyenne :
Zircon , tourmaline, rutile , fer oxydulé , oligoclase , mica blanc sériciteux, quartz.
Chlorite, épidote, calcite.
Le zircon est rare ; l’oligoclase également ; la tourmaline un peu moins. La calcite est si inégalement répartie, qu’elle semble accidentelle. En revanche, tous les autres minéraux, surtout le quartz, le mica blanc et la chlorite, abondent.
Dans cette roche, et de la base au sommet, la structure détritique manque absolument. On a donc affaire à un micaschiste normal qui se différencie des autres par une composition spéciale. J’ajouterai que, au contraire des micaschistes plus
anciens, il ne renferme pas de schistes amphiboliques, et qu’il reste pur et identique à lui-même dans toute son épaisseur.
Etaye X. — Sur ces micaschistes de l’étage reposent immé-
diatement des schistes varies, constituant une longue série de roches dont les caractères particuliers indiquent des types du terrain suivant ou étage X de la Carte géologique détaillée de la F rance.
Ces derniers sont de beaucoup plus répandus que les micaschistes normaux. Ils présentent d’assez nombreuses variétés dont les principales méritent un examen approfondi.
J’en ai observé et étudié une vingtaine.
Autant qu’il m’a été possible de le faire, je les ai déterminées dans l’ordre de superposition où elles se trouvent. C’est ainsi que mes observations ont porté successivement sur les membres de trois séries partielles que j’ai réunies dans une coupe schématique d’ensemble, puisqu’elles se font suite, et que l’on peut observer : la première, de Baïnem à l’oued Beni-Messous (rive droite, en face de l’ancienne ferme Abd-el-Kader bou Gouroumi) ; la seconde, de la Bouzaréa à El-Biar ou au Frais- Vallon ; la troisième, aux environs immédiats d’Alger (Fort l’Empereur à la mer). — (Voir pl. I, fig. 1.)
En dehors des roches composant ces séries, j’en ai noté quelques autres, isolées au milieu de l’ensemble, et qui paraissent être des accidents locaux. Mais dans toutes, sans exception, la structure détritique se montre nette et évidente. Elle apparaît presque insensiblement au voisinage des micaschistes du Ç2, mais bientôt elle devient prédominante et imprime à ces roches le cachet particulier qui les distingue si bien des roches plus anciennes.
ETAGE X
Voici d’ailleurs l’exposé des faits que j’ai pu observer relativement à la composition de chacune de ces grandes variétés.
1° Série de Baïnem à l’oued Beni-Messous
Cette série commence tout à fait à l’ouest de la région de Baïnem , où elle repose sur les micaschistes francs du £2, et vient se terminer vers l’origine de l’oued Beni-Messous, non loin de la route qui s’embranche sur celle de Koléa et qui conduit à la Bouzaréa.
Elle comprend, d’une manière générale, des schistes satinés plus ou moins quartzeux, dans lesquels sont interstratifiés des schistes à andalousite et des schistes amphiboliques.
Les schistes satinés changent assez souvent de composition, de structure et par conséquent d’aspect. Tantôt ils consistent en schistes ardoisiers composés de quartz grenu, de mica blanc sérieiteux et d’abondants produits argileux, charbonneux (ampélite) et ferrugineux (limonite) ; tantôt ces derniers produits disparaissent, et le schiste est plus quartzeux en même temps qu’il contient un peu de mica noir ainsi que quelques débris de microcline, dont l’état détritique mérite seul d’être remarqué ; tantôt, la roche est presque exclusivement constituée par du mica blanc sérieiteux et du quartz ; tantôt enfin, le quartz y prend un développement prodigieux et le mica blanc y est remplacé par le mica noir. Cette dernière variété est un véritable quartzite micacé.
Au milieu des minéraux constitutifs essentiels, on trouve
TERRAINS AZOÏQUES
toujours et partout des espèces adventives, dont les plus fréquentes sont le zircon et la tourmaline.
Toutes ces roches alternent un certain nombre de fois ; mais la plus importante, parce qu’elle est la plus répandue, non seulement dans la série qui m’occupe, mais aussi dans tout l étage X, est certainement le quartzite micacé. On le reconnaît très facilement à son faciès, toujours le même, qu’il doit à la distribution du quartz. Ce minéral s’y présente sous deux formes appartenant à deux temps distincts de consolidation. Le plus récent apparaît en larges plages, disposées dans le sens de la schistosité, et qui, sur des points très nombreux et très rapprochés, se sont épaissies de manière à constituer de grosses lentilles plus ou moins irrégulières, qu’il *est facile de détacher et d’isoler.
La composition de la roche est constante, ou du moins ne varie que d’une façon insignifiante. On peut donc l’étudier sur des échantillons de provenance quelconque. Je vais donner celle du quartzite micacé, dont l’affleurement contitue le petit Cap (Ras acrata), situé à deux kilomètres environ à l’ouest de Guyotville. Ce quartzite m’a semblé le type le plus net et le plus accentué de l’espèce.
Dans une dizaine de préparations, j’ai trouvé comme composition moyenne :
Zircon, tourmaline, fer titané, andalousite, quartz, mica noir ;
Quartz, sphène.
Le zircon est dans le mica noir et s’y présente avec une auréole polychroïque. La tourmaline est assez abondante, de même que le fer titané. Le sphène s’est développé aux dépens
ÉTAGE X
du fer titane. L’andalousite est assez rare et ne se montre qu’en petits cristaux. Le quartz du premier temps de consolidation apparaît sous forme de grains cristallins accolés ; il est abondant et moulé par le mica noir, ce qui est généralement le caractère des schistes de l’étage X. Le quartz du second temps est plus abondant encore et englobe tout le reste.
Il existe, interstratifiés dans ce quartzite, des schistes amphiboliques sur lesquels je reviendrai tout à l’heure, pour les comparer avec ceux du Beni-Messous.
Les schistes à andalousite se développent sur la rive droite de l’oued Beni-Messous, en face de la ferme Bou-Gouroumi et dans la propriété de mon collègue et ami M. Debray. Ils sont inclus dans le schiste satiné, qui leur est par conséquent sous-jacent et superposé.
Ces schistes sont composés comme il suit :
Andalousite ;
Quartz, mica noir, mica blanc lamelleux, mica blanc sériciteux ;
Epidote.
Le quartz et les micas blancs, soit sériciteux, soit lamelleux, se montrent, dans toutes les préparations, en petite quantité.
Les cristaux d’épidote sont assez fréquents ; mais la roche est presque entièrement constituée par le mica noir et l’andalousite. Ici le mica noir moule l’andalousite, comme nous l’avons vu mouler le quartz du premier temps de consolidation dans les quartzites micacés de Guyotville. L’andalousite se présente en cristaux très nombreux et assez volumineux pour être facilement distingués à l’œil nu ; mais ils sont si fissurés
TERRAINS AZOÏQUES
dans tous les sons, et surtout dans le sens transversal, qu’ils se désagrègent sous la plus légère pression et tombent en fragments informes ; de sorte qu’il est difficile, à première vue, de déterminer l’espèce. Mais, au microscope, tout doute disparaît et l’andalousite se montre avec tous ses caractères distinctifs. Grâce à l’orientation remarquable de ses cristaux, il m’a été facile d’en obtenir des sections longitudinales et transversales. Dans le sens de l’allongement, ces cristaux se montrent négatifs, tandis qu’ils sont positifs transversalement. J’ai vérifié aussi que le plan des axes optiques est bien parallèle aux clivages longitudinaux; la branche de l’hyperbole se montre, en effet, droite dans ce sens-là.
Au-dessus des schistes à andalousite et séparés d’eux par une bande assez épaisse de schistes satinés, viennent des schistes amphiboliques très fragmentés, composés comme il suit:
Oligoclase;
Amphibole, quartz ;
Epidote, chlorite.
L’oligoclase est brisé et absolument détritique. L’amphibole se montre sous forme de cristaux allongés, aciculaires ; elle offre en outre des teintes variées et est plus ou moins polychroïque. Quelques cristaux sont bleuâtres, d’autres tout à fait hétérogènes, au point de vue de la couleur. Beaucoup sont en partie ou totalement transformés en chlorite. Le quartz est en grains cristallins ordinaires. L’épidote est assez abondante et la chlorite, ainsi que je viens de le dire, provient d’une épigénie de l’amphibole.
Au milieu de ces schistes amphiboliques, on trouve de loin
ÉTAGE X
en loin des nodules sphéroïdaux, extrêmement tenaces et résistants et dont on a la plus grande peine à détacher des morceaux. Gomme la roche qui les renferme est au contraire très peu consistante, on comprend qu’on les trouve isolés et parfaitement intacts au milieu des éboulis qui s’amassent au fond des ravins creusés dans le schiste. Les lamelles que j’ai taillées dans ces nodules m’ont montré que j’avais encore affaire à un schiste amphibolique, mais de composition assez différente de celle du précédent. En effet, j’ai trouvé comme minéraux constituants ;
Quartz, actinote, oligoclase, orthose ;
Epidote, sphène, calcite.
La calcite est ici très abondante et a pénétré tous les autres éléments, surtout l’amphibole. Je ferai remarquer un peu plus loin que la présence et l’abondance de la calcite dans mes différentes roches azoïques sont toujours subordonnées au voisinage plus ou moins immédiat d’un gisement de cipolin.
L’amphibole est très altérée ; elle se présente en longs prismes d’un vert clair, parfois à contours irréguliers, plus souvent sous forme d’aiguilles alignées dans le sens de la schistosité.
Le sphène est abondant. L’oligoclase, au contraire, est rare et ne se montre qu’en débris. Ceux-ci sont associés à des grains de quartz extrêmement nombreux, de telle sorte que certaines parties de la roche ressemblent à une arkose, c’est-àdire à un grès feldspathique. Enfin, certaines plages d’orthose contiennent du sphène, de l’amphibole, de l’oligoclase en débris et même des grains de quartz. On aurait donc là de l’orthose du second temps de consolidation.
TERRAINS AZOÏQUES
À la base (Je ces schistes amphiboliques, et dans un monceau d’éboulis, j’ai trouvé une masse assez volumineuse, paraissant cire une enclave arrachée par les eaux d’un torrent voisin. Cette masse, tout imprégnée de produits ferrugineux, surtout d’ocre brune tachant les doigts, consiste essentiellement en amphibole trémolite très pure qui se montre sous forme de cristaux longs et minces affectant la disposition radiée. Ce fait, sans être très rare, m’a paru assez intéressant pour être rapporté.
J’ai signalé plus liant, dans le quartzite micacé de Guyotville, la présence de schistes amphiboliques, situés par conséquent dans une position analogue à celle des schistes qui précèdent. Leur composition est notablement différente. Le microscope y révèle :
Apatite, fer oxydulé titanifère, mica noir ;
Amphibole, quartz, épidote microlitique.
L’apatite est rare. Le mica noir est, sinon à un axe, du moins à deux axes très rapprochés. L’amphibole se présente en longues aiguilles, disposées par faisceaux radiés ; son angle d’extinction, voisin de 19°, est celui du groupe des actinotes.
Quant au quartz, que j’ai donné comme du second temps de consolidation, peut-être est-il du troisième ; il est, en effet, grenu, cristallin, et ses grains juxtaposés forment de grandes plages, moulant et enveloppant tous les autres éléments de la roche.
Là encore, on se trouve en présence de cette structure arkosique qui se montre dès lors commune et spéciale à tous les schistes amphiboliques que j’ai déjà décrits. Je l’ai, en
ÉTAGE X
effet, notée dans ceux de l’oued Beni-Messous et dans ceux de la Bouzaréa, interstratifiés au milieu des micaschistes normaux du Ç1 2.
2° Série de la Bouzaréa à El-Biar et au Frais-Vallon
Cette série, qui repose sur les micaschistes 'Q delà Bouzaréa, est double, en ce sens qu’on ne lui trouve pas la même composition suivant qu’on l’étudie en descendant de la Bouzaréa à El-Biar ou de la Bouzaréa au Frais-Vallon. Mais je me hâte de faire remarquer que, dans les deux directions, les roches qui la constituent sont traversées par d’assez nombreux filons de granulite et que, dès lors, les différences de composition tiennent certainement au métamorphisme plus ou moins intense et varié qu’a provoqué dans ces roches la pénétration de la matière granulitique. Je ne dirai rien, pour l’instant, de ce métamorphisme, me réservant de le décrire en détail lorsque je parlerai de la série d’Alger.
Suivant la ligne Bouzaréa-El-Biar, la série comprend une alternance répétée de schistes satinés quartzifères et de quartzites micacés alternant à leur tour avec des pseudo-gneiss tourmalinifères, résultant, sans aucun doute, de leur transformation par la granulite, et analogues sinon identiques à ceux d’Alger. Le tout se termine, au nord-ouest d’El-Biar, par d’autres faux-gneiss (1), qui se révèlent au microscope avec la composition de vrais micaschistes granulitiques.
(1) Le nom de pseudo-gneiss ou de faux-gneiss, que je donne indif-
féremment à ces roches, m’a été inspiré par leur apparence, qui rappelle celle du gneiss ancien.
Dans ccs derniers, le feldspath abonde, mais il est si profondément altéré, qu’il en reste à peine quelques traces très décomposées dans les préparations microscopiques. Sur place, la roche n’offre aucune consistance et elle s’éboule partout où elle est imprégnée d’humidité.
J’ai trouvé dans sa composition les éléments suivants :
Zircon, fer oxydulé titanifère, quartz grenu à forme concrétionnée, orthose, microcline, mica noir, mica blanc ;
Quartz, leucoxènc (sphène secondaire).
Le fer oxydulé titanifère est altéré, et le produit de son altération est précisément le leucoxène, qui forme comme des auréoles autour de ses grains. Le mica noir est aussi profondément altéré et il forme des bandes alternant avec d’autres bandes de mica blanc extrêmement abondant et des traînées de quartz granuleux à forme concrétionnée. Le tout est séparé par de larges plages de quartz du second temps, moulées les unes sur les autres et sans forme spéciale. Le microcline est représenté par quelques débris non décomposés, et l’orthose, quoique très abondant, ainsi que je viens de le dire, n’existe plus qu’à l’état de morceaux informes, à peine caractérisés, tant sa décomposition est avancée.
Bien que je n’aie pas constaté, dans mes préparations, la présence de la tourmaline, je puis affirmer que la roche en contient une certaine quantité. Les coupes minces, faites, comme on sait, au hasard, passent souvent à côté des éléments rares.
Au milieu de ces micaschistes granulitiques, et de loin en loin, on trouve des enclaves de la même roche, mais dans un
ÉTAGE X
état bréchoïde très accentué. La composition est identique à la précédente ; toutefois forthose est ici moins profondément décomposé, et j’ai constaté qu’il a pénétré le quartz. Le microcline est intact. Mes préparations contiennent en outre quelques cristaux de tourmaline.
Suivant la ligne Bouzaréa-Frais-Vallon, la série se compose encore d’une alternance de schistes, de quartzites micacés et de faux-gneiss ; mais ici les schistes satinés deviennent parfois complètement ardoisiers, feuilletés, très fins et perdent cette nature quartzeuse si caractéristique des roches de même âge partout ailleurs. Parmi les faux-gneiss, il en est un très remarquable, qui forme une assise assez puissante entre deux assises de schistes ardoisiers. Il est fortement glanduleux, par suite de la présence dans sa masse de nombreux nodules de quartz, et ces nodules, sur une surface plane et polie, offrent une teinte bleuâtre très agréable. On dirait des petits rognons de saphirine (agate bleue).
Au microscope, j’ai trouvé à cette roche la composition suivante :
Tourmaline, oligoclase, microcline, mica noir, quartz grenu;
Mica blanc séiiciteux, quartz en grandes plages.
Ce pseudo-gneiss est un des types les mieux accusés des roches de l’étage X. Il est, en effet, remarquable par son cachet détritique, qui résulte surtout de la trituration de l’oligoclase et du fendillement, en stries très fines et très serrées, du microcline.
L’oligoclase en débris s’observe dans l’intérieur du micro-
T K R R A I N S AZOl Q LT E 8
cline et des autres éléments. En outre de ses fines fissures, le microcline est criblé de fentes irrégulières qui sont remplies de mica noir, de quartz en grains et de séricite alignée en traînées fiuidales.
Le quartz est grenu, comme gréseux, et distribué par morceaux ; mais il existe un quartz du second temps de consolidation, formant de grandes plages, alignées suivant les strates et moulant tout le reste, meme le quartz grenu.
La tourmaline est moulée par le mica noir et par le quartz, qui la pénètre lorsqu’elle est fendillée. Son polychroïsme, très marqué, donne le brun clair légèrement bleuâtre suivant Np, et le bleu noirâtre suivant Ng.
Le mica noir est disposé en traînées discontinues assez curieuses ; ses cristaux sont réunis par petits groupes, qui forment comme des chapelets, dans le sens de la schistosité.
3° Série cl’AUjer
La série d’Alger débute, comme les deux autres, par une alternance de schistes plus ou moins quartzifères et de quartzites micacés ; au dessus viennent des pseudo-gneiss, produits par modification des précédents sous l’influence d’une injection considérable de granulite, et recouverts par des schistes satinés ardoisiers.
Cette série repose sur les micaschistes à chlorite du Ç2, et occupe toute la région qui comprend la ville d’Alger et ses environs immédiats.
Les schistes et quartzites de la base ont l’aspect satiné et sont parfois onctueux au toucher, comme de vrais talcschistes.
ÉTAGE X
Ils sont tous noirs ou gris noirâtres. Des nombreuses préparations que j’en ai tirées, j’ai déduit comme composition moyenne :
Mica blanc sériciteux, quartz ;
Quartz ;
Produits ferrugineux et charbonneux, calcite.
La mica blanc sériciteux y forme des bandes très contournées dans lesquelles on observe une grande quantité de matières noires, charbonneuses et ferrugineuses. Le quartz appartient à deux temps distincts de consolidation ; le plus ancien est grenu et affecte la même structure que dans le quartzite micacé de Guyotville ; le plus récent est réparti dans la masse schisteuse sous forme de lentilles grossières, de bandes, de plaquettes, etc. ; il moule tout le reste; son principal caractère consiste en une multitude de fissures dans lesquelles il s’est introduit de la matière ferrugineuse et de la calcite.
Ce quartz du second temps abonde dans la partie inférieure des schistes, mais il diminue peu à peu et finit par disparaître à peu près complètement vers le haut, où la roche se montre alors encore plus satinée, et devient feuilletée comme une ardoise, sans toutefois que sa composition change sensiblement. Les lits où se montrent quelques débris de feldspath sont rares.
De ces schistes noirs ardoisiers, on passe ensuite brusquement à des pseùdo-gneiss, assez curieux et assez singuliers, sur lesquels je crois devoir m’arrêter plus longtemps, parce qu’ils m’ont fourni des faits d’un remarquable intérêt. Je leur donne, comme je l’ai déjà dit plus haut, le nom de pseudogneiss, parce qu'ils sont très feldspathiques et aussi parce que leur faciès rappelle celui des gneiss anciens de l’étage Çl.
TERRAINS AZOÏQUES
On se trouve ici en présence d’une curieuse transformation opérée par la granulite sur le schiste noir dont il vient d’étre question et qu’elle a injecté, ou, plus exactement, imbibé. Je donnerai plus loin, au chapitre des Hoches éruptives, le résultat de mon étude de cette granulite. Je ne veux parler ici que de ses effets. Le métamorphisme qui est résulté de son éruption est tel que le schiste qui l’a subi a perdu entièrement ses caractères primordiaux, que rien ne rappelle, ni sa composition, ni sa structure, ni son faciès actuels. Un autre fait intéressant est celui du manque presque absolu de transition entre le schiste transformé (pseudo-gneiss) et le schiste normal dans lequel il est inclus, puisqu’on trouve le schiste normal au dessous et au dessus de la partie transformée. Celle-ci est en outre très puissante et n’a pas moins de 1,000 à 1,200 mètres d’épaisseur. Le passage de l’une à l’autre de ces roches est brusque et facile par conséquent à observer.
Le métamorphisme s’est surtout traduit par la formation, en grande abondance, de tourmaline, de feldspath et de quartz. D’ailleurs , mes pseudo-gneiss n’offrent pas dans toute leur masse une homogénéité parfaite. Ils présentent, au contraire, des variations, dont les principales ont fait l’objet d’études spéciales ; mais, cependant, je dois dire que ces variations ne se manifestent guère que dans les zones qui entourent les gros filons de granulite. Ailleurs, la structure et la composition sont à peu près constantes.
C'est au sud de la ville d’Alger, à l’Aglia, que ces variétés de pseudo-gneiss sont les plus typiques. Ainsi, dans un premier échantillon, recueilli à 150 mètres environ de la granulite, j’ai trouvé:
Zircon, tourmaline, mica blanc, microcline, quartz.
ÉTAGE X
Ici, les éléments, disposés par bandes, sont assez régulièrement répartis et leurs quantités respectives n’offrent rien d’anormal. Le quartz est en grains cristallins accolés; le microcline est un peu fragmenté ; la tourmaline est en petits cristaux clairsemés et orientés dans le sens de la stratification. Le mica blanc est à deux axes écartés, comme dans la moscovite.
Dans un second échantillon, où la roche contient une quantité considérable de tourmaline sous forme de masses poreuses, se désagrégeant en poussière brune, comme de l’ocre, on observe encore :
Zircon, tourmaline, mica blanc, quartz.
Ici, la préparation a été faite au travers de la masse de tourmaline, où le feldspath manque, ou, du moins, est très rare. En revanche, le quartz est extrêmement abondant et la tourmaline encore plus peut-être. Celle-ci se montre en myriades de petits cristaux dont le polychroïsme très accentué mérite une mention spéciale. Sous le rapport des couleurs, les cristaux forment deux groupes principaux : dans le premier, la tourmaline est bleue suivant Np et brune suivant Ng ; dans le second groupe, elle est brun clair suivant Np et noir verdâtre suivant Ng.
Sur d’autres points, et c’est son état en quelque sorte le plus fréquent, la tourmaline forme dans le gneiss des couches minces régulières qui, sur les coupes transversales de la roche, apparaissent comme des rubans noirs disposés parallèlement, suivant les strates. Lorsque la dénudation a mis à découvert ces bandes, la roche semble comme recouverte d’un enduit noir brillant, qu’on prendrait pour du bitume durci, et qui est plus
TERRAINS AZOÏQUES
solide et [> I us insistant que Les plaques minces, taillées permis d’observer :
les masses poreuses ci-dessus, dans ces croûtes noires, m’ont
Zircon, tourmaline, mica blanc, microcline, quartz.
Le microcline y forme des bandes de cristaux très brisés. Le quartz, très abondant, est moulé sur le microcline et sur la tourmaline qu’il renferme. La tourmaline, toujours en petits cristaux, s’y présente en traînées fluidales, que le quartz a englobées, sans déranger les cristaux de leur position. La cristallisation a dû s’opérer dans un milieu parfaitement calme, car il n’est pas rare de voir certains cristaux de tourmaline empâtés par plusieurs cristaux de quartz à la fois.
Dans les filons de granulite, on trouve assez fréquemment, à l’état d’enclaves lenticulaires plus ou moins aplaties, des fragments de pseudo-gneiss, que leur structure stratifiée permet de distinguer facilement de la matière éruptive qui les englobe. Les préparations microscopiques que j’en ai tirées ne m’ont donné pour composition que du quartz et du mica blanc. Si ces enclaves contiennent d’autres éléments, ceux-ci y sont rares, et si l’on ne savait pas la provenance de la roche en question, on pourrait la prendre pour un vrai micaschiste granulitique.
Enfin, dans cette même localité de l’Agha, le percement récent d’un boulevard (boulevard Bon-Accueil) a mis à découvert, au voisinage immédiat de la granulite, une variété de pseudo- gneiss imprégnée d’oxyde de fer qui lui donne une couleur rose, et à laquelle la présence de grands cristaux d’ortliose donne en outre une structure glanduleuse très prononcée. Cette variété, qui se lie insensiblement à tout le reste et qui,
ÉTAGE X
malgré son épaisseur relativement grande, constitue une exception dans l’ensemble, est peut-être la plus intéressante de toutes.
En tenant compte de la façon dont ils sont enclavés les uns dans les autres, on voit nettement que les éléments essentiels de la roche appartiennent à deux temps différents de consolidation. On constate, en effet, des traînées essentiellement composées de quartz en grains cristallins associés avec des débris nombreux et irréguliers, pour la plupart, de microcline. Au milieu de ces traînées s’observent d’autres bandes, alignées dans le même sens et essentiellement composées de mica blanc, de quartz en grandes plages, d’orthose et de tourmaline. Les éléments de ces dernières bandes sont postérieurs à ceux des premières. En effet, aux points de contact de ces associations minérales distinctes, il y a mélange de leurs éléments, et l’on voit, par exemple, l’orthose englober le microcline, le mica blanc pénétrer dans les intervalles des grains de quartz et dans les fissures du microcline, et se mouler sur eux. Enfin, on voit le quartz du second temps, disposé en grandes plages, se mouler sur tout le reste.
Comme particularité intéressante, on observe que le feldspath orthose est très riche en inclusions à bulle mobile (tout autant que le quartz) et qu’il contient en même temps de nombreuses concrétions ferrugineuses, celles évidemment auxquelles la roche doit sa couleur rougeâtre accidentelle. J’ajouterai que la plupart des inclusions à bulle mobile de l’orthose sont polyédriques et en rapport de forme avec la forme extérieure du cristal qui les contient.
Les schistes ardoisiers qui recouvrent ces pseudo-gneiss n’offrent rien de particulier, sinon qu’ils s’appliquent dessus
TERRAINS AZOÏQUES
directement et sans qu’il y ait entre les degx espèces de roches aucune zone bien apparente de transition.
Les trois séries partielles que je viens de décrire se font suite l’une à l’autre et occupent ensemble tout le versant sud du massif azoïque. Sur le versant nord, elles se répètent, mais elles y sont de beaucoup plus difficiles à compter et à observer, à cause des cultures ou des broussailles qui les recouvrent.
Quant à leur ordre de succession, étant donnés leurs niveaux respectifs et leur direction générale commune, il n’est *utre évidemment que celui dans lequel je les ai étudiées et présentées.
J’ai signalé, au commencement de cette étude, deux pointements azoïques, isolés du massif principal : celui de Sidi-Ferruch et celui du barrage de l’O. Hamiz. Tous les deux appartiennent à l’étage X. Le premier est constitué par des schistes -satinés blancs sériciteux, le second par des quartzites micacés.
En ce qui concerne les micaschistes du Ç2, si l’on note avec soin sur une carte les points où ils affleurent, ces points s’alignent suivant trois directions qui partent d’un même centre, la Bouzaréa, et qui se confondent avec les trois lignes principales de faite du massif azoïque, l’une allant de la Bouzaréa à Saint-Eugène, l’autre de la Bouzaréa à l’ouest deBaïnem, la troisième tracée par la route même qui part de la Bouzaréa et qui vient s’embrancher sur celle de Koléa. Le soulèvement de tout le massif azoïque s’est traduit, en dernier lieu, par un plissement étoilé à trois arêtes principales, et les dénudations postérieures ont eu pour résultat de mettre à décou-
LES CIPOLINS
vert, sur les plis saillants, les roches les plus inférieures, c’est-à-dire les micaschistes du £2.
Les Cipolins
Au milieu de toutes les roches qui précèdent et indistinctement dans chacune d’elles, on peut observer de nombreuses enclaves de calcite, dont les dimensions sont parfois colossales. Une exception, toutefois, doit être faite en faveur des schistes que la granulite a transformés en pseudo-gneiss ; ces roches, en effet, ne contiennent pas d’enclaves calcaires, ou du moins je n’y en ai jamais trouvé.
Plusieurs analyses m’ont montré que la calcite ainsi enclavée est partout plus ou moins magnésienne, mais les proportions de magnésie sont toujours assez restreintes pour qu’il ne soit pas possible d’assimiler ce double carbonate à de la dolomie.
La calcite, quoique très abondante, ne forme jamais de masses pures ; elle est constamment et partout mélangée avec les éléments de la roche encaissante, constituant ainsi de véritables calschistes ou cipolins, qui sont stratifiés comme le reste.
Dans ces cipolins, la quantité de calcite est variable ; parfois elle est assez faible pour que la roche puisse être considérée comme un simple schiste calcarifère; d’autres fois, c’est tout le contraire, et la proportion de calcite prédomine alors de beaucoup sur les éléments d’origine schisteuse qui lui sont mélangés.
Il est intéressant de remarquer que les éléments des cipolins varient avec les roches qui les renferment. En d’autres
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termes, je veux dire que si l’on observe au microscope un cipolin enclave d;ms un quartzite micacé, on y trouvera une forte proportion de quartz et de mica ; si l’on en observe un autre enclavé dans un micaschiste granulitique, on y trouvera beaucoup de mica blanc ; si l’on en observe un troisième provenant d’un schiste amphibolique, on y rencontrera de l’amphibole ; enfin, si la roche encaissante est pyriteuse, ampéliteuse, feldspathique, etc., on trouvera dans le cipolin de la pyrite, de l’ampélite ou du feldspath.
11 est, en outre, non moins remarquable de constater que dans toutes les variétés de ces cipolins, sans exception, et quelle qu’en soit la provenance, la calcite se montre constamment postérieure à tous les autres éléments, qu’elle englobe, du reste, qu’elle moule et qu’elle pénètre toujours lorsqu’ils sont fissurés. J’ai recueilli un nombre considérable d’échantillons de ces roches et j’en ai tiré des préparations représentant, je pense, à peu près toutes les variétés principales. Les uns viennent de l’oued Beni-Messous, d’autres de la Bouzaréa, d’autres de Baïnem (près Guyotville), d’autres de la Pointe-Pescade, d’autres enfin de Bab-el-Oued.
Dans ceux de l’oued Beni-Messous , pris dans un schiste amphibolique, j’ai trouvé :
Calcite , quartz , mica blanc sériciteux , amphibole , pyrite.
Sauf la calcite, tous ces éléments sont dans le schiste encaissant. De plus, l’amphibole, et surtout le quartz, sont souvent fendillés et leurs fissures sont remplies par la calcite.
Dans les cipolins de Baïnem, enclavés au milieu d’un mica-
LES CIPOLINS
scliite granulitique, j’ai trouvé tout aussi bien les éléments du micaschiste, c’est-à-dire :
Oligoclase , quartz , mica blanc sériciteux , produits ferrugineux (limonite et hématite).
Le feldspath triclinique existe en nombreux mais très petits débris ; il est maclé suivant la loi de l’albite, et son angle d’extinction est très faible. Ce sont là les caractères ordinaires de l’oligoclase.
Ici encore, la calcite se montre postérieure aux autres éléments et les a tous pénétrés.
Parmi les échantillons variés que j’ai recueillis à la Pointe- Pescade, un m’a donné une composition identique à celle des échantillons de Baïnem, sauf des différences dans les proportions des éléments. Un autre s’est montré un peu différent et a fourni : calcite , mica blanc sériciteux , quartz, matières charbonneuse (ampélite) et ferrugineuse. Un troisième est composé de la même façon, mais contient de la pyrite en plus. Un quatrième s’est montré très schisteux et peu calcarifère. Un cinquième a donné peu de mica, mais beaucoup de quartz fortement fissuré et pénétré par la calcite. Un sixième s’est présenté avec une grande abondance de mica blanc sériciteux, dont j’ai pu étudier les propriétés optiques et m’assurer qu’il était à deux axes. Ce fait a son importance, car il vient à l’appui de l’opinion que je me suis faite sur l’antériorité des éléments schisteux par rapport à la calcite. On sait en effet que les micas blancs primordiaux sont à deux axes et que les micas postérieurs n’en ont généralement qu’un. Enfin un septième échantillon représente un schiste ampéliteux très tendre, onctueux, calcarifère et interstratifié dans les cipolins.
TERRAINS AZ0ÏQUE8
C’est un schiste sériciteux, composé essentiellement de séricite et de quartz, qui s’e$t trouvé comme pincé entre deux assises de cipolin et que la calcite a imbibé très fortement. Le tout est mélangé de matière charbonneuse noire.
Les échantillons provenant de Bab-el-Oued représentent des cipolins qui gisent à la limite meme des micaschites verts du £l 2 et des schistes noirs de l’étage X qui les recouvrent. Là encore, on va le voir, suivant que la variété considérée touche les micaschistes ou les schistes, sa composition change. Ainsi la couche qui s’appuie sur les micaschistes verts contient :
Calcite, quartz grenu, quartz concrétionné, épidote, mica blanc sériciteux, rutile et pyrite.
La calcite contient ici une très forte proportion de magnésie et peut prendre le nom de dolomitique. Il y a deux quartz distincts, l’un du premier temps, l’autre du second. L’épidote est peu abondante; en revanche, la séricite pullule. Le rutile se présente sous la forme d’innombrables petites baguettes très réfringentes et très biréfringentes, à extinction longitudinale et positives suivant la longueur. La pyrite abonde également; ses cristaux fendillés sont remplis de calcite. Enfin il y a, dans l’ensemble, de la calcite de second temps, qui y remplit des fissures.
Les cipolins engagés dans les schistes noirs de l’étage X, et qui touchent presque ceux qui précèdent, se composent ainsi :
lre Variété. — Calcite très abondante, mica blanc sériciteux très
abondant aussi et intimement associé à la calcite, pyrite, amandes de quartz intercalées entre les lits de cipolin.
LES CIPOLINS
2° Variété. — Calcite, mica noir, séricite, quartz, matières ferrugineuses et charbonneuses disposées en traînées fluidales très serrées. La roche n’est autre chose qu’un schiste brisé et disloqué, dont les débris sont cimentés par la calcite.
Je pourrais multiplier les exemples, mais je n’ajouterais rien, je crois, à l’évidence de ce fait que j’ai tenu à établir, à savoir que, dans mes cipolins, c’est la calcite qui s’est consolidée la dernière, et que tous les autres éléments lui sont antérieurs.
Un autre fait, qui a aussi son importance, est celui relatif à la forme des enclaves de cipolin. Ces enclaves, grossièrement lenticulaires ou sphéroïdales, sont isolées les unes des autres et réparties sans aucun ordre dans l’ensemble azoïque qui les contient. Lorsqu’on les observe avec quelque attention, on s’aperçoit que les unes ont des contours très nets et parfaitement arrêtés, de sorte qu’on peut les extraire facilement et en totalité du milieu des schistes ; les autres, au contraire, ont des contours vagues, c’est-à-dire que le passage du cipolin au schiste encaissant se fait d’une manière insensible, la calcite, d’abord prépondérante, diminuant peu à peu et finissant par disparaître. C’est comme si, sur ces points, le schiste avait été imbibé de calcite. (Voir pl. I, fig. 2.)
Dans les deux cas, et le phénomène est d’autant plus apparent que l’enclave est plus volumineuse, autour des masses de cipolin, le schiste est fortement comprimé, souvent même disloqué, trituré, bréchoïde, et alors ses débris sont cimentés par la calcite. On dirait que le cipolin s’est logé au milieu de vive force. Je signalerai d’ailleurs, plus loin, au chapitre des Roches éruptives , un phénomène analogue d’écrasement du
schiste autour d’enclaves de quartz blanc que l’on rencontre dans les mêmes roches. (Voy. p. 148.)
Dans son Traité de Géologie, M. de Lapparent, définissant les eipolins, dit de ces marbres qu’ils semblent être comme le résultat d’une concentration de calcite, en des points privilégiés, au milieu des gneiss ou micaschistes. Mes observations personnelles confirment donc cette manière devoir, mais elles ont la modeste prétention d’ajouter quelque chose de plus, et d’établir que la formation des eipolins, de ceux du moins que j’ai étudiés, n’est pas contemporaine de la formation des schistes encaissants, mais qu’elle lui est au contraire postérieure ; en d’autres termes, que mes enclaves plus ou moins lenticulaires de cipolin sont nées et se sont développées sur place en refoulant et comprimant le schiste antérieurement formé.
Roches accidentelles
En dehors de ce qui précède, il existe encore dans les schistes, mais à titre accidentel, quelques roches et minéraux dont je crois devoir signaler, au moins, les plus importants.
A la Bouzaréa, dans les terrassements qu’a nécessités l’établissement du nouvel hospice, on a mis à découvert quelques blocs irréguliers et arrondis de marbre saccharoïde blanc, moucheté de paillettes de graphite. La même roche a été trouvée au cap Matifou et en Kabylie, au lieu dit : Camp-du-Maréclial.
Sur le versant nord des collines qui dominent la route d’Alger à Guyotville, à la hauteur du 7e kilomètre et un peu