T K R R AI N S S E C 0 ND AIRES
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lions toujours dues à des accidents locaux, tels que cassures ou refoulements.
Cette concordance de stratification et cette meme allure, jointes à l’absence de presque tout caractère différentiel, autre (pie le caractère lithologique que je viens de signaler, autorisent à penser qu’on est là en présence d’un même ensemble.
Cependant, comme aux marnes supérieures jaunes succèdent encore, en parfaite concordance de stratification, d’autres sédiments dans lesquels ont été trouvés des fossiles caractéristiques de l’étage sénonien, il se peut très bien que le caractère tiré de la concordance des strates ne soit pas suffisant pour réunir les deux assises, et que l’assise supérieure (marnes jaunes) synchronise alors totalement ou en partie l’étage turonien.
Un fait d’ailleurs semble venir à l’appui de cette manière de voir. Les quelques fossiles caractéristiques du Cénomanien, qu’on a trouvés dans la région, ont tous été recueillis exclusivement dans l’assise inférieure (marnes noires), et il n’en a jamais été, que je sache, signalé aucun dans l’assise supérieure (marnes jaunes).
Quoi qu’il en soit, je dois au moins établir exactement le synchronisme de l’assise inférieure avec le Cénomanien. On vient de voir qu’elle en occupe déjà la place chronologique; d’un côté, elle repose sur le Gault (Voir pi. Il, fuj. 6) ; de l’autre, elle est inférieure à des sédiments synchroniques du Sénonien, dont elle est séparée par des marnes pouvant représenter le Turonien.
Au point de vue paléontologique, l’assise en question, comme malheureusement tout le Crétacé de l’Atlas d’Alger, est d’une pauvreté désespérante. On compte, hélas ! trop facilement les espèces recueillies par les géologues et simples col-
CRÉTACÉ SUPÉRIEUR
lectionneurs qui l’ont visitée et fouillée, on peut le dire, dans tous les coins. J’avoue que je n’ai pas été plus heureux que mes devanciers. J’y ai constaté comme eux, de loin en loin, l’existence de quelques tronçons de bélemnites indéterminables, la présence, à certains niveaux, de traces d’inocérames, très nombreuses, mais ne se prêtant à aucune détermination spécifique. Ces traces consistent, dans les marnes noires, en de simples empreintes, les coquilles ayant complètement disparu.
Cependant, au milieu de ces débris informes, deux espèces, un céphalopode et un échinide, se sont assez bien conservées pour se prêter à une détermination exacte, et caractériser par leur présence la position stratigraphique du terrain qui les recèle. Ce sont V Ammonites Mcintelli et le Discoidea cylindrica . Il a été trouvé de chaque espèce plusieurs exemplaires, à des distances assez considérables les uns des autres, et dans les mêmes couches, ce qui montre bien l’identité de l’assise dans toute la région que j’ai étudiée, et qui justifie, en même temps, son synchronisme avec le Cénomanien.
Vers l’Ouest, et au-delà de Marengo, l’assise se prolonge, avec un faciès local peut-être un peu différent; mais ce sont toujours des marnes schisteuses noires, très argileuses. M. Welsh, professeur au lycée d’Alger, chargé par le service de la Carte géologique de l’Algérie de remplir la feuille de Marengo, a trouvé dans ces marnes un autre échinide qu’il a pris pour YHolaster s-ubglobosus . L’exemplaire unique qu’il a recueilli est en mauvais état, mais peut néanmoins se prêter à un examen comparatif. M. Pomel, qui me l’a montré, pense qu’il appartient peut-être à une espèce nouvelle, mais que, dans tous les cas, il ne saurait être confondu avec YHolaster subglobosus.
TERRAINS SECONDAIRES
Dans les marnes jaunes supérieures, que je suppose contemporaines du Turonien, je n’ai trouvé que des inocérames, très nombreux, et qui ont généralement conservé leur test avec sa structure fibreuse caractéristique. Mais les coquilles sont dans un tel état d’aplatissement et d’écrasement qu’on n’en peut tirer aucun enseignement utile, sauf toutefois celui-ci, que les espèces étaient presque toutes de grande taille, car on en trouve beaucoup dont le diamètre dépasse 30 centimètres et un certain nombre où il atteint de 45 à 50 centimètres. Tous les individus étant couchés dans le sens de la stratification, ces mesures ont été prises sur leurs tranches, mises à nu par les cassures transversales de la marne encaissante. J’ai souvent tenté d’en dégager quelques-uns, mais je n’ai pu y parvenir. D’ailleurs, les exemplaires que l’on suppose intacts ne sont presque toujours que des fragments.
Sénonien. — Au-dessus des assises qui précèdent, et en dehors de ma région sahélienne, notamment dans la chaîne qui va des Beni-Mnacer au Dalira, on a constaté l’existence d’une grande série de couches, commençant par des marnes tendres alternant avec des lits gréseux, et se terminant par des grès plus ou moins grossiers et d'une assez grande puissance.
Dans les marnes, on a trouvé, entre autres fossiles, Ostrea c licliotoma , O. probosciclea , 0. Nieaisei > caractéristiques du grand horizon sénonien. Dans les grès, et principalement dans les minces lits d’argile qui séparent leurs bancs, on a recueilli une orbitolite abondante, que sa forme avait autrefois fait confondre avec YOrbitolites lenticulata du Néocomien supérieur ou Aptien, ce qui avait fait rapporter ces grès au Crétacé inférieur. Mais l’orbitolite en question n’est point la lenticulata ; ensuite
CRÉTACÉ SUPÉRIEUR
la superposition, en stratification parfaitement concordante, des grès et des marnes qui les supportent, avec les assises que j’ai décrites, montre que la série nouvelle synchronise tout au plus la base du Sénonien.
Les grès constituent presque à eux seuls tout le massif du Djebel Chénoua, limitant à l’ouest ma région sahélienne. Ils s’y montrent plus ou moins grossiers, plus ou moins poudingiformes et y conservent l’inclinaison et la direction nord, communes aux autres étages crétacés sous-jacents. (Voir pl. II, fuj. S.)
Relativement à l’âge précis de ces grès, M. Pomel pense qu’il faut les rapporter, non pas à la base, mais tout à fait au sommet du terrain crétacé supérieur. Son opinion reposant sur des considérations qu’il fera sans doute connaître plus tard, je ne puis qu’enregistrer, à côté de mes observations personnelles, le renseignement verbal qu’il a bien voulu me donner; mais j’ai trop confiance en sa haute compétence pour douter un seul instant que son opinion ne soit fondée.
TERRAINS TERTIAIRES
Au-dessus des étages crétacés que je viens de décrire, viennent des sédiments tertiaires qui synchronisent en partie les étages éocène, miocène et pliocène.
Eocène
L’Eocène est exclusivement représenté par des couches nummulitiques, qui ne font point partie du Sahel et qu’on ne rencontre que sur l’Atlas, où elles sont disséminées par lambeaux. C’est ainsi du moins qu’elles se présentent dans la zone montagneuse limitrophe qui m’intéresse. Le relevé que j’en ai fait montre qu’elles ont été fortement disloquées et qu’elles ont subi des dénudations considérables. (Voir la carte géologique ci-annexée.)
Ces couches constituent deux sous-étages distincts. Le plus ancien comprend des bancs peu épais de poudingues très quartzeux surmontés de calcaires beaucoup plus puissants, gris blanchâtres, très compactes, très fins, ayant la structure des pierres lithographiques et généralement lardés de nummulites qu’il est absolument impossible de dégager et que l’on ne trouve malheureusement pas à l’état libre. Sur des surfaces polies ou à travers des plaques minces transparentes, les nummuftes apparaissent nettement suivant des sections quelconques, mais le plus souvent transversales ou parallèles au plan d’enroulement.
ÉOCÈNE NUMMULITIQUE
On y distingue alors des espèces assez nombreuses, mais qu’il est bien difficile de déterminer. Les unes sont de grande taille, peu bombées et à bords minces ou obtus; les autres sont petites, et parmi celles-ci il en est d’aplaties, de renflées et de presque sphériques.
Ces calcaires se montrent aussi parfois à l’état de brèches compactes bariolées, d’un très bel effet, et sont exploités comme marbres.
Le sous-étage supérieur n’a pour ainsi dire rien de commun avec l’inférieur. Il est, en effet, constitué entièrement par des grès micacés qui se présentent tantôt à l’état de véritables quartzites, tantôt à l’état de grès arénacés grossiers et friables, tantôt à celui de schistes feuilletés. Ceux-ci prédominent vers le sommet de l’étage. Enfin, de loin en loin, on trouve, interstratifiés dans l’ensemble, des bancs de poudingues très durs et très fortement cimentés. Parmi les éléments roulés de ces poudingues, figurent de nombreux galets provenant des calcaires du sous-étage inférieur.
Enfin, entre les deux sous-étages, se place une assise de marne grumeleuse contenant de nombreuses plaquettes de grès micacés qui en dessinent la stratification. Cette assise, à cause de sa nature gréseuse, peut être considérée comme la base du sous-étage supérieur, qu’elle n’accompagne pas toujours d’ailleurs partout, car, au Fondouk, où les deux sous-étages sont superposés, elle n’existe pas, tandis qu’elle se montre au pied de la montagne, entre Rivet et l’Arba, et là le calcaire inférieur n’est pas visible ou fait probablement défaut. (Voir pi. III,
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Dans le sous-étage supérieur, il est des zones, et notamment
TERRAINS TERTIAIRES
celles formées par les quartzites et les grès schisteux feuilletés, où les nummulitcs sont extrêmement rares, tandis qu’elles pullulent dans certains bancs de grès rrénacés friables, et ces
nummulitcs, extrêmement petites, ne paraissent guère appartenir qu’à une seule espèce, qu’il ne m’a pas été possible de déterminer.
Quant aux grès schisteux feuilletés des parties supérieures, ils sont remplis d’empreintes de végétaux marins, appartenant pour la plupart au groupe des fucoïdées, mais indéterminables spécifiquement, car les empreintes se réduisent à de très minces couches de limonite ocreuse, dont la couleur jaune de rouille tranche nettement sur la teinte grisâtre des schistes.
Un des gisements les plus typiques, au point de vue soit de la richesse en nummulites, soit de la richesse en végétaux, est celui des environs de l’Arba, au pied de la montagne, à l’origine de l’ancienne route d’Aumale et dans les gorges de l’oued Rorra.
Les deux sous-étages nummulitiques ne sont certainement point la continuation directe l’un de l’autre. Déjà, en effet, on vient de voir combien ils diffèrent entre eux par leur composition minéralogique et par leurs nummulites. L’observation de leurs lambeaux encore en place montre en outre que s’ils sont parfois associés et superposés l’un à l’autre, ils sont aussi souvent isolés et qu’alors chacun repose directement sur le Crétacé sous-jacent. Ce fait peut paraître très naturel dans le cas où les calcaires inférieurs subsistent seuls, car rien n’empêche alors d’admettre que les grès supérieurs ont été enlevés par des dénudations ultérieures; mais quand les calcaires manquent au-dessous des grès, ce qui arrive fréquemment, on est
ÉOCÈNE NUMMULITIQUE
obligé de supposer pour expliquer cette absence que pendant la période qui sépare les dépôts respectifs des deux sousétages, un mouvement du sol s’est produit qui a, ou bien fait déborder le bassin des grès, ou bien disloqué et arraché en grande partie les calcaires déjà formés et consolidés. Cette dernière manière de voir semble être la seule vraie, si l’on se rappelle, d’une part, que des morceaux roulés des calcaires inférieurs se montrent en abondance dans la composition des poudingues interstratifiés dans les couches du sous-étage supérieur, et si, d’autre part, on remarque, comme je l’ai fait, que le sous-étage calcaire est celui qui a eu le plus à souffrir des dislocations et dénudations.
Lorsque le dépôt des grès a commencé, il s’est donc effectué sur un fond de mer dont le relief n’aurait pas été le même que celui du fond sur lequel s’étaient antérieurement déposés les calcaires.
Cette hypothèse expliquerait en même temps pourquoi les marnes à plaquettes gréseuses, que j’ai signalées à la base des grès, n’accompagnent pas toujours ces derniers, car elles ont très bien pu combler seulement les principales dépressions du sol, après quoi leur dépôt s’est arrêté pour faire place à celui des sédiments gréseux et micacés qui ont dès lors pu reposer sur des terrains d’âge et de composition variés.
La répartition des principaux lambeaux de nummulitique sur le pourtour du Sahel est facile à exposer. Suivons, par exemple, la montagne de l’Est à l’Ouest: 1° dans les gorges et au barrage même de l’oued El-Hamiz, les deux sous-étages se montrent ensemble et superposés ; l’inférieur comprend des poudingues et des calcaires ; le supérieur n’est représenté que
TERRAINS TERTIAIRES
par des grès micacés schistoïdes ; les marnes de la hase et les schistes à fucoïdes font défaut (Voir pl. I, fig. 3) ; — 2° entre Rivet et l’Arha, le sous-étage supérieur se développe seul, mais complet, avec une puissance déplus de 200 mètres, sans compter l’épaisseur des marnes de la hase que j’ignore (Voir pl. III, fi g. 7) ; — 3° dans les environs de Souma, on trouve les deux sous-étages, mais non associés et reposant chacun sur le Crétacé sous-jacent ; les calcaires, plus rapprochés de la plaine, sont à une altitude très inférieure par rapport à celle des grès (Voir pl. II, fig. 6); — 4° enfin au Djehel Chenoua, les grès font défaut et on ne trouve que le sous-étage inférieur composé de poudiugues et de calcaires bréchoïdes, présentant ensemble une épaisseur d’environ 150 mètres (Voir pl. 11, fig. 5).
À quels horizons géologiques se rapportent respectivement les deux sous-étages nummulitiques que je viens de décrire? De quel étage européen connu, chacun est-il l’équivalent synchronique ? Je dis équivalent, car il ne faut point songer à établir ici des divisions qui puissent correspondre exactement aux divisions classiques de l’Eocène, soit en France, soit ailleurs. Je crois qu’on n’y réussirait pas.
Pour répondre à la question posée, je vais être obligé d’avoir recours à des considérations se rapportant à des faits observés en Algérie, mais en dehors et loin de ma région du Sahel. Je suis , en effet, en présence de fragments d’étages, et, pour les reconnaître et les classer, je n’ai à ma disposition ni phénomènes de discordance avec des sédiments connus, ni fossiles autres que des nummulites indéterminables.
Je ferai remarquer tout d’abord que mes lambeaux nummulitiques ne sont que l’infime partie d’un tout immense, disloqué
ÉOCÈNE NUMMULITIQUE
il est vrai, et éparpillé, mais dont les restes donnent cependant une bonne idée de ce qu’était l’ensemble dans son intégralité. Au cours des voyages scientifiques que j’ai eu la bonne fortune de faire dans les deux départements d’Alger et d’Oran, en compagnie de MM. Pomel et Pouyanne, j’ai visité un assez grand nombre de gisements nummulitiques. J’ai pu ainsi apprécier de visu les différences ou l’analogie qu’otfrent ces gisements entre eux, et que d’autres, d’ailleurs, avaient depuis longtemps constatées avant moi.
Le Nummulitique algérien n’est pas encore partout bien étudié ; mais de ce que l’on en sait, on peut conclure qu’il comprend au moins trois grands horizons parfaitement distincts. Je ne dirai rien de l’horizon inférieur, correspondant peut-être au Suessonien, parce que je n’ai rien à tirer de sa comparaison avec les parcelles qui m’intéressent ; mais il n’en est pas de même de l’horizon moyen.
Ce dernier, quoique morcelé, n’en occupe pas moins, dans les provinces d’Oran et surtout d’Alger, des étendues considérables- On le rencontre dans les environs de Sidi-bel- Abbés, à l’Ouedel-Hamman, aux environs de Mascara, àTénès, au Bou-Zegza, dans les gorges de Palestro, sur plusieurs cimes du Djurjura, à Sidi-Aïssa (sur la route d’Aumale à Bou-Saâda), etc.
Si tous ces gisements ne sont pas absolument identiques, couche par couche, ils ont entre eux une telle ressemblance, qu’il est impossible de ne pas les considérer comme les restes d’un même horizon, d’un même étage. Leur caractère général le plus frappant, c’est leur composition lithologique, qui comprend partout des poudingues surmontés de calcaires et qui correspond à celle des lambeaux dont j’ai fait mon sous-étage inférieur nummulitique autour du Sahel.