UNIVERSITY OF ILLINOIS UBRARY AT URBANA-CHAMPAIGN
TERRAINS TERTIAIRES
Or, il arrive heureusement que, grâce à des conditions locales, les calcaires plus ou moins pétris de nummulites ne sont pas partout aussi compactes que ceux que j’ai décrits. Ils deviennent parfois, en effet, plus marneux, relativement friables et leurs nummulites peuvent s’isoler. Alors, on trouve parmi elles, et en très grande abondance, la Nummulites lœvifjata. Je mentionnerai aussi comme coïncidence singulière la présence, sur cet horizon, de dents de squales et notamment de Lamna. Celles-ci sont meme quelquefois abondantes ; ainsi, en peu de temps et sur un petit espace, j’en ai recueilli une trentaine dans le gisement de Sidi-Aïssa.
Nous voici donc en présence d’un grand ensemble sensiblement homogène, renfermant la Nummulites lævigata et des dents de poissons. Cela fait penser de suite au bassin de Paris et à l’horizon du calcaire grossier. Mais, en l’absence absolue de tout autre terme de comparaison, c’est le seul synchronisme qu’on puisse établir.
Les marnes, quartzites, poudingues et grès schistoïdes micacés, constituant mon sous-étage nummulitique supérieur, quoique puissamment développés, n’embrassent pas à beaucoup près une aussi grande étendue que les sédiments du sousétage précédent. En dehors des points qu’ils occupent dans ma zone limite sahélienne, ils se continuent vers l’Est, pas très loin de la côte, et prennent un grand développement dans la région de Dellys, où je ne les ai pas suivis, mais où ils conservent, paraît-il, leurs mêmes caractères.
Si l’on tient compte de la position stratigraphique de cet étage, de sa nature essentiellement gréseuse, de l’abondance des végétaux fucoïdes qu’il renferme à sa partie supérieure,
MIOCÈNE INFÉRIEUR
on est lente de le considérer comme synchronisant les grès d’Annot, les grès à fueoïdes, le flyscli, dont la place, on le sait, est au sommet même de l’Éocène supérieur. En l’absence de tout fossile, sauf les très petites espèces de nummulites qui pullulent dans certaines couches, je ne vois, dans la série sédimentaire classique, aucun autre horizon auquel on puisse raisonnablement le rapporter.
Miocène
Entre l’étage éocène , dont la description précède , et l’étage qui lui est immédiatement superposé, il existe dans le Sahel et même dans tout le Tell, une lacune assez considérable. Tout ce qui peut être rapporté à la partie du Miocène inférieur, dont la fin a été marquée par le soulèvement des systèmes du Tatra, de l’Hémus, de l’île de Wight, etc., y fait défaut. Le Miocène y débute donc par des sédiments d’âge postérieur à celui des Grès de Fontainebleau.
Miocène inférieur. — Au sud du massif azoïque d’Alger, suivant une direction sensiblement Est-Ouest, on constate l’existence d’une formation essentiellement arénacée, dont l’affleurement présente la forme d’une longue et étroite bande, assez irrégulière et plusieurs fois interrompue, commençant au Télemly, villa Jourdan, et se terminant à deux kilomètres au nord de Chéraga.
Cette formation consiste tantôt en sables, tantôt en grès plus ou moins grossiers et plus ou moins fortement agrégés, tantôt
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enfin en cailloux roulés, de tout volume, souvent agglutinés et formant poudingues.
Les sables sont exploités sur plusieurspoints pour être utilisés à la confection du mortier, et, dans les sablières ouvertes, comme sur le chemin du Dépôt de mendicité, ou bien à droite de la route d’Alger à Chéraga, 7e kilomètre, on rencontre très fréquemment au milieu des couebes sableuses, des blocs informes de grès dur, provenant, sans aucun doute, de l’agglutination sur place d’une certaine quantité du sable encaissant.
Sur d’autres points, en dehors des sablières, les grès se présentent en couches régulières, très solides et très résistantes, pouvant avoir une épaisseur maxima visible de dix à douze mètres. 11 est facile de s’en convaincre à l’oued Bel-Elzar, qui vient déboucher dans le Frais-Vallon.
Enfin, à la partie supérieure de la formation et sur le bord le plus rapproché des schistes azoïques , les poudingues et cailloux roulés forment des amoncellements, qu’on serait tenté, à première vue, de prendre pour des produits quaternaires. Ces poudingues sont particulièrement développés le long de la rive gauche de l’oued Beni-Messous.
Bien qu’il ne soit pas très facile de saisir de prime abord l’ordre de superposition de ces sables, grès et poudingues, dans la région dont je parle, une étude un peu attentive montre que les grès sont à la base, les sables par-dessus, et que les cailloux roulés n’occupent que le bord du bassin.
Je me hâte d’ajouter, d’ailleurs, que ces trois couches ne peuvent être différenciées que par des caractères physiques tirés de leur consistance et de la grosseur de leurs éléments. Ceux-ci,
MIOCÈNE INFÉRIEUR
en effet, au point de vue de leur nature minéralogique et de leur provenance, sont identiques.
Ils ont été exclusivement empruntés aux roches azoïques sous-jacentes et consistent, par conséquent, en morceaux de quartz et de feldspath, paillettes de mica blanc et de mica noir, fragments de schistes, de pseudo-gneiss, de pegmatite, etc. Les galets de cipolin y sont très rares ; cependant j’en ai trouvé quelques-uns dans les poudingues.
J’ai dit plus haut que cet ensemble arénacé affleurait suivant une bande étroite, plusieurs fois interrompue. En effet, celleci est constituée, surtout dans sa moitié Est, par une série d’ilots, séparés, tantôt par des formations plus récentes, qui ont franchi sur quelques points la limite des grès, pour reposer directement sur les schistes, tantôt par des affleurements des schistes. Dans ce dernier cas, il est évident que l’isolement des îlots est le résultat d’un phénomène de dénudation qui a nivelé le tout, en laissant dans les anciennes dépressions du terrain sous-jacent les couches gréseuses qui s’y sont déposées.
Cet étage plonge sensiblement au sud, sous des sédiments plus récents (Voir pl. II, fig. 4), et reparaît de l’autre côté de la Mitidja, où il se relève sur l’Atlas. Là, sa composition est un peu différente et se rapproche davantage de celle qu’on lui connaît dans les nombreuses localités où son développement est le plus normal (Voir pl. III, fig. 8).
Il y est, en effet, représenté par de gros poudingues qui se montrent, avec quelques interruptions, depuis les gorges de l’Harrach, où ils sont très ferrugineux et rouges, jusqu’à Souma. Ils sont ensuite recouverts par des marnes et des argiles noires que l’on peut suivre, comme l’a fait M. le professeur Ponsot, depuis Dalmatie jusqu’au delà du lac de Mouzaïa.
TERRAINS TERTIAIRES
J’ai recueilli dans celte première assise miocène quelques espèces fossiles, (pic j’ai déterminées avec le concours de M. Pomcl. J’en vais d’abord donner la liste complète, puis je reprendrai, au chapitre Paléontologie, celles de ces espèces qui sont nouvelles en les accompagnant chacune de sa diagnose. Je ferai de meme à l’égard des faunes des autres terrains, cette méthode me paraissant être à la fois la plus simple et la plus commode.
GENRES
ESPÈCES
AUTEURS
LOCALITÉS
OBSERVATIONS
Echinides
Toxobrissus
El-Biar
Spécimens abondants, mais tous en mauvais état et sans caractères spécifiques.
SCIIIZASTER
Ficheuri
Nob.
El-Biar
Espèce nouvelle.
id.
curtus
Pomel
Chéraga
Spécimen en mauvais état, mais dont la comparaison avec le type même figuré ne laisse aucun doute sur l'espèce. S<‘h. curtus est très voisin de Sch. Desorü, avec lequel on pourrait le confondre ; il vient de Cherchell et a été trouvé dans des couches d'âge douteux, probablement cartenniennes.
id.
cruciatus
Pomel
Chéraga
Espèce nouvelle.
SCHIZOBRISSUS
mauritaniens
Pomel
Télemly
Identique à l’espèce du Darah, fig. par Pomel dans Paléontol. Or an. Echinid.
MIOCÈNE INFÉRIEUR
GENRES
ESPÈCES
AUTEURS
LOCALITÉS
OBSERVATIONS
Trachypatagus
Peroni
Pomel
Télemly
Espèce nouvelle.
Echinolampas
El-Biar -Bouzaréa
Espèce de très grande taille, ovale, assez déprimée, mais indéterminable, à cause de son mauvais état de conservation.
id.
flexuosus
Pomel
Chéraga
Espèce nouvelle.
Plesiolampas
Gauthieri
Pomel
Chéraga
id.
Haimea
Delagei
Pomel
El-Biar
id.
Hypsoclypus
plagiosomus
Agassiz
Télemly
Ancien genre Conoclypus d’ Agassiz.
Clypeaster
acclivis
Pomel
El-Biar-Bouza-
réa
Jeune individu de C. Scillæ.
id.
scillæ
Pomel
Beni-Messous
Espèce devant être confondue avec C. acclivis, dont elle représente l’àge adulte.
id.
grandi flovus
Bronn
El-Biar-Bouza-
réa
Espèce très rare dans le sahel.
id.
Delagei
Pomel
El-Biar
Espèce nouvelle.
SCUTELLA
obliquala
Pomel
El-Biar
Espèce très abondante.
Amphiope
personata
Pomel
Télemly
Espèce nouvelle.
Bryozoaires
Radiopora
El-Biar
Représenté par un spécimen d’où les caractères spécifiques ont disparu.
TERRAINS TERTIAIRES
GENRES
ESPÈCES
AUTEURS
LOCALITÉS
OBSERVATIONS
Lamellibranches