‹ Géologie et paléontologieChapitre 118 sur 190 · C. T«m-à foulon f îr»!|* hleuf. linon · texte numérisé non relu

C. T«m-à foulon f îr»!|* hleuf. linon

( Argile et calcaire.

[ ô». ooliihiqué inférieure. J

Calcaire oolithique Sables farruirineti «

> \ Du lie* t

Supérieur.

Moyeu.

| Inférieur

1 1 , Grès et calcaires <

' Lias blanc, lumachnlles.

1 Calcaires magnésiens.

Couches à A vieula contoila,

etc.

Couches à ossements, etc.

\ oyons actuellement quels sont les principaux caractères et la distribution des dépôts de cette formation dans les diverses parties du globe où elle est aujourd’hui le mieux connue.

il*. - Britanniques — Considérés dans leur ensemble, les dépôts jurassiques affectent dans les Iles-Britanniques une répartition assez singulière. Ils sont, en effet, placés sur deux lignes dirigées N.-N.-E., S.-S.-O. La première, située au nordouest, n’est indiquée que par de petits lambeaux espacés qui la jalonnent de distance en distance comme des témoins , depuis la côte nord de l'Irlande par les îles de Mull, de Sky, etc., jusque vers la côte orientale du Sutherland (Ecosse); la seconde, au sud-est, forme une large zone continue dirigée

FORMATION JURASSIQUE

moyennement N.-N.-E. S. -S. -O., un peu arquée à l’E., s’étendant de l’embouchure de la Tees (Yorkshirc, au littoral du Devonshire. En nous bornant ici à la région la plus importante, à celle de l’Angleterre, nous voyons que cette zone, qui divise l’ile en deux parties presque égales, a une largeur très-différente suivant les points où on l’observe. Elle laisse à l’ouest tous les dépôts antérieurs, depuis le trias jusqu’aux schistes les plus anciens du pays de Galles, et à l’est toutes les séries secondaires et tertiaires qui lui ont succédé. Une coupe N--0., S.-E., faite en travers au milieu de sa longueur, montre les groupes et les étages se superposant de bas en haut dans la même direction et plongeant au S.-E. sous les strates crétacés.

Cet ensemble de couches renfermé toutes les preuves des changements successifs survenus pendant quelles se déposaient, changements lents et d’une faible étendue en tout sens, qui se traduisent aujourd’hui par les caractères minéralogiques des roches, par leur plus ou moins de développement, comme par lès espèces, les genres, les familles et môme les classes d’êtres organisés, dont on y trouve les restes.

Les caractères minéralogiques des groupes ont une constance remarquable. Ainsi, dans le lias, les étages d’Oxford et de Kimméridge dominent l’argile, les marnes et les calcaires marneux de teintes grisâtres, bleuâtres plus ou moins foncées, tandis que, dans les étages de Porlland, du coral-rag, du corn-brash, le forest-marble, la grande oolithe et une partie de l’oolithe inférieure, régnent des calcaires blancs ou bien oolithiques de teinte jaune claire ou blanchâtre. La base de l’étage de Portland et celle de l’oolithe inférieure sont sableuses, et la terre à foulon est argileuse et marneuse comme le sous-étage de Bradford.

Ces divisions ne se présentent toutes également développées sur aucun point de la zone. Elles atteignent leur plus grande épaisseur ou leur composition la plus variée dans des

FORMATION JURASSIQUE. 559

localités différentes, et quelquefois un ou plusieurs termes de la série manquent tout à fait. Les mouvements d’abaissement et d’élévation du sol ont fréquemment modifié la profondeur des eaux, et même parfois ont complètement émergé le fond de la mer, d’où il résulte que l’on trouve aujourd’hui, en contact sur divers points, des étages qui ailleurs ne se succèdent pas immédiatement. Malgré leur amincissement dans telle ou telle direction, les termes de la série tant qu’ils subsistent conservent leurs caractères propres.

Quoique les dépôts soient de natures très-variées, que leurs fossiles soient très-nombreux dans la plupart, et différents dans chacun d’eux, leur puissance est très-faible, comparée à celle des divisions des systèmes plus anciens. Ainsi le lias ne dépasse guère 1 30 à 160 mètres sur les points où il est le plus développé, l’oolithe inférieure 100, la grande oolithe 120, l’argile d’Oxford 160, le coral-rag et le calcareous-grit 50. l’argile de Kimméridge 190, l’étage de Portland 60 à 70, et le groupe de Purbeck 50.

Outre les modifications stratigraphiques, minéralogiques et d’épaisseur, il y en a d’autres indiquées par les corps organisés et qui sont de plusieurs sortes, suivant que l’on considère ceux-ci d’après leur habitat, suivant qu’ils ont vécu dans la mer , dans les eaux saumâtres , dans les eaux douces, ou enfin sur un sol émergé.

Ainsi, en envisageant la formation de haut en bas ou des couches les plus récentes aux plus anciennes, on voit qu’après le dépôt du calcaire de Portland, qui déjà était bien moins étendu que les précédents, une grande partie du sud de l’Angleterre a été portée au-dessus du niveau de la mer, et d’autres sont restées couvertes d’eaux saumâtres ou d’oaux douces, peu profondes pendant un laps de temps assez considérable. C’est alors que se déposèrent les couches du groupe de Purbeck dont les assises moyennes, dans la baie de Sewanage, ont offert récemment 13 ou 1 A espèces de petits

FORMATION JURASSIQUE

mammifères, dont les genres nouveaux (Spalacotheriuin , Triconodon, Plaginulax ), appartiennent pour la plupart à la classe des marsupiaux, et sont accompagnés de restes de poissons, de crocodiles et de coquilles. Les supérieures avaient présenté des coquilles exclusivement lacustres (Paludines, Physes, Limnées, Planorbes, Valvées, Cyclades, Unio), de petits crustacés ostracodes et des poissons; l'inférieure, un lit de vase noirâtre renfermant de nombreux troncs de végétaux siliciliés (cycadées. Zinnia, conifères), et dans la vallée de Wardour toute une faune entomologique.

Plus bas se montrent, à divers niveaux ou à divers moments, des dépôts de nature mixte interrompant la sédimentation purement marine. Ainsi, dans le nord de l’Écosse, des dépôts lacustres ont précédé les couches marines de l’étage d’Oxford; dans le Yorkshire et le Liucolnshire, des accumulations de végétaux terrestres sont enveloppées dans des grés dépourvus d'animaux marins. Ces couches charbonneuses ne se continuent pas au delà, et leur formation a été interrompue à son tour par un envahissement de la nier qui a laissé un repère géologique et paléontologique précieux pour retrouver le parallélisme général.

Au commencement de la grande oolithe, les calcaires schisteux de Stoneslield, où furent rencontrés pour la première fois, dans le terrain secondaire, des débris de petits mammifères terrestres [Stereogmlhus,Amphitheriumpimphil est es, P liasrolotlierium) , une couche d’ossements à la base de l’oolithe inférieure des comtés du centre, d'autres avec des lits remplis d'insectes vars le sommet des argiles du lias de même que vers sa base, des traces de faune et de llore exclusivement terrestres, un banc d’origine mixte et un autre en partie composé d’ossements de reptiles et de poissons, prouvent partout la faible profondeur des eaux et le voisinage immédiat des côtes.

A ce dernier égard, les découvertes récentesde MM. Wright. Moore et Hawkins ont démontré que le \v étage du lias, tel

FORMATION JURASSIQUE

que nous l’avions admis en France, en Allemagne et dans les Alpes, offrait, dans les comtés de l’ouest de l’Angleterre, cette faune déjà si caractéristique au delà du Rhin, laquelle prenait même naissance plus à l’ouest encore à Portrush, dans le nord-est de l’Irlande, où \' Arirula contorla avait été signalée pour la première fois. La présence d’un petit mam mifère didelphe ( Uypsiprynmopsis rhœticus ), au-dessous de la couche à poissons de Watchet, et d’un autre {Microlestes antiquus ) à From, tous deux au milieu des coquilles caractéristiques de l’étage, sont des faits importants qui viennent correspondre à ceux que nous verrons indiqués au môme niveau dans le Wurtemberg.

L’examen plus particulier des fossiles de la zone jurassique d’Angleterre n'a pas moins d’intérêt que les considérations précédentes; il apporte un élément de plus au tableau général des phénomènes de cette période et le revêt de teintes plus variées. Le moyen le plus simple et le plus concis de donner une idée de l’ensemble de cet organisme est de reproduire ci-contre l’expression numérique de la flore et de la faune que nous avons publiée en 1856 et qui, bien que devenue incomplète par suite des nouvelles acquisitions de la science, suffit pour le but que nous nous proposons ici. Nous avons eu soin toutefois d’y introduire les fossiles du groupe de Purheck et ceux du quatrième étage du lias, qui n'y figuraient pas d’abord.

Sans reproduire ici toutes les déductions auxquelles ces chiffres nous avaient amené, nous ferons remarquer, comme pouvant se rattacher à des vues théoriques d’un certain intérêt, que, parmi les végétaux, dominent pncore les fougères, les cycadées et les conifères qui ont vécu pendant les dépôts du quatrième groupe dans le Yorkshire, le Lincolnsbire et l’Oxfordshire.

Quant à la faune, si nous faisons abstraction du groupe de Purheck qui s’est formé dans des conditions toutes particulières, nous voyons que la répartition des animaux, dans

FORMATION JURASSIQUE

Page 1