I. Hisl. des progrès de ta géologie, vol. VII, p. Ü12-GIK
4. Quart. Journ. gcol. soc. o( London, vol. XX. p. '(ST. I Nil 1 .
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M. J. de G. Sowerby, ont présenté 11 espèces d’ Ammonites dont 8 seraient particulières au pays et les trois autres se rapprocheraient des A. Ilerveyi, pcrarmatus et corrugalus , puis 7 Térébratules, dont 5 auraient leurs analogues eu Europe, 2 Trigonies, 2 Bélemnites, des Pholadomyes, des Huîtres, etc.
Afrique. — Ce que l'on savait des pays qui bordent au nord la Méditerranée pouvait faire présumer que le continent africain en offrirait au sud la contre-partie. En effet, depuis 1830, les formations secondaires et tertiaires y ont été retrouvées avec leurs caractères habituels.
Dans la province de Constantine, les observations de MM. Renou, Fournel et surtout celles de M. Coquand auraient, à en juger d’après les fossiles mentionnés, constaté la présence des deuxième et troisième étages du lias, d’un rudiment du groupe oolitbique inférieur, avec des équivalents mieux caractérisés du sous-étage de Kelloway, des marnes d'Oxford et du coral-rag. Dans la région au sud-est de Sétif, autour du bassin du Sebk-el-Chott, de Rouçada, etc., un travail récent de M. Brossard a donné des renseignements plus précis encore. Dans la province d’Alger, Bozet le premier, puis Boblaye, avaient annoncé l’existence du lias, mais M. Ville, tout en admettant un grand développement de la formation, reconnaît la difficulté d’en caractériser suffisamment les divisions, à cause de la rareté ou du mauvais état des fossiles. Dans celle d’Oran, près de Tlemcen, les couches jurassiques formeraient deux bandes parallèles, dirigées E.-N.-E., 0.- S.-O., en se prolongeant dans le Maroc. Les fossiles, déterminés par M. Bayle, portent à y admettre des équivalents du premier et du second étage du lias, del’oolithe inférieure et peut-être du groupe oolitbique moyen. Plus à l’ouest encore, M. Coquand a distingué, dans la montagne de Djebel- Dirsah, près de Tétuan, quatre assises de la même formation, surmontées du groupe crétacé néocomien.
Sur la côte occidentale du même continent, aux environs
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de Fernando-Po, d’Aura, de Sierra-Léone, on a recueilli des Ammonites rappelant celles du lias, entre autres l’/4. communis. Celles qui ont été rapportées du Sénégal et de Port- Natal appartiendraient au groupe oolithique moyen. Dans la partie sud le long de la rivière'Sunday, des Ammonites, des Trigonies et des Pholadomyes annonceraient, ainsi que les plantes, des dépôts de la période jurassique, et, sur les bords de la rivière Orange, à 000 milles au nord-est du Cap, la Trigonia clavelluta indiquerait aussi l'horizon de l’argile d’Oxford. A Kusaludini près Mombas, par 4° latitude S., est signalée Y Ammonites nnnid/iris.
Amérique du Word. — Nulle part encore les côtes orientales du nouveau continent n’ont présenté de dépôts jurassiques comparables à ceux que nous avons étudiés dans la partie occidentale île l’ancien monde qui lui est opposée. Depuis la Terre-de-Feu jusqu’au Labrador, les seuls représentants qui aient été signalés et avec doute sont quelques lambeaux de grès et d’argile renfermant vers la base des couches de charbon, situés dans la Virginie au pied des Àpalaches et paraissant avoir une origine exclusivement d’eau douce. Nous avons exposé les opinions diverses qui, jusqu’en 1856, avaient été émises sur ces dépôts, .accumulés dans des dépressions de roches cristallines, et dont les fossiles, qui sont des restes de plantes et de poissons, n’ont pas sufli pour fixer définitivement l’âge. Quelques géologues les placent encore dans la période jurassique, d’autres, comme on l'a vu (antê, p. 541), dans celle du trias, ou avec les grès rouges du New-Jersey et du Connecticut. Cette dernière manière de voir s’accorderait avec ce que nous avons dit des caractères particuliers de la surface de la terre pendant l’ère triasique, et l’on comprendrait que toute cetle bordure orientale des États-Unis ait été ensuite émergée.
A l’ouest du Mississipi, les assises rapportées par M. J. Marcou à la formation jurassique occuperaient, à en juger par la carte qu’il a publiée en 1857, la plus grande partie des
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plateaux élevés qui avoisinent l'axe des montaghes Rocheuses, et une portion de leurs contre-forts. Kilos constituent particulièrement le vaste plateau du Llano-Kstacado que l’auteur traversa dans son voyage du fort Smith à Santa-Fé, ou de la vallée du Mississipi à la côte du Pacifique, par 35* de latitude. Au-dessus des roches rouges du trias viennent, dans cette contrée, des argiles et des calcaires sableux avec deux formes d’ostracées ( Gryphtta dilatait/, G. Turumarii, var.) qui rappellent le niveau de l’argile d’Oxford. Les géologues américains n’ont point cependant accepté cette détermination, et la carte géologique des -États-Unis, entre autres celle qu’a publiée H. D. Rogers, la môme année, représente cette région, comme crétacée.
En remontant vers le nord, M. J. C. F rémont a recueilli, non loin du grand lac Salé, des plantes fossiles dont quelquesunes rappellent celles des couches oolithiques du Yorkshire, et d’autres des formes carbonifères. Plus au nord encore, dans le voisinage des Black-Hills, des montagnes de Laramie, sur le versant septentrional de celles de Wind-river et vers les sources du Missouri, des marnes grises ou blanchâtres, des calcaires sableux, avec quelques bancs subordonnés de calcaires compactes et de marnes schisteuses, paraissent être jurassiques. Leur épaisseur totale ne dépasse nulle part 200 à 300 mètres, et le plus ordinairement elle n'est que de 30 à 00. Plus à l'O., dans la chaîne côtière qui borde l’océan Pacifique, de la Californie au Mexique, comme dans la Sierra- Nevada, soulevée avant les dépôts crétacés, une grande partie des roches souvent aurifères sont métamorphosées et montrent à peine quelques rares fossiles qui permettent de les séparer de celles du trias, également très-modiliées par places.
Le long de la baie de Ramai ou Cook-inlet, sur la côte sud-est de la péninsule d’Aliaska, M. Wossessensky a rencontré plusieurs formes d’Ammonites et de Bélemnites tout à fait jurassiques (/f. WoMes&entkyi , biplex? Belemnilrs paxilloms, IJnio liasinus). Des restes d’ichthyosaure, voisin
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de Y J. acutns du lias d'Angleterre, ont été rencontrés, jusque dans les régions polaires, dans l’ile d’Exmouth, au nord de la terre Grinnel, par 70° 10' latitude. Au-dessous de son gisement étaient des calcaires rouges remplis de fossiles carbonifères. Encore plus haut, par 70" 30' sur la terre Prince- Patrik, des Ammonites voisines de Y A. concarm de l’oolitlie inférieure, des Spirifers et des Peignes de la môme période ont été trouvés.
Amérique du Sud. — Nous n’avons encore aucune certitude de la présence des dépôts de cet âge dans l’Amérique centrale, et ce n’est qu’au delà de l’équateur que nous commençons à en trouver quelques indices. Dans la Cordillère du Pérou. M. L. Grosnier signale au passage d’Antarangra, à plus de 4800 mètres d’altitude, des calcaires renfermant des fossiles d’aspect jurassique, et au delà d’Oraga dus empreintes d’Ammonites de cette période. Les roches dans lesquelles sont exploitées depuis trois siècles les mines de mercure d’Huancavelica, situées à 3800 mètres au-dessus de la mer, paraissent s’y rapporter. Le Pecten alatus, grande espèce dont la forme avait d’abord fait placer dans la craie les couches où il se rencontre, et la Terebrntula tetraedrn ont été recueillis dans leur prolongement, ainsi que plus au sud, dans la province de Copiapo, où J. F. Mayen a signalé des Ammonites voisines des A. biple.r et bifurcutus.
Aie. d’Orbigny cite aux environs de Coquimho un Spirifer voisin du S. Walcotii du lias d’Europe, et une Gryphée peu distincte de la G. arquée si caractéristique du 3' étage de ce groupe. Les recherches de M. Darwin dans les Andes du Chili seront rappelées plus loin, mais celles de M. Domeyko ont apporté des résultats plus précis que nous devons mentionner ici. Les fossiles recueillis par ce savant et étudiés par MM. Bayle et Coquand provenaient de cinq localités différentes, Mauflas, Tres-Cruces, Torquera, Chanarillo et Doua Ana. Les associations d’espèces n’étaient pas les mêmes dans chacune d’elles, et, dans la première, il semble qu’il y ait deux
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horizons assez distincts. Quoi qu’il en soit, il résulte de leur comparaison, que sur A3 espèces décrites dans ces gisements, 22 ou la moitié auraient leurs identiques dans les couches jurassiques de l’Europe, depuis le deuxième étage du lias jusqu’au coral-rag, proportion qu’on ne devait pas s’attendre à rencontrer à de pareilles distances. Quant aux autres espèces, elles seraient propres au pays, et par conséquent nouvelles. Les recherches ultérieures de M. D. Forbes, en agrandissant beaucoup le domaine de ce qu’il nomme série oolithique supérieure avec des roches porphyriques stratifiées , laquelle s’étendrait d’une manière continue du Chili au Pérou, ont peu ajouté à la connaissance de ces rapports, les fossiles mentionnés dans son premier mémoire étant peu nombreux.
Australie. — Les montagnes élevées qui s’avancent vers la pointe sud-ouest de la Nouvelle-Guinée, formées de calcaires blancs dolomitiques et de calcaires gris, brunâtres, paraissent contenir beaucoup de coquilles fossiles et des restes de vertébrés que de Léonhard regardait comme appartenant à des reptiles jurassiques. M. W. B. Clarke pense que les calcaires lithographiques, observés par i\l. Grégory le long du golfe de Carpentarie pourraient être jurassiques comme lesAmmonites et les Trigonies de la chaîne de Scoresby dans l’Australie occidentale. M. Hochstetter a rencontré dans des grès de la province d’Auckland (Nouvelle-Zélande), vers les sources de la Waikato, des Bélemnites canaliculées et des Ammonites qui seraient également du même âge. Sur les bords de la Waipara, ou a trouvé les restes d’un reptile énaliosaure rapporté au Plesiosaurus (P. australis , Owen), et pouvant provenir du lias. Enfin, les puissants dépôts avec lits de charbons et empreintes de plantes, recouverts par des roches avec Monolis, Posidonomya, Térébratules, gastéropodes, Bélemnites, Ammonites, etc., décrits par M. J. Haast, sont-ils jurassiques ou triasiques? C’est ce que les recherches à venir pourront apprendre ( Report of the irest. district of the Nelson province , p. 10A. 1861).
FORMATION JURASSIOUE.
RÉS LME.
Il résulte de ce qui précède que les dépôts de la période jurassique sont aujourd’hui connus dans la plus grande partie explorée de l’hémisphère nord, l’empire chinois et la presqu’île orientale de l’Inde exceptés. Sa limite septentrionale jiasse par les Hébrides et le nord de f Écosse, s’abaisse à la pointe sud de la Scanie et aux environs de Mittau, pour remonter au nord-est au delà du cercle polaire (07''). Elle longe les côtes de la mer Glaciale, atteint la Nouvelle-Sibérie (75°), a été signalée au delà du détroit de Behring, dans la presqu’île d’Aliaska (60"), et plus au nord par 76° 30', le point extrême visité par les navigateurs dans le nouveau continent. Nous avons indiqué des traces de ces dépôts dans les régions équatoriales de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, et dans l’hémisphère sud nous avons pu constater leur présence sur quelques points malgré l’atténuation sensible de leurs caractères.
Quoique très-développés en surface, tout porte à croire jusqu’à présent que c’est seulement dans l’Europe occidentale et centrale que les sédiments de cet âge ont pris une véritable importance géologique, à la fois par leur puissance, la variété de leurs roches, et surtout par celle des corps organisés que ces dernières renferment.
§ 3. FORMATION CRÉTACÉE
La formation crétacée comprend les couches qui se sont déposées entre le groupe de Purbeck et les premiers sédiments tertiaires. Bien que la roche calcaire particulièrement désignée sous le nom de craie ne constitue qu’une assez faible
FORMATION CRÉTACÉE
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partie de la série, l’usage d’appliquer ce nom ou mieux son adjectif à la totalité des roches qu’elle embrasse a prévalu et peut être adopté sans inconvénient.
Les oscillations qui, sur les bords de certaines plages de la période dont nous venons d’esquisser l’histoire, avaient fait succéder des dépôts d’eau saumâtre ou d'eau douce aux dépôts exclusivement marins, ont continué pendant les premiers temps de la suivante; aussi, par le même motif qui nous a fait distinguer le^roupe de Purbeck de l’étage de Portland, distinguerons-nous, à cause de son origine lacustre, le groupe wealdien du groupe néocomien, de la partie la plus inférieure duquel il semble être contemporain. On ne peut pas en effet supposer que ces sédiments d'eau douce ou saumâtre soient autre chose que d’anciennes plages momentanément et localement portées au-dessus du niveau des mers dans lesquelles se formaient en même temps des couches marines sur d’autres points.
La formation crétacée telle que nous la comprenons se divise de la manière suivante :