OBSERVATIONS GÉNÉRALES
L'une des époques de la nature sur lesquelles on a le plus écrit dans ces derniers temps, celle qui a précédé immédiatement la nôtre et dont la durée ne parait pas avoir été comparativement bien longue, est cependant celle qui est encore le moins connue et qui a donné lieu au plus grand nombre d'hypothèses. Le peu de développement des dépôts marins et lacustres comparés à la grande prédominance, si ce n’est à l’universalité, des dépôts de transport torrentiels ou alluviens, leur faible épaisseur sur de grandes surfaces, l’enchevêtrement d’une part et la succession de l’autre de résultats difficiles à distinguer en eux-mèmes ou par leur cause, l’absence de régularité, de symétrie et de continuité dans la disposition générale des couches, ont rendu les comparaisons que l’on a tenté de faire et les relations que l'on a voulu établir presque toujours incomplètes ou incertaines.
Sous le point de vue organique, les mêmes difficultés se présentent, car des espèces d’animaux appartenant aux diverses classes existaient avant l’époque actuelle, et la faune et la flore que nous avons sous les yeux n’ont, pas plus que les autres, été créées tout d’une pièce. Enfin, un sujet qui nous touche de plus près encore, l’apparition de
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l'homme sur la terre, vient se rattacher directement à
l’histoire de ces mêmes dépôts.
Nous comprenons, sous la dénomination de terrain qwiternaire, tous les sédiments régulièrement stratifiés ou non, marins, fiuviatiles, lacustres ou torrentiels, solides, meubles ou incohérents qui se sont formés entre la fin de la période tertiaire supérieure ou sub-apennine et le commencement de l'époque actuelle ou du terrain moderne. Nous y comprenons également les roches ignées qui se sont produites à la surface du globe dans le même intervalle et dont nous avons déjà parlé à la fin du chapitre précédent.
Dans le deuxième volume de Y Histoire des progrès de la géologie *, nous avons traité des phénomènes quaternaires, en suivant un ordre géographique, du N. au S. et de 10. à l’E.; nous y avons décrit, dans chaque pays, les plages soulevées, la formation erratique, les dépôts marins ou lacustres, les fossiles qu'ils renferment, les traces attribuées à d'anciens glaciers, les brèches osseuses et les cavernes à ossements. Plus récemment, nous avons publié : 1° Du terrain quaternaire cl de l'ancienneté de l'homme dans le nord de la France *, 2° nos Leçons sur la faune quaternaire *; il nous suffira donc de présenter ci un résumé très-succinct de ces livres, auxquels le lecteur qui voudrait approfondir ces sujets pourra toujours avoir recours.