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ECttOPE.

niveau actuel de la mer et reposant sur la surface polie, striée, et sillonnée des roches cristallines de la Norwége, comme l'a démontré M. Daubrée. Ces effets, d’une action mécanique énergique, ont été observés par Durocher depuis une altitude de 1400 mètres au-dessus de la mer jusqu’au-dessous de son niveau actuel. Tels sont pour nous les signes caractéristiques du commencement de l'époque quaternaire, aussi bien dans le nouveau que dans l’ancien continent, toutes les fois que l’état actuel des choses permet de les constater.

Runie. — Pendant cette époque, quatre dépôts d’origine distincte se sont formés dans la partie septentrionale et orientale de l’Europe : 1° les dépôts marins dont nous venons de parler et dont les coquilles sont identiques avec celles qui vivent encore sur les plages voisines, ou avec des espèces qui habitent des régions plus septentrionales ; le bassin de la Dwina présente quelques lambeaux, sans doute du même âge. 2° Un dépôt lacustre caractérisé par des coquilles d’eau douce, d’espèces encore vivantes, et qui s’étend sur les bords de la mer Noire et d.e la Caspienne. 3“ Le grand dépôt erratique du Nord, dont l’origine a donné lieu à tant d’hypothèses et dont les limites est, sud et ouest sont tracées par les blocs extrêmes qui, venant du N. -O. , se sont arrêtés en formant, à la surface des plaines de la Russie, de la Pologne, du nord de l'Allemagne et de la Hollande, une ligne courbe continue plus ou moins sinueuse, sorte de demi-cercle dont le centre serait vers Stockholm, et dont le rayon varierait de 300 à /i00 lieues suivant les sinuosités de la courbe. h° Le terreau noir ou tschornoizem du midi de la Russie, où il n’existe pas plus de débris animaux constatant son origine d'eau douce que n’en a ofl'ert le dépôt erratique précédent pour prouver son origine marine.

La faune des mammifères terrestres de cette période, enfouie dans les alluvions quaternaires des rivières, de ce côté de l’Oural , connue en Sibérie, est caractérisée par l’abondance des restes de. Mammouth ou Elephtts primigenius, de

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son fidèle compagnon, le Rhinocéros à narines cloisonnées ( R. tichorhinus), de l’Aurochs, d’un grand Bœuf ( Boa primigenius), de Y Elasmotherium , grand pachyderme voisin du Rhinocéros et d’.un grand Castor (Trogontherium Curirri). Dans les cavités du calcaire des steppes d’Odessa, les ossements de carnassiers [Felis spelœa, Hyœrm spelaa, Ursus spelœus, Loutres, Renards, Loups), de rongeurs, etc., sont en prodigieuse quantité. Parmi ces animaux, 2 genres sont éteints et 8 espèces également éteintes appartiennent à des genres existant encore soit dans le pays, soit dans des régions plus chaudes.

Toutes ces espèces sont plus grandes que leurs congénères actuelles, et il n'y a aujourd’hui aucun grand mammifère qui parcoure des surfaces comparables à celles qu’habitaient l’Éléphant, le Rhinocéros, le Renne, l’Aurochs, le Bœuf, le Cheval, etc., de ce temps-là, et dont on rencontre partout les débris accumulés dans le nord de l’ancien continent, depuis le détroit de Behring et même la côte opposée de l’Amérique jusque dans les Iles-Britanniques.

Nord de l'Allemagne. — Lorsqu’on suit ces dépôts à travers la Pologne, le nord de la Prusse, la Marche de Brandebourg, le Hanovre et les Pays-Bas, on y trouve les débris de ces mêmes animaux, mais souvent mélangés aux blocs et aux fossiles provenant du terrain de transition de la Scandinavie, et sans aucun rapport avec les animaux marins qui devaient exister lors du déplacement de ces blocs.

îlot-Britannique i. — Dans les Iles-Britanniques on a rencontré de précieux points de repère pour établir sûrement la chronologie des phénomènes de cette époque. Tels sont, dans l’ordre de leur ancienneté, 1° les traces attribuées à d'anciens glaciers , 2° les dépôts d'argiles arec blocs et coquilles arctiques, 3° les graviers marins et les plages soulevées anciennes, à” les dépôts lacustres, 5° les traces d’industrie humaine, 6° les dépôts de transport argileux, sableux, caillouteux ou drifl des comtés de l’est, 7° les cavernes et les

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brèches osseuse* dont le remplissage s’effectua pendant une grande partie de ce temps.

Les dépôts lacustres qui, dans le Norfolk, le Suffolk, le Bedfordshire, l’Essex, le Middlessex et le Kent, se sont accumulés dans les dépressions de l 'argile à blocs et ont été recouverts ensuite par le drift, sont le gisement normal de la faune quaternaire, de ces débris d’Eléphants, de Rhinocéros, d’ Aurochs, du grand Cerf d'Irlande, de Bœufs, de Chevaux, de Cerfs, de Renne, de l'Ours et de l'Hyène des Cavernes, du Castor Trogontherium , de l’Hippopotame et de beaucoup • d’autres genres de mammifères moins importants. Un autre motif qui ajoute à l’intérêt de ces dépôts, c’est que quelquesuns sont le gisement des silex taillés de main d’homme, les plus anciens que nous connaissions avec certitude. Ils ont été trouvés dans les sables et les graviers fluviatiles d’Hoxne, de Bedford, etc., associés avec les débris de ces grands mammifères éteints.

D’un autre côté, les restes de mammifères trouvés dans les cavernes à ossements, particulièrement du Yorkshire, au nord, puis dans celles du sud, aux environs de Swansea (Clamorgan), de Plymouth, de Torbav, etc. (Devonshire), sont venus compléter la connaissance de la faune quaternaire de la Grande-Bretagne et montrer, comme le disait W. Buckland dès 1822, qu’il n’y .avait pas de différence entre la faune de ces mêmes cavernes ou des brèches osseuses et celle des dépôts lacustres et diluviens des vallées.

Ces restes de vertébrés appartiennent à environ 30 genres, comprenant plus de 50 espèces dont A insectivores, 3 carnassiers plantigrades, 10 carnassiers digitigrades, parmi lesquels on doit citer le Machairodu» , de la taille des plus grands Lions et dont les canines de 16 à 17 centimètres de long, comprimées et à bords très-finement dentés, devaient le rendre un ennemi redoutable pour les nombreux herbivores, ses contemporains. Lorsqu’on songe maintenant à la prodigieuse quantité des grands pachydermes et des ruminants qui

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se trouvaient ainsi rassemblés sur une surface aussi peu considérable (jue celle des Iles-Britanniques, on ne peut se refuser à croire que ces dernières fussent alors rattachées au continent, car dans aucune des îles actuelles les plus étendues du globe il n’y a un pareil nombre de grandes espèces et de genres aussi variés.

Pay*- Bat. — Dans les Pays-Bas, les sondages exécutés d’Amsterdam à Ostende ont permis de reconnaître que le sol , jusqu'à 178 mètres au-dessous du niveau de la mer, s’était formé dans des conditions tout à fait comparables à celles des alluvions actuelles du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut; , et en comparant les côtes opposées de la mer du Nord, on peut voir que les dépôts quaternaires s'abaissaient constamment dans l’emplacement de la Hollande en même temps que ceux de l’Angleterre s’élevaient, de sorte qu'il y avait, des deux côtés, un mouvement de bascule semblable à celui que l’on a cru observer de nos jours dans le midi de la Suède.

Les fossiles enfouis dans les cavernes de la province de Liège ont fourni à Sclimerling les éléments essentiels d’un jalon intermédiaire pour comparer la faune quaternaire aux deux extrémités de l’Europe. 33 genres de mammifères représentés par plus de AO espèces, dont la plupart des noms ont été déjà cités, montrent que le Machnirodus et l’Hippopotame n’y sont pas représentés, non plus que le grand Cerf d'Irlande ( C . megaceros ), l'Aurochs et le Ros primigenius, mais que le grand Ours des cavernes régnait sur les bords de la Meuse comme aux environs d’Odessa. Les genres ont ofTert 8 types d'insectivores, 11 de carnivores, 0 de rongeurs, A de pachydermes, 1 solipède et A ruminants. 11 y avait, en outre, 8 espèces d’oiseaux et d’autres fossiles provenant de divers terrains.

Une découverte, à laquelle les idées que l’on avait alors ne permirent pas d’attribuer l'importance qu’elle méritait, fut celle de restes humains recueillis dans la caverne d'Engis, au sud de Liège. Des crânes et d’autres ossements se trou-

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vèrent en contactavec les débris degrands mammifères éteints, de Rhinocéros, d’Oars, etc., enveloppés dans la môme stalagmite, dans le même conglomérat et dans des conditions telles qu’on ne peut guère douter de leur contemporanéité. Des restes d’industrie, des pointes de flèches, des silex grossièrement travaillés, des bois de Cerf et des os façonnés trouvés avec les os fossiles, viennent appuyer l’opinion de Schmerling sur la contemporanéité des uns et des autres, opinion que confirment encore les recherches plus récentes de M. Ed. Dupont.

France. — Dépôt, de, plaine, et de, vallée,. — AmgnéS ainsi

de proche en proche à jeter un coup d’œil sur les dépôts quaternaires du nord de la France, nous rappellerons que, depuis la Belgique jusqu’à la vallée de la Seine, on peut les considérer comme se présentant sous deux formes principales, avec des caractères et des positions qui les distinguent suffisamment, quelque opinion qu’on se fasse sur leur origine. L’un argilo-sableux, jaunâtre, occupe généralement les plateaux du nord de la France et ceux de la Belgique, pour se continuer dans la plaine du Rhin où il est connu sous le nom de lehm ou lœss. Nous le désignons sous le nom plus général d 'alluvion ancienne. On n’y trouve guère que des coquilles terrestres et fluviatiles d’espèces vivant dans le pays. A sa base, il est souvent plus argileux, rouge, et renferme des silex brisés, mais non roulés, lorsqu’il repose sur la craie ; ailleurs cette base est sableuse , également ferrugineuse, et ses cailloux sont arrondis. Sur plusieurs points on le voit recouvrir directement l’autre dépôt sableux, caillouteux, avec blocs erratiques, qui occupe le fond de toutes les vallées et s’élève plus ou moins sur. leurs pentes. Ce dernier, de teinte grisâtre, est le gisement particulier des restes des mammifères éteints ou autres dont nous avons déjà cité les espèces.

C’est aussi celui où a été rencontrée une mâchoire humaine avec des silex taillés, à Moulin-Quignon, près d’Abbeville, le 28 mars 1863, et d’autres ossements humains aux mois

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d’avril, mai et juin de l’année suivante. Le soin apporté dans ces recherches qu’avaient provoquées les études persévérantes de M. Boucher de Perthes, comme la concordance des faits avec ceux déjà indiqués, et ceux qui nous restentà mentionner, ne permet pas de douter de la contemporanéité des uns et des autres avec les grands mammifères éteints, dont les restes se rencontrent dans les mêmes gisements non plus que de leur antériorité au phénomène diluvien, qui a entraîné le toutdans les dépôts de sable et de cailloux où ils furent enfouis vers le milieu de l'époque quaternaire1. C’est ainsi que dans les sablières d$ Grenelle, dans l’enceinte même de Paris, on trouve fréquemment, à la base même du dépôt, des silex taillés de la forme habituelle avec des restes d’Eléphant, de Rhinocéros, d’Aurochs, d’IIippopotame , de Bon longi front, etc. *

Les grandes vallées du Rhin, du Rhône et de la Garonne offrent généralement deux dépôts analogues aux précédents. Dans la première^ entre les Vosges et la Forêt-Noire, les recherches de M. Ed. Collomb ont permis de constater, audessous de l’alluvion ancienne (lehm ou lœss), des dépôts caillouteux avec des blocs qui proviennent des deux chaînes voisines et sont en rapport avec les phénomènes glaciaires qui s’y sont produits. Ces montagnes ont en effet conservé des traces semblables à celles qu’occasionnent les glaciers de nos jours, telles que les surfaces polies, striées, sillonnées, et, dans les parties basses de leurs vallées, des accumulations détritiques connues sous les noms de moraines latérales, frontales, etc.

Ces détritus recouvrent un vaste dépôt de sable et de cailloux roulés occupant tout le fond de la plaine du Rhin et

1 . Voy. sur cette question : Du terrain quaternaire et de l'ancienneté de l'homme dans le nord de la France, leçons professées au Muséum d’histoire naturelle. Juin 1 863.

2. Sur l’un des côtés de la Carte géologique des environs de Paris qu’il vient de publier, M. Ed. Collomb a mentionné toutes les localités où ont été trouvés des ossements d’animaux de l’époque quaternaire, avec la liste de ceux-ci, et des produits d’industrie humaine.

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désigné sous le nom de diluvium alpin ou de dépôt erratique des Alpes. Ceux-ci proviennent, en effet, pour la plupart, de cette dernière chaîne, un certain nombre du Jura suisse et quelques-uns du massif igné du Kaisersthul. Ainsi trois phénomènes bien distincts ont laissé leurs traces dans cette vallée. C’est dans le plus ancien qu’ont été particulièrement trouvés les restes des mammifères éteints de cette époque [Elephas primigenius, Rhinoreros tiehorhinus , Ursus spe- Ittus, Hgœnu spelœa, Cervus megaceros, Equus adamiticus , Dos prisais, Cervus prisais, et une portion de crâne rapporté à Y Elasmolherium de Russie).

Sur le pourtour du plateau central, dans les vallées supérieures de la Loire et de l’Ailier, les dépôts du même âge affectent des caractères particuliers par suite du voisinage des volcans et de l’absence de toute trace de phénomènes que l’on puisse attribuer à d’anciens glaciers. Néanmoins, la même faune se présente dans les accumulations détritiques de cette époque.

Caverne» et brèche» o»»eu»e». — Quelle que soit l'ancienneté du terrain dans lequel se trouvent les cavernes et les brèches osseuses, depuis les roches de transition jusqu'aux couches tertiaires, quel que soit le point de la terre où on les observe, dans l’ancien comme dans le nouveau continent, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud, partout les débris organiques qu’on y a rencontrés appartiennent à la même faune, contemporaine précisément de celle dont nous recueillons les traces dans les dépôts de transport des plaines et des vallées, et que nous désignons sous le nom de faune quaternaire.

Ainsi, la plupart des cavernes, des grottes et beaucoup de fentes des roches, à quelque terrain et à quelque pays du globe quelles appartiennent, seraient restées vides pendant des milliers de siècles, car les causes qui les ont produites ont pu agir dans tous les temps, tandis qu’à un moment donné ou dans une période très-courte, géologiquement parlant, presque

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toutes ont été plus ou moins remplies par des alluvions locales, sableuses ou argileuses, enveloppant les restes de la faune contemporaine qui y furent entraînés en môme temps. Ce phénomène, qui ne s’était jamais produit avec ce caractère de généralité, ne s’est pas renouvelé depuis. Nous avons déjà mentionné des cavernes qui présentaient un vif intérêt sous le rapport géologique et paléozoologique ; il en est de même et plus encore en France, parce que notre sol renferme beaucoup de roches calcaires et que c’est en général dans les couches de cette nature que se trouvent les brèches et les cavernes à ossements.

L’examen des cavernes a pris dans ces dernières années un intérêt particulier, n’ayant plus seulement pour but la découverte d’ossements d’animaux, mais encore celle des restes de l’industrie humaine dont la présence tend à prouver de plus en plus leur contemporanéité, établissant ainsi entre l’apparition de l’homme et l’existence de ces mêmes animaux un lien longtemps méconnu. Nous nous bornerons à rappeler ici quelques-uns des faits les plus importants qui se rattachent à cette question, en renvoyant, pour plus de détails, à ce que nous en avons dit ailleurs.

La grotte d'Arcy-sur-Cure (Yonne) a présenté à M. de Vibraye trois couches superposées : la première, argilosableuse, renfermait des restes d’animaux vivant dans le pays; la seconde, composée de fragments de la roche environnante reliés par un ciment argilo-rougeâtre, des os du Renne et d’autres ruminants avec des silex taillés ; la troisième ou la plus basse, reposant sur la roche même, des os de l'Ours et de la Hyène des cavernes, du Rhinocéros à narines cloisonnées, peut-être du Box primigenius , de l’Hquus adamilicu», puis en contact avec ces os, dans un endroit oit la couche n’avait éprouvé aucun dérangement, une mâchoire humaine ayant encore deux dents en place. Les grottes de la Franche-Comté, d’Échenoz, de Fouvent-les-Bas, d’Ossel et surtout celle de Sentheim dans la vallée de Massevaux , ont

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