I. toc. cil., p. 154 et suivantes
TERRAIN QUATERNAIRE
Les grandes vallées de l’Asie occidentale, de l’Euphrate et du Tigre jusqu’aux rivages du golfe Persique, comme celles que parcourent, plus à l’est, T Indus, le Setledge, le Gange et le Bramapoutra, depuis leur sortie des montagnes, sont occupées par des dépôts de transport semblables à ceux de l’Europe, mais peu étudiés encore. Au nord des cimes de l' Himalaya, entre A200 et A800 mètres d’altitude, vers la ligne de partage supérieure des eaux du Gange et du Setledge, d’immenses accumulations de sable, de gravier, d'argiles et de blocs sont remplies, suivant M. Strachev, d’une multitude d’ossements de grands mammifères (Chevaux, Bœufs, Cerfs, Bbinocéros, Éléphants, etc.) ; mais ces dépôts sont-ils quaternaires ou bien représenteraient-ils, dans cette région, ceux des collines Sewalik qui longent le pied sud de l’Himalaya? C’est ce qui reste à déterminer. D’un autre côté, les plaines de l’Inde offrent deux dépôts particuliers fort étendus et sans doute de l’époque qui nous occupe : l’un est le kunker, nom local d’un tuf calcaire concrétionné, assez semblable au travertin ou pierre tiburline des environs de Rome; l’autre le rrffnr, terre à colon ou terreau noir analogue au tchornoizem de la Russie méridionale, d’une origine aussi problématique, non moins précieux pour l’agriculture, et occupant plus d’un tiers de la surface de l’Inde
Lesalluvions aurifères et stannifères de la presqu’île orientale et des Iles qui en dépendent sont encore de la même époque, et, par un autre mode de formation, les îles de la Sonde, Télango, Madura, Samon, Sandahvood, Sumbawa, Timor, Lambock et une portion des côtes de Java, doivent en grande partie leur existence à l'accumulation et à la consolidation de débris de coquilles, d’annélides, de radiaires et
1. Des pierres taillées, particulièrement des agates, sont signalées dans le latérite des districts de Madras et d'Arcot, dans les dépdts des bords de la Nerbuddah, dans les couches du Godavcry supérieur, avec des ossements d'Elephas n signis (Slegodon) et namadicus ( Loxodon ), d'Ilippopotamus palœindicus, de Hos palœindicus, namadicus, etc.
AMÉRIQUE DU NORD
de polypiers dont les espèces vivent encore sur la côte. Ces calcaires blancs très-solides atteignent aujourd’hui jusqu’à 600 mètres au-des9us du niveau de la mer.
§ 3. AMÉRIQUE DU NORD
Les phénomènes quaternaires de l’Amérique du Nord n’ont été ni moins variés ni moins considérables que ceux de l’ancien continent; mais, par suite d’une disposition orographique plus simple, il sera plus facile de nous en rendre compte; et, d'un autre côté, la faune parait, jusqu’à présent, y avoir été beaucoup moins riche en genres et en espèces. Pour plus de clarté, nous grouperons les faits sous quatre titres, comme il suit :
1° Hoches polies, st rites et sillonnées du Nord ; dépôts de sable, de blocs, de cailloux roulés et striés ou orift ancien delà môme région ; aucun débris organique marin, d'eau douce ni terrestre.
Les strie9, les surfaces polies et les sillons s’observent sur les granités, les syénites et les diorites des côtes nord et sud du lac Supérieur. Leur direction est N., S., et il en est de même sur le pourtour de ses îles. Depuis cette région jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent , dans les États de Michigan , de New-York, de Vermont, de Massachusetts, du Maine et la Nouvelle-Écosse, comme sur les deux rives du fleuve, les roches anciennes, cristallines ou 9édimentaires, présentent les mêmes caractères et sont recouvertes d'un dépôt de transport sablonneux, caillouteux, argileux, avec des blocs soit enveloppés dans la masse, soit isolés à leur surface. La direction générale des stries et des sillons est N.-O. , S.-E., et c’est aussi celle des traînées de sable, de blocs et de cailloux, à moins que les reliefs du sol ne les aient fait dévier.
La limite sud de ce vaste dépôt s’observe vers le 39*' degré
TERRAIN QUATERNAIRE
de latitude et s’étend à travers la Pennsylvanie, l’Ohio, l’ In— diana, l’Illinois et l’Iowa; sa limite nord n’est pas connue. Ces amas détritiques couvrent toutes les plaines; ils s'élèvent à 1800 mètres sur les flancs du mont Washington, à (300 dans les montagnes Vertes, etc. Leurs matériaux sont de grosseur variable. Les blocs n’excèdent pas ordinairement 1 pied cube, mais il y en a de 1000 et même de 20000 pieds cubes à Bradford (Massachusetts), et de 40000 dans les montagnes Vertes. Le drift ne renferme aucune preuve de la nature de l’eau dans laquelle et par laquelle il a été transporté; il n’y a aucune trace d’organismes marins contemporains du phénomène; il ressemble par conséquent en cela au grand dépôt erratique du nord de l'Europe. La grosseur de ses éléments diminue du N. au S., et beaucoup d’entre eux ont parcouru des espaces de 40, (30 et 100 milles. Partout ils recouvrent la surface des roches anciennes polies, sillonnées et striées par un agent qui les a précédés.
Si aux observations faites dans les lîtats de l’est, surtout par MM. Hitchcock, Emrnons, II. I). Rogers, nous ajoutons celles dirigées à l’ouest du Mississipi par Nicolet, Catlin et d'autres voyageurs, nous aurons la certitude que le phénomène auquel ces effets sont dus s’est manifesté aussi dans toute cette partie de l’hémisphère nord et pendant la même période glaciaire que celle à laquelle nous avons rapporté les effets analogues en Europe.
2° Dépôts marins et lacustres des Etats-Unis du Nord. Sur les bords du Saint-Laurent on trouve, à diverses hauteurs, des argiles avec des coquilles marines dont les analogues vivent encore sur les côtes voisines. A Beauport, audessous de Québec, une argile sableuse avec Saxicava rugosa recouvre les roches siluriennes à 1(34 mètres d’altitude ou 158 au-dessus du fleuve. Sir Ch. Lvell a donné une liste de 23 espèces de coquilles de cette localité qui toutes vivent dans les mers du Nord, sous des latitudes plus froides, et sont un peu différentes de celles de la faune du Canada, rela-
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tion que nous avons déjà vue pour les coquilles des argiles bleues de la Scandinavie. Ces dépôts existent sur les bords du lac Champlain ; la mer qui les a formés occupait, suivant M. Emmons, non-seulement tout l’emplacement du lac, mais encore la vallée de l’Hudson, de sorte qu’un long bras de mer existait depuis le golfe Saint-Laurent jusqu’à New-York.
3° Dépôts marins et lacustres des Etats du Sud. Les plaines du Texas sont couvertes de sables, d’argiles et de bancs de cailloux quaternaires renfermant, près de San-Filippe, une grande quantité d’ossements de mammifères (Tapir, Bœuf, Mastodonte, Eléphant, Mylodon). Dans la vallée du Mississipi, au-dessus des couches tertiaires inférieures de Vicksburg, de Grand-Gulf, de Rodney et de Natchez, règne un dépôt puissant de limon rempli de coquilles terrestres semblables à celles qui vivent encore dans les lacs actuels. Les 20 mètres supérieurs de ce dépôt sont semblables à l’alluvion ancienne de la plaine du Rhin et du nord de la France, mais vers le bas, dans les falaises de Natchez, sont des argiles où Ton a trouvé un squelette entier de Mastodonte avec des restes de Mégathérium, de Mylodon, de Cheval, de Bœuf, etc. Le golfe de Mexico est bordé, sur plusieurs centaines de milles, par un dépôt exclusivement composé de Cyrena rarolinensis , avec des Rangia cyrenoidea ( Gnalodon ). Entre Mobile et la Nouvelle-Orléans ce banc coquillier suit le contour des baies et se retrouve dans les îles nombreuses du Mississipi, à son embouchure. L’île d'Anatasia, une grande partie de la Floride et des îles ou caves qui la bordent, sont formées de bancs de coquilles et de polypiers quaternaires ou même modernes; ici, comme sur le périmètre de la Méditerranée, manquent à la fois les traces de phénomènes physiques et la présence de la faune des mammifères, deux critérium que nous retrouvons en remontant vers le N.
En effet, à l'embouchure de la Savannah , à Darien et à Brunswick, M. Lyell a observé des dépôts argileux et sablonneux dont les coquilles sont identiques avec celles qui vivent
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sur la côle et qui sont recouverts d'argiles, foncées renfermant des ossements de Mégathérium , de Mylodon, de Mattodon giganteuni, d’ Elephas primigenius, de Cheval, et d’un grand chélonien. 11 n’y a aucun mélange entre les deux dépôts. A Big-bone-Like (Kentucky) on a déjà vu que se trouvait un gisement remarquable de ces grands mammifères. Or, là, comme sur les côtes de l’Atlantique, dans la Caroline et la Géorgie, ils appartiennent au môme niveau géologique et les mômes espèces sont associées. De part et d’autre de la chaîne des Appalaches les coquilles (luviatiles et terrestres qui accompagnent les Mastodontes sont les mêmes que celles qui vivent encore sur les lieux. Ainsi ces grands mammifères ont existé après le dépôt erratique ou drift du Nord, et, par conséquent, la basse température , qui a dû coïncider avec la formation des stries, des surfaces polies, sillonnées, et commencer à se relever après le transport de ce drift, n’a pu être ici, non plus qu’en Europe, la cause de leur destruction.
A l’ouest des montagnes Rocheuses, dans le Nouveau- Mexique et la Californie, les vastes dépôts détritiques du bassin du Colorado annoncent que des causes semblables ont produit les mêmes effets, et l’on a vu ( antè , p. 683) quels étaient leurs caractères dans la partie nord de cette région nouvellement explorée, où l’homme est présumé avoir été contemporain du Mastodonte.
/i° Caractères généraux de la faune. Les mammifères fossiles de l’époque quaternaire présentent jusqu’à présent moins de genres dans l’Amérique du Nord que dans l’ancien continent; les carnassiers surtout y sont relativement peu nombreux.
Bien que les cavernes ne soient pas rares en Amérique, où 1,’on en cite même de plus étendues qu’en aucune partie du globe, on n’y a point encore signalé de ces riches ossuaires qui, en Europe, ont tant contribué à nous faire connaître les mammifères de cette époque, et surtout les petites espèces de carnassiers, de rongeurs et d’insectivores; peut-être est-
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ce la cause qui nous fait paraître cetté faune numériquement si pauvre.
Avant de revenir sur les grands mammifères éteints dont nous .avons déjà parlé {unit', p. 271) et de compléter leur histoire, nous rappellerons que les falaises de la baie d’Eschscholtz, situées sur la côte orientale du détroit de Behring, et précisément sous le cercle polaire, sont formées, comme la plupart de celles de la côte asiatique de la mer Glaciale à l’ouest , de dépôts de transport consolidés par la glace, et dans la partie supérieure desquels sont enfouis de nombreux ossements. Ceux-ci ont encore conservé presque toute leur matière animale, et des poils se rencontrent aussi fréquemment. On y a reconnu : 1 ’Elephas primigenius, dont les défenses donnent lieu à un commerce actif, YEquus fossilis , le Cervus alces, le C. tarandus , YOvibos, ou Bœuf musqué, 1 ’Ovibos maximus, plus grand que l’espèce vivante, le Bos ou Bison latifrons (Bison fossile arctique), le Bison crassicornis ou à cornes pesantes, et une autre espèce.
Ainsi, dès les premiers pas que nous faisons sur le continent américain, en. venant de l’ouest, nous trouvons encore l’Éléphant, que nous verrons différer à peine de celui de l'Europe, et le Renne, qui vit dans le nord du nouveau continent, aussi bien que dans l’ancien. Mais nous remarquerons, comme partout au sud, l’absence du Rhinocéros tichorhinus , et même du genre tout entier, puis celle du Bos primigenius et du Cervus megaccros, tandis qu’apparaissent d’autres types de ruminants propres aujourd’hui à l’Amérique du Nord. .
Maintenant, quant aux principaux types des animaux et à leur distribution géographique, nous dirons que deux espèces d' Éléphants paraissent y avoir vécu dans le môme temps; l’un, VE. primigenius de l'ancien continent [E. americanus, Leidy), habitait les États situés à l’est du Mississipi et au nord des Alléghanys; l’autre, désigné par M. Falconer sous le nom d ’E. Columb( (E. texanus, Owen), a particulièrement,
TERRAIS QUATERNAIRE.
mais non exclusivemerft, habité le Texas, l’Alabama, le Nouveau-Mexique, et en général au sud du 30e degré, puis à l’est le littoral jusqu’au cap Hatteras. Tous deux accompagnaient les autres grands mammifères Le Mastodon giganteum, dont nous avons rapporté la découverte et indiqué les caractères [antè, p. 271), a été trouvé associé avec YElephas primlgenius dans l’Etat de l'Ohio, la Caroline du Sud, la Nouvelle-Angleterre, etc. Le genre tout entier, qui, comme on l’a vu, avait complètement disparu de l’Europe avec la période tertiaire supérieure, est au contraire un de ceux qui caractérisent le mieux l’époque quaternaire dans tout le Nouveau-Monde.
Le genre Cheval offre cette autre particularité qu’existant à la fois dans les deux continents, il avait complètement disparu ensuite du nouveau, lorsqu'il y fut ramené par l’intermédiaire de l’homme, et cependant il ne semble pas qu’aucune des conditions climatologiques ait cessé de lui être favorable. Deux espèces ont été trouvées avec les autres grands mammifères dans le New-Jersey, le Kentucky, la Géorgie, à Natchez, etc.: ce sont les E. curvidens et americanux, ce dernier plus grand que toutes les espèces connues.
Le genre Bœuf est représenté par plusieurs espèces dont quelques-unes de très-grande taille, ainsi que le genre Cerf, dont l’espèce americanus dépassait le grand Cerf d’ Irlande. Les genres Félin et Urnus sont à peine indiqués; les genres Tapir, Raton, Hipparion, Ilarlanus et Pécari sont assez douteux ou très-rares, et le grand Castoroides y représente le type des Castors.
Mais ce qui caractérise essentiellement la faune des mammifères quaternaires de tout le nouveau continent, c'est la
1. Sept espèces d'Éléphants fossiles ont été citées dans les dépôts quaternaires de l’Amérique du Nord: E. primigenius Blum., Jackson i (Euelephas) , Briggs et Foster, Ruperlianus Richards., americanus Leidy, Columbi Falc., i mperator Leidy et texanus Black? Owen. Mais il y a sans doute beaucoup de doubles emplois, et leur étude comparative reste encore à faire.
A M ÉRIIJ U E DU SUD.
présence et surtout l’abondance de gigantesques édentés constituant une famille particulière, celle des mégathéroïdes, et ayant vécu avec les Éléphants, les Mastodontes, les ruminants et autres animaux dont nous venons de parler.
Le Mégathérium Curieri (et M. mirabile , Leidy), dont nous avons décrit les caractères ( antè , p. 282), a été trouvé, en 182/i, dans l’ile de Skiddaway (Géorgie), puis sur les bords de la rivière Ashley (Caroline du Sud), dans la tranchée du canal de Brunswick, etc. Le Megalonyx Jeffersoni {antè, p. 273) de la caverne de Green-Briar (Virginie) accompagne les autres mammifères du gisement de Natchez (Mississipi), et s’est trouvé sur les bords de l’Ohio, au-dessous d’IIenderson (Kentucky), dans l’Indiana, partout entouré de coquilles d'eau douce identiques avec celles qui vivent aux environs. Une seconde espèce {M. dissimilis) est signalée par M. Leidy. Le Mylodon Harlani joint aux formes lourdes du Mégathérium une dentition fort différente rappelant celle du Megalonyx, dont elle s'éloigne cependant en ce que les dents, cinq en haut et quatre en bas, sont toutes dissemblables les unes des autres d’avant en arrière. Cette espèce, distincte de celle de l’Amérique du Sud, a été trouvée sur une multitude de points et jusque sur les bords de la Willammette, tributaire de la Columbia, dans l’Orégon.
En résumé, on ne connaît encore que 17 genres de mammifères terrestres fossiles de cette époque dans l’Amérique du Nord, comprenant à peine vingt et quelques espèces, dont plusieurs sont très-douteuses.
§ 4. AMERIQUE DU SUD
Dans l’hémisphère austral , les phénomènes de l'époque quaternaire semblent, comme dans le nôtre, s’ètre produits en venant des régions polaires et avoir diminué d’intensité
TEHIIAIN QlUTEnNAlHE.
en s’avançant vers le tropique. Par les mêmes motifs que cidessus, nous grouperons les faits sous cinq titres différents.
1° Dépôts erratiques de la Terre-de-Feu, de la Patagonie et des îles voisines. Les îles Falklaud ou Malouines, formées, comme on l’a vu, par le terrain de transition, sont, dit M. Cli. Darwin, couvertes d'une immense quantité de fragments de roches accumulés en forme de traînées, de courants ou de nappes, principalement vers le fond des vallées. Ces amas énormes, qui remontent aussi jusqu’au sommet des montagnes, sont composés de quartzites.
Dans la partie orientale de la Terre-de-Feu, les couches tertiaires sont bordées de dépôts plus récents de 30 à 40 mètres d’épaisseur. A l’extrémité sud-est, les côtes sont occupées aussi par un dépôt non stratifié analogue à celui du détroit de Magellan. Celui de T lie de Navarin est semblable au till de l’Ecosse et présente tous les caractères des accumulations de blocs et de détritus de l’Angleterre et du nord de l’Europe.
Le gravier erratique de la Patagonie est composé de terre et de sable avec de petits cailloux de quartz et de divers porphyres. 11 recouvre la plaine basse sur la rive nord du Colorado, sa limite extrême de ce côté où vient finir le limon des Pampas. De ce point au détroit de Magellan, les graviers quaternaires occupent une surface de 800 milles, en s’épaississant à mesure qu’on s’avance vers le pied des Cordillères, d’où leurs éléments proviennent en grande partie.
En remontant le long du Pacifique, M. Darwin signale les terrasses de gravier des îles Chonos, puis dans la partie de l’ile Chiloé qui fait face au continent, des blocs erratiques nombreux qui sont de roches cristallines provenant sans doute des Cordillères.
Dans cet hémisphère, à partir du 41e degré jusqu’au cap Ilorn, on retrouve donc les mêmes phénomènes et presque sur une aussi grande échelle que dans les parties septentrionales de l’ancien et du nouveau Monde, et compris entre les mêmes
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limites géographiques. Cependant, malgré l’analogie de tous ces caractères, on n’y a pas encore constaté les'stries, les sillons elles surfaces polies qui, dans l’hémisphère nord, s’observent sous les dépôts erratiques marquant le commencement de l’époque quaternaire. Peut-être est-ce au manque d’attention des voyageurs que cette circonstance négative doit être attribuée.
2° Dépôts marins ou plages anciennes soulevées de la côte occidentale. — Nous avons exposé ailleurs1 avec quelques détails, d’après les recherches de Basil Hall, d’Alcide d’Orbigny et de M. Darwin, les preuves de soulèvements peu anciens des côtes, depuis l’ile Clfiloé jusqu’au Pérou, et nous avons vu qu’il existait des bancs de coquilles, émergés depuis un temps plus ou moins long, du 45e degré 35" jusqu’au 12e degré latitude S. On y observe, en outre, des traces d’érosions, des cavernes, d’anciennes plages, des dunes, des terrasses successives de gravier, et les coquilles marines d’espèces vivantes, trouvées jusqu’à 30 et AO milles dans les terres, témoignent du séjour de l’Océan à une époque peu reculée. D’après la seule considération du niveau auquel ces coquilles se rencontrent aujourd’hui, on peut juger que le soulèvement a été de 106 mètres à Chiloé , de 190 et peut-être de 304 à la Conception, de 395 à Valparaiso et de 77 à Coquimbo. Plus au nord, on n’en a pas cité au-dessus de 90 mètres, et à Lima l’élévation n’a été que de 26 mètres. Les coquilles de ces dépôts sont non-seulement les mêmes que celles qui vivent sur la côte, mais, en les comparant avec celles des dépôts de l’autre côté des Andes, on reconnaît que l’ensemble des deux faunes avait les mêmes caractères que de nos jours. Du côté de l’Atlantique, les amas de coquilles s’observent depuis la Terre-de-Feu jusqu’à 1180 milles au nord, du côté du Pacifique, sur une étendue de 2075 milles.
1. HisL des progrès de la géologie, vol. II, p. 407 et 1058. 1840. — Leçons sur la faune quaternaire , p. 220. 1805. \