Voy. Histoire des progrès de la géologie, vol. 1, p
TERRAIN MODERNE
quantité de l’alluvion au centre de la vallée ou dans le lit même du fleuve, l’examen des parties les plus voisines du courant a fait connaître, dans la haute Égypte, une épaisseur de 13 mètres, dans l’Égypte du milieu 10 mètres, tandis qu'au sommet du delta elle n’aurait que 6 mètres. Suivant M. Wilkinson, le dépôt se serait accru, dans les dix-sept derniers siècles, de 2 '"92 à Eléphantine, de 2“ 27 à Thèbes et de l,n54 à Héliopolis. En tenant compte des causes d’erreur dans les calculs déduits de l’accumulation des sables autour des monuments anciens, on peut conclure, d’après les lits annuels dont le nombre dépasse 900 dans les plaines qui bordent le fleuve, que la quantité de sédiment déposée chaque année n’a point varié pendant les dix derniers siècles. Les études de M. Bianconi, comme celles de Champollion, semblent prouver que la haute Égypte était déjà couverte de villes florissantes lorsque la basse Égypte était encore sous la mer *. ■ '
Nous avons rapporté les évaluations données sur la quantité de sédiment charriée chaque année par les eaux du Gange*; celles du Mississipi, que M. A. Taylor a publiées en 1853, sont plus concluantes encore. Suivant la proportion de limon que dépose annuellement ce fleuve à la surface de son delta, et qui est estimée à 3,702,758,400 pieds cubes, il faudrait 9,000 ans pour que le niveau de la superficie totale de son bassin hydrographique ou 1/5 de l’Amérique du Nord fut abaissé de 30 centimètres, et il faudrait 10,000 ans pour que ces sédiments aient élevé le fond du golfe du Mexique de 75 millimètres,- soit 40,000 ans pour 30 centimètres. Dans les mêmes conditions, la surface du bassin du Gange n’exigerait que 1 ,751 ans pour être abaissée de 30 centimètres. Ces calculs, déduits du bassin du Mississipi, appliqués aux différentes contrées du globe, font voir que le
1. Voy. Ibid., p. 341, et Ch.-T. Bckc, Essai sur le Nil et ses affluents, in -8°, Londres, 1817, et postei, p. 755.