I. IJist. des progrès de la géologie, vol. V, p. Vit
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Aussi dans l’ordre physique de la nature l’apparition de l'homme ne fut-elle marquée par aucune circonstance particulière. Ses premières générations durent vivre entourées des animaux que nous voyons encore aujourd’hui et d’autres qui n’existent plus, mais sans apporter parmi ces nombreuses populations de pachydermes, de ruminants et de carnassiers, d’autres changements que ceux exigés par la nécessité de vivre, de se nourrir, de se vêtir et de s’abriter. Rien ne dénotait encore chez lui cette suprématie qu’il a successivement acquise par un phénomène psychologique tout particulier, et dont les diverses phases ne semblent pas avoir beaucoup fixé l'attention des philosophes, qui ont toujours considéré l'homme comme s’il avait été créé contemporain de Périclès ou d’Auguste.
D'un autre coté, l'anthropologie, comme l’ethnologie et l’ethnographie, semble se préoccuper bien plus du physique de l’homme et de sa répartition à la surface du globe, que de son moral, de la comparaison de ses formes que de celle de ses facultés intellectuelles, de la perfectibilité de certaines races que de l'inaptitude plus ou moins complète de certaines autres à sortir d’un état que le temps ni les circonstances ne modifient point. N’y aurait-il pas là, cependant, pour le philosophe, une différence tout aussi tranchée que celle trouvée par le naturaliste entre deux espèces animales distinctes ? et, pour rapporter à une souche unique des êtres intellectuellement aussi différents, doit-on appliquer seulement le principe dont on se sert pour réunir tous les individus ou variétés d'une même espèce zoologique ou botanique?
Y a-t-il dans la nature une seule espèce de plante dont la graine n’arrive jamais à maturité, une seule espèce animale qui n’atteigne jamais l’état adulte pour se reproduire? l’ouiquoi donc tant de peuples se sont-ils éteints sans être arrivés à l'état adulte de /' intelligence, sans même avoir parcouru la plus petite étape dans la voie du progrès? Quant à ceux qui existent encore, la plupart reculent devant la civilisation qui
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ne se les assimile pas ; repoussés de proche en proche par l’envahissement des peuples perfectibles, ils sont destinés à disparaître dans un avenir plus ou moins prochain. Ce résultat est-il compatible avec une création unique, et les mots race et migration suffisent-ils pour expliquer des différences telles qu’on n’en observe dans aucune race d’une même espèce animale?
Si toutes les races humaines descendent d’une souche commune, il est plus extraordinaire de voir la différence de leurs destinées que si l’on supposait plusieurs centres de création avec des aptitudes diverses, positives ou négatives. Les espèces animales et végétales abandonnées à elles-mêmes présentent-elles des différences physiques et permanentes comparables à celles qui séparent moralement le cerveau d’un Australien de ceux de Platon, de Cicéron, de Pascal ou 'de Newton? 11 y aurait donc ainsi des races déshéritées et des races privilégiées, les unes qui ne dépassent jamais l'àge de la pierre, les autres qui atteignent l' âge de l'or, de l’aluminium, du platine, et qui peut-être iront au delà?
Si, maintenant, tous ces rameaux, les uns stériles, les autres féconds, proviennent d’un même tronc, à quel moment se sont-ils séparés? Quelle cause les a fait si complètement diverger? Pourquoi les uns se sont-ils desséchés sans avoir rien produit, ou doivent-ils fatalement périr dans un avenir prochain, tandis que les autres poussent des bourgeons de plus en plus vigoureux et multipliés comme s’ils attiraient à eux toute la sève du tronc commun?
Quoi qu’il en soit de ces questions, qui se présentent naturellement à l’esprit et dont la solution ne nous est sans doute pas réservée, nous voyons que l’antiquité, telle que nous la connaissons avec ce qu’elle nous a transmis de science, d’art, de littérature, de philosophie, de politique et de dogmes religieux , est relativement très-moderne, et c’est ce dont il faut bien que se persuadent les philologues les plus érudits, les archéologues les plus versés dans la connais-
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sancc des monuments des plus anciennes civilisations, car les A, 000 ans avant l’ère chrétienne que les livres sémitiques assignent au déluge de Noé , les 2,698 ans que l'on trouve dans les annales de la Chine, l'existence de la cinquième dynastie égyptienne vers le xl" siècle, les migrations des peuples ariens vers le xvin', toutes ces dates que les écrits, les traditions ou les monuments nous ont transmises et qui semblent être quelque chose aux yeux de l’hislorien des peuples, n’ont pas la valeur d’un jour pour l'historien de la nature 1 .
Enfin, quant aux premiers linéaments tracés par la main de l’homme, il semble que la représentation des animaux par le dessin soit antérieure à celle de la parole par des caractères d’écriture et qu’il ait reproduit et transmis les objets animés qu'il voyait avant ses propres idées.
Mais peut-être demandera-t-on : La création est-elle finie parce que l'homme est arrivé? Les lois qui ont régi sur la terre l 'apparition et la .succession des êtres organisés, depuis la première flore et la première faune, ne sont- elles plus aujourd'hui que des lois de conservation? La nature jusqu'ici si féconde aurait -elle épuisé toutes ses combinaisons de formes, d’organes et de fonctions? Le Chêne de nos forêts, le Cèdre du Liban, le Baobab du Sénégal, le Dragonnier des Canaries, le Sequaïa de la Californie, les Cyprès d'Oaxaca et les Eucalyptus de l’Australie, seraient-ils le dernier terme de sa puissance créatrice pour le règne végétal, et l’homme
1. Dans la plupart des sondages qu'il fit exécuter en 1854 dans la plaine de Memphis, L. Horncr rencontra des morceaux de briques cuites et de poterie jusque difns les parties les plus basses du sol traversé. Prés de la statue colossale de Hamcssès 11 , le Sésostris des Grecs, on ramena d'une profondeur de 39 pieds, et sans avoir quitté le limon du Nil, un fragment de poterie rouge sur ses deux faces et gris foncé à l'intérieur. En évaluant à 3 pouces 1/2 par siècle l’épaisseur du sédiment déposé par le fleuve en ce point, l'auteur trouve que cette découverte fait remonter l’existence, de l’homme dans le pays à 13371 ans ou 11517 ans avant J.-C., et 7625 ans avant la fondation de Memphis par Menés, suivant M. Lcpsius. (Philos, transact., vol. CXLVHI, part. I, p. 75. 1859.)
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aurait-il été destiné à marquer, dans l’autre règne, la limite extrême de son pouvoir, de manière à ne plus laisser d'intervalles à remplir entre lui et le Créateur ?
L’observation directe ne peut encore répondre à aucune de ces questions. Mais l’induction, d’une part, comme nous l’avons dit ( anlé, p. 729), et, de l'autre, un regard jeté sur le passé de la terre, pourraient nous faire entrevoir que la création n’est pas finie. Le tableau de l’état actuel de notre planète n'est probablement pas le dernier qu’éclairera le soleil, tant que son action, d’où dépendent tous les phénomènes biologiques, conservera les propriétés qui concourent à leur production.
Mais, si'comme tout semble le prouver, le soleil a la même origine et la même composition que les planètes qui se meuvent autour de lui, il devra passer aussi par les mêmes phases de refroidissement. Ce serait donc une simple question de masse et de temps, et lorsqu'à son tour il sera devenu un soleil éteint, tout notre système n’en continuera pas moins de se mouvoir, suivant les lois de la mécanique céleste, dans un milieu qui ne sera plus éclairé et échauffé que par le rayonnement stellaire. La vie, alors, aura depuis longtemps cessé à la surface de la terre restée sans lumière, sans chaleur, sans phénomènes météorologiques, sans saisons, et la création, comme sur les autres corps du système, y aura parcouru son vaste cycle dans l'immensité des temps.
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Si nous cherchons maintenant à exprimer en peu de mots ce que nous avons dit de plus essentiel dans ce livre ou les données les plus positives sur l’histoire de la Terre, et à interpréter, de la manière la plus simple, le tableau que cette histoire nous a offert, nous verrons qu’ après être remonté dans le passé de notre planète aussi loin que le permettait l’hypothèse cosmique la plus probable, après avoir considéré les matières dont elle est formée comme ayant pour origine une nébuleuse dont les éléments se seraient graduellement concentrés, nous avons eàsayé d’expliquer comment, par la condensation de substances d’abord à l’état de gaz et de vapeurs, puis passant à l’état de fluidité ignée et enfin à l’état solide, du moins à la surface, on pouvait concevoir que ces effets, dus à un refroidissement continu, avaient amené la masse à ce moment initial où commence la chronologie positive des phénomènes qui se sont ensuite produits sans interruption jusqu’à nous.
Pendant un laps de temps qu’aucune expression numérique ne pourrait rendre, mais que le géologue est parvenu à représenter d’une manière conventionnelle, intelligible à tous, nous avons vu constamment deux ordres de phénomènes indépendants, sans relations nécessaires, se manifester par l’effet de deux forces ou de deux principes ayant une même cause première, la chaleur, mais provenant de deux
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sources différentes, la force organique ou vitale prenant sa source en dehors ou dans le soleil, et la force physique ayant la sienne à l’intérieur de la terre elle-même.
Force vitale. — Dès que l’abaissement de la température permit aux eaux de se maintenir d’une manière permanente dans les dépressions de la surface, devenues les premiers bassins des mers, le principe de la vie se manifesta; principe mystérieux dont les actions, suivies à travers les modifications les plus étranges, les types innombrables, une variété et une richesse qui défie tout ce que notre imagination pourrait concevoir, pendant une série de siècles incalculable, donnent l’idée la plus grandiose de cette nature infinie dans le temps, infinie dans l’espace, infinie dans la forme.
Mais ce qui n’est pas moins admirable que cette fécondité, et ce qui d’ailleurs ne se concevrait pas autrement, c’est l’ordre, c’est l’harmonie des phénomènes biologiques, c’est l'enchaînement des manifestations de la vie suivant un plan déterminé qui se déroule régulièrement au fur et à mesure que l’on remonte des temps anciens vers l’époque actuelle, plan qu’on retrouve partout, quel que soit le point de la terre que l’on étudie, quel que soit le moment de son histoire auquel on s'arrête. Partout et toujours les modifications des types organiques se produisent dans le même sens, atteignent presqu’en même temps leur maximum de développement pour s’éteindre ensemble et ne plus reparaître , car jamais la nature ne s’est répétée dans ses oeuvres.
Ainsi dans les couches les plus profondes apparaissent des animaux et des végétaux propres aux classes inférieures de chaque règne. Plus tard , le type le moins élevé des animaux vertébrés (les poissons) se montre dans le même moment sur divers points des mers d’Europe, un peu plus tard en Amérique, et l’existence de terres émergées assez étendues permet à des cryptogames élevés de prendre possession des continents et des îles. Bientôt naissent les reptiles avec des caractères mixtes rappelant ceux des poissons et des
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batraciens les plus inférieurs, et de nouveaux crustacés remplacent une famille tout entière, celle des trilobites, qui avait dominé pendant un laps de temps énorme. Parmi les radiaires, les mollusques et les polypiers, s’opèrent les mêmes transformations, puis nous arrivons à une ère particulière dont la végétation prodigieuse ne s’est pas renouvelée et qui était due sans doute à des cpnditions particulières qui ne se sont pas non plus reproduites.
Mais , après cette exubérance de l’organisme végétal , le principe même de la vie semble sinon épuisé, du moins ralenti dans son activité; les animaux comme les plantes n’offrent plus qu’un nombre de familles, de genres et d’espèces bien restreint. Des classes entières sont à peine représentées dans cette atonie générale de la nature, sauf quelques reptiles plus complets que les précédents et les poissons qui assistent à la fin de cette première grande époque de l’histoire organique de la terre.
Pendant longtemps encore celle qui lui succède participe à la même pauvreté des types, lesquels se modifient néanmoins jusqu’à ce qu’une nouvelle source d’énergie, venant imprimer au principe actif une vive impulsion, les reptiles, les poissons, les mollusques, les radiaires, les polypiers et les rhizopodes, apparaissent avec des formes dont beaucoup sont étrangères à celles qui les avaient précédées, pour continuer leur évolution incessante jusqu’à la fin de l’époque secondaire. Vers le milieu de celle-ci, cependant, une classe restée jusque là inconnue tend à se produire, mais, comme toujours, par ses représentants les moins élevés. Des mammifères didelphes ,et quelques rongeurs de petite taille ont laissé sur certains points, et à trois niveaux différents, des traces d’une sorte d’essai qui, jusqu’à présent du moins, ne semble pas avoir eu de suite, car on n’a pas encore trouvé de mammifères terrestres ayant vécu dans la dernière période secondaire ou crétacée.
Ce n’est en réalité que dans la suivante et dès son com-
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mencement, an moins dans l’Europe occidentale, que les mammifères placentaires de divers ordres, comme les végétaux les plus élevés et les plus complets, prennent définitivement possession des terres émergées. En même temps, et par une conséquence de l’extension plus considérable de celles-ci, les eaux douces, jusque-là restreintes à de petits bassins, luttent, pour ainsi dire, de richesses avec l’Océan par les faunes qu’elles alimentent. Les quadrumanes, le type le plus élevé des animaux, ne tardent pas à suivre les carnassiers et les pachydermes, et sur les divers points de la terre, à sa surface comme dans les eaux douces ou salées, tous ces nouveaux types tendent à se localiser plus que dans les époques précédentes. Les plus grands d'entre eux ont presque tous paru. Les ruminants, en Europe, en Asie, comme dans le nord de l'Amérique, se répandent sur d'immenses surfaces et ne sont arrêtés dans leur envahissement que par l’accroissement toujours proportionnel des carnivores. Les insectivores et les rongeurs ont suivi le mouvement général, et la nature semblait avoir, avec l’époque tertiaire, épuisé ses plus merveilleuses combinaisons.
Mais une de ces causes qui agissent parfois simultanément sur tous les points émergés du globe arrêta un instant le développement de la vie terrestre, tandis que les animaux aquatiques furent en grande partie soustraits à son influence. Une action exclusivement physique marque ainsi la séparation des époques tertiaire et quaternaire, et lorsque, pendant un laps de temps comparativement assez court, la vie terrestre vient à se ranimer, c’est pour nous étonner encore par de nouvelles combinaisons organiques.
Dans toutes les grandes terres d’alors vivaient des types particuliers caractéristiques des faunes locales, dont les faunes de nos jours, quoique amoindries, moins riches et moins, variées, sont encore les représentants dans ces mêmes régions. L’homme lui-même dut être spectateur de ce dernier développement des mammifères, puisque nous trouvons
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ses propres restes et les témoignages de son industrie associés avec leurs ossements dans les mômes dépôts.
Une circonstance analogue à celle qui coïncida avec la fin de l’époque tertiaire semble avoir aussi concouru à clore l’ère quaternaire, à faire disparaître partout les plus grands de ces mammifères, tandis que ceux de petite taille auraient échappé à la destruction comme les animaux aquatiques. Enfin, la nature reprit encore une fois ce calme pendant lequel, seulement, peut s’accomplir normalement l’évolution des êtres dans l’étendue du cycle qui leur est assigné, et c’est cedernier tableau qu’elle déroule aujourd’hui sous nos yeux.
Au milieu de ce renouvellement incessant des formes organiques nous avons été frappé d'en voir quelques-unes, parmi les inférieures à la vérité, échapper en quelque sorte à la loi commune et traverser impunément toute la série des âges de la terre sans avoir éprouvé de modifications sensibles. D’autres ont vécu pendant un laps de temps plus ou moins long pour s’arrêter à divers moments dans le cours des siècles. Enfin, on a pu remarquer qu’en général la longévité des types est en raison inverse de la place qu'ils occupent dans l’échelle des êtres, cette longévité étant d’autant moindre que les animaux sont plus élevés. De même, dans chaque division zoologique, les plus grandes espèces sont celles dont l'existence a été la plus courte; aussi doivent-elles être regardées comme les plus caractéristiques d’un niveau donné.
Force* physique*. — Pendant que se développaient ainsi au dehors, conformément à des lois qui leur sont propres, les animaux et les végétaux, les forces physiques ne se concentraient pas à l’intérieur de la croûte oxydée du globe; loin d’avoir abdiqué leur part dans l'économie générale, elles se manifestent sans cesse par des efl’ets de diverses sortes : telle est l’arrivée des roches ignées qui se font jour parmi les roches sédimentaires de tous les temps, depuis les granités, les diorites, les syénites et les porphyres traversant les gneiss primaires, jusqu’aux laves rejetées par les volcans
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modernes recouvrant les dépôts récents; telles sont les émanations métallifères remplissant les filons, les sources thermales et leurs produits, les actions dynamiques brisant, soulevant et plissant ça et là les couches pour augmenter de plus en plus les reliefs de la surface par suite de la contraction de l'écorce, les oscillations incessantes des diverses parties de celte dernière, enfin les tremblements de terre. Toutes ces manifestations des forces internes s'affaiblissent à mesure qu’en continuant, le refroidissement de la masse augmente l’épaisseur de son écorce.
Un jour viendra donc où toute communication aura cessé entre les deux surfaces de la croûte terrestre. Ce moment, quelque éloigné qu’il soit encore, est fatal; il est la conséquence de l’origine et de la nature des choses, et, la chaleur propre ne se faisant plus sentir au dehors, la vie deviendra complètement dépendante de l'action solaire que nous avons vue de plus en plus prépondérante, depuis le moment où la température de l'atmosphère, participant encore à celle de la terre, avait, des pôles à l’équateur, une uniformité quelle a graduellement perdue. Aujourd’hui la différence des climats, les variations incessantes des conditions atmosphériques dues à la position du soleil, arbitre absolu de nos destinées futures, montrent que le principe de la vie peut se développer et s’accroître indépendamment de la température propre de notre planète, et, en considérant ses produits de plus en plus parfaits, compliqués et variés, à mesure que l’action solaire est plus exclusive, on serait tenté d’y voir une relation directe, si d’autres causes physiques, indépendantes, ne pouvaient également concourir à ce résultat.
Nous sommes donc ainsi ramené à la pensée que nous exprimions tout à l’heure sur la fin de toute chose. Mais il est possible, il est même probable qu’avant que l’action solaire soit assez affaiblie pour que la vie ait été anéantie sur la terre, il se produise des abaissements momentanés de la température, analogues à ceux dont nous avons constaté les
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effets. Ces derniers nous ont paru de plus en plus prononcés, parce qu’ils étaient en rapport avec la température propre du globe, qui, devenue de plus en plus faible, atténuait par conséquent de moins en moins les irrégularités dues à des causes extérieures. p’est par cette raison, ou du moins en grande partie, que pendant l’époque quaternaire ces effets généraux ont été plus apparents que dans les précédentes où l’on a pu en constater également, et aussi parce qu’étant les plus récents, leurs traces n'ont pas été effacées ou modifiées par d'autres.
Enfin, quant à leur cause première, nous la demanderons plutôt aux astronomes qu’aux physiciens, et nous l’attribuerons à das changements temporaires survenus dans l’intensité de la lumière et de la chaleur solaire, comparables aux variations observées dans l’éclat, la couleur et les dimensions d'un grand nombre d’étoiles, tandis que pour les effets partiels, limités à certaines contrées, leur cause doit être cherchée dans des actions physiques résultant de la constitution môme de notre planète.