EPILOGUE
Quoique le marteau du géologue ait été porté sur une multitude de points des cinq continents, dans les principales îles et sur un grand nombre de petites, presque partout où les navigateurs ont abordé, il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte géologique du globe pour se convaincre que si, au point de vue théorique ou de la succession des phénomènes dans le temps, il est peu probable que de nouvelles découvertes viennent modifier profondément la classification que nous avons exposée et suivie, au point de vue géographique on peut dire que la science n’est encore que jalonitée. Il reste en effet d’immenses surfaces inexplorées vers lesquelles, par conséquent, les recherches futures doivent être dirigées; tels sont surtout les centres des grands continents de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique méridionale et de l’Australie, d'un accès si difficile et si souvent fatal aux intrépides pionniers de la science.
Mais, d’un autre côté, l’exemple des régions les mieux explorées depuis cinquante ans, de celles qui entourent les grands centres d'observation, d’étude, de civilisation ou d’industrie, là où chaque jour se révèlent de nouveaux faits, se rectifient d’anciennes erreurs, ces exemples, disons-nous, prouvent que la géologie et la paléontologie, malgré l’extrême rapidité de leur marche, la multiplicité des découvertes dans toutes les directions, ne sont encore qu’au commencement de l’ère scientifique de leur progrès normal. On ne peut pas